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Wilhem Reich
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Le 3 Novembre 1957 Wilhem REICH Meurt en prison à Lewisburg, Pennsylvanie, États-Unis.

psychiatre, psychanalyste et critique de la société autrichienne

Reich est de tous les disciples de Freud celui dont l'œuvre représente la tentative la plus aboutie de relier la psychanalyse au politique.
S'il est surtout connu en tant que figure éminente du freudo-marxisme, Reich fut également un clinicien et un chercheur qui n'a cessé de remettre en question ses propres acquis.
Il ne se contenta pas de travailler à une synthèse des théories freudiennes et marxistes, mais, guidé par ses convictions psychanalytiques, s'engagea activement dans l'action politique. D'abord acquis aux conceptions freudiennes, il s'en détachera peu à peu pour ne retenir que la dimension sexuelle.
Par la suite, il abandonnera toute approche intersubjective pour se consacrer à l'étude objective et quantitative des forces psychiques.
Il joue dès 1920 un rôle important au sein de la société psychanalytique de Vienne, où il se distingue par son engagement dans le parti communiste autrichien.
Il cherche à développer des expériences d'hygiène sexuelle au sein de la classe ouvrière de Vienne puis de Berlin.
Refusant l'hypothèse de la pulsion de mort, il conçoit la névrose comme un conflit entre la pulsion sexuelle et une société autoritaire qui la réprime.
Réduisant la sexualité à la physiologie de l'orgasme et à ce qui l'entrave, méconnaissant l'ordre symbolique, il en viendra à élargir la libido à une énergie cosmique : l'orgone.
En 1934, il est exclu à la fois de l'Association internationale de psychanalyse et du parti communiste. Le nazisme le contraint à émigrer d'abord en Suède, puis en Norvège et aux États-Unis.
l y commence, en 1939, ses recherches sur l'orgone, dont la stagnation dans l'organisme serait responsable d'affections psychiques et somatiques comme le cancer, cette théorie est à l'origine de la bioénergie.
Accusé d'escroquerie pour avoir commercialisé des accumulateurs d'orgone, Reich est incarcéré et meurt en prison. Il a écrit Psychologie de masse du fascisme, 1933, la Révolution sexuelle 1945 et Écoute, petit homme 1948.

Premières années

Wilhelm Reich naît le 24 mars en 1897 à Dobrzcynica alors en Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Ukraine, dans une famille juive de Galicie, dans l'empire Austro-Hongrois. Ses parents, Leon Reich, un fermier aisé, et Cecilia Roniger, sont juifs assimilés, et l'élèvent en dehors de toute tradition religieuse. Peu après sa naissance, sa famille s'installe plus au sud dans une ferme de Jujinetz, près de Tchernivtsi, en Bucovine.
Il attribue plus tard son intérêt pour l'étude des rapports sexuels et des bases biologiques des émotions à son éducation dans la ferme paternelle, où les fonctions naturelles de la vie ne lui furent jamais cachées.
Il suit un enseignement à domicile jusqu'à l'âge de 13 ans. À l'âge de 14 ans, il joue un rôle important dans le suicide de sa mère en révélant à son père la liaison de celle-ci avec l'un de ses précepteurs. Il fuit son domicile peu après la mort de son père en 1914, lors de l'arrivée de l'armée russe.
Dans Passion of Youth, il écrit :
"Je ne revis jamais ni ma terre natale, ni mes biens. De ma vie passée aisée, il ne m'est rien resté."
Après des études de droit commencées à la fin de la Première Guerre mondiale, il entreprend une formation médicale qu'il achève en 1922. Au cours de ses études, il découvre l'œuvre de Freud, qu'il rencontre en 1919. À l'âge de vingt et un ans, il est admis à la Société psychanalytique de Vienne. Quelques mois plus tard, il y prononce sa première communication – Conflits de la libido et formations délirantes dans Peer Gynt d'Ibsen – qui témoigne déjà de son intérêt pour la sexualité, tout comme son premier livre important, publié en 1927, La Génitalité dans la théorie et la thérapie des névroses, ouvrage apprécié par Freud.

Vie en Europe

Après la fin de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il combat sur le front italien, il devient médecin, puis psychiatre et s'intéresse à la philosophie, aux sciences naturelles, et à la sexologie naissante.
À Vienne, il exerce comme psychanalyste dès 1919 et participe à la création d'un séminaire de technique psychanalytique, qu'il dirigera par la suite, au cours duquel il développera ses idées sur le caractère et l'économie sexuelle.
Il épouse en 1921 Annie Pink, une de ses patientes qui, sous le nom d'Annie Reich, fera une brillante carrière de psychanalyste.

