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Benjamin Constant
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Le 25 octobre 1767 naît Benjamin Constant de Rebecque

romancier, du mouvement libéralisme, romantisme, essayiste, homme politique, et intellectuel français d'origine vaudoise, mort à 63 ans, à Paris le 8 décembre 1830, inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Ses Œuvres principales sont : " Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs,essai de 1815 et Adolphe, roman en 1816.
Républicain et engagé en politique depuis 1795, il soutiendra le Coup d'État du 18 fructidor an V, puis celui du 18 Brumaire. Il devient sous le Consulat le chef de l'opposition libérale dès 1800. Après avoir quitté la France pour la Suisse puis l'Allemagne, il se rallie à Napoléon pendant les Cent jours, et revient en politique sous la Restauration. Élu député en 1818, il le sera encore à sa mort en 1830. Chef de file de l'opposition libérale, connue sous le nom des « Indépendants », il est l'un des orateurs les plus en vue de la Chambre des députés et défend le régime parlementaire. Lors de la Révolution de juillet, il soutient l'installation de Louis-Philippe sur le trône.
Auteur de nombreux essais sur des questions politiques ou religieuses, Benjamin Constant est aussi l'auteur de romans psychologiques sur le sentiment amoureux comme Le Cahier rouge 1807, où se retrouvent des éléments autobiographiques de son amour pour Madame de Staël, et Adolphe 1816.

En bref

Né le 25 octobre 1767 à Lausanne, descendant de protestants français réfugiés en Suisse, Constant appartient à une famille de hobereaux qui louait ses services aux armées étrangères. Il reçoit une éducation très disparate, qu'il a décrite avec humour dans le Cahier rouge. Livré à des précepteurs médiocres, il fait preuve néanmoins de talents précoces, surtout dans le domaine des langues anciennes et de la musique. À douze ans, il écrit un roman héroïque, Les Chevaliers. Ballotté à travers l'Europe par son père Bruxelles, 1774 ; Londres, Oxford, 1780 ; Erlangen, 1782 ; Édimbourg, 1785 ; Paris, 1785 et 1787, son instruction très vaste souffre pourtant d'un manque de continuité. De 1788 à 1794, Constant exerce durant six ans la fonction de chambellan à la cour de Brunswick. Séjour morose, qu'un triste mariage, bientôt rompu, rend encore plus sombre. Il trompe son ennui en se dévouant pour sauver l'honneur et la fortune de son père compromis dans un interminable procès militaire. Le jeune Vaudois en conçoit de la haine à l'égard de l'aristocratie bernoise ; il affiche son goût pour la démocratie, se lie avec Jacob Mauvillon et s'intéresse de plus en plus à la Révolution. Cette évolution l'émancipe peu à peu du mentorat d'Isabelle de Charrière, avec laquelle il était lié depuis 1787. Ses déboires ne l'empêchent pas de travailler ; il découvre la théologie allemande et nourrit sa réflexion de l'exemple de Frédéric II et du joséphisme. C'est donc un jeune homme très brillant, mais un peu amer et désabusé, que rencontre Mme de Staël le 18 septembre 1794 à Lausanne.
L'amour qu'il éprouve pour cette femme déjà célèbre lui procure en même temps l'enthousiasme et une raison d'être. Mme de Staël lui offre l'occasion de se révéler intellectuellement grâce à sa conversation et à son esprit et matériellement grâce à ses relations. Constant peut ainsi passer de l'obscurité d'une petite cour allemande à la scène parisienne sur laquelle il arrive avec la fille de Necker en mai 1795. Dès lors, jusqu'en 1802, il va participer au combat des républicains modérés contre les tentatives des royalistes ou celles des néo-jacobins. Cette politique qui vise à terminer la Révolution le place évidemment du côté de la bourgeoisie et de ceux qui ont tout à redouter d'un retour des privilèges ou d'un égalitarisme babouviste. Mais, contrairement à la légende, Constant n'a rien d'un muscadin, et il est faux de voir dans son action l'ambition d'un arriviste sans scrupule. Quatre brochures remarquées De la force du gouvernement actuel, 1796 ; Des réactions politiques suivi de Des effets de la Terreur, 1797 ; Des suites de la contre-révolution de 1660 en Angleterre, 1798, la traduction de la Justice politique de Godwin, la fondation d'un club républicain, des discours politiques, tout cela contribue à faire de Constant un propagandiste écouté, sinon toujours suivi. Conscient des défauts de la Constitution de l'an III, il approuve le courant révisionniste qui aboutit au 18-Brumaire. Mais, dès le lendemain, il se méfie de Bonaparte, dont il pressent l'aspiration au pouvoir personnel. Bel exemple de lucidité, à un moment où l'euphorie était générale dans le clan républicain ! C'est de Brumaire en effet que date pour l'écrivain la prise de conscience de plus en plus nette de la nocivité du pouvoir, quand celui-ci ne trouve aucune limite à son action. Par ses discours au Tribunat et dans sa vaste étude sur la Possibilité d'une constitution républicaine dans un grand pays inédit, Constant va essayer de parer au progrès du despotisme et de l'arbitraire. Son opposition, mal comprise, ne vise pas tant la personne du Premier consul que ses principes de gouvernement.
Appartenant par sa formation à l'époque des Lumières, par sa carrière au XIXe siècle, Benjamin Constant est l'un des représentants les plus illustres et les plus controversés de cette période charnière. Témoin privilégié des bouleversements révolutionnaires, il tenta très tôt de les inscrire dans une explication générale, en faisant intervenir le principe de l'évolution progressive des sociétés. Héritier du XVIIIe siècle, il a voulu en confronter les leçons avec l'expérience récente, afin de réaliser une synthèse d'inspiration résolument libérale. Cette tentative pour combiner l'histoire et la théorie représente un aspect très intéressant de sa démarche intellectuelle. L'importance attribuée dans cette perspective au rôle de l'écrivain est un des traits typiques du groupe de Coppet où se forgèrent de nouveaux concepts et dont Constant ne doit pas être séparé. C'est avec Mme de Staël, Sismondi, les frères Schlegel, notamment, qu'il élabora ses recherches dans des domaines très variés : religion, politique, histoire, littérature, théâtre. De là une œuvre abondante qui fait apparaître une autre caractéristique propre aux mêmes auteurs : Constant fut un intermédiaire entre plusieurs cultures allemande, anglaise, française et entre deux grands courants de pensée, le classicisme et le romantisme. Malheureusement, une tradition historiographique malveillante a longtemps retardé la juste appréciation du rôle du groupe de Coppet. Constant, comme Mme de Staël à laquelle il fut longtemps attaché, eut le triste privilège d'être la cible d'une critique qui s'est trop appesantie sur les aspects anecdotiques de sa vie. Il est vrai que ses biographes ont été longtemps tributaires d'une documentation partielle, mutilée et faussée par des amateurs incompétents. La version authentique et intégrale du Journal intime n'existe que depuis 1952 ; les archives n'ont été accessibles que depuis 1953, 1974 et 1980. C'est pourquoi on assiste actuellement à une redécouverte progressive de l'œuvre.

