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Tristan L'Hermitte
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Le 7 septembre 1655, à Paris, meurt François L'Hermite, sieur du Soliers,

dit Tristan L'Hermite
,


né en 1601 à Janaillat aujourd'hui département de la Creuse au château de Soliers, dans la Marche, poète et dramaturge français du mouvement baroque et libertinage il écrit aussi des romans historiques. Il occupa le fauteuil 17 de l'Académie française de 1649 à 1655.

En bref

Poète de l'amour, de la nuit et de la nature, il s'illustra au théâtre avec des tragédies, dont le succès balança celui du Cid. Les déchirements de l'amour et de la jalousie y sont rendus d'une manière déjà racinienne, grâce à un style homogène, dépouillé et soutenu. La Mort de Sénèque et la Mort du grand Osman racontent l'histoire de deux conspirations qui se referment sur leurs auteurs avec une froide précision.
On doit encore à Tristan l'Hermite une autre tragédie Panthée et une comédie le Parasite.
Il composa une amusante autobiographie romanesque
Après une jeunesse errante et aventureuse qu'il a racontée — ou plutôt romancée — dans un récit curieux et attachant, Le Page disgracié 1642, Tristan l'Hermite entre vers 1621 au service de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, qu'il quittera vingt-cinq ans plus tard pour suivre le duc de Guise. Il mourra pauvre et désenchanté, regrettant ses années de vaine servitude.
Il fait représenter en 1636 une tragédie régulière, remarquable par la puissance dramatique et la majesté du ton, Marianne : le succès de cette pièce, dont l'héroïne est déjà cornélienne, balance celui du Cid joué la même année. D'autres pièces suivent : La Folie du Sage 1642, une tragi-comédie ; des tragédies où l'on retrouve la même simplicité, la même tension, la même noblesse, notamment La Mort de Sénèque 1644, La Mort de Crispe 1644 ou 1645, Osman 1645 ou 1646; une pastorale inspirée de Rotrou, Amarillis 1652 ; une comédie, Le Parasite 1654. Si l'œuvre dramatique de Tristan est vivement applaudie, son œuvre poétique est moins bien connue de ses contemporains. C'est qu'il se tient à l'écart des groupes littéraires ce qui ne l'empêchera pas d'être élu à l'Académie française en 1649 et des modes même si, vers la fin de sa vie, il se laisse entraîner par la vogue du burlesque et celle de la poésie galante.
Et pourtant, les recueils qu'il publie : Les Plaintes d'Acante 1633, Les Amours 1638, où l'on trouve le fameux Promenoir des deux amants, La Lyre 1641 — et plus tard un volume d'éloges de Grands, Les Vers héroïques 1648 — font de lui l'un des poètes lyriques les plus importants de son temps. Artiste au registre étendu — poésie élégiaque, poésie encomiastique, poésie descriptive la première pièce qu'il a fait paraître, La Mer, est, à l'époque, la plus belle réussite du genre —, sensible à la beauté des formes et à celle de la nature, attentif à la musique du vers, il sait varier savamment strophes et mètres, créer des images neuves et séduisantes, trouver des expressions d'un raffinement et d'une subtilité extrêmes : ses poèmes, aujourd'hui encore, frappent par leur noblesse ou charment par leur grâce rêveuse et inquiète.

Sa vie

Auteur dramatique fort applaudi en son temps, et dont la première pièce, la fameuse tragédie de Mariane au printemps 1636, surpassa le succès de Médée et préfigura celui du Cid en janvier 1637. Le comédien Montdory, considéré comme le meilleur acteur tragique de son temps, il créa aussi le rôle de Rodrigue dans Le Cid, et tenait le rôle du roi Hérode sur la scène du Théâtre du Marais à sa création; un an et demi plus tard, il est frappé de paralysie partielle en hurlant les fureurs d'Hérode à la fin de la pièce et doit se retirer définitivement du théâtre.

Poète lyrique à l’inspiration bien personnelle et au souffle large et parfois superbe, polygraphe intéressant dans ses Plaidoyers historiques et ses Lettres mêlées, conteur à la fois aimable et amusant dans sa curieuse autobiographie du Page disgracié en 1643, si instructive, en outre, sous le rapport des événements comme des mœurs de la période qu’elle embrasse, Tristan L’Hermite a emprunté son prénom à Louis Tristan L'Hermite, grand prévôt de France sous Louis XI, qu'il prétendait être un de ses ancêtres.

