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Colbert
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Le 6 septembre 1683 meurt Jean-Baptiste Colbert

à 64 ans, à Paris, né le 29 août 1619 à Reims, un des principaux ministres de Louis XIV. Contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.
Contrôleur général des finances 1665-1683, il est également Secrétaire d'État de la Maison du roi, Secrétaire d'État à la Marine. Il est marié à Marie Charron ilq ont trois fils, ses descendants sont Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, Jacques Nicolas Colbert, Jean-Jules-Armand Colbert
Il entre au service du roi à la mort de son protecteur Mazarin, incite Louis XIV à disgracier son rival Nicolas Fouquet. Inspirateur et promoteur d'une politique économique interventionniste et mercantiliste ultérieurement désignée sous le vocable de colbertisme il favorise le développement du commerce et de l'industrie en France par la création de fabriques étatiques. Il passe pour s'être inspiré des idées de Barthélemy de Laffemas, économiste et conseiller d'Henri IV1 ; Laffemas avait en particulier développé le commerce colonial et l'industrie textile, les deux secteurs auxquels Colbert s'est particulièrement consacré pour devenir à son tour l'éminence grise du royaume.

En bref

Une légende tenace faisait de Colbert le fils d'un marchand drapier de Reims. Les historiens ont eu raison de ce mythe en montrant que le grand ministre était issu d'une dynastie de grands marchands internationaux, banquiers et financiers. Laboureurs à la fin de la guerre de Cent Ans, entre Reims et les Ardennes, ils firent du transport de pierres pour reconstruire les villes détruites et devinrent maçons. Marchands grossistes à Reims au XVIe siècle, ils donnent des échevins à la ville et appartiennent à la bourgeoisie riche de la cité. Très liés à la fin du siècle aux milieux bancaires italo-lyonnais, proches du pouvoir sous Henri IV et sous Louis XIII, ils atteignent leur apogée sous Louis XIV. Colbert n'est pas en effet devenu ministre par un coup de baguette magique, en sortant de la boutique du Long-Vêtu. Il fut poussé dans les allées du pouvoir par un groupe où se mêlaient des ministres comme Le Tellier (père de Louvois), des gens d'affaires comme Particelli d'Émery, Lumagne, Camus, rapprochés par un ensemble d'intérêts et des alliances matrimoniales. L'enfance et la jeunesse de Jean-Baptiste Colbert sont mal connues. On suppose qu'il fit ses études chez les Jésuites. Dès 1634, il fait son apprentissage chez Mascranny, banquier à Lyon, puis il travaille à Paris dans une étude de notaire, chez un procureur au Châtelet, avec un ancien munitionnaire devenu officier de finance ; il reçoit en somme une éducation de marchand et d'officier de finance, avec des notions juridiques acquises par la pratique. En 1640, il devient commissaire des guerres, charge lucrative s'il en fût, commis du secrétaire d'État à la Guerre, François Sublet de Noyers. Ces fonctions l'obligent à voyager dans le royaume pour connaître troupes et garnisons : expérience précieuse pour un futur ministre. En 1645, il entre comme commis au service de Michel Le Tellier, secrétaire d'État à la Guerre, qui lui fera obtenir un brevet de conseiller d'État. En 1648, son mariage avec la fille d'un intendant des turcies et levées de France lui apportera 100 000 livres de dot.
Colbert passa du service de Le Tellier à celui de Mazarin, dont il géra les immenses biens et auquel il servit d'intermédiaire avec la reine pendant son exil. Le cardinal le recommanda à Louis XIV comme étant fort fidèle. Sa valeur personnelle fit le reste. Il travailla à la disgrâce de Fouquet, réussit à influencer le roi, dut subir les assauts de la compagnie du Saint-Sacrement qui soutenait le surintendant, entra au conseil d'En-Haut et cumula peu à peu les responsabilités : bâtiments et manufactures, contrôle général des Finances, Maison du roi et Marine. Seules les Affaires étrangères et la Guerre lui échappèrent, quoiqu'il parvînt très vite à installer son frère Croissy au poste de ministre des Affaires étrangères. Pour venir à bout de tant de tâches, il fallait un homme exceptionnel. Michelet le compare à un bœuf de labour, mettant ainsi en évidence sa qualité fondamentale : l'archarnement au travail. Esprit méthodique, il sait rédiger pour le roi — à qui il voue une inébranlable fidélité — des rapports très clairs. Il esquisse tout un système de réformes afin de rétablir l'ordre dans le royaume, après les lourdes épreuves de la guerre. Ses idées ont souvent servi de modèle pour décrire le mercantilisme qu'il incarne.
Citadin, homme du commerce international, Colbert a le souci d'exporter pour accumuler à l'intérieur des frontières le maximum d'or et d'argent, et d'importer le moins possible pour éviter d'en perdre. À cette fin, les manufactures fourniront l'essentiel de l'effort, le grand commerce sera relancé et les paysans soulagés par la diminution de leurs impôts. Colbert n'est pas le père de ces idées, élaborées avant lui, mais il les a mises en application avec une rare énergie. Il est de bon ton d'en critiquer le bilan, qui n'est pourtant pas mince : les bourgeois, qui préféraient certes l'achat des offices et des biens fonciers, n'ont pas dédaigné d'investir dans l'industrie et le commerce, ce qui est significatif ; de plus, l'expansion économique du XVIIIe siècle trouve son origine à cette époque. Malgré les structures archaïques du temps, Colbert a réussi à modifier l'état des esprits et à entraîner derrière lui beaucoup d'imitateurs ; il a fait fonctionner un embryon d'administration, utilisé au mieux clientèles et membres du lignage ; il s'est conduit en chef de clan : ses frères sont devenus, l'un évêque de Luçon puis d'Auxerre, l'autre, Croissy, ministre des Affaires étrangères, le troisième, enfin, lieutenant général des armées du roi. Son fils, Seignelay, lui succéda à la Marine mais n'eut jamais les honneurs du conseil. Colbert eut en quelque sorte la chance de mourir en 1683, avant le temps des guerres difficiles et des catastrophes. Il a laissé une image de réformateur, de grand initiateur besogneux, luttant de toutes ses forces pour le progrès. Voltaire a fait l'éloge de Colbert, le XIXe siècle a reconnu en lui l'un des siens, un bourgeois conquérant, homme d'ordre et d'économie, glorificateur du travail, peu aimé de la Cour : Mme de Sévigné le nommait le Nord et Saint-Simon vilipendait en lui le règne de vile bourgeoisie. Jean-Marie Constant

