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Paul Claudel
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Le 23 février 1955 à 86 ans, à Paris, meurt Paul Claudel

dramaturge, poète, essayiste et diplomate français, né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère dans l'Aisne. Il fut membre de l'Académie française et Grand-croix de la Légion d'honneur.

Sa vie

Son père, Louis Prosper Claudel, était originaire de La Bresse, dans les Vosges avait été nommé en 1860 receveur de l'enregistrement à Villeneuve et y avait épousé en 1862 Louise Cerveaux, elle-même née à Villeneuve, où son père, Athanase Cerveaux, était médecin. Les Cerveaux sont tous originaires du Tardenois ou du Soissonnais. En août 1870, Louis Prosper Claudel est nommé à Bar-le-Duc, et, l'année suivante, Paul Claudel entre à l'école des sœurs de la Doctrine chrétienne de cette ville.
En 1875, il sera élève du lycée de Bar-le-Duc. En 1876, Louis Prosper Claudel est nommé conservateur des hypothèques à Nogent-sur-Seine. Paul y poursuit ses études sous la direction d'un précepteur nommé Colin. En 1879, son père ayant été nommé à Wassy-sur-Blaise, il entre au collège de cette ville.
C'est là qu'il fait en 1880 sa première communion, qui fut à la fois, écrit-il, le couronnement et le terme de mes pratiques religieuses. En 1881, il assiste à l'agonie et à la mort très douloureuses de son grand-père Athanase Cerveaux. En 1882, la famille s'installe à Paris, boulevard du Montparnasse. La sœur de Paul, Camille, son aînée, est l'élève de Rodin.
De 1882 à 1886, il vit à Paris avec sa mère et ses sœurs au 135bis, boulevard du Montparnasse, puis de 1886 à 1892 au 31, boulevard de Port-Royal.

Paul Claudel est très dépaysé par cette installation à Paris. Il poursuit ses études au lycée Louis-le-Grand, où il a pour condisciples Marcel Schwob, Léon Daudet, Romain Rolland. La distribution des prix de 1883 est présidée par Ernest Renan. En 1884-1885, Claudel est l'élève de Burdeau en philosophie : il gardera de cet enseignement, bien qu'il ne l'ait pas convaincu, un excellent souvenir.
Il fait ses études au lycée Louis-le-Grand où il obtient son baccalauréat de philosophie en 1885 et s’inscrit à l’École libre des sciences politiques pour y préparer une licence de droit
En 1885, il assiste aux funérailles nationales de Victor Hugo, qu'il devait comparer plus tard à une descente de la Courtille. En 1886, les Claudel s'installent boulevard du Port-Royal. C'est à cette date que le jeune homme lit les Illuminations et, un peu plus tard, Une saison en enfer. Claudel, selon ses dires, baignait, comme tous les jeunes gens de son âge, dans le bagne matérialiste du scientisme de l'époque.
Il se convertit au catholicisme, religion de son enfance, en assistant en curieux aux vêpres à Notre-Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël." J’étais debout, près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie. Les enfants de la maîtrise étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. En un instant mon cœur fut touché et je crus".
Toutefois, ce n'est que quatre ans plus tard, le 25 décembre 1890, qu'il rentrera sacramentellement dans l'Église.
Ces quatre années sont remplies d'immenses lectures, entre autres la Bible et Dante. En 1887, Claudel écrit sa première œuvre dramatique, l'Endormie. En 1888, il en écrit une seconde, Une mort prématurée, qu'il détruira plus tard et dont il ne subsiste que deux scènes, connues sous le titre de Fragment d'un drame.
À la même époque, il découvre les Illuminations, le recueil de poèmes d'Arthur Rimbaud, dont la lecture sera pour lui déterminante. L'influence de celui qu'il appelait le " mystique à l'état sauvage" est manifeste, notamment, dans Tête d'or, une de ses premières pièces de théâtre.
Mais c'est là que Claudel donne, pour la première fois, toute sa mesure et, comme il devait le dire plus tard à Jean Amrouche dans les Mémoires improvisés, qu'il se rend compte qu'il a "les moyens…, on peut bien appeler ça le génie, dont j'ai pris conscience à ce moment-là, et qui, plus tard, alors, a pris forme dans Tête d'or" une de ses premières pièces de théâtre.

Claudel fait partie à ce moment d'un groupe littéraire qui comprend Marcel Schwob, Léon Daudet, Maurice Pottecher, Jules Renard, Camille Mauclair et Bijvanck. C'est aussi l'époque où il fréquente les mardis de Mallarmé, rue de Rome. En 1892, il s'installe quai Bourbon, dans l'île Saint-Louis, et il écrit la première version de la Jeune Fille Violaine, qui demeurera longtemps inédite.
En mars 1893, nommé vice-consul à New York, Paul Claudel s'embarque pour les États-Unis. Il débarque le 2 avril. Commence pour lui un long exil qui ne s'achèvera, avec des interruptions plus ou moins longues, qu'en juin 1935, lorsque prendra fin sa carrière diplomatique.

