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La guerre de trente ans 1
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14/12/2011 15:49
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Le 21 juin 1621; en Bohême exécution de 27 leaders protestants

tchèques à Prague au cours de la guerre de trente ans, ces condamnés à mort sont les responsables de la révolte, la Lettre de majesté de Rodolphe II est révoquée, une intense campagne de restauration du catholicisme et de germanisation est entreprise. La couronne élective devient héréditaire au profit des Habsbourg et le siège de la Cour est transféré à Vienne : l'exécution marque symboliquement la fin du soulèvement des nobles de Bohême et de la période bohémienne de la Guerre de trente ans.
La guerre de Trente Ans est une série de conflits armés qui a déchiré l’Europe de 1618 à 1648. Les causes en sont multiples mais son déclencheur est la révolte des sujets tchèques protestants de la maison de Habsbourg, la répression qui suivit et le désir de ces derniers d’accroître leur hégémonie et celle de la religion catholique dans le Saint-Empire.
Bataille de la Montagne Blanche De 1618 à 1648 en Europe, Issue Traités de Westphalie
Guerre franco-espagnole de 1635 à 1659, belligérants : Royaume de Suède, Royaume de Bohême, Danemark-Norvège 1625-1629, Provinces-Unies, Royaume de France, Électorat de Saxe, Palatinat du Rhin, Brandebourg-Prusse, Royaume de Hongrie, Principauté de Transylvanie, Zaporogue, Union protestante 1618-1621, Saint-Empire, Monarchie espagnole, Royaume de Portugal, Archiduché d'Autriche, Électorat de Bavière, Ligue catholique, Royaume de Hongrie, Croatie, Danemark-Norvège 1643-1645.

Les commandants sont Gustave II Adolphe de Suède †, Johan Banér, Lennart Torstenson, Carl Gustaf Wrangel, Charles X Gustave de Suède, Frédéric V du Palatinat, Christian IV de Danemark, Maurice de Nassau, Piet Hein, Cardinal de Richelieu, Louis II de Bourbon-Condé, Vicomte de Turenne, Bernard de Saxe-Weimar, Jean-Georges Ier de Saxe, Duc de Buckingham, Gabriel Bethlen, Ernst von Mansfeld †, Comte de Tilly †, Albrecht von Wallenstein, Franz von Mercy †, Jean de Werth, Ferdinand II, Ferdinand III
Comte d'Olivares, Maximilien Ier de Bavière, Ambrogio Spinola, Ferdinand d'Autriche, Comte de Bucquoy †.
Les forces en présence sont constituées de 661 000 hommes dont : 150 000 Suédois, 150 000 Français, 100 à 150 000 Allemands, 75 000 Néerlandais, 50 000 Danois et Norvégiens, 20 à 30 000 rebelles Hongrois, 6 000 Transylvains, 450 000 hommes dont : 300 000 Espagnols, 100 à 200 000 Allemands, 20 000 cavaliers Hongrois et Croates
Les pertes représentent 1 à 2 millions de morts 3 à 5 millions de morts
Les batailles de la guerre de Trente Ans :
Pilsen 09-1618 · Sablat 06-1619 · Montagne Blanche 11-1620 · Cap Saint-Vincent 08-1621 · Mingolsheim 04-1622 · Wimpfen 05-1622 · Höchst 06-1622 · Fleurus 08-1622 · Stadtlohn 08-1623 · Dessau 04-1626 · Lutter 08-1626 · Wolgast 09-1628 · Magdebourg 05-1631 · Werben 07-1631 · Abrolhos 09-1631 · Breitenfeld 09-1631 · Rain am Lech 04-1632 · Alte Veste 09-1632 · Lützen 11-1632 · Oldendorf 07-1633 · La Mothe 06-1634 · Nördlingen 09-1634 · Les Avins 05-1635 · Louvain 06-1635 · Tornavento 06-1636 · Corbie 08-1636 · Wittstock 10-1636 · Îles de Lérins 05-1637 · Rheinfelden 02-1638 · Guetaria 08-1638 · Cabañas 08-1638 · Fontarrabie 09-1638 · Thionville 09-1639 · Downs 10-1639 · Ille-sur-Têt 09-1640 · Montjuïc 01-1641 · Marfée 06-1641 · Saint-Vincent 11-1641 · Perpignan 11-1641 · Honnecourt 05-1642 · Barcelone 06-1642 · 1er Lérida 10-1642 · Leipzig 10-1642 · Rocroi 05-1643 · Carthagène 09-1643 · Tuttlinghem 11-1643 · Fribourg 08-1644 · Jüterbog 11-1644 · Jankau 03-1645 · Alerheim 08-1645 · Orbetello 06-1646 · Mardyck 08-1646 · Dunkerque 09-1646 · 2e Lérida 11-1646 · 3e Lérida 05-1647 · Cavite 06-1647 · Zusmarshausen 05-1648 · Lens 08-1648
Ces conflits ont opposé le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire germanique, soutenus par l’Église catholique romaine, aux États allemands protestants du Saint-Empire, auxquels étaient alliées les puissances européennes voisines à majorité protestante, Provinces-Unies et pays scandinaves, ainsi que la France qui, bien que catholique et luttant contre les protestants chez elle, entendait réduire la puissance de la maison de Habsbourg sur le continent européen.
Cette guerre a impliqué l'ensemble des puissances européennes selon qu'elles étaient pour ou contre le parti de l'Empereur, à l'exception de l'Angleterre et de la Russie – qui ont néanmoins indirectement œuvré contre le parti des Habsbourg. L'emploi de mercenaires était la règle. Les combats se déroulèrent surtout dans les territoires d’Europe centrale dépendant du Saint-Empire, puis se portèrent sur la plaine de Flandre, le nord de l'Italie ou encore dans la péninsule Ibérique. Les batailles, les famines, les massacres ont provoqué plusieurs millions de morts. Cette guerre civile européenne a lourdement pesé sur la démographie et l'économie des États allemands et du royaume d'Espagne, et assis l'hégémonie de la France, qui s'épanouira davantage encore sous Louis XIV.
La guerre de Trente Ans a été marquée sur le plan religieux par l'affrontement entre protestantisme et catholicisme et sur le plan politique par l'affrontement entre féodalité et absolutisme. Avec la paix de Westphalie, le problème politique se solde par la victoire du modèle absolutiste, qui du même coup résout celui des guerres de religion : puisque c'est au nom de conceptions rivales du bien que l'on s'est fait la guerre, on cesse de vouloir fonder la société sur une conception du bien admise par tous et on assied la paix civile en recourant à ce que les hommes ont en commun : la peur de la mort violente. Sous la forme de l'absolutisme, théorisé par Bodin et Hobbes, naît ainsi l’État moderne, une entité exerçant dans ses frontières le monopole de la violence légitime et se défendant à l'extérieur par une armée nationale.
De cette manière, la paix de Westphalie jette les bases du jus publicum europaeum : un système nouveau et stable de relations internationales, fondé sur un équilibre entre des États chacun titulaire de la souveraineté ; les guerres sont désormais conçues comme des conflits sécularisés d’État souverain à État souverain.

