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Georges Cuvier
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Le 23 août 1769 naît Georges Cuvier

de son nom complet Jean Léopold Nicolas Frédéric Cuvier à Montbéliard il porte aussi les prénoms de Dagobert et de Chrétien selon les sources, mort le 13 mai 1832 à Paris, à 62 ans, est un anatomiste, zoologiste, français, promoteur de l'anatomie comparée et de la paléontologie au XIXe siècle. Champs Anatomie, paléontologie, il reçoit les distinctions : Membre de la Royal Society, Académie des sciences, son nom est sur la liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel.
Toute science étant le fruit d'une longue gestation, on ne peut dire que Cuvier soit l'unique fondateur de l'anatomie comparée et de la paléontologie des Vertébrés. C'est pourtant à partir de ses travaux que ces deux domaines de l'histoire naturelle se sont affirmés comme des disciplines véritablement scientifiques.
L'apport de Cuvier présente encore un autre aspect, souvent passé sous silence : dans ses leçons sur l'histoire des sciences, il met, selon sa propre expression, « l'esprit humain en expérience.

En bref

Georges Cuvier, né en 1769 à Montbéliard, est un des grands naturalistes du début du XIXe siècle. Il commence ses travaux au Muséum national d'histoire naturelle de Paris en 1795. Sa carrière scientifique se double d'une carrière administrative qui lui fait occuper de hautes positions sou…
Ainsi le génie novateur de Cuvier a-t-il puissamment contribué au développement des sciences de la vie depuis le début du XIXe siècle.
Georges Cuvier est né en 1769 à Montbéliard, ville alors rattachée au duché de Wurtemberg, d'une famille originaire d'un village du Jura qui était venue s'y établir au moment de la Réforme.
La lecture d'un ouvrage de Buffon, trouvé par hasard dans la bibliothèque d'un de ses parents, éveille en lui le goût de l'histoire naturelle.
Georges Cuvier 1769-1832 a mené l'essentiel de sa carrière scientifique au Muséum d'histoire naturelle. Après avoir établi les fondements de la paléontologie des vertébrés, en appliquant les principes de l'anatomie comparée, il démontre l'existence d'extinctions d'espèces au cours du temps, qu'il explique par de grandes catastrophes à l'échelle du globe.
Crédits: Courtesy of the Musée National d'Histoire Naturelle, Paris Consulter
Après de brillantes études à l'Académie de Stuttgart, il quitta cette ville en 1788 et devint précepteur dans une famille de Normandie. Il passa ainsi les années de la Révolution dans la campagne du pays de Caux, en contact direct avec la nature, à peu près sans livres. On peut penser avec Flourens qu'au cours de cette période commencèrent à germer dans son esprit les deux projets qui allaient marquer toute son œuvre : comparer les espèces fossiles aux espèces vivantes et refondre la classification du règne animal, ce dont il eut l'idée en récoltant des Térébratules et en disséquant des Mollusques et autres animaux marins.
À cette époque, il entre en relation avec Tessier, médecin-chef de l'hôpital militaire de Fécamp, qui, frappé de l'étendue du savoir de Cuvier, en fait part à ses amis du jardin des Plantes. En 1795, Cuvier est nommé suppléant de Mertrud, alors chargé de l'enseignement de l'anatomie comparée ; en 1799, il succède à Daubenton à la chaire d'histoire naturelle du Collège de France ; enfin, en 1802, à la mort de Mertrud, il devient professeur au jardin des Plantes. Les honneurs et les charges n'allaient cesser d'arriver : en 1803, il était promu secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pour les sciences physiques et naturelles ; en 1808, il entrait au conseil de l'Université ; en 1813, il devenait maître des requêtes. La Restauration lui octroya des distinctions nouvelles ; il fut conseiller d'État, chancelier de l'Instruction publique et, en 1831, pair de France. Fait sans doute unique, il appartenait à trois académies de l'Institut de France : l'Académie française, celle des sciences et celle des inscriptions, et il était membre de toutes les académies savantes du monde.
En dépit de ces tâches multiples, Cuvier put mener à bien une œuvre scientifique qui est un des monuments de l'histoire naturelle.
Jusqu'à Cuvier, l'anatomie comparée n'était qu'un recueil de faits particuliers concernant la structure des animaux. Cuvier en fit la science des lois de l'organisation animale. Certains organes ont sur l'ensemble du fonctionnement une influence prépondérante, d'où la loi de subordination : les organes d'un animal ne sont pas simplement juxtaposés, mais agissent les uns sur les autres et coopèrent à une action commune par une réaction réciproque. Autrement dit, certains traits d'organisation s'appellent nécessairement les uns les autres, tandis qu'il en est d'autres qui s'excluent par incompatibilité physiologique, d'où la loi des corrélations organiques. En se fondant sur leur organisation interne, Cuvier allait tenter d'établir les rapports des êtres vivants entre eux, et il publiera ainsi en 1817 Le Règne animal distribué d'après son organisation.
La loi de subordination des caractères permet d'établir une classification naturelle. Le système nerveux, qui est au fond tout l'animal, donne les embranchements ; les organes de la respiration et de la circulation donnent les classes ; des organes de plus en plus subordonnés donneront successivement les ordres, les familles, les tribus, les genres, les espèces. Cuvier devait développer surtout cette méthode dans son grand ouvrage sur l'Histoire naturelle des Poissons 1828-1831.

