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Re: Nouveau Défi !!!!!!
Semi pro
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De France, enfin, je crois
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J'ai lu ce fait d'hiver ce matin même dans le journal avec un Yorkshire. Coïncidence ?
Défi compliqué en tout cas, hâte de voir ce qui va en sortir.

Posté le : 23/05/2014 18:34
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Re: Défi du 17/05/14
Semi pro
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Bravo Donald pour cette intrigue.
Je trouve que cette fin est vraiment réussi en cela qu'elle laisse planer un grand mystère sur l'acte en lui-même. L'on sait qui, mais le comment est tu et je trouve que cela convient parfaitement.
Bravo à toi pour cette savoureuse nouvelle.

Posté le : 19/05/2014 17:35
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Re: Défi du 17/05/14
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Salut,
J'ai adoré la fin de ton histoire. Je trouve que l'idée de ce rêve est très bien trouvée.
Cela m'a paru un peu comme une sorte de fable et, tout comme ton héros, je me demandais comment tous ces gens arrivait à vivre là-bas.
C'est drôle mais à la fois amère par moments et je trouve que le ton est très réussi.
Bravo pour avoir répondu avec brio à mon défi.
A bientôt.

Posté le : 18/05/2014 18:06
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Re: Défi du 17/05/14
Semi pro
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Merci à tous.

Dis donc EXEM, je ne m'attendais vraiment pas à cela et je suis agréablement surpris. Je l'ai même relu une deuxième fois pour comprendre le sens de tous les dialogues. Bravo.

A moi, maintenant, j'espère que cela vous plaira.

Margaux s’efforçait de rester digne sur le quai embrumé de la gare. Après deux longues journées de voyage, elle était enfin de retour chez elle ; après de longues années au front, elle était enfin de retour en terre natale. L’odeur de la terre ambrée embaumait ses narines et ce paysage grisé qui avait bercé toute son existence revenait à son esprit. Elle se souvenait encore lorsque ses jambes frêles dessinaient des arabesques dans les champs humides et, l’espace d’un instant, Margaux oublia qu’elle n’était plus la même depuis, Margaux oublia qu’elle avait perdu son insouciance enfantine. Cependant, elle regarda son tatouage, encré dans la chaire de son bras frêle, et y lut : « L’enfant court sur la rambarde, il sait qu’il peut tomber, sait que son corps se brisera et que âme s’évaporera ; il sait mais il court. ». Margaux savait ce qui l’attendait, et, pourtant, elle y était allée.

La guerre avait été une longue épreuve, plus dure qu’elle ne l’avait imaginée. Elle ressentait encore tous ces regards obliques implorer sa clémence. Elle voyait dans leurs iris meurtris la souffrance du sang ; elle voyait à travers leurs moignons que les sabres des milices n’avaient pas été indulgents ; leurs faces éplorées étaient défigurées par une insupportable douleur et elle voyait que leurs tristes esprits n’étaient plus que poussière au milieu du désert. Au loin sur des chevaux bâtards, les milices s’enfuyaient devant les voitures blindées, mais, lorsqu’ils étaient partis, leurs machettes resplendissaient à nouveau sous le soleil de Satan.
Margaux n’avait pas tirée une seule balle depuis qu’elle était partie, et, pourtant, son corps tremblait, peinait à rester droit face à la réminiscence. Un frisson parcourait encore ses nuits et, désormais, Margaux, seule sur le quai de la gare, se persuadait qu’un jour, tout serait comme avant, que les illusions reviendraient et que les souvenirs disparaitraient, emportés dans un tourbillon inexplicable, un souffle magique qui la libèrerait de ses maux.

A l’autre bout du quai, sa sœur agita dans un mouvement ample sa main en criant son nom. L’émotion se lisait sur son visage et Margaux essaya de sourire à son tour mais seul une étrange grimace orna son visage. Sa joue tremblait, mue par un sentiment indéfinissable, et elle essayait de le cacher, en vain, tandis que sœur boitait jusqu’à elle.



La maisonnette familiale était plus triste que jamais. Margaux exécrait désormais cet endroit qui ne lui rappelait qu’un passé douloureux mais plus radieux que son présent ; le regret avait envahi chaque écaille de peinture, chaque planche grinçante et Margaux essayait de s’évader et laissait divaguer son regard au dehors. Les maisons de son enfance avaient, pour la plupart, été désertées, abandonnées : leurs perrons s’effondraient, l’herbe clairsemée était sèche, les planches avaient remplacé les fenêtres et jamais plus une famille ne viendrait s’y installer. Jamais.

