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" Pierre de Giac (1377-1427), un favori indélicat du roi Charles VII dit le victorieux."
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Pierre de Giac (1377-1427), un favori indélicat du roi Charles VII dit le victorieux.


Issoudun – Dun le Roi fin janvier 1426.


Le roi Charles VI le Fol
Nous étions à une époque bien sombre où le royaume de France était terriblement menacé par la démesure et l'arrogance des prétentions territoriales Anglaises (1).
Et comme si cette pression étrangère ne suffisait pas à notre malheur, notre roi Charles le sixième était depuis l'an 1392 de temps à autre, atteint de passages plus ou moins longs de folie (2).
Folie, dont ses oncles Jean (3) et Philippe (4), ainsi que son frère Louis ((5), mais également son épouse Isabeau (6), profitaient pour l'influencer et le soumettre à leurs volontés.
Ainsi notre pauvre roi, dont l'étiolement de sa raison devenait constant, ne prit même pas conscience du pouvoir que son entourage familial lui retirait.
Dans ce jeu d'influence notre reine Isabeau était certes la mieux placée.

Isabeau de Bavière
Mais que peut faire une femme, fût-elle une reine de France comme l’était Isabeau, pour imposer son autorité, si non que de se doter d'un vigoureux et puissant bras armé !
Elle prit donc, en vue de cet usage, Louis d'Orléans le frère de son époux fou, comme amant. Cette façon déloyale et douteuse déplut fort au cousin germain de Bourgogne.
En effet, Jean dit « sans peur », ne pouvait admettre de voir ainsi bafouer son influence sur les décisions prises pour le bien du royaume, au conseil de régence, furent-elles quelquefois, pour ne pas dire souvent, exemptes de moralité.
Il porta donc remède à cette contrariété, en envoyant ses sbires planter leur dague dans la poitrine du beau Louis d’Orléans, qui s'en revenait d'une visite chez la reine Isabeau qui venait d'accoucher de son douzième enfant.
Cet effacement, certes violent, mais somme toute assez pratiqué à notre époque, ne déclencha, rien de moins, qu'une guerre civile.
Il eut donc d'un côté les « Armagnacs », nom de ceux qui soutenait la reine Isabeau, dans le souvenir de son défunt amant Louis d'Orléans, ainsi que son fils Charles (7).
Puis, de l'autre côté, les « Bourguignons » nom de ceux qui approuvaient les agissements du duc Jean de Bourgognes et qui s'allièrent aux Anglais.
La faiblesse du royaume de France provoquée par cette querelle intestine, permit aux Anglais de relever la tête, de s'armer, d'envahir la Normandie et de se confronter à notre armée de France qui essuya la plus cruelle des défaites à Azincourt en l'an 1415.
Cette défaite et cette alliance, entre l'Angleterre et le parti des Bourguignons, amenèrent les « Armagnacs » à assassiné Jean « sans peur » leur chef en l'an 1419, lors d'une entrevue avec le dauphin Charles sur le pont de Montereau.
Peu de temps après, notre reine Isabeau -qui prit peur de ce que pouvaient être les intentions de son fils Charles en son encontre- s'allia avec les Anglais et signa en l'an 1420, l'infâme traité de Troyes. Dans ce traité, elle affirma sa volonté de donner sa fille Catherine en mariage à Henri V d'Angleterre, le désignant ainsi roi de France, et elle écarta du trône de France son propre fils Charles héritier direct.
C'est ainsi, que le « dauphin de Viennois », Charles vint à Bourges en Berry, province qui lui était restée fidèle, pour y installer un gouvernement Armagnac qui aura une certaine influence sur les territoires du sud du royaume.
Notre pauvre royaume de France en était là, quand l'histoire que nous allons vous conter se déroula.

