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Accueil >> newbb >> Défi du 17 octobre 2014 [Les Forums - Défis et concours]

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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Couscous, je pense que ce récit est inventé de toute pièce, et en aucun cas une réalité. Pour preuve: tu ne reconnais pas le père Noel, toi qui a gardé ton âme d'enfant!!!!

Par ailleurs, je regarderai désormais mon chauffe d’un autre œil, sans trop m’en approcher, j’aspire à autre chose que d’être aspiré par cet appareil !!

Merci pour les lutins, mais on ne peux pas refuser la mondialisation comme tu le fais !!!

Prends exemple sur nous, les français: nous n’hésitons pas, et ne regrettons pas à exporter nos hommes les plus cultivés ou délicats : Arthur et Depardieu, ayant en retour la joie d’avoir au sein de l’Orée une poétesse Belge de talent…………. !!!!!!!

Je me suis bien marré avec ton histoire inattendue et pleine de tendresse.


Gros bisous de Touraine

Posté le : 19/10/2014 20:03

Edité par kjtiti sur 20-10-2014 07:52:03
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Titi
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Ah Donaldo, quel régal, que ce récit dans les hautes sphères de ces sociétés multinationales ou chacun ne pense qu’a sa gueule, et ou le niveau d’incompétence s’élève en parallèle avec celui de la hiérarchie !

Par ailleurs une question me taraude : tu parles d’avoir passé ton MBA option whisky, mais tu ne précises pas si tu l’as obtenu !!!

Cet intérêt pour ce diplômé m’est dicté par mes 25 années de licence en Gamay et Sauvignon, et malgré la longueur de ces études, je continue d’étudier au quotidien !! Qu’en est il de ton coté ?

Une chose m’a choqué dans ce récit : ta question sur le fait de savoir si le président de la nation se déclarant :‘’gendarme du monde’’ avait sauté Beyoncé !!

Tu as un drôle d’opinion, de ces généreux politiciens, désintéressés qui nous gouvernent, et dont la seule motivation est l’intérêt des électeurs !!!

D'autant que cela ne se passerait jamais chez nous, ou on ne mélange pas ,politique et monde du spectacle !!!!!

Quel bon moment Donaldo, tu NOUS a fait passer, ( car lu par mon épouse et ma petite fille qui se sont régalées !!!) avec ton regard acéré sur notre société, au travers de ce défi de la semaine
..
Merci pour ce délicieux moment , mon cher Donaldo

Amitiés Tourangelles



Posté le : 19/10/2014 20:39

Edité par kjtiti sur 20-10-2014 07:55:57
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Re: Défi du 17 octobre 2014
Plume d'Or
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Les amis, on reconnait bien là vos univers si particuliers. J'ai vraiment beaucoup ri en lisant les histoires de Pinpon le bien nommé, quoique Père No était bien trouvé aussi. Couscous nous emmène toujours dans un monde de grands enfants complètement loufoques. Donald, le capitalisme ne passera pas !

Posté le : 20/10/2014 10:00
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Re: Défi du 17 octobre 2014
Plume d'Or
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La scène se passe quelque part… Un homme est assis à une vieille table. Il porte un costume rouge et un béret blanc. Apparait un homme mûr mais encore vert, vêtu de noir. Il s’approche timidement de la table.