Il entreprend une analyse didactique avec Rado puis avec Paul Federn.
Après des conférences sur la psychanalyse données en marge de ses études de médecine, il rencontre Freud à l'université de Vienne qui lui offre deux de ses livres et l'encourage. Il participe activement au séminaire de psychanalyse dont il devient rapidement le sous-directeur, il est notamment avec Sandor Ferenczi l'initiateur d'un nouveau séminaire : le séminaire technique, et publie plusieurs ouvrages, dont l'un sur la fonction de l'orgasme en 1927 qu'il dédicace à son Maître, où sont clarifiés les concepts d'économie sexuelle et de caractère génital.
Reich se rend compte que, pour une grande part, la cause des névroses est d'origine socio-économique, problèmes de logement, indépendance économique de la femme, difficultés de contraception.
Il forme un groupe de médecins et d'infirmiers pour aider les personnes dans les quartiers pauvres de Vienne. Il crée un dispensaire psychanalytique gratuit pour les plus démunis. En septembre 1929, il voyage en U.R.S.S. où il rencontre la pédagogue Vera Schmidt.

Allemagne

En 1930, Reich quitte Vienne pour Berlin où il adhère au K.P.D, le parti communiste allemand. Là, il dispense des conseils en matière de sexologie et donne des cours à l'école marxiste des travailleurs. C'est aussi dans cette ville qu'il participe activement aux travaux de l'Institut psychanalytique de Berlin.
Il est en désaccord avec l'apolitisme de la Société de psychanalyse.
Il regroupe autour de lui des psychanalystes de tendance marxiste ou sympathisants tels qu'Erich Fromm, Otto Fenichel, Siegfried Bernfeld, Barbara Lantos. Il contribue à la théorisation du freudo-marxisme.
Son engagement se poursuivant auprès des masses, il crée Sexpol, un centre public de recherches et de discussion sur les conditions de vie contemporaines et les conditions d'épanouissement de la satisfaction sexuelle dans les masses populaires.
Le Sexpol attire de nombreuses associations, plus de cent mille adhérents, puis est interdit lors de la montée du nazisme. Il en reste son journal Zeitschrift für Politische Psychologie und Sexualökonomie et la maison d'édition créée en 1932 verlag für sexual-politik, éditions de politique-sexuelle.
C'est dès cette époque qu'il introduit le concept de cuirasse caractérielle dans sa pratique psychanalytique.
Ses relations avec Sigmund Freud sont amicales tant que Reich s'en tient à la psychanalyse, et il fait partie du cercle de ses intimes.
Mais un désaccord survient à propos de la théorie de Freud sur Thanatos et Éros : selon Reich, Thanatos — l'instinct de mort permettant à la psychanalyse de justifier le masochisme et la compulsion de répétition — n'est qu'une pulsion secondaire, acquise au cours de la vie du souffrant, et non pas primaire selon Freud.
Avec le risque consécutif à la persécution des communistes par le nouveau régime nazi, leurs relations se détériorent.
En 1933, il est secrètement exclu de l’association psychanalytique internationale ce qu'il n'apprend qu'en 1934.
Pour Lore Reich Robin, les relations avec Anna Freud expliquent cette exclusion.
Il est aussi exclu du parti communiste allemand en 1933.
En tant que juif5 et communiste, il fuit l'Allemagne nazie.
En 1935, la Gestapo décrète l’autodafé de tous ses ouvrages.
L'arrivée des nazis au pouvoir le contraint à fuir l'Allemagne et à se réfugier au Danemark où il poursuit son combat politique.
Commence alors une vie d'exilé.

Autriche

Il s'exile en Autriche à Vienne, où l'hostilité croissante des milieux psychanalytiques le contraint à repartir.
Il accepte l'invitation de Leunbach, l'un des fondateurs de la Ligue mondiale pour la réforme sexuelle, au Danemark, d'où des manœuvres staliniennes du parti communiste danois le font expulser.

Danemark

Déclaré persona non grata au Danemark, il doit partir pour la Suède.

Suède

En 1937, il publie Réflexe orgastique, attitude musculaire et expression corporelle, ouvrage dans lequel il relate les résultats de sa tentative de mesurer les activités sexuelles à l'aide d'appareillages qu'il a lui-même conçus.

