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Edward Hopper
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Le 15 Mai 1967 meurt à 84 ans à New-York Edward Hopper

peintre, graveur né le 22 juillet 1882 à Nyack Nyack État de New York. il reçoit sa formation à la New York School of Art il a pour maître Robert Henri, il appartient au mouvement réalisme et scène américaine. Il est marié à Josephine Hopper. Il reçoit pour distinction, la médaille Logan des arts en 1923. Ses les plus Œuvres réputées sont : Soir bleu en 1914 Maison au bord de la voie ferrée en 1925, Automate en 1927, Chop Suey en 1929
Room in New York en 1932, Les Noctambules Nighthawks en 1942, Conference at night en 1949, Office in a small town en 1953.Exerçant essentiellement son art à New York, où il avait son atelier, il est considéré comme l’un des représentants du naturalisme ou de la scène américaine, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes. Au début de sa carrière, il a représenté des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages américains et de devenir un témoin attentif des mutations sociales aux États-Unis. Il produisit beaucoup d’huiles sur toile, mais travailla également l'affiche, la gravure eau-forte et l'aquarelle.
Une grande partie de l’œuvre de Hopper exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne. Ses personnages sont le plus souvent esseulés et mélancoliques.

Sa vie

Edward Hopper naît à Nyack, ville de l'État de New York, au sein d’une famille modeste de commerçants qui vendent des articles de mercerie. Il reçoit une éducation baptiste et fréquente une école privée, puis le lycée de sa ville natale. Il s’installe ensuite à New York, où il se forme au métier d’illustrateur dans la New York School of Illustrating. Il entre à la New York School of Art en 1900. Il y rencontre George Bellows, Guy Pène du Bois, Patrick Henry Bruce, Walter Pach, Rockwell Kent et Norman Raeben dont certains furent assimilés à l’Ash Can School. Parmi ses professeurs, Robert Henri 1865-1929 lui enseigne à représenter des scènes réalistes de la vie urbaine.
Afin de compléter sa formation, Edward Hopper effectue trois séjours à Paris, entre 1906 et 1910. Il visite plusieurs pays d’Europe : les Pays-Bas Amsterdam et Haarlem, le Royaume-Uni Londres, l’Espagne Madrid, Tolède, l’Allemagne Berlin, la Slovaquie Bratislava et la Belgique (Bruxelles. Il se familiarise avec les œuvres des grands maîtres du Vieux Continent et produit une trentaine d’œuvres, essentiellement à Paris. C’est également dans cette ville qu’il côtoie d’autres jeunes artistes américains et s’intéresse à la photographie avec Eugène Atget.
Il tombe sous le charme de la culture française et restera francophile tout au long de sa vie : revenu aux États-Unis, il continue de lire des ouvrages en français et d’écrire dans cette langue. Il était capable de réciter du Verlaine.

Premières expositions

En 1908, Edward Hopper s’installe définitivement à New York où il travaille comme dessinateur publicitaire puis comme illustrateur, un métier qu’il n’apprécie pas9. À cette époque, il ne peint que rarement, la plupart du temps en été. Il participe à plusieurs expositions collectives à New York : en 1908, à l’Harmonie Club et, en 1912, au Mac Dowell Club. L’année suivante, il vend sa première œuvre et s’établit dans un studio sur Washington Square dans le quartier de Greenwich Village. En 1915, il réalise ses premières eaux-fortes et se fait connaître par les critiques d’art dans une exposition au Mac Dowell Club. Mais c’est dans l’entre-deux-guerres qu’il commence à être vraiment reconnu, avec sa première exposition personnelle au Whitney Studio Club 1920.
En 1924, il se marie avec Josephine Verstille Nivison. Surnommée Jo par son époux, elle a suivi comme lui les cours de Robert Henri et elle est devenue peintre. En 1933, le couple achète une propriété au Cap Cod où il construit une maison et installe un atelier. Hopper fut malheureux avec elle ; épouse nerveuse, tempétueuse, terre à terre, jalouse, elle fut son unique modèle au corps toujours froid Morning Sun, 1952.