Il entre dans la carrière diplomatique en 1893. Tout d'abord premier vice-consul à New York puis à Boston, c'est là et à New York qu'il écrit l'Échange, la deuxième version de Tête d'or et qu'il traduit l'Agamemnon d'Eschyle. Il commence même à reprendre la Ville. En novembre 1894,, il est nommé consul à Shanghai en 1895.
Pour rejoindre son poste, il passe par la France, où il séjourne de février à mai 1895.
Pendant l'été, il accomplit la longue traversée vers la Chine et commence à écrire les poèmes qui composeront Connaissance de l'Est. À Shanghai, il écrit les Vers d'exil, sa seule œuvre importante en alexandrins.
Le voici en Chine pour fort longtemps. En 1896, il est nommé à Fuzhou, d'où il devait encore revenir à Shanghai, puis faire un séjour à Hankou et même un voyage au Japon. Il finira cependant par se fixer à Fuzhou, certainement la résidence chinoise qu'il a le plus aimée et le mieux connue.
Pour En 1896, il écrit le Repos du septième jour et, en 1898, termine la deuxième version de la Ville. En 1898-1899, il compose la deuxième version de la Jeune Fille Violaine.
Le 22 octobre 1899, il part en congé pour la France. En décembre, passant par Suez, il fait un pèlerinage chez les Bénédictins.
A l'age de 32 ans, en 1900, il veut mettre fin à sa carrière diplomatique pour devenir moine bénédictin et postule à l'Abbaye Saint-Martin de Ligugé. Les supérieurs du monastère ne l'admettront pas comme moine mais, en 1905, il deviendra oblat de cette même abbaye.
De retour en Chine, il y poursuit sa carrière diplomatique et, après avoir été consul à Shanghai 1895, il devient vice-consul à Fou-Tchéou, Fuzhou, 1900 puis consul à Tientsin Tianjin, 1906-09. Il est ensuite consul à Prague 1909 Francfort 1911 et Hambourg 1913 avant d'être nommé ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro 1916, et à Copenhague 1920. Il est ambassadeur à Tokyo 1922, à Washington 1928 puis à Bruxelles 1933, où se termine sa carrière diplomatique en 1936.
En 1896, il écrit le Repos du septième jour et, en 1898, termine la deuxième version de la Ville. En 1898-1899, il compose la deuxième version de la Jeune Fille Violaine.
En septembre-octobre 1900, il accomplit une retraite à Solesmes et à Ligugé, mais se décide finalement à repartir pour la Chine. Il a été refusé dans la tentative qu'il a faite pour se donner entièrement à Dieu.
C'est pendant ce séjour en France que Claudel a écrit la première partie de la première des Cinq Grandes Odes, "les Muses ", et aussi " le Développement de l'Église", qui formera la troisième partie de l'Art poétique. À la fin de 1900 ou au début de 1901, il est reparti pour la Chine à bord de l'Ernest-Simons.
C'est sur ce bateau qu'il devait faire la connaissance d'Ysé, comme il est écrit au premier acte de Partage de midi. Ainsi commencèrent les années brûlantes de Fuzhou, où le poète a repris son poste de consul.
Il traduit le poète anglais Coventry Patmore ; il écrit encore quelques poèmes de Connaissance de l'Est ; en 1903 et en 1904, il compose les deux premiers traités de l'Art poétique, "Connaissance du temps" et "Traité de la co-naissance au monde et de soi-même" ; en 1904, il achève "les Muses"; Ysé le quitte au mois d'août ; en septembre, Claudel commence à tenir son Journal, qui n'est guère fait d'abord que de citations de l'Écriture et des Pères ; le 9 octobre meurt le confesseur de Claudel, l'abbé Villaume.
En avril 1905, Claudel est rentré en France, où il se déplace énormément, saisi par une fièvre d'agitation. C'est à Villeneuve-sur-Fère, en automne, qu'il écrit Partage de midi. Le 28 décembre, il se fiance à Lyon avec Reine Sainte-Marie-Perrin, fille de l'architecte de Fourvière.
Le mariage aura lieu le 15 mars 1906, et, trois jours après, Claudel repart pour la Chine avec sa femme. Il résidera désormais dans le Nord, à Pékin et surtout à Tianjin.
C'est à Pékin qu'il écrit la deuxième ode, " l'Esprit et l'eau". Le 20 janvier 1907, naît à Tianjin Marie Claudel, et c'est là que Claudel écrit les trois dernières odes : "Magnificat", "la Muse qui est la grâce" et "la Maison fermée". En mars 1908, naît, toujours à Tianjin, Pierre Claudel.
Le poète écrit dans une manière nouvelle les poèmes qui formeront Corona benignitatis anni Dei ; il ébauche le premier projet de l'Otage et retourne en France avec sa famille par le Transsibérien en août-septembre 1909.
En octobre, il est nommé à Prague, où il s'installe en décembre.
Le voici donc au centre de l'Europe après de très lointains voyages. En février 1910 naît Reine Claudel, et, au mois de juin, l'Otage est achevé. Presque aussitôt, Claudel se met à refaire la Jeune Fille Violaine, qui devient l'Annonce faite à Marie.
La première version est achevée en 1911.
C'est aussi à cette époque, exactement en février 1913 que Claudel prend contact avec le théâtre d'Hellerau. Depuis la fin de 1911, il est consul à Francfort, où il rencontre beaucoup de Juifs et où se prépare le Pain dur, qui sera commencé à Hambourg à la fin de 1913, après que Claudel eut écrit la première version de Protée.
Cette même année 1913, en mars, Louis Prosper Claudel meurt, et Camille, soi-disant devenue folle, est internée. Au cours de cette période extrêmement féconde pour lui, Claudel a écrit en 1911-1912 "la Cantate à trois voix".
Ces années qui précèdent immédiatement la Première Guerre mondiale sont aussi celles où la gloire commence à toucher le front de Claudel.
En 1911, il rejoint la Nouvelle Revue française ; le 24 novembre 1912, l'Annonce est représentée au théâtre de l'Œuvre ; un an après, elle l'est à Hellerau ; Georges Duhamel publie au Mercure de France le premier ouvrage consacré à Claudel ; en 1914, enfin, paraissent coup sur coup Deux Poèmes d'été, Protée et la Cantate à trois voix ; l'Otage, enfin, est représenté par les soins de Lugné-Poe à la salle Malakoff et à l'Odéon en juin.
La guerre a chassé Claudel de Hambourg à Bordeaux, où est réfugié le gouvernement français, près de son ami Gabriel Frizeau et non loin de Francis Jammes. C'est là qu'il achève, en octobre 1914, le Pain dur, commencé à Hambourg. Peu auparavant, il a traduit les Choéphores, comme si la trilogie d'Eschyle avait en quelque sorte poussé la sienne. En octobre 1915, il est envoyé en mission économique en Italie.
À Rome, il traduit les Euménides et compose le Père humilié, terminé en 1916.
Mais le séjour en Europe, qui dure depuis 1909, est terminé.
Le 16 janvier 1917, Claudel embarque à Lisbonne sur l'Amazone, qui le conduit à Rio de Janeiro, où il est ministre plénipotentiaire.
Il est accompagné par Darius Milhaud comme secrétaire, mais non par sa famille, qui demeure en France. Nulle part, il n'éprouvera autant qu'au Brésil la déréliction de l'exil. Il va y écrire la Messe là-bas et la plupart des grands poèmes qui formeront le recueil de Feuilles de saints. Nous sommes entrés par la grande porte de Belém dans ce monde atlantique qui est celui du Soulier de satin.
C'est encore à Rio que Claudel écrit l'Ours et la lune, cette fantaisie qui prélude à toutes celles qui marqueront ses dernières années et qui est aussi un poignant poème d'exil. Le poète revient de Rio en 1919 en passant par la Guadeloupe et les États-Unis.
Il a entrevu, par une nuit d'orage, ce qui aurait pu être la suite de la Trilogie ; mais c'est surtout pendant la période de vacances qui précède la mission au Danemark que Claudel a la première idée du Soulier de satin.
De 1919 à 1921, le poète est donc ministre au Danemark et, à ce titre, membre de la Commission du Slesvig, qui fixe la frontière définitive entre le Danemark et l'Allemagne. Mais l'Extrême-Orient le sollicite une nouvelle fois, et le voici ambassadeur au Japon. Comme il se rend à son nouveau poste, en octobre-novembre 1921, Claudel visite l'Indochine et notamment Angkor. En septembre 1923, il est témoin du tremblement de terre qui ravage Tokyo et Yokohama.