Sa vie

Benjamin Constant naît le 25 octobre 1767 à Lausanne, fils de Louis-Arnold-Juste Constant de Rebecque, colonel dans un régiment suisse au service de la Hollande stationné à Huningue en septembre 1772 et d'Henriette-Pauline de Chandieu, qui meurt des suites de ses couches le 10 novembre 1767. Originaire de l'Artois et devenue protestante au XVIe siècle, la famille Constant de Rebecque s'était fixée dans la région de Lausanne après la révocation de l’Édit de Nantes 1685.
Suivant son père constamment en voyage, il achève ses études à l'université de Nuremberg en Bavière 1782, puis en Écosse à l'université d'Édimbourg 1783. Il passe la plus grande partie de sa vie en France, en Suisse et en Grande-Bretagne. En 1787, il rencontre à Paris Mme de Charrière, avec laquelle il entame une liaison et une longue correspondance. Son père l'attache en mars 1788 comme chambellan à la cour de Brunswick, où il épouse le 8 mai 1789 Johanne Wilhelmine Luise, dite Minna, baronne de Cramm 1758-1825 et dame d'honneur de la duchesse de Brunswick Augusta de Hanovre, puis devient conseiller de légation.
Le 11 janvier 1793, il rencontre Charlotte de Hardenberg 1769-1845, fille d'un conseiller de légation et nièce de Hardenberg, mariée depuis 1787 à Wilhelm Albrecht Christian, baron de Mahrenholz 1752-1808, avec laquelle il se lie d'amitié. Charlotte divorce, tandis que les Constant se séparent fin mars 1793, avant d'engager en juin 1794 une procédure de divorce, lequel est prononcé le 18 novembre 1795. Après le départ de Constant en août 1794, Charlotte se remarie à Brunswick le 14 juin 1798 avec le vicomte Alexandre-Maximilien du Tertre 1774-1851, un émigré français dont elle divorce en mai 1807. Le 5 juin 1808, Benjamin et Charlotte se marient en secret. Charlotte restera l'épouse de Benjamin jusqu'à la mort de celui-ci en 1830, et mourra elle-même en juillet 1845.
Il entretient de 1794 à 1810 une liaison fameuse avec Germaine de Staël, et la richesse de leurs échanges intellectuels au sein du Groupe de Coppet en fait l'un des couples les plus en vue de leur époque. Il échange une longue correspondance avec sa cousine Rosalie, pour qui il a beaucoup d'affection. Il est très actif dans la vie publique durant la deuxième moitié de la Révolution française puis sous la Restauration française.