L’HOMME EN ROUGE – Approchez. Tenez ! Asseyez-vous là. Parfait. Et maintenant… Que puis-je faire pour vous ?
L’HOMME EN NOIR – Eh bien, je viens pour la place de libre.
L’HOMME EN ROUGE – Ah ! Bonbon. Et vot’ nom, s’il vous plait ?
L’HOMME EN NOIR – EXEM.
L’HOMME EN ROUGE – Tout court ?
EXEM- Eh oui… Tout court.
L’HOMME EN ROUGE – Bonbon. Moi je m’appelle PN. Vous voyez ! C’est pas plus mal. Pas plus mal, mais plus logique. Car ce sont mes initiales. Je suis le Père Noel !
EXEM – Le Père Noel !? Ca alors ! Je l’aurais jamais deviné. Votre costume est si moderne ! Vos jeans rouges délavés et déchirés aux genoux vous vont à merveille. Un vrai lycéen ! Et votre pull ! Tout rouge aussi. C’est maboul ! Maintenant je comprends. Et oui ! Le bérêt blanc ! Le Père Noel ! Enchanté Monsieur le Père Noel.
PN – Appelez-moi PN ! Ca suffira.
EXEM – Eh bien, PN, je vous jure que si vous m’engagez, je serai très sage…
PN – Bonbon. Adresse ?
EXEM- L’Orée des Rêves. Loriane-sur-Mer.
PN – Ah ! Vous êtes Loréen !
EXEM – Oui oui.
PN – Bonbon.
EXEM – Vous connaissez l’endroit ?
PN – Je connais toute la région. Il y fait très beau…
EXEM – Ah oui, alors ! Surtout la nuit ! Moi, j’aime la nuit ! On y voit les étoiles qui brillent et les mites qui volent, des oiseaux rares qui pleurent, des amants qui se séparent, des tombes qui montent et descendent, des fantômes …
PN – Bonbon ! Revenons à l’Annonce.
EXEM – Quelle Annonce ?
PN – Ah ! C’est vrai. Elle n’a jamais paru. Donc, qui vous a parlé de la place de libre ?
EXEM – Un ami. Un certain KJ Titi. Vous ne connaissez pas.
PN – Comment ça : « Vous ne connaissez pas » ! Mais je connais très bien. C’est un ancien employé. Un garçon très bien. Malheureusement, il n’a pas pu rester avec Nous. C’est d’ailleurs sa place dont nous parlons.
EXEM – Je t’en prie prie, PN donne-moi sa place !
PN – Attention ! Mon petit ! Vous pouvez m’appeler PN mais pas me tutoyer !
EXEM – Faites excuses ! PM, donnez-moi sa place.
PN – Non !
EXEM – Non ?
PN – Oui.
EXEM – Ah ! Merci,
PN – Pourquoi ?
EXEM – Vous avez dit oui.
PN – J’ai dit oui : non !
EXEM – Bien. Cela me suffit.
PN – Ecoutez-moi, EXEM. Vous ne me semblez pas pouvoir faire l’affaire. Regardez-vous un peu !
EXEM – Ben quoi ?
PN – Vos habits, par exemple.
EXEM – Qu’est-ce qu’ils ont mes habits ?
PN – Tout noir ! Ils sont tout noir ! Pourquoi vous habillez-vous ainsi ?
EXEM – (Il pleure) C’est que je suis morose. Et que je me sens mou. Incapable de réagir. Je suis triste. Triste et morose. Ayez pitié ! Donnez-moi le job de KJ Titi ! J’ai besoin de vivre ! J’ai besoin de vivre pour continuer d’écrire des poèmes tristes et déprimer toute la société !
PN – Vous êtes fou, mon ami ! Vous pensez que je vais vous engager pour déprimer des enfants ? KJ Titi c’est un rayon de soleil ! Vous, vous êtes un rayon de lune et encore durant une éclipse ! Allez ! Fichez-moi le camp !
EXEM – Attendez !
PN – Non !
EXEM – Écoutez-moi ! Si vous ne voulez pas de moi, je peux vous recommander quelqu’un…
PN – Ah oui ?
EXEM – Oui. Un Loréen. Un type très bien.
PN – Qui ça ?
EXEM – Marco.
PN – Vous êtes fou ! Il est pire que vous !!
EXEM – Vous le connaissez ?
PN – Oui. Il a déjà postulé. Si vous êtes morose, il est morose à la puissance 10.
EXEM – C’est pourtant vrai. Mais il est bon. Il ferait l’affaire.
PN – Non. N’insistez plus.
EXEM – Très bien. Alors que diriez-vous de Madame Loriane. La Maire de l’Orée.
PN– Ca ne va pas, non ? Une femme avec un pied cassé, des blessures partout ! Elle ne pourrait jamais.
EXEM – Que pensez-vous de Malhaire ?
PN – Il m’a l’air bien mais…
EXEM – Et l’Ermite ! Il est très bien l’Ermite. Un savant, un poète, un pote…
PN – Non.
EXEM – Bacchus ?
PN – Hem !
EXEM – Couscous ?
PN – Tiens ! C’est mieux. Mais… Un peu lourd, le soir. C’est un travail de nuit.
EXEM – Tagazou ?
PN – Il ne peut pas quitter Esmeralda. Dommage. Il aurait pu faire l’affaire.
EXEM – Dites-moi, PN, Vous ne voulez vraiment pas m’offrir la place ?
PN – Non.
EXEM – Alors offrez-moi au moins, un bonbon.