L'ambassade de France est détruite, et le poète perd dans la catastrophe la troisième journée du Soulier de satin, qu'il lui faudra refaire. L'œuvre immense est enfin achevée en octobre 1924. En 1925, Claudel retourne en France pour un congé. Il passe quelques semaines de vacances au château de Lutaines, en Loir-et-Cher.
C'est de là que sont issues les Conversations dans le Loir-et-Cher. En janvier 1926, dernier départ pour l'Extrême-Orient. Les souvenirs d'autrefois assaillent le poète lorsqu'il passe au large de Fuzhou. Le 17 février 1927, Claudel, nommé ambassadeur aux États-Unis, quitte le Japon pour l'Amérique et gagne son poste en bateau à travers le Pacifique.
À Washington, il négocie le pacte Briand-Kellogg, traité d'arbitrage et de conciliation qui est signé en février 1928. Retourné en France pour quelques mois en 1927, il achète le château de Brangues, dans l'Isère. Le Dauphiné deviendra ainsi, en quelque manière, sa seconde patrie, et ce grand errant a enfin trouvé une demeure.
En cette même année 1927, il écrit le Livre de Christophe Colomb.
Mais, à partir de 1928 ou de 1929, l'œuvre de Paul Claudel consiste essentiellement en commentaires de l'Écriture, dont le premier en date est Au milieu des vitraux de l'Apocalypse, terminé en 1932, bien que ce texte n'ait été publié que longtemps après la mort de l'auteur, en 1966.
L'ambassade aux États-Unis s'achève en 1933 au milieu des remous provoqués par la répudiation des dettes. Claudel termine paisiblement sa carrière diplomatique à Bruxelles, où il représente la France de 1933 à 1935. C'est là qu'il achève Un poète regarde la Croix et qu'il écrit Jeanne au bûcher.

