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Anna Politkovskaïa
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Le 30 août 1958 Naît Anna Stepanovna Politkovskaïa

en russe : Анна Степановна Политковская, née Mazepa Мазепа, à Nex-York, assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou, à 48 ans, journaliste russe et militante des droits de l'homme connue pour son opposition à la politique du président Vladimir Poutine, sa couverture du conflit tchétchène et ses critiques virulentes envers les autorités actuelles de la république caucasienne. Le procureur général de Russie, Iouri Tchaïka, supervise l'enquête sur ce meurtre, confiée au service des affaires particulièrement graves du Parquet général de Russie. Les enquêteurs privilégient l'hypothèse selon laquelle sa mort est liée à ses activités professionnelles. Le 9 octobre 2007 le procureur général Tchaïka a déclaré que l'affaire Politkovskaïa a été élucidée. Auparavant, il a annoncé l'arrestation de dix suspects dont les noms n'ont pas été divulgués. Le Parquet déclara cependant être en train de rechercher le commanditaire du meurtre. Le 14 décembre 2012, l'ancien lieutenant-colonel Dmitri Pavlioutchenkov a été condamné à 11 ans de camp à régime sévère par un tribunal de Moscou pour avoir organisé l'assassinat d'Anna Politkovskaïa.

En bref

Anna Stepanovna Politkovskaïa est née à New York, le 30 août 1958. Son père était diplomate auprès de l'O.N.U. Celle qui allait devenir l'une des journalistes indépendantes russes les plus respectées, critique inlassable de la politique russe menée en Tchétchénie, a été assassinée par balles, devant son domicile à Moscou, le 7 octobre 2006. Détentrice de la double nationalité, américaine et russe, elle aurait pu aisément choisir une autre vie. Mais c'est en Russie qu'elle a exercé son métier de journaliste et son activité de défenseur des droits de l'homme.
En 1980, diplômée de la faculté de journalisme de l'université de Moscou, elle commence sa carrière en collaborant aux journaux Izvestia et Transport aérien ainsi qu'au collectif Eskart et au magazine Megapolis express. Bénéficiant de la liberté de parole apportée par la perestroïka, elle peut enquêter sur des phénomènes de société jusque-là passés sous silence, comme les vétérans de la guerre d'Afghanistan, les orphelinats, la toxicomanie, etc. De 1994 à 1999, elle est responsable de la rubrique faits divers pour l'hebdomadaire Obschaïa Gazeta. Mais c'est sa contribution au journal Novaïa Gazeta, à partir de juin 1999, et notamment sa couverture de la deuxième guerre de Tchétchénie, déclenchée en août, qui lui apportera la notoriété.
Anna Politkovskaïa se consacre avec ardeur au conflit tchétchène, s'efforçant de rendre compte de la guerre et de ses conséquences pour la population. Dans ses nombreux articles, elle décrit les souffrances des Russes et des Tchétchènes vivant dans cette république du Caucase, les horreurs de la guerre et l'impact délétère qu'elle a sur l'ensemble de la société russe. Elle se rend en Tchétchénie à plus de quarante reprises, mais aussi dans les républiques voisines Daghestan, Ingouchie, Ossétie du Nord que la guerre ébranle et où les réfugiés affluent. Elle réalise de nombreuses interviews, d'anonymes, mais aussi de personnalités engagées dans le conflit comme Akhmed Kadyrov président pro-russe de la Tchétchénie, tué en mai 2004 à Grozny lors d'un attentat ou Aslan Maskhadov élu président de la République tchétchène en 1997, tué lors d'une opération russe le 8 mars 2005. Elle dénonce les opérations de nettoyage, les disparitions, le commerce des morts qu'endure la population de Tchétchénie. Ses articles s'appuient sur des exemples concrets, précis et documentés, et sur un véritable travail d'enquête. Ils mettent en cause des individus précis, questionnent les autorités avec opiniâtreté. La publication, en 2001, d'un article consacré à l'assassinat d'un jeune Tchétchène, Zemlikhan Mourdalov, arrêté par les troupes spéciales russes et dont la famille était sans nouvelles aboutira, en 2005, à la condamnation d'un policier, Sergueï Lapine, à onze années de prison pour faits de torture. L'engagement d'Anna Politkovskaïa excède largement son devoir de journaliste et l'amène à s'impliquer en faveur de la défense des droits de l'homme et aux côtés des victimes oubliées de la guerre.
En 2001, lors d'un reportage sur les camps de détention en Tchétchénie, dans le district de Vedeno, elle est détenue quelques jours par les forces russes. Menacée de mort et de viol, elle est finalement expulsée du territoire tchétchène. Après la parution de l'article qui devait mener à l'arrestation de Sergueï Lapine, Anna Politkovskaïa reçoit des courriers électroniques assez menaçants pour que la journaliste bénéficie d'une protection. Sa popularité est croissante. En octobre 2002, lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka, elle tente une médiation entre les forces de l'ordre et le commando tchétchène. Malheureusement, cette proposition n'obtient pas le soutien du Kremlin. En septembre 2004, lors de la prise d'otages, au village de Beslan, en Ingouchie, la journaliste décide de se rendre sur les lieux. Après avoir bu un thé dans l'avion, elle est prise de malaise et doit être hospitalisée à Rostov-sur-le-Don. Elle présente les symptômes d'une intoxication alimentaire aiguë et mettra de longs mois à se remettre de ce qui est, elle en est convaincue, une tentative d'empoisonnement.
Anna Politkovskaïa a consigné ses réflexions sur la politique russe, dont elle dénonçait l'arbitraire croissant, dans des livres, non publiés en Russie pour la plupart. Quatre d'entre eux ont été traduits en français : Voyage en enfer, journal de Tchétchénie 2000, Tchétchénie, le déshonneur russe 2003, La Russie selon Poutine 2004 et Douloureuse Russie, journal d'une femme en colère 2006. Elle a été récompensée pour l'ensemble de son activité par de nombreux prix et a notamment reçu la Plume d'or de Russie en 2000, le prix du Pen Club en 2002, le prix du journaliste et de la démocratie de l'O.S.C.E. en 2003, le prix Olof Palme en 2004. Juste avant sa mort, Anna Politkovskaïa travaillait sur un article consacré à la torture en Tchétchénie. Celui-ci a été publié sous sa forme inachevée dans l'édition du 9 octobre de Novaïa Gazeta. La nouvelle de sa mort a entraîné une vague de déclarations et de protestations au sein de la communauté internationale. Le 10 octobre, ses obsèques ont attiré une foule impressionnante où se pressaient de nombreux représentants de l'élite libérale du pays, ainsi que des journalistes, représentants étrangers et anonymes. Il n'y avait, en revanche, aucun émissaire officiel du Kremlin. Elsa Vidal