Posté le : 20/10/2014 17:32
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Dis donc, mon père Nono, gueulait la mère Noel
Que fait tu le 25, du dernier mois de l’An
Tu vas me laisser seule tels deux ronds de flan
Pendant qu’avec tes rennes tu fais le tour du ciel.

D’autant que chaque année, c’est la même habitange
Manquant de personnel, pour livrer tous les gnards
Tu pars à la luisante, bien plus tôt que plus tard
Revenant à la taule, rincé jusqu'à la frange

Demande un coup de pogne, auprès de ces ramiers
Retraités à deux balles, ces bouffons, ces cossards,
Qui posent sur la toile, ancêtres scribouillards,
Des poésies minables, au lyrisme anémié.

J’en sais un en Touraine, qui carbure au pinard
Se prétendant sportif, qui ferait bien l’affaire
Pas futé, pas malin, mais contre quelques verres
Te filera la patte, ce fieffé connard !!.

Ainsi kjtiti, dans la nuit féerique,
Vêtu de l’habit rouge connut l’insigne honneur,
De livrer les cadeaux en temps et bien en heure
Dans lesquels il glissa une douce supplique

C’est pourquoi à Noël, tous les enfants très sages
Dans leurs petits souliers trouvèrent ce message:
‘’Les câlins ont été inventé, pour montrer
A Maman que tu l’aimes, sans avoir à parler’’




Posté le : 20/10/2014 19:27
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Décideuse et fort drôle rencontre mon cher EXEM, avec le père Noél, mais c’est un furieux menteur, je n’y crois pas au père noël, alors tu penses le rencontrer !!!
Quoique, il me semble qu’un jour, enfin une fin de nuit, après quelques abus de libations frauduleuses, je pense l’avoir croisé, et se je me souviens bien, il ne pas même payer un canon le rapia, !!Alors me faire croire qu’il fait des cadeaux !!
En tous cas je me suis régalé, même si je ne suis pas d’accord avec lui : le couscous n’est pas si lourd que cela, il suffit de la manger sans pain, et en supprimant la purée qui l’accompagne !!

Dommage qu’il ne veuille pas embaucher Donaldo, il a l’habitude de nous envoyer dans les hautes sphères, quand à Loriane, pas question, on là garde il serait capable de ne pas nous la rendre, d’autant comme il le rappelle, dans un escalier la chute est probable, alors la cheminée, et puis elle dirait aux enfants en lisant leurs commandes : , c’est bien, mais y a une fofotte !!!!!

Allez mon cher EXEM, je cesse mes élucubrations, sachant que les tiennes m’ont bien fait marrer, et ton petit clin d’œil aux copains du site sont des plus agréables et fort sympathiques.

Merci et BRAVO

Amitiés de Touraine.

