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Radegonde (épilogue)
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RADEGONDE (épilogue)

Pour en finir avec l’histoire de Radegonde, on ne peut pas ne pas mentionner la vision que Radegonde, alors âgée de 59 ans, dit avoir eu de Jésus de Nazareth en son couvent de Sainte-Croix dont-elle était fondatrice. (1)

Le lieu
Lorsque vous êtes dans l’église de Poitiers fondée au 6ème siècle par Sainte Radegonde qui s’appelait autrefois Sainte Marie hors des murs, (2) et que, face au chœur, vous regardez à droite, vous verrez une chapelle qui fut sans doute dans les temps anciens une ancienne sépulture creusée dans l’épaisseur du mur.
Dans cette chapelle, on trouve deux statues, l’une représentant Sainte Radegonde, l’autre représentant Jésus de Nazareth.
Ces deux statues sont séparées par une pierre sur laquelle il y a une empreinte d’un pied gauche.
Cette pierre, tout comme cette chapelle, est appelées « le pas de Dieu ».
A l’origine, cette pierre qui porte l’emprunte du pied de Jésus était dans la cellule monacale de Radegonde, sise au couvent Sainte-Croix.
Elle fut déposée dans l’église Saint Radegonde de Poitiers, après la Révolution de 1789. (3)
Certains, pour faire court, appellent cette empreinte « le pas de Sainte Radegonde ». Ce raccourci est un non-sens lorsqu’on connaît les faits que je vais vous conter. (4)

De quelle rumeur nous vient cette légende
Nous sommes en l’an de grâce 587, au soir du 3 août la nuit tombe doucement sur le monastère de la Croix.
Ce monastère avait été érigé entre 550 et 560 par la reine Radegonde qui avait renoncé, après les péripéties que je vous ai déjà contées, aux fastes de sa charge de reine des Francs.
Pour l’heure, Radegonde était alors en prière, à genoux sur une dalle de pierre du sol de sa cellule.
Depuis longtemps déjà, son sommeil était habité du même cauchemar dans lequel elle revoyait sans cesse la tête de son frère de deux ans son ainé «Amalafroy », que son mari lui avait fait envoyer après l’avoir tué de ses propres mains. (5)
Radegonde se sentait coupable d’avoir engendré cet assassinat par son comportement d’hostilité envers son époux. Car la désobéissance de son frère Amalafroy ne pouvait pas être, à elle seule, la raison de cet acte cruel.
Non, il fallait chercher plutôt cette raison dans le pourquoi Amalafroy avait-il quitté Ath où il était en résidence surveillée, pour venir à Soissons rejoindre et sa sœur. Informé des colères de Clotaire à l’encontre de Radegonde, il la jugeait en danger et venait pour la protéger. Mal lui en pris, Clotaire qui le haïssait déjà, vit là l’occasion de faire d’une pierre deux coups : d’une part éliminer le prince héritier du royaume de Thuringe, et d’autre part, éliminer le dernier appui familial de la reine et de punir durement pour son attitude de rejet envers lui et ses proches.
Radegonde se souvenait aussi de cette déferlante de haine qui l’avait envahi lorsque levant l’étoffe qui recouvrait le présent que lui envoyait Clotaire, elle avait découvert avec horreur la tête sanguinolente de son jeune frère. Et le temps qui lui avait fallu en prières, pour surmonter ses envies de vengeance. (6)
Depuis, Clotaire avait plié devant sa détermination à vivre au service de Dieu et des plus pauvres, et puis il s’était éteint dans d’affreux tourments à l’image de ce qu’avait été son existence.
Mais elle, Radegonde, même si elle avait pardonné, chaque nuit le fantôme de son frère venait la visiter.
Il n’y avait donc rien d’extraordinaire pour elle de percevoir ce soir du 3 août 587, au-delà du mur de sa cellule, la silhouette d’un jeune homme.
Pourtant, cette fois, il y avait une lumière qui entourait l’apparition.
Elle ne reconnut pas le visage de son frère.
Et quand elle demanda qui venait ainsi à elle, ce fut Jésus de Nazareth qui se nomma et qui lui dit de se préparer à venir le rejoindre dans le royaume des cieux dans un an, jour pour jour.
Quand l’apparition disparue, Radegonde vit qu’il y avait, au sol, sur la dalle de pierre ou s’était tenu Jésus, l’empreinte de son pied gauche, lui certifiant ainsi, qu’il était bien venu lui annoncer son trépas et son entrée au paradis.
C’est cette empreinte qui est appelée « le pas de Dieu » et que l’on peut voir dans le mur de la chapelle de l’église Sainte-Radegonde.
La légende du « Pas de Dieu » perdurera très longtemps bien au-delà du 18ème siècle.
Le monastère Sainte-Croix et l’église de Poitiers où s’est trouvée successivement la dalle de pierre à l’empreinte d’un pied, engendreront un nombre incommensurable de pèlerinages et de dévotions de la part de gens venant de toutes les provinces du royaume de France et même d’au-delà pour obtenir la guérison d’un enfant !