Sa vie

Née à New York, elle est fille de diplomates. Son père, Stepan Mazepa, travaillait à la mission de la RSS d'Ukraine auprès de l'ONU. Après des études de journalisme à Moscou qu'elle termine en 1980, elle commence sa carrière au journal Izvestia. Depuis juin 1999, elle écrivait des articles pour le journal en ligne Novaïa Gazeta.
En 2001, elle s'était réfugiée plusieurs mois en Autriche après avoir reçu des menaces par courriers électroniques. Les messages affirmaient qu'un officier de police, qu'elle avait accusé de commettre des atrocités contre des civils, avait l'intention de se venger. Sergueï Lapine avait été interpelé en 2002 à propos de ces accusations, mais les charges contre lui avaient été abandonnées l'année suivante. Celles-ci furent reprises en 2005 et Sergueï Lapine fut condamné à une peine de onze années d'emprisonnement.
Anna Politkovskaïa fut détenue plusieurs jours en février 2001 par les forces russes en Tchétchénie dans la région de Chatoï sud de la Tchétchénie pour avoir enfreint les règlements en vigueur pour les journalistes, alors qu'elle effectuait une enquête sur un centre de détention de l'armée. Elle dit avoir été menacée de viol et de mort, et qu’on s’en prendrait à ses enfants, fait remarquer la Fondation internationale des femmes œuvrant dans les médias International Women's Media Foundation, IWMF. Elle avait reçu en 2002 le prix Courage en journalisme de l’IWMF.
Elle s'est engagée dans de nombreuses affaires, notamment en défendant les victimes de la guerre en Tchétchénie. Elle a participé aux négociations lors de la prise d'otages du théâtre de la rue Melnikov en 2002 à Moscou. Lors de la prise d'otages de l'école de Beslan en 2004, Anna Politkovskaïa a été empoisonnée, probablement en buvant un thé, dans l'avion qui l'amenait à Rostov-sur-le-Don, sur la route de Beslan pour participer aux négociations avec les preneurs d'otages. Elle est tombée gravement malade et n'a donc pas participé à ces négociations. La nature du poison n'a jamais été déterminée, les analyses de sang ayant été détruites par mégarde. La journaliste considère avoir été victime des services spéciaux, qui voulaient à tout prix l'empêcher de se rendre à Beslan.
Son dernier ouvrage Douloureuse Russie, est paru en septembre 2006 aux éditions Buchet-Chastel. Dans ce livre, véritable réquisitoire contre la politique de Vladimir Poutine en Russie aujourd'hui, la journaliste prédit que si une révolution éclate en Russie, elle ne sera ni orange, ni de velours, mais rouge comme le sang.
Elle a été plusieurs fois primée pour ses enquêtes, notamment en 2002 par le Pen Club International, et en 2003 au Danemark, où elle a reçu le prix du journalisme et de la démocratie, décerné par l'OSCE. En 2004, Anna Politkovskaïa avait reçu le prix Olof Palme pour les droits de l'Homme4 et en Espagne le Prix International de Journalisme Manuel Vázquez Montalbán. Elle avait partagé ce prix avec ses compatriotes Lyudmila Alekseyeva et Sergey Kovalyov. Le prix Olof Palme, doté de 50 000 dollars, avait récompensé par le passé Amnesty International.
Anna Politkovskaïa restera synonyme des années Poutine et des guerres de Tchétchénie. Elle aura sans relâche dénoncé les dérives du pouvoir russe. Elle était connue pour sa couverture critique des campagnes du pouvoir russe en Tchétchénie. Ironie du sort - Polikovskaïa a été assassinée le 7 octobre, le jour de l'anniversaire de Vladimir Poutine né le 7 octobre 1952.

