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Bombardement de Guernica
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Le lundi 26 Avril 1937 eut lieu le bombardement de Guernica

une attaque aérienne réalisée sur la ville basque espagnole de Guernica le lundi 26 avril 1937, par 44 avions de la Légion Condor allemande nazie et 13 avions de l'Aviation Légionnaire italienne fasciste, en appui du coup d'État nationaliste contre le gouvernement de la Seconde République espagnole. Les belligérants étaient la république espagnoleet le Reich allemand : Corpo Truppe Voluntarie et le Camp nationaliste
Wolfram von Richthofen commandait l'attaque, face à une défence espagnole tout à fait absente, sur les lieux, 23 bombardiers Junkers Ju 52, 1 bombardier Dornier Do 17, 4 bombardiers Heinkel He 111, 10 chasseurs Heinkel He 51, 6 chasseurs Messerschmitt Bf 109, 3 bombardiers Savoia-Marchetti SM.81, 10 chasseurs Fiat CR.32
Les pertes furent importantes entre 120 et 3 000 civils tués


Guerre d'Espagne

Le 17 juillet 1936 éclate au Maroc espagnol un soulèvement militaire, qui s'étend à l'Espagne dès le lendemain et vise à renverser le gouvernement de Front populaire issu des élections législatives de février. En quelques jours, les forces insurgées – dites nationalistes – rallient à elles de vastes régions, sans parvenir à s'emparer du pouvoir. Quant aux républicains, ils échouent dans la répression du putsch. Une guerre civile se déclenche en Espagne, qui durera près de trois ans jusqu'en avril 1939 et fera plus de 600 000 victimes civiles et militaires. Affrontement idéologique de deux camps antagonistes, ce conflit passe également volontiers pour une répétition générale de la Seconde Guerre mondiale : Allemands et Italiens interviennent massivement aux côtés des nationalistes et expérimentent à cette occasion de nouvelles armes, tandis que l'U.R.S.S. soutient les républicains, qui espéraient une intervention française. Parce qu'elle préfigure un embrasement général, la guerre d'Espagne provoque une forte mobilisation de l'opinion internationale, dont témoignent l'engagement de milliers de volontaires venus du monde entier et de multiples témoignages littéraires et artistiques.

Cet événement majeur et hautement symbolique de la guerre d'Espagne contribua à internationaliser la médiatisation du conflit, par l'intermédiaire d'une intense propagande, notamment au sujet du nombre de victimes et des responsables du massacre, aussi bien par les partisans des Nationalistes que des Républicains ; parmi ces derniers, le peintre espagnol Pablo Picasso a joué un rôle important avec son célèbre tableau Guernica représentant la population bombardée et exposé pour la première fois à l'Exposition internationale de Paris, du 12 juillet à la fin de l'année 1937.
Le 17 juillet 1936 éclate au Maroc espagnol un soulèvement militaire, qui s'étend à l'Espagne dès le lendemain et vise à renverser le gouvernement de Front populaire issu des élections législatives de février. En quelques jours, les forces insurgées – dites nationalistes – rallient à elles de vastes régions, sans parvenir à s'emparer du pouvoir. Quant aux républicains, ils échouent dans la répression du putsch. Une guerre civile se déclenche en Espagne, qui durera près de trois ans jusqu'en avril 1939 et fera plus de 600 000 victimes civiles et militaires. Affrontement idéologique de deux camps antagonistes, ce conflit passe également volontiers pour une répétition générale de la Seconde Guerre mondiale : Allemands et Italiens interviennent massivement aux côtés des nationalistes et expérimentent à cette occasion de nouvelles armes, tandis que l'U.R.S.S. soutient les républicains, qui espéraient une intervention française. Parce qu'elle préfigure un embrasement général, la guerre d'Espagne provoque une forte mobilisation de l'opinion internationale, dont témoignent l'engagement de milliers de volontaires venus du monde entier et de multiples témoignages littéraires et artistiques.

