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Théophile Gautier
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Le 30 août 1811 naît Théophile Gautier

à Tarbes, mort à 61 ans à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, poète, romancier, peintre et critique d'art français.
Né à Tarbes, Théophile Gautier est cependant parisien depuis sa plus jeune enfance. Il fait la connaissance du futur Nerval au Collège Charlemagne et s'intéresse très jeune à la poésie. En 1829 il rencontre Victor Hugo qu'il reconnaît pour son maître et participe activement au mouvement romantique comme lors de la fameuse bataille d'Hernani, le 25 février 1830. Il évoquera avec humour cette période en 1833 dans Les Jeunes-France.
Il publie en 1831-1832 ses premières poésies qui passent inaperçues mais il se distingue de ses amis romantiques par ses préoccupations formalistes fustigeant les visions moralistes ou utilitaires de la littérature dans la célèbre préface à son roman épistolaire Mademoiselle de Maupin 1835. Il écrit aussi ses premières nouvelles comme La Cafetière 1831, dans une veine fantastique qu'il approfondira dans d'autres œuvres Le Roman de la momie, 1858.
En 1836, à la demande de Balzac, il donne des nouvelles et des critiques d'art au journal La Chronique de Paris. Il collabore ensuite intensément à d'autres journaux, en particulier La Presse d'Émile de Girardin : certains de ces textes seront regroupés plus tard en volumes Les Grotesques, Souvenirs littéraires…. Il publie aussi des poèmes La Comédie de la Mort, 1838 et s'essaie au théâtre Une larme du diable, 1839. En mai 1845, il accomplit un grand voyage au-delà des Pyrénées dont il rapporte un carnet d'impressions Voyage en Espagne et de nouveaux poèmes España, 1845. D'autres voyages en Algérie, en Italie, en Grèce, en Égypte, nourriront aussi diverses publications.
En 1852, paraît Émaux et Camées, recueil de vers qu'il enrichit jusqu'en 1872 et qui fait de son auteur un chef d'école : Baudelaire dédie Les Fleurs du mal au poète impeccable et Théodore de Banville salue le défenseur de l'art pour l'art, précurseur des Parnassiens à la recherche du beau contre les épanchements lyriques des romantiques et valorisant le travail de la forme Sculpte, lime, cisèle écrit Gautier dans son poème L’Art, dernière pièce de Émaux et Camées, édition de 1872.

Il continue à publier des articles ou des poèmes mais aussi une biographie d'Honoré de Balzac ou des œuvres de fiction comme son roman de cape et d'épée Le Capitaine Fracasse 1863. Il est nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde et fréquente les salons littéraires du Second Empire mais aussi le milieu de l'art, s’intéressant aux musiciens il écrit sur Berlioz, Gounod, Wagner… et élabore le livret du ballet Giselle comme aux peintres Eugène Delacroix, Édouard Manet, Gustave Doré, Théodore Chassériau.
Il meurt en 1872 laissant l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.

