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[b]La France à l’époque médiévale : Etude historique et sociologique
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La France à l’époque médiévale : Etude historique et sociologique


Introduction

Imaginer l'époque médiévale avec notre esprit d'homme du vingt et unième siècle, c'est trop souvent aborder un mode de vie d'antan que nous observons ou percevons, à partir de notre propre façon de vivre.
Dans les dossiers d'archives et au travers les écrits de ce temps, les faits, les comportements et les agissements de cette époque, nous semblent assez souvent inadaptés à la perception que nous avons de la vie sociale.
Pourtant ces faits, ces comportements et ces agissements, résultaient, répondaient, et obéissaient à ce que les gens de l'époque moyenâgeuse considéraient comme leurs vérités et leurs valeurs sociétales. (I)

L'homme du Moyen Âge n'est pas très éloigné de celui d'aujourd'hui, dans sa physiologie et dans son mécanisme de pensée. Considérer l'homme de notre époque supérieurement intelligent à l'homme médiéval est une grossière erreur ! Car l'intelligence humaine n'a rien à voir avec l'ampleur des connaissances universelles acquises par un individu.
L'intelligence, la vraie, n’est pas celle « de la tête pleine », elle réside dans la finesse et la manière de se servir de ses « savoirs », « savoir-faire » et son « savoir-être » afin de les mettre en œuvre dans la conceptualisation et la réalisation d'un projet, la création d’un objet ou d’une œuvre d’art ou pour résoudre des problèmes relationnels.
Avoir une encyclopédie dans la tête, sans savoir utiliser ce potentiel emmagasiné pour résoudre une difficulté ou de répondre à une interrogation, ne sert donc à rien.

Entre lui, homme d'hier, et nous, hommes d'aujourd'hui, seule la nature des connaissances a changé, pas le mécanisme de leurs mises en œuvre. Pour lui, tout comme pour nous, la mise en œuvre des connaissances acquises, induit une même démarche intellectuelle. Elle peut être sommairement résumé comme suit : j'observe, je recherche, j'investis, j'analyse, j'agis.
Entre hier et aujourd'hui, seuls ont changé :
- La nature des connaissances exigées par l'environnement.
- La perception de l'environnement naturel (qui actuellement s'est estompé au profit l'environnement artificiel créé par l'homme, mécanisation, automatisation, industrialisation).
- L'ampleur des connaissances intellectuelles (qui d'empirique, sont devenues exhaustives puis expansives).
- Les modes de communication (qui du messager à cheval et du pigeon voyageur sont passés aux contacts immédiats oraux, écrits et visuels).
- Le mode de vie, (qui inclut, ce jour, les contraintes et les avantages dictés ou découlant de la productivité et de l'utilisation des technologies nouvelles vénérées par l'homme moderne).

Les sentiments, le ressenti affectif et le processus d'apprentissage et d'éveil sont, eux aussi, assez identiques, du moins sur le fond.
Mais, en ce qui concerne la forme, on ne peut que constater que les réactions sentimentales et affectives naissent, de nos jours, très souvent à partir du ressenti individuel et que ce ressenti individuel découle du seul intérêt de la personne, et non plus, comme au Moyen Âge, à partir du ressenti individuel des intérêts familiaux ou communautaires.

Comprendre l'habitant de la France des Xe, XIe, XIIe, XIIIe, XIVe et XVe siècles, demande, à nous autres hommes dits « des temps modernes », autant d'abstractions des réalités du monde occidental dans lequel nous vivons, qu'il est nécessaire de le faire pour comprendre aujourd'hui, la vie de nos frères africains Bantous du Zimbabwe et de Mozambique, celle de nos frères asiatiques Kalmouks de la dépression caspienne au sud de delta de la Volga ou celle encore, de nos frères Amérindiens du haut plateau Bolivien.

La difficulté que nous avons à percevoir la réalité de la société médiévale est en grande partie due à notre éloignement de son mode de vie.
Depuis le 18ème siècle, où se sont accélérés les développements des sciences, des connaissances et des découvertes, nous ouvrant à l'universalité du monde, nous avons peu à peu, perdu notre implication innée et personnelle avec la matière, la nature et l'univers.
Un sourire railleur nous vient aux lèvres quand, par exemple, on lit dans les écrits de ce temps, que l'homme du Moyen Âge trempait les pieds et les mains du nouveau né dans l'eau froide pour qu'il ne soit pas sensible au froid le durant de sa vie.
Mais ne croyez-vous pas que l'homme médiéval, n'aurait pas eu ce même sourire en nous voyant faire du sport pour que la dépense physique qui en résulte, puisse améliorer notre longévité ; alors que les durs travaux physiques quotidiens que lui imposait sa survie, avaient pour conséquence de lui réduire la sienne.