Sa vie

Jean-Baptiste Colbert appartient à une famille de riches marchands et banquiers, parfois spéculateurs et souvent usuriers de la cité de Reims. Cette famille - de petite noblesse - se prétendait descendante d'une illustre et antique noblesse écossaise ce qui est plus que douteux. En réalité l'aïeul à la 6e génération, Édouard III Colbert, était déjà, au XVe siècle, seigneur de plusieurs terres Magneux et Crèvecoeur.
Jean-Baptiste Colbert est le fils de Nicolas Colbert, seigneur de Vandières et de son épouse Mariane Pussort, fille du seigneur de Cernay. Contrairement à une tenace légende son père ne fut jamais marchand de drap mais receveur général et payeur des rentes de la ville de Paris et négociant. Colbert se trouve être le neveu du conseiller d'État Henri Pussort, qui l'aidera dans sa carrière.
La jeunesse de Colbert, en revanche, est mal connue : après des études dans un collège jésuite, en 1634, il est employé chez un banquier de Saint-Étienne, Mascranny, puis chez un notaire parisien, père de Jean Chapelain.

Une ascension due à ses relations 1640-1651

Jean-Baptiste Colbert entre au service de son cousin Jean-Baptiste Colbert de Saint-Pouange, premier commis du département de la guerre sous Louis XIII.
En 1640, alors qu'il est âgé de 21 ans, son père utilise ses relations et sa fortune pour lui acheter la charge de commissaire ordinaire des guerres, commis du Secrétaire d'État à la guerre, François Sublet de Noyers. Cette fonction l’oblige à inspecter les troupes et lui donne une certaine notoriété auprès des officiers, tous issus de la noblesse.
En 1645, Saint-Pouange le recommande à Michel Le Tellier père du marquis de Louvois, son beau-frère, alors secrétaire d'État à la Guerre. Celui-ci l'engage comme secrétaire privé puis le fait nommer conseiller du roi en 1649.
En 1651, Le Tellier le présente au cardinal Mazarin qui lui confie la gestion de sa fortune, l'une des plus importantes du royaume.

