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Opération Barbarossa 1
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Le 22 Juin 1941 Hitler lance l'opération Barbarossa

en allemand, "Unternehmen Barbarossa", nommée en référence à l'empereur Frédéric Barberousse, est le nom de code désignant l'invasion par le IIIe Reich de l'Union des républiques socialistes soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale
A la veille du déclenchement de l'opération Barbarossa, on peut voir une oncentration de véhicules et de tanks panzer III en Pologne,
cette campagbe de combat se déroule du 22 juin 1941 au 5 décembre 1941 en Biélorussie, Ukraine, Lituanie, Lettonie, Estonie, Ouest de l'Union soviétique
L'issue est une victoire opérationnelle allemande provisoire mais une défaite stratégique majeure
Les belligérants sont, d'une part Reich allemand et en face l'Union soviétique, Roumanie, Finlande, Italie, Hongrie, Slovaquie. Les commandants

sont Joseph Staline et Adolf Hitler. Les forces en présence au 22 juin 1941 sont constituées de : 2 680 000 soldats, puis 5 500 000, 15 000 à 25 000 chars, 35 000 à 40 000 avions dont 11 357 prêts au combat le 22 juin 1941
Au 22 juin 1941 :se trouvent sur le terrain, 3 800 000 soldats, 4 300 chars, 4 389 avions.
Les pertes sont estimées au total à : 7 500 000 dont 3 137 673 morts ou disparus, 1 336 147 blessés, 3 355 499 prisonniers, 17 000 chars détruits
La moitié des blindés et des avions engagés est hors de combat
Les batailles sur le front de l’Est sont :
Campagne de Pologne · Guerre d’Hiver · Opération Barbarossa · Guerre de Continuation · Bataille de Białystok–Minsk · Opération Silberfuchs · 1re bataille de Smolensk · Bataille de Kiev · Siège d'Odessa · Siège de Léningrad · Offensive de Siniavino · Campagne de Crimée · Bataille de Moscou · Seconde bataille de Kharkov · Bataille du Caucase Opération Fall Blau · Poche de Demiansk · Poche de Kholm · Bataille de Stalingrad · Opération Uranus · Opération Mars · Opération Saturne · Opération Iskra · Offensive Ostrogojsk-Rossoch · Offensive Voronej-Kastornoe · Bataille de Krasny Bor · Troisième bataille de Kharkov · Bataille de Koursk · 2e bataille de Smolensk · Bataille du Dniepr · Offensive Dniepr-Carpates · Bataille de Tcherkassy · Offensive de Crimée · Opération Bagration · Offensive de Lvov-Sandomierz · Insurrection de Varsovie · Soulèvement national slovaque · Guerre de Laponie · Bataille de Budapest · Offensive de Poméranie orientale · Siège de Breslau · Offensive de Prusse-Orientale · Offensive Vistule-Oder · Bataille de Königsberg · Offensive de Vienne · Bataille de Seelow · Bataille de Bautzen · Bataille de Berlin · Insurrection de Prague · Offensive de Prague · Bataille de Slivice · Capitulation allemande

Bien que l'U.R.S.S. exécute scrupuleusement, au bénéfice de l'Allemagne, les clauses économiques du pacte germano-russe, Hitler a décidé de la bouter hors de l'Europe avant de se retourner vers le Royaume-Uni. Le 21 juin 1941, sans déclaration de guerre, la Wehrmacht attaque l'Armée rouge. Hitler espère ainsi donner à l'Allemagne, comme il l'a écrit dans Mein Kampf, son « espace vital » dans la direction tracée autrefois par les chevaliers Teutoniques. Il désire enfin s'assurer les matières premières et les produits alimentaires – pétrole et blé – qui manquent à l'économie allemande.

L'attaque contre l'U.R.S.S en bref

Joseph Staline s'est garanti diplomatiquement contre un second front en Asie, par la signature d'un pacte de non-agression avec le Japon avr. 1941 ; malgré les avertissements de Beneš et de Churchill, l'attaque allemande le surprend ; une grande partie des avions russes est détruite au sol dès le premier jour. Désorientée, l'Armée rouge bat en retraite en perdant une énorme quantité de matériel et des centaines de milliers d'hommes, tués ou faits prisonniers, mais l'immensité du pays – le front s'étire sur 1 800 kilomètres – lui donnera le moyen de ne pas être anéantie, de se reprendre et de se réorganiser.
La Wehrmacht, qui comprendra progressivement des contingents plus ou moins volontaires de tous les pays occupés, attaque en trois groupes d'armées commandés au nord par von Leeb, au centre par von Bock, au sud par von Rundstedt. En tout 180 divisions sont lancées à l'attaque, dont 25 divisions blindées. Se joignent à elle des armées finlandaises et roumaines et, un peu plus tard, hongroises et italiennes. Aux 3 000 avions modernes de la Luftwaffe, les Russes opposent 4 000 avions anciens.
Le groupe d'armées du nord s'empare des pays Baltes et entreprend le siège de Leningrad, le groupe du centre, après avoir encerclé des armées russes à Bialystok et à Minsk, arrive à Smolensk en août. En octobre, il n'est plus qu'à 100 kilomètres de Moscou. Il ne peut amorcer une offensive contre les défenses de la ville que le 16 novembre. En novembre, la résistance soviétique l'oblige à s'arrêter, puis à reculer, enfin à s'immobiliser dans ses quartiers d'hiver, alors que les troupes sont mal protégées contre le froid.
Le groupe du sud, après une grande bataille entre le Bug et le Dniepr, s'empare de l'Ukraine et du bassin industriel du Donetz. Odessa, Kiev, Kharkov sont pris, le Don et la mer d'Azov atteints ; la Crimée occupée jusqu'à Sébastopol.
Ainsi, à la fin de l'année 1941, si Moscou n'a pas été pris, le gouvernement soviétique a dû quitter la capitale. Les territoires les plus riches de l'U.R.S.S. sont occupés et dévastés ; un mouvement autonomiste est à craindre, en Ukraine surtout. Un immense matériel a été perdu, 1 500 000 hommes faits prisonniers. Cependant l'U.R.S.S. n'est pas battue décisivement ; l'Armée rouge n'a pas été détruite ; des usines entières et des populations ouvrières ont pu être repliées vers l'Oural. Staline a repris la tactique de Koutousov contre Napoléon, celle de la « terre brûlée ». Les récoltes sont incendiées, les usines et les barrages détruits. Dès ce moment, la guerre soviétique devient une guerre populaire, favorisée par les mesures d'extermination des cadres politiques et administratifs prises par les SS, ainsi que celle des Juifs. Menacée dans son existence, la population se groupe derrière son gouvernement. Il est clair cependant que l'U.R.S.S. aura besoin de matériel et d'armes ; des convois, britanniques d'abord, américains ensuite, commencent à sillonner les mers arctiques vers Mourmansk, ou l'océan Indien à destination de l'Iran, que Russes et Britanniques ont occupé d'un commun accord à cette fin.

