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Comment le vrai peuple de France, au sens sociologique du terme, s’est fait voler sa Révolution éman
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Comment le vrai peuple de France, au sens sociologique du terme, s’est fait voler sa Révolution émancipatrice de 1789.

L’époque
A la mort de Louis XIV, en 1715, dont la fin du règne avait remis une « fourchée » d’intolérance sur le tas de l’obscurantisme (révocation de l’édit de Nantes en octobre1685), les souffles de personnalités telles que « Diderot » ; « Franklin » ; « Goethe » ; « Lavoisier » ; « Rousseau » ; Voltaire » etc. attisèrent les braises du progrès allumées lors de la Renaissance et que les guerres de religion avaient étouffées.

Le constat
Le royaume était alors dans une situation financière catastrophique et l’incapacité politique de la monarchie à résoudre les problèmes qui en découlaient, alimentait peu à peu une haine latente du peuple envers la noblesse et l’Eglise.
Cette situation qui chaque jour déconsidérait un peu plus les classes dirigeantes, ravivait proportionnellement l’espoir de voir émerger de cette remise en cause de l’ordre établi, une société nouvelle plus égalitaire.
A cette époque, Il semble bien que l’histoire fasse un raccourci sociétal coupable lorsqu’elle désigne comme « peuple » les gens du royaume qui n’étaient ni noble ni ecclésiastique.

La réalité
En fait, dans la réalité, il y avait une quatrième classe sociale tapie dans l’ombre et sournoisement cachée derrière le peuple dont elle se prétendait être ; c’est celle de la bourgeoisie (1).
Cette bourgeoisie était en pleine ascension. Le développement du commerce et des manufactures lui permettait d’amasser des fortunes considérables. Ce pouvoir d’abord financier, fit germer dans l’esprit de cette classe sociale, l’envie de posséder aussi le pouvoir politique.
Mais le roi était puissant et elle un peu lâche ou du moins pas assez courageuse pour revendiquer en pleine lumière, la place qu’elle croyait être la sienne dans le gouvernement du royaume.
Dans un premier temps, elle essaya de s’intégrer à la classe dirigeante, en achetant des domaines fonciers auxquels étaient attachés des titres de noblesse.
Mais elle s’aperçut vite que le titre ne faisait pas le noble, surtout à la cour de Versailles où le rang et la qualité de la naissance prévalaient à toute autre considération d’ordre matériel et financier.

Les moyens
Alors elle changea d’approche et au lieu de s’intégrer dans les hauteurs de la sphère sociale, elle conçut une accession au pouvoir politique par le bas de la société en partant du principe que dans cette société intellectuellement carencée du 18ème siècle, le savoir et l’administration des institutions sont des moyens d’accès au pouvoir.
Déjà fort instruite, elle s’y prépara en envoyant les siens à l’école et en universités afin qu’ils apprennent à gérer, à organiser, enfin bref à s’instruire et ainsi acquérir une prédominance sur le petit peuple et une égalité voire une supériorité sur la noblesse et l’Eglise.
Lorsqu’elle fut prête, elle souffla elle aussi avec les philosophes et le scientifique, sur les braises du progrès pour faire brûler l’obscurantisme, mais pas pour les mêmes raisons.
Elle avait compris que pour arriver à ses fins, il lui suffisait de pousser le petit peuple vers une misère encore plus grande pour qu’il se révolte.
C’est à quoi elle s’employa en organisant et en amplifiant chaque fois que ce fut possible la spéculation sur les grains et les produits de première nécessité les rendant inaccessibles au plus démunis, et ils étaient nombreux.
Aidé par un enchaînement de conditions météorologiques défavorables aux bonnes récoltes, cette attitude et ce comportement bourgeois, pas très chrétien, dureront pendant toute la période que l’histoire appelle le siècle des Lumières, et aboutiront à la révolte populaire qui construisit la Révolution française de 1789.

L’action
Le petit peuple de France, celui des paysans des artisans des ouvriers fut adroitement manipulé par une classe sociale qui n’apparut jamais en ce siècle en tant qu’entité politique ou sociale et qui proclamait ses ambitions au nom du peuple qu’elle affamait, et derrière lequel elle se cachait (2).
Alors que ce petit peuple se faisait tuer dans les rues des grandes villes et dans les cours des châteaux en criant « liberté égalité fraternité » slogan au combien exaltant et rassembleur, cette classe de l’ombre organisait déjà sa prise de pouvoir peut-être avec ou sans le roi, mais sûrement en tenant à l’écart ce petit peuple qui à ses yeux était trop niais pour y être véritablement associé et qu’elle méprisait déjà (3).

La finalité
Cette quatrième classe sociale de l’ombre allait devenir à son tour, rien d’autre qu’une odieuse aristocratie d’argent qui allait fortement ressembler, en pire même, à celle que constituaient les nobles et les ecclésiastiques d’avant la Révolution (4).
Voilà comment le vrai peuple de France au sens sociologique du terme, se fit voler sa Révolution émancipatrice.

Epilogue
Et de nos jours, cette usurpation sociétale se perpétue encore !
Pour en avoir la preuve, il suffit d’écouter les médias pour entendre cette quatrième classe sociale, devenue financièrement très riche, pour justifier leur usurpation du pouvoir et les indécents bénéfices qu’elle en retire, déclarer la main sur le cœur cachée derrière eux : « Les Français veulent…… ». Ou bien encore, « Les Français demandent….. ». Ou bien enfin, « Les Français sont d’accord pour….. »

Johan (JR.).

Notes de Références :

1) DE ROUVOY DE SAINT SIMON. (Louis.). DE ROUVOY DE SAINT SIMON. (Henri Jean Victor.). : « Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence » Publié par A. Sautelet et cie, 1829. page 367.

2) BULOZ. (François.). BULOZ. (Charles.). BRUNETIERE. (Ferdinand.). CHARMES. (Francis.). DOUMIC. (René.). CHAUMEX. (ANDR2.). : « Revue des deux mondes ». Publié par s.n., 1838, page 329.

3) BULOZ. (François.). BULOZ. (Charles.). BRUNETIERE. (Ferdinand.). CHARMES. (Francis.). DOUMIC. (René.). CHAUMEX. (ANDR2.). : « Revue des deux mondes ». Publié par s.n., 1838, page 327.

4) LACRETELLE. (Charles.). : « Histoire de France: pendant le dix-huitième siècle » Publié par Delaunay, 1824, page 20


Posté le : 05/05 10:53
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Re: Comment le vrai peuple de France, au sens sociologique du terme, s’est fait voler sa Révolution éman
Semi pro
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13/04 09:03
De REIMS
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Très belle analyse à laquelle je souscris cher Johan.
Vous écrivez bien et rendez agréable des textes qui pourraient ne pas attirer mon attention par exemple, car je ne suis pas une férue d'Histoire ou peu. Cependant je suis consciente du fait que l'étudier est nécessaire pour bien comprendre notre Monde actuel, et éventuellement, quand c'est possible, en tirer les leçons pour ne pas rééditer les profondes erreurs du Passé

Bon dimanche.
Amitiés.
LN.

Posté le : 06/05 10:22
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A bord de ce cahier volant
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A bord de ce cahier volant
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A bord de ce cahier volant
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