En bref

Les nouveaux conquérants : Hollande, Angleterre, France, Russie. Guerre de Trente Ans. Louis XIV. La prépondérance de l'Espagne et du Portugal s'achève au cours du XVIIe siècle devant les appétits commerciaux des autres grandes puissances européennes. Les Provinces-Unies calvinistes, don…
L'occasion du conflit fut fournie par la question religieuse, et la guerre de Trente Ans a bien été, à son origine et dans son essence profonde, une guerre de religion entre une aristocratie protestante attachée à ses privilèges et une dynastie catholique résolue à soutenir la Contre-Réforme et à obtenir la conversion des sujets à la doctrine romaine, définie par le Concile. En Bohême, terre d'Empire, dont le roi était généralement élu empereur, les seigneurs protestants utraquistes communiant sous les deux espèces) avaient obtenu de Rodolphe II en 1609 un statut la Lettre de majesté qui garantissait l'existence de leurs Églises et, par l'enseignement de l'Université, la diffusion de la Réforme. Sur cette vieille terre de tradition hussite et antipapiste, l'aristocratie de langue tchèque défendait sa civilisation originale. En 1617, la Diète de Bohême n'en avait pas moins reconnu pour son futur roi l'archiduc Ferdinand de Styrie, catholique ardent et convertisseur déclaré. Les protestants allemands s'inquiétèrent d'une promotion qui semblait désigner ce prince à l'Empire. Aussi attisèrent-ils les querelles de Bohême entre les utraquistes et un groupe de seigneurs tchèques catholiques tel le chancelier de Lobkowicz qui cherchait à la fois à consolider l'autorité royale et à étendre les positions romaines. Pendant une absence prolongée de l'empereur-roi Mathias et du chancelier, une assemblée protestante se réunit à Prague et, le 23 mai 1618, condamna à la défenestration, selon l'antique usage, deux seigneurs tchèques, membres du Conseil de lieutenance. Une guerre civile était ainsi commencée par une révolte aristocratique, qui n'avait rien d'exceptionnel pour le temps, et où la question de nationalité Allemands contre Tchèques n'avait joué aucun rôle. Les choses prirent bientôt une tournure plus grave, au cours de l'année 1619, après la mort de Mathias, dont les Bohêmes n'avaient point prononcé la déposition. La Diète prépara une nouvelle constitution, annula l'élection de 1617 et choisit pour roi un protestant, l'Électeur palatin Frédéric V. Pourtant, dans les mêmes jours, Ferdinand de Styrie fut élu empereur à Francfort. L'Empereur entreprit la reconquête de la Bohême, dont il s'estimait le roi légitime. Son armée l'emporta le 8 novembre 1620, à la bataille de la Montagne-Blanche, grâce à l'appui de la Ligue catholique du duc de Bavière. Frédéric V le roi d'un hiver s'enfuit ; bientôt, l'Empereur le mit au ban de l'Empire, et une réunion des Électeurs prononça la confiscation de ses États personnels, qui furent occupés par des troupes espagnoles Bas-Palatinat et bavaroises Haut-Palatinat. La Bohême fut sévèrement châtiée de sa rébellion : condamnations à mort, confiscations de biens, choix entre l'exil et la conversion au catholicisme. De nombreux nobles tchèques rejoignirent Frédéric V et les armées protestantes levées pour sa cause. En 1621, à l'expiration de la trêve de Douze Ans, la guerre reprit entre l'Espagne et les Provinces-Unies. Les Espagnols recrutaient des troupes en Italie, où ils étaient maîtres du Napolitain et de Milan, et ils empruntaient la voie des Alpes et la vallée du Rhin pour les conduire aux Pays-Bas. Les Hollandais contrôlaient le commerce sur mer dans la Manche, la mer du Nord et la Baltique et, hors d'Europe, l'immense empire espagnol d'Amérique, et les richesses des compagnies de navigation hollandaises allaient fournir des ressources à la lutte des deux États. La guerre religieuse et civile d'Allemagne trouvait ainsi un arrière-plan européen et même mondial. Les États européens, France, Angleterre, Danemark, Suède, voire Pologne et Russie, et la Turquie en suivaient les péripéties avec d'autant plus d'intérêt que le statut religieux et politique de l'Europe pouvait être bouleversé par la victoire des protestants ou par celle de la maison d'Autriche Espagne et Empereur dont, selon le mot d'un ministre français, le titre de religion recouvrait aussi des desseins temporels. Au premier caractère de religion, s'ajoutait celui d'un conflit de puissances.
Les armées de la guerre de Trente Ans :
Trente ans de guerre, dont le principal théâtre d'opérations allait être le Saint Empire. Les armées en présence étaient, avant tout, des armées de mercenaires, levées par des chefs de guerre qui assuraient l'enrôlement, l'armement et le ravitaillement des troupes. Au début, les effectifs ne dépassaient pas une vingtaine de milliers d'hommes, mais ils s'enflèrent considérablement au cours du conflit. L'équipement de l'infanterie et de la cavalerie était traditionnel : piques, mousquets, casques et cuirasses ; l'artillerie était encore peu importante, utilisée pour semer le désordre chez l'adversaire pendant le combat et tenter le siège des villes, mal fortifiées. Tout dépendait de la solde : si celle-ci n'était pas fournie à temps, les soldats se débandaient et pillaient la campagne. Plus les armées étaient nombreuses, plus il fallait d'argent. Les souverains ne pouvaient le fournir qu'en augmentant les impôts, mais, pour obtenir immédiatement des espèces, ils recouraient aux avances de négociants et de banquiers. Pour détourner les armées de leurs territoires, les grandes villes marchandes d'Allemagne consentaient à verser de lourdes contributions, mais elles n'évitaient pas toujours le saccage, cas de l'incendie de Magdebourg par l'armée catholique de Tilly, en 1631. Dans la campagne, les châteaux et les monastères étaient livrés au pillage. Le long des routes suivant les grands fleuves, les paysans subissaient sans défense les exactions de tout genre : enlèvement des récoltes et des bestiaux, violences contre les personnes avec des raffinements de méchanceté, pendaisons, viols. La discipline n'existait que pendant le combat et encore !, et le soldat de la guerre de Trente Ans, quel que fût son parti, et dont la figure est bien évoquée dans le roman de Hans Jakob von Grimmelshausen, Les Aventures de Simplicius Simplicissimus, a laissé un durable souvenir de terreur. Au début de son intervention 1631 l'armée du roi de Suède Gustave Adolphe 13 000 hommes présentait un autre caractère. Elle était recrutée dans le pays même par la conscription, animée d'un idéal religieux, soumise à une discipline sévère, avec interdiction de vol et de blasphème. La Suède, pays producteur de cuivre et de fer, était en mesure de fournir des armes. Bon stratège et tacticien, Gustave Adolphe modifia l'armement, supprima la cuirasse de l'infanterie, introduisit l'usage de la cartouche, du canon de bataillon, rendit l'action plus efficace par la tactique de l'ordre mince. Il forma de très bons élèves : J. G. Baner, L. Torstensson, C. G. Wrangel, ce qui explique que les armées suédoises, de 1631 à 1648, aient tenu un rôle essentiel jusqu'à la fin du conflit. Mais les effectifs atteignaient parfois 170 000 hommes, et ils étaient recrutés aussi par enrôlement, parmi les Allemands surtout. Il n'était plus question de la discipline du début. Les généraux suédois, comme les autres, s'enrichissaient de contributions et de pillages. Il serait trop sommaire de présenter tous les chefs de la guerre de Trente Ans comme des reîtres et des condottieri, en quête de butin. Plusieurs d'entre eux ne manquèrent pas d'esprit politique, mais assurément l'ambition personnelle fut le premier de leurs mobiles. Le cas le plus prestigieux reste celui d'Albert de Wallenstein 1583-1634. Jeune seigneur catholique de Bohême, il avait commencé sa fortune en acquérant des biens confisqués et en participant à une opération de refonte monétaire, au service de l'Empereur, en 1622 ; il leva une première armée qui lui permit, dans la guerre avec le