Norvège

À nouveau contraint de s'exiler, il quitte la Suède pour s'établir en Norvège, où il entreprend des recherches sur la fonction biologique de la sexualité et de l'angoisse avec l'aide d'une nouvelle équipe, formée de médecins, de psychanalystes, d'un ingénieur en électricité, étude qui le conduit à s'intéresser à la biogénèse qui l'amène à élaborer la théorie des bions. C'est à l'invitation du professeur Schjelderup, directeur de l'Institut de physiologie de l'université d'Oslo, qu'il donne des cours sur l'analyse caractérielle.
Les travaux de cette période norvégienne sont publiés en 1937 sous le titre Étude expérimentale de la fonction électrique de la sexualité.
Il pose en ces années les bases de la thérapie psychocorporelle en collaboration avec Ola Raknes.
C'est à cette même époque que Alexander Sutherland Neill, connu pour ses méthodes pédagogiques novatrices expérimentées à l'école de Summerhill, lui rend visite et s'inspire de ses conceptions dans son approche pédagogique de la sexualité.
Il entreprit lui-même pendant six semaines une végétothérapie, nouvelle thérapie mise au point par Reich qui lui procura, selon ses dires, une aide bien plus essentielle que des années de psychanalyse.

Angleterre

En 1939, il passe en Angleterre où il rencontre l'ethnographe Bronislaw Malinowski. À cette occasion il découvre que les observations de Malinowski sur les peuplades primitives des îles Trobriand confirment les théories sur l'évolution du matriarcat au patriarcat et l'influence primordiale des conditions économiques sur les pratiques sexuelles qu'il avait déjà formulées dans son livre L'Irruption de la morale sexuelle publié en 1932.
Il entreprend une nouvelle rédaction de ce livre à la lumière de ces nouveaux éléments. Malinowski l'invite à le rejoindre aux États-Unis, pour occuper un poste de maître de conférences.

Vie aux États-Unis

Embarqué le 19 août 1939, Reich est accueilli aux États-Unis à la fin d'août 1939 par Théodore Wolfe qui est son traducteur.
Reich émigre définitivement aux États-Unis et s'installe en tant que professeur d'analyse caractérielle à la New school for social research.
Il habite alors Forest Hill où il installe son laboratoire afin de poursuivre ses recherches.
Il rencontre en 1939 Ilse Ollendorff, qu'il épousera en seconde noce.
Il s'établit à New York où il enseigne la psychiatrie et l'analyse caractérielle à la New School for Social Research et où il exerce également comme psychiatre-psychanalyste dans son cabinet privé. Il est élu en 1939, membre honoraire de la société internationale de plasmogénie.
Après perquisition de son appartement par le FBI en 1941, il passe Noël 1941 en prison, Pourquoi ?. Il est libéré le 5 janvier 1942.
Après quelques années, il achète en 1945, dans le Maine, une grande propriété, qu'il baptise Orgonon, où il crée l'Orgone Energy Clinic, destinée au dépistage des maladies énergétiques, biopathies, et l'Orgonomic Infant Research Center, consacré à l'étude de l'enfant depuis le stade prénatal jusqu'à l'adolescence pour poursuivre ses travaux avec ses assistants dans le domaine de la biologie et la biophysique.
Y ont eu lieu des conférences sur ses découvertes, sur ses inventions et sur l'évolution de ses recherches, d'où il édite un journal et où venaient le visiter ses collaborateurs. Ce lieu est actuellement le musée Wilhelm Reich ; il se situe à Rangeley.

Il poursuit ses recherches sur ce qu'il appelle l'orgone, une énergie élémentaire qui serait de nature cosmique, visible, quantifiable et utilisable.
En 1941, il rend visite à Einstein et lui expose ses idées sur la possibilité d'isoler et d'accumuler cette énergie.
Il lui laisse un accumulateur d'orgone qu'il vient tout juste de construire. Il fabriqua ensuite un orgonomètre, à partir d'un compteur Geiger, dans le but de mesurer l'intensité du champ d'orgone et d'élaborer une équation orgonométrique. Certainement déçu par l'appareil que testa l'un de ses collaborateurs, Einstein ne répondit jamais aux lettres que Reich lui adressa par la suite.

L'ambition de Reich d'isoler et d'accumuler l'orgone suscite de fortes oppositions, et la justice américaine, sur plaintes de la F.D.A., Food and Drug Administration et de l'A.M.A., American Medical Association l'inculpe pour charlatanisme.
Ses dernières théories comme sa certitude de pouvoir appréhender objectivement l'énergie cosmique sont considérées comme absurdes, voire dangereuses pour les malades, en les encourageant à rejeter les traitements allopathiques.

