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Colette
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Le 3 août 1954 à Paris, meurt, à 81 ans, Colette, nom de plume de

Sidonie-Gabrielle Colette


née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, romancière française. Ses Œuvres principales sont Claudine à l'école en 1900, Chéri en 1920, La Maison de Claudine en 1922, Le Blé en herbe en 1923 Sido en 1929, Gigi en 1944
Après Judith Gautier en 1910, Colette est la deuxième femme élue membre de l’Académie Goncourt en 1945. Elle en est également la première femme présidente, entre 1949 et 1954.

En bref

" Une femme pour tout de bon, qui a osé être naturelle " : ainsi s'exprimait Francis Jammes à propos de Colette. Alliant indépendance d'esprit et sûreté de style, son œuvre traduisit son sens de l'émerveillement devant la vie et la nature, ainsi que sa compréhension des êtres.
Interroger Colette : d'autres s'y sont essayés avec un bonheur inégal. Quand il s'agit d'entreprise de cet ordre, on songe aux pages où l'écrivain elle-même raconte l'interview qu'elle accorda à un jeune reporter : celui-ci ne tira pas grand-chose de la rencontre, tandis que Colette se passionna et s'enrichit. Telle elle fut : aux aguets de tout ce qui vit, nature, bêtes et hommes ; prête à se faire à chaque découverte la même remarque que cette héroïne de Beckett : Ça, que je trouve si merveilleux ! Faculté d'accueil, d'émerveillement, de jeunesse, c'est Colette ou Claudine tout entière en ces mots définie. Pas tout à fait, cependant, car elle ne se confond pas totalement avec Claudine, la plus espiègle des enfants sorties de son imagination. Elle est diverse et souvent insaisissable : elle adore le masque. Au fait, ne fut-elle pas comédienne ? Si bien qu'en son œuvre elle est toujours elle-même et une autre. Ne fut-elle pas mime et danseuse ? Si bien que certaines figures reviennent de préférence à d'autres, révélant le plus profond de l'être et dessinant un itinéraire psychologique. La voici donc cette Colette si contradictoire : sage et révoltée, heureuse et souffrante, libre et liée, mais toujours humaine et poursuivant, à travers les hasards de la vie, l'expérience d'une longue sagesse. Il n'y a pas loin de la maison de Claudine au fanal bleu du Palais-Royal : le chemin qui va de l'une à l'autre est celui d'un apprentissage de l'humanisme, ou de l'apprentissage de la vie – c'est-à-dire, peut-être, de la mort.
Colette fut-elle égotiste ? entièrement tournée vers d'intimes sensations ? sourde aux évolutions de son temps ? Non. Tendue vers toute nouveauté, en bon journaliste qu'elle était, elle flaire des changements : au théâtre, ses chroniques de La Jumelle noire le prouvent ; dans le roman. Particulièrement avec La Naissance du jour, elle remet en question les règles du jeu : fiction, personnages, linéarité du récit. Elle renouvelle la notion d'espace en récusant la description au profit d'une géométrie interne de l'œuvre, jalon vers le roman dit nouveau.
Dans sa ruche aux souvenirs, au plus profond d'elle-même, l'écrivain Sidonie Gabrielle Colette retrouve toujours le pays où elle est née le 28 janvier 1873 et où elle a vécu ses vingt premières années, jusqu'à son mariage. Ce pays, c'est la Puisaye, dans l'Yonne, aux confins de la Bourgogne. Elle l'évoque dans son premier livre, Claudine à l'école 1900, et inclut dans l'un de ses derniers En pays connu,1950 un chapitre intitulé Ma Bourgogne pauvre. Le pays se réduit essentiellement à la maison natale de Saint-Sauveur, celle dont il est question dans La Maison de Claudine 1922 et Sido 1929. Ces romans nous éclairent sur le sens que Colette donne à la province dans son œuvre. Il importe peu qu'il s'agisse de la Bourgogne, ou du Morvan, ou de la Provence, des Monts-Boucons ou de la Treille-Muscate. Pour l'écrivain, la maison provinciale est l'arpent de pureté préservée, l'enfance retrouvée ; elle est le lieu privilégié où, comme Antée, elle reprend force. Comme elle le dit elle-même, elle y apprend à vivre.
La maison – au moins la seule qui compte : celle de Saint-Sauveur – ne vaut pas seulement parce qu'elle est le lieu privilégié où s'équilibrent les vents issus de tous les points cardinaux. Le fantôme d'êtres plus ou moins chers hante ce palais du souvenir. Colette n'aime guère sa demi-sœur ; en revanche, elle fait preuve de la plus vive affection pour ses frères : pour l'aîné sans rivaux, comme pour le cadet, le sylphe ; à leur suite, elle découvre les charmes du mystère et de l'inconnu.
Bien que plusieurs pages lui aient été consacrées, le père ne tient une place considérable ni dans l'œuvre ni dans la vie de Colette : elle fait la juste mesure de ce qu'elle lui doit et, plus encore, de ce qu'il ne pouvait lui donner, ne le possédant pas lui-même : le goût de la nature et l'amour des bêtes.
Au sommet du panthéon familial trône Sidonie Landoy, la mère, familièrement baptisée Sido. Colette tient d'elle une sorte d'innocence naturelle, un don d'émerveillement et une rare puissance de compréhension. Le visage de cette femme qui, à soixante-seize ans, refusait d'entreprendre le voyage de Paris pour aller voir sa fille, parce que son cactus rose allait fleurir et que cela n'arrivait que tous les quatre ans, domine les chefs-d'œuvre de Colette : La Maison de Claudine, Sido, La Naissance du jour 1928. Colette n'est ni romanesque ni révoltée, mais, très tôt, elle manifeste le goût de la réflexion personnelle, le sens de l'indépendance et de la découverte : les clôtures lui parlent de liberté, les bois lui révèlent la profondeur. Singulière jeune fille, à la fois timide et un peu garçonne, séduisante et bien venue à peindre, plus tard, toute une galerie d'adolescentes, ou, pour s'en tenir aux termes figés des emplois dramatiques, d'ingénues. Qu'elles sont femmes déjà ces jeunes filles encore fleurs ! Elles ont, telle Claudine, les perversités de leur époque Claudine à l'école, Claudine à Paris, Claudine s'en va, Claudine en ménage, 1900-1903. À la vérité, ces enfants qui n'ont l'air de rien triomphent du monde et de l'homme, le grand ennemi, L'Ingénue libertine, 1909 ; Gigi, 1943 ; et quelle délicatesse jusque dans les situations les plus hardies Le Blé en herbe, 1923. Belles, souples et féroces, les jeunes femmes sont toujours un peu de jeunes chattes : en quoi Colette est bien le plus grand de nos peintres animaliers. Et l'homme ?