En mars 1935, candidat à l'Académie française, il se voit préférer Claude Farrère. Désormais, sa vie se partagera entre Brangues, où il passe l'été, et Paris. Claudel est de plus en plus absorbé par ses commentaires bibliques, entre autres L'Épée et le miroir. C'est à la même inspiration qu'il faut rattacher l'Histoire de Tobie et de Sara, écrite en 1938.

Claudel s'installe alors définitivement dans le château de Brangues en Isère, qu'il avait acquis en 1927 pour y passer ses étés. Le travail littéraire, mené jusqu'alors parallèlement à sa carrière diplomatique, occupe désormais la plus grande part de son existence. Il reçoit à Brangues diverses notoriétés : des hommes politiques comme le président Édouard Herriot, ou des écrivains comme François Mauriac.
Georges Clemenceau, amateur de littérature et lui-même écrivain, a laissé cette sévère appréciation de la prose claudélienne :
"J'ai d'abord cru que c'était un carburateur et puis j'en ai lu quelques pages - et non, ça n'a pas carburé. C'est des espèces de loufoqueries consciencieuses comme en ferait un Méridional qui voudrait avoir l'air profond…"

En 1938, Claudel entre au conseil d'administration de la Société des Moteurs Gnome et Rhône, grâce à la bienveillance de son directeur, Paul-Louis Weiller, mécène et protecteur de nombreux artistes Jean Cocteau, Paul Valéry, André Malraux. Ce poste, richement doté, lui vaudra des critiques, à la fois par le statut social et le montant des émoluments qu'il en retire mais aussi par le fait qu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, cette entreprise de mécanique participe à l'effort de guerre allemand pendant l'Occupation. Selon l'hebdomadaire royaliste L'Indépendance française, cité par Le Dictionnaire des girouettes, sans aucune nécessité et sans aucun travail, simplement pour avoir assisté six fois au Conseil d'administration, il a touché 675 000 francs. Bénéfices de guerre, bénéfices de la guerre allemande. À partir de 1940, Paul-Louis Weiller, juif, est déchu de la nationalité française.

En 1940, pendant "la drôle de guerre", le poète entreprend un second commentaire de l'Apocalypse, qu'il intitule Paul Claudel interroge l'Apocalypse.
Il n'accepte pas l'armistice et, en juin 1940, fait un bref séjour à Alger pour tenter de maintenir l'Afrique du Nord dans la guerre. Néanmoins, Pétain lui fait un moment illusion, ce qui nous vaut l'"Ode au Maréchal". Mais Claudel ne tarde pas à se rendre compte de la véritable nature du régime de Vichy.
Tandis qu'il est en butte aux tracasseries de la police, il stigmatise l'attitude du cardinal Baudrillart, et écrit au Grand Rabbin de France pour protester contre le traitement dont les Juifs sont l'objet.

Il compose en 1942 Seigneur, apprenez-nous à prier et commence en 1943 son grand commentaire du Cantique des cantiques, qu'il termine en 1945 et qu'il considère comme l'une de ses œuvres les plus importantes. Presque aussitôt après vient la Rose et le rosaire.
Le poète est élu à l'Académie française sans avoir posé sa candidature en 1946. Depuis les représentations triomphales du Soulier de satin à la Comédie-Française en novembre 1943, c'est la gloire, et personne ne discute plus le génie de Paul Claudel.

En 1947, le poète termine la première partie d'Emmaüs. En 1948, il retouche l'Annonce et entreprend l'Évangile d'Isaïe, qu'il termine en 1950 pour s'atteler presque aussitôt à un commentaire de Jérémie. En 1951, il écrit une deuxième version de l'Échange.
Il a aussi profondément remanié Partage de midi et même tenté d'écrire une nouvelle version de Tête d'or. Le 23 février 1955, entre le mardi gras et le mercredi des cendres, Claudel meurt à Paris. Il repose à Brangues, dans le fond du parc, auprès de son petit-fils Charles Henri Paris.
L'art et la foi

Attristé par les débuts de la guerre, et notamment l'invasion de la Pologne, au cours d'un mois de septembre 1939 qu'il juge par ailleurs merveilleux, Claudel est initialement peu convaincu par le danger que représente l'Allemagne nazie. Il s'inquiète davantage de la puissante Russie qui représente selon lui une infâme canaille communiste.
En 1940, il est ulcéré par la défaite de la France, mais voit d'abord une délivrance dans les pleins pouvoirs conférés par les députés à Pétain.
Dressant dans son Journal un état de la France au 6 juillet 1940, il met au passif la sujétion de la France à l'Allemagne, la brouille avec l'Angleterre en qui seule est notre espérance éventuelle et la présence au gouvernement de Pierre Laval, qui n'inspire pas confiance.