Vidéo

Fin de la guerre civile espagnole, 1939
Entre décembre 1938 et février 1939, la Catalogne tombe aux mains des franquistes et sa capitale, Barcelone, est conquise par les troupes de Franco en janvier 1939. Durant les derniers mois de la guerre, des colonnes de réfugiés républicains, civils et soldats mêlés, traversent la frontière français…

Les objectifs du bombardement Une ville

La ville de Guernica avait une valeur symbolique, l'autonomie juridique et fiscale était représentée par l'arbre de Guernica où les rois de Castille allaient prêter serment de respecter les fors basques.

Un objectif stratégique militaire

En raison de l'apparente faible valeur stratégique militaire que représentait la ville et de l'énorme disproportion entre les capacités de riposte des défenseurs et la violence de l'attaque, ce bombardement a souvent été considéré comme un des premiers raids de l'histoire de l'aviation militaire moderne sur une population civile sans défense, et dénoncé pour cela comme un acte terroriste, bien que la capitale Madrid ait été déjà bombardée auparavant à de nombreuses reprises.
Cependant, d'après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme, sans pour autant s'en référer à de quelconques archives, que trois bataillons 7 000 hommes des forces républicaines y stationnaient le jour du bombardement.

Un essai technique

Le bombardement de Guernica est célèbre pour avoir été le premier tapis de bombes et le premier bombardement alternant bombes explosives et incendiaires.
Comme pour les autres interventions de la Luftwaffe pendant la guerre d'Espagne, un des objectifs avoués des dirigeants nazis était de tester les nouveaux matériels de guerre allemands avant de lancer de plus amples offensives en Europe.

Le bombardement : déroulement des opérations

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources avril 2012. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou le modèle sur les passages nécessitant une source.
Messerschmitt Bf 109 C-1 du Jagdgruppe 88 de la Légion Condor qui participa le 26 avril 1937 au bombardement de Guernica.
Le lundi 26 avril 1937, jour de marché, quatre escadrilles de Junkers Ju 52 de la Légion Condor allemande ainsi que l'escadrille VB 88 de bombardement expérimental composée de Heinkel He 111 et de Dornier Do 17, accompagnées par des bombardiers italiens Savoia-Marchetti SM.79 de l'Aviazione Legionaria et escortées par des avions de chasse allemands Messerschmitt Bf 109, procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. L'attaque commence à 17 h 30 à la mitrailleuse puis aux bombes explosives et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelques 60 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 20 h . Après le massacre, 1/5 de la ville était en flammes, et l'aide des pompiers de Bilbao 3 h après le bombardement s'avérant inefficace, le feu se propagea à environ 70 % des habitations

Les victimes : un bilan controversé Le bilan officiel

Le nombre officiel de victimes, toujours maintenu depuis par le gouvernement basque, fait état de 1 654 morts et de plus de 800 blessés. Il s'accorde avec le témoignage du journaliste britannique George Steer, correspondant à l'époque du Times, qui avait estimé qu'entre 800 et 3 000 des 7 000 habitants de Guernica périrent.

La révision du bilan

D'après la BBC, l'historiographie récente parle plutôt de deux cents à deux cent cinquante morts et de plusieurs centaines de blessés. Dans España en llamas. La Guerra Civil desde el aire 2003, Josep Maria Solé y Sabaté et Joan Villarroya estiment le nombre de morts à trois cents. Raúl Arias Ramos, dans son ouvrage La Legión Cóndor En La Guerra Civil 2003 l'estime à deux cent cinquante. Enfin, une étude réalisée en 2008 par deux historiens de l'association Gernikazarra, Vicente del Palacio y José Ángel Etxaniz, donne un bilan de 126 morts.
L'historien controversé Pío Moa affirme que le Times, proche de Churchill, a volontairement exagéré le nombre de victimes et nié toute implication de l'aviation italienne alors que celle-ci était avérée, afin de contrer les thèses pacifistes du parti britannique de gauche, le Labour Party, et convaincre l'opinion internationale qu'il fallait déclarer la guerre contre l'Allemagne d'Adolf Hitler, en insistant sur la menace que ce pays représentait.

