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« Le Haut Moyen Âge » Etude historique et sociologique de cette époque
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« Le Haut Moyen Âge » Etude historique et sociologique de cette époque

Classes sociales.
Au sommet des sociétés Mérovingienne puis Carolingienne, se trouve le roi qui en est le chef suprême. Ces sociétés sont composées : de la noblesse qui est née de l'élite guerrière franque mais aussi gallo romaine ; du Clergé qui rassemble sous cette appellation tous les gens qui appartiennent à l'Eglise ; et du Peuple qui réuni sous cette nomination tous les autres gens, qui ne sont ni noble, ni d'Eglise.

La noblesse.
Les noblesses, Mérovingienne puis Carolingienne, sont pour l'essentiel composées : Des "Barons" [1] qui dépendent comme vassaux directement du roi ;
Des "Princes"[2] qui détiennent depuis l'Empire de Rome une souveraineté sur un territoire ; Des "Ducs"[3] qui détiennent une fonction militaire sur des territoires non fixés ;
Des "Comtes"[4] nommés par le roi qu'ils représentent. Ils exercent, par délégation, le pouvoir royal dans les comtés ;
Des "Vicomtes" qui suppléent les Comtes ; des "Vassaux"[5]
Des "Barons" qui sont des hommes libres avec terres ;
Des Vassaux des Vassaux et des Barons appelés aussi "Vavasseaux"[6] ; des hommes de guerre libres sans terre dépendants directement du roi.
Tous ces personnages sont en majorité des Francs Saliens, et en minorité des aristocrates d'origine Gallo romaine dont les familles avaient pris l'option de servir l'envahisseur Franc.

Le clergé.
Les clergés Mérovingien, puis Carolingien comprennent : le clergé séculier et le clergé régulier.
Le clergé séculier est composé :
Des "évêques" nommés par le roi sur proposition pontificale ;
Des "Prêtes" ordonnés par l'évêque ;
Des "Diacres" qui servent les prêtes et qui sont ordonnés par l'évêque.
Le clergé régulier est lui constituer :
Des "Abbés" et des "Abbesses" qui dirigent les abbayes et monastères et les couvents. Ils et elles sont nommés par le roi, sur proposition pontificale ou des évêques ;
Des "Moines" et des "Nonnes" qui composent les communautés des ordres crées par le Pape.

Le Peuple.

Les "Hommes libres".
Les hommes libres sont sous l'autorité du roi, ou sous autorité de l'Eglise ce sont :
Les "hommes libres"[7] qui ont une terre et qui vivent sur cette dernière, ou qui ont une terre qu'il prête à autrui, moyennant pension d'argent.
Les hommes libres qui prennent une terre avec bail ou qui se mettent au service d'autrui sans être en servitude ni aliéné au sol qu'ils occupent.
Les hommes libres qui s'établissent sur une terre étrangère et qui vivent sous la puissance d'autrui. Dans ce dernier cas, ils sont aliénés à la terre qu'ils occupent, et en cas de vente, ils passent avec la terre dans le domaine du nouveau propriétaire. Il peut même arriver qu'ils soient donnés ou échangés isolément de la terre qu'ils occupent. Enfin ces mêmes hommes peuvent vendre leur liberté et la racheter en remboursant le prix de vente majoré d'un cinquième.

Les "Colons".
Le Peuple est formé aussi par les Colons. Ce sont des gens attachés à l'exploitation d'une terre qui leur est étrangère, mais dont les fruits leur appartiennent sous condition d'une redevance fixe payée au propriétaire. Ils sont en servitude par rapport à la terre, mais libres par rapports aux personnes. C'est la servitude terrienne qui les soumet à la corvée. Les Colons ont le droit de poursuivre en justice, de servir de témoin lors de l'établissement d'un contrat, ainsi que d'acquérir et de posséder à titre perpétuel et héréditaire. Ils peuvent posséder des « Serfs » sur lesquels ils exercent l'autorité d'un Maître. Ils possèdent leurs habitations avec une certaine surface de terre qu'ils exploitent pour leurs comptes mais pour laquelle ils paient une redevance et sont soumis à des servitudes. Ces propriétés sont appelées "Mances", elles sont d'une surface moyenne de dix hectares, et quand elle est plus étendue, la Mance accueille alors plusieurs familles de Colon.
La redevance est en principe acquittée en nature. Les services sont eux rendus par l'exécution de travaux agricoles pour le seigneur ou le Maître et hors salaire pendant trois jours par semaine. Ils peuvent aussi être de natures différentes, par exemple, conduire ou escorter un convoi, porter des messages ou aller faire des courses, construire et entretenir le château seigneurial ou la manoir du Maître, recueillir un essaim d'abeilles sauvages dans les bois pour les ruchers du seigneur ou du Maître, etc.