Sa sœur s’était appuyée sur sa canne tandis que Margaux finissait de sécher la vaisselle. Sa sœur avait perdue toute sa grâce d’antan depuis son accident. Elles travaillaient toutes deux à l’aciérie locale lorsque la machine avait déraillé et que la scie s’était enfoncée dans son tibia dans un hurlement strident. « L’usine a fermée pendant ton départ. Que veux-tu, la mondialisation comme on l’appelle. J’ai donné ma jambe à cette usine, elle ne m’a rendu ni pension d’invalidité, ni indemnités de chômage. Que veux-tu ? Peut-être que si j’avais donné mon bras avec… Après la fermeture de l’usine, tout le monde est parti cherché un job ailleurs, les commerces ont cédé à leur tour puis tout le reste a foutu le camp. Mais toi, tu es revenue. Tu es là maintenant, et ça, c’est bien ça. ».

Margaux n’était partit que quelques années, et, pourtant, tout avait changé si vite. M’man avait succombé à sa maladie, l’usine avait fermé et tout s’était éteint. C’était arrivé, sans raison si ce n’est la folie humaine et, dans un claquement de doigts, un éclair, leur monde s’était effondré. « M’man était fière de toi, tu sais. Elle se sentait fière de te savoir là-bas. Tu sais, ce qu’elle m’a dit lorsque tu étais là-bas ? Elle me répétait toujours à quel point elle était fière de toi. ». Sa sœur mentait sûrement, mais, au fond d’elle, Margaux se persuadait d’une fausse vérité et se sentait apaisée d’entendre cela. « Tu devrais rendre visite à P’pa. Depuis que M’man est partie, il se sent un peu seul même si oncle Joseph passe le voir de temps en temps… Il est plus très lucide, mais je suis sûr que ça lui fera plaisir. ».



P’pa regardait tristement par la fenêtre et toisait en contrebas la bourgade désertée. Il penchait la tête et semblait se souvenir de son passé. « Tu veux que je te raconte une blague P’pa ? Elle s’appelle l’effet Doppler. C’est l’histoire d’une femme qui se sent en avance sur son temps. Elle coure tout le temps et personne ne l’accepte vraiment parce qu’elle ne vit pas dans le présent. Elle coure, galope, cavale mais jamais ne trouve un endroit où elle est à sa place, à la bonne époque. Alors, un jour, elle décide de partir loin. Mais, une fois là-bas, c’est encore pire, elle se sent encore plus en avance. Quelques années plus tard, elle revient et découvre que, cette fois-ci, tout est passé et que, désormais, elle est en retard. Le pire, c’est qu’il n’y a pas de morale à cette blague à part que j’ai gâché ma vie. ».

P’pa ne comprenait rien. Il hochait machinalement la tête mais son regard restait vide. La tête de P’pa se dégradait depuis plus de vingt ans et, aujourd’hui, il ne lui restait plus rien si ce n’est trop peu pour vivre convenablement. Ses phrases s’étaient transformées en mots incohérents avant que ses mots ne se réduisent qu’à des syllabes et, désormais, seul un souffle rauque et inconstant sortait d’entre ses lèvres flétries.

« Tu sais, P’pa. Je regrette. Oui, je n’avais pas grand-chose avant de partir, mais désormais, que me reste-t-il ? J’ai tout perdu et, à mon âge, où vais-je trouver la force de tout recommencer. Je suis faible désormais. J’ai vu le monde sous sa vraie nature et je ne sais plus si je dois me battre pour lui, me battre pour y vivre, me battre pour... Oui, je suis faible désormais. Si faible… ».

Posté le : 18/05/2014 12:57
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Défi du 17/05/14
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Bonjour,

Cette semaine, j'ai l'honneur de vous proposer un thème et puisque j'ai prévu une grasse matinée demain matin, je poste dès ce soir mon défi de la semaine. J'avais pensé à des dizaines de choses plus farfelues les unes que les autres, mais je vous propose plutôt un thème assez vague et classique.
Intitulé "Retour", vous ou votre personnage rentre chez lui après un long moment passé loin de sa terre natale. Que se passe-t-il ? Tout est-il comme avant ou, au contraire, est-ce que tout a changé ? Ressent-il du bonheur ou de la mélancolie ? Il n'y a aucune limite de lieu ou d'époque, ni de contraintes de formes alors n'hésitez pas à vous lâcher !

A vos plumes, vos claviers et vos machines à écrire et parlez-moi de ce "Retour" qu'il soit drôle ou triste, qu'il parle de vous, d'un aventurier ou d'un extraterrestre, laissez parler votre âme et pondez-moi un superbe texte qui vous ressemble !