Sa vie

Né d'une modeste famille luthérienne de Montbéliard, il est le fils de Jean-Georges Cuvier 1715-1795 et de Clémentine Chatel 1736-1792 et le frère ainé de Frédéric Cuvier. Il épouse le 2 février 1804 Anne Marie Sophie Loquet du Trazail 1768-1849, veuve de l'ancien fermier général Duvaucel guillotiné en 1793, dont elle a eu une fille, Sophie Duvaucel 1789-1867, femme de lettres. Du mariage de Georges Cuvier et de Anne Marie Sophie Coquet du Trazail sont nés 4 enfants : trois enfants sont morts en bas âge et la quatrième, Clémentine Cuvier 1809-1827 est morte à l'âge de 18 ans.
À la naissance de Cuvier, le territoire de Montbéliard est rattaché au duché de Wurtemberg où l’école est obligatoire. C'est la lecture de Buffon lors de ses brillantes études qui orientera la vie de Georges Cuvier. Après avoir étudié au collège de Montbéliard, il s'inscrit en 1784 à l'Académie Caroline de Stuttgart en Allemagne qui forme les cadres pour le duché de Wurtemberg et où il est l'élève du botaniste Johann Simon von Kerner. C'est là qu'il acquiert la connaissance de la langue et de la littérature allemandes, reçoit des cours de sciences qui le passionnent mais aussi d'économie, de droit administratif ou de gestion forestière qui l'aideront dans ses fonctions futures d'administrateur.

Les premières activités scientifiques

En 1788, il reprend le poste de précepteur d'un coreligionnaire auprès de la famille du comte d'Héricy, famille noble protestante de Caen en Normandie tenant salon5. Sa fonction lui laissant du temps libre, il découvre les sciences naturelles en disséquant le chat ou le perroquet de la comtesse, les poissons et mollusques, en récoltant des fossiles et comparant des espèces vivantes. Il constitue à cette époque un important herbier. Il passe les années troubles de la Révolution française dans le pays de Caux en Normandie à Fiquainville où la famille d'Héricy s'est installée, ce qui ne l'empêche pas de devenir le secrétaire greffier de la commune révolutionnaire, où il continue de consacrer ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle. De ces travaux solitaires, il déduira par la suite la loi de corrélation des formes permettant la reconstitution d’un squelette à partir de quelques fragments. Très tôt, il a l’intuition de la nécessité d’une nouvelle classification du règne animal. Il soumet ses notes au curé Tessier qui les communique à Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, professeur du nouveau Muséum national d'histoire naturelle à Paris, qui remarque les qualités du jeune homme.

