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Sparkenbroke de Charles Morgan "Mon livre"
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Sparkenbroke, c'est "mon" livre, le livre de mon adolescence, le choc, " ma révélation ".

L'univers, la poésie, le romantisme, la beauté et les interrogations que je rencontrais dans cet ouvrage, tout m'a bouleversé et je l'ai relu, plus tard, une fois mariée après la naissance de mes deux premiers, et bien que je l'avais en partie oublié, j'ai retrouvé les mêmes émotions devant cette écriture. Cette lecture de mes 15 ans à laissé des traces qui sont encore en moi.

"Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté.Toute la place est pour la Beauté." Sparkenbroke,"

"Tous les enchantements disparaissent; seuls les lâches disparaissent " Fontaine

Voici un maître livre. D'ailleurs, on ne le trouve pas en librairie, à la rigueur d'occasion : normal, car ce livre n'est ni un témoignage, ni un constat, ni un cri, ni un diagnostic, ni un réquisitoire, comme tout ce qui s'écrit en Europe sauf exceptions depuis 30 ans, mais un long et délicat poème en prose déployant une métaphysique subtile à propos de l'amour impossible entre un grand poète - dont certains textes sont inclus dans le roman - et une jeune femme; à propos des rapports complexes et contradictoires qu'entretiennent entre eux art-religion-sexualité-amour; et bien d'autres choses encore, dont de sensuelles descriptions de l'Italie, une partie du livre se passe a Lucca...
Morgan écrivait à la même époque que Lawrence, James, ou encore Woolf, mais il est moins primaire que le premier, moins sophistiqué que le second, et plus incarné que la troisième. Pour ma part, j'apparente ce livre aux Cahiers de Malte de Rilke, au Monde Désert de P.J. Jouve, ou encore au Partage de Midi de Claudel.

Valéry a été sensible à l'art de Morgan un des premiers, et il l’a exprimé en disant que de la prose de Morgan se dégage souvent "une solennité presque religieuse, qui communique à l’amour, même dans le pressentiment suggéré de ses puissances physiques, une valeur de tendresse universelle ... une tentative pour assembler de deux êtres ce qu’ils ont de plus inconnu d’eux-mêmes en eux-mêmes ".
"Un poète est latent dans chacun de leurs principaux personnages, écrit-il encore à propos des romans de Morgan. J’ai eu l’impression en les lisant que maint chapitre est organisé sur le type des sonates ; et, tout particulièrement, que les fins de ces chapitres laissent l’esprit dans cette attente du silence que les dernières notes du morceau ou les derniers termes du poème ont pour fonction de faire naître en nous".

Extrait : " Dans la jeunesse ..., il semble toujours que chaque perte vienne d'un parjure et d'un abandon et représente une trahison de la vie; c'est pourquoi nous saisissons ce que nous pouvons, nous pleurons amèrement ce qui nous manque et méprisons ceux qui prétendent que nous devons nous sacrifier ou que cette perte n'en est pas une, qu'il y a d'autres femmes au monde et d'autres enchantements. Notre mépris est justifié, car ces affirmations sont fausses. La perte est complète. Il n'existe qu'une seule femme aimée et qu'un seul enchantement. La vie ne peut être vécue par l'oubli ou la substitution, mais grâce au souvenir et à la transmutation ... Une perte, tout en restant une perte, n'est pas un corps en décomposition enfoui dans la terre, ou attaché à l'être captif, mais un principe permanent qui inspire l'homme libéré.
La liberté, dans ce sens, jaillit de l'unité d'esprit ..."