Consécration

En 1925, Edward Hopper achève sa célèbre Maison au bord de la voie ferrée The House by the Railroad, qui est considérée comme l’un de ses meilleurs tableaux. L’œuvre entre dans les collections du Museum of Modern Art dès 1930, grâce à un don du millionnaire Stephen Clark. La même année, le Whitney Museum of American Art acquiert le tableau Tôt un dimanche matin Early Sunday Morning pour une somme importante.
L'année 1933 est marquée par la première rétrospective de l’œuvre de Hopper au Museum of Modern Art de New York. En 1939, le peintre fait partie du jury du Carnegie Institute, avant d’être élu membre de l'Académie américaine des arts et des lettres en 1945. En 1952, il expose à la Biennale de Venise aux côtés de deux autres concitoyens. L’année suivante, il reçoit le titre de Doctor of Fine Arts de l’Institut d'art de Chicago.
Hopper meurt le 15 mai 1967, dans son atelier près de Washington Square, à New York. Sa femme, le peintre Josephine Nivison, qui meurt dix mois plus tard, lègue son œuvre au Whitney Museum of American Art. D’autres œuvres importantes se trouvent au MoMA de New York et à l’Institut d'art de Chicago.

Œuvre Caractéristiques et évolution d’un style

Le
s premiers tableaux d’Edward Hopper représentent des vues de Paris, en particulier de la Seine et du Louvre Le Pont des Arts, 1907 ; Après-midi de juin, 1907 ; Le Louvre pendant un orage, 1909 ; Le Pavillon de Flore, 1909, etc. Cette période parisienne, qui correspond aux séjours de l’artiste dans la capitale française 1906-1910, se poursuit alors qu’il est rentré définitivement aux États-Unis Soir bleu, sa plus grande toile, 1914 ; caricatures parisiennes dans les années 1920. Hopper est en effet marqué par les paysages et la peinture du Vieux Continent au point qu’il dira plus tard : Tout m’a paru atrocement cru et grossier à mon retour [en Amérique. Il m’a fallu des années pour me remettre de l’Europe.
Ce que les tableaux de la première phase de Hopper ébauchent et que ceux de la phase médiane développent en différents complexes picturaux est poursuivi par ceux de sa maturité. Ceci vaut également pour leur ordre narratif: les scènes de civilisation et les portraits humains renvoient constamment à des espaces intermédiaires qui ne peuvent être reproduits. Ils éclairent le fait que les espaces picturaux de Hopper relatent des exclusions et des tensions et ils font que le silence exprimé par beaucoup de situations picturales et de figurations humaines devient le mouvement même des tableaux.
À Paris, il visite les musées et les expositions ; il s’intéresse aux impressionnistes par l’intermédiaire de Patrick Henry Bruce mais aussi aux maîtres néerlandais Vermeer, Rembrandt : lors de son voyage aux Pays-Bas, il est notamment très impressionné par La Ronde de nuit de Rembrandt. Son séjour en France ne fait que confirmer son admiration pour Edgar Degas. Cependant, Hopper ne suit pas ses contemporains dans leurs expériences cubistes et préfère l’idéalisme des artistes réalistes Gustave Courbet, Honoré Daumier, Jean-François Millet, dont l’influence est perceptible dans ses premières œuvres. Par exemple, Le Pavillon de Flore 1909, Whitney Museum of American Art, New York, pose quelques principes que l’on pourra retrouver dans toute son œuvre : une composition basée sur quelques formes géométriques simples, de larges aplats de couleur, et l’utilisation d’éléments architecturaux dont les verticales, horizontales et diagonales fortes vont structurer le tableau.
Après son retour en Amérique, Edward Hopper produit des eaux-fortes 1915-1923, des affiches, des gravures jusqu’en 1928 ainsi que des aquarelles, sous l’impulsion de sa femme. Il abandonne progressivement les thèmes parisiens pour se consacrer aux paysages américains et aux maisons de la Nouvelle-Angleterre. Dans les années 1920, il affirme un style personnel en peignant des vues aux couleurs sombres, brunes et tranchées The City, 1927, Fenêtres, la nuit, 1928 ; Tôt un dimanche matin, 1930. Il s’éloigne ainsi de l’impressionnisme pour privilégier les grands à-plats de couleurs et les contrastes. Les portraits sont alors peu nombreux, à part un autoportrait 1925-1930 et des croquis représentant sa femme Josephine, la présence humaine est réduite à néant.
Les figures humaines réapparaissent à la fin des années 1920 : Chop Suey, 1929, Tables pour dames 1930 et Chambre d’hôtel 1931 représentent des femmes. Les personnages se généralisent à partir de 1938 pour devenir de véritables acteurs des tableaux Compartiment C, voiture 293, 1938 ; Soir au cap Cod, 1939 ; Noctambules Nighthawks 1942, etc..
Dans les années 1950-1965, le peintre donne aux individus davantage de profondeur psychologique et les met en scène dans leurs relations avec les autres Soir d’été, 1947 ; Route à quatre voies, 1956. On assiste alors à l’accentuation progressive de la frontière entre espace intérieur et espace extérieur, séparés par des lignes fortes. Enfin, les toiles représentant des pièces sont de plus en plus épurées, vidées de tout mobilier : dans Chambres au bord de la mer 1951, les meubles sont cachés par un mur. Dans Soleil du matin 1952, le seul objet de la chambre est le lit. Pourtant, c’est la période pendant laquelle Hopper rejette la peinture abstraite qui connaît un succès croissant en Amérique.
Ses œuvres apparaissent comme des reconstructions, recompositions de souvenirs ou bien des mises en scène du peintre, plus qu’une représentation fidèle d’une réalité. Les effets fantastiques sont créés par la perspective dans Chambres au bord de la mer 1951, à la manière de René Magritte.