En bref

Dans une conférence d'avril 1914, André Gide lança une de ces formules qui se substituent commodément à l'analyse critique : « Oui, Théophile Gautier occupe une place considérable ; c'est seulement dommage qu'il l'occupe mal. Les lettres françaises ont imposé une sorte de quarantaine à ce maître contesté que les lettres étrangères, en revanche, apprécient, comme en témoignent Henry James, Ezra Pound, T. S. Eliot, Amy Lowel, les akhméistes russes... En France, si l'on excepte les anthologies scolaires et les éditions de récits de voyages et de romans – de préférence ceux que Dumas aurait pu écrire –, Gautier a connu la disgrâce d'être un poète proscrit sans être un poète maudit. Il n'en demeure pas moins un merveilleux professeur d'écriture
Théophile Gautier est né à Tarbes, mort à Neuilly ; parmi ses lieux de séjour, Paris l'emporte quantitativement ; il a cependant beaucoup voyagé à travers l'Europe, en Orient, en Afrique. Il fut publié par Le Figaro, Le Parnasse contemporain de l'éditeur A. Lemerre, et fonda en 1836, avec Lassaily, Ariel, journal du monde élégant.
Il fréquenta quelques théâtres dont l'Opéra où il fit jouer des fantaisies, danser des ballets. On lui connaît quelques amours, un fils, des filles. Mais on ne le trouve vraiment que dans son œuvre, dans ses poèmes, et plus particulièrement dans ses « Salons », sa critique d'art et ses relations de voyages.
Les circonstances de la vie ne furent pas cependant étrangères à cette prose et à ces vers. Il n'est pas indifférent que le pays où est né Gautier, où il a vécu peu de temps, où il est retourné longtemps après, en 1859, soit un paysage fort et âpre, situé sur la route de l'Espagne. Le chaud génie du Midi respire là, plus plastique que musical, avec une pointe gasconne qui percera dans Le Capitaine Fracasse 1863.
Il n'est pas indifférent non plus que sa vocation initiale et sa première profession aient été la peinture. Ce sont des sensations de peintre qu'il conserva de ses voyages. Il pratiqua, sans s'y efforcer, par la seule pente de sa nature, cette transposition d'art dont d'autres firent un système d'esthètes. De là l'importance de ses Salons qui préparent les Maîtres d'autrefois. Mais Gautier en est resté à 1830, tout en se moquant de ses compagnons de bohème. Ce qui interdit de confondre le bohème et le bourgeois, c'est l'hypocrisie décente de celui-ci et le provocant « immoralisme » de celui-là. Distance apparemment infranchissable. La préface de Mademoiselle de Maupin 1835 affirme les droits de l'artiste à la vie débordante, à la volupté, à l'impudeur. La correction de la forme est la vertu, ce qui est beau physiquement est bien, tout ce qui est laid est mal.
Son époque se scandalise de la morale qu'elle pratique incessamment. L'immoralité ne lui déplaît pas, mais elle abhorre l'« immoralisme. Elle s'enfonce dans la matière, mais elle adore qu'on lui parle du sentiment. À des imprudents comme Gautier, elle refuse tout : la fortune et l'Académie. Elle les réduit aux travaux forcés du journalisme. Il en gémit. Le gagne-pain de ce gagne-petit épuise en lui la veine du poète. Il se console par le seul opium efficace : l'écriture.

Sa vie

Né à Tarbes le 30 août 1811, Théophile Gautier gardera longtemps le souvenir des silhouettes des montagnes bleues. Il a trois ans lorsque sa famille s'installe à Paris. Malgré son jeune âge, il éprouve de la nostalgie et s'habitue mal à son nouvel environnement. Étonnamment précoce, il n'a que cinq ans quand il commence à lire. Ses premières grandes passions sont Robinson Crusoé ou Paul et Virginie, qui lui font une vive impression ; il rêve alors de devenir marin, avant de se passionner pour le théâtre, notamment pour la peinture des décors.
En 1820, à l'âge de neuf ans, il fait un bref séjour comme demi-pensionnaire au lycée Louis-le-Grand. Ses parents doivent l'en retirer au bout d'un trimestre parce qu'il y dépérit. Plus heureux comme externe au collège Charlemagne, Gautier y rencontre le jeune Gérard Labrunie le futur Nerval. À cette époque, il commence à manifester un goût particulier pour les poètes latins tardifs dont la langue étrange le fascine.
Il est en première lorsqu'il commence à fréquenter l'atelier du peintre Louis-Édouard Rioult 1790-1855, rue Saint-Antoine, et découvre à cette occasion qu'il souffre de myopie.