Danemark, d'occuper au nom de l'Empereur la Basse-Saxe et le Mecklembourg, puis il fut brutalement disgracié. Lors de l'entrée en guerre de la Suède, il accepta de reprendre un commandement. Sa nouvelle armée, plus nombreuse, comportait des officiers étrangers. Avec elle, il affronta Gustave Adolphe à Lutzen 1632 et essuya une défaite, compensée par la mort du roi de Suède sur le champ de bataille. Il reconstitua son armée en Bohême, mais il ne s'en servit guère en 1633, tandis qu'il entrait en négociations avec les Suédois et les Français. Richelieu lui-même crut que Wallenstein allait abandonner la cause impériale et, avec l'espoir de devenir pour son propre compte roi de Bohême, se retourner contre Ferdinand II. Celui-ci, n'ayant plus confiance dans son généralissime, le destitua. Wallenstein périt dans un guet-apens misérable. Mais ses véritables desseins demeurent impénétrables : des historiens croient qu'il voulait chasser les étrangers Suédois, Français, Espagnols d'Allemagne et rétablir la paix dans l'Empire. Sa réussite avait été prodigieuse : duc de Friedland et plusieurs fois prince d'Empire, bâtisseur et collectionneur, il laissait une fortune personnelle immense. Ses héritiers en sauvèrent une partie, mais elle fut aussi partagée entre ses lieutenants étrangers, dont l'un, au moins, l'avait dénoncé. Le cas cependant n'était pas exceptionnel : le lieutenant de Gustave Adolphe, Bernard de Saxe-Weimar, essaya de s'assurer un duché personnel en Franconie et en Alsace.
Comme il n'avait pas été réglé par la victoire de l'Empereur sur la révolte de Bohême, le conflit n'a cessé de rebondir à mesure que des intérêts nouveaux – et plus généraux – s'y sont trouvés engagés. Il est certain que les princes protestants redoutaient que l'Empereur n'établît son autorité sur toute l'Allemagne, n'y augmentât son autorité personnelle et n'y imposât le catholicisme. C'est cette considération qui détermina, à partir de 1624, le roi de Danemark Christian IV à intervenir : en effet, déjà maître de la Norvège et des régions méridionales de la Suède, détenteur du détroit du Sund qui donnait accès à la Baltique et prince protestant convoitant des évêchés d'Empire, la victoire impériale eût mis en péril sa puissance. Il essaya donc de chasser de la Basse-Saxe l'armée catholique de Tilly, mais il fut vaincu par l'armée de Wallenstein, avec lequel il dut conclure la paix de Lübeck qui sauvegardait ses États personnels.
La France, où Richelieu était devenu ministre en 1624, ne pouvait que redouter un succès définitif de la maison d'Autriche dans l'Empire, succès qui eût facilité la victoire des Espagnols sur les Provinces-Unies. Il lui fallait donc entretenir la guerre par des alliances avec les adversaires des Habsbourg : les Provinces-Unies et, à partir de 1631, la Suède. Ces alliances protestantes faisaient scandale auprès des catholiques de France, mais elles paraissaient à Richelieu un moindre mal. Il essayait en même temps d'une alliance avec la Bavière catholique. En 1630, à l'assemblée de Ratisbonne, le Père Joseph, conseiller de Richelieu, encouragea la Bavière à demander le licenciement de l'armée de Wallenstein et à refuser l'élection immédiate d'un roi des Romains empereur désigné, que Ferdinand II espérait pour son fils. Mais l'Empereur avait commis l'erreur de promulguer l' édit de Restitution qui contraignait les protestants à rendre aux catholiques les biens d'Église confisqués depuis la paix d'Augsbourg. Le roi de Suède répondit à l'appel des protestants alarmés. Il obligea les Électeurs de Brandebourg et de Saxe à entrer dans son alliance ; il vainquit Tilly à Breitenfeld 1631. L'essai d'arbitrage de la France avait échoué : les protestants étaient tous regroupés derrière le roi de Suède, les catholiques derrière l'Empereur. C'est alors que celui-ci rappela Wallenstein. Les victoires suédoises, favorisées par les subsides français, inquiétaient Richelieu par l'ampleur des résultats, car la France catholique ne souhaitait pas que l'Allemagne devînt un empire protestant. Les forces françaises, qui occupaient déjà la Lorraine, prirent sous leur protection plusieurs villes d' Alsace, pour que la région ne tombât pas entièrement aux mains des Suédois. En revanche, après la mort de Gustave Adolphe 1632, il était indispensable d'empêcher la débandade des protestants et de maintenir en guerre contre l'Empereur le chancelier Oxenstierna, régent de Suède, et les princes protestants de l'Ouest ligue d'Heilbronn. Pendant quelques mois, en 1633, Wallenstein, son armée à pied d'œuvre, fut peut-être l'arbitre de la situation. Mais, après lui, son armée, reprise en main par le roi de Hongrie futur empereur Ferdinand III, remporta la victoire de Nordlingen sur les Suédois. Aussitôt, les Électeurs se réconcilièrent avec l'Empereur à la paix de Prague 1635, et, contre l'abandon de l'édit de Restitution, lui promirent leur concours pour chasser d'Allemagne les armées étrangères. On assistait à un incontestable réveil d'un patriotisme d'Empire. La France avait intérêt à lui opposer la liberté germanique, à maintenir dans leur résistance les princes protestants non encore réconciliés et la Suède. Au printemps de 1635, elle déclara la guerre au roi d'Espagne. À la mort de Richelieu 1642, elle avait obtenu de sérieux avantages. En Allemagne, les armées françaises et suédoises combinaient leurs actions pour atteindre les capitales de l'Empereur : Prague et Vienne. Cependant le pape, inquiet de la lutte entre les grandes puissances catholiques, pressait la réunion d'un congrès, et le successeur de Richelieu, Mazarin, diplomate consommé, renforçait dans toute l'Europe la position morale de la France.
Le Congrès et la paix de Westphalie
Réuni dès 1643 en Westphalie, à Osnabrück pour les protestants, à Münster pour les catholiques, le Congrès parvint lentement à rétablir la paix et à instaurer un statut nouveau de l'Allemagne, qui fut garanti par toutes les puissances contractantes 24 oct. 1648. Trois confessions étaient reconnues dans l'Empire : catholique, luthérienne et calviniste. Les princes allemands pouvaient avoir leur armée, conclure alliance entre eux ou avec des étrangers, mais jamais contre l'Empereur et l'Empire. C'était la Landeshoheit. Les princes allemands les plus puissants agrandirent leurs États : la Saxe de la Lusace, le Brandebourg de la Poméranie et de plusieurs évêchés, le fils de Frédéric V retrouva l'électorat et les territoires de son père, cependant que la Bavière conservait la dignité électorale. La maison d'Autriche ne disposerait donc plus de l'Allemagne, mais elle y conservait une forte influence et elle était consolidée dans ses États héréditaires : Bohême et Autriche. La Diète, réunie à Ratisbonne en 1641, ne se séparerait pas avant d'avoir réglé les derniers litiges. Elle allait, en fait, devenir perpétuelle. Des satisfactions territoriales furent accordées à la France et à la Suède. La France reçut Pignerol, conquête de Richelieu, qui assurait l'entrée en Italie, et Brisach, qui avait le même caractère en Allemagne ; elle obtint, de plus, les droits de la maison d'Autriche sur l'Alsace, ce qui devait lui permettre, en quelques années de reconstruction, de faire de l'Alsace une province française. La Suède gagna la Poméranie occidentale, des ports de la Baltique et les évêchés de Brême et de Verden. L'Espagne avait signé, en janvier, une paix séparée avec les Provinces-Unies, dont l'indépendance fut ainsi consacrée. Mais la lutte entre la France et l'Espagne devait durer encore onze ans, jusqu'en 1659. Si douloureusement établie, cette pacification de l'Empire pouvait contribuer à la naissance de l'Europe moderne. Épuisée par trente ans de combats dans certaines régions la perte de population était de 66 à 70 p. 100, et bien que les ports de la Baltique eussent été préservés, voire enrichis par les fournitures aux armées, l'Allemagne devait mettre longtemps à réparer les ruines en hommes et en biens.