Charles VII le Sage
En Berry, notre sir Charles, écarté du trône de France par sa mère, et que ses ennemis appelaient « le roitelet de Bourges », s'était clos dans une sorte de résignation fataliste.
Certes il était affectueusement entouré de son épouse Marie (8), de son fils Louis (9) qui avait en ce jour trois ans, et de sa belle-mère Yolande (10) qui elle rêvait d'un destin de Reine de France pour sa fille. Il savait bien, sans se l'avouer, qu'il lui serait bien difficile de reconquérir son héritage que l'infamie matriarcale lui avait enlevé.
Mais, pour l'heure, cette difficulté était refoulée dans son inconscient. Il parvenait à cet effacement en multipliant les fêtes, les banquets et les bals qu'il donnait pour éblouir ses courtisans, afin de paraître à leurs yeux le monarque qu'il devrait être.
Alors que ses fidèles soldats se battaient pour sauvegarder le peu qui lui restait de son royaume, Charles dépensait sans compter, pour son plaisir, les pécunes provenant des impôts levés pour la guerre.
Il allait donc, pour occuper le temps, de sa châtellenie de Bourges à celle de Mehun-sur-Yèvre, puis de celle de Mehun, à celle de Vierzon, enfin de celle de Vierzon à celle d'Issoudun, château où justement il séjournait en cette fin de janvier de l'an1426.
En chacun de ces lieux, il dépensait en réjouissances, les tailles levées pour l'armée dans celui où il avait séjourné précédemment.
Pour l'instant, afin de financer les réjouissances qui se déroulaient à Issoudun, il piochait dans les écus provenant des tailles levées en novembre de l'an 1425 par accord des Etats généraux de Mehun-sur-Yèvre, pour les besoins de ceux qui faisaient la guerre dans le but lui redonner son trône.
Déjà, en cette bonne ville d'Issoudun, les prévôts du roi, s'appuyant sur les mêmes raisons qu'à Mehun, levaient l'impôt, dont les recettes allaient, à n'en pas douter, servir aux frivoles dépenses du roi lorsqu'il s'installera pour un temps dans sa cité de Bourges.
Il était conseillé et aidé dans cette condamnable pratique de détournement de fonds, par le sir Pierre de Giac, dont il en avait fait son favori, son trésorier et le chef de son conseil.