Sous la Révolution française

Quittant la Suisse, Benjamin Constant arrive à Paris avec Mme de Staël le 25 mai 1795, peu après la journée de prairial, et fait ses débuts politiques. Il commence par publier un violent réquisitoire contre le projet de décret des deux-tiers, avant de faire volte-face, un mois plus tard, et d'appeler, sous l'influence de Jean-Baptiste Louvet de Couvray, avec lequel il s'est lié d'amitié, au soutien de la constitution de l'an III et des conventionnels qui l'ont enfantée. Il publie les Lettres à un député de la Convention dans les Nouvelles politiques, nationales et étrangères de Suard 24-26 juin 1795. Le 15 octobre 1795, le Comité de salut public exilant Mme de Staël, il la suit dans sa propriété de Coppet sur les rives du lac Léman, en Suisse.
Entre la journée de vendémiaire et celle de fructidor, il s'émancipe de la tutelle et du salon de Mme de Staël et se lie avec Paul Barras, s'engageant en faveur de la politique directorial. Mi-avril 1796, il publie sa première brochure politique importante : De la force du gouvernement actuel et de la nécessité de s'y rallier, insérée dans Le Moniteur. Fin mai-début juin 1797, il publie Des effets de la Terreur à la suite de la seconde édition de De la force du gouvernement actuel et de la nécessité de s'y rallier. Devenu orateur au Cercle constitutionnel de la rue de Lille, qui réunit les républicains modérés, il s'oppose au club de Clichy.
Après le coup d'État du 18 fructidor an V, il sollicite auprès de Barras, dans une lettre datée du 27 mars 1798, d'être agréé par le gouvernement comme candidat officiel, mais sans succès. Le virage à gauche du Directoire et la poussée électorale des Néo-jacobins le marginalisent. La presse directoriale et néo-jacobine lancent de vives campagnes de presse contre ce professeur d'oligarchie. Lors des élections de l'an VI, il subit un échec cuisant. Malgré la mobilisation des réseaux de Mme de Staël, il ne parvient pas à devenir député du Léman. De retour à Paris, exclu de la compétition électorale de l'an VII, il se lie avec Sieyès, nommé au Directoire le 16 mai 1799, et soutient ses projets de révision constitutionnelle.
Absent de Paris du 14 au 17 brumaire pour se porter à la rencontre de Mme de Staël, alors de retour dans la capitale, il y arrive en sa compagnie le soir du 18 brumaire 9 novembre 1799. Le lendemain, il assiste à Saint-Cloud au coup d'État de Bonaparte. Le 24 décembre, Sieyès, qui est alors occupé à placer ses amis et alliés, le fait nommer au Tribunat, malgré de nombreuses oppositions et les réticences de Bonaparte.
Avec d'autres libéraux, il s'y oppose bientôt à la monarchisation du régime, s'opposant à l'établissement des tribunaux spéciaux, et participe à la rédaction définitive du Code civil. Le 5 janvier 1800, il prononce au Tribunat son premier discours, qui le fait apparaître comme le chef de l'opposition libérale, dans lequel il dénonce le régime de servitude et de silence qui se prépare. L'été 1801 voit son départ pour la Suisse, et, le 17 janvier 1802 il est écarté du Tribunat.
Éloigné de Paris avec Mme de Staël sur l'ordre de Napoléon en 1803, il passe en Allemagne. À Weimar, il rencontre Friedrich von Schiller, Johann Wolfgang von Goethe, Christoph Martin Wieland et Johann Gottfried von Herder. Nommé membre de l'académie de Göttingen, il traduit en vers français le Wallenstein de Schiller 1809.

Sous l'Empire

En décembre 1804, il retrouve à Paris Charlotte de Hardenberg, avec laquelle il entame une liaison en octobre 1806. Mme de Staël ayant refusé de l'épouser après le décès de son époux, Charlotte et le vicomte du Tertre ayant divorcé en 1807, Benjamin Constant se marie secrètement avec Charlotte à Besançon, le 5 juin 1808. Entré vers la même époque en relations avec Bernadotte, il est décoré de l'Étoile polaire.
En 1814, il fait paraître De l'esprit de conquête et d'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation actuelle, hostile à Napoléon. Par l'entremise de Mme Récamier, il est chargé par Caroline Bonaparte, reine consort de Naples de défendre ses intérêts au Congrès de Vienne. Sous la Première Restauration, il défend l'alliance des Bourbons avec l'héritage issu de la Révolution dans Le Journal des Débats. Aussi, quand lui parvient la nouvelle du retour de l'île d'Elbe de Napoléon, il publie le 19 mars 1815 un article dans lequel il le traite d'Attila, de Gengis Khan, plus terrible, plus odieux encore, affirmant : Je n'irai pas, misérable déserteur, me traîner d'un pouvoir à l'autre, couvrir l'infamie par le sophisme, et bégayer des paroles profanées pour racheter une existence honteuse. Puis il part pour Nantes avec l'idée de s'exiler aux États-Unis, avant de rentrer à Paris, où Napoléon le fait appeler le 14 avril pour lui demander un projet de constitution.

Les Cent-Jours

Rallié à l'Empire, il est nommé au Conseil d'État 20 avril 1815 et participe à la rédaction de l'Acte additionnel 24 avril 1815. Il formule sa théorie du régime parlementaire dans Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs 29 mai 1815.
Après la seconde abdication de Napoléon, il se réfugie à Bruxelles 1er novembre 1815, puis en Angleterre 27 janvier 1816, bien que sa condamnation à l'exil, prononcée le 19 juillet 1815, ait été révoquée par le Roi le 24 juillet suivant, et y publie Adolphe.

