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Réincarnation ? pas réincarnation ? 1
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Jean-Louis Siémons :

La réincarnation : De l’animisme au spiritisme deux modèles « réalistes »

26 Mars 2015

Extrait de La Réincarnation, Des preuves aux certitudes Éditions Retz 1982
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Le rapprochement qui s’offre ici entre les croyances nourries par les peuples isolés de la civilisation, souvent appelés sociétés animistes, et le système philosophique des spirites modernes est purement fortuit. Que le lecteur n’y voie aucune intention péjorative vis-à-vis de ce dernier. Mais il se trouve que ces deux grands groupes de témoins de la réincarnation entretiennent ouvertement des « rapports directs » avec le monde des défunts ; il en résulte que leurs représentations de l’itinéraire post mortem de l’entité humaine sont généralement empreintes d’un grand réalisme. L’au-delà n’est pas loin : on le toucherait presque.
Et les explications données sur le retour à l’existence terrestre évoquent généralement la ré-incorporation — plus ou moins complète selon les cas — des éléments de l’entité personnelle antérieure. Sous l’angle de la réincarnation, on a donc affaire à des modèles de type conservatif des réalités terrestres. Une existence prolonge la précédente, parfois d’une façon très étroite. Ces modèles, susceptibles d’atteindre une grande complexité, peuvent cependant dégénérer en une croyance populaire simpliste, et fort répandue « je suis aujourd’hui le même être qui a vécu jadis ».

À la recherche d’un modèle primitif de la réincarnation

Un monde bien étrange Une sévère mise en garde


Il y a mille et une manières de vivre la religion; depuis la préhistoire, les hommes n’ont jamais cessé d’en faire la démonstration et, sur le thème de la renaissance, les variations dont on retrouve la trace dans le détail ne sont pas moins nombreuses.
Dans un souci légitime de dégager quelques modèles types de réincarna­tion dans cette exubérance, l’esprit de méthode cartésienne suggère d’aller du plus simple au plus complexe.
Selon un réflexe bien ancré dans notre mental occidental, la tentation est grande de chercher d’abord à tracer un modèle archaïque — par une espèce d’évidence axiomatique, nous croyons volontiers que ce qui est archaïque est simple, fruste, puéril même — pour montrer ensuite com­ment les irrésistibles-progrès-de-l’esprit-humain ont pu graduellement apporter des perfectionnements successifs, donnant lieu à des modèles de plus en plus raffinés, par une espèce de mouvement ascendant irré­versible .
C’est un peu cet esprit systématique qui a d’ailleurs guidé les premiers anthropologues et ethnologues. Des pionniers comme sir E. Tylor au XIXe siècle, ou sir J. G. Frazer, ont ainsi cherché à expliquer la genèse des religions. Mais, tout en faisant un travail considérable de défriche­ment, ils n’ont pas pu s’empêcher d’introduire ici et là des conceptions de « civilisés supérieurs » vis-à-vis des sociétés dites « primitives », et certaines idées un peu simplistes qui n’ont plus guère droit de cité aujourd’hui.
« Fétichisme, animisme, totémisme, etc., sont des étiquettes promenées devant nos yeux pour faire croire qu’on avait compris de soi-disant primitifs », écrit le prof. Jean Guiart dans son introduction aux Rites de la Mort . Sévère mise en garde : on croit toujours comprendre l’autre, en déchiffrant le langage de ses gestes et de ses paroles à l’aide d’un code rationnel — qui est rarement tout à fait le sien. Dans ce sens, rien n’était plus facile que de prêter aux « sauvages » des mobiles et des concepts qui leur étaient en réalité parfaitement étrangers. La notion d’âme humaine individuelle — et de réincarnation de l’âme — résulte-t-elle d’une élaboration mentale « primitive » ? La plus grande prudence est donc requise dans tous les rapprochements que l’on peut être tenté de faire.