Pierre de Giac
Le sir de Giac était un homme vil, de peu de moralité, qui, au passage de l'acquittement des dépenses du roi, se servait copieusement à des fins personnelles.
Ce sir n'avait pas d'autre qualité que celle d'être l'époux, en seconde noce, de la belle comtesse de Tonnerre, Catherine de l'Isle Bouchard (11) la marraine du fils de Charles. Les parrains de cet enfant royal étaient, comme tous le savaient en ce royaume, le duc d'Alençon et l'évêque de Clermont Martin Gouge de Champagne (12).
Pierre de Giac, seigneur de Giac, de Châteaugay et de Clichy, apparut une première fois à la cour royale de France, au château de Vincennes en l'an 1417.
Il était, avec Louis de Bosredon, l'un des deux capitaines de la garde de la reine Isabeau qui avait réputation de ne point être avare de ses faveurs lors des longues nuits ou son fol de mari se débattait dans les tourments de son délire.
Les deux capitaines se retrouvèrent promptement en concurrence pour obtenir la place convoitée par chacun dans la couche de la dame. L'affaire fut résolue lorsque Giac accusant Louis de Bosredon d'intrigues, le fit arrêter et le fit noyer ; restant donc ainsi le seul capitaine de la garde sur qui, la reine pouvait compter pour apaiser ses insomnies.
Mais les soupçons de la prévôté du roi, sur la légalité de la disparition de Louis de Bosredon, obligèrent Giac à fuir et à se réfugier en Auvergne auprès de sa première épouse Jehanne de Naillac (13) qui était aussi et surtout, la maîtresse du duc de Bourgogne, Jean sans peur.
Cette position d’influence de la dame, permit au mari revenu, qui affirma bien vouloir fermer les yeux, d'occuper la fonction de conseiller au conseil ducal de Bourgogne.
Tous deux étaient présents au pont de Montereau le 10 septembre de l'an 1419, lorsque le duc Jean qui rencontrait le dauphin Charles en vue de faire la paix, se fit assassiner.
On parla d'assassinat politique ourdi par Tanneguy du Chastel de l'escorte de Charles qui clama toujours son innocence.
On ne parla guère de l'implication quasi certaine de Giac dans cette mortaille qui, sachant que son épouse était enceinte du duc Jean, après en avoir tiré profit, entamait une partie de sa vengeance (14) en faisant assassiner l'amant de cette dernière.
Car l'autre partie de cette vengeance, moult fois plus navrante, s'assoupira quand Giac empoisonna son épouse Jehanne, puis, la trouvant trop longue à trépasser, l'attacha à lui à la croupe d'un cheval qui fit galoper sur une quinzaine de lieues, mortissant (tuant) à coup sur, elle et l'enfant qu'elle portait (15).
Chose troublante, après ces événements, Giac fut, dans un premier temps arrêté par le bailliage du dauphin Charles qui se devait d'agir de manière à se disculper lui-même d'une quelconque participation dans cet assassinat. Puis Giac parut au devant du dauphin qui, après l'avoir entendu, le lava publiquement de tous soupçons et le prit comme maître des finances puis comme chef de son conseil.
On ne saura jamais quelle était la dette que le dauphin Charles devait à ce triste sire, mais elle devait être conséquente pour valoir tant de privilèges.
Le comportement violent et arriviste de Giac dans ses nouvelles fonctions, et la néfaste influence qu'il avait sur Charles, braquèrent l'entourage de ce dernier y compris son épouse, Marie d'Anjou, et surtout sa belle-mère, Yolande d'Aragon, qui voyait en Giac, celui qui détruisait le peu d'ambition que Charles avait à devenir roi de France et faire ainsi de sa fille une reine légitime.
Mais par-dessus tout, Giac était détesté par deux grands personnages. L’un était le valeureux connétable Arthur de Richemont et l’autre était le visqueux et sournois, Georges de la Trémoille dit aussi de la Trémouille (16). Tous deux, avaient eus vent des rapines de Giac sur le trésor destiné à entretenir ses troupes destinées à la reconquête du royaume.
Le Connétable Arthur de Richemont qui était à la tête d'une armée de 3000 hommes (17) et son frère le duc de Bretagne, avait établi une stratégie afin de reconquérir la Normandie. Ils devaient, chacun à la tête de leurs troupes, entrer en Normandie et faire leur jonction près d’Entrain, puis mettre le siège devant Saint James de Beuveron.
Cette opération fut parfaitement aboutie, et le siège commença. Mais dès le deuxième jour, l'argent prévu pour assurer le ravitaillement des troupes du dauphin Charles vint à manquer, car les fonds levés par la taille et votés par les États généraux de Mehun n'étaient pas parvenus à l'Ost.
Au dixième jour de jeûne, les troupes grognèrent et menacèrent de tourner les tallons. Pour couronner ce fiasco, les assiégés de Saint James lancèrent une sortie qui mit en déroute les ventres vides et tua moult vaillants chevaliers. La colère était à son comble et les soldats du connétable plus ceux du duc de Bretagne, mirent le feu au camp et tuèrent tous ceux qui tentaient de les en empêcher.
Le connétable de Richemont et Georges de la Trémoille et le sir Guillaume d'Albret ne durent leur salut que dans la fuite. Ils chevauchèrent tous trois en direction du Berry sans décolérer et ce fut dans cet esprit qu’Artus de Richemont et Guillaume d’ Albret parurent devant Charles le dauphin en son conseil au château d'Issoudun.
De Richemont était un rude soldat tout hardi de sa popularité. Il n'y alla pas par quatre chemins et manda sans détour, que lui soit remis sur l'heure, par Giac trésorier du dauphin Charles, les écus votés par les Etats généraux de Mehun.
Et comme Giac en fut incapable, et pour cause, il l'accusa tout de net, de malversations et lui demanda de justifier de leurs emplois.
Giac pris à la gorge, monta sur ses grands chevaux et voulut laver son honneur -qui n'avait plus depuis fort longtemps puisqu'il l'avait vendu au diable avec sa main droite- dans un duel avec de Richemont.
Artus de Richemont le regardant avec dédain lui dit tout de net, qu'il se trompait d'adresse car il n'y avait qu'un seul homme habilité à relever son gant, c'était le bourreau.
Charles qui assistait à cette passe d'armes verbale usa de sa position de dauphin de France pour arrêter là cette querelle.
Pour détourner l'entrevue sur un autre sujet, Charles demanda à Artus de Richemont pourquoi Georges de la Trémoille n'était pas, lui aussi, venu lui présenter ses hommages.