Sous la Restauration

Benjamin Constant reprend la route de Paris le 27 septembre 1816, à la suite de la dissolution de la Chambre des députés des départements, le 10. Opposé aux Ultras, il fait paraître Des moyens de rallier les partis en France, et collabore au Mercure. Une fois celui-ci interdit par la censure, Constant est l’un des fondateurs et des principaux rédacteurs de La Minerve française, puis de La Renommée. Il y rédige aussi bien des analyses que des comptes rendus d’ouvrages, dont la teneur politique est généralement marquée. Cette activité fait de Constant l’une des personnalités en vue de la vie politique et l’un des leaders d’opinion du courant libéral. Il donne par ailleurs une série de cours à l’Athénée royal, dont la célèbre conférence « De la liberté des anciens comparée à celle des modernes » ; Constant y insiste sur le nécessaire intérêt des citoyens modernes à la vie politique: le système représentatif moderne décharge certes les citoyens du travail politique professionnel mais il exige cependant leur extrême vigilance et leur engagement participatif pour garantir l’exercice de leurs droits et la préservation de leurs jouissances privées.
Dès 1817, Constant aspire à compléter son activité journalistique par un mandat électif ; mais sa personnalité, son passé ainsi que ses livres et ses articles lui suscitent de tenaces inimitiés auprès du gouvernement et des royalistes. Conscient que l’épisode des Cent-Jours lui a valu autant d’incompréhensions que d’ennemis, Constant ressent le besoin de se justifier, et il fait alors paraître les Mémoires sur les Cent-Jours ; de même cherche-t-il à faire valoir l’immutabilité de ses opinions libérales en publiant un recueil de ses textes, le Cours de politique constitutionnelle. Cela ne suffit pas immédiatement à lui valoir une élection : battu une première fois à Paris en 1817, Constant est encore vaincu de quelques voix l’année suivante lorsque le ministère lui fait obstacle en lui opposant le grand industriel Ternaux, pourtant lui-même plus proche des libéraux que de la majorité ministérielle.
Lors d’une élection complémentaire au printemps 1819, Constant est finalement élu le 26 mars par la Sarthe 667 voix sur 1 051 votants et 1 490 inscrits, dont la délégation au Palais Bourbon comprend déjà le général La Fayette. Constant monte pour la première fois à la tribune le 14 avril ; tout au long de son mandat, Constant essaiera d’orienter dans un sens plus libéral la marche du ministère, sans grand succès puisque le centre ministériel, la droite et les ultras seront toujours majoritaires au cours de cette législature, surtout après l’assassinat du duc de Berry et le virage à droite pris alors par le gouvernement en réaction. Siégeant parmi le côté gauche de la Chambre, au sein de l'opposition libérale en compagnie de Voyer d’Argenson, Lafayette, Chauvelin, Laffitte, Dupont, Manuel, Foy, Martin de Gray ou Daunou, Constant défend les principes de la Charte, la liberté de la presse, les acquéreurs de biens nationaux, la liberté individuelle, la liberté religieuse, s’oppose aux lois d'exception, combat l’esclavage.
En juin 1822, après une polémique dans la presse, il se bat en duel avec Joseph Forbin des Issarts. Réélu aux élections de 25 février 1824 député du 4e arrondissement de Paris par 737 voix sur 1 355 votants 1 475 inscrits. D'abord contestée à cause de sa nationalité suisse, son élection est finalement validée. Puis, aux élections du 17 novembre 1827, il est réélu à la fois dans la circonscription de la Seine, où il obtient 1 035 voix sur 1 183 votants et 1 291 inscrits, et dans le 2e arrondissement électoral du Bas-Rhin Strasbourg, avec 124 voix sur 243 votants et 268 inscrits ; il choisit la seconde. Durant ces deux législatures, il s'oppose aux lois sur le sacrilège, sur le droit d'aînesse 1826 et de justice et d'amour contre la presse 1827. L'un des 221 en 1830, il est réélu à Strasbourg le 23 juin 1830 par 201 voix sur 275 votants et 296 inscrits.
Chef de file de l'opposition libérale de gauche connue sous le nom des Indépendants, il est l'un des orateurs les plus éloquents de la Chambre des députés. Passé sans enthousiasme dans l'opposition dynastique après les ordonnances de juillet, il contribue à l'avènement de Louis-Philippe, qui le soulage de ses soucis financiers en lui faisant un don de 300 000 francs, tout en protestant que la liberté passe avant la reconnaissance. Le 27 août 1830, après l'abdication de Charles X, le 2 août, il est nommé président d'une section au Conseil d'État. Réélu le 21 octobre 1830 avec 208 voix sur 237 votants et 279 inscrits, il prononce son dernier discours à la Chambre le 19 novembre.
Malade, il décède le 8 décembre 1830. Des funérailles nationales lui sont organisées le 12 décembre 1830 ; entre cent et cent cinquante mille personnes suivent le convoi funèbre, ce qui en fait l'un des cortèges les plus importants de la Restauration et du début de la monarchie de Juillet en l’honneur d’un homme politique. Au cours de la cérémonie, des jeunes gens veulent porter son cercueil au Panthéon, mais ils en sont empêchés. Un député ayant également sollicité cet honneur pour le défunt, la proposition est mise au vote, et n'obtient pas la majorité. Benjamin Constant est donc inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise 29e division.