L'opération

Le 23 août 1939, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique signent un traité de non-agression et de partage de l'Est de l'Europe.
Cependant, le 21 juillet 1940, moins d’un an après, Hitler demande à son état-major de préparer un plan d’invasion de l’Union soviétique.
Confiant, il déclenche le 22 juin 1941, le même jour que Napoléon autrefois et un an jour pour jour après la signature de l'armistice entre la France et le IIIe Reich, l’opération Barbarossa qui ouvre le front de l'Est qui devient le principal théâtre d'opérations de la guerre terrestre en Europe de 1941 à 1945, 80 % des pertes de la Wehrmacht sont subies sur le front russe et le facteur crucial dans le succès ou la défaite du Troisième Reich nazi. Ce front va être le théâtre des plus grandes et des plus sanglantes batailles terrestres de la Seconde Guerre mondiale.
C'est la plus grande invasion de l'histoire militaire de par le nombre de soldats mobilisés et de pertes. Ce sont près de 4 millions de soldats de l'Axe qui pénètrent en Union soviétique. En plus des troupes, l'opération Barbarossa a mobilisé 600 000 véhicules et 600 000 chevaux. Cette invasion marque aussi un tournant dans la guerre, jusqu'alors encore assez localisée et européenne. Elle va bientôt embraser le monde entier.
La Wehrmacht possède une supériorité initiale considérable en hommes de 2 contre 1 au minimum et en équipements. Elle est mieux organisée, bien mieux commandée et dispose, du moins jusqu’à la gigantesque bataille de Koursk de juillet 1943, d'une incontestable supériorité tactique. Elle bénéficie de l'effet de surprise. L'Armée rouge, si elle est loin d'être préparée au choc avec l'Allemagne, décapitée par les Grandes Purges, dispose cependant d'importantes réserves humaines, d'avantages matériels certains base industrielle, armements et d'un patriotisme russe que Staline saura opportunément réactiver après vingt ans de répression sous la férule d'un État en guerre permanente contre sa propre société. Le nazisme, qui ne laissera aux Untermenschen d'autre alternative que la mort ou l'esclavage, jouera également un rôle important dans le sursaut patriotique.
Comme en 1914 au début de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne entend agir rapidement : le plan Barbarossa fixe à quatre mois le délai nécessaire à l’anéantissement militaire de la Russie, cœur névralgique de l’Union soviétique. En pratique, l'opération Barbarossa s'étendra de juin 1941 à janvier-février 1942, l'échec allemand de la bataille de Moscou étant le dernier épisode de la première phase du conflit sur le front russe.
Les justifications de cette invasion sont historiques l'échec du plan Schlieffen en 1914 qui a conduit au traité de Versailles, ressenti comme une humiliation par l'Allemagne de 1919. la mise en œuvre géopolitique du nazisme, l'aboutissement affiché de la politique nazie étant la conquête d'un espace vital à l'Est : le Lebensraum.

Situation politique et diplomatique


La situation au printemps 1941 semble largement en faveur de l'Axe. La France a été vaincue en quelques semaines, le corps expéditionnaire britannique a été défait. Une partie majeure de l'Europe est occupée. À l'Est, Hitler a mis en place des régimes alliés de gré ou de force : Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovaquie. Le seul ennemi en guerre qui lui tienne encore tête est la Grande-Bretagne et son empire, qui résistent en grande partie grâce à une volonté collective incarnée par Winston Churchill, mais elle n'a été sauvée jusqu'alors que par son insularité. Au demeurant, la Grande-Bretagne ne constitue pas, en Europe continentale, une menace militaire terrestre suffisamment significative pour inquiéter la Wehrmacht.
Hitler connaît les risques d'attaquer l'Union soviétique, mais il estime qu'il doit agir immédiatement car, en 1941, l'Armée rouge est désorganisée et profondément affaiblie par les Grandes Purges staliniennes. Encore éloignés de la guerre, les États-Unis d'Amérique penchent cependant de plus en plus du côté des Alliés. Invaincue, la Wehrmacht, fait figure de première armée du monde en 1941. La situation semble donc favorable à la conquête du Lebensraum. Une seule puissance continentale peut encore empêcher cette conquête : l'Union soviétique. Depuis la signature du Pacte germano-soviétique 1939, dans lequel l'URSS voit un moyen de se protéger après les accords de Munich Allemagne-France-Grande-Bretagne de 1938, et grâce auquel l'Allemagne et l'Union soviétique se sont partagés le territoire de la Pologne le long de la frontière orientale actuelle, les deux pays, malgré l'opposition inconciliable des idéologies qui les dirigent, ont ostensiblement établi des relations amicales de façade et des relations commerciales qui profiteront surtout au Troisième Reich jusqu'en juin 1941. L'Allemagne signe par ailleurs un pacte de non-agression avec la Turquie le 18 juin 1941, ce qui lui permet de sécuriser un accès aux ressources pétrolifères du Caucase.

Montée des tensions

L'évolution de la situation dans les Balkans, après l'occupation de la Bessarabie, destinée à donner à l'Union soviétique le contrôle de l'embouchure du Danube, et de la Bukovine du Nord, contribue à pousser davantage encore la Roumanie dans la sphère d'influence allemande, malgré des tentatives soviétiques à l'automne 1940 pour se concilier ce royaume. Dans le même temps, l'URSS recherche, dans la tradition de la diplomatie russe du début du XXe siècle, un accord avec l'Italie, pour s'opposer à une mainmise progressive mais systématique du Reich dans les Balkans. Ainsi, la diplomatie soviétique cherche-t-elle à ressusciter, malgré les réserves du roi et de ses proches, l'alliance avec la Bulgarie, dont la population affiche des sentiments pro-soviétiques sincères ; ainsi, en novembre 1940, la mission diplomatique soviétique dans les Balkans, menée par des officiers généraux soviétiques, insiste-t-elle auprès du roi Boris pour que ce dernier n'adhère pas au pacte tripartite.
Les Allemands, de leur côté, ne voient pas d'un très bon œil les velléités soviétiques de prendre pied en Bulgarie et ne veulent à aucun prix remettre en cause leur suprématie sur le Danube, et tentent, lors du second arbitrage de Vienne, de faire du Danube un fleuve sous influence allemande exclusive, malgré les quelques contre-feux allumés par une diplomatie soviétique parfaitement consciente de cette politique. En outre, à l'automne 1940, des incidents de frontière, le long du Danube, se déroulent entre la Roumanie et l'Union soviétique : occupant de manière unilatérale des petites îles sises dans les bras du delta du Danube, des bâtiments de guerre soviétiques affectés à cette mission essuient des tirs roumains, puis se retirent, cessions de territoires à l'URSS étaient temporaires et réversibles, ce qui ne manque pas de susciter des inquiétudes en Union soviétique.

Les derniers jours : le mois de juin 1941

Lors du déclenchement des opérations, il apparaît aux responsables soviétiques, l'ambassadeur en poste à Berlin, le ministre des Affaires étrangères, que la guerre n'a pas été voulue par les diplomates. En effet, autant Ribbentrop que Schulenburg semblent désolés de devoir déclarer aux Soviétiques, non la guerre, mais que la situation créée par la politique soviétique et les mesures défensives soviétiques le long de la frontière, mettaient le Reich dans l'obligation d'engager les hostilités de manière préventive. En effet, l'ambassadeur du Reich à Moscou doit remettre à Molotov, à 4 heures du matin, peu de temps après le déclenchement des hostilités, un rapport détaillé des prétendues violations soviétiques de l'accord de 1939.