Thèmes récurrents Paysages ruraux

Edward Hopper choisit des paysages ruraux principalement situés dans le nord-est des États-Unis : ses lieux de prédilection sont le Cap Cod, où il a sa propriété d’été, et d’une manière générale la Nouvelle-Angleterre dont il peint les phares Le Phare de Squam, 1912 ; Colline avec phare, 1927, Le Phare à deux éclats, 1929. Au cours de sa vie, l’artiste voyage au Canada 1923, à travers les États-Unis 1925-1927, 1941 dans l’Ouest, au Mexique 1943, 1946, 1951, 1952, mais il reste attaché aux paysages du littoral atlantique.
Le spectateur est frappé par l’absence d’êtres humains dans ces paysages qui sont comme désertés, mais traversés par une route Route dans le Maine, 1914 ou une voie ferrée (Passage à niveau, 1922-1923 ; Coucher de soleil sur voie ferrée, 1929. Ces lignes évoquent le voyage, le temps qui passe ou encore marquent une séparation entre civilisation et nature.

Architecture

Hopper était passionné d’architecture et réalisa de nombreux croquis de bâtiments lorsqu’il était à Paris. Dans les années 1920, il se fit connaître par ses aquarelles figurant de belles maisons mansardées du XIXe siècle. Ces bâtisses sont les symboles d’un passé révolu, menacées ou encerclées par une nature effrayante. Dans d’autres cas, c’est la maison elle-même qui semble effrayante : en 1925, Hopper peint House by the Railroad, qui marque le début de sa maturité artistique. C’est la première d’une série de scènes urbaines et rurales combinant lignes fines et larges, baignées d’une lumière crue et sans concession, dans laquelle les figures humaines, isolées, semblent être prises au piège.
Les toiles d’Edward Hopper prennent pour sujet les bâtiments et les maisons à différents moments de la journée, reprenant ainsi l’héritage impressionniste : ses moments préférés sont le matin Tôt un dimanche matin, 1930 ; Soleil du matin, 1952 et le soir Soir au cap Cod, 1939 ; Coucher de soleil sur voie ferrée, 1929, lorsque les ombres s’allongent et soulignent les contrastes. Les scènes nocturnes sont également présentes Noctambules, 1942 ; Chambre pour touristes, 1945 ; Conférence nocturne, 1949.

Paysages urbains

Les paysages urbains qu’Edward Hopper affectionne sont ceux de New York, parce que c’est là qu’il a étudié et qu’il a son atelier Restaurant à New York, 1922 ; Portiques à Manhattan, 1928. Mais il figure aussi des villes moyennes ou petites Village américain, 1912 ; Bureau dans une petite ville, 1953. Ses tableaux illustrent toutes les fonctions de la ville moderne : lieu de passage hôtel, voies ferrées, rues, de loisirs Restaurant à New York, 1922 ; The Circle Theater, 1936 ; Cinéma à New York, 1939, de travail Conférence nocturne, 1949, de commerce Pharmacie, 1927 ou de rencontre Chop Suey, 1929 ; Noctambules, 1942. Ces œuvres témoignent d’une Amérique moderne à partir des années 1930 et d’une économie tertiaire : aucun de ses tableaux ne prend les usines comme sujet.
Hopper se rapproche d’un de ses contemporains américains, Norman Rockwell. Mais, tandis que Rockwell glorifie l’imagerie des petites villes américaines, Hopper y dépeint la même solitude que dans ses scènes urbaines.