De Richemont, n'ayant pas le cœur à finasser, répondit à Charles que son compagnon d'armes, toujours sous le coup des reproches que le dauphin lui avait fait à leur dernière rencontre, ne voulait pas par sa présence l'indisposer de nouveau.
Car il ne pouvait pas dire à Charles, que son compagnon de la Trémoille, sachant Giac au conseil du dauphin, s'était promptement rendu au logis de ce dernier pour chanter guilledou à son épousée la belle Catherine qui ma foi trouvait l'homme à son goût et lui avait déjà moult fois fait odir (savoir).
Lorsque Giac entra en son logis, non loin de la demeure royale, de la Trémoille le coucou s'était envolé non sans avoir glissé dans l'oreille de la charmante, qu'elle se sentira bientôt libre comme l'air.
Giac trouva donc sa femme forte inquiète et qui le mit en garde du courroux d’Artus de Richemont à son encontre. Il avait levé les épaules en disant que jamais le dauphin ne permettra que l'on s'en prenne à sa personne.
La dame pensa alors qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut point ouïr, et qu'en lui exprimant son inquiétude, elle venait de faire son devoir ; quant au reste, elle s'en lavait les mains. Ôtant sa robe de chambre elle se glissa toute nue dans la couche encore chaude des assauts de la Trémoille et tourna le dos à son mari qu'elle oubliait déjà.
A mâtine, alors que le couple Giac dormait profondément, comme le font tous ceux que les remords n'étouffent pas, des coups violents étaient donnés à l'huis du logis. Dame Catherine, sautant du lit, toute apeurée, réveilla son mari.
L'huis du logis, fut défoncée à la pique et à la hache. Quant elle céda, une troupe de gens d'armes s'engouffra dans l'escalier à vis qui menait à la chambre des maîtres du lieu.
De nouveau la hache s'abattit sur la porte de la chambre en même temps que le capitaine qui commandait la troupe s'écria « Messire de Giac, au nom du roi, je viens me saisir de votre personne ».
Alors que dame Catherine, qui connaissait les agissements d'une telle soldatesque, dans toute sa nudité, s'employait à verrouiller ses coffres de linges et de vaisselle ; Giac lui nu aussi sous sa robe de chambre avait pris le parti de déverrouiller la porte de la chambre et criant « menez-moi au roi ».
Le capitaine se saisit de lui en lui disant qu'il n'était point là pour fatrouiller (causer) mais pour agir et lui fit prestement descendre l'escalier.
En bas dans la rue, une troupe de cavaliers attendait. Giac reconnu à leur tête Artus de Richemont, Georges de la Trémoille et Guillaume d'Albret. Il protesta en menaçant des représailles de son protecteur, à quoi de Richemont lui répondit que l'affaire de son arrestation se discutera entre le dauphin Charles et lui-même. Giac alors promit de rendre l'argent des tailles pour l'ost, promit aussi de quitter à tout jamais la cour du dauphin pour vivre en exil, mais rien n'y fit. Artus de Richemont était imperturbable.
Giac fut hissé sur un cheval qui se trouva immédiatement entouré de cavaliers conduits par Alain Giron et tout ce monde piqua en direction de la porte de Villatte. Là, à cette porte, des gens d'armes du dauphin, qui venaient d'être prévenus par ce dernier de l'enlèvement de son favori, essayèrent d'arrêter de Richemont et ses compagnons. Charles avait lui-même été prévenu de ce coup de force contre Giac, par l'épouse de ce dernier qui avait encore fait, mais pour une dernière fois, son devoir d'épouse.
Mais le soldat en imposait surtout lorsque son épée et d'autres brillaient sous les lueurs de l'aube naissante. Le sergent s'écarta et entendit de Richemont dire « Allons sans arrêt en notre cité de Dun le roi, nous y serons chez nous ». Car en effet, Dun était un apanage de dame de Guyenne, épouse d’Artus de Richemont.
Dès que cette troupe fut arrivée à Dun le roi, Giac fut jeté au cachot du castel et enferré. Pendant trois jours il ne vit et entendit âme qui vive.
C'est au matin du quatrième jour que la lourde porte grinça sur ses gonds pour laisser entrer un moine qui se devait de dire la sentence et l'entendre en confession. Il était suivi de deux hommes tout de rouges vêtus, tenant en leurs mains cordage et glaives.
A cette vue, le sang de Giac se glaça. Il réclama encore à être mené au dauphin, mais ses supplications n'y firent rien. Artus de Richemont qui s'était rendu à Bourges avec d'Albret et de La Trémoille, n'admettait aucune autre justice que la sienne sur ses terres et pour qu'il en fût ainsi, c'était lui qui avait dépêché de Bourges à Dun, les deux bourreaux qui suivaient le religieux.
Le moine lui lu la sentence de mort qu'avait prononcé le bailli de Dun, messire Etienne de Toussy.
Les deux bourreaux s'éloignèrent le temps de la confession du condamné qui fut fort longue et entrecoupée de cris d'horreur et d'indignation émanant du moine qui refusa, en l'état des confessions, de lui donner l'absolution.
Un des deux bourreaux s'approcha de Giac et lui demanda -comme le voulait l'usage- si avant l'exécution de la sentence, il souhaitait qu'il lui fût rendu du dernier service.
Alors Giac passa toutes ses bagues faites de pierres précieuses de sa main gauche à sa main droite et dit au bourreau que le service qu'il requérait de lui, était de lui trancher la main droite, celle là même qu'il avait vendue au diable et de garder en son endroit les bijoux qui s'y trouvaient.
Devant l'hésitation de l'officiant, Giac retira la chaînette d'or qu'il portait au cou et en entoura les doigts déjà chargés des précieuses bagues. Le bourreau accepta d'un signe de la tête, Giac mit son avant bras droit sur le billot et le couperet tomba et trancha le membre en arrachant un cri au supplicié qui remercia le bourreau déjà préoccupé à glisser la propriété de Satan dans son escarcelle de cuire.
Giac montrant son membre sanguinolent privé de sa partie satanique, demanda au moine de lui donner l'absolution et le baiser du condamné, ce que ce dernier fit en toute hâte doutant qu'un tel homme, capable de ce qu'il fit, puisse trouver le pardon aux yeux de Dieu. Mais ne ditons pas que Dieu est amour, et que son pardon est acquis au repenti. Le moine doutait que Giac ne confonde la peur de la damnation et la repentance.
Notre moine s'en alla, laissant les deux bourreaux faire leur office.
Nul ne sut par quelle pratique la vie fut retirée au sir de Giac. On sut seulement que le lendemain on retrouva le corps du malheureux sir cousu dans un sac, gisant entre deux eaux dans le cours de l'Auron.