L'invasion crée le front stratégique majeur du second conflit mondial

En déclenchant l'opération Barbarossa, le régime nazi provoque l'ouverture d'un front auquel le Reich doit désormais consacrer l'essentiel de ses moyens militaires, de ses ressources industrielles et humaines. Engagée dans une guerre totale contre l'Union soviétique, l’industrie de guerre allemande tourne au maximum de ses capacités et ne cesse de se développer jusqu’au début de 1945. Le Reich consacre ainsi 35 % de son PNB en 1940, puis 65 % en 1944, à ses dépenses militaires. Non seulement l’Allemagne, première puissance industrielle du continent, affecte la totalité de ses ressources économiques à sa production de guerre, mais elle exploite également systématiquement à cette fin les ressources industrielles, économiques, démographiques deux millions de prisonniers français travaillent en Allemagne de l’Europe occupée.
Du déclenchement de Barbarossa aux dernières étapes de la guerre, en mai 1945, la Wehrmacht consacre l’essentiel de ses ressources en hommes et en matériels au front de l'Est, sans jamais être en mesure, à partir de l’hiver 1942-1943 échec de Stalingrad, de prendre l’initiative, si ce n’est dans des secteurs de plus en plus étroits du front. En juillet 1943, lors de la gigantesque bataille de Koursk, à peine sept divisions et deux brigades 2,7 % des forces allemandes étaient engagées face aux Américains et aux Britanniques dans les affrontements de la guerre du désert. Le reste 91 divisions et 3 brigades se trouvait cantonné dans les territoires de l’Europe occupée. Les Alliés prennent pied en Afrique du Nord en novembre 1942 débarquement de 70 000 hommes à Alger et Oran et au Maroc, en Sicile en juillet 1943 débarquement de 160 000 hommes, en Italie à Salerne sud de Naples en septembre 1943 et à Anzio en janvier 1944, mais les moyens engagés pèsent de peu de poids la Wehrmacht dispose de 23 divisions en Italie début 1944, comparés à la démesure des effectifs et des matériels présents depuis juin 1941 sur le front soviétique. Durant les quatre années que dura le conflit germano-soviétique il y eut, en permanence, une moyenne de 9 millions d'hommes simultanément impliqués dans les opérations de ce front.
Le cumul des pertes militaires de l'Union soviétique et de l'Allemagne nazie, dans sa guerre d'invasion de l'Union soviétique, se monte à 80 % du total de toutes les pertes militaires enregistrées sur le théâtre d’opération européen de 1940 à 1945. C'est sur le front russe que la Wehrmacht a les reins brisés, bien avant le débarquement des Alliés en France. Après le débarquement de Normandie d'un corps expéditionnaire en juin 1944, c’est encore à l’Est que les Allemands continuent à engager et à perdre la majorité de leurs hommes. La comparaison des pertes subies par la Wehrmacht sur les deux fronts à partir de juin 1944 montre la part presque exclusive du front russe même après ce débarquement. Du 1er juillet au 31 décembre 1944, pendant cinq mois, lors de la grande offensive soviétique contre le groupe d’armées Centre, les Allemands perdront chaque mois en moyenne 200 000 soldats et près de 4 000 Hiwis, des auxiliaires étrangers russes de l'armée allemande. À l’Ouest, au cours de la même période, c’est-à-dire après le débarquement allié en France, la moyenne des pertes allemandes s’élèvera à 8 000 hommes par mois soit un rapport de 1 à 25.
Les pertes en vies humaines sont colossales et les conditions de vie effroyables pour les deux camps. En 2001, les historiens russes estimaient les pertes du conflit germano-soviétique à 26,2 millions de tués environ 16 % de la population de l’Union soviétique de 1940 dont plus de 11 millions de soldats et officiers 6,8 millions de tués directs et 3,8 millions de prisonniers de guerre décédés entre les mains de la Wehrmacht, et surtout 15,6 millions de civils puisque l’importance sans précédent des pertes civiles est d’abord la conséquence d'une guerre d’anéantissement menée en Union soviétique par le Reich nazi. Trente-quatre millions de Soviétiques ont été mobilisés dans les rangs de l'Armée rouge de 1941 à 1945. L’ampleur de l’engagement allemand a été gigantesque : quelque 20 millions d’Allemands ont porté, à un moment ou à un autre, l’uniforme de la Wehrmacht sur le front russe, de sorte que c’est toute la société allemande qui fut impliquée dans l’expérience de la guerre sur le front de l'Est. Celle-ci a été voulue, dès sa phase de préparation, comme une lutte à mort, exigeant un engagement sans limite, une obéissance absolue, la destruction totale de l’ennemi. À ce titre, la guerre totale déclenchée contre l'URSS constitue non seulement le sommet du régime nazi, mais aussi l’élément essentiel de son image dans la mémoire collective des Allemands après la guerre. Pour l’écrasante majorité des soldats allemands, l’expérience de la guerre est celle du front russe.
À la fin du mois de mars 1945, la totalité des pertes de l’Ostheer le nom de la Wehrmacht sur le front russe s’élève à 6 172 373 hommes tués, mutilés, disparus, soit près du double de ses effectifs initiaux, au 22 juin 1941. Ce chiffre représente 80 % des pertes subies par la Wehrmacht sur tous les fronts depuis le déclenchement de l’invasion de juin 1941. En mai 1945, on dénombre plus de 3 millions de prisonniers allemands détenus en Union soviétique. Tous camps confondus, les tués de l’Armée rouge, hors les 3,8 millions de prisonniers de guerre soviétiques décédés après leur capture, constituent 52 % du total des pertes militaires en Europe, ceux de la Wehrmacht 28 % moins de 2 % pour l'armée des États-Unis. Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 85 % du total des pertes alliées en Europe Royaume-Uni 3,7 % - France 2,9 % - États-Unis 2,6 %. Enfin, le front ouvert en juin 1944 en France a eu, militairement, environ 11 mois d’existence contre 47 mois pour le front russe ouvert en juin 1941.

Préparatifs allemands

Le Reich prépare l'invasion de l'Union soviétique minutieusement, jusque dans ses moindre détails ; cette préparation, à la fois politique, militaire et économique, se propose non seulement de réaliser des objectifs politiques raciaux et territoriaux précisément définis, mais aussi de mettre en place la répartition des rôles entre militaires et de définir la place des acteurs économiques dans le conflit qui s'annonce.

