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Shah Mohammad Reza Pahlavi shah d'Iran
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Le 26 octobre 1919 à Téhéran naît Mohammad Reza Chah Pahlavi

ou Muhammad Rizā Shāh Pahlevi, en persan : محمد رضا شاه پهلوی), mort, à 60 ans, le 27 juillet 1980 au Caire, Il était le deuxième et dernier monarque de la dynastie des Pahlavi Homayouni de la monarchie iranienne et le dernier chah d'Iran qui régna du 16 septembre 1941 au 11 février 1979, événement dit du 22 Bahman 1357. Contraint à l'exil le 16 janvier 1979, il fut remplacé par un conseil royal et renversé par la Révolution iranienne. Mohammad Reza Pahlavi n'a jamais abdiqué officiellement.
Chah d'Iran du 16 septembre 1941 au 11 février 1979 soit dirant 37 ans, 4 mois et 26 jours, il esty ouronné le 26 octobre 1967 son premier ministre sont Mohammad Ali, Foroughi, Ali Soheili, Ahmad Ghavam, Ali Soheili, Mohammad Saed Maraghei, Morteza Gholi Bayat, Ebrahim Hakimi, Mohsen Sadr, Ebrahim Hakimi, Ahmad Ghavam, Reza Hekmat, Ebrahim Hakimi, Abdolhossein Hajir, Mohammad Saed Maraghei, Ali Mansur, Ali Razmara, Hossein Ala', Mohammad Mossadegh, Ahmad Ghavam, Mohammad Mossadegh, Fazlollah Zahedi

Hossein Ala', Manouchehr Eghbal, Jafar Sharif-Emami, Ali Amini, Asadollah Alam, Hassan Ali Mansur, Amir Abbas Hoveida, Jamshid Amouzegar, Jafar Sharif-Emami, Gholam Reza Azhari, Shapour Bakhtiar, son prédessesseur est Reza Chah, son Successeur Abolhassan Bani Sadr pemier président de la République islamique d'Iran, Rouhollah Khomeini le guide de la révolution.
Son père est Reza Chah, sa mère Tadj ol-Molouk, ses épouses successives sont Fawzia bint Fuad 1938-1949, Sorayah Esfandiari Bakhtiari,1951-1958 puis Farah Diba 1959-1980
Ses enfants du premier mariage : Princesse Chahnaz Pahlavi, il n'a pas d'enfants avec Soraya ce qui sera répudiée, il a en troisième mariage : le prince Reza Pahlavi, prince impérial, la princesse Farahnaz Pahlavi, le prince Ali-Reza Pahlavi, la princesse Leila Pahlavi Son héritier est Ali-Reza Pahlavi 1922-1954 1941-1954, Ali Patrick Pahlavi 1954-1960, Reza prince impérial depuis 1960

Mohammad Reza succéda à son père, Reza Chah, lorsque ce dernier fut contraint d’abdiquer en septembre 1941, peu après l'invasion anglo-soviétique. À la tête d'un empire occupé, soumis au bon vouloir de Churchill et Staline, le jeune chah fut également confronté aux tentatives sécessionnistes dans les provinces du nord-est et aux rébellions tribales dans le sud du pays. Après la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza Pahlavi se rapprocha progressivement des États-Unis et entretint des liens très étroits avec la Maison-Blanche, en particulier avec les présidents Dwight Eisenhower et Richard Nixon.
L’essor de la production pétrolière au Moyen-Orient entraîna sous son règne une crise internationale qui allait opposer le Premier ministre nationaliste Mossadegh et la Grande-Bretagne. Appuyé par l’armée et les services secrets anglo-américains qui renversèrent Mossadegh, Mohammad Reza Pahlavi fut restauré sur le trône après un bref exil en Italie. Évoluant ensuite vers une conception plus nationale, réformiste et autoritaire de la politique intérieure, le chah d’Iran entreprit, par référendum, un vaste programme de progrès social et de développement économique, la Révolution blanche associé à une répression des mouvements d’opposition incarnée par la Savak. À l’extérieur, tout en demeurant un allié de premier plan pour les Américains et les chancelleries occidentales, Mohammad Reza Pahlavi se rapprocha progressivement de l’Union soviétique puis de la Chine, traduisant ainsi un désir d’émancipation et de neutralisme.
Si la politique volontariste du chah améliora considérablement le niveau de vie des Iraniens et permit au pays une modernisation rapide dans les années 1960 et 1970, elle contribua à élargir le fossé économique, social et culturel entre une élite fortement occidentalisée et une classe populaire sensible au conservatisme religieux. En 1978, de plus en plus critiqué, le chah dut faire face à un soulèvement populaire la Révolution iranienne qui s'accentua au fil des mois et d'où émergèrent les fondamentalistes chiites inspirés par l'ayatollah Khomeini. En janvier 1979, après avoir perdu progressivement ses soutiens traditionnels et l'appui occidental, Mohammad Reza Pahlavi nomma en dernier recours l'opposant social-démocrate Shapour Bakhtiar au poste de Premier ministre et quitta ensuite l'Iran. Le renversement du gouvernement Bakhtiar et la déclaration de neutralité de l'armée, quelques semaines plus tard, précipitèrent sa chute et contribuèrent à l'avènement de Khomeini. Contraint à l'exil et atteint d'un cancer, Mohammad Reza Chah Pahlavi décéda en Égypte l'année suivante.