Amitiés.
Alexis17

Posté le : 17/05/2014 00:00
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Re: Défi Nouveau.
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Merci à tous pour vos commentaires, je suis très touché !!!

EXEM, je suis très intrigué par ton histoire. Elle me fait un peu penser à ces nouvelles russes qui introduisent dans le réel et l'habitude une sorte de fantastique, un personnage extraordinaire dans ses pensées et ses attitudes, quelque chose de presque absurde mais qui semble pourtant si réel. En tout cas, j'ai hâte de rencontrer ce fameux homme qui connait le secret de l'amour !

Posté le : 13/05/2014 19:04
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Re: Défi Nouveau.
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Bonjour, à tous.
Arielle, je ne m'attendais vraiment pas à cela, pari réussi haut la main pour m'avoir fait une telle surprise.
Donald, que de rires là-dedans, une sorte de petite fable succulente.
Exem, j'adore ton texte, vivement la suite.
Couscous, belle réflexion et je trouve que la fin est très bien trouvée.

Bon maintenant, à moi. J'ai écrit un petit texte, surement pas mon meilleur, mais j'ai un peu la flemme d'en écrire un autre alors voilà (je sais, quel défaut que la paresse, mais bon...). Le voici donc. Je ne sais pas vraiment s'il répondra à la question d'Exem, mais il en pose une certaine base en tout cas.


Le Double


Joseph Blixt regardait une fois de plus les vieilles photographies froissées de son portefeuille. Ecornés, ternes, ces portraits signifiaient encore trop pour les abandonner au fond d’un tiroir. Il voulait encore la serrer dans ses bras, juste une dernière fois ; il voulait encore se lover contre elle, là, sur ce lit, sur ces draps plissés ; leur fille surgirait et ils gémiraient, un gémissement de bonheur absolu, de rêve accompli. Certes, cette scénette matinale pouvait sembler banale, stéréotypée, mais c’était ce qu’il voulait, ce qu’il désirait plus que tout en ce triste instant. « Terminus, crachota la radio du conducteur. ». Il replia pour la millième fois ses souvenirs et déplia son corps las. Il pouvait déjà sentir l’odeur putride de la décharge à quelques centaines de mètres plus loin ; l’été touchait à sa fin et, malgré les nombreuses averses, la chaleur amplifiait terriblement ces immondes effluves.
La gare routière était morne, balayée par des courants austères, écrasé par un ciel grisâtre, et il s’abrita dans une vieille cabine téléphonique. Il décrocha le combiné et composa ce numéro qu’il connaissait si bien, qui avait hanté ses jours et ses nuits. « Salut, c’est moi. Euh, je vois que tu n’es pas à la maison, enfin chez toi. Je t’appelle parce que… je cherche un vieux… tableau et je me disais qu’il devait être dans tes cartons. C’était juste pour savoir si je pouvais passer regarder si tu l’avais dans le grenier, cette semaine ou la semaine prochaine. Appelle-moi ce soir ou sinon, je te rappellerai dans la semaine ». Avant même d’avoir raccroché, l’émotion le submergea. L’âpre réminiscence était toujours aussi douloureuse et, malgré l’année qui s’était écoulée, Joseph n’avait pas encore retrouvé l’espoir d’être heureux à nouveau. Il se retenait de crier toute sa douleur, sa peine accumulée et jamais exprimée, mais, comme à son habitude, il se contenta d’esquisser une grimace.

Joseph Blixt avait enfilé sa tenue de travail et s’apprêtait à monter dans sa pelleteuse lorsqu’il fut arrêté par son supérieur et sa voix grave. « Blixt ! Blixt ! Viens un peu par-là. ». Il se retourna et aperçut une silhouette auprès de son patron, une femme dont le visage lui était familier mais la fine bruine lui empêchait de discerner ses traits. A chaque pas, chaque fois que ses bottes s’enfonçaient dans la boue, son cœur se déchirait un peu plus. Il la distinguait désormais parfaitement. Elle avait le même visage que celui de son ex-femme. « Joseph, je te présente Rooney Kramer, c’est elle qui va me remplacer quand je vais partir à la retraite. Et, Rooney, voici Joseph, le plus jeune et le plus fidèle travailleur de la décharge. ». Il retira son casque et lui serra la main. Il avait du mal à soutenir son regard, ses yeux qu’il avait tant aimés, mais il ne pouvait se résoudre à ne pas la contempler.
Elle était plus jeune que lui, peut-être vingt-deux ou vingt-cinq ans et elle lui rappelait l’époque où elle l’aimait encore, quand elle était tombé en ceinte et qu’elle lui avait dit : « Je t’aimerais à jamais. ». Elle était censée ne jamais lui mentir et, pourtant, tous ces « Tout ira bien », tous ces « Je t’aime » étaient devenus mensonges avec le temps. « Parfois, les relations échouent, aimait-il se répéter. Ce n’est la faute de personne, ni la tienne, ni la sienne, vous n’étiez juste pas faits pour vous aimer. ».