Sa vie

Dernière des quatre enfants, deux filles et deux garçons de Sidonie Landoy dite Sido et du capitaine Jules-Joseph Colette saint-cyrien, zouave qui a perdu une jambe lors de la bataille de Melegnano et est fait percepteur à Saint-Sauveur en Puisaye, celle qui deviendra Colette a vécu une enfance heureuse à Saint-Sauveur-en-Puisaye, gros village de Bourgogne. Adorée par sa mère comme un joyau tout en or au sein d’une nature fraternelle, elle reçoit une éducation laïque.
Sido, féministe et athée convaincue qui ne craint pas de troubler le curé de Saint-Sauveur avec son chien ou de lire Corneille caché dans un missel, lui apprend l'art de l'observation notamment dans le jardin donnant sur la cour de la maison.
La jeune Colette lit très tôt les grands classiques et prend des leçons de français comme de style auprès de son père, grand lecteur de journaux.
Sido ayant des goûts de luxe que son mari ne sait lui refuser, la famille ruinée doit quitter Saint-Sauveur et s’installe en novembre 1891 à Châtillon-sur-Loing.

Mariage

Adolescente, Colette rencontre Henry Gauthier-Villars, séducteur compulsif surnommé Willy, avec qui elle se marie le 15 mai 1893 à Châtillon-sur-Loing.
Willy, critique musical très influent et auteur de romans populaires, est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de collaborateurs dans son atelier parisien de la maison d’édition Gauthier-Villars au 55 quai des Grands-Augustins, dans laquelle s'installe le couple au dernier étage.
Il introduit Colette dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale où la jeune femme fait sensation avec l'accent rocailleux de sa Bourgogne natale.
Vite saisi par les dons d’écriture de sa jeune épouse, Willy l'utilise elle aussi comme nègre littéraire, le premier manuscrit de Colette date de 1893 puis dès 1895 l’engage à écrire ses souvenirs d’école, qu’il signe sans vergogne de son seul nom. Cela donne Claudine à l'école, bientôt suivi d’une série de Claudine La Maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc., qui sont donc publiés sous le nom du seul Willy.
Willy est, entre autres, l'amant de la femme d'Émile Cohl, Marie-Louise Servat, avec laquelle il avait eu un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars ce fils de Willy est né avant que celui-ci ne commence à fréquenter Colette, en 1889, et donc bien avant son mariage avec elle, c'est d'ailleurs en mettant cet enfant en nourrice à Châtillon-Coligny qu'il a commencé à fréquenter Colette.
Colette, jalouse et consternée de devoir être enfermée dans un rôle d’épouse bafouée, se libère de plus en plus de cette tutelle. En 1905, elle publie le premier livre sous son nom de Colette Willy, Dialogues de bêtes.