Les "Lides".
Le Peuple comprend aussi les "Lides". Ce sont des gens qui sont dans l'entière dépendance d'un seigneur ou d'un Maître sans toutefois tomber dans la servitude. Les Lides servent à la fois la terre et l'homme qui la possède. Ils sont donc paysans et valets à la fois. Ils ont le droit de posséder une terre et de la défendre, de poursuivre en justice et d'avoir des liens familiaux de solidarité entre membres de leur famille. Ils peuvent acheter leur liberté dont le prix est fixé par le seigneur ou le Maître.

Les "Serfs".
Le Peuple est aussi composé par les "Serfs". Ce sont les successeurs des esclaves donc au plus bas niveau de l'échelle sociale, avec toutefois une petite lueur d'espoir de liberté, alors que les esclaves n'en avaient aucune. Ce sont des gens qui vivent dans la dépendance absolue du Maître. Alors que les esclaves étaient rabaissés au rang d'animaux, les Serfs eux sont replacés dans la condition d'humains par le christianisme. Cette condition est reconnue sans réserve par les églises Mérovingienne, puis Carolingienne. Il n'en est pas de même des Maîtres et seigneurs pour qui, cette reconnaissance d'homme attribuée à leurs « Serfs », fut beaucoup plus timorée et graduelle. Les Serfs n'ont pas droit à la propriété terrienne et personnelle. Ils ne peuvent rien posséder en propre. Ils n'ont pas droit à la justice. Ils ne peuvent pas entretenir de liens familiaux.

Les "Esclaves".
Enfin, presque hors du Peuple, comme ils existaient au temps de la Gaule Gallo romaine, les "Esclaves" existent encore dans la société Mérovingienne. Ce sont souvent des prisonniers faisant parie des butins reçus lors des guerres. Un peu au dessus de l'animal, l'Esclave n'a strictement aucun droit. Ne lui reconnaissant pas la condition d'homme, sa vie n'a pas d'autre importance que celle du travail que ses bras peuvent fournir. On lui attribut qu'une valeur d'argent, celle qu'il faut donner ou recevoir dans le cas de son achat ou de sa vente. Mais vers la fin de l'époque Mérovingienne, sous l'impulsion de l'Eglise, l'esclavage tend à disparaître pour ce transformer peu à peu en Servage, qui est un état un tout petit peu plus enviable.