Le monde primitif — un univers parallèle

Pour l’ethnologue qui s’y introduit, la société des Indiens de l’Orénoque ou des Papous d’Océanie n’est plus aujourd’hui un monde attardé, arriéré, sans passé, ni racines. Le mot primitif n’est vraiment pas de mise : on aborde ici un monde différent, une sorte d’univers parallèle qui a sa structure et ses lois, et dont l’histoire remonte peut-être à des civilisations d’un lointain passé qui ont eu leur heure de gloire — comme ces grands royaumes ou empires africains dont on ne connaît plus guère que le nom.
Bien que la multiplicité et la diversité des sociétés non mécanisées qui existent encore de nos jours soient considérables, on peut cependant dégager certaines constantes qui les caractérisent d’une manière très générale.
Ces peuples, ces tribus qui vivent — ou s’efforcent de survivre — en étroit contact avec la nature, forment des familles humaines cimentées par des traditions où chaque chose, chaque être est appelé à contribuer, par le rôle qu’il joue, à maintenir la cohésion du groupe et son renou­vellement.
Fréquemment, un réseau compliqué de mythes rend compte de l’ordre des choses, explique aussi bien la cosmogenèse que l’anthropogenèse, et révèle les relations nécessaires entre l’homme et l’univers — visible et invisible — où s’insère l’être vivant.
La succession régulière des événements cosmiques — cycles de la lune, alternance des saisons réglant les pratiques culturales et la chasse — domine la vie du clan et se reflète dans les rythmes de l’existence indi­viduelle ou collective : la naissance et la mort d’un homme sont pareillement des événements attendus, programmés, en conformité avec les modèles cosmiques. Mais, pour la société humaine, l’association har­monieuse avec les forces de la nature exige que tout se fasse selon la bonne norme : les rites, religieux ou magiques, marquent le passage d’une phase à l’autre de l’existence de l’homme (naissance, initiation à l’âge adulte, mort…), tout comme ils célèbrent les nœuds saisonniers, ou les différentes mutations de la lune.
Comme tout n’est pas parfait sur cette terre, et que d’invisibles dangers menacent le groupe ou l’individu — pour des causes méritées ou non — le rituel et la magie interviendront encore pour gagner un surcroît de force surnaturelle — on peut penser ici au mana des Mélanésiens — ou pour conjurer les mauvaises influences.
Pour l’Occidental, tout peut paraître étrange et insaisissable dans cet univers parallèle où s’entrecroisent mille fils mystérieux et où l’individu est entièrement soumis à une collectivité, dans laquelle il occupe cepen­dant la place reconnue, et consacrée par le rite, d’un acteur indispen­sable. Le groupe ne vit que par son respect de l’ordre traditionnel, héri­tage de quelque lointain héros, ancêtre glorieux, ou Dieu, fondateur de la tribu et dispensateur de la civilisation.

L’économie « primitive » de l’âme

Qu’en est-il de l’âme?

Tout ici s’articule autour de la pérennité du groupe considéré comme un tout vivant en perpétuel devenir : on devine que chaque membre est dépositaire, transitoirement, d’une partie de la richesse de ce groupe. Et un aspect essentiel de cette richesse est le pouvoir de vie qui anime l’ensemble des individus.
Quelles que soient les croyances professées sur la constitution de l’homme, on retrouve un élément quasi constant : l’enfant qui naît reçoit en partage un peu de la substance-de-vie qui est la propriété du tout, et il la restituera au « pot commun » lors de son décès. Générale­ment cette énergie vitale sera recyclée assez vite, éventuellement après s’être introduite dans quelque forme vivante — plante ou animal — ou être restée en suspens dans certains lieux… en attendant le passage d’une femme appelée à devenir mère.
Dans de nombreux cas, le transfert de cette énergie se fait traditionnelle­ment dans la même lignée familiale, de l’aïeul au petit-fils. Cette croyance est très répandue et, en de nombreux points du globe (pratiquement sur tous les continents en dehors de l’Europe les ancêtres « revivent » dans leurs descendants qui portent leurs noms à intervalles répétés.
La collation du nom est une opération importante dans la vie organique du groupe : il convient de préciser quel antécédent est venu dans un nouveau-né, ré-actualiser le personnage qu’il fut — et qu’il continue souvent d’être dans le monde des défunts où il occupe sa place légitime. Il arrive que la future mère soit visitée en rêve par un aïeul qui lui annonce son retour, ou la prie de le porter dans son sein. En cas d’in­certitude, l’examen du bébé à la naissance peut lever les doutes si l’enfant porte sur le corps des marques correspondant à celles d’un ancêtre connu (cicatrices de blessures, malformations, etc.). En tout état de cause, le devin, celui-qui-sait-lire-les-signes, sera consulté : l’enfant nouveau-né ne sera vraiment individualisé et reconnu comme membre du groupe que lorsqu’il aura reçu son nom.
Le nom résume l’essence et la puissance d’un être. Porter le nom d’un ancêtre permet d’accéder au monde des vivants, mais encore faut-il apprendre les promesses et les devoirs que comporte ce privilège : l’ini­tiation permettra (entre autres) d’en prendre pleine conscience.
Lorsque survient la mort, il convient que l’« âme-animante » du défunt soit convenablement restituée au groupe vivant : il faut alors procéder aux rites, souvent fort complexes, assurant, dans les bonnes règles, la métamorphose du défunt en ancêtre occupant une place assignée dans l’économie du groupe. C’est encore une initiation — parfois périlleuse pour le défunt — servant à franchir tous les obstacles avant d’atteindre la sécurité du nouvel état — on devrait peut-être dire de la nouvelle fonc­tion d’homme décédé.
La solidarité permanente entre membres du groupe exige la participa­tion active des vivants sous forme de rites et de sacrifices, pour seconder le mort dans ses mutations : par un juste retour des choses, ce dernier n’inquiétera pas les vivants par des manifestations indésirables (appari­tions effrayantes, possessions…) et, au contraire, contribuera à la protection de la tribu. Au fil des années se maintiendra le contact entre tous les participants du groupe (vivants et défunts) à l’occasion de fêtes et de cérémonies particulières.
Le tableau que nous venons de tracer — d’une manière un peu trop schématique, sans doute — nous invite à nous poser de nouvelles questions sur ce qu’on appelle souvent la réincarnation chez les pri­mitifs.
Lorsque, par exemple, les Yoruba du Nigeria saluent un bébé par ces mots : « tu es venu ! » et cherchent sur son corps des signes pour iden­tifier l’ancêtre qui est à nouveau présent parmi eux, ou lorsqu’ils appellent un garçon Babatunde (Père est revenu) ou une fille Yekunde (Mère est revenue) , quelle signification accordent-ils à ces mots ? Pensent-ils seulement à un souffle de vie qui se perpétue, une sorte de prâna, sans cesse recyclé, porteur de l’énergie des hommes du passé, ou ajoutent-ils des éléments psychiques à cette pure vitalité animale ?
La personnalité de l’aïeul est-elle présente tout entière, ou délègue-t-elle seulement une fraction d’elle-même dans son rejeton ?
On pourrait répondre, assez facilement, que dans de nombreux cas l’ancêtre semble conçu comme demeurant toujours dans son propre monde désincarné, tandis que les vivants bénéficient de son influence magnétique et ne sauraient vivre sans elle [5]. Il arrive que plusieurs vivants portent le nom du même antécédent. Parfois même grand-père et petit-fils coexistent : l’enfant est alors considéré comme le frère de l’homme dont il porte le nom — jusqu’au jour du décès où il devient pleinement l’actualisation de son prédécesseur.
Cependant la réalité est évidemment complexe et il faut se garder de généralisations hâtives. La conception de l’homme chez le « primitif » est souvent loin d’être primitive, comme on va le voir.