Le 15 décembre 1950 commence l'expérience Oranur, Orgonotic Anti-Nuclear Radiation.
Reich enferme une aiguille de radium soigneusement isolée par une couche de plomb dans un de ses accumulateurs.
Le but de Reich est de vérifier si l'orgone concentré peut contrer les effets mortifères des radiations atomiques. En février de l'année suivante, l'expérience aboutit à une catastrophe énergétique, le lieu devenant inhabitable.
Par ailleurs, Reich propose à des patients volontaires un traitement expérimental pouvant les aider à mieux vivre leur cancer, ses patients s'irradiant dans un accumulateur d'orgone et bénéficiant parallèlement d'une végétothérapie caractério-analytique.
Des prélèvements sanguins, quelques gouttes de sang sont réalisés pour évaluer les effets de l'irradiation sur l'organisme.
Reich suscite les critiques de la communauté psychanalytique et médicale américaine.
Quand bien même Reich est docteur en médecine et psychiatre en sus d'avoir été chef de séminaire au cours de sa période psychanalytique, ces expériences sont considérées comme privant les malades de thérapie et les mettant en danger.
À cette époque, comme lors de sa période scandinave, des rumeurs le qualifient de fou et de lubrique.
À partir de janvier 1942, attaqué de toutes parts, traité de charlatan par les psychiatres et de schizophrène par le milieu psychanalytique américain, Reich s'enfonça dans la folie, se croyant victime du grand MODJU, c'est-à-dire des fascistes rouges.
Ce nom forgé par lui dérivait de MO :cenigo, personnage anonyme qui avait livré Giordano Bruno à l'Inquisition, et de DJOU : gachvili, alias Staline.
Selon Bela Grunberger et Janine Chasseguet-Smirguel, Wilhelm Reich était devenu paranoïaque, alors qu'Otto Fenichel qualifie Reich de schizophrène.
Cloudbuster
Parmi ses inventions, citons le Cloudbuster, téteur d'éther, ou brise-nuage à l'aide duquel il prétendit faire pleuvoir, d'abord au cours de sécheresses dans le Maine, et ensuite dans les régions arides, essais en Arizona en 1955-1957 ; il s'en sert aussi pour repousser les tempêtes.
Plusieurs versions du cloudbuster ont existé, le principe demeurant le même. Des versions plus modernes de cet appareil, appelées chembuster sont censées pouvoir contrer les effets de ce qui seraient des chemtrails.

Mort en prison

D'après des vérifications entreprises par la Food and Drug Administration, organisme public qui réglemente les fraudes, un tribunal lui interdit la location des accumulateurs d'orgone aux États-Unis. Outrepassant ces injonctions, il est arrêté deux fois.
Jugé une première fois, il refuse de se présenter devant un tribunal une seconde fois, car il estime qu'il n'est pas de la compétence d'un tribunal civil de juger le propos d'une découverte scientifique.
Convoqué par la justice, il refuse de se présenter ; il est alors arrêté, condamné et incarcéré.

Il est condamné pour outrage à la cour à deux années d'emprisonnement en 1956 ;

il meurt d'une crise cardiaque en prison le 3 novembre 1957 mais aucune autopsie n'est pratiquée.

En mai 1957, depuis la bibliothèque de la prison, il écrit ces mots à son fils Peter :
"Je suis fier de me retrouver en si bonne compagnie avec les Socrate, Christ, Giordano Bruno, Galilée, Moïse, Savonarole, Dostoïevski, Gandhi, Nehru, Mindszenty, Luther et tous les autres qui combattirent contre le démon de l'ignorance, les décrets illégitimes et les plaies sociales… Tu as appris à espérer en Dieu comme nous avons compris l'existence et le règne universel de la Vie et de l'Amour "
Le verdict est toujours aujourd'hui objet de controverse. Le contexte politique américain de la fin des années 1950, marqué par le maccarthisme, son appartenance au parti communiste qui avait été à l'origine de certains de ses déboires lors de son entrée aux États-Unis, mais surtout le verdict de justice concernant l'orgone, semblent étranges : l'énergie d'orgone n'existe pas.
Ce jugement semble prouver à ses adeptes que Reich était un savant persécuté pour ses découvertes extraordinaires. D'après Roudinesco, les adeptes de Reich furent sectaires.
Ses œuvres connaissent un second autodafé, elles sont, par décision de justice, brulées à l'incinérateur de Gansevoort, à Manhattan, New York.
Le dossier du FBI sur le cas Wilhelm Reich, contenant les relations entre l'État et l'auteur, a été déclassifié et donc ouvert au public.
Les éditeurs du texte de l'entretien, "Reich parle de Freud" affirment "
que cette interview avec Eisller a été sollicitée et réalisée dans le cadre des efforts désespérés pour discréditer et ruiner Reich et son œuvre par des calomnies gratuites"