Depuis le second quart du XIXe siècle, lorsque l’industrie s'est développée, et les années 2000, l'homme occidental a commencé à perdre, dans cet espace-temps de 150 ans, ce qu'il avait mis 1,5 million d'années à acquérir.
Ce qu'il a perdu et qu'il continue à perdre aujourd’hui, c'est sa capacité de création et d'invention - à partir de la matière brute que lui donne son environnement naturel - de ce qui lui est utile pour vivre.
Pour réaliser ce qu'il imaginait, l'homme de ces temps anciens ne disposait que de sa seule force physique et de la seule agilité de ses membres. Ses mains exprimaient alors son intelligence ; et quand elles seules ne suffisaient pas, il les dotait d'outils qu'il avait lui-même fabriqués pour l'exécution des tâches à réaliser.

En fait, cette déperdition d'autonomie, face au monde dans lequel il vit, a commencé lorsque l'homme a substitué l'énergie se dégageant de son effort physique, par celle provenant de la force d'une machine et « lorsque ses mains n'ont plus été le moyen de l'expression directe de sa pensée » (1).
Dans cette affaire, l'homme y acquit une vie moins pénible, et de là, il a obtenu plus de bien-être qui lui a permis d'augmenter de façon significative sa longévité de vie.
N'étant plus tributaire de l'aide de la force physique des autres, il a pu accroître son indépendance.
Cette suffisance lui a permis de construire son « individualité » au point qu'aujourd'hui cette individualité poussée à l'extrême, est devenu de « l'individualisme », quelque peu destructeur de cohérence sociale.

Le revers de la médaille c'est que cet individualisme a fait perdre à ce même homme sa sociabilité, son « savoir-être » ; tout comme la facilité du travail mécanique lui a fait perdre bon nombre de « savoir-faire ». Ces déperditions l'ont alors fait abandonner une certaine solidarité naturellement vectrice de cohésion sociale, et l'ont détaché de la matière et de son environnement dont il est malgré tout, qu'il en soit conscient ou non, toujours cruellement dépendant. Si dans sa tête, il est capable d'imaginer des mécanismes complexes pour arriver à un produit fini, il en est tout autrement de sa capacité individuelle à réaliser avec sa seule force vive ce même produit. Force de constater, qu'en même temps qu'il a développé un intellect abstrait, il a inhibé son intelligence manuelle.
" L'intelligence humaine universelle, celle qui distingue l'homme des autres espèces animales dont il est issu, est faite de ce que la tête sait dire aux mains et de ce que les mains savent dire à la tête. C'est une entité globale dont on atrophie le potentiel chaque fois qu'on veut la spécialiser "(2).

Alors, pour être un honnête et scrupuleux historien, il faut s'approcher au mieux du mode de vie médiévale et tenter d'en comprendre les raisonnements et les actions qui en découlent.
Il faut imaginer notre vie actuelle :
- Sans énergie autre que celle de notre force physique, celle de l'animal, parfois celles de l'eau et du vent.
- Sans autre chauffage et cuisson que ceux de la chaleur que dégage le bois qui brûle et qu'on a coupé ou ramassé en forêt et transporté à la maison.
- Sans autre lumière que celle produite par la flamme d'une chandelle, d'une lampe à huile ou d'une torche.
- Sans autres nourritures que celles qui proviennent des produits que l'on cultive, que l'on élève, où qu'on cueille dans les haies, les près et les forêts.
- Sans autre eau que celle qu'on puise au puits ou dans la rivière.
- Sans autres vêtements que ceux dont on file la fibre et dont on tisse la toile,
- Sans autres outils que ceux qu'on fabrique.
- Sans autres aides que celles qui viennent de sa famille ou de sa communauté.
- Sans autres médicaments que ceux que fournit sa connaissance de la nature.
- Sans autre temps que celui qui est déterminé par le jour et la nuit.
- Sans autre heure que celle qu'indique la course du soleil.
- Sans autre calendrier que celui que donnent les saisons.
- Sans autre société que celle composée de trois classes inégalitaires ou l'une, la plus pauvre, fait vivre les deux autres les plus riches. (Sur ce point rien à changé, ce ne sont pas ceux qui produisent un bien marchand, qui bénéficie de la valeur ajoutée qu’ils ont engendrée)
- Sans autre justice que celle qui est imposée par la loi du plus fort.
- Sans autres cadres de penser et de morale que ceux imposer par l'Eglise de Rome.
- Sans autre espoir de bonheur que celui dont on vous dit qu'il n'est pas de ce monde.