La carrière universitaire

Ses talents ayant été appréciés par Henri Alexandre Tessier, agronome, il est appelé à Paris en 1795 et se fait bientôt remarquer, soit par ses cours, soit par ses écrits notamment ses Mémoires sur les espèces d'éléphants vivants et fossiles. Son savoir d’autodidacte et l’originalité de ses méthodes le font admettre au Jardin des Plantes de Paris, où Jean-Claude Mertrud, puis Louis Jean-Marie Daubenton, recherchent sa collaboration et l’introduisent à l’Académie des sciences.
Il est nommé successivement professeur d'histoire naturelle aux écoles centrales du Panthéon à cette occasion, il publie ses cours sous forme du Traité élémentaire des animaux qui revoit l'ensemble de la classification des animaux et qui assure sa notoriété, suppléant de la chaire d'anatomie comparée au Muséum, professeur au Collège de France, membre de l'Académie des sciences où il est secrétaire perpétuel pour les sciences physiques en 1803. La même année, il se marie avec la veuve de l’ancien fermier général Duvaucel, guillotiné en l'an I. Aucun de leurs quatre enfants ne survécut, et leur mort lui fut très douloureuse. Il devient membre étranger de la Royal Society le 17 avril 1806.
Il devient inspecteur des études, co-conseiller et chancelier de l'Université 1808, et remplit plusieurs fois les fonctions de grand maître : il profite de cette position pour favoriser l'enseignement de l'histoire et des sciences. Nommé en 1814 conseiller d'État, puis président du comité de l'intérieur, il se signale dans cette nouvelle carrière par une haute capacité, mais il se montre trop complaisant envers le pouvoir et consent à se charger de soutenir à la tribune des mesures impopulaires. Critiqué car ambitieux, se faisant de nombreux adversaires car il n'hésite pas à remettre en cause les thèses de savants renommés comme Buffon ou Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, il n'hésite pas à aider financièrement des collègues dans le besoin.
Sous la Seconde Restauration, Georges Cuvier reçut le titre héréditaire de baron par lettres patentes du roi Charles X du 29 décembre 1829.
Il disparait le 13 mai 1832 des suites de paralysie à l’âge de soixante-deux ans à Paris et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise division 8.


L'anatomie comparée et la paléontologie

Cuvier est parmi les fondateurs de l'anatomie comparée moderne. Il énonce le principe de subordination des organes et de corrélation des formes. Ainsi proposera-t-il une classification du règne animal en quatre embranchements, articulés, vertébrés, mollusques, radiaires et cela, en structurant l'étude de l'anatomie comparée des animaux et en remettant en cause la chaîne des êtres. Le système nerveux, respiratoire et les organes, de plus en plus subordonnés indiquent successivement l'ordre, la famille, le genre et enfin l'espèce.
À la faveur de cette loi, il a pu créer pour ainsi dire un monde nouveau : ayant établi par de nombreuses observations qu'il a dû exister à la surface du globe des animaux et des végétaux qui ont disparu aujourd'hui, il est parvenu à reconstruire ces êtres dont il reste à peine quelques débris informes et à les classer méthodiquement.
Enfin, il a donné à la géologie de nouvelles bases, en fournissant les moyens de déterminer l'ancienneté des couches terrestres par la nature des débris qu'elles renferment. C'est lui, notamment, qui baptisa la période du jurassique de l'ère secondaire ou mésozoïque en référence aux couches sédimentaires dans le massif du Jura, qu'il connaissait bien.
Il pratique l’Actualisme ou l’Uniformitarisme terme employé par William Whewell en 1832 : Les chocs actuels sont les mêmes que ceux du passé, et il est en accord avec les idées fixistes se référant notamment à la Création divine et catastrophistes. Il n'évoque pas des extinctions de masse mais des extinctions majeures qu'il appelle révolutions du globe par des catastrophes de type inondations ou séismes, la terre étant ensuite repeuplée par une nouvelle création ou des migrations après ces catastrophes. Par prudence vis-à-vis des autorités religieuses, il exclut l'homme de cette histoire géologique.
Dans son ouvrage Recherches sur les ossemens fossiles de quadrupèdes 1812, qui en 1825 avait vu son discours préliminaire démembré et publié sous le titre Discours sur les révolutions de la surface du Globe, Cuvier défend l'idée que la disparition et l'apparition de plusieurs espèces en même temps sont le résultat de crises locales.
Cuvier est considéré comme le fondateur du premier paradigme dans la discipline scientifique de la paléontologie. Certains voient aussi en lui le fondateur d'un paradigme nouveau en sciences sociales, conduisant en droite ligne au positivisme d'Auguste Comte et à la sociologie classique[réf. nécessaire]. Alcide Dessalines d'Orbigny et Pierre-Joseph van Beneden furent de ses élèves.