Descendant prétendument de Pierre l'Ermite, le prédicateur de la première croisade, sa famille est quasiment ruinée à l’époque de sa naissance. Il est malgré tout placé comme page chez Henri de Bourbon-Verneuil, fils illégitime d’Henri IV et de la marquise de Verneuil, en 1604. Il passe ensuite chez Scévole de Sainte-Marthe, trésorier de France avant de devenir secrétaire du marquis de Villars-Montpezat.
Descendant d’une race dont vingt-six étaient passés par les mains des bourreaux, il en avait hérité le sang bouillant et la violence primesautière. Ayant blessé successivement à coups d’épée un cuisinier qui avait eu le tort de lui jouer une mauvaise farce puis, à Fontainebleau, un promeneur qui l’avait heurté par mégarde, il est obligé, en 1619, de s’exiler en Angleterre après avoir tué un opposant en duel, épisode qu’il a relaté de façon romancée sur le mode burlesque dans le roman Le Page disgracié.

En 1620, il participe aux campagnes de Louis XIII contre les huguenots dans le Sud-Ouest. En 1621, il entre au service de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII et participe à la création de plusieurs ballets de cour.
Il est élu à l’Académie française en 1649. La vie de débauche qu’il mène dans l’entourage de Gaston d'Orléans et son goût immodéré pour le vin et le jeu finissent par avoir raison du peu de santé que lui laissait sa tuberculose. Rapidement oublié à sa mort, il a bénéficié de la redécouverte de la littérature baroque et des auteurs libertins dont il diffère pourtant.

Œuvre poétique

Sa vie errante ne l'a pas empêché de se faire un nom dans la République des lettres avec ses poésies mélancoliques chantant avec une grande sincérité les charmes de la nature et de l’amour : La Mer, 1627, les Plaintes d’Acante, 1633, Églogue maritime, 1634, les Amours de Tristan, 1638, la Lyre du sieur Tristan, 1641, Vers héroïques, 1648. Disciple de Malherbe, sa poésie se caractérise par une grande subtilité et fut assez mal reconnue par ses contemporains.

Œuvre théâtrale

Il écrit également pour le théâtre avec des tragédies, parmi lesquelles la Mariane, 1636, Panthée, 1637, la Mort de Sénèque, 1644, la Mort de Crispe, 1645, Osman, 1650, une tragi-comédie, la Folie du sage, 1644, une pastorale, Amaryllis, 1653 et une comédie Le Parasite, 1654.
Le succès, à l'exception de Panthée où la place tenue par le lyrisme nuit à l’intrigue remporté par ses tragédies, où la critique littéraire des XIXe et XXe siècles a discerné des moments pré-raciniens, le font considérer comme un rival de Corneille par ses contemporains. Lié aux Béjart, son frère cadet, Jean-Baptiste L'Hermite, avait épousé Marie Courtin, demi-soeur de Marie Hervé épouse Béjart, il confie la création de La Mort de Sénèque et de La Mort de Crispe à l'éphémère troupe de L'Illustre Théâtre, 1643-1645, constituée par les Béjart et Molière. C'est le rôle d'Epicharis dans La Mort de Sénèque qui vaut à Madeleine Béjart sa réputation de très grande comédienne.

Œuvre en prose

Il a également publié des Lettres mêlées, 1642 et des Plaidoyers historiques, 1643. Mais son œuvre en prose la plus connue, qui est aussi son œuvre la plus lue de nos jours, est Le Page disgracié. Ce récit à la première personne raconte l'histoire d'un page disgracié en ce qu'il a perdu la grâce du souverain qu'il servait et les avantages qui y étaient attachés.
Les aventures qui suivent reprennent certains aspects du roman picaresque mais tout en conservant toujours au personnage une certaine dimension de noblesse. On rattache de ce fait ce texte aux histoires comiques à la française. Cette œuvre, publiée en 1643, est republiée en 1667 par le frère de Tristan, Jean-Baptiste L'Hermite qui y ajoute des Clefs censées éclairer le lecteur sur la dimension autobiographique de l'œuvre.
Mais Jacques Prévot souligne que ces notes aveuglent surtout le lecteur sur la dimension fictionnelle et moraliste de l'œuvre car le Page disgracié n'est pas une autobiographie, même s'il emprunte à la vie de son auteur.