Organisation des royautés Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Pour ces deux dynasties, le "roi" impose sa volonté à tous ses sujets, soit par son autorité, soit par sa force. L'obéissance à sa personne est exercée par les "Bans" (ordres). Elle est inconditionnelle, nul ne peut s'y soustraire sous peine d'amandes, de bannissement ou de mort.
Le "Palais" du roi est l'institution gouvernementale du royaume. Il est itinérant sous les Mérovingiens, puis se fixe dans une capitale sous les Carolingiens (Aix La Chapelle).
Le Palais mérovingien comprend un service de cour dirigé par de grands dignitaires du royaume qui ont les charges suivantes :
- En premier lieu il y a "le Majordomus" (en latin), ou "le Majordome" (en français), il est le grand responsable de la cour. Il a autorité sur tous après le roi. Cette fonction est certainement à l'origine de celle de Maire du Palais qui apparaît chez les Carolingiens.
- En second vient le "Comes Palatinus" (en latin), ou "Comte du Palais" (en français), lui il préside le tribunal du Palais lorsque le roi est absent. C'est un "Leude" c'est à dire un homme important lié au roi par un serment d'allégeance comme le sera plus tard le vassal à son suzerain. Le Palais carolingien, préserve cette fonction.
- En troisième se trouve le "Siniskalk" (en langue franque) ou "Sénéchal" (en français), il est le responsable de la discipline du Palais. Il dirige l'ensemble du personnel domestique. Cette fonction est elle aussi maintenue par les Carolingiens.
- En quatrième se situe le "Pincernae" (en latin) ou "Grand Echanson" (en français), il commande à toute la domesticité qui sert à la table du roi. Là encore, cette fonction est conservée par les Carolingiens.
- En cinquième se place Le "Comes Stabuli" (en latin) ou "Connétable" (en français), il commande les écuries royales. Il dirige l'ensemble des "Maréchaux " (valets des chevaux). Cette fonction est elle aussi maintenue par les Carolingiens.
- Enfin, pour terminer cette énumération, il y a le "Cupicularius" (en latin) ou "Chambellan" (en français), il dirige la chambre du roi. Il a en charge la garde du trésor royal qui se trouve dans une chambre (Caméra en latin) attenante à la chambre à coucher du roi. Il commande aussi à tous les "Camerarii" (en latin) ou "Camériers" (en français), qui ne sont autres que des valets et femmes de chambre.
Sous les Carolingiens, il faut ajouter à cette liste le "Buticularius" (en latin), ou le "Bouteiller" (en français), il est chargé de l'approvisionnement et de l'élevage des vins servis à la table royale mais aussi ceux bus par tous les gens travaillant ou servant au Palais.
Le Palais Mérovingien est le siège de deux entités l'une administrative et diplomatique, qui se nomme "Scrinia" (en latin) ou "Les Bureaux d'Ecritures" (en français) ; l'autre militaire, appelée "la Garde Militaire des Antrustions".
Les Bureaux d'Ecritures » réunissent de nombreux "Notarii Cancellarii" (en latin) ou "scribes" (en français), qui sont eux mêmes dirigés par des "Referendarii" (en latin) ou "Référendaires" (en français), auxquels sont confiées des missions politiques et diplomatiques ainsi que des missions militaires.
La Garde Militaire des Antrustions c'est la garde rapprochée du roi, mais aussi la seule armée de métier du roi qui, lorsqu'il forme une armée pour partir en guerre, y ajoute "le ban de l'Ost" et "l'arrière ban de l'Ost", c'est à dire les vassaux et les sous vassaux.
Les Antrustions sont des guerriers d'élites qui jurent fidélité au roi devant lequel ils se présentent en armes. Lors des temps troubles mérovingiens, cet entourage militaire est la seule parade possible aux multiples tentatives d'assassina dont fait l'objet le roi.
Sous les Carolingiens, Les Bureaux d'écritures deviennent "la Capella" (en latin) ou "la Chapelle"[8] (en français) d’où l’origine du nom d’Aix la Chapelle. C'est l'oratoire du roi qui regroupe tous les clercs attachés à sa personne. « La Chapelle » est dirigée par un clerc qui est aussi le principal conseiller du roi.
Les Carolingiens ajoutent deux autres institutions à cette organisation du Palais.
D'abord la "Chancellerie" dont le service se charge d'écrire et de diffuser les actes royaux qui sont de trois ordres les "Capitulaires", les "Diplômes", les "Lettres Royales".
La Chancellerie est dirigée par un "Chancelier" qui inscrit les signes de la validation des actes royaux.
Puis le "Tribunal Royal" dont la présidence est confiée à un laïc appelé "Comte du Palais".
Ce dernier instruit et rédige les actes d'accusation des procès que le roi est amené à faire aux grands seigneurs, aux prélats, aux Comtes et autres hommes libres qui ne respectent pas les intérêts royaux.

Administration des royautés Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Le royaume Franc représente une quantité importante de territoires que le roi doit gérer. Pour cela il met en place une administration locale qui doit être en constante liaison avec le Palais.
A la tête de cette administration locale se trouve le "Comes" (en latin) ou le "Comte" (en français). Il est le représentant du roi et en a par procuration tous les pouvoirs.
Sa fonction et son autorité s'exerce dans toute sa circonscription soit dans les "Civitas" (en latin) ou "Cités" (en français) qui s'y trouvent implantées, soit sur le "Pagus" (en latin) ou "pays ruraux" (en français).
Il y a 120 circonscriptions dans l'administration Mérovingienne. Le Comte est responsable de l'administration, de la justice, de la levée d'impôts, de la levée des troupes à la demande du roi ou de sa propre initiative. Toutes ses actions doivent être en accord avec l'évêque élu avec l'approbation du roi.
Sous les Carolingiens, les fonctions et les prérogatives du Comte sont sensiblement les mêmes que sous les Mérovingiens. Le nombre de circonscriptions qui sont alors appelées "Comtés" passent de 120 à 250.
Pour des raisons stratégiques, les Carolingiens regroupent plusieurs Comtés en une seule entité territoriale qu'ils appellent la "Marche". La Marche est sous l'autorité d'un "Préfet" ou d'un "Duc" ou bien encore d'un "Margrave" qui a presque les pleins pouvoirs du roi. Le Duc Mérovingien quand à lui, exerçait un commandement purement militaire dans des territoires non délimités exception faite des duchés de Champagne et de Toulouse.
Enfin il y a le "Centenarius" (en latin) ou "Centenier" (en français) qui est un guerrier d'élite qui exerce son commandement sur 100 à 120 soldats implantés sur le domaine royal.