Dans les orages de la vie

Willy est un personnage de la vie parisienne. Salué mais discuté, il est répandu dans le monde des lettres et des théâtres. Il a un nom et une réputation que pourrait partager celle qui, durant plus de dix ans, sera Colette Willy. La jeune provinciale s'initie : à l'amour, d'abord, et ce n'est pas sans écœurement, ni rancune contre l'homme. Elle en restera marquée, semble-t-il, pour la vie. Elle fait aussi l'apprentissage du style : c'est l'époque des Claudine qui scandalisent et passionnent une société partagée entre le respect du can't et le désir de jeter les bonnets par-dessus les moulins. Les premiers romans de Colette gardent l'empreinte d'un moment du goût : dans leur style, moins net et nerveux que celui des œuvres postérieures ; dans leur fond parfois pimenté à dessein, mais sans nécessité. Il n'est pas sûr que Colette se soit toujours pliée de bon gré à la rédaction de ce genre d'ouvrages ; elle s'en est expliquée dans un bien curieux volume de souvenirs, Mes apprentissages 1936. En fait, elle découvre surtout la possibilité de conquérir, par la littérature, le bien le plus précieux : la liberté. Le bel animal sait, maintenant, par où il échappera au dompteur.
Il ne saurait être question, cependant, de tirer de la littérature les moyens de subsister : Willy traite pour Colette. Or, pour le couple, la rupture est proche. Elle sera sanctionnée par le divorce 1910.
Pour la femme de trente-trois ans, déjà riche d'expérience, une nouvelle vie commence. Durant six ans, comme actrice de mime, elle parcourt la province, en compagnie de Georges Wague. Le parfum du scandale flotte encore autour de sa personne : elle débute au Moulin-Rouge dans un spectacle qui soulève la réprobation.
Ce qu'elle découvre, en ces années, ce n'est pas la vie triste et passionnante des tournées ; à force de s'asseoir à la table de maquillage, elle apprend à juger, comme celui d'une étrangère, le visage qui est devant elle de l'autre côté du miroir. Avec La Vagabonde, Colette poursuit une lucide analyse de soi. Elle pèse les raisons d'un échec, et les moyens d'y parer. Marquée encore par un grave mécompte sentimental, désemparée, elle se connaît et se juge, mais tente de se forger des armes contre son désarroi. En ce sens, Colette continue à élaborer une sagesse.
Encouragée par le comédien et mime Georges Wague 1874-1965, elle commence alors une carrière au music-hall 1906-1912, où elle présente des pantomimes orientales, la première mime féminine de mon temps écrit-elle dans des tenues très légères, la Préfecture de Police interdit notamment son spectacle de pantomime nu sous une peau de panthère, puis se produit au théâtre Marigny, au Moulin Rouge, au Bataclan ou en province ces spectacles transparaîtront dans La Vagabonde ou L’envers du music-hall.