Epilogue
Charles, qui apprit le sort qu'on avait fait à son favori, entra dans une violente mais courte colère. Au fond de lui une petite voix lui disait, que tout compte fait, la disparition de Giac était une grâce qui effaçait du même coup tout témoignage des services qu'il lui avait rendu et qu'il aurait du un jour au l'autre, connaissant vilité de l'homme, payer le prix fort. Et puis il ne pouvait pas durablement se passer d'Artus de Richemont, Trémoille et d'Albret qui étaient, en ces temps, les seuls à pouvoir lui reconquérir son royaume.
Giac fut remplacé comme favori auprès de Charles par un écuyer d'Auvergne le sir Camus de Beaulieu qui après les mêmes bénéfices eut le même sort que son prédécesseur près du château de Poitiers par deux compagnons de Jean de Bosse maréchal de Boussac.
Georges de la Trémoille se maria avec la gente et riche Catherine de l'Isles Bouchard veuve de Giac. Il devint, après l'assassinat de Camus de Beaulieu, le nouveau favori de Charles et se prit tant au jeu, qu'il n’hésita pas à faire des misères au connétable de Richemont, qui pourtant, l'avait aidé à être là où il était. Ces chicaneries créèrent ainsi une querelle dont ce seraient bien passés ceux qui œuvraient à la reconquête du royaume de France.
Bien heureusement, déjà galopait avec quelques compagnons, entre Lorraine et le Chinonais une jeune pucelle du nom de Jehanne qui allait remettre un peu de lumière, de fraîcheur, de moralité et d'espoir dans la noirceur des esprits et de ces temps.