La grande boutique… romantique

Le 27 juin 1829, Gautier rencontre celui qui allait devenir son maître en littérature, Victor Hugo, auquel le présentent Gérard et Petrus Borel. Cet évènement précipite sa carrière d'écrivain. Le 25 février 1830, il participe à la fameuse bataille d'Hernani, vêtu d'un gilet rouge qui marquera durablement les esprits. Le soir même, cet hernaniste acharné quitte l'atelier de Rioult.
Tout en menant toutes les grandes campagnes romantiques, il écrit un premier recueil de vers, dont son père finance la publication chez Mary. L'œuvre sort en 1830 et passe totalement inaperçue. Ces premières poésies montrent pourtant un jeune poète fort habile, ayant déjà acquis la manière de ses illustres prédécesseurs. Gautier y fait cependant preuve d'une originalité réelle par un sens inné de la forme et une expression nette et précise
Hugo en condottiere du mouvement romantique avec Théophile Gautier, cheveux longs, moustachu et chapeauté, en croupe.
Il continue à fréquenter Victor Hugo et ses proches. C'est dans ce cénacle qu'il fait la connaissance de Célestin Nanteuil, qui trois ans plus tard, lorsque Gautier réimprime ses premiers vers dans un nouveau recueil, Albertus, l'illustre d'une eau-forte ultra-excentrique. Il rencontre également l'éditeur romantique Eugène Renduel, qui vient de publier les Soirées de Walter Scott, de Paul Lacroix. À sa demande il écrit en 1833 Les Jeunes-France, qui rendent compte avec truculence de la vie des artistes qui forment le Cénacle. Dans cet ouvrage baroque, Gautier se fait le témoin lucide et ironique de ces Précieuses Ridicules du Romantisme. Deux ans plus tard, il publie également chez Renduel Mademoiselle de Maupin 1835, qui fait un véritable scandale.
Quittant le domicile familial, place des Vosges, Théophile Gautier s'installe impasse du Doyenné, à côté de l'emplacement de l'actuelle place du Carrousel, dans un hôtel particulier en ruine, où il côtoie Camille Rogier, Arsène Houssaye, et Nerval. Il partage un appartement avec Eugène Piot.

Les débuts de critique et nouvelliste

Honoré de Balzac, qui apprécie ces jeunes talents, envoie Jules Sandeau leur proposer de contribuer au journal La Chronique de Paris en 1836. Balzac, qui daignait me trouver du talent et le dire, m'envoya chercher par Jules Sandeau. Gautier y publie des nouvelles comme La Morte amoureuse et La Chaîne d'or et des critiques d'art. Il sera fort impressionné par le maître et plus tard, il contribuera à sa légende avec des portraits biographiques d'Honoré de Balzac.
Il travaille également pour le magazine de Charles Malo, La France littéraire, et pour le quotidien d'Émile de Girardin, La Presse. Dans ce journal, Gautier se charge d'abord de la critique d'art. On évalue à plus de deux mille le nombre des feuilletons et articles qu'il aurait rédigés pour ce journal. Un nombre restreint de ces articles est recueilli en volumes : Les Grotesques, L'Histoire des peintres, l’Art moderne, Les Beaux-Arts en Europe, l’Histoire de l'art dramatique depuis vingt-cinq ans, Trésors d'art de la Russie, Portraits contemporains, Histoire du romantisme, Souvenirs littéraires, etc. Tous ces articles sont allègrement écrits dans une langue nette, souple, impeccable et brillante. Gautier invente à sa manière une écriture de critique d'art qui ne vise pas seulement au jugement, à l'analyse, mais aussi à recréer la justesse du sentiment esthétique. Il cherche à rendre, au moyen de mots, la sensation visuelle, musicale produite par la perception directe de l'œuvre d'art. Cette tâche de chroniqueur l'occupe toute sa vie. J'ai travaillé à La Presse, au Figaro, à La Caricature, au Musée des Familles, à la Revue de Paris, à la Revue des Deux Mondes, partout où l'on écrivait alors. Souvent pesante, cette besogne quotidienne ne l'empêche pas de faire du sport de la boxe et du canotage et de continuer à créer des œuvres poétiques et dramatiques. Ainsi en 1838 paraît La Comédie de la Mort, un recueil de poèmes assez différent des précédents où, sous l'influence de Shakespeare, Goethe et Dante, Gautier sculpte avec vigueur le spectre de la Mort. En 1839, Gautier cède à la tentation du théâtre qu'il admire depuis toujours et écrit Une larme du diable puis Le Tricorne Enchanté et Pierrot Posthume. Ce sont des fantaisies, des pastorales féeriques, un théâtre lyrique, impossible et imaginaire qu'il fait vivre encore dans les livrets de plusieurs ballets, dont le plus célèbre est celui de Giselle, dansé à l'Opéra le 28 juin 1841, avec un succès prodigieux.