Développement. Les origines du conflit

Ses origines sont multiples, même si la première est l’opposition religieuse et politique entre catholiques et protestants luthériens ou calvinistes. D’autres ressortent : tentations hégémoniques ou d’indépendance, rivalités commerciales, ambitions personnelles, jalousies familiales y trouvent leur exutoire.
La défenestration de Prague, épisode relativement anodin, est la cause immédiate du conflit, mais la disproportion est grande entre l’étincelle initiale et la gravité et la durée du conflit – celles-ci ne peuvent se comprendre que par l'existence de causes profondes qui atteignent leur paroxysme pendant la même période.
La guerre de Trente Ans 1618-1648 a été longtemps considérée, mais trop étroitement, comme une guerre d' Allemagne, sur laquelle s'est greffée, à partir de 1635, une nouvelle phase de la lutte traditionnelle entre l' Espagne et la France. Commencée en Bohême par la défenestration de Prague 23 mai 1618 et terminée par la signature des traités de Westphalie, à Münster et à Osnabrück, le 24 octobre 1648, elle s'est déroulée sur le territoire du Saint Empire. À partir de l'intervention du roi de Suède, Gustave II Adolphe, des armées étrangères ont pénétré en Allemagne et pris part à la lutte. Les faits de guerre ont laissé des ruines tragiques, moins les batailles que les pillages, les incendies du plat pays, la propagation des épidémies, entraînant des pertes de vies humaines et des dévastations matérielles. Le conflit était né de l'opposition entre protestants et catholiques dans l'Empire, il s'est élargi à la mesure européenne, dans un affrontement entre les maisons d'Autriche et de France, la première cherchant à asseoir sa prépondérance en Europe, la seconde défendant sa propre liberté et prenant dans sa clientèle les petits États d'Allemagne et d'Italie. La paix a consacré un nouvel ordre dans le Saint Empire : ordre politique, où l'Empereur ne pouvait plus prétendre à la souveraineté absolue, ordre religieux, par la reconnaissance des trois confessions chrétiennes, catholique, luthérienne, calviniste. La France et la Suède étaient garantes de la nouvelle Constitution de l'Empire : Constitutio Westphalica, avec les autres signataires du traité. L'historiographie contemporaine prend une vue encore plus large de l'événement ; la guerre de Trente Ans, par sa durée, son intensité, ses résultats, représente la période la plus aiguë d'une large crise qui la déborde : crise idéologique de la chrétienté, qui avait suscité deux réformes rivales, celle du pur Évangile, celle du concile de Trente ; crise économique avec la montée des prix au XVIe siècle, les transformations des marchés, les problèmes monétaires, le déclin relatif de la Méditerranée au profit des routes atlantiques ; crise politique et sociale, avec la constitution en Europe d'États monarchiques de plus en plus centralisés France, Espagne et l'apparition de nouvelles sociétés la bourgeoisie marchande des Provinces-Unies.