Années de scandale

Ce sont des années de scandale et de libération morale : après son divorce de Willy en 1910, elle connaît plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny Missy, fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène, en 1911, chez qui elle vit le plus souvent et qui lui a offert la villa Roz Ven à Saint-Coulomb en Bretagne, ou Natalie Clifford Barney dite l'Amazone. Durant toute cette période, Colette chemine aussi dans sa vocation d'écrivaine. Elle publie des ouvrages évoquant ces années, comme La Vagabonde, L'Envers du music-hall ou En tournée.
Le commis voyageur Willy bardé de jeux de mots et d'à peu près à rendre jaloux le plus exubérant rat de table d'hôtes. Près de lui Colette, plus Polaire que jamais, avec sa mine d'enfant gâté et méchant, de cancre femelle, insupportable et contente d'elle.
Après son divorce, Colette a une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909. Puis elle fait la connaissance de Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu'elle épouse en 1912 et qui l'engage à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De lui, à Castel Novel de Varetz Corrèze, elle aura sa seule enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite Bel-Gazou, beau gazouillis en provençal.
À plus de quarante ans, alors que son mari la trompe, elle joue un rôle d'initiatrice à l'amour auprès du fils de son époux, Bertrand de Jouvenel qui n'a pas encore dix-sept ans. Relation qui durera cinq années et nourrira les thèmes et les situations dans Le Blé en herbe. Pour ce qui concerne Chéri, c'est un fantasme devenu réalité, puisque le livre est publié en 1920 alors que sa conception remonte à 1912, soit quelques années avant sa liaison avec Bertrand de Jouvenel.
Le divorce d'avec Henry de Jouvenel sera prononcé en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari par un roman, Julie de Carneilhan.
En juin 1919, Colette, directrice littéraire du journal Le Matin, contacte Léopold Marchand, figure marquante du théâtre entre les deux guerres, pour contribuer à une nouvelle rubrique dénommée Mille et un Matins. C'est au Matin que Colette embauche Hélène Picard, qui devient par la suite son amie, comme secrétaire. Colette invite Léopold Marchand dans sa demeure bretonne de Roz Ven à Saint-Coulomb près de Saint-Malo. En 1921, Léopold Marchand collabore avec Colette à l’adaptation théâtrale de Chéri. Il s'occupe de la mise en scène de Chéri et joue même un rôle. En 1923, Léopold Marchand adapte pour le théâtre le roman de Colette La Vagabonde. Colette a publié dans La Jumelle noire l'ensemble des critiques littéraires qu'elle a écrites sur les pièces de Léopold Marchand.

Mélomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique L'Enfant et les Sortilèges. Elle a été l'amie de la reine Élisabeth de Belgique, de Marguerite Moreno, de Renée Vivien, et a eu quelques brouilles avec la célèbre demi-mondaine de la Belle Époque, Liane de Pougy.
Elle rencontre son troisième mari, Maurice Goudeket, en accompagnant son amie Marguerite Moreno, chez Madame Andrée Bloch-Levalois, au début de l'année 1925.
Colette fréquente assidûment la Côte d'Azur. Elle séjourne un temps dans sa villa de Guerrevieille, à Sainte-Maxime, puis elle s'installe plus longuement à La Treille-Muscate, à Saint-Tropez auquel elle consacre de nombreux essais ou romans comme La Naissance du jour, Bella Vista, Prisons et paradis ou Journal à rebours, qu'elle quitte en 1938 en se plaignant de l'affluence trop importante de touristes à la suite de la promotion de son maire Léon Volterra. Colette vend alors sa villa à Charles Vanel.

En 1932, Colette qui a besoin de gagner sa vie ouvre rue de Miromesnil à Paris un institut de beauté.

Pendant l'Occupation, Colette séjourne quelques mois chez sa fille en Corrèze dans le village de Curemonte puis revient à Paris, avec Maurice Goudeket qu'elle sauva de la Gestapo, passer toute la durée de la guerre dans son appartement du Palais-Royal au 9 de la rue de Beaujolais. Immobilisée dans sa solitude en hauteur dans son lit-radeau, offert par la Princesse de Polignac par une arthrite de la hanche, elle continue d'écrire à partir des fenêtres, véritables portes ouvertes sur le monde.
En 1945, Colette est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. Ayant vite compris que la célébrité passe par la maîtrise de son image, elle devient l'écrivaine la plus photographiée du XXe siècle. Les Œuvres complètes de Colette sont publiées en quinze volumes par la maison d'édition Le Fleuron, créée par Maurice Goudeket. En 1952 elle interprète son propre personnage dans le documentaire que lui consacre Yannick Bellon intitulé simplement Colette et qui est devenu un classique du genre, puisqu'il s'agit du seul film que l'écrivaine interprète. En 1953, elle est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, celui qu'elle surnomme son meilleur ami, c'est-à-dire Maurice Goudeket, l'aide à supporter son arthrose. Elle meurt le 3 août 1954.
En dépit de sa réputation sulfureuse et du refus par l'Église catholique d'un enterrement religieux, Colette est la première femme à laquelle la République ait accordé des obsèques nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Sa fille repose à ses côtés.