L'écriture artiste

Un professeur d'écriture, c'est là ce qu'il devient au milieu de sa vie et jusqu'à sa mort, celui qui écrira ce récit habilement transcrit de Scarron dans la manière du Roman comique : Le Capitaine Fracasse, et composera ces pièces d'anthologie et de joaillerie en accord avec la génération de Théodore de Banville : Émaux et Camées 1852. Aux années où Victor Hugo se met à l'octosyllabe et aux Chansons des rues et des bois, où les étagères s'encombrent de bibelots et de chinoiseries, Théophile Gautier invente pour son propre compte ce que les Goncourt appelleront l'écriture artiste.
Elle est une forme, et non la moins précieuse, de la préciosité : celle qui donne au détail une importance insolite, qui le regarde, l'analyse à travers une lentille grossissante, détache chaque objet de son ensemble, l'individualise. Un jardin, pour Gautier, n'est pas ce fouillis ombreux ou verdoyant, pullulant de proliférante sève, qu'un impressionniste recréerait par points de couleur ou taches de lumière : chaque plante se découpe à part, porte son nom, se distingue par sa dentelure ou ses nervures. Nul vague, même dans le désordre de ces chambres de sorcières où cet amateur de fantastique – plutôt que de mystère – nous fait pénétrer.
Ce soin minutieux exige un enrichissement, un renouvellement de la langue. Gautier a été, comme Charles Nodier, de ceux qui ont infusé un sang jeune et dru à l'expression française. Il le doit, pour une part, à l'atelier de l'artiste, au vocabulaire technique de la critique d'art.
Préciosité aussi, ces allégories recherchées, issues des métaphores continuées, et qui tendent, sans y atteindre, au symbole. Si l'art, comme le pensait ce poète, est un masque, le roman comme le poème est double : masque et visage. « J'ai gardé mon idée secrète », dit-il ; mais l'idée est présente. Et non pas toujours si secrète, mais souvent explicite et même trop dans la conclusion ou l'épilogue. Les « vieux de la vieille » représentent, et ce qu'ils représentent nous est dit dans le détail ; Iñes de la Sierra n'est pas seulement une danseuse espagnole, elle est l'Espagne ; dans ce délire de fandango, ce miniaturiste est allé jusqu'à voir une cicatrice, mais elle prend un sens ou il lui prête un sens. Un bas-relief cesse d'être une sculpture, un choc de cavaliers devient bataille de pensées et de désirs ; la Symphonie en blanc majeur se change en état d'âme.
Par là se brise, parfois, l'orthodoxie de l'art pour l'art. Elle est alibi, protection ou simplement prétexte. Le ciseleur s'avoue à lui-même que sa main tremble un peu. L'ensevelissement dans l'art pur est aussi illusoire que l'évasion vers la poésie pure. Chez ce coloriste, tout un arrière-plan sombre est refusé, ou ne se révèle qu'à la faveur des macabres visions de l'école espagnole. L'Espagne du sang, de la volupté et de la mort emplit les vers de España (1845). Par elle s'introduisent dans cette apparente joie de vivre les sujets sombres et violents de Ribera, ou les tons verts, les blafardes pâleurs de Valdes Leal. Et le clair-obscur qui n'était pas sur sa propre palette. Et ce réalisme de l'horreur qui semble se souvenir de Villon et annoncer Baudelaire.