Catholiques contre protestants Martin Luther

À la suite de la prédication de Martin Luther 1483-1546, la Réforme se répand rapidement. De nombreuses principautés allemandes adoptent le protestantisme, ce qui divise l'Empire en deux camps opposés. La Contre-Réforme, dirigée par la maison de Habsbourg, a pour ambition de faire regagner au catholicisme le terrain perdu.
La paix d'Augsbourg 1555 confirme les conclusions de la première diète de Spire et met fin aux combats entre catholiques et luthériens dans les États allemands. Elle stipule que :
les princes allemands pour environ 360 d'entre eux sont libres de choisir la confession catholique ou luthérienne de leurs territoires, selon leur conviction ou leurs intérêts, leurs sujets n’ayant qu'à se soumettre Cujus regio, ejus religio;
les luthériens qui habitent dans des principautés ecclésiastiques dépendant d'un évêque)peuvent conserver leur foi ;
les luthériens peuvent conserver les territoires conquis sur les catholiques depuis la paix de Passau en 1552 ;
les dignitaires de l'Église catholique évêques et archevêques qui se sont convertis au luthéranisme doivent abandonner leurs domaines évêchés et archevêchés.
Les tensions politiques et économiques s'accroissent entre les puissances européennes au début du XVIIe siècle. L'Espagne s'intéresse aux affaires allemandes car Philippe III d'Espagne est un Habsbourg et possède des territoires bordant à l'ouest certains États allemands. Les deux branches de la famille des Habsbourg restent si étroitement liées que leur politique extérieure est commune. Le roi d'Espagne en est le chef véritable.
La France s'intéresse aussi aux affaires allemandes, car elle surveille avec méfiance son encerclement par les territoires soumis aux Habsbourg. Son action est ambiguë et louvoyante, car le cardinal de Richelieu n'hésite pas à s'allier aux princes protestants pour contrer la maison d'Autriche, championne du catholicisme et de la chrétienté contre les Turcs, alors qu'il combat les protestants en France. La Suède et le Danemark s'intéressent aussi aux duchés de Poméranie et de Mecklembourg, dont les rivages bordent la mer Baltique, pour des raisons plutôt économiques mais non dénuées d'arrière-pensées politiques.
Les tensions religieuses se sont également accrues pendant la seconde moitié du XVIe siècle. La paix d'Augsbourg est mise à mal pendant cette période car des évêques convertis n'ont pas renoncé à leurs évêchés. Par ailleurs, le calvinisme se propage en Allemagne, ce qui ajoute une nouvelle confession. Les catholiques d'Europe orientale Polonais, Autrichiens souhaitent restaurer la primauté de la confession catholique.

Pour les Habsbourg : conserver l’hégémonie

L'empereur Rodolphe II L'empereur Mathias

Les empereurs Rodolphe II puis Matthias Ier veulent avant tout accroître leur hégémonie ; ils sont donc parfois prêts à coopérer avec les protestants, ce qui est mal compris par leurs partisans. La lutte entre la maison d’Autriche et la monarchie française pour la suprématie en Europe dure depuis cent ans : le terrain est propice pour qu’elle s’y déploie sans ménagement.
Les Habsbourg sont en outre très tolérants, ce qui favorise l’expansion des nouvelles religions, contribuant ainsi à multiplier les causes de querelles. La Suède et le Danemark, qui veulent contrôler l’Allemagne du Nord, sont dans le camp des luthériens.
Tout ceci dégénère en violence ouverte en 1606 dans la petite ville allemande de Donauwörth. La majorité luthérienne empêche la communauté catholique de faire une procession, ce qui déclenche une rixe. À la demande des catholiques, le duc Maximilien Ier de Bavière intervient et impose le retour de la ville au catholicisme. Après ces combats, les calvinistes, encore peu nombreux en Allemagne, se sentent les plus menacés, et fondent la Ligue de l’Union Évangélique sous la direction de l’électeur Frédéric V du Palatinat, époux d’Elizabeth Stuart, fille de Jacques Ier d’Angleterre. Sa possession du Palatinat rhénan est précisément l’un des territoires de la vallée du Rhin que convoite l’Espagne, pour pouvoir y faire passer librement ses troupes du Milanais vers les Pays-Bas. En réaction, les catholiques s’unissent en 1609, sous la direction de Maximilien de Bavière et sous la bannière de la Sainte Ligue catholique.
Un conflit indépendant, la guerre de Quatre-Vingts Ans entre l’Espagne et les Provinces-Unies, contribue à faire converger vers les pays allemands les armées espagnoles, alliées de l’Empire. En effet, l’Espagne ne dispose plus, depuis la déroute de l’Invincible Armada, de la suprématie sur les mers. Le passage des troupes par la voie maritime océan Atlantique, Manche, mer du Nord étant trop risqué, le moyen le plus sûr pour faire passer les troupes espagnoles de la péninsule Ibérique vers le lieu des affrontements aux Pays-Bas est une route passant par la Méditerranée, Gênes, le Milanais, les cols alpins de la Valteline et la vallée du Rhin. Le jeu des alliances focalise sur ces différentes contrées l’affrontement entre les puissances rivales.
L’empereur Matthias Ier, également roi de Bohême, est sans descendance : se pose donc le problème de sa succession et de la conservation du titre impérial par les Habsbourg. Matthias souhaite que celui-ci revienne à son cousin germain Ferdinand de Styrie. Or, le roi de Bohême titre électif en droit, mais habituellement dévolu à un Habsbourg est un des sept princes-électeurs : Matthias abandonne le titre de roi de Bohême en 1617 et Ferdinand de Habsbourg lui succède, avec la perspective de pouvoir ainsi accéder à la dignité impériale à la mort de Matthias. Les Tchèques ont obtenu de Rodolphe II, par une lettre de majesté de 1609, des prérogatives leur assurant une certaine autonomie et des garanties concernant la liberté religieuse.
Or, Ferdinand II, catholique zélé qui a été éduqué chez les Jésuites, veut voir revenir la Bohême dans le giron de l’Église catholique. Des incidents survenus entre l’archevêque de Prague et les luthériens amènent le Conseil des Défenseurs de la Foi à convoquer une diète. Le roi s’y oppose par une lettre.