En bref

Muḥammad Reza Rīza est le fils aîné de Reza shāh. Élevé à l'École des cadets, il reçoit une éducation française et poursuit ses études en Suisse de 1931 à 1936. À son retour en Iran, son père l'initie à la vie politique et, tout en fréquentant le collège militaire de Téhéran, il se prépare au rôle d'héritier du trône. Son père ayant abdiqué en 1941, Muḥammad Reza prête serment et devient shāh le 17 septembre de la même année. Il annonce aussitôt la redistribution des terres de la Couronne, décrète l'amnistie générale de tous les prisonniers politiques et se ménage le soutien de l'armée. La réaction ne tarde pas à se manifester, notamment de la part des forces religieuses hostiles aux réformes. Le shāh reçoit Roosevelt, Churchill et Staline à Téhéran en novembre 1943 et obtient d'eux que soit respectée l'intégrité de l'Iran. La guerre finie, il se tourne vers les États-Unis pour contrebalancer la politique des Britanniques et surtout celle des Soviétiques dont il redoute une intervention. Ayant échappé à plusieurs attentats, notamment en 1949, le shāh est convaincu qu'il est placé sous protection divine et qu'il a une mission à accomplir pour son pays. Il fait alors interdire le Parti communiste iranien Tudeh et accomplit son premier voyage aux États-Unis. De ces derniers il sollicite une aide économique et surtout le renforcement des forces armées de l'Iran aviation, armes blindées. Militaire de formation et fidèle aux idées de son père, il estime indispensable, pour gouverner, le soutien de l'armée et s'en assure le contrôle. Aussi lorsqu'en 1952 le Premier ministre Mossadegh s'attribue le portefeuille de la Défense nationale et place à la tête de l'armée des officiers peu favorables au shāh, il se donne les moyens de préparer l'avènement de la république. Le shāh le laisse agir et, lorsque la situation est devenue critique, il le fait arrêter et rentre triomphalement à Téhéran accompagné de son épouse Soraya. Il ne laisse plus alors à son cabinet qu'un rôle de conseiller. Se voulant despote éclairé, il intervient directement dans l'établissement des programmes de développement économique et des projets de réformes sociales, tenant ses ministres pour responsables devant lui. Il choisit délibérément de se ranger aux côtés des puissances occidentales et se fait le défenseur d'un nationalisme positif opposé à celui de Mossadegh, en ce qu'il n'est pas neutralité passive mais défense des intérêts du pays. Toute atteinte au prestige de la nation trahison, subversion, démagogie est vigoureusement réprimée. Le progrès économique facilité par les revenus pétroliers et la justice sociale figurent parmi ses objectifs principaux.
En 1957, il crée l'Organisation de sécurité nationale iranienne et fonde deux partis politiques. Le Parti nationaliste Melliyun a pour mission, en tant que parti majoritaire à l'Assemblée Majlis, de soutenir le gouvernement. Le Parti du peuple Mardom figure l'opposition et doit se borner aux critiques touchant les affaires intérieures, la politique extérieure ne pouvant être mise en question par qui que ce soit. En 1958, le shāh crée la fondation Pahlavi, qui permet aux ressources de la Couronne d'être affectées notamment à l'amélioration de la santé publique et à l'alphabétisation.Il s'emploie parallèlement à lutter contre la corruption et à appliquer la réforme agraire.
Bien que la naissance du prince héritier tant attendu que lui donne sa troisième épouse Farah Diba, en 1960, l'encourage dans sa mission, le shāh se heurte à ses propres alliés politiques et ne parvient pas à mettre ses projets en œuvre. Or, responsable aux yeux du peuple de tout acte politique, il lui faut agir rapidement, sous peine d'être renversé.
Aussi déclenche-t-il, en 1962, la révolution blanche en procédant par le haut aux réformes qu'il fait approuver, le 27 janvier 1963, par référendum : réforme agraire, nationalisation des forêts, intéressement des ouvriers à la production, création de l'armée du savoir, etc. Ainsi le shāh a-t-il le sentiment de travailler efficacement pour son peuple et la nation. S'étant fait de lui-même l'image d'un héros national, il se consacre shāhinshāh, c'est-à-dire roi des rois, en 1967, à la manière des princes achéménides ou sassanides. Disposant d'une armée puissante et moderne grâce à l'aide américaine, il peut se donner le rôle de protecteur du golfe Persique. S'il n'a certes pas renoncé à une politique d'équilibre afin de se ménager le concours de toutes les puissances, capitalistes et socialistes, le shāh entretient des rapports privilégiés avec les États-Unis. Sa défiance reste en éveil à l'égard des Soviétiques, lesquels ont marqué quelque irritation lors du rapprochement de l'Iran avec la Chine. Au cours du printemps de 1974, le shāh a rééquilibré sa diplomatie en mettant fin au gel de ses relations avec l'Inde. Ce rapprochement a été facilité par le fait que l'Inde n'est pas devenue un satellite de Moscou et que le shāh a offert à Indira Gandhi de faciliter l'approvisionnement de son pays en pétrole.
L'essor économique remarquable de l'Iran a favorisé l'apparition de nouvelles couches sociales et d'une bourgeoisie d'affaires avec laquelle le shāh doit compter lorsqu'elle revendique certaines libertés politiques, parallèlement aux milieux intellectuels. Ayant éliminé les partis d'opposition, le shāh réagit par des mesures de répression impitoyable, notamment après la découverte, en automne de 1972, d'un complot qui le visait en même temps que la famille royale. Il conserve le soutien de l'armée et des puissances occidentales, bénéficiant de leurs relations économiques avec l'Iran, en même temps qu'elles favorisent son développement. Mais petit à petit le régime doit affronter une double opposition : celle des mouvements religieux shī‘ites et celle des milieux politiques progressistes. Dès lors, la répression croissante exercée par la redoutable Savak police politique alterne avec de timides tentatives de libéralisation sans toutefois que l'agitation sociale diminue. Dans cette lutte contre le régime du shāh l'opposition religieuse l'emporte sur l'opposition politique dès 1978 et c'est depuis la France où il s'est réfugié à Neauphle-le-Château que l'ayatollah Khomeyni dirige la révolution en marche.
En fait, pendant le dernier trimestre de 1978, c'est l'ensemble de l'activité économique de l'Iran qui est paralysée — notamment le secteur du pétrole — par une vague de grèves sans précédent, tandis que dans tout le pays des manifestations quasi quotidiennes réclament le retour de l'ayatollah Khomeyni. Nommé chef du gouvernement en décembre 1978, Chahpour Bakhtiyar ne parvient pas à freiner le mouvement en cours, le régime ayant perdu tout soutien à l'intérieur — à l'exception de celui de l'armée — comme à l'extérieur où même les États-Unis se désolidarisent du monarque Pahlavi. Dès le 16 janvier 1979, le shāh et sa famille doivent quitter l'Iran.

Sa vie

De 1919 à 1941, les jeunes années Du fils d'officier au prince héritier
Mohammad Reza Pahlavi vit le jour le dimanche 26 octobre 1919 à l'hôpital Ahâmadiyeh, dans les quartiers sud de Téhéran. Fils aîné de Reza Khan, officier cosaque au seuil d'une irrésistible ascension, il était le second enfant porté par Nimtaj Khanum, future reine-mère Tadj ol-Molouk 1896-1982, et le frère jumeau de la princesse Ashraf Pahlavi. Ses jeunes années sans histoire se confondaient avec la fin de règne d'Ahmad Chah. Au bord du gouffre financier et de l'effondrement institutionnel, la Perse des Qadjar se trouvait en effet dans un "état de sous-développement abyssal. Ce fut dans ce contexte particulier de déclin dynastique et de confusion nationale qu'émergea le père de Mohammad Reza Pahlavi. Devenu dès 1921 le nouvel homme fort du pays, le général Reza Khan allait occuper successivement les postes de chef de l’armée et de gouvernement, avant de ceindre la couronne impériale sous le nom de règne de Reza Chah Pahlavi en 1925. Le jeune Mohammad Reza devint dès lors le nouveau prince héritier.

