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Etienne Dolet
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Le 3 août 1546, naît à Orléans, Étienne Dolet


mort, à 37 ans, le 3 août 1509, écrivain, poète, traducteur, philologue, imprimeur, humaniste et philologue français, formé à l'université de Toulouse.

En bref

Après avoir fait à Paris des humanités classiques très soignées, Étienne Dolet entreprend le traditionnel tour des universités européennes, notamment à Padoue, qui est l'un des centres les plus réputés de l'humanisme italien avec une forte coloration épicurienne. Après un passage à Toulouse droit, où son éloquence fait des ravages dans les milieux estudiantins, il se fixe à Lyon auprès de l'un des plus grands imprimeurs du siècle, Gryphius Sébastien Gryphe. Dès lors, il mène conjointement un travail de philologue érudit et d'imprimeur, correcteur et lecteur d'épreuves. Il rédige les Commentaires de la langue latine, énorme compilation d'étymologies, de racines et d'élucubrations parfois saugrenues, constituant l'un des premiers lexiques étymologiques pour le latin. Bourré de notes et de digressions, c'est un livre de travail, à lire à loisir, et qui ne manque pas d'intérêt.
Cependant, la vie agitée de Dolet semble mal s'accorder avec le métier austère et calme qu'il s'est choisi : à Lyon, il commet notamment, de manière semble-t-il accidentelle, arrêté pour le meurtre d'un peintre qui l'avait attaqué dans la rue, meurtre qui inaugure la longue série de ses déboires avec l'autorité, il aurait tué un homme ; il s'enfuit à Paris, obtient sa grâce de François Ier lui-même, retourne à Lyon, où il n'en est pas moins jeté en prison, pour ne retrouver sa liberté qu'après nombre de requêtes auprès du cardinal de Tournon. Il s'installe alors imprimeur à son compte et publie, outre Galien, Rabelais et Marot ; ce qui ne manque pas d'attirer sur lui l'attention de la censure ecclésiastique : après la publication du Manuel du chevalier chrétien d'Érasme, livre convaincu d'hérésie, il est incarcéré à la demande de l'Inquisition. Il passe quatre années, de 1542 à 1546, à s'évader pour être repris ; enfin, il est conduit à la Conciergerie, où il écrit en vers le Cantique d'Estienne Dolet, l'an 1546, sur sa désolation et sa consolation ; le 3 août 1546, ce curieux homme est brûlé vif avec ses livres place Maubert à Paris. On raconte qu'en allant au bûcher Dolet aurait fait le jeu de mots suivant : Non dolet ipse Dolet, sed pro ratione dolet Dolet ne s'afflige pas sur lui-même, mais s'afflige pour la raison.
À côté des Carmina, recueil de vers latins contenant notamment de virulentes épigrammes sur les moines et les superstitions, l'un des textes les plus clairs et les plus courts que Dolet ait écrits s'intitule La Manière de bien traduire d'une langue en autre 1540, et constitue, avant la Défense et illustration de Du Bellay, un vibrant appel à tous les écrivains pour qu'ils utilisent leur langue maternelle plutôt que le latin, afin que les étrangers ne nous appellent plus barbares.

Sa vie

Une tradition douteuse fait de lui le fils illégitime de François Ier, mais il est certain qu'il est issu d'une famille de haut rang. Il vit à Orléans jusqu'à l'âge de douze ans, puis part en 1521 pour Paris où il étudie pendant cinq ans auprès de Nicolas Bérauld, professeur de Coligny.
En 1526, il se rend à Padoue. La mort de son maître et ami Simon de Villanova l’amène à accepter en 1530 le poste de secrétaire de Jean de Langeac, évêque de Limoges et ambassadeur de France à la République de Venise. Il s’est cependant arrangé pour assister aux conférences du maître vénitien Battista Egnazio et a trouvé le temps d'écrire des poèmes d’amour en latin à une Vénitienne du nom d’Elena.
À son retour en France, il étudie le droit et la jurisprudence à l’université de Toulouse, mais il est impliqué, par son humeur turbulente, dans de violentes disputes entre groupes d'étudiants. Il est emprisonné et, malgré la protection de Jean de Pins, finalement banni par un décret du parlement en 1534.
En 1535, il participe aux listes contre Érasme dans l'affaire de la controverse sur Cicéron et, grâce à l’imprimeur Sébastien Gryphe, publie le Dialogus de imitatione Ciceroniana, suivi des deux volumes du Commentariorum linguae Latinae. Cet ouvrage est dédié à François Ier, qui lui accorde pour dix ans le privilège d’imprimer tout ouvrage en latin, grec, italien ou français, de sa plume ou sous sa supervision. Il obtient aussi une grâce lors de l'homicide accidentel le 31 décembre 1536 d'un peintre nommé Compaing qui, dit-il, voulait l’assassiner. Il alla s'établir imprimeur à Lyon.
Il peut ainsi se mettre au travail et il édite Galien, Rabelais, Marot. Il n’ignore pas les dangers auxquels il s'expose. Cela se voit non seulement par le ton de ses textes, mais également par le fait qu’il a essayé d’abord de se concilier ses adversaires en éditant un Christianus de Caton, dans lequel il faisait sa profession de foi. Cette catholicité de façade, malgré son ultra-cicéronisme, transparaît dans les ouvrages sortis de ses presses, antiques et modernes, religieux ou laïcs, depuis le Nouveau Testament en latin jusqu'aux textes de Rabelais.
Mais avant que son autorisation d’imprimer n’expire, il s'attire à Lyon de nouvelles difficultés par son caractère satirique et par la publication d'ouvrages entachés d'hérésie. Son travail est interrompu par ses ennemis qui le font emprisonner en 1542 sous l’accusation d’athéisme.