Assassinat

Anna Politkovskaïa a été assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou, jour de l'anniversaire du chef de l'État Vladimir Poutine. Son corps a été découvert dans la cage d'escalier, devant l'ascenseur de son immeuble, dans le centre de Moscou, rue Lesnaïa, a expliqué à l'Associated Press l'officier de permanence au commissariat central de la capitale russe. Un pistolet et quatre balles ont été retrouvés à ses côtés. Ces informations ont été relevées par Interfax, Associated Press, Reuters, puis AFP.
Anna Politkovskaïa, mère de deux enfants, une fille, Vera, et un garçon, Ilia, avait dénoncé à plusieurs reprises les violations des droits de l'Homme dont se rendaient coupables les forces fédérales en Tchétchénie, ainsi que la milice de Ramzan Kadyrov. Elle dénonçait également la dégradation des libertés publiques et la corruption dans l’ensemble de la Russie.
Selon l'agence de presse Interfax, c'est une voisine qui a découvert son corps dans l'ascenseur de son immeuble samedi 7 octobre à 17 h 10. Les policiers ont retrouvé dans l'ascenseur un pistolet Makarov 9 mm et quatre douilles, ajoute l'agence.
À la date de sa mort, Anna Politkovskaïa est la 21e journaliste assassinée en Russie depuis l'élection de Vladimir Poutine en 2000.
Anna Politkovskaïa repose désormais au cimetière Troïekourovskoïe de Moscou.