L'affaire Wilfrid Regnault

En 1817, il prend fait et cause pour Wilfrid Regnault. Celui-ci, accusé d'avoir assassiné une veuve à Amfreville, un village de Normandie, est condamné à mort le 29 août 1817 par la Cour d'assises de l'Eure. Ce jacobin normand avait vécu à Paris et était soupçonné d'avoir participé aux massacres de septembre sous la Révolution.
Benjamin Constant, à la suite du jeune Odilon Barrot, avocat de Regnault, estime que la réputation de Regnault a contribué grandement à sa condamnation. Le maire d'Amfreville-la-Campagne est en effet un noble, ancien député ultra de la Chambre introuvable de 1815. Il a participé à l'enquête, et s'est par la suite avéré l'auteur d'une note, parue dans la presse, calomnieuse à l'égard de Regnault. Constant reprend tous les éléments de l'enquête et poursuit comme publiciste la démarche que les avocats de Regnault avaient commencée : il confronte les témoignages, fait dresser un plan du village d'Amfreville, répertorie les incohérences et les contradictions des témoignages et lance une campagne de presse en faveur de Regnault, analysant toutes les incohérences de l'accusation une à une, avec autant de précision, de verve et de rigueur que Voltaire dans l'affaire Calas.
Les différentes voies judiciaires n'ayant pas abouti à sauver la tête de Regnault, le dernier recours est en effet l'instance royale, au moyen de l'opinion publique. Constant obtient, à la suite de la publication de deux brochures intitulées Lettres à Odilon Barrot, et de la campagne de presse qui suit, la commutation de la peine en vingt ans d'emprisonnement au grand dam des ultras à défaut de la reconnaissance de son innocence et de la grâce. Regnault sortira de prison en octobre 1830, et n'aura jamais rencontré Benjamin Constant.
À travers cette affaire particulière, c'est le droit, pour chaque personne, de combattre une décision judiciaire inique que défendait Constant. Dans un article paru dans La Minerve en mars 1818, il explique : Encore un mot sur le procès de Wilfrid-Regnault, il écrit : C'est aujourd'hui plus que jamais que les formes doivent être respectées …, que tout Français a le droit de s'enquérir si on les observe, si toutes les vraisemblances ont été pesées, tous les moyens de défense appréciés à leur juste valeur. Il ajoutait que mille motifs se réunissent pour entraîner les hommes, sans qu'ils s'en doutent, hors de la ligne, devenue étroite et glissante, de la scrupuleuse équité.

Une retraite forcée

Exclu du Tribunat en 1802 avec une fournée d'idéologues, Benjamin Constant commence alors sa traversée du désert. Jusqu'en 1814, il partagera l'ostracisme qui frappe Mme de Staël. Période extrêmement féconde, malgré la censure et l'état général des esprits qui ôtent à l'écrivain tout espoir de publication. Il accumule des matériaux abondants dont il tirera profit sous la Restauration. En 1803 et 1806, il achève deux gros traités politiques. Le second, intitulé Principes de politique, fixe quasi définitivement sauf pour ce qui concerne la propriété sa doctrine libérale.
En 1806, Constant commence un roman qui deviendra Adolphe. En 1809, il publie Wallstein d'après la pièce de Schiller, dont la préface peut être considérée comme un premier manifeste d'une esthétique non classique. En 1813, il compose un poème épique : Florestant, ou le Siège de Soissons. Cependant, quelque importants que ces textes puissent paraître pour l'histoire littéraire, ils ont été pour l'auteur négligeables en regard de sa gigantesque recherche sur les religions antiques, qui l'occupe presque continuellement, et dont nous pouvons suivre la réalisation grâce aux fonds manuscrits. Son mariage avec Charlotte née Hardenberg en 1808, sa rupture avec Mme de Staël, si longtemps différée, accentuent son goût déjà prononcé pour l'introspection. Dès 1803, Amélie et Germaine révélait son hésitation entre deux types de femmes ; puis le Journal intime rédigé de 1804 à 1807 et repris de 1811 à 1816 se fait entre autres l'écho de cette difficulté qu'il a de prendre parti. Enfin, Cécile 1810 ? et Ma Vie ou Cahier rouge, 1811 tentent de conjurer, par le biais de l' autobiographie, une profonde angoisse. Ces écrits, connus au XXe siècle seulement, font de Constant un maître de l'analyse psychologique. Adolphe, reconnu de nos jours comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature, met en scène un jeune homme incapable de rompre une liaison sentimentale et qui souffre de faire souffrir. Longtemps interprété comme un portrait moral à peine dissimulé de son auteur, et comme un récit de sa vie amoureuse on a voulu reconnaître Anna Lindsay dans Ellénore, et l'impossible rupture évoque évidemment ses relations avec Mme de Staël, Adolphe séduit aujourd'hui la critique par ses procédés de narration particulièrement subtils et par son style dépouillé, très classique dans sa forme et qui rend admirablement l'atmosphère fatale du roman. Le statut des œuvres autobiographiques est à son tour réexaminé dans une perspective plus littéraire : il ne s'agit plus en effet d'y voir le simple décalque de la réalité vécue, mais déjà la transposition de celle-ci dans une dimension romanesque. Amélie et Germaine, malgré l'authenticité des personnages et des situations, ne doit pas être considéré comme un vrai journal intime, car on peut observer dans son écriture un dérapage vers la forme du roman. Ma Vie, Cécile, Adolphe représentent ainsi les étapes non chronologiques de la recherche du genre narratif le mieux adapté à l'évocation de problèmes intimes, mais qui confinent, grâce à ces procédés, à l'universel.