Les finances des royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Les rois Mérovingiens ont tous confondu le trésor royal et leurs fortunes personnelles. Ainsi, l'argent passe sans problème de la caisse de l'état à la cassette du roi, rarement l'inverse.
Etant dans l'incapacité d'établir un inventaire précis des terres du royaume, l'impôt foncier n'est que très partiellement perçu. Les rois favorisent donc les impôts indirects comme "le tonlieu" (les péages de chemins, de ponts, de gués et de marchés) qui sont complétés par les "impôts régaliens" (monnayage, droit de gîte, amandes découlant de la loi salique etc.).
Malgré cela, les impôts ne permettent pas aux rois Mérovingiens de financer leur train de vie. Le complément est constitué par le butin que rapportent les guerres (esclaves, tributs, et rançons). Pour cela les rois partent à la guerre tous les ans, d'abord en mars pour les Mérovingiens, puis en Mai pour les Carolingiens.
Une autre ressource de rentrée d'argent existe bien, c'est celle qui provient de l'exploitation des terres du roi, mais elle est quelque peu amputée au passage par l'Eglise pour rémunérer grassement ses Clercs qui aident aux gestions des domaines implantés sur ces terres royales. En plus, cette ressource diminue aussi chaque fois que le roi donne un territoire pour récompenser ou pour s'attacher les fidélités chancelantes de certains grands personnages qui sont quelquefois plus riches qu'il ne l'est lui-même.
Si les origines des finances royales restent les mêmes sous les rois Carolingiens, ces derniers s'attachent à mettre en place des contrôles pour cela, ils instituent la fonction de "Missi Dominici" (en latin) ou d'"Envoyé du Maître" (en français) qui est exercée en binôme par le Comte et l'évêque sur le Comté dont ils ont la charge. Ils ont chaque mois de mai à rendre des comptes au roi sur l'état des revenus issus de leurs territoires.

La justice dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Les rois Mérovingiens utilisent plusieurs codes à caractères ethniques. Souvent ces codes sont des synthèses des lois romaines qui s'appliquaient aux Gallo romains de l'Ouest et du Sud de la Gaule gallo romaine "(bréviaire d'Alaric", "Lex. Romana Burgondionum").
D'autres sont des condensés en latin des Coutumes barbares très imprégnées par le droit romain ("loi Gombette du droit Burgonde", et "Lex. Salica" (en latin) ou "Loi Salique franque" (en français) dont découlent "la loi ripuaire", "la loi des Thuringiens" et "la loi des Francs Chamaves".
On trouve aussi le "Pactus Alamannorum" (en latin) ou" le Pacte des Alamans" (en français) et" Lex. Bajuvariocum" (en latin) ou "Loi des Bavarois" (en français) qui eux dérivent du droit gothique et canonique.
Dans chaque cité est établit un tribunal "Malus" (en latin). Il est mixte et gratuit dont les membres sont recrutés parmi les notables locaux "Boni Homines" (en latin).
Les sentences sont exécutées par le Comte. Elles sont rarement des peines afflictives (prison, châtiments corporels, mort), mais presque toujours des peines d'argent répondant à un barème par exemple : 200 sous pour un meurtre d'un homme ou d'une femme libre, 100 sous pour avoir arraché une main ou un pied, un œil ou un nez, 3 sous pour avoir volé un porcelet etc.
Au Palais du roi, les peines d'Argent sont triplées. Par ce système, le roi se procure de substantielles ressources tout en assurant une protection efficace, car un tiers de la valeur de la peine, va directement dans la poche du roi.
C'est la même justice qu'on retrouve sous les rois Carolingiens. Mais là aussi ils instituent le contrôle de l'Envoyé du Maître.