Réactions à son assassinat

Reporters sans frontières : Nous sommes abasourdis par cette nouvelle tragique, qui est annoncée le jour même de l'inauguration à Bayeux, par l'organisation, du Mémorial des reporters, bâti pour rendre hommage aux journalistes tués dans le monde depuis 1944. Les meurtres de nos confrères ... doivent faire réaliser à la communauté internationale à quel point il est urgent d'agir pour assurer la protection des reporters.
Il est temps aujourd'hui de passer des mots aux actes pour que les incidents macabres que nous avons connus aujourd'hui ne puissent plus se reproduire. C'était l'une des rares journalistes indépendantes en Russie et elle s'était fait un nom. Elle voyageait souvent en Tchétchénie et avait publié un livre, a déclaré à Paris Jean-François Julliard, de Reporters sans frontières RSF.
À chaque fois que la question se posait de savoir s'il y avait un journaliste honnête en Russie, le premier nom qui venait à l'esprit était pratiquement toujours celui de Politkovskaïa, selon Oleg Panfilov, directeur du Centre pour le journalisme dans des situations extrêmes, qui lui rendait hommage, lui aussi basé à Moscou. Selon lui, elle avait reçu des menaces à plusieurs reprises et des inconnus avaient tenté il y a plusieurs mois de pénétrer dans la voiture que sa fille Vera conduisait.
Vitali Tretiakov, rédacteur en chef du journal Novost : Il est évident que la première version qui vienne à l'esprit est celle d'un meurtre lié à ses activités professionnelles.
Tatiana Lokchina, directrice de l'ONG Demos et auteur de nombreux rapports sur les violations des droits de l'Homme en Tchétchénie: Elle a écrit tant de choses la mettant en danger, elle était devenue si célèbre ces dernières années, qu'il semblait qu'elle était intouchable. Elle ne disait pas se sentir menacée. Pour la Tchétchénie, c'est une grande tragédie, c'était une des dernières journalistes à couvrir la guerre, à rapporter avec constance les violations des droits de l'Homme. Elle critiquait beaucoup Kadyrov, elle était l'une des rares à se le permettre.
La Fédération internationale des droits de l'homme FIDH, rappelle que la journaliste avait été victime de représailles dans le cadre de son travail au cours de ces dernières années. Les autorités russes, doivent se conformer aux instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits de l'Homme, afin de garantir en toutes circonstances les libertés d'expression et de la presse.
Aujourd'hui, nous ne savons pas qui l'a tuée, écrit l'équipe de Novaïa Gazeta sur son site Web, en avançant tout de même deux scénarios. C'était soit une vengeance de Ramzan Kadyrov l'homme fort et Premier ministre à Grozny, soutenu par le Kremlin, dont elle a beaucoup parlé et écrit, ou de ceux qui voulaient que le soupçon tombe sur lui, écrit le bi-hebdomadaire. L'hebdomadaire en ligne a par ailleurs déclaré qu'il publierait certaines de ses notes et de ses photographies.
Ce qui vient immédiatement à l'esprit, est qu'Anna avait beaucoup d'ennemis, notait Joel Simon, directeur exécutif du Comité pour la protection des journalistes CPJ. Anna était une héroïne pour beaucoup d'entre nous, et elle nous manquera, a-t-il ajouté. Aucun de ces meurtres n'a fait l'objet d'une enquête correcte, ajoute Simon. Nous savons que cela crée un environnement dans lequel ceux qui auraient voulu mener à bien ce meurtre pourraient avoir l'impression qu'il n'y aurait guère de conséquences. Selon le CPJ, Anna Politkovskaïa est au moins la 13e journaliste victime d'un assassinat de ce type depuis l'arrivée au pouvoir du Président Vladimir Poutine.
Buchet-Chastel, éditeur d'Anna Politkovskaïa : Elle dérangeait beaucoup de monde en Russie, surtout dans les hautes sphères, elle ne voulait pas d'une Russie bâtie sur le sang et le mensonge.
Mikhaïl Gorbatchev, ancien Président d'Union soviétique, a qualifié l'assassinat d'Anna Politkovskaïa de coup contre toute la presse démocratique et indépendante.
Amnesty International a exprimé sa colère après le meurtre à Moscou d'Anna Politkovskaïa, visée en raison de son travail de journaliste.
l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté, le 25 janvier 2007 à Strasbourg, Résolution 1535 2007 sur les menaces contre la vie et la liberté d’expression des journalistes.
Alexeï Venediktov, rédacteur en chef de la radio Écho de Moscou, a déclaré à l'agence Associated Press qu'Anna Politkovskaïa était un reporter infiniment honnête... Chacun des faits qu'elle relatait était le fruit d'une enquête. C'était aussi une médiatrice et une militante des droits de l'Homme. On avait confiance en elle. Elle était unique.
Le 7 décembre 2006, l'Institut international de la presse IPI, organisation principale de défense de la liberté de la presse selon l'UNESCO déclarait Anna Politkovskaïa 51e Héros de la liberté de la presse mondiale.
Anna Politkovskaïa a donné son nom à la promotion 2007 de l'Institut d'études politiques de Strasbourg.