Les enjeux de l'écriture

Colette arrive à se démarquer de ses contemporains André Gide, Romain Rolland ou encore Jean Giraudoux grâce aux sujets qu'elle aborde. Elle montre un style épuré mais élevé. Elle trouve sa place parmi les romanciers régionalistes qui se sont imposés durant l'entre-deux-guerres, à travers, entre autres, les descriptions de sa région natale, la Bourgogne.
Une attention croissante à la justesse des mots, notamment lorsqu’ils sont chargés d'exprimer l'effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie pour revendiquer les droits de la chair sur l'esprit et ceux de la femme sur l’homme, voilà quelles sont les lignes de force de cette écriture.
Par ailleurs, l'écriture de Colette est plus complexe et moderne qu'elle ne semble le laisser supposer au premier abord.

Palais Royal, sa petite province et sa dernière demeure

En 1999, Serge Doubrovsky, inventeur du terme moderne d'autofiction qu'il appréhende en dernier ressort comme une variante de l'autobiographie, considère Colette comme une pionnière illustrant sa conception :
On découvre quand même chez Colette, un livre qui s'appelle La Naissance du jour qui a paru en 1928 et qui, à l'origine, portait sur son péritexte le sous-titre roman. Et dans le roman de Colette, La Naissance du Jour, on trouve un personnage de femme âgée qui s'appelle Colette. Ensuite, on apprend qu'elle a écrit les Claudine. Bref, elle s'est mise en scène comme le personnage d'un roman écrit par Colette sur Colette.

Colette et la Belgique

Les liens entre Colette et la Belgique sont étroits. Son grand-père combattit à la bataille de Waterloo, son oncle fut directeur des casinos d'Ostende et sa mère, Sidonie Landoy, dite Sido, au décès de ses parents, alla rejoindre ses frères journalistes à Bruxelles où elle vécut de longues années. À l'âge de six ans, elle a séjourné dans la commune de Saint-Josse-ten-Noode au numéro 25 de la rue Botanique.
Contre toute attente Sido découvrira et partagera la vie d'artistes en vue : peintres, écrivains et musiciens. Mais sans dot ni métier, elle se voit résignée au mariage et repart dans l'Yonne. Cependant elle n'oublia pas la Belgique et conta ses charmes à sa fille, Colette. Dans les Lettres à Missy, Colette fait plusieurs fois mention de ses passages à Liège ou à Bruxelles où elle se rendait lors de ses tournées et séjournait notamment à l’hôtel Métropole — qui existe toujours place de Brouckère.
Le 14 mai 1909, lors d'une étape de sa tournée Claudine à Liège, Colette se laisse séduire par la ville, la trouvant la plus française des villes belges — par allusion aux grands magasins qui s'y développaient, comme à Paris.

Elle séjournera aussi plusieurs fois à Bruxelles, notamment du 4 au 17 février 1910, où elle présente La Chair — pièce de Georges Wague — qui fera scandale car elle y paraissait dévêtue. Dans son édition du 6 février, le journal Le Soir relate cet événement avec un grand engouement pour les comédiens : La pantomime La Chair qui a eu un grand succès à Paris et sur laquelle M. Chantrier a écrit une musique charmante, a été interprétée avec conviction par Colette Willy, Christine Kerf et Georges Wague .
En 1922, Georges Simenon, alors rédacteur au journal liégeois La Gazette de Liège, se rend à Paris et rencontre Colette, directrice littéraire du journal Matin. Il travaille comme secrétaire chez l’écrivain Binet-Valmer et commence à lui envoyer des textes. Dans un premier temps, Colette les refusera tous. Pourtant, la petite idole retient enfin son attention malgré le scepticisme quant à son écriture. En effet, elle le jugera trop littéraire et lui conseillera de ne pas faire de la littérature. Simenon ne le comprit pas directement mais essaya une écriture plus simple. Le 27 septembre 1923, la romancière accepte finalement de le publier. Simenon rendra hommage plus tard aux précieux conseils reçus de l'écrivaine. Lorsque Colette fut primée à l’Académie Goncourt, le 2 mai 1944, elle reçut une lettre de Simenon la félicitant. Elle y répondit :
Cher Simenon, merci. Tout le monde est si gentil que je n’ai plus de papier à lettres ! Je viens de lire La Fuite de Monsieur Monde. Cette profonde tristesse de vos héros me frappe beaucoup. Une grande poignée de main.
A Bruxelles, L’académie royale de langue et littérature françaises élit Colette en remplacement de la comtesse de Noailles. L’honneur fut reçu par Colette et la décision approuvée par le roi Léopold III malgré les reproches de son commerce esthétique et sa relation avec Mathilde de Morny, dite Missy. Même la reine Élisabeth, son amie et mère de Léopold III, lui adressa une lettre de félicitations.
Colette rencontra la reine Élisabeth en novembre 1931. Elle rapportera cette rencontre dans Paris-Soir, le 13 octobre 1938. Elle décrivit la beauté de la jeunesse persistante de cette reine-artiste. Leur amitié durera jusqu’à la mort de la romancière. Colette accueillit la reine chez elle le 2 avril 1946, après son élection à l’Académie Goncourt. Alors qu’elle commençait à avoir certaines difficultés à marcher dues à son arthrite, la reine se rendit à plusieurs reprises à son chevet. Toutefois, si elle ne pouvait rendre visite à Colette, elle lui envoyait des lettres, des présents et des promesses de visite. Cette promesse fut tenue le 10 mars 1949. C’est lors de ces retrouvailles que Colette offrit son unique exemplaire de Pour un herbier. Quatre jours plus tard, elle décrivit la reine Élisabeth dans Les Lettres aux Petites Fermières : " C’est une des rares créatures qui inspirent le dévouement, tant elle est prodigue d’elle-même ". De même que pour la reine, l’écrivaine comptait parmi ses amis particuliers.
Le 14 novembre 1954 un hommage fut rendu à Colette au Palais des beaux-arts de Bruxelles, en présence de son mari et de la reine Élisabeth. La reine assista également à la réception de Jean Cocteau à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, qui reçut la place de Colette.