À l'actif, il met l'épuisement de l'Allemagne et de l'Italie, le gain de forces de l'Angleterre et un changement idéologique qu'il décrit comme suit : La France est délivrée après soixante ans de joug du parti radical et anticatholique, professeurs, avocats, juifs, francs-maçons. Le nouveau gouvernement invoque Dieu et rend la Grande-Chartreuse aux religieux.
Espérance d'être délivré du suffrage universel et du parlementarisme ; ainsi que de la domination méchante et imbécile des instituteurs qui lors de la dernière guerre se sont couverts de honte. Restauration de l'autorité. Ce qui concerne les instituteurs est un écho d'une conversation de Claudel avec le général Édouard Corniglion-Molinier et Antoine de Saint-Exupéry, qui, selon Claudel, lui avaient parlé de la pagaille des troupes françaises, les officiers, les réservistes instituteurs "lâchant pied" les premiers.

Toutefois, le spectacle de la collaboration avec l'Allemagne l'écœure bientôt. En novembre 1940, il note dans le même Journal : "Article monstrueux du cardinal Baudrillart dans La Croix nous invitant à collaborer " avec la grande et puissante Allemagne" et faisant miroiter à nos yeux les profits économiques que nous sommes appelés à en retirer !... Fernand Laurent dans Le Jour déclare que le devoir des catholiques est de se serrer autour de Laval et de Hitler. — Les catholiques de l'espèce bien-pensante sont décidément écœurants de bêtise et de lâcheté".
Dans le Figaro du 10 mai 1941, il publie encore des Paroles au Maréchal, désignées couramment comme l’Ode à Pétain qui lui sont souvent reprochées. La péroraison en est : France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père./ Fille de saint Louis, écoute-le ! et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?
Écoute cette voix raisonnable sur toi qui propose et qui explique. Henri Guillemin, critique catholique et grand admirateur de Claudel, mais non suspect de sympathie pour les pétainistes a raconté que, dans un entretien de 1942, Claudel lui expliqua ses flatteries à Pétain par l'approbation d'une partie de sa politique lutte contre l'alcoolisme, appui aux écoles libres, la naïveté envers des assurances que Pétain lui aurait données de balayer Laval et enfin l'espoir d'obtenir une protection en faveur de son ami Paul-Louis Weiller et des subventions aux représentations de l'Annonce faite à Marie.
À partir d'août 1941, le Journal ne parle plus de Pétain qu'avec mépris.
Dans le Figaro du 23 décembre 1944, il publie Un poème au général de Gaulle qu'il avait récité au cours d'une matinée du Théâtre-Français consacrée aux Poètes de la Résistance .

