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Jean-Nicolas Corvisart-Desmarets
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Le 18 septembre 1821 meurt Jean-Nicolas Corvisart-Desmarets

à Paris, né à Dricourt Ardennes le 15 février 1755, médecin clinicien et professeur français. Il est surtout connu pour avoir été le médecin personnel de l'Empereur français Napoléon Ier. Il travaille au collège de France de 1796 à 1804, il est fait officier de la légion d'honneur puis commandeur de l'order de la Réunion membre de l'académie de médecine

En bref

Clinicien français éminent, Corvisart a soutenu sa thèse de docteur en médecine, en 1782, sur L'Agrément de l'étude de la médecine et les désagréments de sa pratique. Médecin de l'hôpital de la Charité 1788, il obtient, en 1797, la chaire de clinique interne à la Faculté de médecine, puis celle de médecine au Collège de France. Sa réputation d'excellent clinicien le fait nommer auprès de Bonaparte, dont il dissipe les malaises par une hygiène alimentaire stricte. Il suit le destin de son client : premier médecin de Leurs Majestés Impériales 1804, il participe à quelques campagnes Italie 1805, Autriche 1809 ; il soigne Joséphine évanouie à l'annonce de son divorce, et aide Dubois, affolé, à accoucher Marie-Louise, qu'il suivra dans son premier exil à Blois. Atteint d'hémiplégie en 1816, il craint que la maladie ne lui fasse commettre des erreurs de diagnostic, cesse de soigner et d'enseigner et passe ses dernières années à observer l'évolution de son mal.
Il ne doit cependant pas sa célébrité à l'Empereur, mais à son exceptionnel sens clinique et à ses dons d'enseignant à la Charité. Son Essai sur les maladies du cœur et des gros vaisseaux 1806 établit la pathologie cardiovasculaire ; il introduit, perfectionne et enseigne la technique de la percussion d'Auenbrugger (dont il traduit l'ouvrage sous le titre Nouvelle Méthode pour reconnaître les maladies internes de la poitrine, 1808) et l'applique au diagnostic des maladies cardiaques. En outre, il a créé l'enseignement anatomoclinique au lit du malade, tel qu'il est pratiqué depuis lors : étude des cas, visite du malade et discussion avec les élèves, vérification anatomique, surveillance de l'évolution, cours magistraux appuyés sur les cas observés. « Je ne crois pas à la médecine, je crois en Corvisart », disait Napoléon qui le fit baron d'Empire. Jacqueline Brossolet