La vie au Moyen Âge peut paraître rude et difficile, certes elle l'était !
Mais cette rudesse de vie n'est pas très éloignée de celle que vivent, de nos jours, au quotidien, certains hommes d'Afrique, d'Amérique du sud du centre de l'Asie et du sud de l'Australie.
Si nous savons mesurer avec réalisme et lucidité l'écart qui sépare notre mode de vie d'homme occidental industrialisé à celui des hommes des pays dits non développés, alors nous pourrons mesurer avec justesse ce qui nous sépare de l'homme médiéval.

Généralités

La situation dans le temps de la période appelée « Moyen Âge » en France fait objet de controverses de la part des spécialistes. Disons qu’elle s'étend de la chute de l'Empire Romain d'Occident en 476, au mariage du roi Charles VIII avec la reine Anne de Bretagne en 1491(3) . Entre ces deux dates s'écoulent un peu plus de1000 ans.
Ces 10 siècles considérés comme « médiévaux » commencent par la naissance du « Haut Moyen Âge » qui dure environ 400 ans, sous les dynasties Mérovingiennes et Carolingiennes (du VIe siècle au X e siècle).
A cette période suit, à partir de l'an 1000, et pendant 300 ans, la prédominance du « Moyen Âge Triomphant » sous la dynastie Capétienne (du XIe siècle au XIIIe siècle).
Enfin pour finir, s'installe pour 300 ans le « Bas Moyen Âge » qui s'étend des années 1300 à la fin des années1400, sous la dynastie Capétienne puis en 1328 sous la dynastie de la branche Capétienne des Valois. (Du XIVe siècle à la fin du XVe siècle).

Durant ces trois périodes médiévales, les mœurs et les modes de vie de la population ont bien sûr évolué en fonction de circonstances politiques, sociales et économiques. De l'homme vivant sous le règne de Clovis I, à l'homme vivant sous celui de Louis XII, de grands événements se sont produits tels que :
- La naissance et l'affirmation de la chrétienté (4) dont découlent les croisades pour la délivrance du tombeau du Christ à Jérusalem, et aussi les développements architecturaux des arts « roman » (5) , « gothique » (6), puis « gothique flamboyant » (7) .
- La deuxième vague d'invasion (8) qui a vu le déferlement de guerriers venus du sud « les Sarrasins » appelés aussi « Maures » (838), d'autres venus du nord par la mer « les Vikings » qu'on appelle communément « les Normands » (850-911), et enfin d'autres encore qui sont venus de l'Est « les Hongrois » (X ème siècle).
- La parturition et l'apogée du système sociétal féodal (9) (10) - (du début du XI ème siècle, au milieu du XIV ème siècle) dont la puissance seigneuriale s'illustre par l'édification de château fort de bois d'abord, puis de pierre, ainsi que par le principe des hommages vassaliques, mais aussi par la misère des petites gens dans le statut de « serfs » puis « de vilains ».
-L'entreprise des grands défrichements (11) (du XI ème siècle au XII ème siècle) qui augmentent significativement la surface des terres cultivables, donnant le jour à la « Mance » et à « Alleu » pour les laïques, ainsi qu'à l'établissement d'Abbayes et de Prieurés pour les religieux.
- L'émergence des gros bourgs, villes et cités entourés d'enceintes fortifiées (12), (à partir du XII ème siècle) lieux où se tiennent les foires et les marchés et où naît une nouvelle classe sociale « la Bourgeoisie » constituée d'administrateurs, de magistrats, d'artisans et de marchands dont la prospérité en fait des notables.
- Le remplacement progressif du parchemin et du vélin par le papier (13) dont la fabrication est connue dès le XII ème siècle mais dont l'utilisation s'imposera durant les XIII ème et XIV ème siècles.
- La construction des « cathédrales » (14) (du X ème siècle au XIII ème siècle) glorifiant Dieu ainsi que la puissance de l'Eglise Romaine qui donne aussi naissance au plus odieux système répressif religieux, « l'Inquisition ».
- La guerre dite « de cent ans » contre l'Anglais (15) (de 1377 à 1453) qui entraîne de grands malheurs et de grandes privations, surtout chez le petit peuple (révoltes populaires de 1323 – 1328 puis 1336 -1345, puis encore 1360 – 1362, enfin 1382), mais qui voit aussi renaître l'espérance par l'épopée de « Jehanne la Pucelle, bâtarde d’Orléans » qui débute en mai 1228 et qui se termine avec sa soi-disant mort sur le bûcher de Rouen le 29 mai 1231.
- Puis à la fin de la période du Bas Moyen Âge, en 1450, l'invention de l'imprimerie (16).
- Et enfin 1492, le début des grandes découvertes du monde. Les Antilles par « Christophe Colomb » en 1492 ; suivi de l'Inde par Vasco de Gama en 1497 ; et de la côte Est du nouveau monde par « Amérigo Vespucci » dont le prénom inspira l'appellation de ce nouveau continent « Amérique » ; vont considérablement ouvrir les horizons des savoirs, de la pensée et des arts.
Tous ces événements ont amené les hommes du Moyen Âge, chacun dans leur classe sociale, au seuil d'une nouvelle époque que sera « la Renaissance ».