Colette et la bisexualité

La bisexualité tient un rôle primordial dans la vie de Colette, autant dans son existence personnelle que dans son œuvre artistique.
Si son mari Henry Gauthier-Villars exige d'elle une fidélité hétérosexuelle que lui-même ne respecte pas, il n'a aucune objection à ce que Colette expérimente une vie extra-maritale avec des femmes. En 1906, Colette quitte son mari et s'engage plus ou moins publiquement dans une relation amoureuse avec la marquise de Belbeuf. Un soir, Colette et la Marquise choquent l'audience durant une représentation au Moulin Rouge aux tonalités ouvertement homoérotiques : une scène de baiser entre les deux femmes cause un énorme scandale, cette affaire déclenchant jusqu'à l'intervention du préfet de police de Paris. Après cet épisode lesbien, Colette se marie avec Henry de Jouvenel en 1912. Du côté de sa production littéraire, la bisexualité est également un élément récurrent de son œuvre, à commencer par sa série de romans Claudine, ses tous premiers romans, qui dépeignent, outre la protagoniste, de nombreuses femmes bisexuelles. Ainsi, une partie des thèmes abordés dans sa littérature est autobiographique. Colette est également l'auteure d'un ouvrage de réflexion sur l'Amour et la sexualité, Le Pur et l'Impur, qui puise dans des exemples d'expériences hétérosexuelles comme homosexuelles.
Pour toutes ces raisons, Colette a été étiquetée Reine de la bisexualité par Julia Kristeva.