L'engagement politique

L' engagement politique de Reich est inséparable de ses conceptions psychanalytiques. Convaincu que les problèmes et souffrances psychologiques sont la conséquence des conditions sociales, il jette dès 1929 dans Matérialisme dialectique, matérialisme historique et psychanalyse les bases d'une théorie qui allie Freud et Marx.
Il visite cette même année la Russie en compagnie de sa femme Annie.
Il en revient enchanté et loue le régime en place, avant de le condamner plus tard.
Il milite alors activement au sein du Parti communiste allemand, une expérience amère qu'il relate dans Les Hommes dans l'État.
En 1930, il quitte Vienne pour Berlin où il poursuit son activisme politique, créant la Société socialiste d'information et de recherche sexuelles.
Il est également à l'origine de la fondation de l'Association allemande pour une politique sexuelle prolétarienne, plus connue sous le nom de Sexpol, qui comptera jusqu'à 40 000 adhérents.
L'objectif de cette association soutenue par le Parti communiste consiste à lutter contre le capitalisme dont la morale est source de la misère sexuelle. Sa lecture des travaux de Malinowski sur la vie sexuelle des Trobriandais confirme sa thèse selon laquelle la famille occidentale patriarcale serait de nature coercitive, ainsi que son hypothèse de l'origine culturelle du complexe d'Œdipe. L'absence de désordres sexuels chez les Trobriandais le convainc que les psychoses, les névroses et les perversions sont dues au refoulement de la sexualité génitale.
Plusieurs de ses ouvrages, en particulier La Lutte sexuelle des jeunes et L'Irruption de la morale sexuelle parus tous deux en 1932, ont pour objectif de proposer des outils prophylactiques afin de lutter contre l'apparition des névroses.
Il reproche bientôt au Parti communiste de ne pas prendre en compte la nécessité d'une révolution sexuelle, ce qui conduira à son exclusion en 1933. Un an plus tard, en raison probablement autant de ses conceptions psychologiques que de ses engagements politiques, il n'est plus membre de l'Association psychanalytique internationale I.P.A.. Certains historiens assurent qu'il en fut exclu, d'autres au contraire affirment qu'il coupa lui-même les ponts avec le mouvement psychanalytique.

Les élections allemandes de novembre 1932 et de mars 1933, qui permettent à Hitler d'accéder au pouvoir, poussent Reich à s'interroger sur les raisons de ce succès.
Il rédige alors son plus important ouvrage politique : Psychologie de masse du fascisme qu'il publie au Danemark en 1933.
Le triomphe du fascisme, dont le nazisme est la version la plus radicale, serait dû à l'irrationnel humain qui trouve ses racines dans la société bourgeoise, la répression sexuelle, la famille autoritaire, etc.
Ni les engagements, ni les conceptions politiques, à l'intérêt pourtant indéniable, d'Adler, de Bernfeld, de Simmel, de Fenichel ou même de Fromm, n'offriront une réflexion freudo-marxiste aussi originale et approfondie que celle de Reich. Hormis les adlériens qui s'engagèrent dans l'expérience municipale sociale-démocrate à Vienne "Vienne la rouge", de 1919 à 1934, aucun représentant du courant freudo-marxiste ne mettra ses idées politiques à l'épreuve de la réalité sociale.

Reich sera l'objet de virulentes attaques venant tout autant du milieu psychanalytique que des communistes.
Dans la revue Partisan qu'il anime, Boris Fraenkel résume assez bien les insultes politiques dont Reich fut l'objet :
"Révolutionnaire pour les réformistes, réformiste pour certains „révolutionnaires, trotskyste pour les staliniens orthodoxes, stalinien pour les trotskystes hyper- ou infra-orthodoxes, on pourrait prolonger une énumération qui ne comporte pas ici les épithètes proprement „médicales“.
Plusieurs psychanalystes le considèrent comme paranoïaque.
Selon Helen Deutsch, le rejet de Reich par Freud n'est aucunement motivé par le caractère radical de ses idées politiques mais lié à sa personnalité agressive et psychotique. Les propos que Freud tint à son disciple Joseph Wortis résument assez bien les reproches que ne cessera de lui adresser le milieu psychanalytique :
"Reich, qui est un psychanalyste très doué, sera probablement amené à quitter le mouvement psychanalytique parce qu'il est devenu communiste et qu'il a modifié ses vues. Il est convaincu, par exemple, que l'instinct d'agression et les problèmes sexuels sont des conséquences de la lutte des classes et non pas des produits des pulsions biologiques innées."

