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Publication de la Nef des fous de Sébastien Brandt
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Le 11 Août 1494, est publié "La nef des fous"

œuvre majeure de l'alsacien, Sébastien Brandt, "La Nef des fous" ou "Das Narrenschiff " en allemand,
Cette forme littéraire innovante, dite la Narrenliteratur emprunte un genre bouffon, pour la critique, la faiblesse et la folie de ses contemporains, d'inspiration moraliste et religieuse.

Il s'agit d'une satire composée de cent douze chapitres, chacun étant dédié à un vice humain personnifié par un fou.
Tous ces "fous" se réunissent sous l'égide de Dame Vénus en un joyeux cortège regroupant toutes les classes sociales et les corporations, et embarquent sur une étrange nef avant de quitter le pays de cocagne pour mettre le cap sur l'île de Narragonie, royaume de la Folie.

La vie de Sébastien Brandt, auteur de la "Nef des fous".

Sébastien Brant naît en 1458 à Strasbourg, il meurt le 10 mai 1521 à Strasbourg.
C' est un humaniste et poète satirique, auteur entre autres, de "La Nef des fous", Das Narrenschiff, illustrée par Albrecht Dürer et qui fut, avant les Souffrances du jeune Werther de Goethe, l'ouvrage populaire le plus souvent imprimé.

Fils d'aubergistes strasbourgeois, qui tiennent l'auberge au Lion d'or, rue d'Or, Brant fait ses études universitaires à Bâle à partir de 1475. Cet humaniste alsacien, est principalement célèbre comme auteur de la Nef des fous.
Issu d'une modeste famille de Strasbourg, le jeune Sébastien Brant n'en reçoit pas moins une excellente éducation, d'abord à Sélestat puis, à partir de 1475, à la toute nouvelle université de Bâle, au cœur de cette cité qui va devenir le centre de l'humanisme rhénan et, plus tard, un haut lieu de la réforme protestante.
Après y avoir accompli d'excellentes "humanités", il se tourne vers le droit : en 1489, il obtient la licence, puis le doctorat "in utroque jure" ou en français , "en l'un et l'autre droit, ce qui signifie une licence de "droit canon et droit civil.
Il y devient plus tard professeur de droit et de poésie et occupe par intermittence la fonction de doyen, à partir de 1492. Il deviendra conseiller juridique de la ville en 1500, puis secrétaire de se ville jusqu'à sa mort en 1521.
Puis il écrit un ouvrage historico-politique dans lequel il exprime son enthousiasme pour le Saint Empire et son attachement au nouveau monarque, Maximilien, il met sa vaste culture à la disposition des grands imprimeurs bâlois, éditant des manuscrits, corrigeant des épreuves, composant maintes préfaces, en prose ou en vers latins, à des ouvrages érudits.
Fort habile dans le maniement de la nobilissima lingua qui est celle de Rome et de l'Église adaptée à des poèmes d'inspiration religieuse, politique ou didactique, Brant veut surtout prouver aux "Welches", appellation tant soit peu péjorative que les intellectuels et artistes germaniques appliquent aux Européens latinisés, italiens surtout et parfois même français, que les humanistes rhénans n'ont rien à envier aux érudits italiens.
Ayant subi dans sa jeunesse, comme son compatriote Wimpheling, et tant d'autres esprits de l'Europe du Nord, l'influence de la devotio moderna et de l'Imitation de Jésus-Christ, ayant atteint, au contact du chartreux Johann Heynlin von Stein, à une austère piété, il exprime sa dévotion dans des vers et selon des thèmes qui suivent la voie tracée par les maîtres spirituels du Moyen Âge : culte du Christ souffrant, louanges de la Vierge.
Il se montre à la fois très traditionaliste quand il se range dans le camp des partisans de l'Immaculée Conception à l'heure où les "maculistes" mettent violemment ce dogme en question, et suffisamment "moderne" pour dénoncer avec ironie ou colère les moines paillards et ignares, les autorités laïques ou ecclésiastiques défaillantes.

Panégyriste quasi officiel de l'empereur, il souhaite également coopérer avec le pape à la réforme de l'Église et à la lutte contre les Turcs.
Pour se rendre accessible au plus grand nombre, il commence à traduire ses propres poèmes et d'autres textes latins en un allemand d'une pureté et d'une netteté remarquables.
Il est peu à peu amené à publier de courts pamphlets populaires, des " feuilles volantes " d'un style et d'une forme très journalistiques, exprimant sa philosophie de la vie à l'occasion de tel évènement récent.