Le journaliste Vicente Talón dans son Arde Guernica San Martín, 1970, est arrivé à la conclusion qu'il n'y aurait pas eu plus de 200 morts, estimation reprise par Ricardo de la Cierva, puis, en 1987, par le général franquiste Jesús Salas Larrazábal, dans son livre intitulé Guernica éd. Rialp, Pío Moa et même la chaîne de télévision publique allemande ARD en avril 199811. Les chiffres avancés par Vicente Talón ne prennent pas en compte les morts de l'hôpital de Bilbao 592 personnes, mais c'est surtout, d'après Pío Moa, parce qu'il est difficile de distinguer les civils morts dans le bombardement des autres, parmi lesquels se trouvaient de nombreux combattants de la guerre d'Espagne.
Il a été prétendu que les photos des ruines de Guernica auraient pu être des photos de Madrid.

Selon Pío Moa

Après consultation des archives des deux camps de l'époque, pour expliquer sa révision du nombre de victimes liées au bombardement de Guernica, Pío Moa en est venu aux conclusions suivantes :

Il n'aurait pas pu y avoir de mitraillage aérien dans le centre-ville en raison de l'étroitesse des rues.
Il n'y aurait eu que trois vagues de bombardement de quelques minutes chacune, échelonnées entre 16 h 30 et 18 h 30.
La ville n'aurait été bombardée que par des Junkers Ju 52, bombardiers légers.
Le marché aurait été annulé à midi sur ordre de la municipalité.
Les pompiers de Bilbao ne seraient intervenus que le lendemain vers 9 h 30, d'où l'extension de l'incendie. Ils auraient fait preuve, ainsi que la troupe républicaine, d'une passivité et d'une incompétence totale, qui expliquerait la destruction de Guernica à 71 %.
Le chiffre des 592 morts à Bilbao serait une légende colportée par Euzko Deya en mai. Les chiffres retrouvés dans les archives seraient de 2 morts sur 30 blessés apportés.
L'essentiel des victimes, comptabilisées au refuge Santa Maria, à l'asile Calzada et au dépôt de la route de Luno, n'atteindrait que le chiffre de 120 morts dont 50 non identifiés, selon les registres mortuaires de la commune.

Selon les archives russes

Les archives russes par le biais de l'historien Sergueï Abrossov, mentionnent 800 morts en date du 1er mai 1937. Il s'agit d'un chiffre certes incomplet qui ne prend en compte ni les personnes retrouvées ultérieurement sous les décombres, ni celles décédées plus tard de leurs blessures, mais sans doute objectif.

Il convient de rappeler que les soviétiques étaient les seuls au monde à entretenir à l'époque une force aérienne stratégique composée essentiellement de bombardiers lourds Tupolev TB-1, R-6 et TB-3 dont l'état était bon mais qui devenaient obsolescents. L'ensemble leur coutait fort cher, d'autant plus que leur remplacement par le Tupolev ANT-42 était prévu : la validité de la doctrine de Douhet était donc sans cesse discutée au sein des E.M. Par conséquent, l'intérêt des conseillers militaires soviétiques présents en Espagne, était la récolte de données fiables et à usage interne quant aux effets dévastateurs de ce bombardement de masse grandeur nature, non pas à des fins de polémique.
Ces archives révèlent en outre, des mitraillages des réfugiés de Guernica par les avions de chasse à l'extérieur des limites de la ville. Ce qui traduirait un acharnement, non pas une maladresse pour parachever l'effet de panique.
Le trimoteur Ju-52 était pour l'époque un bombardier lourd, qui avait une grosse capacité d'emport dépassant 1 500 kg de bombes. Le Breguet XIX en service chez les républicains sur le Front Nord, n'en pouvait emporter que 400 kg.