De la pluralité des âmes

En pénétrant de plus près les sociétés restées à l’abri de la « civilisation », on constate dans bien des cas que les idées qu’elles entretiennent sur la constitution de l’homme sont particulièrement élaborées.
La partie invisible de l’homme est en réalité perçue comme une pluralité d’« âmes ».
Le spectre des croyances dans ce domaine est très étendu : certains ajoutent seulement à l’aspect physique de l’énergie animale une compo­sante psychique, une sorte d’individualité humaine ; d’autres atteignent des niveaux de grande complexité par une analyse très subtile de l’être humain — qui n’est pas sans rappeler les vues entretenues sur ce sujet par les anciens Égyptiens ou les kabbalistes.
Par exemple, les populations de l’ancienne Chine semblent s’être contentées d’une simple dualité : une âme vitale et une âme individuelle, dont les voies de devenir se séparent après la mort, sans qu’il y ait de survie très prolongée promise à la partie vraiment humaine .
D’autres ont ajouté à l’« âme-du-sang » (assurant la vie végétative du corps) et à l’âme-aérienne (intelligente et responsable de la vie psy­chique) un ou plusieurs éléments remplissant des fonctions définies et subissant après la mort des sorts différents, selon la conduite de l’homme terrestre.
On trouve dans l’ouvrage mentionné sur les Rites de la Mort une illustration de la complexité à laquelle peut s’élever la représentation « primitive » de l’homme. Ainsi, dans un exemple cité, chez les Iafar de Nouvelle-Guinée, la personne vivante ne comprend pas moins de trois entités abstraites et deux éléments corporels, sans oublier deux esprits sylvestres attachés à l’individu.
Si on laisse de côté les aspects corporels (le sang et les os) qui inter­viennent dûment après la mort, on trouve, outre le principe vital indis­pensable aux fonctions du corps, ce qu’on peut appeler, en langage occidental, un « moi dynamique » et un « moi rationnel ».
Le premier, lié au mouvement et à l’action, est inconscient, irrationnel et pour cette raison demande à être tenu sous contrôle. Il deviendra plus tard un fantôme en quête de nourriture.
Le moi rationnel correspond le mieux à notre idée courante de l’âme. Pensée et volonté sont ses attributs. À l’état de veille, il contrôle le moi dynamique dont la présence est nécessaire à cet état.
Cette description, qui ne manquera pas d’inspirer au psychanalyste certains rapprochements, se complique par l’intervention de deux esprits sylvestres, très personnalisés : le premier est le double exact de l’homme et disparaît à sa mort, tandis que le second, plus spirituel dans cette catégorie, est l’« esprit-gardien » qui veille sur l’être pendant toute sa vie. Bien qu’anonyme il s’attache exclusivement à un homme donné. Après la mort, alors que le principe vital disparaît (avec peut-être la possibilité d’un recyclage futur), l’esprit-gardien réunit le sang et le moi rationnel : l’ensemble devient l’esprit du mort qui pourra éven­tuellement communiquer encore avec les vivants, par la possession de médiums en transe.
La genèse de l’homme, particulièrement du « moi rationnel », n’est pas ici clairement élucidée. Dans d’autres modèles, on remarque l’inter­vention d’un Dieu donnant naissance à chaque nouvel être qui, en s’in­carnant, ne manque pas d’utiliser des éléments vitaux et humains antérieurs recyclés dans le monde terrestre.