Son grand-père avait été sept fois membre du conseil. Son père est mort en 1467.
C'est à Bâle qu'il édite un manuel d'introduction à l'étude du droit, plusieurs fois réédité, des œuvres poétiques de Virgile, l'œuvre complète de Pétrarque et des traités de certains pères de l'Église.
Il contribue ainsi à la naissance de l'humanisme bâlois, sachant lui-même le latin et passablement le grec.
En 1485, il épouse la bâloise Elisabeth Bürgis, fille d'un coutelier, avec qui il aura sept enfants.
Souhaitant que son fils aîné, Onuphrius, devienne un humaniste, il lui apprend le latin au berceau et le fait immatriculer à l'université à ses sept ans.

Il approfondit en même temps son art au contact des imprimeurs, des savants, des peintres et des graveurs bâlois.
Quand son ancien compagnon d'étude Johann Bergmann von Olpe établit sa propre officine d'imprimerie, c'est chez lui qu'il publie, le jour du carnaval 1494, l'œuvre qui devait lui assurer l'immortalité, la Nef des fous, Narrenschiff.

Même si leur inspiration doit beaucoup à la Bible, aux Pères de l'Église, aux Anciens, au droit canon et à la tradition médiévale et germanique du carnaval, du paysan-fol, des devinettes ou "Rätselspiele", des "contes de menterie"ou Lügengeschichten ou autres jeux burlesques, il faut dire que les cent douze chapitres, en vers allemands, de "la Nef des fous", qui passent en revue, en les entassant dans un navire en route vers la "Narragonie", toutes les variétés de fous que charrie le monde des humains, ces divers récits constituent un évènement.
Brant a, en effet, détaché le thème de la folie du spectacle et de l'expression orale : le livre est là, que des milliers de lecteurs, clercs ou laïques, ont pu feuilleter, en dehors des fêtes de carnaval ; et même les illettrés peuvent admirer et comprendre les bois gravés, chefs-d'œuvre de l'art populaire du XVe siècle finissant, qui illustrent avec verve chacun des chapitres.
C'est là un succès populaire en même temps qu'un triomphe parmi les humanistes : l'Alsacien Beatus Rhenanus regarde Brant comme l'une des gloires de la Germanie, qu'il a fait sortir, au même titre qu'Érasme, des ténèbres de la barbarie !
En fait, "la Nef des fous" n'est que l'immense développement d'un lieu commun tiré de la Bible affirmant que "le nombre des fous est infini ", mais il atteint ici aux dimensions d'une vision du monde ainsi que le montre bien l'œuvre de J. Bosch consacrée à ce thème.
Ces fous, dans la conception brantienne dérivée du christianisme médiéval, sont en fait des pécheurs : car, à côté du plaisant et inoffensif bibliomane, du bavard impénitent ou du vieillard tombé en enfance, la satire pessimiste de la Nef fustige surtout, et sous toutes ses formes, l'attitude de l'impie qui s'est écarté de Dieu et de sa Loi, le médisant, l'orgueilleux, et toujours, la femme "folle de son corps", bref les mauvais chrétiens, qui oublient le salut de leur âme et les joies éternelles pour s'absorber dans le monde des apparences, le monde des sens, le monde dit "renversé".
Tous ces thèmes moralistes, ciblent indifféremment, la vanité de la science, la présence de Satan, la perversion du monde, l' errance aveugle de ce navire, ce "char naval", la gloire du Christ en croix, etc.
Ces critiques étaient familières aux auditeurs des sermons de Geiler ou de Murner.
Un grand nombre de rééditions, des traductions, en latin, en bas allemand, en français, en flamand, en anglais, dans les dernières années du XVe siècle et dans les premières du XVIe, des adaptations et des commentaires infinis disent assez la gloire de ce livre, qui clôt une période, alors qu'en 1509, l'Éloge de la folie d'Érasme en inaugurera une autre.

De retour à Strasbourg en 1500, Brant sollicite à plusieurs reprises l'Empereur pour qu'il repousse les Turcs afin de sauver l'Occident. Mais lorsqu'il s'aperçoit que l'Empereur qu'il vénère, n'est pas à la hauteur de cette tâche, il écrit en 1504, dans une lettre à l'humaniste Konrad Peutinger d'Augsbourg, qu'en fin de compte la fonction impériale peut tout aussi bien être assumée par un autre peuple si les Allemands sont incapables de jouer le rôle qui leur a été assigné par l'Histoire.
Dans le même esprit, Brant avait fait en 1492 l'éloge de Ferdinand le Catholique, vainqueur des Maures et unificateur de l'Espagne.
En 1501 il est nommé comme syndic municipal et Brant n'aura plus guère de temps à consacrer à la littérature.
Devenu Stadtschreiber, chancelier, il joue un rôle de premier plan dans la vie publique de la capitale de l'Alsace.
À son passage à Strasbourg en 1514, Érasme est reçu comme un prince par la municipalité et la "société littéraire" que préside Brant.