La disgrâce de Fouquet 1659-1665

Chargé de veiller à la gestion des Finances de l'État, Colbert rédige dès octobre 1659 un mémoire sur de prétendues malversations du surintendant des finances Nicolas Fouquet, pointant que moins de 50 % des impôts collectés arriveraient jusqu’au roi.
Réputé cassant et peu disert, il n’est guère aimé de la Cour. Madame de Sévigné le surnomme Le Nord.
Le cardinal Mazarin, peu avant sa mort le 9 mars 1661, recommande à Louis XIV de prendre Colbert à son service par la phrase célèbre : Sire, je dois tout à votre Majesté, mais je m'acquitte de ma dette en lui présentant Colbert. Celui-ci devient intendant des finances le 8 mars 1661.
Le 5 septembre 1661, le surintendant Fouquet tombé en disgrâce est arrêté à Nantes par d'Artagnan. À la suite de cette arrestation, Louis XIV supprime la charge de surintendant des Finances et décide de l'exercer lui-même avec l'aide d'un Conseil créé le 15 septembre à l'instigation de Colbert : le Conseil royal des finances.
A partir de 1663, il est la main du roi dans la mise au pas des provinces et notamment pour juguler la puissance des nobles et mettre fin à une certaine impunité nobiliaire. Ainsi, les Grands Jours d'Auvergne de septembre 1665 à janvier 1666, qui veulent purger la montagne d'une infinité de désordres statuent sur 1.360 affaires concernant des officiers corrompus et des nobles auteurs d'exactions. Les condamnations de 87 nobles, 26 officiers et 4 ecclésiastiques sont accompagnées d'annonces aux carrefours et durant les prônes vantant les mérites du roi protecteur et justicier. La réformation de la noblesse étendue à l'ensemble du royaume à partir de 1666-1668 s'efforce de dresser un catalogue de l'ordre nobiliaire pour mieux le contrôler.

Éminence grise du royaume

Colbert est l'un des trois conseillers qui forment ce conseil et le chef effectif de l'administration des Finances. Le 12 décembre 1665 il reste seul contrôleur général des finances et est désormais désigné le plus souvent par ce titre.
Mémoire sur les travaux de Versailles, adressé à Louis XIV en 1665 par Jean Baptiste Colbert, contrôleur général, où celui-ci exprime son hostilité à tout projet de quelque ampleur. Archives nationales

Le 16 février 1669, il renforce son pouvoir en devenant secrétaire d'État de la Maison du Roi et secrétaire d'État de la Marine. Ses diverses charges lui permettent d'exercer une grande influence dans plusieurs secteurs d'intervention de l'État : finances, industrie, commerce, marine, police, justice, administration, travaux publics, postes, agriculture, aménagement du territoire, culture. Seules lui échappent la guerre et les affaires étrangères, confiées à Hugues de Lionne et à Michel Le Tellier, puis à son fils François Michel Le Tellier de Louvois.

Colbert et le colbertisme

Portrait de Colbert en tenue de l'ordre du Saint-Esprit, par Claude Lefèbvre 1666, musée du château de Versailles
Article principal : Colbert, l'économie et la marine française.
Sous le contrôle de Louis XIV, il n'aura de cesse de donner une indépendance économique et financière à la France. Colbert souhaitait réduire l'attrait des rentes constituées et de la préférence française pour la rente, en incitant à investir dans les manufactures et les Compagnies coloniales françaises.
Pour Colbert, la puissance d'un royaume se définit par la richesse de son souverain. Pour ce faire, il faut disposer d'une balance commerciale excédentaire et accroître le produit des impôts.