Réactions officielles

Sean McCormack, porte-parole du Département d'État des États-Unis : Les États-Unis sont choqués et profondément attristés par la nouvelle du meurtre brutal de la journaliste russe indépendante, Anna Politkovskaïa, une journaliste d'investigation, infatigable et hautement respectée, ayant travaillé sous la pression constante de menaces de mort. Les États-Unis demandent de toute urgence au gouvernement russe de mener une enquête immédiate et exhaustive afin de retrouver, poursuivre et juger tous les responsables de ce meurtre haineux. Déclaration, 7 octobre 2006
Alou Alkhanov, le Président tchétchène : Bien que notre approche sur les événements en Tchétchénie fût complètement différente, Anna Politkovskaïa n'était pas indifférente au sort du peuple tchétchène. Mes collègues et moi regrettons sincèrement ce qui est arrivé et transmettons nos condoléances à sa famille et ses amis. Une enquête doit être ouverte et tous ceux qui sont derrière doivent être punis. On ne doit pas tuer les journalistes.
Thomas Hammarberg, Commissaire européen aux droits de l'homme : Ce meurtre est le signal d'une crise majeure concernant la liberté d'expression et la sécurité des journalistes en Russie. Les autorités russes ne sont jamais parvenues à enquêter sur des tentatives de meurtre visant Anna Politkovskaïa et des menaces d'attenter à sa vie, regrette le commissaire. Maintenant, elles n'ont plus d'excuses pour enquêter en profondeur sur les circonstances de sa mort et de punir ceux qui ont commis ce crime déplorable. Se déclarant triste et en colère, il salue en Anna Politkovskaïa un des plus importants défenseurs des droits de l'homme dans la Russie d'aujourd'hui. Si tout le monde ne partageait pas ses analyses, personne ne remettait en cause son professionnalisme, son courage et son engagement personnel pour faire la vérité sur des questions politiques controversées. Sa mort est une grande perte pour la Russie et pour la cause des droits de l'homme. Communiqué du 8 octobre 2006.
Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l'Europe : Je suis très inquiet quant aux circonstances dans lesquelles cette journaliste d'un courage et d'une détermination exceptionnels a perdu la vie. Ses reportages ont permis à la population russe, mais aussi au monde entier d'avoir un regard indépendant sur le sort des gens ordinaires piégés dans le conflit en Tchétchénie et nous perdons une voix forte, de celles qui sont nécessaires dans toute démocratie authentique. Terry Davis considère comme étant essentiel que les circonstances de son décès soient rapidement éclaircies et de façon convaincante, Communiqué, 8 octobre 2006.
En France, le ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a fait part de sa vive émotion et de sa profonde tristesse. La brutalité même de ce crime horrible bouleverse tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse, souligne le ministre dans un communiqué. Nous souhaitons que les autorités russes mettent en œuvre au plus vite tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur cet assassinat et identifier les coupables, a ajouté le ministre des Affaires étrangères pour qui ce crime ne peut rester impuni. Lors du lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, Dominique de Villepin a fait part de sa très profonde émotion, en rendant hommage à une femme remarquable, une grande journaliste. Le combat qu'elle menait pour cette liberté d'informer était un combat essentiel, a-t-il souligné.
Lundi 9 octobre 2006, le président de la République française, Jacques Chirac, se disant profondément ému et choqué par l'assassinat de Madame Anna Politkovskaïa, a demandé à l'ambassadeur de France en Russie, M. Jean Cadet, de remettre le lendemain en son nom un message de condoléances et de solidarité à ses enfants. Il souhaite que toute la lumière soit faite sur ce crime odieux qui porte gravement atteinte à la liberté de la presse. Mais l'ambassadeur ne s'est pas déplacé pour les obsèques, se contentant de s'y faire représenter Le Figaro du 11 octobre 2006
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Réactions du Kremlin

Vladimir Poutine n'a réagi que le 10 octobre à l'occasion d'un voyage officiel en Allemagne, il a déclaré « quel que soit l'auteur du crime et ses motivations, nous devons déclarer que c'est un crime horrible et cruel. Bien sûr, il ne doit pas rester impuni. Par ailleurs, il a estimé que cet assassinat était plus préjudiciable aux autorités établies à Moscou et en Tchétchénie que ses publications, car leur influence sur l'opinion russe était selon lui insignifiante.
En visite à Helsinki le 24 novembre 2006, Vladimir Poutine a appelé à conjuguer les efforts dans la lutte contre les meurtres commandités, au lieu de les politiser.
Sergueï Iastrjembski, représentant spécial du président russe, a qualifié de coïncidence inquiétante les décès d'opposants au régime russe en place avec la tenue de forums internationaux où le président de la Fédération de Russie participe.
Un nombre manifestement excessif de coïncidences de morts retentissantes de personnes qui, de leur vivant, se sont positionnées en opposants au pouvoir russe en place, avec les manifestations internationales auxquelles participe le président de la Fédération de Russie est pour le moins inquiétant, a notamment déclaré le représentant spécial du président russe pour les relations avec l'Union européenne, intervenant vendredi devant les journalistes à Helsinki à l'issue du Sommet Russie-UE.
Sergueï Iastrjembski, conseiller du président Vladimir Poutine, a dit ne pas être partisan de ce qu'il appelle la théorie des complots. Quoi qu'il en soit, on a bien l'impression d'être en présence d'une campagne bien orchestrée ou même de tout un plan de dénigrement continu de la Russie et de sa direction, a-t-il ajouté.