La physiopsychologie reichienne

Dans L'Analyse caractérielle, Reich apporte une contribution psychanalytique essentielle à la notion de caractère. Il ne considère pas le caractère comme la conséquence d'un refoulement, même s'il constitue un mécanisme de défense source des résistances du patient.
À ses yeux, le caractère est en premier lieu un mécanisme de protection narcissique. Défini comme un appareil défensif à la fois psychique et physique comportant plusieurs strates, la notion de caractère débouche chez Reich sur une conception originale de la psychosomatique.
En fonction de son importance et de sa structure blocage, rigidité, cuirasse, etc. le caractère permet de se défendre contre les excitations internes ou externes. Constitué en cuirasse, elle-même composée de l'ensemble des attitudes caractérielles développées dès l'enfance afin de lutter contre les excitations émotionnelles, le caractère a une fonction autorépressive.
Reich postule également l'existence de ce qu'il nomme la cuirasse musculaire, expression corporelle de la cuirasse caractérielle qui correspond à un ensemble d'attitudes musculaires défensives développées pour lutter contre l'apparition d'émotions et de sensations végétatives.
Tout symptôme repose sur un caractère névrotique. Solidement établi, pouvant constituer une véritable cuirasse, le caractère rend le refoulement superflu, mais représente la résistance la plus importante dont l'analyse est un préalable.
Reich dégage une typologie des caractères : caractères compulsif, hystérique, masochiste, génital. Ses travaux sur cette entité le conduisent à modifier la technique psychanalytique classique de l'analyse des symptômes et à proposer ce qu'il nommera une technique caractéro-analytique, laquelle privilégie l'analyse du caractère et les résistances caractérielles.

La sexualité constitue le fil conducteur de l'œuvre reichienne. Dans le sillage des premiers travaux de Freud sur les névroses actuelles, pathologies consécutives à un mésusage de la sexualité, Reich prend conscience du rôle néfaste joué par la répression de la satisfaction génitale.
Publié en 1942, La Fonction de l'orgasme contient de manière plus ou moins explicite les grandes lignes de sa conception personnelle de la psyché qu'il affirme s'inscrire dans la perspective inaugurée par Freud, alors que ce dernier a jugé plutôt négativement l'œuvre de son élève.
L'accent mis d'emblée sur l'économie sexuelle, le souci d'une approche méthodologique inspirée des sciences de la nature au détriment de l'intersubjectivité, le souhait de délaisser la psychologie au profit de la physiologie et de la biologie marquent déjà une rupture avec la psychanalyse freudienne, mais celle-ci ne sera consommée qu'en 1934.
Freud reprochera à Reich d'accorder une place trop exclusive à la sexualité génitale au détriment de la sexualité prégénitale dont le rôle est, à ses yeux, capital dans la formation de la psyché.

La génitalité représente pour Reich une organisation psycho-physiologique caractérisée par le primat de la zone génitale, selon lui à l'origine de tous les troubles névrotiques ou psychotiques de la personnalité. Sa répression ou sa frustration conduirait directement à la « peste émotionnelle », véritable épidémie sur le plan social. L'évolution de la pensée reichienne vers la bioélectricité, puis vers une compréhension orgonique de l'univers, n'entamera pas pour autant sa profonde conviction quant à la primauté qu'il accorde à la génitalité. Cette dernière trouve au contraire, affirme-t-il, dans la découverte de cette énergie vitale sa nature et sa cause biologique.