Des cas de réincarnations authentiques
Encore des perfectionnements

Dans certaines traditions, on voit émerger l’idée d’une individualité permanente capable de se réincarner. Par exemple, selon Edwin Smith , chez les Ba-ila de Rhodésie chaque homme possède un esprit-gardien, un musedi qui l’accompagne et le protège, et qui est l’homme lui-même passant de vie en vie.
Un témoignage intéressant a été rapporté sur certaines croyances des Zoulous par Patrick Bowen qui vécut longtemps en Afrique. Aux termes d’informations reçues de la bouche des Sages (Inanusi) dont Bowen avait gagné l’amitié, il apparaît que l’homme est constitué d’une âme (Idhlozi) animant le corps et renfermant en elle-même une étincelle d’Itongo l’Esprit universel. À la mort, l’Idhlozi rôde quelque temps près du cadavre puis s’en va vers un monde appelé Esil-weni, les « lieux des Bêtes », où elle revêt une forme mi-humaine mi-animale. Après une période, correspondant à une sorte d’épuration, dont la durée est pro­portionnée à l’animalité du défunt, l’âme rejette sa forme bestiale et atteint finalement un lieu de repos. Elle s’y endort, jusqu’à l’heure où des rêves l’avertissent que quelque chose l’attend sur la terre, des devoirs à accomplir, des leçons à apprendre. Alors, sortant de son sommeil, l’âme regagne notre sphère, non sans traverser à nouveau Esil-weni, pour renaître comme un enfant. C’est ainsi que voyage l’âme, de vie en vie, jusqu’au moment où elle parvient à un point où, quittant son corps, elle s’unit à Itongo qui est sa source originelle .
Que ce schéma, contenant certains des grands thèmes qui caractérisent la réincarnation à l’orientale, soit l’expression authentique de croyances populaires, ou résume une sorte de tradition initiatique réservée à quelques élus , nous ne pouvons guère le dire. Il atteste cependant une croyance à la renaissance d’une entité humaine individuelle, pro­mise à une communion finale avec le divin, au terme de nombreuses incarnations.
Entre cette vision très « spirituelle » des Sages Zoulous, et les croyances animistes les plus « élémentaires », où l’on ne semble pas tenir grand compte d’un ego humain et de ses progrès possibles, il y a place pour toutes sortes de modèles où l’esprit individuel entre en ligne de compte et se réincarne effectivement.
On peut citer ici, par exemple, le cas des indigènes d’Okinawa (Paci­fique Nord). Pendant la seconde guerre mondiale, un soldat américain recueillit de la bouche d’un autochtone — ancien bibliothécaire de la préfecture d’Okinawa — des informations particulièrement intéressantes sur les croyances religieuses de ses concitoyens.
Selon le témoignage de ce soldat, il est apparu que la majorité de la population à Okinawa avait adopté l’idée d’une déité, sans forme ni sexe, et croyait à la réincarnation de l’être humain, sans possibilité d’entrer dans des corps animaux. En résumé, cette croyance répond au schéma suivant : « Après la mort d’un homme, l’esprit reste dans sa demeure pendant 49 jours; le 49e jour, les services funèbres en sa mémoire ayant été accomplis, l’esprit a accès à Gusho — ce qui signifie « après le monde présent ». La période vécue dans l’état post mortem est variable, mais les gens d’Okinawa croient que l’esprit retourne généralement au bout de sept générations, pour produire un individu ressemblant fortement au précédent personnage incarné. Les esprits ne se réincarnent pas tous, certains demeurent en Gusho indéfiniment et accueillent les nouveaux arrivants à cet état. Il faut bien se représenter que la conception de Gusho, selon la tradition d’Okinawa, est celle d’un état spirituel, où seul existe l’esprit de l’homme… Ce n’est pas le mental mais l’esprit qui se réincarne… le mental étant, pour sa part, reçu par l’individu par descendance ancestrale. »