Gautier et Baudelaire

Baudelaire a inscrit le nom de Gautier à la première page des Fleurs du mal. Se reconnaissait-il en lui ? Et quelle fut la mesure ou quelles furent les limites de sa sincérité ? L'article qu'il lui consacra suggère cette mesure et dessine ces limites. Mais on trouve un goût baudelairien à tel poème de Gautier intitulé « Débauche ». Il y a dans la Symphonie en blanc majeur de ces variations sur le thème des correspondances que le XVIIIe siècle avait transmis au romantisme et que le romantisme transmettra au symbolisme. Dans un poème intitulé Cariatides, il y a ce même type de transpositions d'art – autre effet de correspondances – que dans Les Phares . Surtout, ces autres correspondances, celles qui vont au-delà des sens et des techniques, qui entrent dans les intimes rapports du monde extérieur et du monde intérieur, Baudelaire les a senties, assurément, par lui-même ; mais Gautier avait trouvé des mots où résonne le même dialogue de l'homme et de l'âme :
Devers Paris, un soir, dans la campagne,
J'allais suivant l'ornière du chemin,
Seul avec moi, n'ayant d'autre compagne
Que ma douleur qui me donnait la main.
Allégorie encore, personnification de l'invisible en figures de peinture décorative ; pourtant un halo enveloppe cette poétique menacée par la rhétorique. L'hallucinatoire et l'onirique créent une perspective en faux jour. Comme dans Le Bateau ivre d'Arthur Rimbaud qui, lui aussi, vient pour une part de Gautier.
Ces résonances, qui se prolongent dans l'époque fin de siècle, assurent à ce poète, qui certains jours aspirait au néant, une postérité qui, parfois, le méconnaîtra. Pierre Moreau.

Les voyages

Constantinople

Le 5 mai 1840, il part en compagnie d'Eugène Piot pour l'Espagne, qu'il connaît à travers les Contes d'Espagne et d'Italie d'Alfred de Musset et les Orientales de Victor Hugo. Son Voyage en Espagne, sorte de carnets d'impressions vigoureux, est marqué par la fraîcheur du regard, l'étonnement de la vision et le souci toujours exacerbé de la justesse du dire. Ces visions donnent lieu à de nouveaux vers, España, qui paraissent dans le recueil des Poésies complètes en 1845. Ce premier voyage en amène bien vite d'autres. En 1845 c'est l'Algérie, en 1850 l'Italie, en 1852 la Grèce et la Turquie, en 1858 la Russie et en 1869 l'Égypte envoyé par le Journal Officiel pour l'inauguration du canal de Suez. Chacun de ces voyages donne lieu à des publications : Italia, Constantinople, mais surtout ils nourrissent ses œuvres littéraires, romans, nouvelles ou poésies.

Très intéressé par la photographie, il devient membre en 1851 de la Société héliographique.

La maturité

À côté de son travail de critique, qu'il poursuit au Moniteur universel, Gautier garde toujours une prédilection pour la poésie : elle demeure, comme en témoignent ses amis comme Émile Bergerat ou Maxime du Camp par exemple, sa passion, sa distraction, son exercice quotidien. Ainsi, le 17 juillet 1852, alors que Gautier est à Constantinople, paraît chez E. Didier la première version de Émaux et Camées, recueil qui jusqu'en 1872 s'enrichit de poésies nouvelles.
En 1857, Gautier s'installe avec sa compagne, Ernesta Grisi sœur de la danseuse Carlotta Grisi dont il sera l'amant, ses filles, Judith Gautier, qui épousera Catulle Mendès et Estelle qui épousera Émile Bergerat, ainsi que ses deux vieilles sœurs, au n° 32 rue de Longchamp à Neuilly-sur-Seine, dans une petite maison où il se plaît à recevoir ses amis : Baudelaire qu'il rencontre régulièrement il n'ira pourtant pas à son enterrement, Dumas fils, Ernest Feydeau, Gustave Flaubert, Puvis de Chavannes ou encore Gustave Doré.
De sa liaison avec Eugénie Fort, une très belle femme, plus jeune que lui et d'origine espagnole, il avait eu un fils, Théophile Gautier fils, né le 29 novembre 1836, qui suppléera son père plusieurs fois au Moniteur universel.
Lors des salons littéraires de la princesse Mathilde, dont il est nommé bibliothécaire, Gautier rencontre également des écrivains comme Taine, Sainte-Beuve, Prosper Mérimée, les Goncourt ; des peintres comme Paul Baudry, Gustave Boulanger, Jean-Léon Gérôme, Frédérique O'Connell qui fait son portrait en 18579 ; des sculpteurs comme Carpeaux ; des savants comme Claude Bernard, Pasteur ou Berthelot. À cette époque Gautier fait figure de chef d'école. Baudelaire se déclare son disciple il lui dédie Les Fleurs du mal, le qualifiant de « poète impeccable, Théodore de Banville lui dédie ses vers. En 1844 Théophile Gautier fonde le club des Hashischins avec Jacques-Joseph Moreau, club voué à l'étude du cannabis. Ce club sera fréquenté par de nombreux artistes de l'époque, dont Charles Baudelaire.