Prolongements

Ses travaux sur la génitalité le conduisent à développer le concept d'orgasme : phénomène psycho-physiologique d'excitabilité et de relâchement de la tension sexuelle génitale caractérisé par la capacité de s'abandonner sans inhibition au flux de l'énergie biologique et de décharger son excitation sexuelle au moyen de contractions corporelles involontaires.
En 1940, il définit l'orgasme comme un phénomène de décharge électrique, plus précisément de bioélectricité, selon un rythme à quatre temps dit formule de l'orgasme : tension mécanique érection → charge électrique excitation intense → décharge électrique décharge en contraction musculaire → relaxation mécanique relaxation des organes génitaux après la décharge.
Ce rythme à quatre temps de l'orgasme, appelé également fonction TC, n'est pas particulier à l'orgasme, mais affecte toutes les fonctions vitales comme le cœur, les poumons, la vessie, l'intestin, etc.
Cette formule sera au cœur de la nouvelle méthode psychothérapeutique reichienne dite végétothérapie centrée sur les fonctions neurovégétatives, qui tend à restaurer la motilité et l'équilibre biophysiques en dégageant des énergies végétatives bloquées par la cuirasse caractérielle.
Reich ne cessera d'ailleurs de répéter que l'orgasme est le problème fondamental de tous les processus psychosomatiques.
La végétothérapie préfigure ainsi nombre de thérapies psychocorporelles des médecines douces ou naturelles en vogue aujourd'hui.

Les travaux de Reich sur la bioélectricité de la matière le conduisent, lors de son exil à Oslo, à entreprendre des recherches pour déterminer si les mouvements orgastiques du corps humain et ceux des protozoaires sont identiques.
De ses expériences sur les protozoaires il conclut que la matière inorganique recèle également une énergie élémentaire, les bion.
Il s'agirait de vésicules microscopiques chargées d'une énergie élémentaire, l'orgone. Reich pensera avoir mis en évidence de manière expérimentale l'existence de cette énergie de vie. Il affirme qu'il est possible de créer des bions aussi bien à partir de la matière organique que de la matière inorganique. Dans La Fonction de l'orgasme, il écrit que les bions se propagent comme des bactéries et peuvent aussi se développer spontanément dans le sol.
Reich en vient même à se demander si les cellules cancéreuses ne proviendraient pas d'une même source que les cellules des protozoaires. Si l'on en croit ses conclusions, les cellules cancéreuses, exprimant des mouvements identiques aux protozoaires et se développant surtout dans les zones corporelles qui, lors des thérapies reichiennes, manifestent des difficultés énergétiques, proliféreraient à partir de tissus désintégrés en bions.
Alors qu'il tentait avec ses collaborateurs de traiter des cas de cancer par la thérapie orgonique et se préparait à regrouper tous ses travaux sous le terme orgonomie, Reich voit son aventure brutalement interrompue par la justice.


Après sa mort, Reich a connu un regain d'intérêt dans les années 1970, qui ont vu le développement des psychothérapies.
La végétothérapie découle directement des concepts de Reich ainsi que les travaux du docteur John Pierrakos.
L'analyse bioénergétique, bioénergie a été développée par son élève le docteur Alexander Lowen, qui s'est tenu éloigné de l'impression de persécution de Reich à l'époque de l'orgonothérapie et évoque dans La Bioénergie l'enthousiasme et l'excitation des années 1945-1947 qui ont disparu à son retour d'Europe en 1952.
D'autres thérapeutes se réclament de la pratique reichienne, végétothérapie et orgonthérapie.
Citons, par exemple, la somatothérapie de Richard Meyer, à Strasbourg, l'analyse reichienne développée dans la droite ligne de Reich par Gérard Guasch, Paris, Mexico, est enseignée en particulier en région parisienne au Cercle d'études Wilhelm Reich qu'anime Jacques Lesage de La Haye.
Les thérapies primales, l'intégration posturale de Jack Painter et la psychothérapie corporelle intégrée de Jack Rosenberg et Marjorie Rand sont des pratiques d'inspiration néo-reichienne.
Les chercheurs canadiens Paulo et Alexandra Correa, l'Allemand John Joachim Trettin et James DeMeo, à Ashland, dans l'Oregon travaillent sur l'aspect scientifique des travaux de Reich.
Ses écrits sur les régimes totalitaires d'Europe sont repris dans le domaine des sciences politiques, notamment aux États-Unis.