Pour enrichir la France, il met en place un système économique : le mercantilisme. Il veut importer des matières premières bon marché pour les transformer en produits de qualité qui pourront se vendre plus cher.
Dans ce but il convient de :
– créer une puissante marine qui importera les matières premières et exportera les produits finis ;
– réglementer la production de corporations ;
– créer une manufacture avec monopole qui fabriquera les produits de qualité à partir des matières premières.
À partir de 1661 Colbert dirige officieusement la Marine. En 1663, il est nommé Intendant de la Marine. Louis XIV dissout la Compagnie des Cent-Associés et fait de la Nouvelle-France une province royale sous juridiction de la Marine de Colbert.
En 1663, il fonde l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
En 1664, nommé surintendant des Bâtiments et manufactures :

– il fonde la Compagnie des Indes Occidentales française, dissoute en 1674:
– il décide de copier les productions des États voisins pour rendre la France indépendante de leurs fournitures ;
– il n'hésite pas à débaucher des ouvriers étrangers pour former les ouvriers des manufactures françaises ;
– il utilise fréquemment l'octroi de monopoles, rétablit les anciennes manufactures, en crée de nouvelles. Il favorise ainsi la production de glaces Manufacture royale de glaces de miroirs, composante de la future compagnie de Saint-Gobain et de tapisseries Les Gobelins.

Carte de la Nouvelle-France dédiée à Colbert XVIIe siècle.
En 1664, il met en place le premier tarif des douanes modernes, le tarif Colbert. Cette mesure protectionniste fut revue sévèrement à la hausse en 1667 par Louis XIV envers les Anglais et les Hollandais en particulier, créant une guerre économique qui fut suivie d'un conflit militaire.
Il protège les sciences, les lettres et les arts et est élu à l'Académie française en 1667. Il favorise également la recherche en créant l'Académie des sciences 1666, l'Observatoire de Paris 1667 où Huygens et Cassini sont appelés, l'Académie d'architecture 1671.

Le 16 février 1669, nommé secrétaire d'État de la Maison du Roi, il agrège la Marine à ce département le 7 mars suivant et passe commande de 276 navires de guerre triplant ainsi les capacités de la France N 1. Il lance une grande réformation des forêts royales pour la construction navale, afin que les navires du royaume aient des mâts en l'an deux mille Colbert s’inquiète beaucoup que la France puisse un jour périr faute de bois. Il fait aménager les forêts avec l'obligation de conserver une partie de chaque forêt en haute futaie le quart en réserve et fait limiter le pâturage en forêt.
La grande réformation des forêts royales est aussi un choix stratégique pour réparer le patrimoine forestier français à une époque ou le bois est non seulement le premier matériau de construction mais également la première source d'énergie. Avec le défrichage, la surexploitation, la contrebande et le relâchement de l’administration des forêts, celles-ci sont décimées quantitativement et qualitativement : c'est un danger sur le long terme pour la France qui doit même importer du bois de chêne de Scandinavie pour sa marine. La grande réformation est un succès et permet de ressusciter la marine royale : dès 1670, on n’utilise plus que des bois français. La grande réformation des forêts inspirera par-delà la Révolution le code forestier moderne de 1827.

En 1673, il ordonne la création de la Caisse des emprunts pour permettre de financer les dépenses extraordinaires de l’État.