Economie dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Avant les invasions barbares, la Gaule gallo romaine est habitée par plus de 10 millions d'individus.
Le nombre d'envahisseurs qui se sont rendus maître des lieux (Francs Burgondes Vandales Wisigoths Alamans et autres Germains) est estimé à 500 000 guerriers.
Cette appropriation guerrière des terres et autres biens a provoqué un nombre de morts et d'exilés plus important que le nombre d'envahisseurs précité.
Il résulte donc de cette situation un manque de main d'œuvre qui favorise le recourt intensif à l'esclavage d'abord, puis au servage.
Malgré cela, de nombreuses terres cultivées – même si elles deviennent propriétés franques- sont laissées à l'abandon. Ce délaissement foncier provoque des disettes et des famines qui augmentent la mortalité qui s'accentue encore lorsqu’apparaissent les épidémies de peste. Cette mortalité est estimée à environ trois millions d'individus.
Lorsque les Francs s'installent en Gaule gallo romaine, il ne reste qu'environ sept millions d'habitants y compris les nouveaux installés. Bien que d'origine nomade, les Francs comprennent vite que la seule richesse fiable qu'il y a en Gaule, c'est la terre. Ils s'établissent donc sur des domaines en obligeant les anciens propriétaires ou les anciens maîtres de cultures à travailler pour eux. Ainsi ils s'accaparent tous les petits domaines autour des leurs, et forment ainsi de grosse exploitations souvent de plus de 800 ha et pouvant atteindre 20 000 ha "Villae" (en latin) ou "Villa" (en italien) qui peut être traduit en français en "village".
Ce phénomène d'agrandissement foncier s'identifie uniquement au nord du fleuve Loire, là où le roi a beaucoup d'influence. Au sud de ce fleuve, les propriétés restent plus modestes mais descendent rarement au dessous de 150ha. Il ne faut pas croire que tout le territoire de la Gaule franco gallo romaine est structuré en Villa. On y trouve aussi les "Manses de Maître", les "Manses libres" et les "Manses serviles" dont la surface moyenne est d'environ 10 ha.
Ces grandes propriétés du Nord (villa) essentiellement rurales ou vivent les aristocrates et riches Francs Mérovingiens puis Carolingiens forment des entités économiques fermées qui se suffisent à elles mêmes. Dans ces Villa tout y est cultivé, élevé, fabriqué pour le besoin de la population qui y vit et c'est sur place que tout y est récolté consommé et utilisé. Les surplus sont rarement vendu à l'extérieur, mais souvent mit en réserve en prévision de temps durs.
Cette organisation rurale, dont découle un énorme besoin de main d'œuvre, provoque une régression de la vie urbaine et certaines villes disparaissent lorsqu'elles ne sont pas le siège d'un évêché ou un endroit de marché ou de foire et où la vie artisanale et commerciale est dense.
Ainsi pour mesurer l'atrophie urbaine provoquée par l'intensification de la vie rurale, il est intéressant de savoir qu'une cité comme Paris n'est entourée qu'à peine de 1,5 Km de murailles et que celle de Reims pourtant grand centre religieux n'est ceinte que par 2,2 Km de remparts.
Les cités où l'Eglise a installé l'un de ses sièges liturgiques, sont très peu peuplées d'habitants sédentaires. Elles sont pourtant presque toujours prospères. Cette prospérité provient presque essentiellement du commerce qui découle des besoins liturgiques de l'Eglise. Les offices et processions sont friandes d'huile d'olive pour les luminaires des lieux de culte, de bijoux et travaux d'orfèvrerie pour orner les reliquaires et les calices, de soieries pour les habits des dignitaires de l'Eglise. De ces besoins de produits - qui viennent de méditerranée et d'orient - résulte un commerce tenu par une population de marchands orientaux nomades. C'est le cas dans les cités portuaires des rives de la méditerrané et de la vallée du Rhône.
C'est à ces époques Mérovingienne, puis Carolingienne, que cette prospérité commerciale - non seulement ancre profondément dans les mentalités des habitants du Nord de la vallée du fleuve Loire, l'idée d'un Sud regorgeant des richesses et de trésors - mais aussi établit un fort secteur de négoce qui se développe dans tout le bassin parisien et dans la vallée de la Loire avec comme lieux d'échanges, Tours Orléans Paris (dont un Syrien "Eusèbe" devient l'évêque en 591). Ainsi, le long de la Loire, de la côte Atlantique et de la Garonne se tracent des routes d'échanges commerciaux avec l'Espagne et l'Andalousie au Sud ; avec l'Irlande et la Bretagne celtique au Nord Ouest ; avec l'Angleterre saxonne et la Frise au Nord.
La Gaule franco gallo romaine Mérovingienne puis Carolingienne exporte déjà des vins bordelais, du sel de Saintonge, de l'huile narbonnaise, du plomb de Melle et des esclaves anglo-saxons. Elle importe de la laine irlandaise, des draps et de l'étain bretons, du cuivre d'Anglesey, des pierres précieuses et des épices orientales.
Sous les rois Carolingiens, les courants commerciaux restent les mêmes que ceux ouverts par les Mérovingiens. Mais ce commerce Mérovingien ou seule l'Eglise achète (soierie, pierres précieuses, objet d'or et d'argent, épices, ambre et fourrures) va, sous les Carolingiens, s'élargir aux grands propriétaires, aux dignitaires laïcs et aux aristocrates francs.
Cet élargissement commercial a pour effet de développer l'artisanat, qui à son tour favorise l'extension des cités au point de leurs redonner l'importance qu'elles avaient avant l'atrophie urbaine Mérovingienne.
La diffusion des actes écrits des Carolingiens a pour conséquence indirecte de diffuser la lecture et l'écriture, et de ce fait, de mettre en place une administration des plus compétentes. L'écriture devient plus facilement lisible grâce à l'invention de la minuscule "Caroline". La grammaire est aussi inventée. Le parchemin déjà connu des Mérovingiens, devient le seul support d'ouvrages littéraires conséquents.
L'Eglise Carolingienne s'approprie l'art. Elle fait travailler pour son compte : Enlumineurs, Orfèvres, Parcheminiers, Architectes et Musiciens.
L'économie Carolingienne reste essentiellement rurale, car même si le commerce augmente et diversifie les sources de revenu, il ne s'adresse qu'à peu de gens. L'essentiel pour les populations de ces époques, c'est d'abord de se nourrir et la nourriture provient plus que jamais du travail de la terre et des prélèvements dans la nature.