Œuvres

Premiers écrits, vol. 1 (articles, 1920–1925), dont "Conflits de la libido et formations délirantes dans Peer Gynt d'Ibsen" (1920), in "Premiers écrits : Volume 1", Ed.: Payot, 2006 (ISBN 2-2289-0090-7)
Premiers écrits, vol. 2 : la génitalité dans la théorie et la thérapie des névroses, Payot, 2006 (ISBN 2-2289-0102-4) ; Orig. allemand : Die Funktion des Orgasmus, 1927 remanié à partir de la théorie de l'orgone
Die Funktion des Orgasmus (1927) Traduction du texte original dans une édition pirate épuisée (1975) chez les Éditions du Nouveau Monde, 17 impasse Lénine, 93 Montreuil
Matérialisme dialectique et psychanalyse dans La crise sexuelle, Éditions sociales, 1933. Orig. allemand : Dialektischer Materialismus und Psychoanalyse, 1929. Publié également dans la revue communiste internationale "Sous la bannière du marxisme" et dans la revue Kitej automne 2011.
La Lutte sexuelle des jeunes, François Maspero, 1972. Orig. allemand : Der Sexuelle Kampf der Jungend, 1932
Qu'est-ce que la conscience de classe ? écrit sous le pseudonyme de Ernst Parell, traduction et édition de Constantin Sinelnikoff, 1971
L'Irruption de la morale sexuelle, Payot, 1999. Orig. allemand Der Einbruch der Sexualmoral, 1932
L'Analyse caractérielle, Ed.: Payot-poche, 2006 (ISBN 2-2289-0059-1) ; Orig. allemand Charakteranalyse, 1933. Éd. américaine Character Analysis, 1945, 1949, réimp. FSG, 1980
La Psychologie de masse du fascisme, Payot, 1999. Orig. allemand Massenpsychologie des Faschismus, 1933. Éd. américaine The Mass Psychology of Fascism, 1946, réimp. FSG, 1970
The Bions Experiments : on the Origine of Life, FSG, 1979 traduction anglaise de Die Bione Oslo, 1938
La Révolution sexuelle, Christian Bourgeois, 1982. Orig. allemand Die Sexualität im Kulturkampf, 1936
The Bioelectrical Investigation of Sexuality and Anxiety (articles, 1934–1938), FSG, 1982
Children of the Future: On the Prevention of Sexual Pathology (articles, 1928–1938), FSG, 1983
La Fonction de l'orgasme, L'Arche, 1986. Orig. allemand Die Funktion des Orgamus, trad. américaine The Function of the Orgasm, 1942, 1948, réimp. FSG, 1973
La Biopathie du cancer, Payot, 1985. Orig. allemand Der Krebs, trad. américaine The Cancer Biopathy, 1948, réimp. FSG, 1973
Écoute, petit homme !24, illustré par William Steig, Payot, 1999. Orig. allemand Rede an den kleinen Mann, trad. américaine Listen, Little Man!, 1948, réimp. FSG, 1974
L'éther, Dieu et le diable, Payot, 1999. Orig. allemand et américain Ether, God and Devil, 1949, réimp. FSG, 1973
La superposition cosmique, Payot, 2001. Orig. américain Cosmic Superimposition, 1951, réimp. FSG, 1973
The Oranur Experiment, 1951, xerox Wilhelm Reich Museum, Rangeley.
The Orgone Energy Accumulator, Its Scientific and Medical Use, 1951, xerox Wilhelm Reich Museum, Rangeley25
Le meurtre du Christ, traduit de l'américain par Pierre Kamnitzer, Champ Libre, 1971. Orig. américain The Murder of Christ, 1953, réimp. FSG, 1978
Les hommes dans l'État, Payot, 1978. Orig. américain People in Trouble, 1953, réimp. FSG, 1978
Contact with Space, 1957, xerox Wilhelm Reich Museum, Rangeley
Selected Writings: An Introduction to Orgonomy, FSG, 1961
Reich parle de Freud, Payot, 1998. Orig. américain Reich Speaks of Freud, FSG, 1967
The Record of a Friendship: The Correspondence of Wilhelm Reich and A. S. Neill, FSG, 1984
Passion de jeunesse, L'Arche, 1997. Orig. américain Passion of Youth: An Autobiography 1897–1922, FSG, 1988, 2005
Beyond Psychology: Letters and Journals 1934–1938, FSG, 1994
American Odyssey: Letters and Journals 1940–1947, FSG, 1999
Les œuvres complètes américaines de Wilhelm Reich (livres, articles et journaux de recherche) sont disponibles sur microfiches à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris. Les œuvres psychanalytiques sont dans les archives de Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse, Zeitschrift für Sexualwissenschaft, Zeitschrif für Aerztliche Psychotherapie, International Psychoanalyse Verlag, etc.


Liens

http://youtu.be/sPV-JExUPns Orgone energy (English)
http://youtu.be/lFHrHKSXjNA Reich and the cloudbuster (english)
http://www.youtube.com/watch?v=DHyeS9 ... AH0GV3T8FRyG9fdQnQdJRXnrb 5 Vidéos (english)

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Posté le : 02/11/2013 23:09
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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