L’édit du 21 mars 16736, dit de Colbert, institue la législation sur les hypothèques, applicable dans l’ensemble du royaume. Destiné à protéger les créanciers par la publicité effective des hypothèques, l’édit souleva une vive opposition tant de la noblesse, qui préférait le secret à la sécurité afin de ne pas révéler au grand jour son endettement hypothécaire, que du notariat, qui craignait une mise en cause de ses prérogatives. L’édit fut temporairement suspendu dès l’année suivante, en avril 1674. Mais, pour la première fois dans l'histoire de la publicité foncière, Colbert met au premier plan la nécessaire sécurité juridique des transactions immobilières et du crédit Il faut rétablir la bonne foi qui est perduë, & assurer la fortune de ceux qui prêtent leur argent. Il faut aussi rétablir le crédit des particuliers qui est perdu sans ressources …Il faut faire voire clair à ceux qui vous secoureroient s'ils y trouvaient leur seureté. Il faut aussi ôter le moien à ceux qui veulent tromper les autres, de le pouvoir faire ….
Pour favoriser le commerce, Colbert développe encore les infrastructures : il fait améliorer les grandes routes royales et en ouvre plusieurs ; il fait relier la Méditerranée à l'Océan par le canal des Deux-Mers.
Il fait paver et éclairer Paris, embellit la ville de quais, de places publiques, de portes triomphales Portes St-Denis et St-Martin. On lui doit aussi la colonnade du Louvre et le jardin des Tuileries.
Avec son fils, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, il fait venir des villes hanséatiques des artisans, constructeurs, cordiers, pour installer des chantiers ou arsenaux de construction navale dans les principaux ports du royaume. Pour assurer le recrutement des équipages, il n'a pas recours, comme l'Angleterre, à la presse, ou enrôlement forcé des matelots de la marine marchande, mais à un nouveau procédé, appelé l'inscription maritime. En revanche, il demande aux juges de privilégier la condamnation aux galères, y compris pour le délit de vagabondage.
Il institue des compagnies commerciales : Compagnie des Indes Orientales Océan indien, Compagnie des Indes Occidentales Amériques, et Compagnie du Levant Méditerranée et Empire ottoman. Il est aussi à l'origine de la création de comptoirs : Pondichéry 1670 et de ce qui fut le début du peuplement en Nouvelle-France Amérique du Nord et encore l'île Bourbon.

Il pensait s'emparer des comptoirs hollandais du golfe de Guinée, particulièrement sur la Côte de l'Or Ghana aujourd'hui, mais ne mit jamais ce projet à exécution8.
Il s'oppose au secrétaire d'État de la Guerre, Louvois, jugé trop prodigue des fonds publics. Celui-ci intrigue contre lui auprès de Louis XIV à tel point que Colbert se trouve dans une position difficile quand il meurt le 6 septembre 1683, rue des Petits-Champs, laissant Claude Le Peletier lui succéder au poste de contrôleur général des finances.
Colbert donne un cadre juridique à l'exercice de l'esclavage dans les Antilles. Il élabore la première version du Code noir, promulgué par Louis XIV en 1685.
Tout en gérant les affaires de l'État, Colbert amasse une fortune personnelle considérable s'élevant à environ 4,5 millions de livres. C'est pourquoi le peuple, croyant voir dans cette fortune un signe de prévarication, insulte son cercueil. Il est enterré à Saint-Eustache, où sont conservées ses jambes tandis que le reste de sa dépouille est transféré dans les catacombes de Paris en 1787.
Ayant refusé de recevoir Louis XIV sur son lit de mort, officiellement parce que son état ne le lui permettait pas, il disait, selon ses proches : J'ai tout donné de moi au roi ; qu'il me laisse au moins ma mort et si j'avais fait pour Dieu tout ce que j'ai fait pour cet homme, je serais sauvé dix fois !.

Postérité de Colbert

Statue de Colbert par Gayrard fils, cour Napoléon du palais du Louvre.
Hommes illustres Louvre.
Il laisse l'image d'un excellent gestionnaire, même si les résultats économiques du règne peuvent paraître très discutables en raison des fortes ponctions causées par les dépenses militaires, les constructions et les largesses du roi. Il ne faut pas oublier que Louis XIV a encore régné 32 ans après la mort de Colbert : tant que le ministre fut aux affaires, les budgets ont été à peu près maîtrisés ; les déficits ne cessent de s'accumuler après lui.
Le terme de colbertisme souligne la part plus importante de l'intervention de l'État dans l'économie en comparaison des autres pays occidentaux.
Les manuels d'histoire du XXe siècle Mallet et Isaac ont forgé l'image populaire d'un homme entièrement dévoué à sa tâche et se frottant les mains de plaisir lorsqu'il était surchargé de travail.

Le clan Colbert Famille Colbert.