La suite après sa mort Procédure judiciaire

L'enquête sur l'assassinat de la journaliste a été close en juin 2008 par la mise en examen de quatre suspects, dont trois originaires de Tchétchénie et un officier du FSB. Seuls les exécutants ont été identifiés, aucun commanditaire n'a été retrouvé ni inculpé. Le principal exécutant de l'assassinat, identifié, demeure en fuite. Puis le 19 février 2009, un tribunal militaire de Moscou a acquitté les suspects, les frères Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov et Sergueï Khadjikourbanov.
En 2010, la Cour suprême russe a renvoyé l'affaire au parquet et l'enquête a été rouverte avec les mêmes suspects, les frères Roustam, Ibraguim et Djabraïl Makhmoudov.
Le 14 décembre 2012, l'ancien lieutenant-colonel Dmitri Pavlioutchenkov a été condamné à 11 ans de camp à régime sévère par un tribunal de Moscou pour avoir organisé l'assassinat d'Anna Politkovskaïa. Il a reconnu l'avoir prise en filature, et remis l'arme au tueur. Auparavant, Lom-Ali Gaïtoukaïev a été condamné pour avoir recruté Dmitri Pavlioutchenkov pour organiser l'assassinat. Le commanditaire de l'assassinat reste lui, inconnu.

Dernier article d'Anna Politkovskaïa

Le journal russe d'opposition Novaïa Gazeta a publié jeudi 12 octobre 2006 une ébauche du dernier article de la journaliste Anna Politkovskaïa, où elle accusait les forces tchétchènes de recourir à la torture contre des civils ou des rebelles.
Le bi-hebdomadaire a publié à partir des notes laissées par la journaliste une pleine page sur la politique antiterroriste de torture dans le Caucase du Nord.
L'article, intitulé " Nous te nommons terroriste", n'est pas complet, puisque Anna Politkovskaïa n'a jamais pu le finir, et reprend essentiellement la lettre d'un prisonnier tchétchène qui affirme que des hommes des forces de l'ordre lui ont soutiré des aveux de terrorisme après l'avoir longuement torturé.
Le journal publie également quatre photos, floues, tirées d'une vidéo montrant un homme qui a été, selon Novaïa Gazeta, arrêté par des policiers tchétchènes puis tué.
Après sa mort, son journal Novaïa Gazeta avait écrit qu'il s'agissait d'une vengeance de Ramzan Kadyrov, sur lequel elle a beaucoup écrit et parlé, ou bien d'une vengeance de la part de ceux qui veulent que les soupçons se portent sur le Premier ministre tchétchène Ramzan Kadyrov.
Ce dernier a déclaré mercredi 11 octobre 2006 qu'il n'avait pas commandité le meurtre de la journaliste, affirmant qu'elle ne le dérangeait pas.
Le président russe Vladimir Poutine a également exclu toute implication du Premier ministre tchétchène dans l'assassinat.
Les balles ont arrêté la journaliste Anna Politkovskaïa, mais personne n'a pu arrêter ce sur quoi elle travaillait, a lancé le militant des Droits de l'homme Chamil Tangiev. Les organisations de défense des droits de l'homme n'arrêteront pas tant que la vérité sur les violations des droits dans notre république n'aura pas été rendue publique.
samedi 21 octobre 2006 - La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a profité d'une visite à Moscou consacrée au dossier nord-coréen pour mettre l'accent sur les atteintes aux libertés en Russie en rencontrant la famille et les collègues de la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa.
Selon un haut responsable du Département d'État, Mme Rice considérait cette initiative comme une possibilité d'une part de présenter ses condoléances et d'autre part de soutenir ce qu'il reste de presse libre en Russie. Il a nié cependant que cette entrevue symbolique soit un affront infligé au président russe. C'était juste la bonne chose à faire, a-t-il dit.