L'Eglise dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Sous les Mérovingiens, l'Eglise de Rome (catholique) revendique être la seule dépositaire de l'héritage des cultures des civilisations dites antiques (perse, grec, romaine). C'est aussi la seule force morale et intellectuelle existante dans toute l'Europe de l'Ouest.
L'Eglise de la Gaule franco gallo romaine est organisée alors en 12 provinces à la tête desquelles est nommé un évêque. Cette nomination est faite, dans un premier temps, par la papauté avec l'aval du roi. Puis peu à peu, elle devient la prérogative du roi, qui toutefois demande l'approbation du Pape. Enfin elle relève de la seule volonté du roi sans l'approbation papale.
Cette Eglise de Gaule s'adapte à la société franque en étant plus permissive et plus tolérante qu’elle l’a été avec la société romaine concernant l'application des coutumes. Elle tente ainsi, par la mise en place d'un "vicariat" pontifical, de maintenir son autorité face à la royauté. Mais rien n'y fait, et c'est le roi Mérovingien qui seul nomme les évêques en son royaume augmentant ainsi sont influence sur les institutions cléricales. Pour ces nominations, le roi choisit les évêques du royaume parmi l'aristocratie franco gallo romaine de son proche entourage. Sous la dynastie mérovingienne, l'évêque ainsi nommé, devient l'alter ego du Comte le roi lui donne pour mission de contrôler les actes du Comte afin de limiter les abus de pouvoir que ce dernier serait tenté de commettre. En échange de cette charge royale, l'Eglise de Gaule obtient d'importants privilèges économiques (Donations pieuses, immunités judiciaires, exonérations). Mais la mission royale donnée à l'évêque à d'autres conséquences sur le développement du foncier cultivable et sur l'appropriation par l'Eglise de Gaule de ce foncier.
Jusqu'à là, l'Eglise avait en charge la spiritualité des populations gallo romaines (évangélisation, baptêmes, mariages, extrêmes onctions) ainsi que la gestion du culte chrétien dans des lieux consacrés (églises, basiliques, cathédrales). Pour cela d'ailleurs, elle avait organisé le territoire gallo romain en diocèses qui à mesure que s'imposait l'autorité du roi sur l'Eglise, tombaient sous la domination des grands puis des petits nobles locaux.
Bref, l'Eglise avait beaucoup à faire avec ses tâches religieuses et quand les évêques se sont vus autoritairement confiés par le roi, la mission laïque de contrôle de gestion, ils se sont déchargés du spirituel en le confiant aux moines. Et pour que cela puisse se faire, ils ont encouragé - sur des terres que le roi leurs octroyait à cet effet - les fondations de monastères qui à leur tour ont engagé une politique de défrichements au terme desquels s'établissait la vie rurale. Sous une apparence de dépendance royale importante, l'Eglise de Gaule acquit ainsi, par ce transfère interne de tâches spirituelles, un patrimoine foncier considérable et une rayonnante influence sur les populations gallo romaines ; influence latente et tapit qui reste invisible à la dynastie Mérovingienne.
Cette puissance foncière ecclésiastique sera telle que plus tard, sous les Carolingiens, Charles Martel devra, pour sauver les bases structurelles vassaliques de son pouvoir, se réapproprier, certaines fois par la force, une partie des biens que ses prédécesseurs avaient donnés à l'Eglise.
Sous les règnes des rois Carolingiens, la soumission de l'Eglise à la royauté n'est qu'une apparence. En réalité, l'Eglise est constamment à l'affût, afin de reconquérir au grand jour, une puissance qu'elle a déjà dans l'ombre. Avec l'arrière pensée de soumettre à son tour la royauté Carolingienne à son autorité.
C'est bien involontairement que « Charlemagne », qui ne peut en aucun cas être taxé de roi imprévoyant, va introduire le ver dans la pomme. Il le fait inconsciemment d'abord en donnant à l'Eglise de droit de percevoir la "Dîme", donc de prélever les moyens financiers nécessaires pour entreprendre cette reconquête du pouvoir. Il le fait aussi dans cette même inconscience, en nommant des "Archevêques" qui ont en charge, avec les Envoyés du Maître (Missi Dominci) d'inspecter les évêques à qui il a donné mission d'inspecter les Comtes, voire de les contrôler, en matière de politique et d'administration. La filière de reconquête du pouvoir de l'Eglise de Rome est ainsi mise en place !
Concentrés sur ses tâches d'inspection et de contrôle, ces hauts hommes d'Eglise deviennent de fins politiciens. Des lors, de par sa puissance et son influence sans cesses grandissantes, l'Eglise Carolingienne devient incontournable dans toute décision politique royale, comtale et seigneuriale. Peu à peu elle usurpe à la royauté le rôle de protectrice du royaume ou de l'empire. Puis devient directement interventionniste dans l'administration et la politique de ce même royaume ou empire, lorsque le souverain fait preuve de faiblesse.
Cette hégémonie ecclésiastique trouve son apogée au concile de 829 par l'adoption de la théorie de l' "Augustinisme"[9] et dans l'analyse de l'évêque d'Orléans "Jonas"[10] qui s'intitule "dé Institutione Régia". Ces deux événements font de la fonction royale une "servante de Dieu ".
Ainsi s'explique : la prise du pouvoir pontifical d'"Etienne IV" sans attendre l'accord royal ou impérial en 816 ; ainsi que la confession publique humiliante faite par "Louis le pieux" en 822 ; puis plus tard en 833 l'abdication forcée par l'Eglise de ce même Louis le pieux, puis sa restauration en 844. Les évêques tous puissants proclament la déchéance du roi "Lothaire" en 842 ; puis déclarent publiquement à l'assemblée de Coulaines, après jugement, la subordination de "Charles le chauve" à l'Eglise. Enfin cette hégémonie est à son paroxysme lorsque l'archevêque de Reims "Hincmar" applique en dehors de tout contrôle pontifical la théorie de l'Augustinisme à l'intérieur du royaume franc qui se résume ainsi " il est de droit divin que le droit naturel de la royauté ai pour vocation celle d'être absorbé par le droit surnaturel de l'Eglise". Tout est dit !