Les travers que dénoncent les humanistes amènent un mouvement complexe, à la fois religieux, moral, politique et national, la Réforme ;
Ce terrain social sera favorable, et prépare l'émergence d'une nouvelle conscience morale, les succès de Luther, puis de Calvin, qui vont suivre, s'expliquent par la situation d'une Allemagne en pleine mutation.
La Réforme a pour conséquence d'assurer le triomphe de l'allemand sur le latin, d'unifier les parlers, d'entraîner la poésie lyrique, le cantique et la fable dans le tourbillon des idées nouvelles, dont la diffusion bénéficie des progrès de l'imprimerie.
Le théâtre religieux, dont le meilleur représentant est Hans Sachs, connaît un essor sans précédent.
Strasbourg, allait devenir un des hauts lieux de l'humanisme ; cela lui vaudra, entre autres, un Éloge d'Érasme qui, en 1514, avait été l'hôte de la société littéraire animée alors par Sébastien Brant et Wimpheling.
C'est surtout à partir de 1523 que les savants affluent de partout.
Il faut citer principalement Martin Bucer, Capiton, Hédion, Sleidan et Jean Sturm dont le nom est lié à l'enseignement de qualité qu'il dispensa pendant une quarantaine d'années au Gymnase, fondé en 1538, dont il était le recteur.
Cette haute école où professa notamment Calvin sera élevée au rang d'académie en 1566 et d'université en 1621.
Quelques missions officielles en Europe du Nord complètent la vie de l'humaniste alsacien, dont les dernières années furent assombries par la montée irrésistible du luthéranisme, la désintégration de l'Empire et les progrès alarmants du péril turc.

"La Nef des fous "

On peut donc considéré "la nef des fous" comme une oeuvre capitale, car fondatrice, elle est l'expression d'un tournant essentiel, prémices d'un renouveau social, moral et religieux.
Si le fond n'est guère nouveau, en revanche la forme d'expression, elle, est particulièrement innovatrice et fera date.
Ici, le clavier des métamorphoses s'étend à l'ensemble de l'univers créé et à toute invention de l'industrie humaine.
C'est par là qu'il peut être dit fantastique.
L'obscène s'y conjugue avec le burlesque, la parodie avec la cruauté.
L'innocent monde à rebours de La Nef ou du Miroir des fous est perverti en anti-monde diabolique et sacrilège, où tout devient à la fois tentation et damnation, convoitise et châtiment.
On recherche l'impossible en soi et l'interdit par excellence.
La déraison épidémique se répand "comme une dépravation", estime Jurgis Baltrusaïtis qui a passé au tamis ces alluvions infernales et reconstitué la géographie de ces échanges.
Il y reconnaît une véritable "physiologie du disparate et du difforme".
C'est peu dire : insectes et reptiles, marmites et rôtissoires, jongleurs et ribaudes, grenouilles et stropiats réussissent les hybridations les plus déconcertantes et d'inconcevables bâtardises.
À la fin, cet univers apparaît si bien inversé, disloqué, brouillé comme un puzzle après brassage des pièces, que l'insolite n'y a plus de place, parce qu'il est partout. Or il n'est rien, il n'apparaît pas, s'il ne transgresse et ne déchire soudain une régularité bien établie et qui semblait imperturbable.
À cause de cet empire sans partage du chaotique et de l'aberrant, les tableaux de Jérôme Bosch n'apportent pas à un degré proportionné à l'éventail et à l'énormité des moyens mis en œuvre le sursaut d'irréductible étrangeté que d'autres provoquent plus intense, plus tenace, à de bien moindres frais.


La "nef des fous" revisitée par Jérome Bosch.

L'oeuvre écrite de Sébastien Brandt à fortement inspiré le peintre Jérome Bosh qui nous laisse des peintures remarquables sur ce sujet.
Jérome Bosch doit son surnom de Bosch à la dernière syllabe de la ville où il est né, S’Hertogenbosch, en Hollande.
Il est le fils et petit-fils de peintre.
La quasi-totalité de sa production est constituée de triptyques où il mêle les hommes, les animaux les plus bizarres et les montres les plus laids. Son œuvre la plus connue est le "Jardin des délices".
Il a une qualité de peinture exceptionnelle et utilise des couleurs transparentes, ce qui fait de lui sans conteste un des peintres précurseurs des siècles qui suivront et même une source d’influence de plusieurs grands peintres du XXème siècle.
En effet chez Bosch, les lignes de constructions sont nombreuses mais moins repérables que chez Léonard de Vinçi, Raphaël ou Véronèse car Bosch se situe à la naissance de la perspective qui n’est pas encore bien maîtrisée.
De plus, il n’était ni mathématicien, ni astronome, ni philosophe ou ingénieur comme ces trois humanistes et c’est pour cette raison qu’on situe Bosch comme ayant marqué la fin du Moyen-Age et non le début de la Renaissance.