Une grande fratrie

Troisième enfant d’une fratrie composée de sept garçons et quatre filles, Mohammad Reza Pahlavi est le frère cadet de la princesse Chams 1917-1996 et le demi-frère de la princesse Fatimah, dite Hamdan Saltaneh 1912-1992, née d’une précédente union. La princesse Ashraf née en 1919 et le prince Ali-Reza 1922-1954 sont respectivement sa sœur jumelle et son seul frère de mère non qadjare. Ses demi-frères et demi-sœur d’ascendance qadjare donc non dynastes sont les princes Gholam-Reza, né en 1923 — mais l’intéressé a déclaré que sa mère était simplement apparentée aux Qadjars, Abdol-Reza 1924-2004, Ahmad-Reza 1925-1981, Mahmoud-Reza 1926-2001, la princesse Fatimah 1928-1987 et l’ex-prince Hamid-Reza 1932-1992, déchu par son frère et devenu Hamid Islami sous la République islamique.

Du collège suisse à l'école militaire

En 1925, bénéficiant d'une éducation stricte à la fois militaire et occidentale, Mohammad Reza Pahlavi gagna le prytanée Nezam, deux jours après qu'une loi lui eut conféré le titre de prince héritier. Une fois son certificat d'étude obtenu, à la fin de l'été 1931, Mohammad Reza Pahlavi quitta l'Iran afin de poursuivre son instruction en Suisse, dans le canton de Vaud. En 1936, au terme des cinq années passées au collège du Rosey, Institut Le Rosey, à Rolle, le jeune prince revint au pays et acheva son apprentissage à l'École des officiers de Danechkadéyé-Afsari. Il reçut le diplôme des mains de son père le 28 septembre 1938, avec le grade de sous-lieutenant. Arrivé au terme de sa formation, il fut aussitôt fiancé à la princesse Fawzia d'Égypte, la sœur du roi Farouk Ier qu'il n'avait jamais vue auparavant. Moins d'un an plus tard, le 15 mars 1939, les cours d'Iran et d'Égypte étaient unies.

De 1941 à 1949, un roi sans expérience et sous dépendance

Mohammad Reza Pahlavi jeune Accession au trône Invasion anglo-soviétique de l'Iran.
Suite à l'abdication de son père, écarté du pouvoir par les Anglais et les Soviétiques au début de la Seconde Guerre mondiale, Mohammad Reza devient Chah d'Iran le 16 septembre 1941. Le jeune homme inexpérimenté, qui se trouve propulsé sur le trône du Paon à l'aube de ses vingt-deux ans, débute son règne avec un pouvoir purement nominal et protocolaire, sévèrement limité par les Britanniques. Exaspérés par les libertés prises par Reza Chah, ces derniers avaient caressé l'idée de réhabiliter la dynastie Kadjar. Aussi, jetèrent-ils leur dévolu sur Soltan Hamid Mirza qui était le fils de l'ancien régent Mohammad Hassan Mirza et le neveu d'Ahmad Chah Qajar. Toutefois la probabilité de voir ce prétendant monter sur le trône paraissait bien faible tant son profil révélait des failles non négligeables : Soltan Hamid Mirza ne parlait pas le persan et connaissait bien mieux Londres et la Riviera italienne que sa terre natale quittée à l'âge de quatre ans.

L’occupation anglo-soviétique crise irano-soviétique.

Mohammad Reza Pahlavi succède à son père en septembre 1941 dans un contexte difficile, l'Iran étant en partie occupé par les armées anglo-soviétiques. Sous l'impulsion du Premier ministre Mohammad Ali Foroughi, le jeune chah laisse s'instaurer un régime plus démocratique et octroie aux forces alliées le droit de transiter du golfe Persique vers l’URSS: en échange, un traité janvier 1942 garantit l'intégrité territoriale et le départ des armées d'occupation six mois après la fin de la guerre. En 1945-1946, alors que le conflit mondial est arrivé à son terme, Mohammad Reza Pahlavi et le Premier ministre Ghavam os-Saltaneh sont confrontés à diverses menées séparatistes, notamment en Azerbaïdjan iranien et au Kordestan, ainsi qu'au refus soviétique d'évacuer les provinces du nord sans négociations préalables. C'est à l'issue de l'intervention militaire dans les provinces rebelles et d'une offensive diplomatique orchestrée par Ghavam os-Saltaneh que le jeune monarque, naguère peu estimé par les grandes puissances, gagne en prestige et devient le symbole de l'unité nationale retrouvée.