Posté le : 20/10/2014 19:49
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Eh bien,
Ce défi a inspiré les forces vives de l'Orée des Rêves.
EXEM, tu as carrément fait le tour des popotes.
Kjtiti nous a en plus livré une version supplémentaire.
Qui a dit que Noël n'était plus comme avant ?
Bravo à toutes et à tous.
Bises.
Donald
PS: Mon petit doigt me dit que ce n'est pas fini.

Posté le : 20/10/2014 20:40
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Bon, j'avais une autre idée mais je ne savais pas encore comment la développer.
On verra ce que ça donne.
Raymond Chandler m'a un peu aidé, je l'avoue.


Un vieux peut en cacher un autre


L'ouragan Delphine souleva des dossiers, renversa des piles de journaux et illumina l'atmosphère enfumée.
— Don, tu fais vraiment chier ! Je t'ai posé ce télégramme il y a au moins deux jours et tu l'as déjà perdu ? Je ne suis pas Mary Poppins. Il est temps de grandir, mon canard, tu ne peux pas vivre éternellement dans un bordel pareil.

Vous voyez le topo ? Il fallait vraiment bien l'aimer cette petite brune pour la laisser s'immiscer à ce point dans mes fondamentaux. Mon dada, c'était la théorie du chaos appliquée à la vie quotidienne. Les trucs bien rangés, chaque chose à sa place et tout le tremblement, c'était bon pour les caves, les mous du bulbe et les fonctionnaires du Trésor. Je n'y pouvais rien, mon cerveau fonctionnait mieux dans le désordre, loin des certitudes logiques et des théorèmes à deux cents.
Aller expliquer ça à Delphine tenait du chemin de croix. Venue de sa Belgique natale, mon associée croyait dur en la méthode, en la rigueur scientifique et toutes les conneries de son Hercule Poirot national. Je lui avais pourtant dit mille fois : ici, dans la Cité des Anges, son gras du bide gominé ne tiendrait pas cinq secondes avec ses raisonnements compliqués et son goût de la mise en scène, surtout en face des condés locaux plus habitués à mitrailler d'abord et à discuter avec les survivants.

Ce matin là, l'ineffable Delphine avait pris fait et cause pour les artisans besogneux. L'élu du jour était un pauvre vieux, livreur de cadeaux, empêtré dans une sombre histoire de vingt-cinq décembre, de lutins et de rennes. Il m'avait envoyé un message, par télégramme le pauvre pour dire à quel point il était largué, et il me demandait de l'aider à dépêtrer son affaire. J'avais du poser le bout de papier sur un coin du bureau, entre le journal des courses et ma note de frais.
— Inutile de passer en DEFCON 3, ma cocotte, on va le retrouver ton parchemin. J'appelle Benjamin Gates, il me doit un service.
— Don, combien de fois t'ai-je dit de ne pas m'appeler ta cocotte. On n'a pas élevé les cochons ensemble, je crois.
Ah, ces Européennes ! Formalistes jusqu'au bout des ongles, elles vous font tout un plat d'un petit sobriquet affectueux et passent à côté de l'essentiel. Delphine ne faisait pas exception à la règle et elle était capable de raser Moscou pour un jeu de mots sur sa robe à fleurs.
— La dernière fois que j'ai vu un cochon, il m'a rapporté cinq mille dollars le cliché et sa femme m'en parle encore.
— Arrête de te vanter, Don. On ne parle pas de maris volages, de cocus à lunettes ou d'adolescents fugueurs mais du Père Noël. Ce nom ne t'évoque rien ?

« Pourquoi m'étais-je associé avec une ancienne assistante sociale ? » me disait quelques fois mon cortex cérébral. La réponse tenait plus de la physique quantique, de la théorie des cordes et de l'acide lysergique que de la bonne logique paysanne que me rabâchaient mes parents, le soir avant de dormir quand ils me racontaient les exploits de l'Oncle Sam.