Les réactions

Ce bombardement a marqué les esprits non seulement à cause de l'ampleur du massacre mais aussi et surtout à cause de la valeur terroriste qui lui a été attribuée, du fait de l'apparente faible valeur stratégique militaire que représentait la ville et de l'énorme disproportion entre les capacités de riposte des défenseurs et la violence de l'attaque. S'il a longtemps été considéré comme le premier raid de l'histoire de l'aviation militaire moderne sur une population civile sans défense, alors que la Légion Condor avait en fait déjà commencé en février 1937 à bombarder des civils, c'est aussi parce que la valeur symbolique de la ville renforça le sentiment qu'il s'agissait d'un acte terroriste exemplaire de la répression des anti-franquistes.

Le 24 avril, selon l'O.D.B. établi par le conseiller Arjénoukhine, l'aviation républicaine du Front Nord n'alignait plus que 3 Polikarpov I-15, 2 "létov", 4 "breguet", 3 "gourdou" et 1 "koolhoven". Seuls les 3 premiers avions de la liste pouvaient avoir une quelconque valeur militaire, cependant combattant sans interruption depuis novembre 1936, les machines étaient tout aussi épuisées que leurs pilotes russes. D'autant plus que le groupement leur faisant face alignait bien plus de 100 avions modernes. Au 7 mai 1937, le commandement républicain malgré une situation difficile en Espagne centrale l'aviation républicaine y combattait déjà à 1 contre 3, se décida tout de même à transférer 9 I-15 et 6 R-Zet par Toulouse, vers Santander. Ces machines y seront d'ailleurs immobilisées par le Comité de Non-Intervention puis renvoyées désarmées en Aragon.

Le tableau de Picasso Guernica par Picasso.

Pablo Picasso a peint l'horreur de cet événement dans le tableau Guernica. Cette commande du gouvernement espagnol pour son pavillon de l'exposition universelle en 1937 à Paris. Elle est devenue une des œuvres les plus célèbres de Picasso.

Guernica est la ville sainte du Pays basque espagnol, l'ancienne capitale politique de la Biscaye. Elle abrite l'Arbre de Guernica, un chêne, quatre fois remplacé depuis sous lequel les rois de Castille et les seigneurs de Biscaye juraient d'observer les fueros libertés.
Le 26 avril 1937, jour de marché, plusieurs escadrilles de la légion Condor au service des nationalistes, détruisirent le centre de la ville en y larguant, par plusieurs vagues, des dizaines de tonnes de bombes explosives et incendiaires. L'un des épisodes les plus tragiques de la guerre civile espagnole, le bombardement de Guernica (qui fit entre 800 et 1 000 morts sur une population de 7 000 habitants offrait pour Hitler l'occasion de tester de nouvelles unités et des armements nouveaux. Pour l'histoire de l'aviation militaire moderne, il constitue un des premiers raids sur une population civile.
Il a inspiré à Pablo Picasso une toile monumentale : Guernica.
Peinture de Pablo Picasso, réalisée en 1937 musée national Centre d’art Reina Sofía, Madrid ; huile sur toile ; 3,49 × 7,76 m.
Motif : scène de massacre en noir et blanc

Souffrance et désolation

La plus grande des peintures à l’huile sur toile de Picasso présente une vue d’apocalypse, dans une gamme de couleurs limitée au noir et au blanc, à des gris et à quelques rehauts de jaune.
Sur un fond nocturne où l’on distingue l’intérieur d’une ferme, sommairement éclairé par une ampoule électrique et par la flamme d’une bougie, une jument blessée se retourne vers un taureau. Au premier et deuxième plans, de gauche à droite, plusieurs femmes : la première hurle en tenant son enfant mort dans ses bras, les autres pleurent. Sur le devant, une tête d’homme et ses bras disloqués renvoient aux destructions que l'on devine dans le lointain – immeubles effondrés ou en proie aux flammes.

D’après un reportage photographique

Guernica ! Almería ! Et demain ?
Le tableau de Picasso est directement inspiré d’un épisode de la guerre civile d’Espagne, le bombardement, par la légion Condor venue appuyer les troupes du général putschiste Francisco Franco, de la ville basque de Guernica y Luno, le 26 avril 1937.
Cette opération meurtrière suscite à l’époque une émotion d’autant plus grande qu’il s’agit du premier raid militaire aérien contre une population civile, et qu’un reportage est aussitôt publié dans la presse internationale. Picasso décide d’élaborer son œuvre à partir des photographies de presse de la ville martyrisée, ce qui influence le choix des teintes de sa palette.