L'attentat de l'université de Téhéran

Mohammad Reza Pahlavi à l'hôpital après l'attentat du 4 février 1949
Le 4 février 1949, soit quelques mois à peine après avoir échappé à la mort dans un accident d'avion, lors d'une visite d'inspection au barrage de Zayandeh rud, le chah devait faire l'objet d'une tentative d'assassinat durant les célébrations du dixième anniversaire de l'Université de Téhéran. Arrivé par la porte principale du bâtiment, Mohammad Reza Pahlavi devait recevoir deux balles d'un pistolet de petit calibre, un 6,35 mm. La première balle atteignit la joue droite, passant entre la gencive et la lèvre, pour sortir sous le nez. La seconde effleura le dos, arrachant des chairs de l'omoplate. Bien que les blessures eussent été jugées graves, elles étaient plus impressionnantes que mortelles ; aucun organe vital n'ayant été touché, le chah n'eut à subir que des points de suture et sortit de l'hôpital militaire no 1 quelques heures après. De retour au palais impérial, Mohammad Reza Pahlavi s'adressa à la nation dans un communiqué radiodiffusé et poursuivit ses activités comme à l'accoutumée.
La cause exacte de l'attentat devait demeurer une énigme, car l'agresseur fut tué durant sa fuite par des gardes qui étaient peu au fait des règles du Code pénal. Tout au plus, l'enquête révéla que l'auteur de l'attentat s'appelait Nasser Fakhr-Araï, qu'une carte de presse lui avait permis de déjouer la surveillance et qu'il était membre du Tudeh. Les investigations policières révélèrent en outre des complicités dans les rangs islamistes. En effet, il apparut que Nasser Fakhr-Araï était employé par le quotidien Parchamé Eslam la Bannière de l'islam, un organe de presse proche des Fedayin de l'islam de Navvab Safavi, et avait obtenu sa carte de presse grâce à une intervention de l'ayatollah Kachani, figure influente du courant conservateur chiite et mentor de Ruhollah Khomeiny. Selon toute vraisemblance, le militant communiste n'était pas un tireur professionnel puisqu'il éprouva de grandes difficultés à toucher sa cible malgré la courte distance deux mètres qui le séparait du chah. Sur les six balles contenues dans le pistolet, trois s'étaient logées dans le képi du souverain et une resta bloquée dans le barillet. Pris de panique, Nasser Fakhr-Araï jetta son arme, détala et fut abattu aussitôt après, en pleine course.
L'iranologue Yann Richard souligne le caractère ambigu de cet attentat qui fit l'objet d'une exploitation médiatique. De fait, le chah bénéficia d'un regain de popularité et fut dès lors placé dans un contexte plus favorable pour justifier certaines initiatives visant à neutraliser l'opposition et à renforcer les prérogatives royales. Ceci expliquerait en conséquence, selon l'iranologue français, l'interdiction du parti Tudeh le jour même de l'attentat et les mesures coercitives prises à l'encontre des dirigeants des Fedâ'iyân-e eslâm, qui ne tardèrent pas à être arrêtés ou exilés. Parmi ceux-ci figurait l'ayatollah Abou al-Qassem Kachani qui fut expulsé au Liban. Parallèlement à ces mesures, Yann Richard soutient la thèse selon laquelle le chah aurait mis à profit cet attentat en obtenant plus de pouvoirs au détriment du jeu parlementaire alors en vigueur. La loi fondamentale iranienne fut en effet révisée en mai 1949, soit deux mois à peine après la tentative d'assassinat. Toutefois, Yann Richard ne fournit aucune preuve pour étayer cette théorie.
Une autre théorie du complot gouvernemental a été par ailleurs avancée par l'ancien ministre et parlementaire Ezzatolah Sahabi. Cité par la revue Pajouhesh en juin 2008, ce proche du courant réformateur accuse Mohammad Saed et Haj Ali Razmara, d'avoir été à l'origine de la conspiration. Selon lui, le Premier ministre et le chef d'état-major de l'époque auraient en outre ordonné l'élimination de Fakhr-Araï afin de "brouiller les pistes". Néanmoins, tout comme la thèse défendue par Yann Richard, la théorie du complot d'Ezzatolah Sahabi ne repose sur aucune preuve connue.

De 1949 à 1953, les années Mossadegh La lutte de pouvoir

À l’aube des années 1950, l’enjeu énergétique et la Guerre froide vont placer l’Iran au centre des préoccupations géostratégiques de la Grande-Bretagne, de l’Union soviétique et des États-Unis. En effet, Londres tient absolument à conserver sa maîtrise du Golfe Persique et sa mainmise sur les champs pétrolifères, par le biais de l’AIOC. De son côté, Moscou convoite les ressources naturelles de la Mer Caspienne et s’appuie sur le parti Tudeh pour influencer le cours des événements. Quant à la Washington, sous l’impulsion de la CIA et du cartel des Sept Sœurs, elle n’entend plus se laisser damer le pion par les puissances coloniales traditionnelles : il importe désormais d’ancrer durablement le modèle américain, tant d’un point de vue économique, politique qu’idéologique, au cœur du Moyen-Orient.

La nationalisation du pétrole Coup d'État et restauration

Aidé par la CIA et le MI6 britannique au cours de l'opération Ajax, le chah remonte rapidement sur le trône. L'ancien Premier ministre Mossadegh est condamné à 3 ans d'emprisonnement.

De 1953 à 1971, apogée du règne Renforcement du pouvoir personnel

Le chah devient dès la fin des années 1950 un des dirigeants les plus importants du Moyen-Orient, grâce notamment au pétrole, à une armée puissante et à l'appui des États-Unis, Opération Ajax. Après avoir régné en souverain constitutionnel jusqu'à la chute du gouvernement de Mossadegh, il évolue vers une conception plus autoritaire et autocratique du pouvoir, supprimant le multipartisme et s'appuyant sur une police politique : la SAVAK.
Avec la Révolution blanche, Mohammad Reza Pahlavi modernise progressivement l'Iran pour en faire un pays occidentalisé. Son père Reza Chah avait lancé la construction d'un Iran laïc et à l'image de ce que Mustafa Kemal Atatürk a fait pour la Turquie : une révolution industrielle et culturelle.
La Révolution blanche concerne une série de mesures destinées à moderniser le pays, comme une réforme agraire, la constitution du corps de Sepah-e Danech, l'armée du savoir pour alphabétiser les populations, la relève du suffrage universel, y compris pour les femmes, la mise en place d'un examen professionnel pour les aspirants théologiens islamiques les mollahs et ce en rupture avec les vieilles traditions religieuses.

Couronnement

C’est à l’automne 1967, le 26 octobre, qu’eurent lieu les cérémonies du sacre de Mohammad Reza Pahlavi. Durant les vingt-six années qui s’étaient écoulées depuis sa prestation de serment, en septembre 1941, le chah n’avait pas envisagé de ceindre la couronne impériale. Tant qu’il ne sentait pas l’Iran suffisamment engagé dans la voie du développement économique et social, il ne voulait pas être le roi d’un pays pauvre et n’éprouvait aucune fierté à être couronné devant un peuple encore pauvre et en partie illettré.

Célébrations des 2500 ans de la monarchie iranienne

Le chah a organisé du 12 au 16 octobre 1971 une fête spectaculaire, pour les deux mille cinq cents ans de l'Empire perse, sur le site de Persépolis, siège des rois d'Iran depuis des siècles. Monarques et présidents de monde entier ont fait le déplacement pour assister à cette folie destinée à célébrer la prodigieuse modernisation de l'Iran ainsi que son glorieux passé. Les Iraniens sont censés prendre conscience du prestige de leur pays dans le monde. Mais ce qu'ils virent, c'est que le chah a dépensé trois cents millions de dollars en tentes de soie équipées de toilettes en marbre, et en mets et vins pour vingt-cinq mille personnes, venus en avion depuis Paris.
L'Ayatollah Khomeiny condamna ces excès depuis Nadjaf, évoquant les millions d'Iraniens pauvres qui, selon lui, réclamaient l'aide du clergé pour la construction de bains publics: "Les crimes des rois d'Iran ont noirci les pages de l'histoire... Que sont devenues ces belles promesses, ces allégations prétentieuses selon lesquelles le peuple serait prospère et heureux?"