La Défenestration de Prague 1618.

Le 23 mai 1618 au palais de Hradschin à Prague, les Défenseurs de la Foi rencontrent deux émissaires de Ferdinand II, Martinitz et Slawata : ceux-ci sont passés par la fenêtre sans être sérieusement blessés car ils tombent sur un tas d’ordures. Cet événement mineur, appelé : la défenestration de Prague, marque le début de la guerre de Trente Ans. La révolte de la Bohême est soutenue et accompagnée avec plus ou moins de conviction par les États voisins de Moravie, Silésie et Lusace.
Le 20 mars 1619, l’empereur Matthias meurt. Mécontents de leur nouveau roi, les Tchèques déposent Ferdinand II le 19 août et élisent à sa place l’électeur palatin et ardent calviniste Frédéric V, le 26 août, alors que l’élection impériale se tient à Francfort le 28 août. Un roi protestant à la tête de la Bohême signifie une majorité d’électeurs du Saint-Empire acquis au protestantisme, Brandebourg, Saxe, Palatinat et Bohême contre les trois princes-évêques de Cologne, Mayence et Trèves, ce qui serait un bouleversement considérable.
Les nouvelles de Bohême ne sont pas parvenues à Francfort et Ferdinand II est élu Empereur : s’appuyant sur la Sainte Ligue et sur son cousin Philippe III d'Espagne, Ferdinand II se met en devoir de mater la révolte tchèque et d’éliminer son rival Frédéric V. De fait, ce dernier va très vite mécontenter ses sujets du fait de sa méconnaissance du pays et de son calvinisme intransigeant. Le décor est en place pour la conflagration.

Une guerre familiale

Ces souverains régnants qui s’affrontent si longuement ont d'étroites parentés :
Maximilien Ier de Bavière est cousin de Frédéric V du Palatinat, oncle et beau-frère de l'empereur Ferdinand III ;
Charles Ier d’Angleterre est beau-frère de Frédéric V et de Louis XIII de France ;
Louis XIII, beau-frère de Charles Ier d'Angleterre, est également beau-frère de Ferdinand III, de Victor-Amédée Ier de Savoie et de deux façons de Philippe IV d'Espagne, lui-même cousin puis gendre de l’empereur Ferdinand III ;
etc
.
Financement de la guerre

Les dégâts causés par les combats et la circulation incessante des troupes armées en campagne ou en débandade sont considérables, parfois inouïs. Les armées comprennent une majorité de mercenaires dont la paye n’est pas régulièrement assurée sur les budgets des États qui les emploient. Ainsi les soldats, mal payés, payés avec retard ou pas payés du tout, sont amenés à se rémunérer par eux-mêmes en fondant sur les populations civiles, qu’elles soient ennemies ou de leur propre bord. D’ailleurs Wallenstein développe au plus haut point s’il ne l'inventa pas le principe selon lequel la guerre doit financer la guerre c’est-à-dire que l’exploitation économique des pays conquis doit être la ressource principale de l’armée en campagne, quitte à demander à des financiers des avances sur le tribut à percevoir. Des fortunes colossales sont ainsi amassées sur le malheur des populations par des hommes sans scrupules tels que Wallenstein lui-même, Liechtenstein ou Hans de Witte.
Les exactions sont nombreuses : tortures, massacres en masse d’innocents, viols, assassinats, etc. Des épisodes comme ceux du sac de Magdebourg, les atrocités commises au Palatinat ou en Franche-Comté par exemple, marquent les esprits pour des décennies et restent dans la mémoire collective pendant plus d’un siècle, alimentant en chaîne le cycle infernal des représailles et de la vengeance. Certaines régions de l’Allemagne ou de la France actuelles comme la Lorraine sortent de cet interminable conflit ruinées, dévastées, dépeuplées pour de longues années.
Les traités qui suivent la guerre de Trente Ans redessinent la carte de l’Europe en instaurant un nouvel équilibre des forces, consacrant le déclin de l’Espagne, l’affaiblissement durable de la Maison d’Autriche, l’affirmation de la puissance de la Suède et de la France qui progresse en territoire germanique reconnaissance de l'annexion des Trois-Évêchés par l'empire, acquisition d'une partie de l'Alsace, l’extrême morcellement politique de l’Allemagne en 439 principautés indépendantes, la reconnaissance de nouvelles nations Pays-Bas, Suisse.

Les quatre périodes de la guerre

On analyse traditionnellement la guerre de Trente Ans en quatre périodes successives correspondant chacune à un élargissement de l'ensemble des protagonistes. Chacune des trois premières périodes se termine en effet par un succès du camp impérial et catholique qui détermine un nouvel acteur à entrer en lice pour voler au secours du camp protestant.

Ces périodes sont :
la période bohémienne et palatine, de 1618 à 1625 ;
la période danoise de 1625 à 1629 ;
la période suédoise de 1630 à 1635 ;
la période française ou franco-suédoise de 1635 à 1648.
La période bohémienne et palatine 1618-1625

Maximilien Ier, Électeur et duc de Bavière et sa seconde épouse, Marie-Anne d’Autriche.
Les Habsbourg allemands ont pour alliés la papauté, leur cousin Philippe III d'Espagne, Maximilien Ier de Bavière et sa Ligue catholique dont les armées sont commandées par Jean t' Serclaes, comte de Tilly. Les Électeurs ecclésiastiques, princes-archevêques de Mayence, de Cologne et de Trèves, chefs temporels autant sinon plus que spirituels font partie de la Ligue catholique l’archevêque de Cologne est même le propre frère de Maximilien. Pourtant, l’archevêque de Trèves va plus tard, par ses intrigues et sa politique francophile, provoquer l’entrée en guerre de la France.
Le prince-électeur Jean-Georges Ier de Saxe est dans un premier temps du côté de l’Empereur, bien que protestant : il espère des gains territoriaux et, de toute façon, voit d’un mauvais œil l’accroissement de puissance d’un de ses collègues Électeurs — car, élu roi de Bohême, l’Électeur Palatin dispose de deux voix sur les sept du collège électoral institué par la Bulle d'Or. Ce prince est par la suite un allié plus que versatile.