Des cas scientifiquement étudiés

La croyance en une renaissance authentique semble bien attestée chez divers peuples d’Indiens d’Amérique. Le prof. Stevenson a réuni dans ses dossiers un bon nombre de cas de « réincarnation personnalisée » chez les Indiens Tlingit (ou Toloche) d’Alaska
On retrouve ici divers traits caractéristiques de la représentation primi­tive du monde. Ces Indiens partagent avec d’autres tribus d’Alaska la croyance au retour des parents décédés au sein du groupe social, voire de la même famille. Cette perspective a l’effet salutaire de liquider toute peur de la mort chez les Tlingit — de même d’ailleurs que chez les indigènes d’Okinawa qui ont montré une singulière résistance nerveuse dans l’enfer de la dernière guerre. Certains même espèrent une mort rapide pour revenir dans des conditions meilleures : l’idée d’un progrès pos­sible est apparente. Ici encore, pour donner son nom au nouveau-né, on accorde une attention particulière aux rêves de la future mère, aux marques de naissance, aux ressemblances de l’enfant avec un parent défunt.
Le prof. Stevenson a même rapporté des cas bien singuliers : par exemple un homme vieillissant choisit délibérément le cadre de sa future naissance en dehors de sa lignée familiale ; de son vivant, il vient annoncer son retour à ses futurs parents d’élection. Joignant le geste à la parole, il découvre sur son propre corps des cicatrices bien caractéristiques, qui « personnaliseront » l’enfant à sa naissance. Il va même jusqu’à confier à la mère potentielle un objet personnel qu’il se promet d’identifier comme sa propriété. Le plus curieux de l’histoire est que le rejeton annoncé naîtra bien porteur des marques prévues et reconnaîtra, le jour venu, « son bien » dans l’objet tenu en réserve ; il recevra bien entendu le nom du décédé qui est, comme on doit bien l’admettre, le seul qui lui convienne. Pour les Tlingit, tout cela est bien naturel.
Les croyances de ces Indiens sur la vie et la mort sont bien moins éla­borées que celles des hindous ou des bouddhistes : leur ciel (Kiwaa) n’a pas la structure compliquée admise par les tribus Eskimo de l’Alaska, pour qui le cycle de la réincarnation implique une purification graduelle jusqu’à une libération finale. Selon Ian Stevenson, les Tlingit conce­vraient la renaissance d’une manière plutôt bouddhiste : « l’ancienne personnalité donne lieu à la nouvelle, comme une chandelle avant de s’éteindre peut en allumer une nouvelle et ainsi continuer la série [13] ». Chez ce peuple, les enfants qui se souviennent assez clairement de leur incarnation précédente sont relativement nombreux (il serait question d’un cas sur 500 environ). D’après les descriptions fournies par les enquêtes, il ne fait pas de doute dans l’esprit des gens que c’est le même je qui transite d’une vie à l’autre. L’enfant affirme : j’ai été untel, j’ai eu telles occupations, je veux revoir ma famille ; je ne suis pas ton neveu, je suis ton frère. Et si, d’aventure, une connaissance de la vie précédente passe dans la rue, l’enfant s’écrie avec un grand débordement d’émotion : « voici ma Susie! ». Au moins au début de la vie, les impres­sions sont si fortes que chacun est persuadé que l’ancienne personnalité est effectivement revenue.
Plus tard, comme c’est la règle générale dans les cas observés partout dans le monde par Stevenson, les images vivantes du passé s’estompent la nouvelle personnalité du jeune Tlingit se développe et finit par perdre tout souvenir actif de son antécédent.
À la lecture de l’ouvrage de Stevenson, les descriptions ne diffèrent pas beaucoup selon qu’on a affaire à des cas observés chez des bouddhistes de Ceylan, des hindouistes de l’Inde, des druzes du Liban, des chrétiens du Brésil ou des Tlingit d’Alaska : c’est bel et bien une personnalité ancienne qui, croit-on, se manifeste à nouveau avec évidence, et les vivants ont même parfois tous les moyens de l’identifier dans le jeune enfant qui lui sert de demeure.
Nous reviendrons plus loin sur l’analyse des cas du prof. Steven­son [Voir chap. VII].

Quelles conclusions tirer ?

