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Ernest Renan 2
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La Nation et la Race

La vérité est qu'il n'y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique, c'est la faire porter sur une chimère. Les plus nobles pays, l'Angleterre, la France, l'Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé. L'Allemagne fait-elle à cet égard une exception ? Est-elle un pays germanique pur ? Quelle illusion ! Tout le Sud a été gaulois. Tout l'Est, à partir d'Elbe, est slave. Et les parties que l'on prétend réellement pures le sont-elles en effet ? Nous touchons ici à un des problèmes sur lesquels il importe le plus de se faire des idées claires et de prévenir les malentendus.
Les discussions sur les races sont interminables, parce que le mot race est pris par les historiens philologues et par les anthropologistes physiologistes dans deux sens tout à fait différents. Pour les anthropologistes, la race a le même sens qu'en zoologie ; elle indique une descendance réelle, une parenté par le sang. Or l'étude des langues et de l'histoire ne conduit pas aux mêmes divisions que la physiologie .
« La langue invite à se réunir ; elle n'y force pas. Les États-Unis et l'Angleterre, l'Amérique espagnole et l'Espagne parlent la même langue et ne forment pas une seule nation. Au contraire, la Suisse, si bien faite, puisqu'elle a été faite par l'assentiment de ses différentes parties, compte trois ou quatre langues. Il y a dans l'homme quelque chose de supérieur à la langue : c'est la volonté. La volonté de la Suisse d'être unie, malgré la variété de ses idiomes, est un fait bien plus important qu'une similitude souvent obtenue par des vexations.
Qu'est-ce qu'une nation ?, conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882, Calmann Lévy, 1882, p. 16.

Prémonition des guerres à venir

Contrairement à Victor Hugo pour qui le xxe siècle verrait l'avènement de la paix mondiale, Renan, devant le monolithisme culturel de la Prusse, prévoit que cette attitude ne pourra « mener qu'à des guerres d'extermination, analogues à celles que les diverses espèces de rongeurs ou de carnassiers se livrent pour la vie. Ce serait la fin de ce mélange fécond, composé d'éléments nombreux et tous nécessaires, qui s'appelle l'humanité24. » Les deux guerres mondiales viendront confirmer ce douloureux pressentiment.

Démocratie

La fin de l'humanité, c'est de produire des grands hommes ; le grand œuvre s'accomplira par la science, non par la démocratie.

— Ernest Renan, Dialogues et fragments philosophiques.

Les Affrontements de Tréguier 1903-1904

Même après son décès, Ernest Renan continua à susciter de violentes controverses entre « laïques » et « cléricaux », en particulier dans sa ville natale où il avait acquis une maison, aujourd'hui devenue le musée « La maison d'Ernest Renan » de Tréguier. L'érection de sa statue sur la place du Martray, devant la cathédrale, inaugurée le 13 septembre 1903 par le Président du conseil Emile Combes en personne, fut vécue comme une véritable provocation par les cléricaux qui protestèrent vigoureusement et répliquèrent par l'édification d'un « calvaire de réparation », dit aussi « calvaire de protestation », encore visible sur l'un des quais du port de Tréguier.

Œuvres:

De l'origine du langage 1848
L'Âme bretonne 1854
Histoire générale et systèmes comparés des langues sémitiques 1855
Études d'histoire religieuse 1857
Essais de morale et de critique 1859
Qu’est-ce qu’une nation ? Conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales.
Qu'est-ce qu'une nation ? 1882, Texte complet en ligne, Bibliothèque Rutebeuf
Prière sur l'Acropole 1865
Histoire des origines du christianisme - 7 volumes - 1863-1881
Vie de Jésus 1863 Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales, 13e édition révisée, 1867.
Les Apôtres 1866
Saint Paul 1869
L’Antéchrist 1873
Les Évangiles et la seconde génération chrétienne 1877
L’Église chrétienne 1879
Marc-Aurèle et la fin du monde antique 1882
Index 1883
La Réforme intellectuelle et morale de la France 1871 Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales.
Drames philosophiques
Caliban 1878
L’Eau de Jouvence 1881
Le Prêtre de Némi 1885
L’Abbesse de Jouarre 1886
Souvenirs d'enfance et de jeunesse 1883 Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales.
Histoire du peuple d’Israël 1887-1893, 5 volumes
L’Avenir de la science, pensées de 1848 1890 Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales.