Vers l'équilibre

Les quelques années qui précèdent la Première Guerre mondiale sont, pour la femme et l'écrivain, des années de crise, La Retraite sentimentale 1907 et Les Vrilles de la vigne 1908 en sont la preuve. Le premier chapitre de cette œuvre est essentiel : sous une forme symbolique, Colette exprime tout à la fois la crainte de retomber prisonnière et la joie d'avoir trouvé les moyens de sortir de captivité.
Elle trouve l'équilibre sentimental auprès d'Henry de Jouvenel. Aux côtés de son mari, elle collabore au Matin : contes, chroniques, comptes rendus dramatiques. C'est une nouvelle façon de saisir le temps et de voir les hommes. Les titres de ces recueils sont éloquents : Les Heures longues 1917, Dans la foule 1918, Aventures quotidiennes 1924. Colette s'adonne avec scrupule et passion à son métier de journaliste.
En 1913 naît l'enfant que l'œuvre immortalise sous le nom de Bel-Gazou. La maternité : encore une expérience. Colette est mère de la façon la plus animale : avec une sorte de joie entière et féroce dans la gestation, puis sans passion dès que le jeune animal – homme ou bête – peut se suffire à lui-même. La maternité est peut-être l'un des sujets où l'on saisit le mieux que Colette peintre des hommes est inséparable de Colette peintre des bêtes.
Plus tard, elle allait trouver un équilibre social définitif : célèbre, aimée, entourée de soins par son dernier mari, Maurice Goudeket, tout eût pu lui sourire si elle ne se fût progressivement trouvée amoindrie par une paralysie qui la tint clouée à son lit, une sorte de radeau, comme elle se plaisait à le dire non sans un humour cruel. Alors, tout l'intérêt se concentra dans la connaissance de soi, dans l'observation des autres et dans le perpétuel tête-à-tête avec la mort. Pour cette femme, qui se construisait depuis des années une sagesse à la Montaigne, mourir était une formalité sans importance, puisque sans ouverture sur un au-delà, sinon très vague, les problèmes religieux ne l'ayant jamais troublée.
Alors Colette fut enfin, et pour toujours, celle qu'elle avait voulu devenir : un simple humain à la recherche des secrets qui font que l'on sait vieillir. À ce propos, elle appliqua toute sa connaissance et ses forces ; aussi est-elle une observatrice unique de l'homme ; elle l'est également des bêtes : Dialogues de bêtes 1904. Il y a une sensualité certaine que ni l'auteur ni l'œuvre ne démentent. Un goût de la vie, très fort et très sain, caractérise Colette. En ce sens, elle est humaniste. Elle l'est aussi par son désir exacerbé d'analyse et de connaissance de l'homme, par son intuition et sa finesse qui la rapprochent de Proust qu'elle aimait. Aussi ses romans valent-ils moins par l'intrigue même que par l'analyse impitoyable des caractères et des passions, comme dans Chéri 1920 et La Fin de Chéri 1926. C'est ce don qui nous a valu les livres des dernières années L'Étoile Vesper, 1946 ; Le Fanal bleu, 1949 et l'admirable correspondance échangée avec Hélène Picard et Marguerite Moreno. Lucide et exigeante, envers elle-même comme envers les autres, rude mais sans reproche à l'égard d'une condition dont elle admet, avec scepticisme, qu'elle ne vaut que ce qu'elle vaut, mais dont elle exalte le meilleur, apologiste de valeurs strictement humaines, telle fut Colette, héritière d'une pure tradition française de l'humanisme.

Colette, la Maison de Claudine

En fait, l'œuvre de Colette trouve sa cohérence dans l'unité d'un projet existentiel qu'elle construit un demi-siècle durant. Cet être en quête de sa vérité et de sa liberté est une femme, dont toute la jeunesse appartient encore au XIXe s. : promesse de rudes apprentissages. L'entrée dans la vie, elle se marie une première fois avec le brillant journaliste et boulevardier Willy, en 1893, qui devient aussi son employeur coïncide presque avec les débuts d'écrivain : dans la série des quatre Claudine 1900-1903, elle raconte son itinéraire depuis l'époque de son enfance provinciale et de son passage à l'école communale, jusqu'à ses premiers émois amoureux, sa découverte du Paris mondain, ses déboires conjugaux ; Willy, qui la convainc d'écrire mais lui subtilise ses premières œuvres, saura y rajouter le petit zest de scandale destiné à assurer le succès de ces romans. En 1904, elle gagne enfin son nom-prénom d'écrivain en signant un premier ouvrage : Dialogues de bêtes, préfacé par Francis Jammes. d'autre part et surtout, elle ne poursuit pas le projet de se raconter. L'ordre nécessaire à l'autobiographie manque et plus encore son enjeu : mettre, par l'écriture, de l'ordre dans sa vie. Il semble que Colette fasse exactement le contraire et que son écriture lui serve à aller au-devant du monde. La jeune fille, sa sensualité, ses premiers émois l'intéressent autant quand elle a presque l'âge de ses héroïnes. La vraie Colette n'a pas atteint cet âge du renoncement en 1920. Mais avec Léa, son héroïne, elle a anticipé sur ce qui l'attend : l'écriture sert à voir clair et à vivre, elle a servi aussi à Colette à devenir elle-même, seule, ses deux autres mariages, avec Henry de Jouvenel en 1912, avec Maurice Goudeket en 1935 n'ayant été que des épisodes dans l'histoire de sa liberté. Colette utilise de la même façon son instrument – son écriture – quand elle regarde un chat et quand elle regarde une femme, quand elle construit le portrait imaginaire, puisque littéraire, de sa mère Sido, et quand elle invente le monologue intérieur de Léa. L'unité essentielle de son œuvre vient de l'amour qu'elle a pour les mots, sur le pouvoir desquels elle rêve passionnément : pour elle, comme pour quelques-uns de ses personnages – et surtout pour ses personnages d'enfants, Bel-Gazou dans la Maison de Claudine –, les mots sont des choses, qu'on peut emporter avec soi, avec lesquelles on peut jouer tant que les adultes, qui veulent toujours appeler les choses par leur nom, ne sont pas passés par là. L'écrivain en possesion de ces talismans et dans l'inlassable travail de l'écriture est alors en mesure de jeter son filet magique sur le réel, et de retenir dans ses mailles les trésors de la sensation, les vibrations de la vie, la beauté du monde.