Le peintre de la société américaine

Les œuvres d’Edward Hopper sont le reflet de la vie quotidienne des Américains, l’american way of life, qui transparaît dans des détails réalistes : enseignes publicitaires Chop Suey, 1929, mobilier urbain bouche à incendie dans Tôt un dimanche matin, 1930. Les stations service, motels, voies ferrées, rues désertes recréent une ambiance typique américaine. Dans Noctambules 1942, Institut d'art de Chicago, son œuvre la plus connue, des clients esseulés sont assis au comptoir d’un diner dont les néons contrastent brutalement avec les ténèbres environnantes.
Les toiles d’Hopper témoignent d’une société en pleine mutation : elles dépeignent essentiellement le cadre de vie et l’existence des classes moyennes, en plein essor dans la première moitié du XXe siècle. Essence 1940 et Motel à l’Ouest 1957 montrent subtilement la naissance d’une société de l’automobile. Les routes, les voies ferrées et les ponts sont d’autres signes de la modernité, du voyage et de la maîtrise du territoire américain. La ferme abandonnée sur Grange de Cobb, South Truro, 1930-1933, offre une vision des effets de la Grande Dépression. Hopper nous montre la solitude dans les grandes villes et des personnages qui semblent regretter une certaine Amérique qui est en train de disparaître.
Certaines œuvres évoquent indirectement la libération de la femme, en cours depuis la fin de la Première Guerre mondiale : Chop Suey 1929 montre des femmes exagérément fardées. Les robes deviennent courtes, les toilettes légères Matin en Caroline du Sud, 1955 ; Été, 1943. La femme s’émancipe mais Hopper la représente souvent esseulée, encore fragile Une femme au soleil, 1961. Hopper traite également le sujet du nu féminin Eleven AM, 1926 ; Une femme au soleil, 1961 et de l’érotisme Midi, 1949 ou du voyeurisme Fenêtres la nuit, 1928 ; Matin dans une grande ville, 1944 ; Soleil du matin, 1952.
Les rapports homme/femme sont enfin représentés : dans Hall d’hôtel 1943, un couple âgé se retrouve, alors qu’une jeune fille est en train de lire sur la droite. Dans Hôtel près d’une voie ferrée 1952, l’homme regarde par la fenêtre en fumant une cigarette, alors que sa femme lit sans lui prêter attention. Dans Soir au cap Cod 1939, c’est un jeune couple qui discute dans une loggia. Dans Soleil dans une cafétéria, un homme regarde une jeune fille et s’apprête sûrement à l’aborder. Enfin, sur Route à quatre voies 1956, la femme semble disputer son mari qui reste impassible.

Le peintre de la solitude, de l’aliénation et de la mélancolie

Hopper figure des personnages anonymes et archétypaux, dont le visage ne trahit aucune émotion, comme si le décor ou la situation le faisaient pour eux. Pourtant, de ses toiles se dégagent diverses impressions : le silence, la tension, l’exclusion, la mélancolie... Peut-être la conséquence de sa surdité. Des rues désertes, des pièces aux dimensions exagérées mettent en valeur les personnages et suggèrent un effet d’aliénation. La lecture est dessinée comme dérivatif à leur solitude : Chambre d’hôtel 1931 ou Compartiment C, voiture 293 1938 n’en sont que quelques exemples. Ces personnages de Hopper semblent aussi en attente : dans Été 943, une jeune fille se tient debout sur le pas d’une porte, la main contre une colonne. Elle semble attendre que quelqu’un vienne la chercher. La scène est immobile, le seul mouvement est rendu par l’air qui fait gonfler les rideaux au rez-de-chaussée de l’immeuble.
La frontière entre espace intérieur et espace extérieur est matérialisée par une fenêtre, une porte ou un contraste de lumière. Dans Chambre pour touristes 1945, les pièces éclairées de la maison s’opposent à l’extérieur sombre. L’entrée de l’air ou de la lumière à l’intérieur d’une pièce symbolise une introspection.