L'opposition au transformisme

Partisan de la fixité des espèces, il s'opposa violemment au transformisme de Lamarck13. Chef de file du courant opposé au transformisme, il utilisa tous les pouvoirs que lui octroyait sa position de professeur au Muséum d'histoire naturelle et de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pour entraver la diffusion des idées transformistes. Il bloqua l'accès de leurs partisans vers les carrières académiques, interdit l'accès aux collections du Muséum et aux colonnes des revues scientifiques dont il avait le contrôle.
Ces mesures ne suffirent pas à décourager les naturalistes opposés à Cuvier. Tout en restant des amateurs- c'est-à-dire non reconnus par une institution officielle - ils poursuivirent avec succès leurs travaux, enrichirent leurs collections et publièrent leurs ouvrages. Ils possédaient leurs propres revues qui, hors du cercle parisien étaient bien connues. L'acharnement de Cuvier contre les théories transformistes est aussi attesté par la tentative d'entraver la publication des Annales des sciences de l'observation. François-Vincent Raspail témoigne des méthodes employées à cette occasion:
Cuvier et plus d'un de ses illustres collègues prirent part aux secrètes machinations, dans lesquelles l'éditeur fut forcé de tomber, afin de récupérer sa liberté menacée par une condamnation politique.
À la mort de Lamarck, Cuvier composa un éloge funèbre où il ne se priva pas de tourner en ridicule et de déformer les idées transformistes de Lamarck. Cet éloge, qualifié d'éreintement académique ne fut lu à l'Académie des sciences que le 26 novembre 1832. Il fut également traduit en anglais et il constitue fort probablement l'origine de l'idée erronée selon laquelle Lamarck attribuait la transformation des animaux à leur volonté et à leur désir.
Sur son lit de mort, Cuvier prit soin de désigner Pierre Flourens comme successeur au poste de secrétaire perpétuel à l'Académie des sciences. Jusqu'à sa démission en 1864, ce dernier y fut le défenseur le plus acharné de la doctrine de Cuvier dans le domaine des sciences zoologiques.

Les ossements fossiles

Mais l'application la plus originale, celle qui frappa davantage les esprits et qui constitue le plus grand titre de gloire de Cuvier, a trait aux ossements fossiles. Le 1er pluviôse an IV, il lut devant l'Institut national son mémoire sur les espèces d'Éléphants fossiles comparées aux espèces vivantes. En 1812, paraissait la première édition des Recherches sur les ossements fossiles où l'on rétablit les caractères de plusieurs animaux dont les révolutions du globe ont détruit les espèces, ouvrage qui n'était guère que la réunion des travaux antérieurs de l'auteur. Une deuxième édition, enrichie de faits nouveaux, était publiée de 1821 à 1824 ; une troisième, datant de 1825, ne différait de la précédente que par quelques développements ajoutés au célèbre discours préliminaire, souvent imprimé à part sous le titre : Discours sur les révolutions de la surface du globe et sur les changements qu'elles ont produits dans le règne animal. Il précisait ainsi le but qu'il se proposait d'atteindre : N'y aurait-il pas quelque gloire pour l'homme à savoir franchir les limites du temps et à retrouver, au moyen de quelques observations, l'histoire de ce monde et une succession d'événements qui ont précédé la naissance du genre humain ?
Crânes de bovidés figurés par Georges Cuvier dans ses Recherches sur les ossements fossiles 1812, permettant des comparaisons anatomiques entre diverses espèces actuelles ou disparues.