Bautzen, 1620

Le Palatin compte sur l’appui au camp protestant du prince protestant de Transylvanie Gabriel Bethlen et sur l’aide financière des Provinces-Unies celles-ci sont liées par la trêve de douze ans conclue avec l'Espagne en 1609, qui va bientôt se terminer. Mais il ne peut bénéficier de celui de son beau-père, Jacques Ier d’Angleterre dont la politique incohérente cherche à ce moment l’alliance avec l’Espagne. De fait, Frédéric V, prince jeune, manquant d’expérience et de la stature politique qu'exige sa situation, va bien vite éprouver le défaut de motivation, de constance et/ou de courage de tous ceux qui pourraient lui apporter leur appui.
Le duc de Bavière catholique et l’Électeur palatin calviniste sont tous deux de la famille des Wittelsbach, le premier issu de la branche aînée et le second issu d'une branche cadette qui a reçu la dignité électorale au XIVe siècle : l’opposition religieuse se double d’une longue jalousie familiale. En fait, Maximilien, qui aurait pu à un moment postuler à l’Empire, a obtenu de Ferdinand II, pour prix de son soutien, entre autres promesses, celle de reprendre la dignité électorale.
Les premiers combats ont lieu dès le mois de septembre 1618 avec le siège de Pilsen par les protestants allemands commandés par le comte Ernst von Mansfeld. Puis, en août 1619, les Bohémiens conduits par le comte de Thurn battent une armée impériale et menacent Vienne ; mais cet avantage est momentané. Le 26 août 1619, Ferdinand II succède à Mathias mort le 19 à la dignité impériale, mais il est écarté du royaume de Bohème par la Diète de Prague qui offre la couronne à Frédéric V.
En Valteline nord de l'Italie, les catholiques se révoltent contre la tutelle des Grisons protestants et conduisent, dans toute la région, le massacre des protestants en juillet 1620 : c'est le Sacro Macello ou boucherie sacrée.
Louis XIII de France souhaite aider l’Empereur. Malgré la rivalité des deux familles, ils ont en commun l’idéal monarchique, le désir de conforter le catholicisme contre les protestants et les Turcs, toujours menaçants à l’est. La France offre sa médiation, concrétisée à Ulm en juillet 1620 par une trêve entre catholiques et luthériens : la Bohême calviniste n’est donc pas concernée, et les armées catholiques peuvent l’attaquer librement : Tilly et Bucquoy écrasent les révoltés de Bohême à la bataille de la Montagne Blanche Bila Hora près de Prague le 8 novembre 1620. Leur déroute est complète et la reprise en main de la Bohême très énergique.
Frédéric V est vaincu, 1 an et 4 jours après le début de son règne : il reste pour la postérité le Roi d’un hiver. Il est mis au ban de l’Empire, ses territoires sont confisqués et il doit s'exiler en Hollande. Il est plus tard déchu de son titre d’Électeur au profit de Maximilien de Bavière. Celui-ci reçoit en outre une partie du Palatinat.
En Bohême, les responsables de la révolte sont condamnés à mort exécution de 27 leaders protestants tchèques à Prague le 21 juin 1621, la Lettre de majesté de Rodolphe II est révoquée, une intense campagne de restauration du catholicisme et de germanisation est entreprise. La couronne élective devient héréditaire au profit des Habsbourg et le siège de la Cour est transféré à Vienne : l'exécution marque symboliquement la fin du soulèvement des nobles de Bohême et de la période bohémienne de la Guerre de trente ans.

Campagnes de Tilly et principales batailles 1619-1623.

Les Espagnols commandés par Spinola occupent le Palatinat qui leur servira d'étape stratégique importante entre leurs domaines du Milanais où stationnent leurs troupes et les Provinces-Unies. À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le comte-duc d’Olivares, catholique très zélé ; celui-ci, véritable responsable des affaires, est partisan convaincu d’une collaboration étroite avec les Habsbourg d’Autriche.
De nombreux princes protestants estiment que l’empereur a outrepassé ses droits ; c’est une cause majeure de la poursuite et de l’extension du conflit. Trois princes, à la tête de troupes de mercenaires, restent en armes : le comte Ernst von Mansfeld, le plus redoutable, retourne vers les rives du Rhin avec 20 000 hommes ; les deux autres, Christian de Brunswick et Georg Friedrich de Bade-Durlach ont chacun 15 000 hommes. Ces troupes d’aventuriers sont autant, sinon plus, motivées par l’appât du gain et les perspectives de pillage que par leur conviction religieuse. Tilly se porte vers les régions rhénanes pendant les années 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour à tour au cours de plusieurs batailles à Wiesloch, victoire protestante, à Wimpfen, à Höchst — victoires de la Ligue alliée aux Espagnols de Spinola sans résultat définitif. Toutefois, lors de la bataille décisive de Stadtlohn le 6 août 1623, Tilly met en déroute complète l’armée de Christian de Brunswick : les forces catholiques contrôlent le sud et l’ouest de l’Allemagne mais ces combats sont accompagnés de destructions, de pillages et d’exactions très importants par les armées en campagne. La France voit avec dépit le déséquilibre qui s’instaure au profit du parti des Habsbourg.

La période danoise 1625-1629

Christian IV
En 1625, Christian IV de Danemark se décide à intervenir dans le conflit. Ce monarque luthérien, également duc de Holstein et comme tel vassal de l’empereur, veut à la fois défendre le luthéranisme et, si possible, étendre ses possessions en Allemagne du Nord. La France, sollicitée mais en proie à des difficultés intérieures, se limite à accorder une aide financière. Les troupes danoises sont commandées par Ernst von Mansfeld. Elles trouvent sur leur route non seulement les armées de la Sainte Ligue dirigées par Tilly, mais aussi une armée impériale nouvellement levée et placée sous le commandement d’Albrecht von Wallenstein, le plus grand condottiere de son temps, homme d’intrigue autant — sinon plus — que militaire de talent.
Les Danois et leurs alliés allemands sont défaits tour à tour par Wallenstein le 25 avril 1626 à Dessau pour les Allemands et par Tilly le 27 août à Lutter pour les Danois. Wallenstein livre bataille et vainc Gabriel Bethlen à Neuhäusel en Hongrie. Puis les armées catholiques, à nouveau réunies, traversent le Holstein, pénètrent au Jutland : pour sauver son royaume, Christian IV est contraint de signer la paix de Lübeck le 12 mai 1629, par laquelle le Danemark s’engage à ne plus intervenir dans les affaires de l’Empire. C’en est fini de ce pays en tant que grande puissance européenne. Les forces catholiques dominent l’Allemagne du Nord, malgré l’échec de Wallenstein devant la ville hanséatique de Stralsund, les princes catholiques, inquiets de la domination de Wallenstein, s’opposent à ce que Tilly le rejoigne. Wallenstein s’est lui-même toujours abstenu de trop aider Tilly lorsqu’il en a eu la possibilité : alors que ce dernier est toujours motivé par sa fidélité à ses convictions et à son camp, Wallenstein est principalement mû par l’ambition personnelle.
Débarrassé du danger danois, l’Empereur peut envoyer ses troupes en Italie du Nord pour appuyer les Espagnols qui combattent les troupes françaises envoyées par Richelieu dans la guerre de Succession de Mantoue et du Montferrat.