Avec les primitifs, on est « en présence d’hommes, et de femmes de chair et de sang », selon les mots de Jean Guiart , qui ont su construire une vision positive du monde qui les aide à affronter toutes les situations — en particulier la mort et ses conséquences. Pour nous, la mort c’est la fin absurde de tous nos efforts ; pour eux « la mort est à la fois un com­mencement, dans l’au-delà, et l’occasion d’un remplacement, chez les vivants »
Pour élaborer un modèle (même très schématique) des croyances primitives sur les espérances de retour sur terre, il faut donc se pénétrer d’une mentalité différente, qui donne la primauté au collectif sur l’indi­viduel, et reconnaît à une tradition ancestrale la sagesse de tout ordonner pour le plus grand bien du groupe et de l’individu qui lui appartient.
Un autre trait important à souligner est l’acceptation de la vie. Dans une société où tous les membres sont obligés à la solidarité, où l’esprit de chacun est rassuré par un réseau d’explications logiques assorties de comportements et de pratiques exorcisant l’angoisse, il fait bon vivre, et la mort ne fait pas peur puisqu’elle n’est que le côté caché de la vie. On est loin du pessimisme des hindous et des bouddhistes qui se lamentent sur la nécessité de renaître. On sait combien la fer­tilité des individus en âge de procréer a préoccupé — quasi univer­sellement — les populations archaïques du globe : avoir beaucoup d’enfants est souhaitable et renforce la vitalité du groupe.
Cela dit, quelles sont, dans les grandes lignes, les perspectives de réincarnation ? Nous pouvons résumer tout ce qui précède par les observations qui vont suivre.
Tout d’abord, après la mort, on doit logiquement prévoir plusieurs destins possibles.
En dehors de quelques puissantes personnalités qui ont qualité pour être immortalisées dans l’au-delà (ancêtres civilisateurs, plus ou moins divinisés, chefs et hommes remarquables, intermédiaires actifs entre le visible et l’invisible, etc.), le sort des gens du commun est toujours variable. Les défunts qui répondent à la bonne norme sont aidés par les vivants à devenir des ancêtres : ils vont se fixer dans un séjour adéquat (plus ou moins facile à atteindre) localisé dans le monde sou­terrain, ou bien sur terre (près des vivants , ou dans un endroit inac­cessible) ou encore dans les espaces aériens ou célestes.
Les autres, qui meurent mal, dans des conditions suspectes ou répu­tées néfastes, sont privés des soins dus aux morts honorables : ils deviendront des esprits errants voués à la solitude et à l’extinction.
Ainsi, le mérite de l’individu vis-à-vis du groupe est déterminant pour son avenir post mortem. Il est clair que le groupe cherche à assurer la pérennité de ce qui lui a conféré force et valeur — pour en recevoir en contrepartie une protection efficace — en rejetant au contraire de son univers tout ce qui l’affaiblit et l’inquiète, ce qu’il ne peut assimiler dans le cadre de sa tradition ; ou encore ce qui n’a plus pour lui d’uti­lité objective : chez les Iafar de Nouvelle-Guinée, la femme âgée, devenue incapable de procréer, ne fait déjà plus partie des vivants ; le moment de la ménopause est l’occasion d’une cérémonie d’ouverture de deuil où, en quelque sorte, la femme entre en agonie : si elle tarde à mourir, elle risque même finalement d’être chassée du village pour aller mourir seule un jour dans la forêt .
La manifestation objective des morts dans le monde des vivants est assez fréquente, surtout dans la période qui suit le décès ; d’où les rites de conjuration visant à éviter l’apparition des fantômes et autres interventions indésirables des défunts.
La possession d’un vivant par l’esprit d’un mort (ou une divinité plus ou moins maléfique) est un événement redoutable : la collectivité doit se mobiliser pour chasser l’influence néfaste. La magie intervient ici de façon indispensable. Si, d’aventure, la possession est au contraire le fait d’un esprit bénéfique, le groupe humain entier cherchera à en bénéficier et à retenir dans sa sphère l’influence protectrice. Médiums, devins et sorciers jouent naturellement un rôle essentiel dans ces rapports avec les décédés.
Pour ce qui est du retour sur terre d’un « quelque chose » ayant appartenu à un vivant, on trouve plusieurs possibilités.
Le plus généralement c’est la vitalité, l’âme-du-sang qui animait le défunt qui est « recyclée » et sert à donner la vie à un nouveau membre du groupe : rien ne se perd — au contraire même, puisque le groupe échange « un vieux pour un jeune ». L’arbre de la tribu perd quelques branches au fil des ans mais bourgeonne sans cesse, et ainsi se régé­nère.
Dans ce cas fréquent, de toute évidence on ne peut pas parler fran­chement de réincarnation chez les primitifs.
Mais les choses sont souvent aussi plus compliquées par le fait que cette vitalité est également porteuse d’une information particulière, d’une image dynamique de son précédent propriétaire ; elle n’est pas un simple fluide neutre servant uniquement à donner vie à un auto­mate inerte, elle a en outre le pouvoir d’imprimer dans l’enfant qui en bénéficie quelque chose de l’individualité du défunt : les cicatrices de son corps sont des marques extérieures qui réapparaîtront, mais les vertus (et les défauts) des morts ne manqueront pas non plus de se réaffirmer de quelque manière dans la personne du nouveau-né. La colla­tion du nom de l’aïeul à l’enfant scelle l’identification des deux êtres à travers la mort. Même si le défunt n’est pas, à proprement parler, réincarné dans le nouveau-né et continue de participer régulièrement au monde des morts, il a projeté, dans l’être qui le relaie sur la terre, des éléments non seulement physiques mais aussi psychiques — ou mentaux — d’un dynamisme tel que la collectivité des vivants le considère comme étant aussi présent réellement dans son descendant.
Peut-être, dans ce cas, peut-on commencer à parler de réincarnation, en s’en tenant à la définition de Ian Stevenson donnée plus haut dans l’Introduction, si on admet que des éléments mentaux de l’aïeul ont persisté avec une certaine cohésion et se sont associés plus tard au corps physique du petit-fils.
Bien entendu, comme nous l’avons vu, il existe aussi chez certains peuples des exemples flagrants de croyance au retour effectif d’une âme intelligente dans des corps successifs — ce qu’on pourrait classer comme authentique réincarnation.
Il va de soi que l’économie du groupe exige que le recyclage des énergies vitales ou psychiques se fasse en circuit fermé : ce qui est propriété du groupe ne sort pas de son cercle pour aller renforcer des groupes étrangers. Un Dieu universel, ou des divinités de rang variable, peuvent bien insuffler des énergies nouvelles, mais on concevrait mal une fuite de vitalité vers l’extérieur : la réincarnation dans d’autres races ou groupes ethniques n’est pas envisagée. On renaît en famille.
Cette même économie fermée exige une rotation rapide de la subs­tance-de-vie. Le grand-père revient dans le petit-fils. Dans les cas attestés de réincarnation, l’« âme » ne traîne pas très longtemps dans les corridors du monde posthume : quelques jours à quelques années d’attente suffisent aux Tlingit pour trouver la voie du retour.
La notion de progrès individuel de vie en vie, par des efforts per­sonnels, ne s’affirme guère dans les groupes humains où l’intérêt est plus centré sur la prospérité de la collectivité que sur une quelconque émancipation de l’individu. Il y a, bien sûr, pour chacun, une incitation à se mobiliser et à se surpasser pour devenir un adulte reconnu de tous, et les jeunes initiés apprennent à connaître la figure de l’ancêtre qu’ils sont censés incarner, mais on n’aperçoit pas dans tout cela d’idées comparables au karma des Orientaux liant le passé vécu individuelle­ment au présent que l’on récolte. Si la maladie arrive, ou le trépas, il faut en chercher les causes dans l’action d’esprits maléfiques, ou dans un manquement grave aux règles de la tradition déchaînant des influences néfastes, plutôt que dans un effet rétributif d’une loi de justice universelle punissant les crimes d’une vie passée.
Dans notre rapide survol des conceptions sur la mort et l’après-­vie, nous avons rencontré des cas qui s’éloignent beaucoup de l’ani­misme pur, en évoquant des idées rappelant les hautes civilisations orientales. Dans ces cas précis, on peut se demander si l’on n’est pas en présence de notions « importées », à la faveur de contacts avec des peuples marqués par l’influence de l’hindouisme ou du bouddhisme. Inversement, d’ailleurs, on pourrait tout aussi bien se demander si, chez les peuples isolés de toute civilisation par des barrières naturelles, les croyances que nous constatons actuellement ne constituent pas le stade final d’une régression, à partir de schémas jadis plus spirituels, à la suite d’une évolution des idées dominée par la préoccupation de la survie, au sein de groupes de plus en plus menacés de dégénérescence, ou coupés de tous échanges avec les autres sociétés humaines.
Comme on vient de le voir, les choses sont loin d’être simples chez les « primitifs ».