Le retour à la vie publique

Si le triomphe de Napoléon avait relégué dans l'ombre l'activité de Constant, la chute de l'empereur l'autorise à revenir sur la scène politique. Dès 1813-1814, dans le sillage de Bernadotte, puis lors de l'intermède des Cent-Jours, Constant, jusqu'à sa mort qui eut lieu le 8 décembre 1830, va progressivement devenir l'un des phares de l'école libérale, luttant pour le respect des libertés individuelles dans le cadre de la Charte et contre les exigences ultraroyalistes. Ce combat est poursuivi dans la presse le Mercure, la Minerve, la Renommée, le Courrier français, à la Chambre des députés de 1819 à 1822 et de 1824 à 1830, et par la publication de nombreux ouvrages Cours de politique constitutionnelle, 1818 ; Mémoires sur les Cent-Jours, 1820 ; De la religion, 5 vol. de 1824 à 1831 ; Mélanges de littérature et de politique, 1829.... Activité débordante, qu'il assure malgré une santé déficiente, des procès, des menaces, des embarras financiers, mais qui lui apporte la popularité et l'estime de la jeunesse. Une foule immense accompagne son cercueil au Père-Lachaise le 12 décembre 1830, selon un rite qui rappelle les funérailles de Foy, de Manuel et, plus tard, de Lamarque.

Une œuvre à redécouvrir ?

Deux facteurs ont contribué à masquer l'importance de l'œuvre constantienne. D'une part, la gloire posthume d'Adolphe et des écrits intimes (qui n'étaient pas destinés à la publication) a attiré la critique vers l'aspect le plus brillant de son œuvre, tandis que les progrès de l'érudition n'étaient pas encore en mesure d'éviter les pièges de la fascination biographique. D'autre part, il faut noter l'absence de concordance parfaite entre l'œuvre publiée par l'auteur et celle qu'il a laissée à l'état manuscrit. Or cette dernière permet précisément de mieux saisir l'unité profonde d'un travail en perpétuel recommencement. La recherche récente tente donc d'appréhender globalement l'homme et l'œuvre dans son contexte social, politique et culturel. Les options fondamentales de Constant étant en général connues, on n'attend plus de révélations surprenantes ; mais la critique veut mettre en premier plan les procédés d'écriture, la genèse des textes et tout ce que les archives peuvent nous apprendre sur le travail intellectuel entre la période des Lumières et le positivisme. Peu importe ou tant mieux si l'homme ressort différent de cette enquête ; l'essentiel est de restituer une œuvre conforme à son élaboration progressive, dans la perspective qui fut celle de l'auteur. Étienne Hofmann

Œuvre

Les commentateurs ont longtemps tenu le libéralisme de Constant pour une simple rationalisation de l'égoïsme et de l'intérêt matériel ou comme un écran idéologique au triomphe d'un gouvernement élitiste. Ces reproches, comme ceux qui associent Constant à une girouette, datent de l'époque même de Constant, et l'historien polémiste Henri Guillemin s'en est fait l'un des plus bruyants porte-parole.
Depuis une trentaine d'années cependant, les travaux sur les écrits, les manuscrits et la pensée de Constant ont complètement invalidé cette vision. L'édition des Principes de politique 1806-1810, manuscrit resté inédit jusqu'en 1980, a constitué un moment important à cet égard. On s'est de même rendu compte de l'unité de l'œuvre de Constant, loin des images de girouette : tant que les principes qu'il promeut peuvent être appliqués, peu lui importe en somme le mode de gouvernement république, Empire ou monarchie constitutionnelle, d'où cette image qui lui a longtemps collé à la peau de serviteur déloyal aux régimes qui l'emploient.

Les sources : Benjamin Constant, lecteur

Avant d'être un philosophe, Constant fut un lecteur passionné et un écrivain. Il avait une excellente connaissance de la philosophie et du romantisme allemand Kant, Schelling, Schlegel. Il entra en 1796, dans une vive polémique avec le philosophe de Koenigsberg qui soutenait que dire la vérité était un devoir moral indépendant du contexte. Il fut également volontiers lecteur des nombreux libéraux français dont Voltaire et des écrits de Condillac, il a fréquenté le milieu de Fauvel et de Cabanis.

Adolphe, l'écrivain

Constant est connu pour son abondante correspondance, son journal intime, ses récits autobiographiques dont Adolphe publié en 1816 à Paris.
Le critique Charles Du Bos 1882-1939 a dit de lui : l'égal de quiconque ... mais, pas plus que son esprit, sa langue ne témoigne d'aucun indice national. Elle est classique mais sans le tour classique.