La chute

Sa politique a donné lieu à une croissance économique très forte durant les années 1960 et 1970. Cependant, en 1978, devant la brutalité des méthodes de la SAVAK, le faste ostentatoire des plus riches et de la famille impériale et une sclérose démocratique, le président américain Jimmy Carter demande au chah de libéraliser son pays.
Le chah fait appel à ses opposants les plus libéraux, comme Chapour Baktiar, pour tenter de sauver le régime impérial perçu comme trop autoritaire et trop occidentalisé en particulier par les conservateurs religieux. Le nouveau Premier ministre, pour pouvoir rétablir la situation, demande au chah de quitter l'Iran pour une durée indéterminée le chah lui-même voulait absolument quitter le pays. Par mesure de sécurité, l'armée boucle tous les accès au quartier nord, la banlieue cossue où se situe la résidence des souverains. Le chah et l'impératrice Farah quittent en hélicoptère le palais de Niavaran pour l'aéroport de Mehrabad. Le 16 janvier 1979, l'avion transportant le couple impérial et quelques collaborateurs décolle : c'est le début de l'exil du chah.

L'exil Le départ 16 janvier 1979

Le chah et l'impératrice Farah peu avant leur départ en exil.
"Chah raft - le roi s'en va " - Une du journal Ettela'at du 16 janvier 1979
Le 16 janvier 1979, le chah se lève à l’aube et s’isole dans son bureau durant quelques heures. Il rejoint la chahbanou en fin de matinée. Suivant l’usage persan avant un long voyage, Mohammad Reza Pahlavi et l’impératrice Farah passent sous le Coran, après avoir distribué des objets précieux, des bijoux personnels et de l’argent. Ils saluent une dernière fois les militaires, dont le général Abdollah Badreï, et le personnel de la maison impériale avant de prendre place dans un des deux hélicoptères affrétés pour rejoindre l’aéroport de Mehrabad. Accueilli par des officiers et quelques civils, le couple impérial fait une brève déclaration à la presse iranienne et attend l’arrivée de Shapour Bakhtiar qui devait être préalablement investi par le Majles en tant que nouveau chef de l'exécutif. Ce dernier, accompagné par Djavad Saïd, le président du parlement, est aussitôt transporté par hélicoptère pour se joindre aux officiers, aux pilotes, aux personnalités de la Cour et aux membres de la Garde impériale rassemblés sur le tarmac de l’aéroport. Après avoir échangé quelques mots avec son Premier ministre, le chah salue les personnes présentes et monte dans un Boeing 707 bleu et blanc. Il est suivi par l’impératrice Farah et par quelques proches et collaborateurs. Aussitôt à bord, le chah prend les commandes de l’appareil baptisé Châhine qu'il va piloter jusqu’à la sortie de l’espace aérien national. Tandis que l’avion vole à destination de l’Égypte, où les souverains iraniens sont attendus par le couple Sadate, le quotidien national Ettela'at titre en première page Chah raft le roi s'en va. De son côté, la population iranienne est partagée entre liesse, désolation et incertitude.

Première étape égyptienne 16 au 22 janvier 1979

Accueillis dans un premier temps par le président Sadate, devenu au fil des années un allié et un ami fidèle, le chah et l'impératrice Farah séjournent à Assouan durant une semaine. Persuadé que la résistance serait mieux organisée à partir du territoire égyptien, le Raïs insiste pour que le couple impérial reste sur place. Le chah ne veut pas l'encombrer et sur l'invitation du roi Hassan II, un autre allié de longue date, il reprend l'avion à destination de Marrakech le 22 janvier 1979. Deux jours plus tôt, durant une conférence de presse, le président Jimmy Carter avait fait savoir que sa présence n'était plus souhaitée aux États-Unis : divisée au sein même de son administration et après avoir tenu des discours contradictoires des mois durant, la Maison-Blanche décide clairement d'abandonner son allié de naguère. Contrairement à ce qui avait été annoncé par les médias au début du mois de janvier, la famille impériale ne va donc pas s'installer à Palm Springs, en Californie, sur l'initiative de Nelson et David Rockefeller.

Étape marocaine 22 janvier au 30 mars 1979

C'est durant son séjour au Maroc que le souverain empêché apprend la nouvelle du retour d'exil de Khomeiny et la fin du gouvernement de Shapour Bakhtiar, renversé par les révolutionnaires et privé du soutien de l'armée qui s'est déclarée neutre. Le régime islamique s'impose et va organiser une purge, la plupart des anciens ministres et officiers de l'ancien régime, encore présents en Iran, sont jugés et exécutés. Des menaces sont proférées contre les pays qui accepteraient d'accueillir le chah, dont le retour est exigé : les chefs religieux veulent le traduire en justice. Malgré les conseils et l'assurance du soutien du roi Hassan II, l'exil marocain n'excède pas trois semaines : arrivé en urgence de Paris, Alexandre de Marenches tire la sonnette d'alarme. Reçu en audience au palais de Rabat, le chef des services secrets français informe que les religieux iraniens ont l'intention d'enlever ou d'attenter à la vie des membres de la famille royale marocaine si celle-ci s'obstine à soutenir le chah. Hassan II refuse de céder au chantage, mais Mohammad Reza Pahlavi préfère éviter ce scénario : il décide donc de quitter le sol marocain.

Étape des Bahamas 30 mars au 10 juin 1979

Roberto Armao, le responsable des relations publiques de la famille Rockefeller, est dépêché pour trouver une autre terre d'accueil. Devant faire face au refus ou aux tergiversations des alliés d'autrefois, l'émissaire reçoit finalement une réponse favorable de l'archipel des Bahamas. La solution demeure néanmoins provisoire puisque les souverains déchus n'obtiennent qu'un visa de trois mois et sont confinés dans une petite maison en bord de mer. Installés depuis le 30 mars 1979 à Paradise Island, aux Bahamas, les souverains iraniens sont cette fois acceptés par le Mexique, sur l'insistance conjointe de Roberto Armao et d'Henry Kissinger.

Étape mexicaine 10 juin au 22 octobre 1979

La Villa de las Rosas, située dans une impasse de Cuernavaca, devient le nouveau havre de paix. Alors que tout laisse présager que le Mexique sera le point final de l'exil, la maladie dont souffre le chah depuis 1974 se rappelle à son souvenir : les ganglions du cou sont fortement enflés. Le professeur Flandrin, l'assistant du professeur Jean Bernard, est appelé de Paris en consultation. Pour la première fois le mot cancer est évoqué en présence du chah. Atteint de la maladie de Waldenström, Mohammad Reza Pahlavi doit subir une intervention chirurgicale dans les plus brefs délais : la chimiothérapie, à base de Chlorambucil, prescrite par les hématologues français, a atteint ses limites et il devient impératif de procéder à une splénectomie. Sceptique, l'administration Carter envoie ses propres médecins pour l'informer de l'état de santé du chah.