Traductions

Tristan L'Hermite a également donné dans la traduction d'œuvres latines, scientifiques ou poétiques, notamment une cosmographie, tiré des manuscrits attribués à François Viète et destinés à faire l'éducation de Catherine de Parthenay, puis de ses enfants. Dédicacé en 1636 à Mlle de Lavardin, cet ouvrage, publié en 1637, 2 exemplaires 1643, 5 exemplaires et 1647, 3 exemplaires répertoriés par l'OCLC, donne d'une façon naïve une description du monde, géographique et astronomique, selon le point de vue de Ptolémée et les préceptes astrologiques en cours au XVIe siècle. On y découvre entre autres les correspondances entre le monde d'en haut et le monde d'en bas, sublunaire. Tristan L'Hermite, malade pulmonaire, y trouve des raisons de sa maladie dans les influences de Saturne. Tristan L'Hermite a pu connaître Mlle de Lavardin à Malicorne dans le Maine, dans le château de sa mère, Marguerite de la Baume, mais il l'a surtout fréquentée à Paris à l'Hôtel de Lavardin, dans le salon de sa mère, veuve du marquis de Lavardin et remariée depuis 1630 avec le seigneur, futur comte de Modène, "chambellan des affaires" de Gaston d'Orléans et meilleur ami de Jean-Baptiste L'Hermite. Séduit par la jeune femme de seize ans, Tristan lui offre de quoi satisfaire sa curiosité scientifique. On ne sait si le manuscrit attribué à Viète provient de la bibliothèque de Scevolle de Sainte-Marthe. Après le mariage de Mlle de Lavardin, il écrivit encore pour elle un sixain "Pour Mme la Comtesse de Tessé" publié dans La Lyre en 1641.

On retient également une autre traduction, très libre, de l'Ode à Postumus d'Horace et des sospiri d'Ergasto de Giambattista Marino, réécrite sous la forme des plaintes d'Acante

Œuvres de Tristan L'Hermite

François Tristan L’Hermite, Œuvres complètes, Paris, Honoré Champion ; Genève, Slatkine, 1999-2003 : tome 1 Prose - tome 2 Poésie- tome 3Poésie- tome 4 Tragédies- tome 5 Théâtre, Plaidoyers.
Le Page disgracié, édition présentée, établie et annotée par Jacques Prévot, Gallimard, Folio classique», 1994.
Libertins du xviie siècle, premier tome, volume de la Pléiade contenant Le Page disgracié, 1998.
Principes de cosmographie. Epître à Mlle de Lavardin. Traduit du latin d'un manuscrit de François Viète. Avec un Traité de la Sphère - Elèments de Géographie. Elèments d'astronomie, A. Courbé, BN G 92058
Œuvres de Tristan L’Hermite en ligne sur le site Gallica
Stances et autres œuvres du sieur Tristan.
Ses pièces et leurs représentations sur le site CÉSAR
Choix de poèmes
Des extraits et des analyses, une présentation de l'auteur sur le site des amis de Tristan

Critiques

Ouvrages généralistes
Coulet Henri, Le Roman jusqu'à la Révolution, A. Colin, 1967-1968.
Demoris René, Le Roman à la première personne. Du classicisme aux lumières, A. Colin, 1975.
Lever Maurice, Le Roman français au XVIIe siècle, PUF, 1981.

Monographies

Claude Abraham, Tristan l’Hermite, Boston, Twayne, 1980
Claude K. Abraham, The Strangers: The Tragic World of Tristan l’Hermite, Gainesville, U of Florida Press, 1966
Véronique, Adam, Images fanées et matières vives: cinq études sur la poésie Louis XIII, Grenoble, ELLUG, 2003
Sandrine Berregard, Tristan L’Hermite, ‘héritier’ et ‘précurseur’: Imitation et innovation dans la carrière de Tristan L’Hermite, Tübingen, Narr, 2006
Doris Guillemette, La libre pensée dans l’œuvre de Tristan l’Hermite, Paris, Nizet, 1972
Catherine Maubon, Désir et écriture mélancoliques : lectures du ‘Page disgracié’ de Tristan l’Hermite, Genève, Slatkine, 1981

Lien

http://youtu.be/U9pUYl_COJA Le promenoir des amants par Régine Crespin
http://youtu.be/MODMLPBwOJQ Par Gérard Souzay


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Posté le : 06/09/2014 22:48
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Par une aquarelle de Folon
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Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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