Johan (JR.).



Notes de références :

(1) La Guerre dite de 100 ans.

(2) Le 5 août 1392, Charles VI est pris d'un premier accès de folie dans la forêt du Mans. Il attaque sa propre troupe et tue quatre personnes avant d'être maîtrisé. Sa lucidité revient au bout de quelques heures, mais ce n'est qu'un début, ces accès de folie intermittents assombrissent son règne. Le 28 janvier 1393, il rechute au bal des ardents, où quatre de ses compagnons brûlent vifs. Devant l'incapacité du roi à gouverner, les oncles reprennent leur régence.

(3) Jean Ier de Berry : dit Jean le Magnifique, (30 novembre 1340 à Vincennes - 15 juin 1416 à Paris) est le troisième fils du roi de France, JeanII dit le bon et de Bonne de Luxembourg.

(4) Philippe II de Bourgogne dit Philippe le Hardi (1342-1404), est le fils du roi Jean II de France, dit Jean le Bon, et de Bonne de Luxembourg. Né à Pontoise le 17 janvier 1342, il fut duc de Bourgogne, comte de Flandre et d'Artois, comte palatin de Bourgogne, comte de Nevers, de Rethel, d'Étampes, de Gien, de Charolais, seigneur de Salins et de Malines. Longtemps appelé Philippe sans terre parce qu'il était le dernier des quatre fils du roi Jean, il est fait duc de Touraine en 1360. Il meurt à Hal en Belgique le 27 avril 1404.

(5) Louis Ier d'Orléans (13 mars 1372 - Paris, 23 novembre 1407) frère du roi Charles VI, il est un prince français de la maison capétienne de Valois qui fut duc d'Oeléans et chef du parti des Armagnacs.

(6) Élisabeth de Bavière – dite Isabeau par ses sujets français - (1371- 29septembre 1435) Elle est la fille d'Etienne III duc de Bavière-Ingolstadt et de Thadée Visconti, fille du duc de Milan. Le duc de Bourgogne Philippe le hardi, tuteur du roi mineur Charles VI et régent de France, cherchait une alliance avec le duc de Bavière. Isabeau de Bavière est mariée le 17 juillet 1385 à Amiens, à l'âge de 14 ans avec Charles VI de France (dit le Bien-Aimé puis le fol) qui en a 16 et devient reine de France. Elle eut douze enfants dont il faut bien se garder d'en attribuer pour toute, la paternité au roi son époux.

(7) Charles VII de France, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi, né à Paris le 22 février 1403 et mort à Mehun sur Yèvre (dans l'actuel département du Cher) le 22 juillet 1461 fut roi de France de 1422 à 1461.