Motivations et justifications idéologiques et politiques

La volonté allemande d'écraser définitivement la Russie, adversaire oriental de l'Allemagne dans le cadre d'une guerre sur deux fronts, remonte à la Grande Guerre. Cette volonté est renforcée par la mise en place du régime communiste.
En effet, dans Mein Kampf, Hitler, qui n'est ici qu'un avatar parmi d'autres de la pensée de l'extrême-droite allemande des années 1920, amalgame la figure du Juif et la représentation du bolchevik, entre autres dans la figure fantasmagorique du Judéo-Bolchevik, représentation dans l'idéologie nazie du mal absolu, le Juif, nuisible schädling à la Nation allemande. Cette conception, relayée par la propagande, est partagée par de nombreux officiers de la Reichswehr, puis de la Wehrmacht : des documents internes de cette institution propagent cette conception chez les officiers, qui perçoivent les territoires occupés de l'URSS à travers ces prismes. Cette propagande touche non seulement les officiers, mais aussi les soldats engagés dans les opérations de 1941, qui endurent à partir de 1943 défaites et retraites sans cesser de se battre. Elle est en outre instillée dès les années 1930 dans la police allemande, sous le contrôle de Himmler à partir de 1936 ; cet arrière plan idéologique fournit la préparation psychologique des policiers ayant participé aux tueries de 1941.
En outre, la défense de la civilisation contre le déluge Moscovite-asiatique, joue une rôle non négligeable dans les motivations des soldats : il s'agit pour eux de reprendre le combat des Germains contre les Slaves, arriérés ; relayés par la propagande, ces stéréotypes sont fermement ancrés dans les représentations des soldats et des officiers envoyés sur le front de l'Est : aux officiers qui s'offusquent de la brutalité des ordres reçus, Keitel répond que dans cette guerre la conception militaire d'une guerre chevaleresque n'entre pas en ligne de compte, puisqu'il s'agit de détruire une conception du monde Weltanschauung. En effet, pour Hitler, mais peut-être davantage encore pour Himmler, la guerre à l'Est constitue la continuation du conflit qui oppose l'Occident au "principe asiatique" : en décembre 1941, Himmler, dans un discours à ses troupes, établit un lien entre les diverses invasions, Hunniques, mongoles et la soi-disant invasion bolchevique de l'Europe, la plus dangereuse de toutes les menaces, reprenant ainsi des thèses développées dans les années 1930 par Fritz Schachermeyr et Fritz Taeger : aux yeux des théoriciens et des acteurs du nazisme, l'invasion de l'Union Soviétique plonge ainsi ses racines dans la plus haute Antiquité, puisqu'il s'agirait, selon ces intellectuels, du combat final entre l'Occident, représenté par le Reich, et l'Orient, qui a pris la forme du marxisme soviétique, combat qui mettrait fin à 6 000 ans de guerre raciale. Dans cette perspective, Staline est représenté en nouvel Hannibal, repoussoir phénicien aux yeux de Goebbels, menaçant la civilisation occidentale, jusque tard dans le conflit.
Enfin, réparer l'humiliation de la défaite non reconnue de la Première Guerre mondiale face à l'alliance russo-franco-britannique de 1914 est aussi une motivation importante : en effet, sur le front russe, l'Allemagne et ses alliés ont signé une paix de victoire à Brest-Litovsk en mars 1918, mais ont dû évacuer les territoires qu'ils occupaient à l'hiver 1918-1919. Ainsi, pour les militaires de haut rang, qui ont tous fait la Grande Guerre, comme pour les décideurs nazis, la défaite de 1918 ne peut être que la conséquence du coup de poignard dans le dos donné par les socialistes allemands, marxistes donc nécessairement juifs, la guerre à l'Est venge donc 1918-1919. Un certain nombre de théoriciens nazis font, précocement dans l'histoire du NSDAP, l'assimilation entre marxistes et Juifs, mais ne font alors que reprendre des stéréotypes largement diffusés, sinon dans la société, au moins dans les cercles conservateurs où se recrutent les officiers généraux de la Wehrmacht.
Ainsi est fait le lien, dans l'imaginaire nazi, entre la figure du Juif, le communisme et le Slave ; cet imaginaire est à l’œuvre dans la propagande allemande depuis 1933. Le refus de la Grande-Bretagne de mettre fin à la guerre après la défaite de la France conduit aussi Hitler à voir dans le maintien d'une URSS puissante, dans le dos de l'Allemagne, le dernier espoir des dirigeants britanniques ; l'élimination de ce facteur permettra donc d'amener la Grande-Bretagne à résipiscence ; de ce fait, l'hégémonie allemande sur l'Europe sera indiscutée et l'allié japonais en sera renforcé face aux États-Unis.
Dès le 22 juin, les propagandistes allemands développent le thème de la nécessaire lutte contre les bolcheviks, qui, alliés aux Juifs, seraient responsables de la misère que connaît le peuple russe. Jusqu'au dernier jour du conflit, la propagande allemande exploite le thème du judéo-bolchevisme jusqu'à la fin.

Objectifs territoriaux et projets nazis

Les vastes espaces de l'Union soviétique sont destinés, dans la direction tracée autrefois par les chevaliers Teutoniques, à devenir le Lebensraum, l'espace vital allemand, une fois débarrassé de ses populations. Les populations urbaines doivent être exterminées par la famine, les populations rurales sont destinées à constituer la main-d’œuvre servile pour fournir des surplus alimentaires destinés à l'Allemagne et à la colonisation aryenne.
Dès la fin de l'année 1940, les rapports des services de renseignements soviétiques fourmillent d'indications sur les objectifs territoriaux nazis. Ainsi, en février 1941, le directeur de ces services est en mesure de fournir à Staline la nature des objectifs territoriaux allemands dans la guerre, alors en préparation, qui se dessinent à l'Est : création d'entités étatiques sensibles aux intérêts du Reich de la Baltique à la mer Noire et contrôle direct des régions industrielles, ce qui explique la priorité donnée à la conquête et au contrôle des bassins industriels ukrainiens. La limite de l'avancée allemande serait l'Oural, au-delà de laquelle les Soviétiques seraient repoussés. Toutes les informations rapportées dans les rapports soviétiques, collectées par des informateurs auprès d'officiers allemands parfois exceptionnellement détendus confirment l'importance des objectifs territoriaux assignés aux troupes qui se préparent à attaquer l'URSS et l'ampleur des moyens pour parvenir à cet objectif.
De plus, les préparatifs de Barbarossa redonnent de l'influence à Alfred Rosenberg, le rédacteur du Völkischer Beobachter. En effet, natif de Reval, celui-ci, au printemps 1941, joue un rôle non négligeable dans les discussions autour des projets de recomposition territoriale et raciale des zones conquises, discussions dont le Generalplan Ost constitue l'aboutissement : il propose un redécoupage des territoires en quatre Reichskommissariat, l'Ostland comprenant les pays baltes et la Biélorussie, celui d'Ukraine, le Kaukasus avec la zone autour des monts du Caucase et celui de Moskowien pour le reste de la Russie européenne. Il esquisse des politiques de court terme différentes dans chacune de ces circonscriptions : en Ukraine, il propose la création de ghettos, sur le modèle du ghetto de Lodz et la création de colonies de travail, l'Ostland doit être germanisé sans ménagement ; il ne s'étend pas sur les commissariats de Moscovie et du Caucase, mais fait parvenir aux futurs commissaires du Reich des directives dans lesquelles il insiste sur la nécessité d'une exploitation très sévère, y compris des mesures organisant une famine de masse dans les territoires placés sous leur juridiction.
Dans le même ordre d'idées, les planificateurs économiques de la guerre à l'Est proposent une exploitation sans merci des espaces conquis, en créant deux zones distinctes de production agricole, étanches du point de vue économique : une zone déficitaire Zuchusszone, appelée zone forestière Waldbauzone ou aire de famine Hungergebiet, centrée autour de Moscou et Léningrad, dont la population est promise à la mort, et une zone de surplus Überschusszone, appelée zone de terres noires Schwarzerderzone, comprenant l'Ukraine et le Caucase, dont la population peut espérer, en raison de son utilité dans la production de matières premières agricoles, survivre.
De même, Himmler voit la guerre à l'Est comme un moyen de recomposer la carte ethnique de l'Est de l'Europe au profit de l'Allemagne, en créant des colonies de peuplement dans les territoires nouvellement conquis. En effet, les concepteurs des plans, qui se succèdent à ce sujet au printemps 1941, prévoient l'expulsion des Slaves en grand nombre, entre 30 et 50 millions, vers la Sibérie.

Hitler et le Parti dans la phase de préparation de Barbarossa

Du fait de son caractère éminemment politique, l'opération est principalement une création d'Hitler35. L'état-major de la Wehrmacht est alors réticent car il craint de devoir combattre sur deux fronts simultanément : un front terrestre contre l'URSS, un front maritime et aérien contre la Grande-Bretagne. Mais le Führer, auréolé du prestige des victoires fulgurantes en Pologne et surtout en France, croit en son génie politique et militaire et refuse de leur prêter l'oreille. Opposé, lui aussi, par principe, à la division de ses forces sur deux fronts qui fut, à ses yeux, la grande erreur du Reich lors de la Première Guerre mondiale, il finit par se convaincre lui-même que le Royaume-Uni est à bout de souffle et demandera la paix une fois l'Union soviétique vaincue et démantelée, car il ne veut pas différer plus longtemps sa grande conquête à l'Est. Il surestime ses forces, prenant en compte ses victoires éclairs contre la Pologne puis la France, et sous-estime celles de la Russie soviétique, du fait des piètres résultats et des fortes pertes essuyées par l'Armée rouge au cours de la guerre d'Hiver contre la Finlande : 125 000 soldats soviétiques y périrent contre 48 000 hommes pour l'armée finlandaise. La préparation de l'armée allemande souffre donc de plusieurs carences qui se révèlent fatales à terme pour la réalisation des objectifs.
Mais cette phase de préparation voit également la mise en place de quartiers généraux pour Hitler et ses fidèles directement impliqués dans la guerre à l'Est : le quartier général de Rastenburg, aménagé dans une zone de forêts en Prusse-Orientale, est occupé par Hitler le 23 juin : il comprend à la fois des maisons en bois et des bunkers en béton, reliés par des routes et des voies ferrées. C'est sur ce modèle qu'Himmler fait bâtir son propre quartier général à Angerburg, à 30 km de Rastenburg. À cet endroit, il reçoit le résumé des rapports quotidiens des Einsatzgruppen, par l'entremise du siège central du RSHA.