L'Art dans les royautés franques Mérovingienne et Carolingienne du Haut Moyen Âge
Les rois et l'aristocratie franque Mérovingienne n'ont pas de rôle incitateur dans l'épanouissement de l'art Mérovingien. Par contre, l'Eglise, là encore, qui se veut dépositaire du socle artistique gréco romain, est une grande inspiratrice et pourvoyeuse de l'expression artistique Mérovingienne.
Le fondement de l'expression artistique Mérovingienne est donc l'art antique et plus précisément, l'art romain. On retrouve dans l'architecture Mérovingienne l'appareillage harmonieux de la pierre et de la brique et des éléments décoratifs de bâtiments en terre cuite si chère aux romains (le baptistaire de Poitiers réédifié au VII e siècle). Les nombreuses basiliques, baptistaires, monastères et églises construits sous la dynastie Mérovingienne ont une frappante similitude, dans leurs formes, leurs ordonnances et leurs décorations (mosaïques, fresques murales) avec les grands monuments romains.
De ce constat, il serait facile de dire – par ceux qui considère les descendants des barbares comme des être incultes - que les Mérovingiens n'ont pas d'expression artistique qui leur est propre et que celle qu'ils expriment est empruntée à l'ex empire romain. Mais ce serait allé un peu vite !
C'est dans la sculpture des chapiteaux que s'identifie une certaine création purement Mérovingienne qui s'est développée surtout dans le Sud Ouest, aux pieds des Pyrénées. Tous les chapiteaux merveilleux qui ornent les basiliques d'Ile de France, du Centre et de Bourgogne construites à cette époque sont tous sculptés dans le marbre blanc des Pyrénées dans des ateliers se situant non loin des gisements de marbres. C'est encore dans ce marbre blanc des Pyrénées que sont ouvragés les sarcophages dits d'Aquitaine. On dénote dans la sculpture ornementale de ces sarcophages Mérovingiens des inspirations syriennes, orientales et égyptiennes Copte. L'art Copte a influencé fortement le décore du manuscrit qui est à l'origine de l'enluminure. C'est cette activité picturale qui donne vers 800, le "Sacramentaire de Gellone" qui est un fleuron de la Bibliothèque Nationale.
Enfin on ne peut parler de l'art Mérovingien sans y inclure l'art du métal et de l'orfèvrerie cloisonnée et la damasquinure qui annonce déjà ce que sera la renaissance Carolingienne.