Au moment où j'allais peut-être percer ce mystère, j'entendis un cri de victoire.
— Je l'ai ! Je savais bien, rien ni personne ne me résiste, pas même ton foutoir légendaire.
— Bravo, ma poulette. Tu es sélectionnée pour le Prix Nobel de Ménage.
— Tu peux rire, Don. N'empêche que maintenant, tu n'as plus aucune excuse pour ne pas traiter cette affaire et aider ce pauvre Père Noël. Et illico !

Il existait un principe de base dans mon métier : ne pas contrarier les fous. Je l'appliquai, une fois n'était pas coutume, avec la tornade Delphine redevenue simple tempête tropicale.
A la lecture du message, il m'apparut évident que ledit Père Noël n'était probablement qu'un sous-traitant d'une firme multinationale, un de ces petits vieux ruinés par les actifs toxiques des banques new-yorkaises et condamné à travailler pour des nèfles au service des pires négriers. Je décidai de lui passer un coup de fil, histoire de me marrer trente secondes.
— Société XMAS ! C'est à quel sujet, dit une voix féminine, un peu revêche et fleurant bon la Normandie.
— Bonjour mon chou, je voudrais parler à Noël. Dites lui que c'est Don, il comprendra.
— Je ne suis pas votre chou, Don ! De plus, Noël est indisponible en ce moment. Vous pouvez m'expliquer votre affaire vu que je suis son associée à parts égales.
— C'est quoi votre blase, ma belle ? A votre accent, je suppose des origines françaises, entre le camembert et le calvados. J'ai raison ?
— Je me prénomme Arielle et oui, je suis française, du Havre exactement. Vous avez fait fort, Sherlock, pour déduire tout ça en quelques mots.
— C'est un métier chéri. Beaucoup en rêvent mais peu atteignent ce niveau de déduction.
— Halte là, joli cœur. Inutile de me servir vos salades, j'ai déjà un aspirateur.
— Revenons à nos moutons, Arielle. Votre associé a besoin d'un détective privé, ma pomme en l'occurrence, pour le sortir de la panade du vingt-cinq décembre.
— Je vois. Il est encore dans son délire paranoïaque.
— Lequel ?
— Il voit des Chinois partout.
— Rien d'anormal à Los-Angeles.
— C'est ce que je n'arrête pas de lui dire. Au premier Coréen affublé d'un sac-à-dos, il s'imagine un complot international visant à lui faire une concurrence déloyale.
— En résumé, il travaille du chapeau, le vieux.
— Carrément.

Le monde de l'investigation privée n'avait pas beaucoup de règles mais elles étaient primordiales pour survivre dans une profession gangrenée par les gagne-petits, les anciens flics et les fans de séries télévisées. La première consistait à toujours recouper une information par un fait.
— Arielle, je passe dans une heure.
— Inutile Don. Je vous l'ai dit, il devient maboul.
— Comprenez moi, Arielle, j'ai aussi une associée et c'est un véritable pitbull. Elle tient à ce que je règle l'affaire avec un service de qualité.
— Don, dites lui ce que je vous ai raconté.
— On voit que vous ne la connaissez pas. Un vélociraptor en jupon. Si je ne vérifie pas mes sources, elle va me déchiqueter jusqu'au dernier lambeau de chair.
— Je vous raccommoderai, Don.
— Plus tard, Arielle. La science n'est pas assez avancée. En plus, je vous connais à peine. Je n'ai pas l'air comme ça mais je ne suis pas un gars facile.
— Vous ne me croyez pas, Don ?
— Au contraire, Arielle. Votre douce voix et votre accent m'ont convaincu. Seulement, je n'ai pas le choix sinon autant me faire seppuku sur le champ avec mon presse-papier.