Postérité

En 1956 est créée la Société des amis de Colette, association reconnue d'utilité publique qui publie depuis 1977 les Cahiers Colette, rassemblant des inédits de l'auteure, des témoignages et des études originales.
Un musée Colette a été créé dans le château dominant la maison natale de Colette, maison bourgeoise sise rue de l’Hospice - devenue rue Colette.
Le 29 septembre 2011, la Société des amis de Colette avec l'aide de l'État acquiert pour 300 000 euros la maison natale de Colette de Saint-Sauveur-en-Puisaye, en vente depuis 2007. Cette maison bourgeoise à la façade austère avec ses jardins du bas et du haut, rejoint l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques et est destinée à être réhabilitée pour obtenir le label des Maisons des Illustres.

Œuvres

Couverture de Claudine à l'école
1900 : Claudine à l'école
1901 : Claudine à Paris
1902 : Claudine en ménage
1903 : Claudine s'en va
1904 : Minne
1904 : Dialogues de bêtes
1907 : La Retraite sentimentale
1908 : Les Vrilles de la vigne nouvelles
1909 : L'Ingénue libertine
1910 : La Vagabonde
1913 : L'Entrave
1913 : L'Envers du music-hall
1916 : La Paix chez les bêtes
1917 : Les Heures longues
1918 : Dans la foule
1919 : Mitsou ou Comment l'esprit vient aux filles
1920 : Chéri
1922 : La Chambre éclairée recueil de textes publiés dans la presse à la fin de la Première Guerre mondiale
1922 : La Maison de Claudine
1923 : Le Blé en herbe
1924 : La Femme cachée nouvelles
1925 : L'Enfant et les Sortilèges fantaisie lyrique, musique de Maurice Ravel
1926 : La Fin de Chéri
1928 : La Naissance du jour
1929 : La Seconde
1930 : Sido
1932 : Le Pur et l'Impur
1933 : La Chatte
1934 : Duo
1936 : Mes apprentissages
1936 : Splendeur des papillons, Librairie Plon
1937 : Bella-Vista

Caricature de Sem

1938 : La Jumelle noire quatre tomes de recueil de critiques littéraires et cinématographiques : tome I 1934, tome II 1935, tome III 1937, tome IV 1938
1939 : Le Toutounier suite de Duo
1940 : Chambre d'hôtel
1943 : Le Képi
1943 : Nudité
1944 : Gigi
1946 : L'Étoile Vesper
1941 : Julie de Carneilhan
1941 : Journal à rebours
1944 : Paris de ma fenêtre
1949 : Le Fanal bleu
1953 : Paradis Terrestre

Posthume

1955 : Belles Saisons Flammarion.
1958 : Paysages et Portraits Flammarion
.
Correspondances

2003 : Lettres à sa fille 1916-1953, réunies, présentées et annotées par Anne de Jouvenel, Gallimard, collection Blanche. Réédition Gallimard, collection Folio (No 4309), 2006.
2009 : Lettres à Missy, édition présentée et annotée par Samia Bordji et Frédéric Maget, Paris, Flammarion.
2004 : Colette Lettres à Tonton 1942-1947 réunies par Robert D., édition établie par François Saint Hilaire, Édition Mille et Une Nuits Colette
2012 : Sido, Lettres à Colette, édition présentée et annotée par Gérard Bonal, éditions Phébus.
2014 : Un bien grand amour. Lettres de Colette à Musidora, présentées par Gérard Bonal, L'Herne.

Liens
http://youtu.be/lqEa9cVRGlk Colette à St Sauveur
http://youtu.be/jsMdgXgZk_8 Entretien avec Colette 1
http://youtu.be/5ieO2MlwB1w Entretien avec Colette 2
http://youtu.be/yRNZ5Mqmu60 Le chat persan lu par Colette
http://youtu.be/PUiS5vCWucU Colette avec ses chiens et ses chats
http://youtu.be/IOB-AyJe2jI Claudine à L'école


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[img width=600]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Colette_1932_(2).jpg[/img]

[img width=600]http://www.paris.fr/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=101860&role=2[/img]

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Posté le : 02/08/2014 19:15
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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