(8) Marie d'Anjou (1404-1463) : Elle est la fille de Louis II d'Anjou, duc d'Anjou et roi titulaire de Naples, et de Yolande d'Aragon. Marie est née le 14 octobre 1404 à Angers. Elle est couronnée reine de France en 1422 avec son époux, Charles VII. Elle s'éteint en 1463 à l'abbaye cistercienne Notre Dame des Châtellers (diocèse de Poitiers), après deux ans de veuvage.

(9) Louis XI de France, dit le Prudent, né le 3 juillet à Bourges, il fut baptisé dans la cathédrale Saint Etienne par guillaume Champeaux évêque de Laon, président de la chambre des comptes. Il mourut le 25 août 1483 au château de Plessis les Tours (commune de La Riche, Indre et Loire), fut roi de France de 1461 à 1483.

(10) Yolande d'Aragon (11 août 1381, Saragosse-14 novembre 1442 près de Saumur), également connue comme Jolantha de Aragon ou Violant d'Aragó, était la fille de Jean Ier d'Aragon et de Yolande de Bar.

(11) Catherine de l'Isle Bouchard : Elle est la fille de Jean de l' Isle-Bouchard, baron 1 et Jeanne de Bueil.Elle naît en 1390. Elle épouse en première noce Pierre de Giac. Elle épouse en seconde noce Georges de la Trémoille, comte de Guines, Boulogne et Auvergne, fils de Guy VI de La Trémouile et Dame Marie de Sully, Craon, Noirmoutiers et Mareuil, le 2 juillet 1425 à Sully-sur-Loire. Elle décède le premier juillet 1474 à l'Île-Bouchard.

(12) VALLET DE VIRIVILLE : « Histoire de Charles VII et de son époque ». Tome I, page 387.

(13) Jehanne de Naillac Dame de Châteaubrun : Elle naît en 1390. Elle est la fille de Guillaume de Naillac, sénéchal de Saintonges et de Jehanne Turpin de Crissé Dame d'Ardonce.

(14) Mr de BARANTE. : « Histoire des ducs de Bourgogne ». Editions Panthéon. Page 90
de MONTRLET. (Enguerrand.). : « Chroniques ». Livre I, chapitre ccxiv et ccxx. Editions Panthéon.
SAINT REMY. : « Mémoires » Editions Panthéon. Page 436 et suivantes.
De TERNIN. (Pierre.). « Mémoires » Editions Panthéon. Page 571.

(15) ) GRUEL. (Guillaume.). : « Chroniques d'Artus III duc de Richemont » Editions Panthéon Litt. Page 416.


Bibliographie :

De BARANTE. (Mr.). : « Histoire des ducs de Bourgogne ». Editions Panthéon, Paris 1842.

GRUEL. (Guillaume.). : « Chronique d'Artus de Richemont ». Editions Panthéon . Paris 1821.

De MONSTRELET. (Enguerrand.). « Chroniques » Livre I chapitres ccxiv et ccxx. Editions Verdière Paris 1826.

RAYNAL. (Louis.). : « Histoire du Berry depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1789 ». Editions du Vermeil. Paris 1844.

SAINT REMY. (Joseph.).« Mémoire » Editions Panthéon. Paris.1853.

De TENIN. (Pierre.). : « Mémoire » Edition Panthéon.

VALLET de VIRILLE : Histoire de Charles VII et de son époque ». Le Cosmographe. Vernou sur Brenne 1859, 540 pages.

VALLET de VIRILLE : « Chronique anonyme dite de la Pucelle » in 12 Pleine Percaline. Paris.

VEILLAT. (Juste.). : « Le roi de Bourges à Issoudun. scène de l'Histoire du Berry » in Compte-rendu de la société du Berry 1867.


Posté le : 26/04 17:57
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Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
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Il souffle des mots à l'estrade
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A bord de ce cahier volant
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Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
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A bord de ce cahier volant
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Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
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