Président de la Société nationale des Beaux-Arts

Élu en 1862 président de la Société nationale des Beaux-Arts, il est entouré d'un comité composé des peintres les plus prestigieux : Eugène Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, Édouard Manet, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Doré. Cette élection à un poste en vue provoque l'envie d'une partie des littérateurs moins connus et il échoue à trois reprises lorsqu'il se présente à l'Académie française, en 1866, 1868 et 1869.
Profondément ému par les événements militaires de 1870, Gautier revient à Paris, où il finit ses jours, rongé par la maladie, mais conscient du devoir d'enseignement et d'exemple dont il est investi auprès des jeunes générations. Le 23 octobre 1872 dans la nuit, son cœur cesse de battre. Hugo, Mallarmé ou encore Banville lui rendent un dernier toast funèbre. Il est enterré au cimetière de Montmartre à Paris.

Citations

Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. Préface de Mademoiselle de Maupin
Il faut qu’il ait au cœur une entaille profonde pour épancher ses vers, divines larmes d’or ! Le Pin des Landes, España
N’est-ce pas une chose singulière que la nuit, dans laquelle notre globe baigne pendant tant d’heures, ait été si rarement reproduite ? Elle a pourtant ses beautés, ses effets pittoresques, ses magies et ses séductions. Souvenirs de théâtre
En 1851, Armand Baschet écrivit à Théophile Gautier pour lui demander de se définir. Gautier lui renvoya une biographie où il confessait :
Je n'avais encore rien fait pour le théâtre, et, pour qu'on ne m'accusât pas d'abuser des effets de style, je débutai par un ballet : Giselle, où Carlotta parut pour la première fois. Ce ballet, chose bizarre, a eu un succès immense ; il s'est joué et se joue encore dans toutes les parties du monde. Pour un poète, ce succès chorégraphique ne laisse pas que d'être humiliant…

Œuvre

Romans Gautier a écrit huit romans, tous publiés de son vivant :

Mademoiselle de Maupin. Double amour 1835
L'Eldorado, devenu, très vite, Fortunio 1837-1838
Militona 1847
Les Roués innocents 1847
Les Deux étoiles 1848, devenu Partie carrée 1851, et, enfin, La Belle Jenny 1865
Jean et Jeannette 1850
Le Roman de la momie 1858
Le Capitaine Fracasse 1863
En outre, Th. Gautier est l'un des quatre auteurs du roman par lettres La Croix de Berny 1845.

Contes et nouvelles

Gautier a écrit une trentaine de contes et nouvelles, pour la plupart de nature fantastique.
Les nouvelles suivantes sont parues dans Les Jeunes-France en 1833 :
Sous la table
Onuphrius ou les Vexations fantastiques d'un admirateur d'Hoffmann
Daniel Jovard
Celle-ci et celle-là
Élias Wildmanstadius
Le Bol de punch

Les nouvelles suivantes sont parues dans Une Larme du diable en 1839 :
La Chaîne d'or ou L'Amant partagé
Omphale. Histoire rococo
Le Petit Chien de la marquise
Le Nid de rossignols
La Morte amoureuse
Une nuit de Cléopâtre

Les nouvelles suivantes sont parues pour la première fois dans le recueil Nouvelles en 1845 :
La Toison d'or
Le Roi Candaule

Les nouvelles suivantes sont parues pour la première fois dans La Peau de tigre en 1852 :
La Mille et Deuxième Nuit
Le Pavillon sur l'eau
Deux acteurs pour un rôle
L'Oreiller d'une jeune fille
Le Berger
Le Pied de momie
Angela, autre titre pour La Cafetière
La Maison de mon oncle, autre titre pour L'Âme de la maison
L'Enfant aux souliers de pain
La Pipe d'opium
Arria Marcella