La liberté chez les Modernes

Constant se distingue de ses aînés Rousseau et Montesquieu quant à sa vision du pouvoir de l'État. Pour lui, en schématisant, peu importe l'origine ou la nature du pouvoir, monarchie, république… du moment qu'il est déployé de façon acceptable : le peuple reste souverain, sans quoi ce serait le règne de la force, mais son pouvoir doit s'arrêter au seuil de l'individu. Le bonheur et les besoins de la société ne recouvrent pas nécessairement ceux des individus : il faut donc conjuguer le pouvoir du peuple avec la protection de ceux-là. La société ne saurait avoir tous les droits sur l'individu ; il est des choses sur lesquelles la collectivité et les lois n'ont pas à s'exprimer, qu'elles n'ont pas le droit d'interdire, et que les individus ont le droit de faire : c'est ainsi que Constant donne une définition de la liberté. Il ajoute que l'homme souffrant naturellement du besoin d'agir et du plaisir à se croire nécessaire, le pouvoir occupé par un homme tend en général à s'accroître : il faut ainsi prendre des précautions contre le pouvoir lui-même plutôt que contre l'homme qui le possède, comme d'une arme qui pourrait tomber en des mains incertaines : c'est contre l'arme et non contre le bras qu'il faut sévir.
Toute autorité qui n'émane pas de la volonté générale est incontestablement illégitime. … L'autorité qui émane de la volonté générale n'est pas légitime par cela seul …. La souveraineté n'existe que d'une manière limitée et relative. Au point où commence l'indépendance de l'existence individuelle, s'arrête la juridiction de cette souveraineté. Si la société franchit cette ligne, elle se rend aussi coupable de tyrannie que le despote qui n'a pour titre que le glaive exterminateur. La légitimité de l'autorité dépend de son objet aussi bien que de sa source. Constant théorise ainsi l'expérience vécue sous la Terreur : le peuple souverain sans limite conduit à des formes aussi abominables que la plus brutale monarchie de droit divin.
La multiplication des pouvoirs pour limiter les pouvoirs entre eux peut mener, selon Constant, à une escalade indésirable et à une forme de tyrannie du nombre : plus les bénéficiaires et les lieux du pouvoir sont nombreux, plus violente risque d'être leur tyrannie ainsi démultipliée. Pour Constant, les garanties constitutionnelles et l'opinion publique constituent les plus sûrs garde-fous à un emballement du pouvoir étatique, d'où l'importance qu'il accorde dans ses écrits, particulièrement pendant la Restauration, à la liberté de la presse : Toutes les barrières civiles, politiques, judiciaires deviennent illusoires sans liberté de la presse. Sans elle, le peuple se détacherait entre autres des affaires publiques ; l'activité et l'émulation des écrits permettent aux esprits d'être stimulés, de parvenir à plus de pénétration et de justesse. Constant a une vision perfectibiliste de l'histoire.
Il insiste également sur la garanties des formes, en particulier judiciaires, en tant que rempart contre l'arbitraire et les abus, arguant que la seule utilité n'est pas un principe satisfaisant ni suffisant : L'on peut trouver des motifs d'utilité pour tous les commandements et pour toutes les prohibitions. … C'est avec cette logique que de nos jours on a fait de la France un vaste cachot. À la Chambre, le 3 mai 1819, il combattra aussi ce système qui dit qu'il vaut mieux prévenir les délits que les punir, système toujours mis en avant par le despotisme pour enchaîner les innocents, sous le prétexte qu'ils pourraient bien devenir coupables ; système qui s'étend d'un individu à tous les individus, d'une classe à toutes les classes, et ourdit un vaste filet dans lequel tous, sous le prétexte d'être garantis, se trouvent enveloppés. Constant soutient que le gouvernement doit absolument respecter les formes, c'est-à-dire ne pas céder à la violence illégitime, à l'arbitraire, à l'injustice ou à l'irrégularité, même contre ses ennemis, sous prétexte de perdre de sa légitimité, du respect qu'il doit inspirer, et de sacrifier le but qu'il veut atteindre aux moyens trop importants qu'il y emploie.
Auteur libéral, c'est de l'Angleterre plus que de la Rome antique qu'il tire son modèle pratique de la liberté dans de vastes sociétés commerçantes. Il établit en effet une distinction entre la liberté des Anciens et celle des Modernes. Il définit la première comme une liberté républicaine participative conférant à chaque citoyen le pouvoir d'influer directement sur la politique à travers des débats et des votes à l'assemblée publique. Le pendant de ce pouvoir politique est l'asservissement de l'existence individuelle au corps collectif, la liberté individuelle étant totalement soumise aux décisions du corps politique. Pour assurer la participation à la vie politique, la citoyenneté est un lourd fardeau et une obligation morale nécessitant un investissement considérable en temps et en énergie. En général ceci ne peut se faire sans une sous-société d'esclaves chargée de l'essentiel du travail productif, permettant ainsi aux citoyens de se consacrer aux affaires publiques. En outre, la liberté des Anciens concerne des sociétés homogènes et de petite taille, dans lesquelles la totalité des citoyens peut sans difficulté se rassembler en un même lieu pour débattre.
La liberté des Modernes, par opposition, est selon Benjamin Constant fondée sur les libertés civiles, l'exercice de la loi, et l'absence d'intervention excessive de l'État. La participation directe des citoyens y est limitée : c'est la conséquence nécessaire de la taille des États modernes. C'est aussi le résultat inévitable du fait d'avoir créé une société commerçante dépourvue d'esclaves dont tous les membres ou presque sont dans l'obligation de gagner leur vie par leur travail. Dans ces sociétés, les citoyens élisent des représentants, qui délibèrent en leur nom au parlement et leur épargnent ainsi la nécessité d'un engagement politique quotidien.
De plus, Constant pense que le commerce, qui vaut mieux que la guerre, est naturel aux sociétés modernes. En conséquence, il critique les appétits de conquête de Napoléon comme non libéraux et non adaptés à l'organisation des sociétés modernes, fondées sur le commerce. La liberté ancienne tendrait naturellement vers la guerre, tandis qu'un État organisé selon les principes de la liberté moderne serait en paix avec toutes les nations pacifiques.