Forme : la création d’une œuvre majeure Un tour de force

La mise au net de la composition et l’exécution du tableau apparaissent comme très rapides, eu égard à ses dimensions exceptionnellement importantes : commencé le 1er mai 1937, soit moins d’une semaine après les événements qu’il rapporte, Guernica, œuvre de commande, doit être livré moins de quatre semaines plus tard ! On connaît les principales phases de cet exploit grâce aux clichés pris par la photographe surréaliste Dora Maar, alors compagne de l’artiste.
Dans son atelier parisien de la rue des Grands-Augustins, Picasso travaille simultanément à l’ensemble de la toile et à des études de fragments. Sur le tableau définitif, il place d’abord un taureau, symbole de force aveugle, et une jument, qui représente l’Espagne meurtrie. Puis viennent s’articuler des figures humaines, dans un clair-obscur simplifié par la réduction chromatique. L’expressivité des détails mains, bouches contraste avec la linéarité des grandes masses, au cubisme plus synthétique que jamais.

Peinture d’histoire

Par le format, l’œuvre s’inscrit dans la tradition classique de la peinture d’histoire – Picasso a du reste emprunté au Massacre des Innocents, de Nicolas Poussin vers 1629, musée Condé, Chantilly, le profil de la femme située au premier plan à droite. L’ambition de l’artiste paraît claire : rivaliser avec les maîtres du passé qui, à l’instar de Poussin ou de Louis David, transfigurent un événement historique pour en tirer un message philosophique de portée générale, intemporel.

Histoire : le geste politique Paris, 1937 : l’Exposition internationale

La réalisation de Guernica est liée à une commande du gouvernement républicain pour le pavillon espagnol de l'Exposition internationale, qui ouvre ses portes fin mai 1937 à Paris. Les sympathies de Picasso, artiste espagnol installé en France, sont alors connues : le peintre a été nommé directeur honoraire du musée du Prado (Madrid) en septembre de l’année précédente, en remerciement de son soutien dès le début de la guerre civile en juillet 1936.
Avec Guernica, l’occasion lui est donnée de souligner haut et fort sa loyauté de citoyen espagnol envers le gouvernement légal, mais aussi son antifascisme et son pacifisme devant la montée des totalitarismes et des périls.

L’artiste engagé

Francisco de Goya, Désastres de la guerre
Picasso revendique, avec une netteté sans précédent dans son œuvre, une responsabilité politique. Comme Goya autrefois avec son tableau du Tres de Mayo ou dans ses eaux-fortes retraçant les atrocités commises par les troupes napoléoniennes au cœur de l’Espagne occupée Désastres de la Guerre, l’artiste se veut à la fois observateur et conscience universelle, mais aussi homme de conviction et farouche partisan.
Quelques années plus tard, en 1944, alors que finissent la Seconde Guerre mondiale et les massacres de populations dont Guernica avait été le sombre présage, Picasso adhère au Parti communiste français.

Retour en Espagne

Le destin de Guernica est à l’image de son propos : exemplaire. En 1939, Pablo Picasso en propose le dépôt au Museum of Modern Art de New York. Puis il prévoit de le léguer à l’Espagne, pour le jour où la démocratie y sera rétablie. Picasso meurt en 1973, Franco en 1975. En 1981, le tableau retraverse l’Atlantique pour gagner les cimaises d’une annexe du musée du Prado Casón del Buen Retiro, dans la capitale espagnole. Il est enfin exposé à partir de 1992 au musée national Centre d’art Reina Sofía, à Madrid.

Réception critique et citations

• La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements : c’est une arme offensive et défensive contre l’ennemi. » Pablo Picasso.
• Pendant l’Occupation, Picasso reçoit à son atelier la visite d’officiers allemands attirés par sa notoriété. L'un d’eux, à qui il donne une reproduction photographique de Guernica, lui demande : C’est vous qui avez fait ça ?, et Picasso répond : Non, c’est vous !
• En notre fin de siècle, nous savons que Picasso a réussi son défi. Guernica est devenue le symbole du nouveau degré franchi dans l’inhumain en 1937, de la spécificité de la Seconde Guerre mondiale. Pierre Daix, Pour une histoire culturelle de l’art moderne,
1998-2000.