Charles Morgan 1894-1958
D'origine galloise, ce qui n'est pas indifférent sans doute à un certain climat proprement celtique de poésie qui imprègne son œuvre et fils d'un ingénieur réputé, Charles Langbridge Morgan s'engage d'abord dans la carrière d'officier de marine, puis en démissionne pour aller étudier à Oxford. Dès que la guerre éclate, il reprend du service, ce qui aboutit presque immédiatement pour lui à trois années d'internement en Hollande, d'abord en forteresse puis en liberté sur parole, expérience dont se nourrira plus tard la donnée autobiographique transposée dans Fontaine. Rendu à la vie civile, il reprend ses études à Oxford, se passionne pour le théâtre, il sera ensuite pendant longtemps le critique dramatique du Times et fait ses débuts en littérature. Son premier roman, Le Carré des midships, The Gunroom, paraît en 1919 ; le deuxième, My Name is Legion en 1925, s'impose déjà à la critique. Sans se hâter, Morgan travaille plusieurs années à chacun des grands livres qui vont suivre : Portrait dans un miroir, Portrait in a Mirror, 1929 ; Fontaine, The Fountain, 1932 ; Sparkenbroke en 1936 ; Le Fleuve étincelant, The Flashing Stream, 1938. Son succès grandit, est consacré dans son propre pays par plusieurs prix littéraires ; il est encore mieux accueilli par les lecteurs français, dont l'enthousiasme fervent fait beaucoup pour sa gloire. Le 27 octobre 1944, la lecture de son Ode to France à la Comédie-Française, en présence du général de Gaulle, constituera un événement mémorable ; en 1949, il est le seul écrivain britannique après Kipling à être élu à l'Institut. Morgan lui-même déclare aimer la France comme une maîtresse ; il en témoigne notamment dans son roman The Voyage en 1940, qui a pour cadre les Charentes et le Paris de la Belle Époque, et dont les protagonistes sont français.
Pourtant, dans les dernières années de sa carrière, l'étoile de Morgan décline, malgré ses nouveaux livres : romans comme Le Juge Gascony, The Judge's Story, 1948, Le Passage, The River Line, 1947, La Brise du matin A Breeze of Morning, 1951, Défi à Vénus, Challenge to Venus, 1957 ; pièces de théâtre comme Le Cristal ardent, The Burning Glass, 1953 ; enfin recueils d'essais. Son discrédit s'accuse encore depuis sa mort. Individualisme volontiers aristocratique, idéalisme intellectuel et esthétique : autant de traits qui expliquent le tranquille mépris avec lequel on décide souvent de l'ignorer.

Morgan disait un jour à George Moore : " pense toujours comme à trois aspects d'une même force instinctive ... celle qui pousse l'homme à se recréer. » Ces trois choses commandent inséparablement tous les livres de Morgan ; mais il faut se souvenir du récit de la mort de lord Sparkenbrocke pour voir que la mort n'y marque que le sommet de l'extase. Si fascinante que soit cette quête romantique de l'extase, elle prend son sens le plus original chez Morgan en ce qu'elle ne se sépare jamais de la médiation de l'amour, du désir de reformer le couple androgyne parfait, que ce désir soit le plus souvent voué à la non-réalisation ou que parfois le romancier lui laisse une chance de s'accomplir. Amour qui n'a pas honte, qui refuse de dissimuler sa condition sensuelle. Il vaut la peine d'y insister, surtout en ce qui concerne la partenaire féminine du couple : aucune des héroïnes de Morgan n'éprouve de vergogne à reconnaître sa sensualité ; elles ne manquent jamais d'une vivacité ni d'un esprit d'initiative qui n'enlèvent rien à la puissance de leur tendresse, et elles sont toutes intelligentes, certaines même, la Julie de Fontaine ou la Karen du Fleuve étincelant le sont de façon exceptionnelle. Aucun penseur spirituel et Morgan en est un sans conteste n'a su de façon si moderne voir dans la femme autre chose qu'un objet, une proie ou une tentation ; on est frappé de constater que Valéry y a été sensible l'un des premiers, et il l'a exprimé en disant que de la prose de Morgan se dégage souvent "une solennité presque religieuse, qui communique à l'amour, même dans le pressentiment suggéré de ses puissances physiques, une valeur de tendresse universelle ... une tentative pour assembler de deux êtres ce qu'ils ont de plus inconnu d'eux-mêmes en eux-mêmes".
" Un poète est latent dans chacun de leurs principaux personnages, écrit Valéry à propos des romans de Morgan. J'ai eu l'impression en les lisant que maint chapitre est organisé sur le type des sonates ; et, tout particulièrement, que les fins de ces chapitres laissent l'esprit dans cette attente du silence que les dernières notes du morceau ou les derniers termes du poème ont pour fonction de faire naître en nous." L'importance que Morgan attribue à l'art n'a rien, en dernière analyse, du choix aristocratique qui privilégie les valeurs esthétiques pour refuser la condition humaine ; elle est liée à la soif inextinguible de poésie qui l'entraîne à écrire en même temps qu'à vivre ; loin d'être une échappatoire frivole ou une évasion indue, c'est elle qui confère à tous ses romans leur densité autobiographique sous-jacente.

De son manoir anglais à son palais toscan, Lord Sparkenbroke, grand seigneur et écrivain de génie, s'efforce de refréner une passion inspiratrice pour une belle et intelligente jeune femme, Mary. C'est qu'elle a épousé son ami d'enfance, le docteur George Hardy ; c'est que lui-même est marié Cependant, cristallisation d'autant plus flamboyante qu'elle demeure platonique, cet amour s'incruste en lui, s'impose à elle, et Spark, Mary finissent par décider de s'enfuir ensemble.

Posté le : 24/11/2013 00:21
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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