Sa vie

Fils d'un procureur au parlement de Paris, il naît pendant l'exil du parlement et fait ses humanités au collège Sainte-Barbe. Malgré les désirs de son père, qui le destinait au barreau, et après une rencontre décisive avec Antoine Petit, « le seul médecin de Paris qui sache opérer et accoucher », le jeune Jean-Nicolas entame des études médicales auprès des professeurs de l'Hôtel-Dieu, où il devient aide-soignant lorsque son père lui coupe les vivres.
Il étudie ainsi auprès de Pierre-Joseph Desault, Félix Vicq d'Azyr, Antoine Petit, Louis Desbois de Rochefort, Philippe Pelletan. Le 14 novembre 1782, il reçoit le titre de docteur-régent de la faculté, mais comme il se refuse de porter la perruque, on lui interdit d'entrer comme médecin à l'hôpital des Paroisses et il doit accepter un poste dans un hôpital pour pauvres du quartier de Saint-Sulpice.
À l'hôpital de la Charité, il est suppléant de Desbois de Rochefort, qu'il remplace en 1788. Il y introduit des réformes profondes qu'il dirige d'une main de fer. Il y est bientôt nommé professeur de pathologie, puis de physiologie. René Laennec et Jean-Etienne Esquirol font partie de ses nombreux élèves.
L'enseignement de la médecine est supprimé par la Révolution en 1792 et les charlatans pullulent, mais dès la fin de 1794 on recommence à réglementer les études. Corvisart continue les leçons de Desbois d'une manière si brillante que, lors de la création de l'École de médecine, instituée par décret du 14 frimaire an III, il y obtient la chaire de clinique interne. L'école de Paris devient bientôt l'une des plus réputées d'Europe. Deux ans plus tard, il est professeur de médecine pratique au Collège de France, où il est titulaire de la chaire de médecine en 1797.
À l'hôpital de la Charité, il réorganise son service en donnant la priorité à la percussion du malade au lit et à l'anatomie pathologique. Il y fait également construire un amphithéâtre d'anatomie. Il s'intéresse surtout à la cardiologie, rendant le diagnostic plus précis, par exemple grâce à la percussion de la paroi thoracique. Il insiste dans son enseignement sur la nécessité de pratiquer dès le début un examen attentif et systématique.
Dans les premières années du xixe siècle, il gagne la confiance de Napoléon Bonaparte et de Joséphine de Beauharnais, dont il devient en 1804 le médecin personnel. En l'an X, le premier Consul l'attache à son service personnel. Napoléon est fasciné par son calme et la sûreté de son diagnostic et il aurait dit : « Je ne crois pas à la médecine, mais je crois en Corvisart. » Il le nomme chevalier deux ans seulement après la création de la Légion d'honneur, en 1804. Corvisart accompagne Napoléon en Italie en 1805 et en Autriche en 1809. Il soigne aussi Joséphine qui exige de plus en plus de pilules, et à qui il prescrit des placebos.
Sa réponse à Napoléon est restée célèbre. L’empereur, qui pensait à se séparer de Joséphine, lui avait demandé : « Un homme de soixante ans qui épouse une jeune femme a-t-il encore des enfants ? – Quelquefois. – Et à soixante et dix ? – Toujours, Sire.
Membre et officier de la Légion d'Honneur les 26 frimaire et 25 prairial an XII, il devient baron de l'Empire à l'institution de la nouvelle noblesse en 1808. Déjà commandeur de l'Ordre de l'Union, il fait partie de la première nomination des commandeurs de l'ordre de la Réunion, le 29 février 1812.
Élu membre de l'Académie des sciences en 1811 et de l'Académie de médecine en 1820, il appartient à presque toutes les sociétés savantes de l'Europe.
L'un de ses ouvrages majeurs est son Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux, paru en 1806. En 1808, il traduit le livre de Leopold Auenbrugger sur la percussion.
Il est le propriétaire de Château des Tournelles à La Garenne-Colombes de 1806 au 24 avril 1820.
Il meurt en 1821 à Paris après plusieurs attaques cérébrales, quelques mois seulement après la mort de Napoléon à Sainte-Hélène. Napoléon avait dit de lui : C'est un honnête et habile homme.
Il est enterré au cimetière d'Athis Mons. Deux de ses descendants reposent dans le même caveau : Lucien, baron Corvisart, médecin de Napoléon III ; Scipion, général, qui prit part à la bataille de Verdun en 1917. La tombe de Nicolas Corvisart provient de l'ancienne ferme du château d'Athis dont il était devenu propriétaire en 1812 ; son neveu et héritier vendant l'exploitation, ses restes ont été exhumés et transférés dans le cimetière de la commune en 1824.
Une rue depuis 1867, un lycée, une station de métro de Paris et un complexe hospitalier à Charleville-Mézières, fermé depuis 2011, portent son nom.

Œuvres et publications

Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux, extrait des leçons cliniques, imp. de Migneret (Paris), 1806, Texte intégral
Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux, imp. de Mame, 1811, Lire en ligne
Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux suivi de Nouvelle méthode pour reconnaitre les maladies internes de la poitrinepar Avenbrugger, suivi de Recherches sur la phthisie pulmonaire par Bayle ,A. Delahays Paris, 1855, Texte intégral , disponible sur Gallica

Armoiries

Blasonnement
Armes de baron de l'Empire :
Ecartelé : au I, d'or au cœur de gueules ; au II, du quartier des Barons tirés des Corps Savants ; au III, de gueules au lion d'argent ; au, IV d'argent au serpent de sinople enlaçant une cotice alesée de sable bâton d'Esculape en pal.


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Posté le : 17/09/2016 16:55
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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