Inspiration

La peinture d’Edward Hopper puise son inspiration dans les œuvres du XVIIe siècle Vélasquez, Rembrandt, Vermeer, mais aussi parmi les maîtres du XIXe siècle : Goya, Daumier et Manet. L’artiste américain apprécie tout particulièrement le travail d’Edgar Degas, notamment dans le rendu de l’espace et l’usage de lignes obliques dans la composition.
Hopper s’intéresse également aux poèmes de Ralph Waldo Emerson ainsi qu’aux théories de Carl Gustav Jung et de Sigmund Freud. Ses peintures ont souvent été comparées aux pièces réalistes d’Henrik Ibsen 1828-1906. Pour Noctambules 1942, où, derrière la baie vitrée d'un bar de nuit, deux hommes et une femme sont assis au comptoir, chacun absorbé dans ses pensées, Hopper dit s’être inspiré d’une nouvelle d’Hemingway, Les Tueurs.
Hopper aimait aller au cinéma et le septième art exerça une certaine influence sur son œuvre. Sa peinture possède en outre un « caractère éminemment photographiqueLes vues en hauteur Bureau dans une petite ville, 1953, en plongée Village américain, 1912 ; La Ville, 1927 ou en contre-plongée Maison au bord de la voie ferrée, 1925 ; Deux Comédiens, 1965 en témoignent, de même que les cadrages, les effets d’éclairage et la mise en scène de ses tableaux.

Prix

1919 : premier prix du concours national de l’United States Shipping Board Emergency Fleet pour une affiche
1923 : Logen Prize par la Chicago Society of Etchers
1955 : médaille d’or pour la peinture du National Institute of Arts and Letters
1960 : distinction de l’Art in America

Influence d'Hopper

Les toiles d’Edward Hopper ont été une source d’inspiration pour les cinéastes : Alfred Hitchcock a utilisé La Maison près de la voie ferrée 1925 comme modèle pour la demeure de Psychose 1960, l'édifice plongé dans l'ombre dégageant un sentiment de mystère. La scène du tableau Fenêtres la nuit 1928, montrant la façade d'un appartement où l'on aperçoit une femme en petite tenue, évoque Fenêtre sur cour 1954 et Pas de printemps pour Marnie 1964, Bureau la nuit 1940, où l'on voit une secrétaire classant ses dossiers près de son patron qui lit son journal sans regards ni paroles échangées — sur le thème de l'incommunicabilité.
D’autres réalisateurs de films ont rendu hommage aux toiles d'Hopper : George Stevens Géant, 1956, Terrence Malick, Sam Mendes, Wim Wenders Paris, Texas, 1984 ; Lisbon Story, 1994 ; La Fin de la violence, 1997 ; Don't Come Knocking, 2005, Tim Burton Sleepy Hollow, 1999, Alan Rudolph Choose me, 1984, Peter Greenaway Le Cuisinier…, 1989, Warren Beatty Dick Tracy, 1990, les frères Coen Barton Fink, 1991 ou Woody Allen Accords et Désaccords, 1999, Dario Argento Les Frissons de l'angoisse, 1975.
David Lynch ne cache pas que ses peintres préférés sont Pollock, Bacon et Hopper et Wim Wenders a dit qu'on a toujours l'impression chez Hopper que quelque chose de terrible vient de se passer ou va se passer.
L'œuvre de Hopper a également intéressé certains photographes. La Néerlandaise Laetitia Molenaar a par exemple reproduit les tableaux d'Edward Hopper en photographies.