Les sources de l'inspiration de l'artiste

Tout comme il connaît les "ars moriendi ", ces gravures du "savoir-mourir", les clefs des songes et le Tarot, les traités d'alchimie et ceux d'astrologie, Bosch a lu les ouvrages des mystiques, La Nef des fous de Brant, La Légende dorée où sont décrites les tentations de saint Antoine, et Les Visions de Tungdal, ce poème traduit de l'irlandais et qui montre une sorte de don Juan du XIIIe siècle gratifié, pour son salut, du spectacle même de l'enfer, quintessence de l'horrible. Matière de rêverie, répertoire de figures.


La folie et la Nef des fous

Dans le contexte de l’œuvre de Bosch, l’acceptation du terme "folie" n’est pas d’ordre médical.
Certes, il s’agit d’égarement de l’esprit, mais un égarement qui n’est nullement pathologique.
On parle de bêtise.
Encore faut-il savoir qu’à l’époque de Jérôme Bosch, la folie, ou la bêtise, avait une connotation morale. Le thème de la folie est vieux comme le monde mais, aux environs de 1500, il est pour ainsi dire omniprésent ; à tel point qu’on a cru pouvoir qualifier le phénomène de "psychose collective".
Trois ouvrages ont alors eu un retentissement considérable : "La Nef des fous", en 1494 de Sebastian Brant, l’ "Ensorcellement des fous " en 1512 du français alsacien Thomas Murner et le chef-d’œuvre d’Erasme " Eloge de la folie " en 1511.
La littérature et le théâtre populaires, les fabliaux, les traités pieux et moralisateurs, les sermons, la xylographie, les illustrations des livres et feuilles volantes, la peinture et la statuaire, les cortèges et les fêtes, l’astrologie et l’alchimie : partout, on rencontre la folie ou sa personnification, le bouffon.
Dans le panneau de Bosch "La Nef des fous", on voit un bouffon avec sa marotte.
C’est précisément sa présence qui a suggéré le titre généralement accepté par les auteurs.
En autre, la scène a été associée avec l’ouvrage de Brant susmentionné.
À partir du XVe siècle, les lieux principaux de dénonciation de la folie étaient l’amour charnel, l’orgueil, la cupidité et, d’une façon générale, les sept péchés capitaux.
Dans les textes de l’époque, le pécheur était qualifié de fou :
"Comment expliquer cette grande folie, ce comportement insensé de celui qui cherche avec frénésie la mort de son âme. Décidément c’est un peuple qui n’a ni discernement ni sagesse." extrait de "Les Quatre Fins dernières," paru en 1482.


La peinture


Si vous vous rendez au musée du Louvre vous pourrez contempler parmi les ouevres du pays-bas, "La nef des fous" de Jérome Bosh
Cette œuvre, peinte en 1498 est une peinture à l’huile sur bois d’un format assez restreint qui est de 57.9 cm sur 32.6 cm, elle est attribuée à la première période de Jérôme Bosch où il s’efforce à faire passer à travers le genre de l’allégorie, un contenu moral.
Ce tableau se situe entre la découverte de l’Amérique par C. Colomb en 1492et la réalisation de " La Joconde" par Léonard de Vinçi en 1503.
C’est une période extrêmement prolifique sur le plan artistique avec l’arrivée en France et en Hollande de l’influence du Quattrocento Italien.


Lecture d'une composition de Bosch :