Première étape américaine 22 octobre au 1er décembre 1979

L'admission du souverain au New York Hospital du Centre médical Cornell sera à l'origine de la crise iranienne des otages de l'ambassade américaine de Téhéran. Le chah est opéré mais seule la vésicule biliaire est extraite, tandis qu'un calcul reste dans le canal biliaire et que la rate, dont les proportions ont été jugées inquiétantes par les professeurs Flandrin et Coleman, est laissée en l'état. La situation devenant intenable, Mohamed Reza Pahlavi est à présent transféré au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center où il doit suivre une cure de radiothérapie avant de pouvoir retourner à Cuernavaca. Mais la pression diplomatique contraint le président José López Portillo à renoncer à ses engagements, refusant désormais la présence du couple impérial sur le sol mexicain.

Seconde étape américaine 1 au 15 décembre 1979

L'administration Carter prend la décision de transférer le chah et l'impératrice Farah sur la base militaire de Lackland, proche de San Antonio, au Texas, dans l'attente d'un départ vers une autre terre d'exil. Le couple impérial quitte New-York le 1er décembre 1979. À la Maison-Blanche, l'anxiété et les craintes dues à l'affaire des otages exigent un départ rapide du territoire américain. Après avoir sondé différents pays susceptibles d'accueillir les souverains iraniens, Jimmy Carter reçoit finalement un avis positif du président panaméen Omar Torrijos. Dépêché sur la base de Lackland, Hamilton Jordan, le chef de cabinet de Carter, fait part de la proposition au chah qui accepte de partir pour le Panama où les Américains, alors gardiens du canal, peuvent assurer une protection militaire et fournir des soins médicaux adaptés.

Étape panaméenne 15 décembre 1979 au 24 mars 1980

Mohammad Reza Pahlavi s'installe dans une maison moderne sur l’île de Contadora, dans l’archipel des Perles, le 15 décembre 1979. Mais le répit n'est que de courte durée : les mollahs et Sadegh Ghotbzadeh, le ministre iranien des affaires étrangères, tentent d'obtenir son extradition avec l'aide des avocats franco-argentin Christian Bourguet et Hector Villalon. Le gouvernement panaméen, d'abord disposé à accueillir les souverains déchus, change de position : il ne verrait pas d'objection à négocier une extradition. Anouar el-Sadate, qui avait toujours demandé que les Pahlavi demeurent en Égypte, réitère son invitation. C'est donc le retour à la première destination d'exil, mais avant cela l'avion va être bloqué plusieurs heures dans l'archipel des Açores : des avocats, chargés par le régime islamique, tentent par ce moyen d'arrêter le Chah. L'avion décolle le 24 mars 1980 avant que les autorités locales ne reçoivent officiellement la demande.

Seconde étape égyptienne 24 mars au 27 juillet 1980

Mohammad Reza Pahlavi, extrêmement diminué par la maladie, est installé au palais Koubeh avec les membres de sa famille. Transféré d'urgence à l'hôpital Ma'adi le 25 mars 1980, il doit subir une splénectomie : le professeur Michael E. DeBakey enlève la rate, mais laisse le foie infecté et ne dispose pas de drain sur le pancréas qui a été touché au cours de l'intervention chirurgicale. La dégradation de l'état de santé du chah nécessite une nouvelle opération qui n'est désormais plus assurée par le professeur DeBakey, mais par une équipe médicale française. Le 30 juin 1980, le docteur Pierre-Louis Fagniez procède au pompage d'un litre et demi de pus et à l'extraction des débris du pancréas. Suivra une agonie de plusieurs semaines qui prendra fin le dimanche 27 juillet 1980 vers 5 h du matin.

Funérailles

Les obsèques de Mohammad Reza Chah Pahlavi, dernier empereur d'Iran, eurent lieu deux jours plus tard, le 29 juillet 1980. Pour les circonstances, Anouar el Sadate offre des funérailles nationales grandioses à celui qu'il considère comme un ami et un allié : trois millions de Cairotes s'étaient rassemblés tout le long du parcours reliant le palais d'Abedin à la mosquée al-Rifai. Des centaines d'étudiants de l'Académie militaire conduisaient en musique la procession, vêtus d'uniformes blanc, jaune et noir, selon leur rang. Derrière les cadets marchaient des soldats arborant des couronnes de roses et d'iris, flanqués d'officiers à cheval et suivis directement par un escadron d'hommes qui portaient les décorations militaires du chah sur des coussins de velours noir. Le cercueil, drapé dans les couleurs de l'Iran impérial, reposait sur un affût de canon tiré par huit chevaux arabes. Il précédait le cortège à la tête duquel marchaient la chahbanou, les enfants du couple impérial et les frères du chah. Aux côtés des Pahlavi se tenaient le couple Sadate et l'ancien président américain Richard Nixon. Ce dernier, venu à titre privé, dénonça l'indignité de l'administration américaine et des principaux alliés occidentaux à l'égard du monarque déchu. Si la plupart des chefs d'État et de gouvernement en fonction n'assistèrent pas à la cérémonie, certains pays comme les États-Unis, la France, l'Allemagne de l'Ouest, l'Australie et Israël dépêchèrent néanmoins leurs ambassadeurs. Représenté par un de ses proches, Moulay Hafid Alaoui, le roi Hassan II avait offert une pièce de tissu brodé de prières qui avait recouvert la Kaaba: le présent du souverain marocain devait être déposé sur le linceul du chah avant son inhumation. Parmi les autres personnalités qui avaient fait le déplacement au Caire figuraient l'ex-roi Constantin II de Grèce et son épouse, Anne-Marie de Danemark, ainsi que le prince Vittorio Emanuele di Savoia. À la mosquée al-Rifai, la dépouille du chah fut descendue, en sous-sol dans un caveau particulier, en présence de ses deux fils.
L'impératrice Farah Diba et l'héritier du trône, son fils Reza Pahlavi, sont très impliqués aujourd’hui dans les mouvements d’opposition au régime iranien au niveau international.