Deux nouvelles isolées :
Avatar 1857
Jettatura 1857

Les nouvelles suivantes sont parues dans le recueil Romans et contes de 1863 :
Le Chevalier double
Le Club des hachichins

Les nouvelles suivantes sont parues pour la première fois dans une seconde édition de La Peau de tigre en 1866 :
Une visite nocturne
La Fausse conversion
Feuillets de l'album d'un jeune rapin

Une nouvelle isolée :
Spirite 1866
Une dernière nouvelle est parue à titre posthume en 1881 :
Mademoiselle Dafné

Biographies de compositeurs

1849-1852, Mozart 1864, Spontini 1854, Méhul 1851, Meyerbeer 1854, Halévy 1852, Auber 1850 et 1851, Adolphe Adam 1849, 1850 et 1853, Rossini 1852, Donizetti 1854, Berlioz 1839-1854-1869 et 1870, Félicien David 1848 et 1851, Gounod 1854, Ambroise Thomas 1850 et 1853, François Bazin 1849, Victor Massé 1853, Niedermeyer 1844 et 1853, Chopin 1849 et Richard Wagner 1857 et 1869.

Principales œuvres diverses

Voyage en Espagne récit de voyage, 1843
De la mode, 1858
Honoré de Balzac biographie, 1859
Les Vosges, 1860
Dessins de Victor Hugo, 1863
Rapport sur les progrès de la poésie, 1868
Ménagerie intime, 1869
La Nature chez elle, 1870
Tableaux de siège, 1871
Souvenirs de théâtre, d'art et de critique, Eugène Fasquelle. Texte sur Gallica, 1903
La Musique, coll. Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle ; recueil d'articles publiés à l'occasion de représentations d'œuvres de Weber 1866, Beethoven, 1911

Poésie

Poème de Théophile Gautier figurant sur un vase de 1889 d'Émile Gallé, musée de l'École de Nancy
Poésies 1830, son premier livre, refondu dans le volume Albertus ou L'Ame et le péché 1833.
La Comédie de la mort 1838.
Espagna, qui paraît dans le volume des Poésies complètes de 1845.
Émaux et camées 1852, qui reparaît, à chaque fois augmenté, en 1853, 1858, 1863 et, enfin, en 1872 dans une édition définitive.
Les poésies complètes de Gautier, hormis Émaux et camées, sont parues en 1875-1876. Les poésies de circonstance et les poésies légères ont paru à part dans le volume Poésies de Théophile Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres 1873

Poésies tome 1 sur Gallica Poésies tome 2 sur Gallica

Ballet et théâtre

Théophile Gautier est l'auteur de 5 ballets du répertoire romantique, dont le premier chronologiquement, demeure l'un des plus joués au monde : Giselle ou Les Wilis. Par contre, son théâtre est une partie mineure de son œuvre.
Une larme du diable, mystère 1839.
Giselle, ou Les Wilis, ballet 1841 sur une musique d'Adolphe-Charles ADAM
Un voyage en Espagne, vaudeville 1843.
La Péri, ballet 1845 sur une musique de Johann Friedrich Burgmüller ;
Le Tricorne enchanté 1845.
La Juive de Constantine 1846, avec Noël Parfait ;
Regardez mais ne touchez pas 1847.
Le Selam 1850 symphonie-oratorio sur une musique d'Ernest REYER.
Paquerette, ballet 1851 sur une musique de François BENOIST.
Gemma, ballet 1854 sur une musique du Comte GABRIELLI ; livret
Sacountala, ballet 1858 sur une musique d'Ernest REYER.
La Femme de Diomède 1860.
Deux recueils sont parus en 1855 Théâtre de poche et 1872 Théâtre. Mystères, comédies et ballets, mais ils ne sont pas complets. Un théâtre complet de Gautier a été édité il y a peu, certaines pièces ayant donc attendu un siècle et demi avant d'être rééditées.