La préparation opérationnelle Plans élaborés dès 1940

La première mention d'une invasion de la Russie soviétique apparaît dans la directive no 21 du Führer, mise en circulation restreinte fin 1940."Les armées allemandes précisait la directive, doivent être prêtes, avant même la conclusion de la guerre contre l'Angleterre, à écraser la Russie soviétique à la faveur d'une rapide campagne. La directive indique déjà la date de l'invasion: le 15 mai 1941. Dès ce document, le plan de conquête et les objectifs à atteindre sont tracés, avec la séparation en deux du champ de bataille : le nord et le sud des marais du Pripet. Les deux groupes d'armées au nord doivent dans un premier temps détruire le maximum de forces soviétiques en appliquant les tactiques de la Blitzkrieg, puis prendre d'abord Léningrad et son port de guerre de Kronstadt, et seulement ensuite la capitale Moscou. Le groupe sud, lui, doit progresser vers Kiev, son flanc droit étant couvert par l'armée roumaine et quelques divisions allemandes. Par la suite, les opérations au sud ont pour objectif l'occupation du bassin du Donets et au-delà le pétrole du Caucase, le combat des unités blindées et à la capture des grands centres économiques. Il rencontre une certaine défiance de la part d'une partie de l'état-major de la Wehrmacht, davantage attaché à des stratégies plus conventionnelles, où la capture de la capitale politique, objectif symbolique, est prédominante. Même si Hitler considère ces préoccupations d'un autre temps, il concèdera la poursuite simultanée des objectifs que sont Moscou et Léningrad. Lors de la mise en œuvre de ce plan, le groupe Nord sera incapable de prendre Léningrad seul, malgré sa supériorité en effectifs et en artillerie sur la faible garnison qui protège la ville de Pierre le Grand et décidera de l'affamer.

Plan d'origine des Allemands.

Hitler décide que le premier but à atteindre est l'anéantissement de l'Armée rouge le plus tôt possible, pour l'empêcher de se replier et d'appliquer la politique russe traditionnelle de défense devant toute invasion majeure : la terre brûlée. Pour ce faire, la Wehrmacht doit encercler, chaque fois qu'il sera possible, des portions importantes des forces soviétiques pour les anéantir.
Le plan adopté est une sorte de mélange des deux stratégies. Il prévoit une attaque sur trois axes, avec du nord au sud :
Une poussée vers Léningrad, à travers les pays baltes, menée par les 16e et 18e armées, ainsi que le 4e groupe blindé, regroupé dans le groupe d'armées Nord commandé par le maréchal Wilhelm von Leeb et appuyé par la 1re flotte aérienne du général Alfred Keller.
L'attaque principale menée par le groupe d'armées Centre, commandé par le maréchal Fedor von Bock, et comprenant les 2e et 4e armées, ainsi que les 2e et 3e groupes blindés, le tout étant soutenu par la 2e flotte aérienne du général Albert Kesselring. L'objectif de ce groupe est Moscou, mais grâce à sa position centrale, il doit appuyer les deux autres mouvements et s'attacher à anéantir le maximum d'unités soviétiques.
Le groupe d'armées Sud, commandé par le maréchal Gerd von Rundstedt et comprenant les 6e, 11e et 17e armées ainsi que le 1er groupe blindé, appuyé par la 4e flotte aérienne du général Alexander Löhr. Il doit bénéficier de plus, dès leur entrée en guerre, de l'appui non négligeable des 3e et 4e armées roumaines. Il a pour objectifs premiers la ville de Kiev, le port d'Odessa, puis les grandes villes industrielles de Kharkov, Dniepropetrovsk et Donetsk. Ses objectifs finaux étant les ports de Sebastopol en Crimée, Rostov-sur-le-Don et la grande ville de Stalingrad, clé du contrôle de la Volga.
L'objectif final de la campagne est d'établir, avant l'hiver, un front qui partant de Léningrad suivrait le cours de la Volga, jusqu’à son embouchure. D'ici là, l'Allemagne compte sur une destruction complète de l'Armée rouge, car les effectifs engagés seront incapables de mener les tâches d'occupation du pays conquis et la tenue de ce gigantesque front, long de plusieurs milliers de kilomètres. Le 12 août 1941, le maréchal Wilhelm Keitel, chef de l'Oberkommando de la Wehrmacht, indique dans sa directive 34a le principal objectif opérationnel de l'offensive: L'objet des opérations doit être de priver l'ennemi, avant la venue de l'hiver, de son gouvernement, de son armement et de son centre de communication dans la région de Moscou, et de l'empêcher ainsi de reconstituer ses forces et de faire fonctionner de façon ordonnée ses organes de gouvernement.
Initialement fixée au 15 mai 1941, l'invasion est finalement reportée au 22 juin afin de terminer les opérations de conquête de la Grèce et de la Yougoslavie, rendues nécessaires, dans l'esprit de Hitler, par le putsch de Belgrade de mars 1941 à la suite des déboires de Mussolini en Grèce.

Déploiements de troupes et derniers préparatifs

Déployer plus de 2 millions de soldats le long de la frontière est une action de longue haleine.
En effet, dès le mois de juillet 1940, les services de renseignement soviétiques prennent conscience de l'ampleur des déploiements de troupes allemandes le long de leur frontière occidentale.
Dans les dernières semaines précédant le déclenchement de l'opération, des concentrations de troupes allemandes sont repérées par les services de Beria : au mois de juin, les agents de ces services en postes en Ukraine et dans les pays baltes informent le gouvernement soviétique non seulement des concentrations de troupes allemandes, mais aussi de l'impact de ces concentrations de troupes sur les transports ferroviaires : le renseignement soviétique dresse au fur et à mesure des mois précédant le conflit non seulement l'inventaire des unités de plus en plus nombreuses cantonnées sur la frontière occidentale de l'Union soviétique, mais aussi la cartographie de leur déploiement et de l'implantation de leur commandement. Les agents soviétiques comptent, le 9 juin 1941, par exemple, le nombre de convois militaires transitant par Königsberg en direction de l'Est : sur dix-sept trains, douze assuraient le transport d'unités mécanisées, trois le transport de chars d'assaut, un le transport d'artilleries de campagne, et un train de matériel médical ; de même, en Roumanie, des unités sont acheminées par train au plus près de la frontière soviétique. un agent soviétique de retour en URSS, empruntant le train depuis Varsovie, note la présence de nombreuses unités cantonnées dans les forêts à proximité de la frontière, des convois de camions d'une longueur importante.
Dans les semaines précédant l'invasion, le réseau de communications est remis en état : les routes stratégiques sont réparées et pavées, le réseau ferroviaire, dans les parties de la Pologne anciennement russe occupée par le Reich, adapté pour l'écartement du matériel allemand et les ponts gardés par des unités d'artillerie légère. Dans le même temps, des aérodromes sont aménagés, des dépôts d'essence et de munitions sont mis en place à proximité de la frontière.
De plus, au cours du printemps 1941, la Luftwaffe multiplie les vols de reconnaissance sur le territoire soviétique : le 21 juin, l'ambassadeur allemand, Schulenburg, est convoqué par Molotov qui se plaint de la quantité des vols de reconnaissance allemands violant l'espace aérien soviétique, 180 depuis le début du mois d'avril, selon la note de l'ambassade soviétique remise au ministère allemand des affaires étrangères. Aux mois de mai et juin, dans les jours précédant l'invasion, ces vols de reconnaissance se font de plus en plus nombreux et comptent à leur bord des officiers supérieurs : le NKVD en dénombre 91, soit autant que dans les six mois précédents. Au cours du mois de juin 1941, Göring, chef de la Luftwaffe reçoit l'ordre de transférer les quartiers généraux des flottes aériennes allemandes Luftflotten en Roumanie, et, ainsi, de quitter Berlin ; dans le même temps, la deuxième ligne de la Luftwaffe, sorte de réserve opérationnelle, est transférée vers l'Est, alors qu'elle se trouvait jusqu'alors en France et dans l'Ouest du Reich, tandis que son état-major est transféré à Posen.