Politique

Questions contemporaines 1868

Littérature

Essais de morale et de critique 1859
Henriette Renan, souvenir pour ceux qui l’ont connue 1862
Mélanges d’histoire et de voyages 1878
Discours et conférences 1887
Feuilles détachées 1892
Patrice 1908
Fragments intimes et romanesques 1914
Voyages : Italie, Norvège 1928
Ernest Renan et l’Allemagne. 1945
Sur Corneille, Racine et Bossuet 1928

Philosophie

Averroës et l’averroïsme 1852
De philosophia peripatetica, apud Syros 1852
Dialogues et fragments philosophiques 1876 Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales.
Examen de conscience philosophique 1889

Histoire et religion

Étude d’histoire religieuse 1857
Le Livre de Job 1858
Le cantique des cantiques 1860
Histoire littéraire de la France au xive siècle 1865, avec la collaboration de Victor Le Clerc
La Réforme intellectuelle et morale de la France 1871
Conférences d’Angleterre 1880
L’Ecclésiaste 1881
Nouvelles études d’histoire religieuse 1884
Le bouddhisme 1884, Éditions Lume
Études sur la politique religieuse du règne de Philippe le Bel 1899
Mélanges religieux et historiques 1904
Essai psychologique sur Jésus-Christ 1921

Linguistique et archéologie

Histoire de l'étude de la langue grecque dans l'Occident de l'Europe depuis la fin du ve siècle 2009
De l’origine du langage 1848-1858
Histoire générale des langues sémitiques 1855
Mission de Phénicie 1864-1874

Correspondance

Lettres intimes 1896
Nouvelles lettres intimes 1923
Correspondance avec Berthelot 1898
Lettres du séminaire 1902
Emanuelle 1913
Lettres à son frère Alain 1926
Correspondance 1927
Cahiers de jeunesse 1906
Nouveaux cahiers de jeunesse 1907
Travaux de jeunesse 1931
Mission de Phénicie 1865-1874
La Poésie des races celtiques — Publié dans la Revue des deux Mondes, 2e série, tome 5, 1854, pp. 473–506.
L'avenir de la science 1890
Bonnat l'a peint en 1891 ? assis dans sa maison de Tréguier - dans une attitude analogue à celle du célèbre Monsieur Bertin d'Ingres - portrait reproduit ci-dessus et qui fut prêté en 1922 par Noémie Renan à l'exposition Cent ans de peinture française (1821-1921) d'Ingres au Cubisme, organisée au profit du Musée de Strasbourg au siège parisien de la Chambre des Antiquaires (reprod. par Léandre Vaillat ds "L'Illustration" no 4126, 1/04/1922 - arch.pers..

Bibliographie

Philippe Barret, Ernest Renan. Tout est possible, même Dieu !, François Bourin, 1992
Jean Balcou, Ernest Renan, une biographie, Honoré Champion, 2015
Henry Laurens, Ernest Renan, la science, la religion, la République, Collège de France, Colloque annuel 2012, Odile Jacob, 2013
Francis Mercury, Renan, Olivier Orban, 1990
Jean-Pierre van Deth, Ernest Renan, Fayard, 2012

Sur Renan et la Bretagne

René d’Ys, Renan en Bretagne, 1904.
Léon Dubreuil, Rosmaphamon ou la vieillesse de Renan, 1946.
R.-M. Galand, L’Âme celtique de Renan, 1959.
Jean Balcou, Ernest Renan l’hérésiarque, dans Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne, Champion-Slatkine, Paris-Genève, 1987.
Jean Balcou, Renan et la Bretagne, Champion, 1992.

Sur Renan philosophe

Paul Bourget, Ernest Renan, essai Quantin, 1883
Léon Brunschvicg, Sur la philosophie d'Ernest Renan dans Revue de métaphysique et de morale, 1re année, 1893, p. 87-97
R. Dussaud, L'Œuvre scientifique d'Ernest Renan, 1951.
André Stanguennec, Ernest Renan. De l'idéalisme au scepticisme, Editions Honoré Champion, 2015.

Sur les idées politiques de Renan

(eu) Joxe Azurmendi, Historia, arraza, nazioa. Renan eta nazionalismoaren inguruko topiko batzuk, Donostia: Elkar, 2014.
Edouard Richard, Ernest Renan penseur traditionaliste ? Presses universitaires d'Aix-Marseille, 1996, 402 p.

Musées

Musée Ernest-Renan à Tréguier
Musée de la vie romantique, Hôtel Renan-Scheffer, Paris
qui conserve, avec d'autres documents et archives ses portraits par Henry Scheffer, peintre - René de Saint-Marceaux, sculpteur et Léopold Bernstamm, sculpteur.