Cette existence tout ensemble vagabonde et rangée, sauf entre 1901 et 1905, est dominée par la religion et par l'art. Si l'on veut savoir comment Paul Claudel l'envisageait lui-même, il faut lire les Mémoires improvisés, série d'entretiens radiophoniques que le poète eut avec Jean Amrouche en 1951-1952, et le Journal, qu'il a tenu depuis 1904 jusqu'à sa mort. Mais peu d'hommes se sont moins regardés eux-mêmes que Claudel. C'est nous plutôt qui contemplons d'un œil rétrospectif cette prodigieuse carrière, ouverte par le coup d'éclat de Tête d'or, qui ne fut perçu que de bien peu.
Les œuvres, ensuite, se succèdent avec une lente régularité. Le premier massif du théâtre, de Tête d'or au Repos du septième jour, est bâti en 1900, et Claudel considère qu'il a terminé sa tâche profane. La passion ouvre un nouveau cycle, de Partage de midi au Soulier de satin, tandis que la Jeune Fille Violaine et l'Annonce établissent un lien entre les deux périodes. Entre-temps, le lyrisme s'est décanté. À partir de 1912, les drames de Claudel sont représentés. Il a désormais l'expérience de la scène, les œuvres de la maturité le démontrent avec éclat.
Mais, après le Soulier de satin, il se détourne du théâtre, où il a dit ce qu'il avait à dire. Les œuvres dramatiques qui suivent sont toutes des œuvres de circonstance ou les passe-temps d'un vieillard qui joue avec son génie.
Avant tout, Claudel est un poète, et ses œuvres lyriques ne sont pas moins importantes que ses œuvres dramatiques, bien qu'elles aient moins de volume. Mais ce génie d'une puissance et d'une fécondité prodigieuses, qui n'est comparable en France qu'à Victor Hugo- qu'il n'aimait guère-, ne pouvait être contenu par le lyrisme seul.
Il lui fallait l'affrontement et le drame jusqu'au jour où les vieilles passions seraient purgées, ce qui se produisit avec le Soulier de satin. C'est alors que Claudel s'engagea dans une nouvelle carrière où le public ne l'a, jusqu'à présent, guère suivi : le commentaire de l'Écriture dans l'esprit des Pères de l'Église.
Cette partie de l'œuvre peut paraître périmée avant même que l'on en ait vraiment fait l'inventaire.
Il faut pourtant reconnaître que Claudel n'est pas un moins grand prosateur qu'il n'est un grand poète. Quand ce ne serait que pour la richesse incomparable de cette prose, où l'on ne sait si l'on doit admirer davantage le choix et l'agencement des mots ou la construction de la phrase, ces œuvres méconnues mériteraient un sort meilleur. Du reste, s'il y a une prose religieuse de Claudel, il y a aussi une prose profane qui ne lui cède en rien.
En témoignent Positions et propositions, Conversations dans le Loir-et-Cher et L'œil écoute.
Pourtant, on lit assez peu la prose de Claudel, même profane.
On ne lit pas beaucoup plus ses poèmes, mais on applaudit toujours son théâtre. L'Annonce est une des œuvres les plus populaires du théâtre contemporain, et l'on ne reprend jamais sans succès l'Otage, le Pain dur, l'Échange et surtout le Soulier de satin, qui est sans doute l'une des créations les plus extraordinaires de notre époque. Quelque chose d'essentiel à l'Occident s'est exprimé là pour toujours.
L'ambition de Péguy, qui était de couvrir dans le chrétien autant d'espace que Goethe dans le païen, c'est Claudel qui l'a réalisée. Son œuvre énorme touche à tout, et la correspondance, dont une faible partie seulement est publiée, en est une partie capitale.
Il est malaisé d'embrasser d'un regard ce gigantesque édifice qui surgit avec un brusque éclat dans l'atmosphère des cénacles fin du siècle, salué par Maeterlinck et Camille Mauclair, puis qui se bâtit obscurément dans les lointains étouffés de l'exil. Le bruit d'un grand poète inconnu se répand dans la première décennie du siècle.
André Gide, qui est lui-même mal dégagé de la pénombre, le sait, ainsi que quelques autres. La fondation de la Nouvelle Revue française en 1911, qui remplace le Mercure de France comme organe de la jeune littérature, manifeste au grand jour la prodigieuse génération d'écrivains nés aux environs de 1870.
Ceux-ci ont atteint ou dépassé la quarantaine, mais le public lettré les découvre seulement.
Et l'on s'aperçoit que l'un d'entre eux, Paul Claudel, est un classique.
Non seulement parce qu'il s'inspire directement du classicisme le plus antique, mais parce que l'autorité naturelle de son langage s'impose aux siècles à venir plus encore qu'à son temps même. De là sa gloire, sans égale après la dernière guerre, au cours de ses dix dernières années, mais dont les rayons le dérobent, pour ainsi dire, à l'attention de ses contemporains, qui ne peuvent et ne veulent le saisir que sur la scène, par le truchement de personnages inventés et du décor de théâtre, comme ils saisissent Racine et Shakespeare. Chaque siècle recréera ainsi l'Annonce, l'Otage et le Soulier de satin, comme nous recréons Hamlet ou le Roi Lear. On cherchera et on trouvera dans Claudel le regard sur lui-même de l'Occident parvenu au terme de sa puissance universelle et déjà sur le déclin.
C'est le moment que choisissent les poètes pour chanter la grandeur de ce qui n'est déjà plus qu'un souvenir. Paul Claudel a connu la Chine au temps de la politique des canonnières. Au centre de l'œuvre brûlent l'amour et l'absence comme Didon au cœur de l'Énéide.
Mais l'homme continue sa marche imperturbable, sous l'œil de Dieu, vers la richesse, les honneurs et la gloire, symbolisés par l'énorme château de Brangues.
Il est conformiste et préfère croire aux paroles officielles qu'à d'autres, peut-être plus vraies.
Il est lui-même un officiel, du moins dans l'Église et sous le pape Pie XII, dont tout l'effort est de maintenir. Tout cela s'arrange fort bien ensemble, et nous sommes loin du déchirement de Tête d'or. Comment la jeunesse serait-elle attirée par ce poète classique et dévot, sauf quand il se déguise sur les planches ?
La suprême grandeur de Claudel, pourtant, c'est d'être authentique.
Les oripeaux dont il est affublé ne l'aveuglent pas, même s'il y tient plus qu'on ne voudrait. Claudel contemple le temps révolu avec une profonde nostalgie, comme firent avant lui Dante, Virgile et Homère. Il est un homme du XIXe s. qui s'est longtemps survécu dans le nôtre. Jamais, néanmoins, son regard de chrétien et de poète ne s'est détaché du futur. Il sait que nous n'avons pas ici-bas de demeure permanente et que la figure de ce monde passe. Il nous appelle à une unité et à une communion qui sont loin d'être encore réalisées. Mais, en attendant, il fallait que le poète accomplît sa tâche, qui était de réunir pour l'offrande et peut-être pour l'holocauste ce que, dans "les Muses", il appelle "la Troie du monde réel".