L'accusation des Républicains par Franco

Franco, sous la pression internationale faisant suite aux révélations du Times, affirme, en s'appuyant sur la Dépêche Havas de Guernica, que la Luftwaffe n'aurait pu voler le 26 avril pour des raisons climatiques, et que la destruction de Guernica est due aux Basques républicains qui auraient incendié et dynamité la ville dans leur fuite. Ce mensonge du futur Caudillo fut plus tard reconnu unanimement.
En 2004, sur demande expresse d'un député basque, le gouvernement espagnol a même reconnu officiellement la responsabilité du gouvernement de l'époque.

L'accusation des Nazis par les Franquistes

Une interprétation différente et plus tardive, émanant de Carlos Rojas et surtout de Ricardo de la Cierva, ne nie pas le bombardement, mais en fait porter l'entière responsabilité au régime nazi :
À en croire le journal personnel du général allemand Wolfram von Richthofen, chef de la Légion Condor, le bombardement de Guernica a été décidé par le seul général allemand, et sans l'aval de Franco. Le général Emilio Mola avait d'ailleurs émis des consignes strictes à la Luftwaffe, interdisant les bombardements, a fortiori sur les civils. Certains articles de presse de l'époque publiés à Bilbao et certains témoignages semblent accréditer cette thèse.
Même si cela ne prouve pas que les dirigeants franquistes n'étaient pas impliqués dans l'organisation de ce massacre, l'intérêt que portaient les Nazis à ce type d'action a été mis en exergue par l'historien de l'Espagne Bartolomé Bennassar : il cite dans une synthèse récente sur la Guerre Civile que lors des conférences que donna Göring, aux Américains qui l'avaient capturé à la veille de l'effondrement du régime nazi en 1945, le maître de la Luftwaffe affirmait que l'épisode de Guernica constituait pour les nouvelles techniques de bombardement des Heinkel He 111 qui y participèrent, le seul moyen de les tester en conditions réelles et d'éprouver leur capacité incendiaire. D'un point de vue stratégique, la Luftwaffe expérimentait donc à Guernica de nouveaux types de bombardement terrorisant les populations, le tapis de bombes et le bombardement en piqué, utilisé pour le Blitz sur Londres. Cette thése est confirmée par Antony Beevor : Il semble que, pour certaines raisons, le Gefechtbericht rapport d'opérations de la légion Condor pour cette journée a disparu. Cet auteur renforce donc la thèse d'une expérience majeure visant à évaluer les effets de la terreur aérienne citant Gordon Thomas et Max Morgan Witts ainsi que plusieurs autres auteurs.

L'erreur accidentelle invoquée par un pilote allemand

Adolf Galland, pilote de la Légion Condor arrivé en Espagne le 8 mai 1937, a admis en 1953 que la ville avait été bombardée par les avions allemands, mais « par erreur ». Selon Galland, la Légion Condor avait été chargée de détruire le pont Rentería, utilisé par les républicains, mais comme la visibilité était mauvaise et les équipages sans expérience, le pont était resté intact, et c'est la ville proche qui avait été gravement affectée.
Cependant, comme l'a fait remarquer l’historien Southworth, les bombes incendiaires n'ont pas été chargées par erreur dans les avions, et l'objectif réel du bombardement était par conséquent, de toute évidence, la population de Guernica, et non le pont.

Vidéo

Fin de la guerre civile espagnole, 1939
Entre décembre 1938 et février 1939, la Catalogne tombe aux mains des franquistes et sa capitale, Barcelone, est conquise par les troupes de Franco en janvier 1939. Durant les derniers mois de la guerre, des colonnes de réfugiés républicains, civils et soldats mêlés, traversent la frontière français…


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Posté le : 24/04/2015 19:25
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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