Le modèle spirite La genèse d’un nouvel Évangile

Un produit récent : le système spirite
À la différence des systèmes primitifs dont l’origine se perd dans la nuit des temps, le spiritisme est, pour ainsi dire, un nouveau venu. On en connaît l’état civil et le curriculum vitae : nos arrière-grands-parents ont pu le voir naître et se développer à partir du milieu du XIXe siècle.
Après les premières manifestations paranormales autour des sœurs Fox (à Hydesville aux États-Unis), en 1848, et l’engouement qui se déchaîna bien vite pour les phénomènes merveilleux où les « Esprits » parlaient aux vivants par les tables tournantes, ou se rendaient visibles dans la pénombre des « séances », le mouvement « spiritualiste », comme on l’appela, gagna l’Europe sans retard et le nombre de ses adeptes accusa une croissance galopante. Bien entendu, ce n’était pas la pre­mière fois que les vivants dialoguaient avec les morts : on trouve des médiums dans toutes les civilisations. Généralement d’ailleurs l’évo­cation des défunts ne va pas sans des pratiques de sorcellerie peu recommandables, exigeant le sang de quelque victime : la nécro­mancie a été sévèrement mise à l’index par les grandes religions. La sorcière d’En-dor qui fit monter l’ombre de Samuel du noir domaine souterrain, pour permettre à Saül de l’interroger sur l’avenir, avait dû se réfugier à l’écart du monde : quelque temps auparavant, Saül avait fait exterminer pythonisses et devins. La Bible qui relate cet épisode (Samuel, XXVIII) est aussi formelle par la bouche de Moïse (Exode, XXII) : « tu ne laisseras pas vivre une sorcière ».
Les honorables gentlemen — comme sir William Crookes — qui commencèrent à se livrer à l’étude scientifique des phénomènes spirites n’étaient pas des sorciers, et, cette fois, la renaissance inopinée du spiritisme — à une échelle mondiale — avait quelque chose d’original : elle se produisait à une époque de plein essor de la science expérimentale. Par ailleurs — malheureusement — ce n’était plus une poignée de sibylles, ou de pures vestales que l’on consultait dans le sanctuaire de temples sacrés, mais M. ou Mlle Tout-le-monde qui s’était décou­vert le bon pouvoir, ou le fluide ad hoc, et qui se mettait en transe pour vous rapporter des nouvelles de vos chers disparus.
Cette multiplication surprenante des médiums dans la seconde moitié du XIXe siècle n’alla pas sans inconvénients, on s’en doute. La vulga­risation de la « table tournante » comme passe-temps familial, et surtout l’exploitation abusive des médiums, amenés plus d’une fois à tricher pour satisfaire le client exigeant, ont jeté un grand discrédit sur le spiritisme, et on aurait fini par oublier cette vague de phénomènes étranges si des chercheurs sérieux, travaillant à l’écart du tapage popu­laire, ne s’étaient pas évertués à extraire une philosophie de toute la masse des messages de l’au-delà.
Il se trouve que la réincarnation occupe une place importante dans cette philosophie des Esprits — ceux du moins qui ont transmis leurs messages aux médiums français, puisque, par une bizarrerie mal élucidée, cette doctrine semble avoir été étrangère aux célestes visiteurs des séances en Amérique.
Nous étudierons donc la théorie de la réincarnation telle que les Esprits eux-mêmes l’ont enseignée depuis l’au-delà au pionnier du spiritisme en France — Allan Kardec.