Claudel a mené une constante méditation sur la parole, qui commence avec son théâtre et se poursuit dans une prose poétique très personnelle, s'épanouit au terme de sa vie dans une exégèse biblique originale. Cette exégèse s'inspire fortement de l'œuvre de l'Abbé Tardif de Moidrey (dont il a réédité le commentaire du Livre de Ruth22), mais aussi d'Ernest Hello.
Claudel s'inscrit ainsi dans la tradition patristique du commentaire scripturaire, qui s'était peu à peu perdue avec la scolastique, et qui a été reprise au xixe siècle par ces deux auteurs, avant de revenir sur le devant de la scène théologique avec le cardinal Jean Daniélou et Henri de Lubac. Sa foi catholique est essentielle dans son œuvre qui chantera la création : « De même que Dieu a dit des choses qu'elles soient, le poète redit qu'elles sont. » Cette communion de Claudel avec Dieu a donné ainsi naissance à près de quatre mille pages de textes. Il y professe un véritable partenariat entre Dieu et ses créatures, dans son mystère et dans sa dramaturgie, comme par exemple dans Le Soulier de satin et L'Annonce faite à Marie.
Avec Maurice Garçon, Charles de Chambrun, Marcel Pagnol, Jules Romains et Henri Mondor, il est une des six personnes élues le 4 avril 1946 à l'Académie française lors de la deuxième élection groupée de cette année, visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation...

Distinctions et fin de vie

Il est reçu le 13 mars 1947 par François Mauriac au fauteuil de Louis Gillet.
Il fut membre du Comité d'honneur du Centre culturel international de Royaumont.

Il est enterré dans le parc du château de Brangues ; sa tombe porte l'épitaphe : « Ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel. » (Il faut probablement lire le mot semence à la lumière de la doctrine de la résurrection de la chair : à la fin des temps, lors du retour glorieux du Christ, les morts ressusciteront ; les restes humains sont ainsi la semence de la chair transfigurée qui sera celle de la résurrection. D'où l'importance de la sépulture dans la religion chrétienne, et les réticences face à l'incinération par exemple

Amours de Paul Claudel

Rosalie Scibor-Rylska, d'origine polonaise, épouse de Francis Vetch, entrepreneur et affairiste, rencontrée en 1900 sur le bateau qui l’emmenait avec son mari en Chine, et dont il eut une fille naturelle.
Rosalie Vetch a inspiré le personnage d'Ysé dans Partage de midi et celui de Prouhèze dans Le Soulier de satin; elle est enterrée à Vézelay, où sa tombe porte ce vers du poète : Seule la rose est assez fragile pour exprimer l'éternité, vers extrait des Cent phrases pour éventails.

Famille

Paul Claudel épouse le 15 mars 1906 à Lyon Reine Sainte-Marie-Perrin, fille de Louis Sainte-Marie-Perrin, architecte de la basilique Notre-Dame de Fourvière; ils embarquent trois jours plus tard pour la Chine, où Claudel est consul à Tientsin.
Ils auront cinq enfants : Marie, née à Tientsin en 1907, Pierre, né à Tientsin en 1908, Reine, née à Prague en 1910, Henri, né à Francfort en 1912, et Renée, née à Paris en 1917.

Ses œuvres

Théâtre

1887 : L'Endormie première version
1888 : Fragment d'un drame
1890 : Tête d'or première version
1892 : La Jeune Fille Violaine première version
1893 : La Ville première version
1894 : Tête d'or deuxième version ; L'Échange première version
1899 : La Jeune Fille Violaine deuxième version
1901 : La Ville deuxième version
1901 : Le Repos du septième jour
1906 : Partage de midi, drame première version
1911 : L'Otage, drame en trois actes
1912 : L'Annonce faite à Marie première version
1913 : Protée, drame satirique en deux actes, première version
1917 : L'Ours et la Lune
1918 : Le Pain dur, drame en trois actes
1919 : Les Choéphores d'Eschyle
1920 : Le Père humilié, drame en quatre actes
1920 : Les Euménides d'Eschyle
1926 : Protée, drame satirique en deux actes deuxième version
1927 : Sous le Rempart d'Athènes
1929 : Le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr, action espagnole en quatre journées, créé partiellement en 1943 par Jean-Louis Barrault, en version intégrale au théâtre d'Orsay en 1980; la version intégrale a été reprise en 1987 par Antoine Vitez
1933 : Le Livre de Christophe Colomb, drame lyrique en deux parties
1939 : Jeanne d'Arc au bûcher
1939 : La Sagesse ou la Parabole du destin
1942 : L'Histoire de Tobie et de Sara, moralité en trois actes
1947 : L'Endormie deuxième version
1948 : L'Annonce faite à Marie deuxième version
1949 : Protée, drame satirique en deux actes deuxième version
1954 : L'Échange deuxième version