La négociation avait été serrée. La Française cachait bien son jeu, évitant de me montrer ses cartes, bluffant à l'occasion et passant du chaud au froid en un clin d’œil. Après avoir raccroché, je pris mon imperméable, mon arme de service et quelques petites babioles utiles dans ce type d'affaire.
Il me fallut dix minutes pour arriver sur place et garer ma voiture à l'abri des regards indiscrets. J'avais scanné le coin avec Google Map et je savais où se trouvait la porte dérobée, celle utilisée par les fournisseurs occultes et les amants secrets. Je décidai de passer par ce chemin, histoire de voir si la chanson d'Arielle reflétait bien la partition initiale.
— Que faites-vous là, monsieur, dit une voix chevrotante.
Je me retournai. Un petit vieux me regardait, l'air tout froissé, comme si je débarquais de la planète Mars.
— Je viens voir un de mes amis.
— Comment s'appelle-t-il ? Je peux vous aider à le trouver.
— Noël.
J'en avais vu des vertes et des pas mûres dans ma chienne de vie mais ce qui avait suivi rentrerait définitivement dans les annales. D'abord, le vieillard me reluqua encore plus bizarrement puis il se mit à rire. Sa bouche édentée ne s'arrêtait pas de hoqueter et ses yeux pleuraient à chaudes larmes.
— J'ai dit un truc drôle ? J'ai un bouton sur le nez ?
Pépé Machin-chose s'arrêta un instant puis remit en marche la machine à rigoler.
— Stop !
Mon autorité naturelle avait fait office de catalyseur. J'avais désormais toute l'attention du rieur.
— Qu'est-ce qui vous fait rire, l'ancêtre ?
— Tout le monde s'appelle Noël, ici.
— Comment ça ? Vous êtes combien dans cet entrepôt ?
— Une centaine.
— Que des Noël ?
— Oui.
— C'est un critère d'embauche ?
— Non, c'est un nouveau nom dès notre entrée ici.
— Et vous c'était quoi votre ancien nom ?
— Leonid.
— Vous venez d'où, Léo ?
— De Novossibirsk, en Russie.

Vous avez compris ? La société XMAS, sous les ordres de la soi-disant associée Arielle, qui en fait s'appelait Clothilde, enlevait partout dans le monde des petits vieux et les séquestrait dans cet entrepôt, pour conditionner des cadeaux et accomplir pleins d'autres choses ignobles. En regardant vite fait autour de moi, j'avais compris que les pépés fabriquaient aussi des chaussures de sport pour une grande marque américaine, produisaient des placebos pour des entreprises pharmaceutiques et tout un tas de saloperies à destination du Tiers-Monde.

J'appelai Delphine, afin qu'elle prévienne les services de police et de l'immigration puis je fis le tour du propriétaire, dans le but de retrouver mon client, l'émetteur du télégramme. Arrivé dans l'atelier principal, en face de ces dizaines de petits vieux occupés à coudre des baskets, à repasser des maillots et à empaqueter des poupées en plastique, je lançai ma question à un dollar toutes taxes comprises.
— Quel est le schnock parmi vous dont j'ai reçu le télégramme pourri ?
Un petit rabougri leva le doigt. Il ressemblait au nain Oui-Oui, en version troisième age.
— C'est moi, monsieur. J'ai bien fait, non ?
— Je veux, mon neveu. C'est quoi votre blase, pépé ?
— Hector Patate, monsieur.
— Vous êtes français ?
— Non, monsieur. Je suis belge et je viens de Mouscron dans la province du Hainaut.

Posté le : 20/10/2014 20:46

Edité par Donaldo75 sur 21-10-2014 15:45:58
Edité par Donaldo75 sur 21-10-2014 15:52:53
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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De France, enfin, je crois
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C'est dingue comme ce défi à susciter tant d'inspiration, bien joué kjtiti ! Entre le bouquin de géométrie pour Donald, Magic Bob, PN et Exem, le livreur Zalando, je ne sais plus où donné de la tête. Je n'ai jamais été très doué pour les textes humoristiques mais j'ai essayé de me dépatouiller...