Sentiment religieux et méliorisme

En plus de ses travaux littéraires et politiques, Constant a travaillé durant une quarantaine d'années sur la religion et le sentiment religieux. Ses ouvrages témoignent d'une ambition de saisir un phénomène social inhérent à la nature humaine qui, dans les formes qu'il prend, est soumis au concept de perfectibilité. Si les formes se figent, la rupture est inévitable : les formes que prend le sentiment religieux doivent donc s'adapter et évoluer.
Constant refuse à l'autorité politique le droit de se mêler de la religion de ses sujets, même pour la défendre. Il estime que chaque individu doit pouvoir conserver le droit de trouver où il le souhaite consolation, morale et foi : L'autorité ne peut agir sur la conviction. Elle n'agit que sur l'intérêt »15. Il condamne de même la vision d'une religion vulgairement utile, au nom de la dégradation du sentiment.
Il considère le déclin du polythéisme comme un fait nécessaire depuis le progrès de l'humanité. Plus l'esprit humain se perfectionne, plus les résultats du théisme doivent être heureux. Le théisme connait lui-aussi une évolution. Le christianisme, en particulier sous sa forme protestante est, à ses yeux, la forme la plus tolérante et le degré supérieur de l'évolution intellectuelle, morale et spirituelle.

Édition de son œuvre

Pour toutes les œuvres de Constant, l'édition de référence, riche en introductions, notes et variantes, est celle des Œuvres Complètes, en cours d'édition 17 tomes parus dont dix d'œuvres et sept de Correspondance, 21 volumes. Un volume de ses œuvres regroupées sous le titre Écrits autobiographiques – Littérature et politique – Religion est paru dans la Bibliothèque de la Pléiade édition et préface d'Alfred Roulin, 1957.

Essais

De la force du gouvernement actuel de la France et de la nécessité de s'y rallier 1796
Des réactions politiques 1797
Des effets de la Terreur 1797
Fragments d'un ouvrage abandonné sur la possibilité d'une constitution républicaine dans un grand pays publié en 1991 chez Aubier, ouvrage inédit probablement rédigé entre 1795 et 1810
De l'esprit de conquête et de l'usurpation dans leurs rapports avec la civilisation européenne 1814
Réflexions sur les constitutions, la distribution des pouvoirs et les garanties dans une monarchie constitutionnelle 1814
Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs 1815
Mémoires sur les Cent-Jours
Cours de politique constitutionnelle 1818-1820
De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes célèbre discours prononcé en 1819
Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri 1822-1824
De la religion considérée dans sa source, ses formes et son développement 1824-1830
Appel aux Nations chrétiennes en faveur des Grecs. 1825
Mélanges de littérature et de politique 1829
Du polythéisme romain considéré dans ses rapports avec la philosophie grecque et la religion chrétienne 1833
Correspondance de Benjamin Constant et d'Anna Lindsay - L'Inconnue d'Adolphe, publiée par la baronne Constant de Rebecque. Plon, 1933.

Romans

Dennis Wood, Isabelle de Charrière et Benjamin Constant. À propos d'une découverte récente. [Sur Les Lettres d'Arsillé fils, Sophie Durfé et autres, roman écrit par Benjamin Constant et Madame de Charrière. In : Studies on Voltaire and the eighteenth century ; 215. Oxford, Voltaire Foundation, 1982, p. 273-279.
Adolphe 1816 — consultez quelques citations
Le Cahier rouge 1807, publication posthume 1907
Cécile 1811, publication posthume 1951

Lettres

Lettre à M. Odillon-Barrot, avocat en la Cour de cassation, sur l'affaire de Wilfrid Regnault, condamné à mort 1818 puis publié chez P. Plancher en 1819
Deuxième lettre à M. Odillon-Barrot, avocat en la Cour de cassation, sur l'affaire de Wilfrid Regnault, condamné à mort 1818 puis publié chez P. Plancher en 1819
De l'appel en calomnie de M. le marquis de Blosseville, contre Wilfrid-Regnault 1818 puis publié chez P. Plancher en 1819
Correspondance Isabelle de Charrière et Benjamin Constant 1787-1805, Éd. Jean-Daniel Candaux. Paris, Desjonquères, 1996
Renée Weingarten, Germaine de Staël & Benjamin Constant. A dual Biography, Yale, 2008.

Postérité

Ses essais sur l'évolution des religions et le sentiment religieux soumis au concept de perfectibilité sont parfois rapprochés avec Auguste Comte et Ernest Renan.
Benjamin Constant a fasciné Jacques Chessex ; il est indirectement le héros de son roman L'Imitation 1998, dont le personnage principal, Jacques-Adolphe Jacques comme Jacques Chessex, Adolphe qui renvoie à l'œuvre la plus connue de Constant, agit et vit dans l'imitation de son modèle, Benjamin Constant.

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Posté le : 23/10/2015 20:08
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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