(à suivre, le Haut-Moyen-Âge)


Johan (JR.).


Notes de références :

(1) JOHANNOT. (R.). in « La Réhabilitation du Relationnel Humain ». Ouvrage de Psychosociologie des Hautes Etudes en Pratiques Sociales. Collège Coopératif de Paris. Université de Haute Bretagne. Rennes II et Paris. Université Pierre et Marie Curie Paris VII 1997.

(2) JOHANNOT. (R.). in « La Réhabilitation du Relationnel Humain ». Ouvrage de Psychosociologie des Hautes Etudes en Pratiques Sociales. Collège Coopératif de Paris. Université de Haute Bretagne. Rennes II et Paris. Université Pierre et Marie Curie Paris VII 1997.

(3) Certains historiens préfèrent retenir, pour fixer le terme du Moyen Âge, la chute de Byzance (Constantinople) en 1453 ; pour d'autres l'année 1492 qui voit le début des grandes découvertes ; pour d'autres encore, le début des guerres de religion 1562).

(4) ALPHANDERY. P. DUPRONT. A. La Chrétienté et l'idée de croisade, Paris, 1954-1959, nouvel éditeur 1995.

(5) Art Roman : style architectural et d'expression artistique de l'Occident qui débute à la fin du Xe siècle pour finir à la seconde moitié du XIIe siècle.

(6) Art Gothique : style architectural et d'expression artistique de l'Occident qui se substitue à l'Art Roman. vers 1140, pour lui-même être remplacé dans les premières décennies du XVIe siècle.

(7) Art Gothique Flamboyant : style architectural et d'expression artistique de l'Occident qui sur plante l'Art Gothique à la fin du XIVe siècle.

(8) HAENENS. A. Les invasions normandes, une catastrophe ? Paris Editions Flammarion, Question d'histoire. 1970.

(9) ADALBERON. Évêque de Laon en 1220. Les Poèmes satiriques d'Adalbéron. Bibliothèque de la faculté des lettres de Paris. Traduction Boutruche, in Seigneurie et féodalité, 1901.

(10) MARY-LAFON. Privilèges et droits féodaux. in ROY J. J. E. HISTOIRE SINGULIÈRE DE LA CHEVALERIE. Paris. Editions Jean de Bonneau. 1994.

(11) SUGER. Abbé de Saint Denis (1081-1151) Vie du roi Louis le Gros, Mémoire sur mon administration abbatiale, Vie de Louis VII. Paris Editions H Champion 1929.

(12) Actes de Philippe Auguste Paris. Edition Delaborde 1916

(13) PEIGNOT. G. Parchemins et papiers. in ROY J. J. E. HISTOIRE SINGULIÈRE DE LA CHEVALERIE. Paris Edition Jean de Bonneau. 1994.

(14) SHÜTZ. B. L'ART DES GRANDES CATHÉDRALES. Paris Edition Hazan. 2002.

(15) FROISSART. J. Historiens et chroniqueurs du Moyen Âge. Paris. Editions La Pléiade. 1963.

(16) Bible de Gutenberg, Edition de la Bible Mazarine ou encore Bible à quarante-deux lignes, imprimée à Mayence, en Allemagne, entre 1450 et 1456.
Cette Bible est attribuée à Gutenberg (1400-1468), imprimeur allemand qui utilise pour la première fois des caractères mobiles métalliques.
















































Posté le : 08/05 12:37
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A bord de ce cahier volant
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Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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