Œuvres d’Edward Hopper

Principaux tableaux huiles sur toile :
Le Peintre et son modèle Painter and Model 1902-1904 Whitney Museum of American Art peintre, femme, nu, tableau
Pont à Paris Bridge in Paris 1906 Whitney Museum of American Art Paris, pont
Le Pont des Arts 1907 Whitney Museum of American Art Seine, pont, Louvre
Après-midi de juin 1907 Whitney Museum of American Art Louvre, Seine, pont
Les Lavoirs à Pont Royal 1907 Whitney Museum of American Art Seine, lavoir, pont
Le Louvre, embarcadère Louvre and Boat Landing 1907 Whitney Museum of American Art Louvre, Seine, embarcadère
Le Train aérien The El Station 1908 Whitney Museum of American Art station, voie ferrée
Intérieur en été Summer Interior 1909 Whitney Museum of American Art femme, chambre, lit, nu
Le Louvre pendant un orage The Louvre in a
Thunderstorm 1909 Whitney Museum of American Art Louvre, Seine, pont, bateaux
Le Pont Royal 1909 Whitney Museum of American Art Louvre, Seine, pont
Le Quai des Grands Augustins 1909 Whitney Museum of American Art pont, rue, immeuble
Le Pavillon de Flore 1909 Whitney Museum of American Art Louvre, Seine
Le Bistro The Wine Shop 1909 Whitney Museum of American Art bistro, pont, couple
Village américain American Village 1912 Whitney Museum of American Art rue, maison, voitures
Le Phare de Squam Squam Light 1912 phare, maisons, barques
Queensborough Bridge Queensborough Bridge 1913 Whitney Museum of American Art New York, pont
Soir bleu 1914 Whitney Museum of American Art clown, couple, femme, cigarettes File:Soir Bleu by Edward Hopper.jpg
Route dans le Maine Road in Maine 1914 Whitney Museum of American Art Maine, nature, route
Blackhead, Monhegan 1916-1919 Whitney Museum of American Art Maine, paysage, mer
L’Escalier Stairways 1919 Whitney Museum of American Art escalier, porte, bois
Jeune Fille à la machine à coudre Girl at Sewing Machine 1921 Fondation Thyssen-Bornemisza femme http://www.museothyssen.org/en/thyssen/zoom_obra/1059
Restaurant à New York The New York Restaurant 1922 Muskegon Art Museum
Michigan restaurant, couple,
Passage à niveau Railroad Crossing 1922-1923 Whitney Museum of American Art voie ferrée, route,
maison, bois
Appartements Appartment Houses 1923
Maison au bord de la voie ferrée House by the Railroad 1925 Museum of Modern Art voie ferrée, maison
Autoportrait Self-Portrait 1925-1930 Whitney Museum of American Art autoportrait
11h du matin Eleven A.M. 1926
Dimanche Sunday 1926 Collection Phillips
Washington homme, rue, immeubles
Pharmacie Drug Store 1927 Museum of Fine Arts, Boston Pharmacie, nuit, rue
Colline avec phare Lighthouse Hill 1927 Dallas Museum of Art phare, maison, colline
Poste du garde-côte Coast Guard Station 1927 Montclair Art Museum maison
Automate Automat 1927 Des Moines Art Center femme, café, fenêtre, nuit, fruit, radiateur
La Ville The City 1927 University of Arizona Museum of Art ville, rues, immeubles
Fenêtres la nuit Night Windows 1928 Museum of Modern Art nuit, fenêtre, femme, immeuble
Portiques à Manhattan Manhattan Bridge Loop 1928 Addison Gallery of
American Art New York, voie ferrée, réverbère
Coucher de soleil sur voie ferrée Railroad Sunset 1929 Whitney Museum of American Art voie ferrée, paysage, crépuscule
Le Phare à Two Lights The Lighthouse at Two Lights 1929 Metropolitan Museum of Art phare, maison
Chop Suey Chop Suey 1929 Collection particulière café, femmes, couple,
fenêtres, enseigne
Tôt un dimanche matin Early Sunday Morning 1930 Whitney Museum of American Art rue, immeubles,
mobilier urbain
Tables pour dames Tables for Ladies 1930 Metropolitan Museum of Art restaurant, femmes,
couple, fruits
Corn Hill
Truro, Cape Cod 1930 McNay Art Institute,
San Antonio maisons, collines
Grange de Cobb, South Truro Cobb's Barns, South Truro 1930-1933 Whitney Museum of American Art grange, paysage, collines
New York, New Haven
et Hartford New York, New Haven
and Hartford 1931 Musée d'art d'Indianapolis voie ferrée, maisons, arbres
Chambre d’hôtel Hotel Room 1931 Fondation Thyssen-Bornemisza hôtel, chambre, lit,
femme, lecture [39]
Maison Dauphinée Dauphinée House 1932 ACA Galleries voie ferrée, maison