Joseph s’était avachi au fond du bus et regardait tristement l’au-dehors d’un œil absent lorsqu’il aperçut une silhouette montée, la fameuse silhouette de mademoiselle Kramer. Elle monta mais ne le remarqua pas, et s’assit à l’avant. Elle ne portait plus l’immonde gilet fluo de la décharge vers une simple robe blanchâtre surmontée d’un imper. « Elle lui ressemble trait pour trait, murmura Joseph. ».
Elle sortit un vieux livre aux pages jaunies de son sac et se mit à le feuilleter délicatement, pages après pages. Après de longues minutes, elle s’arrêta et se mit à le lire. Joseph se plongea dans ses yeux et reconnu les mêmes expressions que chez sa femme : ces pupilles, ces sourcils, tout correspondait parfaitement. Une idée absurde traversa alors son esprit : « Peut-être qu’elle m’aimera, elle. Non, elle… Ce sont deux personnes différentes, pourquoi est-ce que je ne peux pas l’accepter ? ».
Les stations défilèrent et Joseph ne pouvait détourner son regard de la jeune femme. Il ne descendit pas à son arrêt et continua de l’admirer encore et encore. Après une dizaine de stations, il fut trop tard : il s’était épris d’elle. Une fois de plus, il aimait et se persuadait qu’un jour, elle l’aimerait à son tour. La folie pris peu à peu possession de son esprit, et, lorsqu’elle descendit, il se mit à la suivre dans les rues bondées du centre-ville.

Il se posta à une dizaine de mètres d’elle et ne la quitta plus. Elle marchait d’un pas gracieux, élancé, le dos droit mais laissait souvent divaguer ses yeux sur les vitrines scintillantes de magasins. « Exactement comme elle, pensa-t-il. ».
Peut-être que Joseph se persuadait de la ressemblance ; peut-être qu’en ce triste jour, il s’obstinait à retrouver sa femme, à un tel point, qu’il la voyait en cette demoiselle, cette Rooney Kramer qui n’était qu’une vague représentation de celle qui l’avait aimée. Mais, Joseph avait besoin d’aimer, avait besoin de ne plus être, l’espace d’une journée, cet homme seul et délaissé. Joseph voulait retrouver sa vie d’avant.
Finalement, Rooney s’arrêta devant une maigre maisonnette et sonna à la porte. Joseph s’attendait à voir les parents de la jeune femme, ou qui sait, peut-être lui-même. Oui, il voulait apercevoir son reflet derrière la porte, apercevoir le couple qu’ils avaient été. Mais ce fut un homme bien différent de notre héros qui parut. « Quelle sotte, j’avais encore oubliée mes clefs ! ». L’homme embrassa Rooney et Joseph repartit dans la foule sans se faire repérer.

Il rentra dans une cabine téléphonique et, une fois de plus, composa le numéro. Le répondeur se fit entendre : « Salut, c’est encore moi. Je voulais savoir si… Non, en fait, je voulais te dire que je t’aime. Tu es la seule que je n’aimerais jamais ! Tu es mon âme sœur ! Et peut-être que je ne suis pas la tienne, mais je deviens fou sans toi ! Je vois ton visage partout… Pourquoi est-ce que tu ne m’aimes plus ? Ne peux-tu plus m’aimer comme avant ? Juste pour le reste de notre vie. Le temps d’une vie ! Ce n’est si long que cela. Jusqu’à ce qu’on soit sénile ou mort. Même avant si tu le veux ! Je te laisserai mourir avant si tu veux ; mais, peux-tu m’aimer encore une seconde ? Juste une seconde. ». Une voix mécanique lui demanda s’il voulait modifier son message et il décida de l’effacer.