La mission d’un apôtre

Rien ne semblait destiner Hippolyte-Léon Denizart Rivail, né à Lyon en 1804, à devenir le législateur du spiritisme. Sa ligne de vie (ou son intérêt précoce pour les sciences et la philosophie) l’écarta de la tradi­tion d’une famille de magistrats et lui fit rencontrer en Suisse le célèbre Pestalozzi, successeur de J.-J. Rousseau en matière pédagogique. À l’école d’Yverdon, fondée par ce pionnier de l’éducation nouvelle, Rivail s’enflamma pour les idées généreuses de ce maître et il le seconda de son mieux. Ayant trouvé sa vocation, il vint à Paris fonder une institution scolaire sur le modèle d’Yverdon. Et c’est là qu’en 1854 l’homme, appelé avec une nuance de mépris par ses détracteurs « l’ins­tituteur Rivail », allait prendre le nom d’Allan Kardec et gagner en trois ans une célébrité que ses activités d’éducateur ne lui auraient jamais assurée.
Depuis longtemps préoccupé de progrès social et de pédagogie, brûlant du désir d’unifier les croyances — le XIXe siècle romantique a caressé tous les rêves — Rivail allait trouver dans la propagation du spiritisme une carrière comblant tous ses vœux. Et, sans conteste, le système que lui enseignèrent les Esprits répondait parfaitement à son attente généreuse — que d’aucuns ont naturellement qualifiée d’utopique.
Et c’est ici que la réincarnation entre en scène. Au cours d’une séance, dans un cercle d’amis spirites, voici qu’un Esprit fait à Rivail une révé­lation surprenante, affirmant être l’un de ses amis d’une incarnation pré­cédente. Dans la Gaule de jadis, au temps des Druides, notre héros s’appelait Allan Kardec. Quelque 3 ans plus tard, le 18 avril 1857, il publiait à Paris un ouvrage qui allait faire sensation : Le livre des Esprits contenant les principes de la doctrine spirite. Un best-seller, sans cesse réédité.
Que s’était-il passé ? Kardec, sans doute le plus qualifié de son cercle spirite, avait reçu « d’en-haut » la mission d’enseigner la Doctrine aux hommes; et le livre publié était le fruit de son travail de collecte et de mise en ordre d’innombrables informations fournies par les Esprits supérieurs par le canal de divers médiums. Dans l’édition de 1972 (Dervy-livres, Paris) on peut lire, à la page XXXIII du long préambule, les termes de ce curieux ordre de mission, dont voici des extraits signi­ficatifs : « Occupe-toi avec zèle et persévérance du travail que tu as entrepris avec notre concours car ce travail est le nôtre. Nous y avons posé les bases du nouvel édifice qui s’élève et doit un jour réunir tous les hommes dans un même sentiment d’amour et de charité…
Ne te laisse pas décourager par la critique… crois en Dieu et marche avec confiance, nous serons là pour te soutenir et le temps est proche où la vérité éclatera de toutes parts. »
On conviendra qu’il y avait là de quoi enflammer un homme animé d’un idéal de progrès et de fraternité comme H.-L. Rivail. Cette mission était d’ailleurs patronnée par les plus hautes autorités (p. XXXIV) : saint Jean l’Évangéliste, saint Augustin, saint Vincent de Paul, Saint Louis, l’Esprit de Vérité, Socrate, Platon, Fénelon, Franklin, Swedenborg, etc. C’est ainsi qu’à l’âge de la cinquantaine l’ancien druide réincarné devint l’apôtre mandaté du spiritisme : il allait se consacrer à cette tâche avec un zèle constant jusqu’à sa mort le 31 Mars 1869.

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Posté le : 08/07/2015 22:06
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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