Ptérodactyle

Squelette de ptérodactyle provenant des calcaires lithographiques du Jurassique de Bavière, figuré par Cuvier dans ses Recherches sur les ossements fossiles (1812). Ce naturaliste fut le premier, en 1801, à reconnaître en cet animal un reptile volant disparu.
Découverte dans le Miocène du sud de l'Allemagne, la salamandre géante est identifiée comme telle par Georges Cuvier.
Crédits: Coll. Eric Buffetaut Consulter
Dès son premier mémoire sur les Éléphants fossiles, il émet l'idée d'une création d'animaux antérieurs à la création actuelle, création entièrement détruite et perdue. Cette hypothèse servira de point de départ à de brillantes recherches qui se poursuivront pendant trente années, malgré les plus grandes difficultés. Dans le cas des Mammifères, auxquels s'intéressait particulièrement Cuvier, il est infiniment rare de trouver un squelette fossile à peu près complet : « Des os isolés et jetés pêle-mêle, presque toujours brisés et réduits à des fragments, voilà tout ce que nos couches nous fournissent, et la seule ressource des naturalistes. »
Il fallait donc être capable de déterminer ou de reconstituer, à partir d'un fragment d'os, l'animal auquel il avait appartenu, art presque inconnu au moment où Cuvier commença ses recherches. L'anatomie comparée lui fournissait le principe nécessaire à cette détermination : le principe de corrélation des organes, selon lequel chaque partie d'un animal peut être donnée par chaque autre, et toutes par une seule. De la forme des dents, par exemple, on pourra conclure la forme des pieds, celle des mâchoires, celle des intestins. Cette déduction rigoureuse, sinon infaillible, a souvent permis à Cuvier de reconnaître un animal à partir d'un fragment d'os ou d'une dent. On connaît l'anecdote qu'il a lui-même rapportée à propos de la découverte d'un Didelphe dans le gypse de Montmartre ; l'examen des dents lui ayant montré la parfaite analogie de ce fossile avec les Sarigues, il ne doute point, avant d'avoir vu le bassin, que celui-ci portait des os marsupiaux. En présence de quelques amis, il fit creuser la pierre et mit au jour le bassin ; les os marsupiaux s'y pouvaient voir.
La sarigue de Montmartre, marsupial provenant du gypse éocène de Montmartre et identifié par Georges Cuvier.

La paléontologie

Un des buts essentiels d'une telle recherche fut, pour Cuvier, d'établir les rapports des espèces fossiles avec les différentes couches du globe. Se limitant aux Vertébrés quadrupèdes, il constate que les ovipares sont apparus bien avant les vivipares, et qu'ils étaient plus forts, plus variés dans les terrains anciens qu'à la surface actuelle du globe. Quatre populations différentes ont successivement recouvert la portion de la Terre qui nous est accessible. La première renfermait des Poissons et des Reptiles monstrueux ; il ne s'y trouvait que quelques petits Mammifères. La deuxième était surtout caractérisée par les Palaeotherium et les Anoplotherium, dont le gypse de Paris a livré les premiers restes ; les Mammifères terrestres commencent à dominer. La troisième comprenait les Mastodontes, les Mammouths, les Hippopotames, les Rhinocéros
Le Palaeotherium est un mammifère fossile, proche des ancêtres du cheval, dont Georges Cuvier parvint à reconstituer le squelette, puis l'aspect à l'état vivant, à partir d'ossements trouvés dans le gypse de Montmartre.
Mais on n'a point encore trouvé de restes humains fossiles. Cuvier passe en revue tous les ossements alors considérés comme tels et n'a aucune peine à établir son affirmation. Tout porte donc à croire que l'espèce humaine n'existait point dans les pays où se découvrent les os fossiles à l'époque des révolutions qui les ont enfouis. On peut ainsi définir une quatrième et dernière époque, qui est l'âge de l'homme et des espèces domestiques.