Posté le : 12/05/2014 17:59
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Re: Défi du 03-05-2014
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Bon bah, je m'y suis attelé assez tôt puisque j'aurais moins le temps cette semaine et j'ai pondu ce court texte, sans prétentions. J'avoue que le terme "Pape" ne m'a jamais vraiment parlé et j'ai donc essayé de faire ce que je pouvais.
J'espère que cela vous plaira.
Alexis17

Habemus Papam


« Je ne suis pas croyant ! Qu’est-ce que je vais lui dire, moi, au Pape ? Je donne parce que je me suis dit : Au cas où, s’Il existe ! Merde, je ne peux pas le faire… Et puis, je ne suis qu’un tout petit donateur… Je ne le sens pas. Un vieux croulant qui agite un chapelet et parle en latin, qu’est-ce que je vais en faire ? A part lui faire regarder la télé entre l’entrée et le plat, je sens que la discussion va être… plate. Je lui dis quoi ? Je ne vais pas lui dire que je ne suis qu’un simple vendeur au supermarché local ? Oh non, c’est la honte ! Lui, il a ses pieds tous les catholiques et moi, je… Je dirige le monde des patates et des poireaux. Je ne suis qu’un homme lambda qui refile trois piécettes chaque mois aux cathos. Moins qu’à la croix Rouge et qu’à la recherche pour le cancer ? Je suis complètement foutu, je… ».

La sonnette retentit et je courus pour ouvrir. Je sortais à peine du boulot et je portais encore ma vieille chemise et mon pantalon troué par-dessus mes baskets grisâtres. Un immense garde du corps surgit de derrière la porte et fit un tour de l’appartement (ce qui doit correspondre à une dizaine de pas). Le parquet grinçait sous la masse musculaire du titan et je priais pour qu’il ne traverse pas le plancher direction la salle à manger des voisins du dessous. Puis, il enfourna un talkie et demanda à ce qu’on ramène vous savez qui.

« Il est comment le Pape ? ». Le garde se tourna vers moi et haussa les épaules. Je regardais par la fenêtre et, après quelques secondes, aperçut la « papemobile » débouler en bas de la rue.



Aucun de nous ne parlait et je terminais de faire la cuisine. « Désolé, j’aimerais avoir le temps de vous préparer quelque chose de mieux, mais vous savez, en semaine, j’ai pas trop le temps. Moi et ma fiancée on voudrait économiser pour s’acheter un truc à nous et pas cette stupide location, mais on doit enchainer les heures supplémentaires. Vous auriez plutôt dû manger avec elle, elle est beaucoup plus intéressante que moi. Dommage qu’elle travaille encore… ». Il ne parlait pas et semblait terriblement s’ennuyer. Moi-même, si j’avais eu quatre-vingts ans bien tassés, je ne rêverais que de me siester pour rêver de ma jeunesse.

Ses petits yeux ridés me fixer attentivement et j’essayais de ne pas croiser son regard, en vain. « Je vais devoir partit tôt, vous savez, je travaille encore après et, même pour Vous, je crains que mon patron n’hésite pas à me retirer une partie de mon salaire. Ma sœur m’a dit qu’elle passerait sûrement, mais, la connaissant, elle sera très en retard, trop en retard pour vous voir. Elle est psychologue. Elle vous fournirait sûrement un discours plus intéressant que le mien. Je sais que je ne suis pas passionnant. Chaque jour, je me lève tôt, j’embrasse ma fiancée, je vais travailler, je vais chercher ma fiancée à son travail, je fais la cuisine, elle s’occupe des papiers, on mange, on se couche, on fait l’am… enfin, et puis voilà. Je ne suis pas quelqu’un d’intéressant. Vraiment pas. Et, pourtant, cela me suffit amplement. ».

Je tendis son assiette au Pape. Il picora un peu tandis que je me focalisais sur mon assiette. Il avait planté son regard sur moi et j’essayai de ne pas y faire attention mais le garde était toujours là à me dévisager et je me sentais oppresser entre le regard bienveillant du vieil homme et celui menaçant du colosse.



A la fin du repas, je le reconduisis à la porte, le plus rapidement possible pour ne pas être en retard à mon travail, mais, avant de sortir, il se tourna vers moi et prononça ses uniques paroles du déjeuner : « Je vous trouve très intéressant, moi. ».

Posté le : 03/05/2014 15:00
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Re: Défi du 26/04/14 de Kjtiti
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Merci beaucoup Couscous.
Je vais faire mon possible pour continuer à participer à ces défis.
A bientôt.
Alexis17

Posté le : 30/04/2014 13:36
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Re: Défi du 26/04/14 de Kjtiti
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Coin coin à toi et merci pour ton commentaire.
Oui, je sais, je devrais participer plus souvent... Je vais essayer, mais, parfois, l'inspiration a dû mal à venir. Pour me lâcher plus, je vais essayer mais j'ai tendance à partir... pfiou au moins sur Aldebaran. En tout cas, un grand merci à toi.
Alexis17

Posté le : 29/04/2014 21:39
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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