"La Nef des Fous" représente un certain nombre de personnages qui sont à bord d’une embarcation à la dérive. On peut observer un moine de profil ainsi que deux nonnes au premier plan.
Le moine et la nonne sont séparés par une planche de bois qui sert de table sur laquelle sont posées des cerises ainsi qu’une écuelle.
Une des nonnes joue du luth tout en essayant de mordre dans le gâteau qui est suspendu au mât de la barque.
Ces trois personnages d’église sont entourés de cinq personnages qui sont probablement des paysans dominés par la folie.
Trois de ces paysans chantent en cœur au centre du tableau tandis qu’un autre est allongé au fond de la barque tout en se faisant rafraîchir par l’eau que lui verse la nonne sur le visage.
Le cinquième paysan succombe sous l’effet de l’alcool en vomissant par-dessus bord.
Deux personnages nus s’approchent de l’embarcation.
Ils baignent dans une eau immonde qui sert de support à la barque, et l’un d’entre eux tend une écuelle pour la remplir. Le fou est assis sur une branche de l’arbre qui fait office de mât.
Il boit dans un entonnoir et possède tous les attributs du fou, l’habit, les chaussons ainsi que le chapeau à grelots.
Un paysan grimpe sur le mât pour sectionner une corde d’un poulet.
Au-dessus du poulet se trouve un étendard portant le croisant de Lune.
Tout en haut de la composition, dans les feuillages se trouve un masque de chouette.
L’arrière plan est un large paysage avec une colline sur la droite de l’œuvre.

Signification des symboles :

Au XVème Siècle, les tableaux étaient conçus comme un moyen de faire passer un message et un contenu.
Ainsi, c’est pour cette raison que l’univers de Jérôme Bosch fourmille de détails qui ne sont pour la plupart que des symboles, allusions et métaphores.
Ce sont eux qui rythment la composition et l’organisation du tableau.
L’assiette de cerises qui est au premier plan est un signe de volupté mais également une allusion au péché de la luxure.
Tout comme la cruche de vin en métal qui est reversée et tenue au bout d’un bâton sur le côté gauche de l’embarcation.
Le moine et la nonne qui sont face à face évoquent le couple d’amoureux qui jouent de la musique en prélude à l’amour. Le luth au moyen-âge portait une signification érotique.
Le fait qu’il soit placé sous un arbre à une signification de bêtise dans la littérature du XVI éme siècle.
L’arbre-mât est un emblème du mât de cocagne ou de l’arbre de mai des fêtes populaires de printemps, période de licence pour la population et pour le clergé.
Le fou à tous les attributs de la folie et marque la démence de la scène.
Il boit dans un entonnoir un contenu qui fait certainement perdre la raison.
Il savoure en réalité sa victoire sur les hommes.
On observe sur l’étendard qui vole au vent, un croissant de Lune qui est l’emblème de l’Empire Turc.
Ce qui marque à l’époque l’irrespect pour la religion catholique.
Au-dessus, le masque de chouette regarde la scène et symbolise l’hérésie, le porte-malheur et même le démon.
Le péché de la gourmandise tout comme celui de la luxure est lourdement évoqué grâce au paysan qui cherche à récupérer un poulet qui est accroché au mât, mais aussi par l’homme qui vomit et par l’écuelle géante qui fait office de rame.
A travers tous ces symboles et allusions, Jérôme Bosch apporte une dimension critique au tableau. Le péché de la gourmandise et celui de la luxure étaient des vices très répandus dans les monastères, ces débordement étaient souvent les reprochés aux ordres religieux du XVIème siècle.

La technique de l'artiste:

Le tableau de la "La Nef des Fous" est peint, tout comme "La Joconde", sur un support qui est en bois.
Bosch d’ailleurs ne peignit durant toute sa vie que sur ce matériau. Sa structure matérielle de son tableau est très caractéristique des tableaux flamands du début du XVIème siècle.
Il appliquait tout d’abord une couche de préparation aqueuse pour qu’ensuite son support soit bien lisse, puis il pouvait esquisser le motif voulu.
Il faut donner une grande importance à ce dessin préparatoire qui mettait en place tous les éléments de la composition. Le dessin sous-jacent dans "La Nef des Fous" est constitué de nombreuses hachures parallèles qui indiquent déjà l’emplacement des zones d’ombre, de lumière et de drapés.
Après ce dessin structural, Bosch peignait par-dessus, à l’huile par de fines couches.
Le fait de peindre en fine couche accrochait de manière remarquable la lumière, notamment visible dans la mâture de l’embarcation et dans la jupe du fou.
Bosch exécuta "La Nef des Fous" de manière très rapide, sa touche est très nerveuse et est perceptible à tout endroit. Par ce principe technique, Bosch est plus moderne que Léonard de Vinçi ou Raphaël dans le sens où ces deux derniers ne voulaient pas que leurs outils laissent de traces dans la manière picturale.

Liens
http://youtu.be/ZHEdH6O8840 la nef des fous dessins et peintures

http://youtu.be/WV9dq4bb_l8 Marc Seber

http://youtu.be/ZNfPJfeOLo0 Histoire de la folie par Michel Foucault


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Posté le : 10/08/2013 15:39

Edité par Loriane sur 11-08-2013 13:14:23
Edité par Loriane sur 11-08-2013 13:16:46
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Il vole à moi un vieux cahier
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Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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