Aujourd’hui
Bien sur, les progrès des connaissances et des techniques archéologiques ont effacé peu à peu le mysticisme que cette emprunte avait fait naitre autour d’elle et de Radegonde.
Mais si Radegonde, elle, est restée une Sainte reconnu par les catholiques, comme protectrice de la ville de Poitiers, l’empreinte du pas de Dieu est elle identifiée comme une gravure concave d’un pied d’homme du néolithique comme il en existe beaucoup en France et dont la pierre de support, pourrait appartenir à un des piliers du dolmen voisin appelé « la pierre levée de Poitiers » qui se situait à la place du monastère Sainte-Croix.

Johan (JR.).



Note de Références :

(1)Cette histoire est relatée dans bon nombre de guide touristique a l’exemple du premier la mentionnant : Le guide JOANNE - Loire et Centre. De 1868 Paris, page. 64.

(2) Jadis ainsi appelée Sainte-Marie-hors-les-Murs, parce qu'elle se trouvait, au Moyen âge, en dehors de l'enceinte de la ville d'alors.

(3) FOUCARD. (Emile-Victor-Massena.). : « Poitiers et ses monuments ». Société des Antiquaires de l’Ouest. Poitiers 1841.Pages153-154.

(4) BAUDOUIN. (Marcel.) : « Le Pas de Dieu, à Sainte-Radegonde, de Poitiers. » In: Bulletin de la Société préhistorique de France, tome 8, n°5, 1911. pp. 320-334;

(5) BUSSIERE. (Marie-Théodore.). « Histoire de Sainte Radegonde reine et de la cour de Neustrie: Sous les rois Clotaire Ier et Chilpéric. » Edition Au bureau de l’œuvre des bons livres Lyon 1864. 288 pages. Pages 43 à 47.

(6) FORTUNA. (Venance.). : « Carmen de exidio thuringiœ » élégies sur la vie de Radegonde écrites à Poitiers vers 600.


Bibliographie :

BAUDOUIN. (Marcel.). : « Pied du Diable », 30 octobre 1903.

BAUDOUIN. (Marcel.). : « La Pierre a Bassins et à Rigoles des Amporelles, à l'Ile
d'Yeu (Vendée) ». Congrès préhistorique de France, Tours, 1910. — Paris, 1911,

BUSSIERE. (Marie-Théodore.). « Histoire de Sainte Radegonde reine et de la cour de Neustrie: Sous les rois Clotaire Ier et Chilpéric. » Edition Au bureau de l’œuvre des bons livres Lyon 1864. 288 pages.

FORTUNA. (Venance.). : « Carmen de exidio thuringiœ » élégies sur la vie de Radegonde écrites à Poitiers vers l’an 600.

FOUCARD. (Emile-Victor-Massena.). : « Poitiers et ses monuments ». Société des Antiquaires de l’Ouest. Poitiers 1841.

Posté le : 11/04 17:47
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Re: Radegonde (épilogue)
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C'est certes..... troublant !

LN.

Posté le : 14/04 06:36
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Il souffle des mots à l'estrade
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Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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