J’avais eu beau rouler ma bosse sur tous les dromadaires du pôle Nord, jamais je n’avais autant pataugé dans la neige, les pieds embourbés de glace, le cerveau givré jusqu’au coude. La dernière fois, me semble-t-il, que j’avais, je le crois bien, mis les pieds, il parait, par ici, mon esprit avait fini halluciné aux champignons nordiques, déboussolé par le Sud, soleil couchant à l’Ouest, à l’Ouest d’Eden. Le froid ne m’avait, il faut l’avouer, jamais réussi, aussi loin puis-je me souvenir de mes chimères les plus réelles.

Les Carrrrriiiibbbbbbooouuuus, si bien nommés par nos amis lutins (http://www.youtube.com/watch?v=x6m-pwWCDKU), hurlaient tels des loups en rut je ne sais quelle ode à la pleine lune, chevauchaient fièrement le ciel étoilé à la recherche d’une cheminé, d’un petit feu, d’un grand âtre pour se déglacer le rosbif et se réchauffer les bois. Les flocons avaient par milliers engraissés leur épais pelage mais mes maigres veines, aussi ivres fussent-elles, n’avaient pas supporté les terribles alizés tropicaux de ces douces contrées.

Je ne savais plus trop vers quel pôle j’allais et les ours bipolaires devaient me prendre pour plus schizophrènes qu’une bande de pingouins à Wall-Street. Pffffiou, la prochaine fois, le patriarche irait se faire enguirlander, j’avais les boules et par ce temps ça sentait plus le sapin qu’autre chose. Faut dire que c’te cargaison n’était pas toute légère : vodka pour Papa, cigarettes pour m’man et de quoi occuper le marmot jusqu’à Noël prochain ; tout ça pesait un troupeau de phoques morts et le traineau allait finir en petit bois si je me délestais pas d’ce chargement au plus vite.

Je balançais donc les paquets, pluie de papier argenté au pied des sapins, et je reprenais un peu d’altitude vers le septième ciel ; je vis alors une belle silhouette se dessiner entre deux cumulus neigeux, voluptueuses courbes féminines. Malheureusement, pas le temps de m’arrêter, je repiquais à fond vers la terre ferme, triple looping et double vrille pour impressionner les juges, évitait de peu un chauffard de Malaisian Airlines, tournait à droite après la corne de l’Afrique et me garait entre la lune et la Picardie.

Je regardais au fond de mon traineau, restait désormais un unique paquet bien emballé adressé à la petite Alice. Je crois bien que j’avais fini par tourner en rond, là, avec mes pensées, et que jamais je ne trouverais le pays des merveilles. Saint Klaus allait me taper sur les doigts et Alice n’aurait jamais son lapin blanc mais qu’importe, il était trop tard et j’avais trop bu pour un autre tour du monde…

Posté le : 21/10/2014 11:16
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Le soleil n'est qu'une étoile du matin.
H.D Thoreau
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Re: Défi du 17 octobre 2014
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Ah Donaldo, quel bonheur ce roman policier ,pas vraiment policé, qui m'a fait d'avantage penser à Burma qu'a Poirot!!!

Tu devrais, si tu ne le fais déjà, écrire pour des séries télé, même si l'histoire que tu viens de nous est loin du conte de Noel habituel que l'on à raconte, à la veillée, aux enfants sages et innocents!!!

Je verrai désormais le père No ,d'un œil différent, tachant de voir si sous les habits rouges ne se dissimulait pas un de ces petits vieux, séquestré.

D'ailleurs compte tenu de mon grand âge, je vais éviter de sortir pendant cette période pour ne pas que la fourrière des ancêtres ne me ramasse !!i

Toujours un régal de te lire cher Donaldo, ton imagination n'a pas de limite et la qualité de l'écriture n'est pas en reste ,alors, ce n'est que du plaisir pour le lecteur !!

Merci et amitiés de Touraine

Posté le : 21/10/2014 15:14
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Le bonheur est une chose qui se double,..…..si on le partage …

Titi
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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