Après un premier séjour en prison de quinze mois, il est relâché grâce à l’intervention de l'évêque de Tulle Pierre Duchatel. Emprisonné une seconde fois en 1544, il s’échappe par ses propres moyens et se réfugie dans le Piémont.
Mais il revient imprudemment en France en pensant qu’il pourrait imprimer à Lyon des lettres pour en appeler à la justice du roi de France, de la reine de Navarre et du Parlement de Paris. Il est à nouveau arrêté et jugé athée évadé par la faculté de théologie de la Sorbonne.
François Ier, qui l'avait d'abord protégé, l'ayant abandonné, il est amené de Lyon à Paris pour y subir le supplice. Puis il implore le pardon de Dieu, ce qui lui vaut de ne pas avoir la langue coupée avant la mise à feu du bûcher. Le 3 août 1546, il est étranglé puis brûlé avec ses livres sur la place Maubert. Cette place est réservée aux bûchers des imprimeurs : quatre y sont étranglés puis brûlés en 1546. Il aurait composé ce pentamètre sur le chemin du bûcher : Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet, "Ce n’est pas Dolet lui-même qui s’afflige, mais la multitude vertueuse ".
Son crime était, selon les uns, d'avoir professé le matérialisme et l'athéisme, selon les autres, de s'être montré favorable aux opinions de Martin Luther.

Dolet et la religion

On ne sait si Dolet doit être classé parmi les représentants du protestantisme ou parmi les défenseurs d’un rationalisme antichrétien. Cependant, on sait qu’il n'était pas reconnu par les protestants de son temps et que Calvin l’avait formellement condamné, tout comme Théodore Agrippa d'Aubigné et son maître Simon de Villanova, pour blasphèmes à l’encontre du Fils de Dieu. Mais, à en juger par le caractère religieux de nombre de livres qu’il a publiés, une telle condamnation est certainement déplacée. Sa défense perpétuelle de la lecture des Écritures en langue vulgaire est particulièrement notable.

Étienne Dolet, symbole de la libre pensée

Statue d'Étienne Dolet, sur la place Maubert photographie prise en 1899 par Eugène Atget.
Une statue en bronze d’Étienne Dolet fut érigée sur la place Maubert à Paris, et inaugurée le dimanche 19 mai 1889 à 14 heures1. Elle représentait l'humaniste debout, les mains liées avec une presse d'imprimerie à ses pieds. Cette statue, lieu de ralliement des dreyfusards, anti-cléricaux et libre penseurs fut enlevée et fondue en 1942 pendant l'occupation et jamais remplacée malgré quelques tentatives. La veille de son inauguration, la Société de la Libre-Pensée du 5e arrondissement groupe Étienne Dolet avait organisé à la mairie du 5e arrondissement de Paris une conférence intitulée Étienne Dolet, sa vie, son œuvre son martyre, par le citoyen Bourneville, député de la Seine.
Un buste à son effigie fut inauguré dans le jardin Hardouineau à Orléans, en 1933, enlevé et fondu en 1942, et reconstitué en pierre par le sculpteur Van Den Noorgaete en 1955. Il se trouve dans les jardins de la Mairie d'Orléans. Il a été inauguré en présence de nombreuses associations laïques.

Œuvres

De re navali, Lyon, 1537
Ses principaux ouvrages sont :

Stephani Doleti orationes duæ in Tholosam. Eiusdem epistolarum libri II. Eiusdem carminum libri II. Ad eundem Epistolarum amicorum liber 1534
Stephani Doleti Dialogus de Imitatione Ciceroniana adversus Desid. Erasmus Roterdamum pro Christophoro Longolio 1535, où il combat Erasme.
Commentarius Linguæ latinæ, livre I 1536 ; livre II 1538, Lyon, 2 volumes in-folio.
De Re navali liber ad Lazarum Bayfium 1537
St. Doleti Gallii Aurelii Carminum libri quatuor 1538
Formulae latinarum locutionum, 1539
Manière de bien traduire d’une langue en l’autre 1540
Le Second Enfer 1544
Cantique d’Estienne Dolet, l’an 1546, sur sa désolation et sa consolation.
Dolet a aussi laissé des poésies latines et françaises, des traductions françaises de quelques écrits de Platon et de Cicéron, des pamphlets de circonstance, dont deux sur son emprisonnement, intitulés le Premier et le Second Enfer 1544, et un autre où il demande qu'il soit loisible de lire la Bible en langue vulgaire, et qui fut brûlé.

Hommages

Jeton Maçonnique de la Respectable Loge Etienne Dolet, Orient d'Orléans, Grand Orient de France - 110 ans de la Loge 1902-2012.
Médaillon représentant Étienne Dolet situé à l'entrée de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Périgord, à Toulouse.
À Paris et en Île-de-France
Sur la place Maubert à Paris, une statue d'Étienne Dolet avait été érigée à l'endroit même de son bûcher. Elle a été immortalisée par André Breton dans son roman Nadja. Cette statue a été détruite pendant l'Occupation. À la fin de la guerre, il ne restait que le socle, aujourd'hui disparu.
La rue Étienne-Dolet se situe dans le 20e arrondissement, près de la station de métro Ménilmontant.
La station de métro Malakoff - Rue Étienne Dolet sur la ligne 13 du métro.
Outre Malakoff, d’autres communes de petite couronne parisienne ont une rue à son nom : Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux, Alfortville, Cachan, Montreuil et Rosny-sous-Bois notamment.
À Orléans
Étienne Dolet est le nom d'une des loges du Grand Orient de France.
À Orléans un buste d'Étienne Dolet se trouve dans les jardins de la mairie.

Liens

http://youtu.be/96mhcqDZ47U Martyr de la liberté



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Posté le : 01/08/2014 22:32
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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