Née à New York de parents diplomates soviétiques, Anna Politkovskaïa possédait également la nationalité américaine.

En annonçant dans la matinée son intention de voir les journalistes de Novaïa Gazeta, la secrétaire d'État américaine avait déclaré que le sort des journalistes en Russie est un sujet majeur d'inquiétude pour les États-Unis. Après le meurtre de Mme Politkovskaïa, elle avait averti la Russie que la communauté internationale suivait avec attention le déroulement de l'enquête, soulignant qu'Anna Politkovskaïa était l'incarnation de ce que doit être la presse libre en Russie.
Mme Politkovskaïa qui avait publié plusieurs articles à ce sujet entre 2002 et 2005 dans Novaïa Gazeta estimait que les officiers pouvaient être impliqués dans le meurtre de plusieurs dizaines de civils tchétchènes, ajoute le journal russe Kommersant.
Près de trois cents médias russes ont publié jeudi 26 octobre 2006 une édition spéciale consacrée à l'assassinat de leur collègue Anna Politkovskaïa, critique acerbe du Kremlin et réputée pour ses enquêtes sur les exactions en Tchétchénie.
« Nous avons été agréablement surpris que près de 300 médias russes, principalement de la presse régionale, aient mis leur logo sur notre édition spéciale, même si leurs rédacteurs comprenaient que cela ne serait pas bien vu par le pouvoir, a déclaré à l'AFP le secrétaire de l'Union russe des journalistes Pavel Goutiontov, citant en exemple le quotidien russe Izvestia, proche du Kremlin.
Tirée à 100 000 exemplaires et distribuée gratuitement dans toute la Russie, cette édition spéciale financée par l'Union des journalistes évoque sur 16 pages les enquêtes les plus retentissantes de Mme Politkovskaïa et son dernier texte non-publié sur la liberté de la presse peut-être destiné à une tribune en Occident qu'elle avait écrit avant d'être tuée.
Cette édition est un test sur la liberté d'expression, estime M. Goutiontov, notant cependant que les quotidiens les plus lus en Russie, Komsomolskaïa Pravda et Moskovski Komsomolets, ainsi que le journal d'opposition Kommersant n'ont pas participé à cette action.

Bibliographie

Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d'Espagne • WorldCat

Ouvrages d'Anna Politkovskaïa publiés en français

Les références indiquées sont celles des éditions en français.
Voyage en enfer : Journal de Tchétchénie, trad. Galia Ackerman et Pierre Lorrain, Robert Laffont, mai 2000, 209 p.
Tchétchénie, le déshonneur russe, trad. Galia Ackerman, préf. André Glucksmann, Buchet-Chastel, 2003, 185 p.
rééd. Gallimard, coll. Folio Documents no 24, 2005, 315 p
La Russie selon Poutine, trad. Valérie Dariot, Buchet-Chastel, 2005, 271 p.
rééd. Gallimard, coll. Folio Documents no 33, 2006, 374 p.
Douloureuse Russie : Journal d'une femme en colère, trad. Natalia Rutkevich, sous la dir. de Galia Ackerman, Buchet-Chastel, septembre 2006, 420 p
rééd. Gallimard, coll. Folio Documents no 44, 2008, 561 p.
Qu'ai-je fait ?, trad. Ada et Galia Ackerman, Buchet-Chastel, 2008, 238 p

Ouvrage sur Anna Politkovskaïa

Galia Ackerman, Nicolas Bokov, Elena Bonner, et al. trad. de l'anglais par Sylvie Filkenstein et du russe par Galia Ackerman, Hommage à Anna Politkovskaïa, Buchet-Chastel,‎ 2007, 244 p.
Igort trad. de l'italien par Laurent Lombard, Les Cahiers russes, Futuropolis avec le soutien d'Amnesty International,‎ 2012, 176 p.

Filmographie

Une femme à abattre, téléfilm, 2008, 90 min., réal. Olivier Langlois, prod. Arte France, France 2, Raspail Production
Lettre à Anna
Anna Politkovskaïa Une vie pour la liberté, documentaire, 2011, 86 min., réal. Marina Goldovskaïa


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Posté le : 29/08/2015 21:43
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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