Albrecht von Wallenstein

L’empereur récompense richement Wallenstein en ajoutant à ses possessions en Bohême de nouveaux territoires en Silésie et dans le Mecklembourg et en le nommant amiral de la Baltique41 : véritable maître de l’Allemagne du Nord, il devient un presque souverain, d'où la jalousie des princes de la Ligue catholique. Par ailleurs, la France agit en sous-main pour les convaincre qu’ils ont intérêt à limiter les pouvoirs de l’empereur. À la diète de Ratisbonne en août 1630, ils imposent à Ferdinand II de relever Wallenstein de son commandement. Celui-ci se retire dans ses domaines de Bohême et Tilly le remplace à la tête des troupes impériales. Les effectifs des armées catholiques sont diminués.
Par ailleurs, l’édit de restitution du 6 mars 1629 pris par Ferdinand II exige le retour à l’Église catholique de tous les biens perdus par elle depuis 1552 et Tilly est chargé de son application. Il y gagne auprès des protestants une réputation détestable, largement outrancière car lui-même fait ce qu’il peut pour limiter les exactions de ses troupes.

La période suédoise 1630-1635

La diplomatie de la France s’exerce aussi auprès du roi luthérien de Suède Gustave II. La Suède, puissance montante de la Baltique qui vient de vaincre la Pologne, a des vues sur la Poméranie et voit défavorablement la puissance catholique s’installer en Allemagne du Nord. Par le traité de Bärwald le 23 janvier 1631, Gustave Adolphe s’engage à intervenir en Allemagne et la France à lui verser 400 000 écus par an. Les Suédois doivent respecter le culte catholique et l’indépendance de la Bavière. Dès la fin du mois, ils mettent pied en Poméranie et au Mecklembourg. Un traité secret est par ailleurs conclu entre la France et la Bavière pour se garantir mutuellement leurs possessions sur le Rhin.

Gustave-Adolphe débarque en Allemagne

Gustave Adolphe est un génie militaire. Il commence par éviter le combat contre l’armée de Tilly, afin de lui ôter l’initiative. Celui-ci, probablement pour forcer son adversaire au combat, investit la ville protestante de Magdebourg où se tient une garnison suédoise. Ravagée par l’incendie et mise à sac voir sac de Magdebourg sans que les circonstances en soient complètement éclaircies, la ville est réduite en ruines. Tilly se retire vers la Thuringe, ravage la Saxe qui se rallie alors aux Suédois et affronte Gustave Adolphe le 17 septembre à Breitenfeld. L’armée impériale est écrasée. Gustave Adolphe poursuit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés sont dévastés, les Suédois atteignant la Franconie, l’Alsace, la Lorraine et en particulier les Trois-Évêchés, les pays rhénans avec la ville de Mayence l'Aurea Moguntia et se dirigent vers Munich.
Ferdinand II ne peut que rappeler Wallenstein. Celui-ci accepte de recruter et diriger une nouvelle armée mais à des conditions exorbitantes qui le font discuter à égalité avec l’empereur. Les armées catholiques ne font pas leur jonction : pendant que Wallenstein chasse les Saxons de Bohême, Tilly affronte une nouvelle fois les Suédois à Rain am Lech le 15 avril 1632 : il y est grièvement blessé et ses troupes sont vaincues. Lui-même, après avoir organisé la défense de Ratisbonne et d’Ingolstadt, meurt dans cette dernière ville.
Wallenstein s'installe dans le camp fortifié de Zirndorf non loin de la ville de Nuremberg occupée par les Suédois. Ceux-ci assiégés tentent vainement de le déloger et subissent leur première défaite majeure du conflit en attaquant vainement ses positions d'Alte Veste le 3 septembre 1632. Ils sont contraints d'abandonner Nuremberg tandis que Wallenstein prend l'offensive, s'empare de Leipzig et menace les liaisons des Suédois avec la Baltique. Les adversaires se rencontrent à la bataille de Lützen le 16 novembre 1632. Gustave Adolphe est tué au cours de l’affrontement, mais les Suédois remportent néanmoins la victoire sous le commandement repris par Bernard de Saxe-Weimar. La mort de Gustave Adolphe désorganise quelque peu le commandement de l’armée suédoise.

L’assassinat de Wallenstein

L'héritière du royaume, Christine de Suède, âgée de six ans, laisse gouverner le régent Axel Oxenstierna qui poursuit la politique allemande de Gustave Adolphe.
De son côté, Wallenstein n’exploite pas l’avantage qu’il aurait pu tirer de la nouvelle situation et commence à travailler pour son propre compte, négociant avec les ennemis de l’empereur Suède, France, électeurs de Saxe et de Brandebourg dans le but de se constituer son propre royaume. Ferdinand II, convaincu de sa trahison, le relève secrètement de ses fonctions et le fait assassiner le 25 février 1634 avec l’aide de certains de ses officiers, notamment Gallas et Piccolomini.
Les catholiques peuvent alors reprendre l’avantage, menés par l'archiduc Ferdinand, futur Ferdinand III avec les généraux de Wallenstein Ottavio Piccolomini et Matthias Gallas ralliés à l’empereur ; ils battent les protestants à Ratisbonne le 26 juillet puis, avec l’aide des Espagnols sous le commandement de l’autre Ferdinand fils de Philippe III d'Espagne, cousin du précédent, le Cardinal-Infant en route vers les Pays-Bas, à Nördlingen le 6 septembre 1634.

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Posté le : 19/06/2015 17:29
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
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Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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