Le 13 décembre 1648, Jean-Baptiste Colbert épouse Marie Charron, fille d’un membre du conseil royal, sœur de Jean-Jacques Charron de Menars et cousine par alliance avec Alexandre Bontemps. Sa dot fut de 100 000 livres. Ensemble, ils eurent neuf enfants :
Jeanne-Marie 1650-1732 mariée à Charles-Honoré d'Albert de Luynes ;
Jean-Baptiste 1651-1690, marquis de Seignelay ;
Jacques-Nicolas 1654-1707, archevêque de Rouen ;
Antoine-Martin 1659-1689 ;
Henriette-Louise 1657-1733 mariée à Paul de Beauvilliers, marquis de Saint-Aignan ;
Jean-Jules-Armand 1664-1704, marquis de Blainville ;
Marie-Anne 1665-1750 mariée à Louis de Rochechouart, duc de Mortemart (neveu de Madame de Montespan), avec postérité dont notamment Talleyrand ;
Louis 1667-1745, comte de Linières, garde de la Bibliothèque du roi et militaire ;
Charles-Édouard 1670-1690, comte de Sceaux.
Après avoir débuté au sein du clan Le Tellier, Colbert devient lui aussi adepte du népotisme et décide de créer son propre clan en plaçant tous ses proches à des postes clés tel ses frères Charles et Nicolas ou son cousin germain, Charles Colbert de Terron. De fait, il devient un rival du clan Le Tellier et particulièrement du secrétaire d'État à la guerre, Louvois.
En 1657, il achète la baronnie de Seignelay dans l'Yonne, puis en 1670, la baronnie de Sceaux dans le sud de Paris. Il fait du domaine de Sceaux l'un des plus beaux de France grâce à André Le Nôtre qui dessine les jardins et à Charles Le Brun qui est chargé de toute la décoration tant des bâtiments que du parc.

Armoiries et devise
Blasonnement :
Coupé : D'or à une couleuvre ondoyante, en pal d'azur.
Commentaires : Blason de la famille Colbert. Armes parlantes en latin, couleuvre se dit coluber.
Devise : Pro rege, saepe, pro patria semper, en français : Pour le roi souvent, pour la patrie toujours.

Généalogie

Ascendance de Jean-Baptiste Colbert

Fonctions

Buste de Colbert par Antoine Coysevox.
de 1661 à 1665 Intendant des Finances
de 1661 à 1683 Surintendant des Postes
de 1661 à 1683 Surintendant des Bâtiments, arts et manufactures
de 1665 à 1683 Contrôleur général des Finances
de 1669 à 1683 Secrétaire d'État de la Maison du Roi
de 1669 à 1683 Secrétaire d'État de la Marine
de 1670 à 1683 Grand Maître des Mines et Minières de France
de 1671 à 1683 Surintendant des Eaux et Forêts

Ouvrages anciens

Courtilz de Sandras La Vie de Jean-Baptiste Colbert Ministre d'état sous Louys XIV Roy de France, Cologne, 1695
Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang, Jean-Baptiste Colbert dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878

Ouvrages récents

Sur la France à l'époque de Louis XIV
Daniel Dessert, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Paris, Fayard, .
Thierry Sarmant et Mathieu Stoll, Régner et gouverner : Louis XIV et ses ministres, Paris : Perrin, 2010.

Sur la famille Colbert

Jean-Louis Bourgeon, Les Colbert avant Colbert, Presses Universitaires de France, Paris, 2002 2e édition.
François de Colbert, Histoire des Colbert du xve au xxe siècle, Grenoble, 2000 'Histoire des Colbert du xve au xxe siècle', prix Hugo 2002 de l'Institut de France.
Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot... et l'avènement du libéralisme, Presses de l'Université du Québec, 1987, 816 pages.Etexte
Sur Colbert
Daniel Dessert, Le Royaume de Monsieur Colbert 1661-1683, Paris, Perrin, 2007.
Olivier Pastré, La Méthode Colbert ou le patriotisme économique efficace, Paris, Perrin, 2006.
Philippe Minard, La Fortune du colbertisme, État et industrie dans la France des Lumières, Paris, Fayard, 1998.
Jean Villain La Fortune de Colbert, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 1994,
Jean Meyer, Colbert, Paris, Hachette, 1981.
Inès Murat, Colbert, Paris, Fayard, 1980.
François d'Aubert, Colbert, la vertu usurpée, Paris, Perrin, 2010.
Jacob Soll, The Information Master : Jean-Baptiste Colbert’s State Intelligence System, The University of Michigan Press, 2011.
Sur le département de la Marine
Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine 1689-1958, Paris, S.P.M. Kronos, 2011.




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Posté le : 04/09/2015 17:23
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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