Chambre à New York Room in New York 1932 Sheldon Museum of Art
and Sculpture Garden hôtel, couple, lecture
Macomb’s Dam Bridge 1935 Brooklyn Museum pont, rivière, ville, immeubles
The Circle Theater 1936 Collection particulière théâtre, rue, immeublemobilier urbain
Après-midi au cap Cod Cape Cod Afternoon 1936 Museum of Art,
Carnegie Institute Cap Cod, maisons
Compartiment C,
voiture 293 Compartiment C,
Car 293 1938 Collection IBM Corporation train, femme, lecture, pont
Cinéma à New York New York Movie 1939 Museum of Modern Art New York, cinéma, femme, escalier
Soir au cap Cod Cape Cod Evening 1939 National Gallery of Art,
Washington Cap Cod, couple, chien, maison, bois
La Houle Ground Swell 1939 Corcoran Gallery of Art bateau, mer, houle, femme, hommes
Essence Gas 1940 Museum of Modern Art station, homme, bois, route
La Nuit au bureau Office at Night 1940 Walker Art Center Minneapolis bureau, femme, homme, fenêtre Show féminin Girlie Show 1941 femme, nue, scène
Noctambules Nighthawks 1942 Institut d'art de Chicago bar, femme, hommes, nuit, rue
L’Aube, Pennsylvania Dawn in Pennsylvania Terra Museum of American Art voie ferrée, train, immeubles
Hall d’hôtelHotel Lobby 1943 Musée d'art d'Indianapolis hôtel, couple, femme, lecture Été Summer 1943 Delaware Art Museum femme, immeuble, fenêtres
Solitude Solitude 1944 Collection privée maison, bois, route
Matin dans une grande ville Morning in a City 1944 Williams College Museum of Art femme, nu, chambre, lit, fenêtre, ville
Chambre pour touristes Rooms for Tourists 1945 Yale University Art Gallery maison, nuit
La Ville au mois d'août August in the City 1945 Norton Gallery of Art West Palm Beach maison, bois
Soir d'été Summer Evening 1947 Collection privée couple, nuit, maison
Ville minière de Pennsylvanie Pennsylvania Coal Town 1947 Butler Institute of
American Art, Youngstown OH. maison, escalier, homme
Sept heures du matin Seven AM 1948 Whitney Museum of American Art matin, bois, maison
Midi Noon 1949 Dayton Art Institute maison, femme
Conférence nocturne Conference at Night 1949 Wichita Art Museum femme, hommes, fenêtre, nuit
Matin au cap Cod Cape Cod Morning 1950 National Museum of American Art Cap Cod, femme, maison, bois
Portrait d'Orléans Portrait of Orleans 1950 Musée des beaux-arts de San Francisco village, rue, maison, station
Chambres au bord de la mer Rooms by the Sea 1951 Yale University Art Gallery chambres, mer, porte
Soleil du matin Morning Sun 1952 Columbus Museum of Art femme, chambre, lit,
fenêtre, ville
Hôtel près d’une
voie ferrée Hotel by a Railroad 1952 Hirshhorn Museum and Sculpture Garden chambre, couple, fenêtre,
ville, lecture
Vue sur la mer Sea Watchers 1952 Collection privée couple, mer, maison, vent
Bureau dans une
petite ville Office in a Small City 1953 Metropolitan Museum of Art bureau, homme, fenêtre, immeubles
Matin en Caroline du Sud South Carolina Morning 1955 Whitney Museum of American Art femme, maison
Fenêtre d’hôtel Hotel Window 1956 Collection The Forbes Magazine hôtel, fenêtre, femme, ville
Route à quatre voies Four Lane Road 1956 Collection privée couple, station, route,
bois, fauteuil
Motel à l’Ouest Western Motel 1957 Yale University Art Gallery hôtel, voiture,
paysage, femme
Soleil dans une caféteria Sunlight in a Cafeteria 1958 Yale University Art Gallery café, femme, homme,
fenêtre, rue
Excursion into Philosophy 1959 Collection privée couple, chambre
fenêtre, livre
Deuxième étage dans
la lumière du soleil Second Story Sunlight 1960 Whitney Museum of American Art couple, lecture, maison, bois
Gens au soleil People in the Sun 1960 National Museum of American Art
Washington paysage, lecture, hommes,
femmes, route, soleil
Une femme au soleil A Woman in the Sun 1961 Whitney Museum of American Art femme, nu, fenêtre,lit, paysage
Bureau à New York New York Office 1962 Montgomery Museum of Fine Arts New York, bureau, femme, fenêtre
Pause Intermission 1963 Collection privée femme, fauteuil
Soleil dans une chambre vide Sun in an Empty Room 1963 Collection privée chambre, fenêtre, bois
Voiture-salon28 Chair Car 1965 Collection privée femme, lecture
Deux Comédiens Two Comedians 1965 Collection privée couple, costume, théâtre