Mariages et descendance

Mohammad Reza Pahlavi s’est marié trois fois et a eu cinq enfants.
La reine Fuzeye, Fawzia, la reine Soraya et la reine Farah.Fawzia d’Égypte

La reine Fawzia, Mohammad Reza Chah Pahlavi et leur fille Chahnaz en 1941
Reza Chah, après avoir rétabli la grandeur de l'Iran, avait voulu la rendre manifeste en mariant le prince héritier à une princesse musulmane de haute lignée. La nouvelle constitution stipulant qu'aucun descendant de la dynastie Qadjar, par les hommes ou par les femmes, ne pouvait monter sur le trône iranien, le vieux monarque porta son choix sur une jeune étrangère de sang royal : Fawzia bint Fuad, la sœur du roi d'Égypte.
Le 26 mai 1938, le palais impérial annonce qu'une délégation conduite par le Premier ministre Mahmoud Djam va se rendre au Caire pour convenir du mariage entre le prince héritier et Fawzia d’Égypte, fille du roi Fuad Ier et sœur du jeune Farouk Ier, intronisé deux ans auparavant. Les fiancés ne se sont jamais vus, ne parlent pas la même langue, et il importe surtout à Reza Chah que la toute jeune dynastie Pahlavi gagne en légitimité aux yeux du monde. Moins d'un an plus tard, le 16 mars 1939, Mohammad Reza Pahlavi épouse la princesse Fawzia au palais d'Abedin, au Caire, selon le rite chiite. Une seconde cérémonie, de rite sunnite, se déroule à Téhéran, au Palais impérial du Golestan, le 25 avril 1939.
Si d'un point de vue politique ce mariage apporte le prestige et la reconnaissance à la dynastie Pahlavi, il ne tarde pas à révéler ses failles. Éloignée des salons chics d'Alexandrie et du Caire, Fawzia, devenue reine d'Iran Malika Fawzia Pahlavi à l'avènement de Mohammad Reza, ne s'adapte pas à la cour de Téhéran. Hormis la naissance d'une fille, la princesse Chahnaz, le 27 octobre 1940, l'union est vécue comme un échec relationnel. Rentrée dans son pays, la reine Fawzia se voit accorder le divorce par le gouvernement égyptien dès 1945. Ce n'est que trois ans plus tard que les autorités iraniennes confirment cette décision. Le divorce officiel est donc accordé le 17 novembre 1948, à la condition que la princesse Chahnaz reste sous la responsabilité de son père.

Sorayah Esfandiari Bakhtiari

Trois ans après son divorce, le chah épouse en secondes noces Sorayah Esfandiari Bakhtiari 22 juin 1932- 26 octobre 2001, fille de Khalil Esfandiari, l'ambassadeur d'Iran à Bonn, et d'Eva Karl, une Allemande. Fiancés le 11 octobre 1950, Mohammad Reza Pahlavi et la jeune femme issue de la tribu des Bakhtiaris se marient le 12 février 1951. En l'absence d'héritier après sept années d'union, le couple royal divorce en mars 1958.

Farah Diba

C'est durant un voyage officiel en France que Mohammad Reza Pahlavi rencontre pour la première fois celle qui sera son épouse pendant vingt ans et sept mois: Farah Diba. Parti pour un mois en Europe, du 3 mai au 4 juin 1959, le chah doit se rendre en Suisse, au Danemark, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France. Arrivé à Paris le mardi 26 mai, il est reçu au Palais de l'Élysée par le général de Gaulle, avec qui il entretient des relations excellentes. Trois jours plus tard, le 29 mai 1959, une réception à laquelle sont conviés des étudiants iraniens est organisée dans leur ambassade: c'est à cette occasion que Farah Diba, étudiante en architecture, est présentée au souverain.

Bilan de règne Les chefs d'accusation

Les révolutionnaires et dirigeants de la République islamique d'Iran ont accusé le chah d'avoir :
renié les valeurs islamiques et abandonné les traditions culturelles iraniennes, au profit des valeurs occidentales et étrangères à l'Iran, et de leur « modernisme sans âme ;
sacrifié les intérêts du peuple et du pays au profit des impérialistes notamment américains et d'une minorité d'Iraniens, industriels et financiers, donc créé une société injuste ;
favorisé ou laissé se développer la corruption ;
créé une bureaucratie dévorante et un régime policier ;
utilisé la terreur (emprisonnements massifs, tortures, assassinats et massacres lors de manifestations ;
ignoré la réalité du pays et de ses besoins et possibilités, en essayant de brûler les étapes du développement économique ;
constitué une armée dispendieuse dépendant de l'aide américaine 10 % du PNB et plus de 50 % des dépenses courantes du budget consacrées aux forces armées ;
dépensé 10 milliards de dollars de matériel aéronautique acheté aux Américains de 1972 à 1976 ;
appuyé son régime sur l'armée 500 000 hommes bien équipés, la gendarmerie 75 000 hommes, la police 60 000 hommes et la SAVAK 500 000 agents et informateurs supposés.

La défense

Le chah voulait faire de l'Iran une grande puissance mondiale et le sortir rapidement du sous-développement :
Il entreprit la modernisation de la production et la diversification des infrastructures ;
Il développa les transports autoroutes, routes secondaires, chemins de fer, installations portuaires et aéroportuaires ;
Il investit dans les équipements sanitaires hôpitaux, l'accès aux soins de santé et les campagnes de vaccination ;
Il lutta contre l'analphabétisme 10 millions d'écoliers, 200 000 étudiants, 20 universités et 136 instituts créés ;
Il éleva le niveau de vie de la population au-dessus de celui de la plupart des pays du Moyen-Orient et du Tiers monde ;
Il engagea des réformes en profondeur réforme agraire, participation des ouvriers aux bénéfices des grosses entreprises, droit de vote des femmes et amélioration de la condition féminine....
Deux autres arguments à décharge peuvent être mis en exergue :

Le chah fut victime de son entourage familial, politique, écran entre lui et son peuple, qui commit des excès ;
Son renversement est l'échec d'une politique d'industrialisation et de modernisation trop ambitieuse, imposée à une société traditionnelle qui n'y était pas préparée
.
Titulature

26 octobre 1919-15 décembre 1925 : Mohammad Reza Pahlavi naissance
15 décembre 1925-16 septembre 1941 : Son Altesse impériale le prince impérial
16 septembre 1941-11 février 1979 : Sa Majesté impériale l'empereur d'Iran
Durant son règne, le dernier empereur d'Iran a porté préférentiellement les prédicats énoncés comme suit : Alaa-Hazrat Homayoun, Chahanchah Aryamehr, Chahanchah-e Iran en français Sa Majesté impériale, Sa Grandeur, Roi des Rois, Lumière des Aryens, l'empereur d'Iran
Si le titre simplifié de chah d'Iran a été le plus souvent utilisé et relayé par les médias étrangers pour désigner Mohammad Reza Pahlavi, son nom pouvait être substitué par d'autres titres officialisés par le majles et le sénat iranien:
Chahanchah ou shahinshah persan شاهنشاه, en français Roi des Rois
Aryamehr persan آریامهر, en français Lumière des Aryens
Bozorg Arteshtārān (persan بزرگ ارتشتاران, en français Chef des guerriers
Distinctions et décorations Décorations iraniennes