L'échelle des êtres et l'unité de plan du règne animal

Ses recherches sur les ossements fossiles devaient inévitablement amener Cuvier à prendre position sur le grand problème des rapports que les vivants soutiennent entre eux et sur les questions, fort discutées en son temps, de l'échelle des êtres et de l'unité de plan du règne animal.
La conception de l'échelle des êtres, c'est-à-dire la conception selon laquelle les êtres se rangent sur une ligne unique n'offrant ni interruptions ni hiatus, était encore très répandue au début du XIXe siècle. Cuvier souligne que la série animale ne forme pas une seule ligne, mais se résout en une multitude de lignes. En effet, les organes ne suivent pas tous le même ordre de modifications : tel est à son plus haut degré de perfectionnement dans une espèce et rudimentaire dans une autre. De sorte que, si l'on établit une série à partir des organes des sens, une autre en considérant la circulation, ou la respiration, aucune ne sera semblable.
La forme extrême donnée par É. Geoffroy Saint-Hilaire à la notion d'unité de plan du règne animal a été rejetée par Cuvier. Le plan correspond à la position relative des organes. Pour qu'il y ait unité de plan, il suffit que ceux-ci conservent, les uns par rapport aux autres, les mêmes positions. « Mais peut-on dire que le Vertébré, dont le système nerveux est placé sur le canal digestif, soit fait sur le même plan que le Mollusque, dont le canal digestif est placé sur le système nerveux ? » La position relative des organes est donc différente. En réalité, le plan, défini par cette position relative des organes, est toujours le même chez les Vertébrés, le même chez les Mollusques, le même chez les Articulés... Mais il se modifie quand on passe de l'un de ces groupes à l'autre.
Cuvier a été enfin amené, par ses recherches paléontologiques, à aborder le problème de la mutabilité des espèces. Il en a ainsi posé les données : Pourquoi les races actuelles ne seraient-elles pas des modifications de ces races anciennes que l'on trouve parmi les fossiles, modifications qui auraient été produites par les circonstances locales et le changement de climat, et portées à cette extrême différence par la longue succession des années ? » À quoi on peut répondre, déclarait-il, que, si les espèces avaient changé par degrés, on devrait trouver des traces de ces changements. Entre la faune à Palaeotherium et la faune à Mastodontes, entre la faune à Mastodontes et la faune actuelle, on devrait trouver des intermédiaires, « et jusqu'à présent cela n'est point arrivé. Et même si les espèces anciennes n'avaient pas été fixes, les révolutions nombreuses dont notre globe a été le théâtre ne leur auraient pas laissé le temps de se livrer à leurs variations.
Il n'en demeure pas moins que la vie a présenté, au cours des âges géologiques, des aspects différents et que des faunes variées se sont succédé à la surface du globe. Sur ce point, d'ailleurs, la pensée de Cuvier reste vague et obscure. Il n'admet point, contrairement à ce que l'on dit généralement, des créations nouvelles. Cette succession des faunes, qu'il a si bien mise en évidence, serait limitée à certains continents qui, à la suite des grandes révolutions du globe, auraient été repeuplés par migrations à partir d'une source d'emplacement inconnu, où auraient coexisté les espèces que nous appelons fossiles et les espèces encore vivantes. La faune actuelle ne serait qu'un résidu appauvri des faunes du passé.Jean Piveteau

Le racisme

Cuvier représentait la pensée scientifique dominante en France, en accord avec les préjugés racistes de l'époque, et son influence était grande.
Dans ce contexte, il a fait des recherches sur les Noirs africains qu'il tenait pour la plus dégradée des races humaines, dont les formes s'approchent le plus de la brute, et dont l'intelligence ne s'est élevée nulle part au point d'arriver à un gouvernement régulier. Peu après la mort de Saartjie Baartman, il entreprit de la disséquer19 au nom du progrès des connaissances humaines. Il réalisa un moulage complet du corps et préleva le squelette ainsi que le cerveau et les organes génitaux qui furent placés dans des bocaux de formol et exposés au Musée de l'Homme. En 1817, il exposa le résultat de son travail devant l'Académie de médecine. La publication de ses Observations sur le cadavre d'une femme connue à Paris et à Londres sous le nom de Vénus hottentote témoigne des théories racistes des scientifiques de l'époque21. Il fait notamment allusion à la classification des races humaines par le squelette de la tête, et à une loi cruelle qui semble avoir condamné à une éternelle infériorité les races à crâne déprimé et comprimé. Saartjie Baartman est plus décrite par des traits simiesques que par son appartenance à la race noire : Notre Boschimane a le museau plus saillant encore que le nègre, la face plus élargie que le calmouque, et les os du nez plus plats que l'un et que l'autre. À ce dernier égard, surtout, je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable aux singes que la sienne.

Stendhal

Stendhal fréquente le salon des Cuvier lors de sa relation avec Sophie Duvancel, belle-fille de Cuvier, qu'il surnomme Melle Mamouth

Honoré de Balzac

Balzac, qui tout d'abord admirait Cuvier, s'est pourtant moqué de lui en le surnommant baron cerceau dans le conte satirique Guide-âne à l'usage des animaux qui veulent parvenir aux honneurs et en le traitant d'habile faiseur de nomenclatures Puis dans la querelle qui opposa Cuvier à Étienne Geoffroy Saint-Hilaire à partir de 1830 sur le sujet de l’unité de composition organique, il prit parti pour Saint-Hilaire. Ce serait une erreur de croire que la grande querelle qui, dans ces derniers temps, s'est émue entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, reposait sur une innovation scientifique ... La proclamation et le soutien de ce système, en harmonie d'ailleurs avec les idées que nous nous faisons de la puissance divine, sera l'éternel honneur de Geoffroy Saint-Hilaire, le vainqueur de Cuvier sur ce point de la haute science, et dont le triomphe a été salué par le dernier article qu'écrivit le grand Goethe
Malgré cela, en 1844, Balzac placera Cuvier au rang des hommes qui ont eu « une vie immense, au même titre que Napoléon et lui-même