QU'EST-CE QU'UNE NATION ? Ernest Renan


Conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne et publiée le 26 mars suivant dans le bulletin de l'Association scientifique de France, Qu'est-ce qu'une nation ? apparaît comme le testament politique de Renan (1823-1892). Partagée entre la religion et la science, l'existence de ce dernier aura été marquée par deux événements majeurs : une crise de conscience qui l'amena en octobre 1845 à renoncer à la carrière ecclésiastique, en rompant avec le catholicisme et ses années de formation au petit puis au grand séminaire du diocèse de Paris ; une crise nationale, politique et sociale consécutive à la défaite de Sedan en 1870 et à laquelle il entreprit de trouver une issue dans La Réforme intellectuelle et morale de la France 1871.
Lorsqu'il en vient à s'interroger sur les fondements de l'identité nationale, celui qui avait accédé, en 1862, à la chaire d'hébreu du collège de France, et provoqué l'année suivante un scandale considérable en publiant sa Vie de Jésus, est devenu un des grands maîtres à penser de la IIIe République : il a été élu en 1878 à l'Académie française et il s'apprête à publier ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse (1883) qui lui assureront une large popularité. C'est en sage qu'il s'exprime alors sur une question qui a dominé tout le siècle, avec la diffusion du concept de nation issu de la Révolution française : le problème des nationalités et des mouvements nationalistes en Europe. La réponse qu'il lui donne est en germe dans la correspondance qu'il entretint, en 1870-1871, avec le savant allemand Strauss, à propos de l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine. La « politique des races » s'y trouve, en effet, déjà critiquée au nom d'une politique du droit des nations.

La question de l'identité nationale

Après avoir précisé son dessein qui est d'analyser « une idée, claire en apparence, mais qui prête aux plus dangereux malentendus », Renan montre, dans une première partie, que les nations entendues comme individualités historiques constituent un phénomène nouveau dans l'histoire. Ce qui, d'après lui, caractérise les différents États européens, « c'est la fusion des populations qui les composent », et l'on n'a pas à s'attarder sur les vicissitudes des processus qui l'ont opérée : « L'oubli, dit-il, et même l'erreur historique sont un facteur essentiel de la création d'une nation. »
La seconde partie de son propos s'ouvre sur la constatation d'une dé-liaison, celle de la nation et d'un principe dynastique ; à côté du droit dynastique existe un droit national. Il s'agit dès lors d'identifier le « fait tangible » dont ce dernier peut procéder. Ce n'est pas la race ; la race pure est une chimère, comme l'est la politique qui prétend se fonder sur l'ethnographie ; le vocable, au reste entendu dans de multiples sens, désigne un fait qui, certes capital à l'origine, « va toujours perdant de son importance ». Ce n'est pas la langue, formation historique qui « invite à se réunir » sans y forcer, ni la religion, devenue « chose individuelle », ni la communauté des intérêts sans attaches sentimentales – une union douanière n'est pas une patrie –, ni enfin la géographie, les frontières naturelles : une nation n'est pas un groupe « déterminé par la configuration du sol ».
On s'achemine, au terme de ces réfutations, vers la célèbre définition de la nation donnée par Renan dans la dernière partie de sa conférence : « Une nation est une âme, un principe spirituel ... une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. »
Originalité et complexité d'une réponse

Repris en 1887 dans le volume intitulé Discours et conférences, ce « morceau » est celui auquel Renan a dit attacher le plus d'importance. « J'en ai pesé, déclare-t-il, chaque mot avec le plus grand soin : c'est ma profession de foi en ce qui touche les choses humaines, et, quand la civilisation moderne aura sombré par suite de l'équivoque funeste de ces mots : nation, nationalité, race, je désire qu'on se souvienne de ces vingt pages-là. Je les crois tout à fait correctes. » On a pu les rapprocher de celles où Michelet fait de la nation le produit d'un acte héroïque de volonté transcendant tous les déterminismes. Ainsi l'auteur du Peuple écrit, dans la Préface de 1869 à son histoire de France : « La France a fait la France, et l'élément fatal de la race m'y semble secondaire. Elle est fille de sa liberté. » Elles ne sont pas non plus sans points communs avec certains passages du texte intitulé L'Alsace est-elle allemande ou française ?, rédigé par Fustel de Coulanges au lendemain de la guerre de 1870 : « Ce qui distingue les nations, ce n'est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu'ils sont un même peuple lorsqu'ils ont une communauté d'idées, d'intérêts, d'affections, de souvenirs et d'espérances. Voilà ce qui fait la patrie. ... La patrie, c'est ce qu'on aime. »
La même assimilation de la nation à ce complexe sentimental qu'est la patrie est effectuée par Renan qui, dans sa définition, associe constat objectif et représentation subjective aussi étroitement qu'il unit l'héritage et l'avenir. Un nation suppose, rappelle-t-il, un passé, « un héritage de gloire et de regrets à partager », et aussi d'avoir souffert, joui, espéré ensemble. Elle suppose également « dans l'avenir, un même programme à réaliser » ; « elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie ensemble ». Dans ce chef-d'œuvre de pédagogie et de rhétorique devenu, tout au long du XXe siècle, un classique des instituts de sciences politiques, se combinent donc une conception de la nation qui place dans le passé le fondement de l'identité collective – la terre et les morts que Barrès devait célébrer –, et l'affirmation que la nation est le produit de ceux qui la composent, ce qui renvoie au libre droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Bernard Valade




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Posté le : 26/02/2016 21:32

Edité par Loriane sur 27-02-2016 15:45:04
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
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Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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