Expositions sélection

Soir bleu, 1914.
Elles ont lieu dans la ville de New York.
1908 : exposition collective à l’Harmonie Club
1912 : exposition collective au Mac Dowell Club
1915 : exposition collective au Mac Dowell Club
1920 : première exposition individuelle d’huiles sur toile de Paris au Whitney Studio Club
1922 : caricatures au Studio Club
1924 : ensemble des aquarelles à la Frank K. Rehn Gallery
1926 : aquarelles au Boston Art Club Boston
1927 : huiles sur toile, aquarelles et affiches à la Rehn Gallery
1928 : aquarelles au Morgan Memorial à Hatford dans le Connecticut
1929 : Frank K. M. Rehn Gallery
1933 : première rétrospective au Museum of Modern Art
1934 : Arts Club de Chicago
1950 : rétrospective au Whitney Museum of American Art, présentée ensuite au musée des beaux-arts de Boston et au Detroit Institute of Arts
1959 : exposition à la Currier Gallery of Art, Manchester (New Hampshire), reprise par la Rhode Island School of Design Providence
1964 : rétrospective au Whitney Museum of American Art, présentée ensuite à l’Institut d'art de Chicago

Posthumes

1989 : Marseille musée Cantini
2004 : présentation d'un choix de tableaux de Hopper en Europe, notamment à Cologne et à la Tate Modern de Londres.
En parallèle à cette exposition, le musée d’art américain de Giverny organise une exposition regroupant des tableaux de sa première période.
2007 6 mai - 19 août : œuvres de la période 1925-1950 au musée des beaux-arts de Boston (50 peintures à l'huile, 30 aquarelles et 12 gravures sont présentées au public
2010 : rétrospective à la fondation de l'Hermitage, Lausanne 160 tableaux
2012 12 juin - 16 septembre : rétrospective au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid
2012–2013 10 octobre 2012 - 3 février 2013 : Grand Palais à Paris

Bibliographie

Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d'Espagne WorldCat

En français

Gail Levin trad. Marie-Hélène Agüeros, Edward Hopper, Paris, Flammarion,‎ 1985, 98 p
Heinz Liexbrock, Edward Hopper. Quarante Chefs-d’œuvre, Munich, Schirmer/Mosel, 1988
Laurence Debecque-Michel, Hopper : les chefs-d’œuvre, Paris, Hazan,‎ 1992, 144 p.
Jean-Paul Hameury, Edward Hopper, Paris, éditions Folle Avoine, 1992
Ivo Kranzfelder trad. Annie Berthold, Hopper 1882- 1967 : Vision de la réalité, Cologne, Benedikt Taschen,‎ 1995, 200 p.
Martin Melkonian, Edward Hopper luttant contre la cécité, Paris, éditions d'écarts, 2005
Carter E. Foster , Edward Hopper, Milan, Skira - Fondation de l'Hermitage - Lausanne,‎ 2010, 278 p.
Avis Berman trad. Laurent Laget, Edward Hopper à New York, éditions Soline, septembre 2012
Deborah Lyons, Brian O’Doherty, Edward Hopper : De l'œuvre au croquis, éditions Prisma, octobre 2012
Éric Darragon, Richard R. Brettell, Edward Hopper. Les années parisiennes 1906-1910, Paris, Le Passager
Jean Foubert, Edward Hopper, David Lynch : mises en perspectives in colloque Vous avez dit Hopper ? organisé par Jean-Loup Bourget et Elizabeth Glassman
Karin Müller, Lever de rideau sur Edward Hopper, éditions Guéna-Barley, 2012

En anglais

Avis Berman, Edward Hopper's New York, Pomegranate Communications,
Edward Hopper, Deborah Lyons, Brian O’Doherty, Edward Hopper : A Journal of His Work, W. W. Norton & Company, 1997
Gail Levin, Edward Hopper: The Art and the Artist, W. W. Norton & Company, 1996
Gail Levin, Edward Hopper: An Intimate Biography, Rizzoli, Upd Exp edition, 2007
Edward Lucie-Smith, Lives of the Great 20th-Century Artists, Thames & Hudson, 1999
Virginia M. Mecklenburg, Edward Hopper: The Watercolors, W. W. Norton & Company, 1999
Gerry Souter, Edward Hopper, Parkstone, 2007
Carol Troyen, Judith Barter, Elliot Davis, Edward Hopper, Boston, Museum of Fine Arts Publications, 2007
Walter Wells, Silent Theater: The Art of Edward Hopper, Phaidon Press, 2007



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Posté le : 13/05/2016 21:38

Edité par Loriane sur 15-05-2016 15:06:56
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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