Consignes et ordres donnés aux commandants

Dès ses prémisses, la préparation opérationnelle est doublée de la préparation d'un certain nombre de consignes distribuées à l'ensemble des commandants de corps engagés dans les opérations militaires. Ces consignes font l'objet de discussions entre le haut-commandement et la SS durant tout le printemps 1941. En effet, le 3 mars 1941, Jodl rencontre Hitler pour lui faire état des propositions des militaires relatives à l'occupation de larges portions du territoire soviétique. Ces propositions sont débattues entre les intéressés durant tout le printemps.
Tout d'abord, toutes les consignes données sont élaborées ; influencées par un ordre de Jodl qui suit sa discussion avec Hitler le 3 mars 1941 :
La zone de compétence de l'armée doit être la moins profonde possible, avec le moins possible de cadres administratifs militaires ;
Les tribunaux militaires sont incompétents pour juger les partisans capturés, compétence qui relève du ressort de la SS ; celle-ci dispose en outre de la liberté d'action dans les zones de combat ;
Les territoires occupés à l'Est seront placés sous l'autorité du Reichsführer SS, qui dispose d'une totale autonomie d'action ;
Non seulement les Juifs, mais aussi les commissaires et les fonctionnaires du parti, doivent être exterminés.
Le 30 mars 1941, à l'OKW, Hitler présente aux généraux qui seront responsables du front certaines consignes qui seront données aux troupes : il propose aux officiers présents de mener une guerre d'extermination contre l'URSS, dont les cadres sont considérés comme des criminels asociaux, et contre le bolchevisme désintégrateur, dont le Juif est la figure de proue. Dans les deux mois précédant l'invasion, d'autres directives autorisent les exécutions de représailles de grande ampleur, accordent de fait l'impunité aux soldats auteurs d'exactions contre les civils, justifient les exécutions des commissaires.
Enfin, les directives distribuées au niveau des divisions comportent non seulement la seule mention explicité du sort réservé aux Juifs, mais fournit aussi surtout un cadre légal au comportement d'une troupe d'occupation impitoyable.
La guerre à l'Est est donc bien présentée comme une guerre idéologique totale contre le Judéo-bolchevisme, contre une sous-humanité Untermenschtum ; dans ce contexte, ces ordres impitoyables tendent tous à extirper le bolchevisme Juif. Mais ces ordres demeurent flous, sujets à interprétations par les soldats et les officiers qui sont appelés à les exécuter.

Préparatifs économiques de l'invasion

Dans ses propos au début de l'année 1941, Hitler développe également un argumentaire économique de justification de l'invasion, mettant en exergue les immenses richesses de la Russie d'Europe, que le Reich pourrait utiliser dans des conflits à l'échelle continentale. L'exploitation de ces richesses est confiée à une administration dépendante du Plan de Quatre Ans, dirigée par Göring, qui doit, dès les premiers jours de l'occupation, assurer l'approvisionnement de l'armée en nourriture, donner au Reich des moyens alimentaires supplémentaires et remettre en marche l'appareil productif des régions occupées. Organisé en groupes spécialisés, l'état-major économique Est se voit représenté au sein de chaque groupe d'armées par un service spécifique. Les arguments développés par Hitler ne laissent pas insensibles les responsables militaires : anticipant une victoire rapide, Halder inclut Bakou et les champs pétrolifères de la mer Caspienne.
Des conférences sont organisées dans le courant de mai 1941 entre les chefs des services économiques de l'OKW et les représentants des ministères économiques. Dans le même temps, le secrétaire d'État à l'agriculture Herbert Backe propose une politique de réduction par la famine, conséquence de la priorité accordée aux prélèvements allemands, et par l'exil en Sibérie des populations urbaines du Nord de la Russie d'Europe régions de Moscou, et la mise en place de deux zones de production de denrées alimentaires.
De plus, la guerre à l'Est doit autant que possible ménager le contribuable allemand, selon une note des services de Göring et se faire à coût réduit pour le Reich: les bénéfices tirés de l'exploitation des territoires à conquérir doivent être utilisés pour rembourser les dettes de guerre, générées par leur conquête.
Enfin, à cette préparation économique est adjoint un volet bancaire, dans lequel la Reichsbank joue un rôle essentiel. En effet, au début du mois de juin 1941, sont organisées des caisses de crédit motorisées de la Reichsbank, créditée dans un premier temps de la somme totale de 1,5 milliard de marks de campagne, émis pour l'occasion par la Reichsbank à la demande de la Wehrmacht à partir du 12 juin 1941. Ces marks de campagne doivent constituer dans les zones envahies la seule monnaie ayant cours légal au fur et à mesure de l'avance des troupes allemandes, les autres pièces étant confisquées par les agents de ces caisses de campagne motorisées.
Dans le même temps, les responsables de la Reichsbank qui mettent au point les modalités de la circulation monétaire dans les territoires occupés, planifient la reprise par les entreprises allemandes des unités de production soviétiques : une politique de prêts, destinée à accélérer la remise en marche de ces industries, est ainsi définie : les prêts sont octroyés directement et en l'absence de toute garantie, contrairement aux usages.
L'ensemble des préparatifs économiques du Reich et de ses alliés, en vue de l'invasion de l'URSS, n'échappe ni aux diplomates, ni aux agents de renseignements soviétiques : en effet, au cours du printemps 1941, les responsables soviétiques sont parfaitement informés de l'ensemble des paramètres industriels de l'invasion. Ainsi, le NKGB renseigne-t-il sur la nature des productions de guerre : bombardiers tactiques et projets de bombardiers stratégiques, chars d'assaut.