Grand collier de l’Ordre des Pahlavi 1932
Grand cordon de l’ordre de Zulfiqar 1949

Décorations étrangères Pays Décoration

Année date
Afghanistan Grand Cordon de l'Ordre du Soleil Suprême 1965
Allemagne fédérale Grand Cordon, classe spéciale de la Bundesverdienstkreuz 1955 25-02
Arabie saoudite Décoration 1re classe de l’ordre du Roi Abdul Aziz Al-Saoud 1955 09-08 / 1957 12-03
Arabie saoudite Chaîne de Badr 1965
Argentine Grand Cordon de l’ordre du Libérateur San Martin 1965
Autriche Grande Étoile de la Décoration d'Honneur pour Mérite 1958 15-03
Bahreïn Collier de l’ordre d'al-Khalifa 1966
Belgique Grand Cordon de l’ordre de Léopold du Royaume de Belgique 1960 11-05
Brésil Grand Collier de l’ordre de la Croix du Sud 1965 03-05
Danemark Chevalier de l’ordre de l’Éléphant 1959 14-05
Égypte Collier de l’ordre de Méhémet Ali du Royaume d’Égypte 1939
République arabe unie Égypte Grand Cordon de l’ordre du Nil de la République arabe unie d'Égypte 1965
Espagne régime franquiste Grand Collier de l’ordre du Joug et des Flèches 1957
Espagne transition démocratique Grand Collier de l’ordre de Charles III 1975
États-Unis Commandeur en chef de la Légion du Mérite Legion of Merit des États-Unis 1947 septembre
Empire d'Éthiopie Chevalier avec Grand Collier et Chaîne de l’ordre de Salomon de l’Empire d'Éthiopie 1964
Finlande Commandeur Grand Croix avec collier de l’ordre du Lion de Finlande 1970
France Grand-croix de la Légion d’honneur 1939 15 juin
France Croix de Guerre avec palme de la République française 1945
Grèce Grand Croix de l’ordre du Sauveur du Royaume de Grèce 1960
Irak Chevalier du Grand Ordre des Hachémites du Royaume d'Irak 1957 18-10
Italie Chevalier Grand Croix avec collier de l’ordre du Mérite de la République italienne 1957 26-08
Japon Collier du Grand Ordre de la Décoration du Chrysanthème 1958 13-05
Jordanie Collier de l’ordre d’Hussein ibn Ali du Royaume hachémite de Jordanie 1949 28-02
Jordanie Grand Collier, classe spéciale, de la Renaissance de Jordanie 1949 28-02
Liban Grand Cordon, classe spéciale, de l’ordre du Mérite du Liban 1956 17-1
Libye Collier d’Idris Ier de Libye 1958
Koweït Collier de l’ordre de Mubarak le Grand du Koweït 1966
Malaisie Porteur du Darjah Utama Seri Mahkota Negara DMN, le Très Exalté Ordre Royal de la Couronne de Malaisie 1968 février
Maroc Grand Cordon de l’ordre d'El Mohammedi du Royaume chérifien du Maroc 1966 11-06
Mexique Grand Collier de l’ordre de l’Aigle aztèque du Mexique 1975
Népal Étoile du Très Glorieux Ordre de Ojaswi Rajanya du Royaume du Népal 1960 03-07
Norvège Grand Croix avec Collier de l’ordre de Saint-Olaf du Royaume de Norvège 1961 17-05
Oman Ordre militaire 1re classe du Sultanat d’Oman 1973
Pakistan Nishan-i-Pakistan 1re classe 1959 09-11
Pays-Bas Grand Collier de l’ordre du Lion néerlandais 1959 19-05
Qatar Collier d'Indépendance de l'État du Qatar 1966
Royaume-Uni Chevalier Grand Croix GCB du très honorable ordre du Bain 1942
Royaume-Uni Chaîne Royale Victorienne RVC d’Édouard VII du Royaume-Uni 1948
Soudan Collier de l’ordre de la Chaîne d'honneur du Soudan 1966
Suède Chevalier 1960 de l’ordre du Séraphin de Suède, avec collier 1967 1960 29-04 / 1967 04-09
Taïwan (République nationaliste de Chine Grand Collier, grade spécial, de l’ordre des Nuages propices de la République nationaliste de Chine (Taïwan)1946 (03-06)
Tchécoslovaquie Grand Croix 1re classe de l’ordre du Lion blanc 1943 décembre
Thaïlande Chevalier de l’ordre de Maha Chakri du Royaume de Thaïlande 1968 22-01
Tunisie Grand Cordon avec collier de l’ordre de l'Indépendance de la République de Tunisie 1965 15-03
Vatican Chevalier de l’ordre de l’Éperon d’or du Saint-Siège 1948 20-08
Yougoslavie Grand Cordon de l’ordre de la Grande Étoile de la République socialiste fédérale de Yougoslavie O6.03.1966


Liens

http://youtu.be/1-_fCpWzxKc interview avec Kouchner
http://www.ina.fr/video/CPD11001871/1 ... n-a-persepolis-video.html Iran 1971
http://youtu.be/UISbeKdhTnI Couronnement du Shah et de la shabanou
http://www.ina.fr/video/CAF94085273/v ... ran-a-l-elysee-video.html Visite du shah en France
http://www.ina.fr/video/CAF94075792/d ... d-iran-a-paris-video.html 2eme visite du Shah à l'Elysée
http://www.ina.fr/video/I09223050/val ... ollah-khomeiny-video.html V? G? D'Estaing
http://www.ina.fr/video/CAA7900571001 ... manifestations-video.html manifestations à Téhéran
http://youtu.be/l047n4WSRlo Khomeini en France
http://youtu.be/Piq0f98txAw révolution islamique 1
http://youtu.be/9hZKNMbZfnI révolution Islamique 2
http://www.ina.fr/video/CAA8001546201 ... du-shah-d-iran-video.html Décès du Shah

Lire la suite -> http://www.loree-des-reves.com/module ... ost_id=7019#forumpost7019


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Posté le : 25/10/2014 18:29
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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