Poésie

1900, puis 1907 2e éd.: Connaissance de l'Est
1905 : Poèmes de la Sexagésime
1907 : Processionnal pour saluer le siècle nouveau
1911 : Cinq grandes Odes
1911 : Le Chemin de la Croix
1911–1912 : La Cantate à trois voix26
1915 : Corona benignitatis anni dei
1919 : La Messe là-bas
1922 : Poèmes de guerre 1914-1916
1925 : Feuilles de saints
1942 : Cent phrases pour éventails
1945 : Visages radieux
1945 : Dodoitzu, illustrations de Rihakou Harada.
1949 : Accompagnements
Essais
1928 : Positions et propositions, tome I
1929 : L'Oiseau noir dans le soleil levant
1934 : Positions et propositions, tome II
1935 : Conversations dans le Loir-et-Cher
1936 : Figures et paraboles
1940 : Contacts et circonstances
1942 : Seigneur, apprenez-nous à prier
1946 : L'œil écoute
1949 : Emmaüs
1950 : Une voix sur Israël
1951 : L'Évangile d'Isaïe
1952 : Paul Claudel interroge l'Apocalypse
1954 : Paul Claudel interroge le Cantique des Cantiques
1955 : J'aime la Bible, Fayard
1956 : Conversation sur Jean Racine
1957 : Sous le signe du dragon
1958 : Qui ne souffre pas… Réflexions sur le problème social
1958 : Présence et prophétie
1959 : La Rose et le rosaire
1959 : Trois figures saintes pour le temps actuel

Mémoires, journal

1954 : Mémoires improvisés. Quarante et un entretiens avec Jean Amrouche
1968 : Journal. Tome I : 1904-1932
1969 : Journal. Tome II : 1933-1955

Correspondance

1949 : Correspondance de Paul Claudel et André Gide 1899-1926
1951 : Correspondance de Paul Claudel et André Suarès 1904-1938
1952 : Correspondance de Paul Claudel avec Gabriel Frizeau et Francis Jammes 1897-1938, accompagnée de lettres de Jacques Rivière
1961 : Correspondance Paul Claudel et Darius Milhaud 1912-1953
1964 : Correspondance de Paul Claudel et Lugné-Poe 1910-1928. Claudel homme de théâtre
1966 : Correspondances avec Copeau, Dullin, Jouvet. Claudel homme de théâtre
1974 : Correspondance de Jean-Louis Barrault et Paul Claudel
1984 : Correspondance de Paul Claudel et Jacques Rivière 1907-1924
1990 : Lettres de Paul Claudel à Élisabeth Sainte-Marie Perrin et à Audrey Parr
1995 : Correspondance diplomatique. Tokyo 1921-1927
1995 : Correspondance de Paul Claudel et Gaston Gallimard 1911-1954
1996 : Paul Claudel, Jacques Madaule Connaissance et reconnaissance : Correspondance 1929-1954, DDB
1998 : Le Poète et la Bible, volume 1, 1910-1946, Gallimard, coll. Blanche
2002 : Le Poète et la Bible, volume 2, 1945-1955, Gallimard, coll. Blanche
2004 : Lettres de Paul Claudel à Jean Paulhan 1925-1954, Correspondance présentée et annotée par Catherine Mayaux, Berne : Paul Lang, 2004 ISBN 3-03910-452-7
2005 : Correspondance de Paul Claudel avec les ecclésiastiques de son temps. Volume I, Le sacrement du monde et l'intention de gloire, éditée par Dominique Millet-Gérard, Paris : Champion, coll. Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux n° 19, 2005, 655 p.ISBN 2-7453-1214-6.
2005 : Une Amitié perdue et retrouvée. Correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland, édition établie, annotée et présentée par Gérald Antoine et Bernard Duchatelet, Paris : Gallimard, coll. « Les cahiers de la NRF », 2005, 479 p.

Décoration

Grand-croix de la Légion d'honneur

Divers

En 1942, Paul Claudel proteste auprès de l'archevêque de Paris contre la solennité des obsèques d'Alfred Baudrillart, données à Notre-Dame à l'émule de Cauchon.
Le directeur de l'École des Beaux-arts lui ayant demandé un sujet de concours de peinture, il a proposé "Hippolyte étendu sans forme et sans couleur." de Racine, Phèdre, acte V
Sollicité dans une réception par une femme du monde pour dire ce que signifient les caractères écrits sur la broche en émail chinois qu'elle porte, il fait semblant de traduire: "Fille publique immatriculée à la municipalité de Tien-Tsin".
Il meurt le 23 février 1955, le même jour que son confrère de l'Académie française André Chaumeix.
Claudel n'a pas eu que des admirateurs, mais aussi des détracteurs. Après la mort de Claudel, André-Paul Antoine, journaliste à L'Information, à publié cet épitaphe littéraire dans son journal : Si M. Paul Claudel mérite quelque admiration, ce n'est ni comme poète, ni comme diplomate, ni comme Français, c'est comme maître-nageur.

Lien
http://youtu.be/HmXELeC9IZo un voyage permanent Claudel
http://youtu.be/Zxi78R1mdEI Discussion autour de la biographie de Paul Claudel
http://youtu.be/5Gu7-ajS5Q4 La nuit de pâques
http://youtu.be/GqyeN0YAvi4 entre Paul Clauddel et louis Massignon


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Posté le : 21/02/2014 15:43

Edité par Loriane sur 22-02-2014 23:08:44
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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