La réalité de la préparation soviétique

L'inéluctabilité d'une guerre avec une Allemagne nazie qui considère l'URSS comme son espace vital en allemand Lebensraum ne fait guère de doutes en URSS. Peu avant la signature du pacte, l'URSS rappelle ainsi à l'Allemagne qu'elle n'a pas oublié ce que Hitler a écrit dans son livre Mein Kampf. En outre, après la défaite de la France, c'est un secret de polichinelle que l'Allemagne a déployé son armée vers l'Est, le gouvernement soviétique estimant que 94 divisions d'infanterie nazies sont désormais positionnées sur la frontière orientale de l'Allemagne. Staline lui-même déclare que l'effet du pacte germano-soviétique est que nous soviétiques seront épargnés par la guerre un peu plus longtemps, tandis que Hitler souligne que l'URSS est en attente d'une situation difficile pour l'Allemagne et que Staline se révèle plus effronté pendant les mois d'hiver, où il se sent à l'abri d'une attaque nazie. L'effet des purges sur le commandement de l'Armée rouge avait fortement affaibli l'armée, même si ces purges ont aussi contribué à renouveler l'armée par une génération plus éduquée. Le pacte germano-soviétique était en partie justifié par les Soviétiques par la volonté de bénéficier de temps pour s'armer. En juin 1941, les violations de l'espace aérien soviétique par des avions de reconnaissance allemands ne provoquent aucune réaction et malgré les signes croissants d'une attaque allemande, Staline refuse les mesures les plus élémentaires de préparation au combat, comme la création de fortifications de campagne, la dispersion des matériels et la mise en alerte de l'Armée rouge. Staline interprétait les mouvements allemands comme des provocations, auxquelles il ne fallait pas répliquer en engageant des préparatifs de combats. C'est donc dans un relatif état d'impréparation que l'attaque allemande du 22 juin surprend l'URSS

L'encadrement soviétique à la veille du déclenchement des opérations

Vassili Grossman, témoin direct du front, raconte dans ses Carnets de guerre : "Au moment où la guerre a commencé, beaucoup de commandants en chef et de généraux étaient en villégiature à Sotchi. Beaucoup d’unités blindées étaient occupées à changer les moteurs, beaucoup d’unités d’artillerie n’avaient pas de munitions, pas plus que, dans l’aviation, on n’avait de carburant pour les avions…. Lorsque, depuis la frontière, on commença à avertir par téléphone les états-majors supérieurs que la guerre avait commencé, certains s’entendirent répondre : Ne cédez pas à la provocation. Ce fut une surprise, au sens le plus strict, le plus terrible du terme".
Les unités sont cruellement handicapées par le manque d’officiers correctement formés. L’armée a perdu la plupart de ses représentants les plus compétents. Après la Grande Terreur communiste de 1936-1938 près de 750 000 Russes fusillés, et sans doute 200 000 morts dans les camps du Goulag une grande partie de l’encadrement de l’Armée rouge a disparu. Ont été fusillés : 11 000 officiers sur 70 000 et plus de 20 000 sont internés dans les camps, 154 généraux de division sur 186 82 %, 50 généraux de corps d’armées sur 57 88 %, 13 commandants d'armée sur 15 87 %, la quasi-totalité des maréchaux 90 % et des amiraux 89 %. Khrouchtchev devait souligner que cette épuration massive des cadres de l'armée avait été l'une des causes principales de l'état d'impréparation des forces soviétiques en juin 1941: "Tant d'hommes avaient été exécutés que le haut commandement avait été dévasté, ainsi que tous les échelons du corps des officiers". À noter que cette épuration continuait alors même que l'invasion allemande se développait, ce qui faisait dire à Stepan Anastasovich Mikoyan: "Une grande guerre s'était engagée, notre armée souffrait de lourdes pertes et essuyait des défaites, et, dans le même temps, des chefs militaires expérimentés, au lieu d'être appelés à sauver la situation, étaient mis à mort en toute hâte…".
Durant les purges ont non seulement été exécutés les militaires, mais aussi les conceptions militaires permises dans le contexte révolutionnaire des années 1920-1936 : rompant partiellement avec les conceptions héritées de Clausewitz, des théoriciens militaires, regroupés autour de Toukhatchevsky, théorisent un troisième niveau de décision militaire, à mi-chemin entre le tactique et le stratégique : le niveau opérationnel, qui permet d'associer le but à atteindre et les moyens, ceux dont disposent le commandement et ceux à mettre en œuvre pour la réalisation des buts définis. Ainsi, la doctrine militaire soviétique allie la mise en place de troupes de couverture et l'ordonnancement d'unités sur de grandes profondeurs, pour permettre une contre-attaque rapide.
Les conséquences sur la qualité du corps des officiers sont tragiques. Au moment où l’armée française s’effondre sous les coups de l’armée allemande, à peine 7,1 % des officiers soviétiques possèdent une formation militaire développée ; près de 25 % sont dans des cours de formation accélérée et 12 % n’ont aucune formation militaire. Plus d’un tiers des officiers soviétiques est donc incapable de remplir un commandement à la veille de l’attaque allemande. Le commandement est tétanisé. En outre, beaucoup des officiers en place en 1941 ont d'abord été choisis pour leur fidélité au régime et non pour leur compétence. S'ajoutant aux consignes de modération données à l'égard des préparatifs allemands, leur incompétence favorisa la désorganisation et le déploiement hasardeux des unités chargées de la défense de la frontière. Les troupes étaient, en effet, pour la plupart placées trop près de la frontière et s'appuyaient sur une ligne de fortification encore en cours de réalisation, la Ligne Molotov. Enfin, les officiers soviétiques de 1941 sont placés sous l'autorité des commissaires politiques de l'Armée rouge. Le contrôle de ces derniers sur les ordres d’opérations ne sera levé qu’à la mi-1943 et après Stalingrad, l’Armée rouge remet en vigueur les grades et les épaulettes de l’Armée Impériale de la monarchie.
De plus, les Grandes purges ont abouti à priver l'Armée Rouge de cette doctrine et de ses cadres.

Des changements au sommet de la hiérarchie militaire soviétique

En juin 1940, le remplacement de Vorochilov par Timochenko met un terme à cette hémorragie : 4000 officiers sont libérés et rappelés par l'Armée, un certain nombre d'officiers ayant fait leurs preuves sont promus ils forment l'épine dorsale du commandement soviétique durant le conflit, le commandement de la flotte est reconstitué, mais, par manque d'expérience, il n'est pas en mesure d'obtenir les mêmes succès que les commandants des troupes terrestres. Parallèlement à ce renforcement du commandement, de nouveaux règlements sont édictés, réintroduisant la discipline, les grades et supprimant les compétences militaires du commissaire politique.
Timochenko se propose de revoir également la totalité du dispositif défensif et offensif soviétique : en septembre 1940, il présente ses projets de défense à Staline et insiste sur la possibilité d'une guerre contre une coalition dirigée par le Reich et comprenant l'Italie, les États balkaniques, la Hongrie, la Roumanie et la Finlande : différents projets sont élaborés, axés sur une concentration des opérations soit au centre du front (Pologne, Biélorussie), soit au sud, pour s'emparer de la péninsule balkanique.
Dans les heures précédant l'invasion, le commandement soviétique connait une dernière mue, dans la lignée des changements de 1940 : Joukov, chef de l'armée d'Orient qui vient de vaincre l'armée japonaise en Mandchourie du Nord, promoteur de la mobilisation préventive contre le Reich, alors de plus en plus agressif, est nommé le 21 juin, commandant des fronts Sud et Sud-Est, où l'on imagine alors le principal axe de l'attaque allemande et son ancien chef d'état-major, promoteur comme lui d'une préparation accélérée du conflit, est nommé au commandement du front Nord, stationné dans les Pays baltes. Aussitôt nommés, ces généraux donnent des consignes en vue d'une mobilisation accélérée des troupes de couvertures, et ordonnent la mise en place de mesures spécifiques sur les villes et les installations militaires, à mettre en place pour le petit matin du 22 juin.