Œuvres et publications

Buste de Georges Cuvier au Musée Cuvier de Montbéliard
Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux 1797-1798
Leçons d'anatomie comparée 5 volumes, 1800-1805, ouvrage capital qui obtint en 1810 un des prix décennaux. Textes en ligne.
Essais sur la géographie minéralogique des environs de Paris, avec une carte géognostique et des coupes de terrain, avec Alexandre Brongniart 1811
Le Règne animal distribué d'après son organisation, pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux et d'introduction à l'anatomie comparée 4 volumes, 1817. Textes en ligne.
Recherches sur les ossemens fossiles de quadrupèdes, où l'on rétablit les caractères de plusieurs espèces d'animaux que les révolutions du globe paraissent avoir détruites 4 volumes, 1812. Textes en ligne : volume 1, volume 2 disponible sur Gallica, volume 3 disponible sur Gallica, volume 4 disponible sur Gallica.
Mémoires pour servir à l'histoire et à l'anatomie des mollusques
Éloges historiques des membres de l'Académie royale des sciences, lus dans les séances de l'Institut royal de France par M. Cuvier 3 volumes, 1819-1827. Textes en ligne : Vol. 1, Vol. 2 et Vol. 3.
Théorie de la terre 1821.
Discours sur les révolutions de la surface du globe, et sur les changements qu'elles ont produits dans le règne animal. G. Dufour et éd. d'Ocagne Paris, 1825 [troisième édition française ; l'édition de 1840 est disponible sur Gallica ; réédition : Christian Bourgois Paris
Histoire des progrès des sciences naturelles depuis 1789 jusqu'à ce jour 5 volumes, 1826-1836
Histoire naturelle des poissons 11 volumes, 1828-1848, continuée par Achille Valenciennes.
Histoire des sciences naturelles depuis leur origine jusqu'à nos jours, chez tous les peuples connus, professée au Collège de France 5 volumes, 1841-1845, rédigée, annotée et publiée par Magdeleine de Saint-Agy. : Vol. 1, Vol. 2, Vol. 3, Vol. 4, et Vol. 5.
Discours sur les révolutions du globe avec des notes et un appendice d'après les travaux récents de MM. de Humboldt, Flourens, Lyell, Lindley, etc. rédigés par le Dr Hoefer, Firmin-Didot et Cie Paris, 1858. Texte en ligne disponible sur IRIS. Edition de 1879 disponible sur IRIS aussi.
L'histoire des sciences naturelles de Cuvier : vingt-quatre leçons de l'Antiquité à la Renaissance nouvelle édition de Theodore W. Pietsch, préface de Philippe Taquet], Paris: Publications scientifiques du Muséum national d'Histoire naturelle, 2012, 734 p. coll. Archives; 16.
Georges Cuvier a également collaboré au Dictionnaire des sciences naturelles 61 volumes, 1816-1845 et à la Biographie universelle 45 volumes, 1811-18??.

Distinctions et hommages

Une succession d’honneurs le conduisent de l’Académie française en 1818, à la pairie de France en 1831, en passant par le Conseil d'État et la chancellerie de l’Instruction publique, sans parler des distinctions académiques venant du monde entier.
Grand Officier de la Legion d'honneur le 9 septembre 1826.
Musée Cuvier de Montbéliard.
Fontaine Cuvier face au Jardin des Plantes de Paris.
Un collège devenu aujourd'hui un lycée porte son nom à Montbéliard.
Son nom est inscrit sur la Tour Eiffel liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel.
Rue Cuvier dans le 5e arrondissement de Paris par décret royal le 8 novembre 1838, rue du Jardin des plantes de Paris, du Muséum national d'histoire naturelle, de la Ménagerie du Jardin des plantes, de l'Université Paris VI ou Université Pierre-et-Marie-Curie et de la Fontaine Cuvier.
En 1935, l'union astronomique internationale a donné le nom de Cuvier à un cratère lunaire.


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Posté le : 21/08/2015 16:35

Edité par Loriane sur 22-08-2015 12:37:06
Edité par Loriane sur 22-08-2015 12:39:24
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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