Récits de voyages

Tras los montes, devenu Le Voyage en Espagne 1843.
Zigzags 1845, devenu, augmenté, Caprices et zigzags 1852.
Italia 1852, plus ou moins inachevé.
Constantinople 1853.
Quand on voyage 1865, recueil d'articles.
Loin de Paris, Paris, Michel Lévy frères,‎ 1865, 372 p. — Réunit : En Afrique ; En Espagne ; En Grèce ; Ce qu’on peut voir en six jours.
Impressions de Voyage en Suisse 1865.
Voyage en Russie 1867.
L'Orient 1877, posthume.
Les Vacances du lundi 1884, recueil d'articles, posthume.

Critique d'art, critique littéraire

Les Grotesques 1843.
Salon de 1847.
Les Beaux-Arts en Europe 1855.
L'Art moderne 1856.
Histoire de l'art dramatique en France depuis vingt-cinq ans 1858.
Honoré de Balzac 1858.
Abécédaire du salon de 1861.
Rapport sur le progrès des Lettres 1868.
Histoire du Romantisme, sa dernière œuvre, inachevée 1874.
Portraits contemporains 1874, posthume.
Portraits et souvenirs littéraires 1875, posthume.
Le Musée du Louvre, préface de Marie-Hélène Girard, coéd. Musée du Louvre et Citadelles Mazenod, Paris, 2011, posthume.
Gautier a, en outre, préfacé de nombreuses œuvres littéraires, parmi lesquelles Le Rêve et la vie de Nerval en 1855 et la troisième édition des Fleurs du mal 1868 de Baudelaire. Mention de deuxième édition 1869 sur la couverture et la page de titre, mais c'est bien de 1868 qu'il faut dater cette édition.

Curiosa érotique
Lettre à la Présidente 1850, publié en 1890

Théophile Gautier en musique

D’après Andrew G. Gann, près de trois cents compositeurs ont mis en musique des œuvres de Gautier, et beaucoup de poèmes furent conçus pour être mis en musique.
Les Nuits d'été est un cycle de six mélodies d’Hector Berlioz sur des poèmes tirés de Comédie de la mort. Parmi les autres compositeurs, on peut citer d’abord Bizet, Debussy, Duparc, d'Indy, Massenet, de Falla, Fauré Les Matelots ; Seule! ; Tristesse, Chausson La dernière feuille ; Les Papillons ; La Caravane, Lalo L'Esclave, Hahn Infidélité et Seule !, Gounod, et Offenbach Barcarolle.
Parmi les compositeurs moins connus aujourd’hui mais pour lesquels on peut trouver des enregistrements ou pas, Adolphe Adam Giselle, ballet de 1841, Johann Friedrich Burgmüller La Péri, ballet de 1844, Xavier Boisselot, François Bazin, Hippolyte Monpou, Félicien David Dans un baiser, l'onde, Sultan Mahmoud, et Gazhel, Pauline Viardot Primavera ; Sérénade ; Lamento, Ernest Reyer Le Sélam, symphonie-oratorio, Théodore Labarre, Victor Massé. On pourra encore citer Allyre Bureau et Napoléon Henri Reber. Eugène Emile Diaz de la Pena Le roi Candaule.

Le Capitaine Fracasse

Film d'aventures d'Alberto Cavalcanti, d'après le roman de Théophile Gauthier, avec Pierre Blanchar, Lien Deyers, Charles Boyer.
Pays : France
Date de sortie : 1929
Son : noir et blanc
Durée : 2 900 m environ 1 h 47
Résumé

Un jeune baron ruiné accompagne une troupe de comédiens en tournée, et les sauve de mille dangers grâce à sa vaillance à l'épée. Nommé gouverneur, il ramènera dans son château la jolie comédienne qu'il aime.
Autres versions réalisées par :

Abel Gance, avec Fernand Gravey, Jean Weber, Assia Noris, Jean Fleur, Mary Lou.
Pays : France
Date de sortie : 1943
Durée : 1 h 48
Pierre Gaspard-Huit, avec Jean Marais, Geneviève Grad, Gérard Barray, Louis de Funès.
Pays : France
Date de sortie : 1961
Son : couleurs
Durée : 1 h 45


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Posté le : 29/08/2015 22:22
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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