Les services du renseignement soviétiques face aux préparatifs allemands

La surprise ne fut pas totale pour le pouvoir soviétique puisqu'il a été établi que l'espion Richard Sorge et les analystes suédois menés par Arne Beurling avertirent Staline de la date exacte de l'invasion allemande. Plus de 80 avertissements furent transmis, d'une manière ou d'une autre, à Staline, qui pensait que l'attaque lui était politiquement interdite. Il semble que Staline se soit entêté dans l'idée qu'Hitler n'ouvrirait pas un second front sans en avoir fini avec l'Angleterre, conformément au conseil formulé autrefois par le chancelier allemand Bismarck intimant à l'Allemagne de ne pas avoir deux fronts simultanément à l'est et à l'ouest. Il refusa catégoriquement toute mesure risquant d'être perçue comme une provocation par le régime de Berlin.
De plus, les préparatifs allemands n'échappent cependant ni aux agents de renseignement soviétiques, ni aux militaires, qui, de leur côté, donnent l'ordre aux unités stationnées à la frontière occidentale de se tenir prêtes à toute initiative allemande, malgré les réserves de Staline ; dans la deuxième quinzaine de juin, Joukov ordonne de camoufler pour le 1er juillet les installations militaires, les concentrations de troupes et de blindés soviétiques : dans ses consignes du 19 juin, Joukov accorde une place importante aux terrains d'aviation, ordonnant des mesures à mettre en place au 1er juillet : camouflage des pistes d'atterrissage et des installations, enterrement des citernes de carburant, création de terrains factices. De même, les commandants d'unités reçoivent l'ordre de se tenir prêts au combat, dans les deux ou trois heures, selon qu'ils exercent leur commandement dans des unités d'infanterie, d'artillerie ou de blindés, y compris dans le détail : plein d'essence pour les véhicules, obus à déballer des boîtes de stockage, bandes de mitrailleuses à tenir prêtes, rations de nourriture conditionnées et cuisines roulantes opérationnelles…
Dans le même temps, les services soviétiques sont informés de certains aspects de la préparation politique de l'invasion : les tentatives de la propagande allemande de désigner courant juin un autre adversaire que l'Union soviétique laissent de marbre les responsables du renseignement soviétiques, mais dupent Staline. Cependant, ces rumeurs alimentées par la presse allemande laissent sceptiques les relais soviétiques dans le Reich ; ces sources soviétiques sont conscientes du rôle dévolu à Alfred Rosenberg, qui déclare vouloir rayer de la carte le nom de Russie, comme elles sont informées de l'identité des futurs responsables nazis des territoires occupés85. De même, les services de renseignement s'interrogent sur l'évacuation des personnels, de leur famille et de certaines archives d'autres sont brûlées dans la cour de l'ambassade de l'ambassade du Reich à Moscou à partir du 10 juin, tandis que l'Intourist doit faire face à une demande exceptionnelle de billets d'avions à destination du Reich pour le mois de juin ces demandes de billets étant liées à des demandes de visas, les services du NKVD en sont automatiquement informés.
Dans le même temps, la forte activité des indépendantistes ukrainiens n'échappe pas non plus aux services soviétiques. Le directeur du KGB de la République Socialiste Soviétique d'Ukraine signale l'existence d'une bande armée d'un millier d'hommes regroupés autour de Stephan Bendera : ce millier d'hommes réfugiés dans les forêts à proximité de la frontière avec le Reich et la Roumanie attaquent les Kolkhozes ; en outre des nationalistes ukrainiens sont interceptés par des patrouilles soviétiques ; de plus, de nombreux cas de sabotages de la production agricole sont rapportés. En Moldavie, des activistes entretiennent l'agitation les jours de marché, en affirmant par exemple, que l'Armée Rouge, dans sa retraite, emportera avec elle tout le bétail des paysans ; ces derniers apeurés quittent le marché et s'empressent de mettre leurs troupeaux hors d'atteinte.

Les services de renseignement soviétiques sont également informés par leurs homologues britanniques. Parfaitement informé des concentrations de troupes allemandes, les Britanniques, sur les ordres de Eden, informent les responsables du renseignement soviétique de cet état de fait le 9 juin ; le 13 juin, Eden convoque l'ambassadeur soviétique à Londres pour le tenir informé des derniers renseignements dont il a eu connaissance, mais ce dernier reprend la position officielle soviétique, à savoir que la Grande-Bretagne souhaite faire basculer l'Union soviétique dans le conflit. Cependant, à la réception de ces informations, l'ambassadeur soviétique à Londres demande, puis obtient le 15 juin 1941, après accord de Churchill, que les messages allemands interceptés et décodés par les Britanniques soient communiqués au gouvernement soviétique. Le lundi 16 juin 1941, alors que, sceptique, Maisky, l'ambassadeur soviétique est convoqué, à sa grande surprise, au Foreign Office, il est abasourdi par le détail des renseignements militaires fournis par les britanniques, et câble en urgence un rapport précis de l'entretien, dressant un tableau relativement précis des mesures de concentration allemandes. L'avant veille du déclenchement de l'opération, le 20 juin, alors qu'il se repose dans la campagne anglaise, Maisky est à nouveau convoqué au Foreign Office, pour recevoir les derniers renseignements britanniques sur les concentrations allemandes : sur la foi de décryptages de messages allemands, l'attaque aurait lieu le 21 ou le 22 juin. Dans la semaine précédant l'attaque, la diplomatie soviétique s'accroche à l'idée d'un ultimatum allemand précédant l'attaque que le gouvernement de Moscou trouve néanmoins inéluctable. Le 21 juin, alors que l'ambassadeur allemand oppose une fin de non-recevoir à toutes les demandes soviétiques, alors que Ribbentrop souhaite savoir où se trouve l'ambassadeur soviétique à Berlin94, deux transfuges allemands porteurs d'informations importantes relatives à l'attaque du lendemain sont interceptés en territoire soviétique, l'un dans la journée du 21, l'autre quatre heures seulement avant le déclenchement des hostilités ; à la réception de ces informations, malgré les dernières réserves de Staline, des ordres de mobilisation sont préparés et les troupes de couverture maintenues en état d'alerte.

Les mesures de concentration soviétiques

Au cours des mois d'avril et mai, Joukov et Timochenko préparent des plans de mobilisation en vue de mener une guerre défensive sur les frontières soviétiques, et les mettent à jour à la mi-juin, dans des consignes diffusées aux commandants des forces de couverture, disséminées le long des frontières occidentales de l'Union soviétique, mais toutes les mesures préconisées sont écartées pour éviter qu'elles n'induisent de la part du Reich un sentiment de provocation soviétique. En outre, courant juin, des unités reçoivent des ordres de transfert à proximité de la frontière allemande et en Ukraine, ces transferts devant se faire de manière discrète et devant aboutir par la mise en état de combat des zones dans lesquelles les unités ont été transférées au 1er juillet. De plus, à partir du 10 juin, Joukov et Timochenko se font plus insistants auprès de Staline, à qui ils demandent de mettre les troupes stationnées en Europe en état d'alerte maximum : le 18 juin, par exemple, ces deux officiers participent à une réunion avec Staline, à qui ils présentent des cartes établies par leurs services, des concentrations de troupes du Reich et de ses alliés le long de la frontière soviétique, ce que l'homme fort de l'Union soviétique refuse dans un déchainement de violence et de menaces contre ses généraux.
En outre, le jour de l'invasion, beaucoup d'unités sont paralysées par des carences en matériels de guerre. Les armes individuelles ont été distribuées en quantités insuffisantes. Déjà, en mars 1941, 30 % seulement des unités blindées disposaient des pièces de rechange nécessaires à leur fonctionnement. Un mois avant l'attaque allemande, les généraux signalaient que "l'exécution du plan pour la fourniture des équipements militaires dont l'Armée rouge a un besoin si aigu est extrêmement peu satisfaisante".
Lire la suite -> http://www.loree-des-reves.com/module ... ost_id=5999#forumpost5999

Posté le : 22/06/2014 17:04
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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