L'art Carolingien, en architecture, s'imprègne, quant à lui, fortement du style byzantin (coupole et colonnes) tout en puisant ses formes des monuments romains.
Toutefois, il affirme sa propre identité dans l'ajout de contre-abside et dans l'élévation de tours et de flèches.
L'enluminure Carolingienne est aussi très influencée par le style byzantin et paléo chrétien notamment en privilégiant la représentation dessinée des personnages de face et non de profil. Les couleurs sont vives et contrastées et lumineuses (enluminure = mettre en lumière).
Les réalisations en ivoire sculpté sont très recherchées pour l'extrême finesse des œuvres. L'orfèvrerie révèle un travail de très grande qualité. Enfin l'école de Tours développe la gravure sur cristal dont la plus remarquable pièce est "Le Cristal de Lothar".
Même si on est emprunt d'une nostalgie et d'une admiration pour les civilisations antiques ; après l'examen des sociétés Mérovingienne et Carolingienne qui vient d'être fait, il apparaît bien difficile de parler de chaos civilisationnel et de continuer à accuser ces "sociétés barbares" d'avoir semé les bases de la société féodale. On peut certes, être admiratif de l'art et de la culture des Romains qui ont un rayonnement exceptionnel ! Mais peut-on l'être réellement de la société de l'Empire Romain qui par une façade de démocratie, dissimule un pouvoir dès plus totalitaire, dès plus hégémonique et dès plus inégalitaire asservissant des peuples qui n'avaient d'autres torts que ceux d'être moins forts qu'elle et où tout n'est que complots tromperies, fourberie et assassinats.
Les rois Mérovingiens puis Carolingiens -qui ne sont pourtant pas des anges en matière de brutalité, de cruauté, et d'exploitation et d'asservissement du genre humain - ne sont que des petits garçons au regard des empereurs romains qui se sont succédés, Que sont donc les « Auxiliaires Impériaux », les « conseillers Impériaux », les sénateurs », les « Consuls » et les « Préteurs », les « Questeurs », les « Censeurs » et autres dignitaires romains, si ce ne sont pas des nobles bardés de privilèges et possédant le foncier romain. Bien avant que les invasions germaniques ne surviennent, les bases de ce que sera la féodalité franque sont, de façon larvée, instituées dans la société romaine.
Les barbares n'ont eu qu'à observer puis adapter à leur manière un système sociétal déjà présent dans la société romaine. Pour cela, ils n'ont eu qu'a le débarrassé de son enveloppe d'hypocrisie mielleuse que lui donnait une apparente allure de démocratie. Malgré les destructions guerrières, ces mêmes barbares ont profondément admiré l'art et la culture romains et il est indéniable qu'ils s'en sont profondément inspirés dans leurs propres expressions culturelles et artistiques.
Que cela plaise ou non, cela rehausse ce que certains appellent la « barbarie germaine » au niveau d'une civilisation.
Car, à bien y regarder, l'Empire d'Occident de Charlemagne à l'apogée de sa grandeur et de son unité, vaut bien, et même plus que l'Empire romain d'Auguste.
Ceci dit, il est vrai que les successeurs de « Charlemagne » ne sont pas à la hauteur. Ils replongent, l'empire dans les travers de la désunion. Les comtés symboles de l'organisation de l'empire de Charlemagne deviennent l'image du morcellement de cet empire. L'autorité globale du monarque est effacée au profit de l'autorité locale des comtes, seigneurs avoués, et l'élan donné à la civilisation humaine est immobilisée.
Dans ce chaos, les vassaux s'approprie leur « bénéfice », les serfs leur « tenure » et chacun de quelque condition soit-il, revendique en possession la terre qu'il veut ou celle sur laquelle il est. Le seul arbitrage est celui de la loi du plus fort. Et le pays se trouve alors hérissé de tours entourées de remparts, eux mêmes encerclés de fossés. Protection et puissance voilà ce qui importe. Et quand on a fini de l'établir chez soit, on regarde chez les autres ce qu'il y a à gagner. Et si tel est le cas, on agresse, on s'accapare on détrousse on terrorise. Enfin, quand les rapports de force sont établis mettant chacun à sa place, alors on guette les faiblesses des autres prêts à fondre sur eux à la moindre occasion. C'est l'avènement et le règne de la féodalité avec toute l'horreur de sa brutalité créatrice.
C'est de cette situation de constante instabilité qu'apparaît l'émergence d'une troisième dynastie royale, celle des "Capétiens.

Emergence des Robertiens géniteurs de la dynastie Capétienne du Haut Moyen Âge
Tout commence lorsque le Carolingien "Charles le chauve" Empereur d'Occident investit "Robert le fort" comte d'Anjou et de Blois du haut commandement militaire des comtés d'Angers, de Tours, du Mans, de Chartres et d'Orléans, afin de défendre la "Neustrie" des incursions guerrières et pillardes des "Bretons"[84] et des "Normands"[11].
Lorsque les Normands tuent Robert à la bataille de Brissarthe [12] en 866, ce dernier laisse deux très jeunes enfants : "Eudes" et "Robert" qui sont tenus à l'écart de sa succession qui revient au second époux de sa veuve, "Hugues l'Abbé"[13].
A la mort de leur beau père, les deux enfants de Robert le fort recueillent enfin leur héritage. Tous deux acquièrent une grande renommée dans la guerre contre les Normands. Eudes s'illustre lors de la défense de Paris en 885 et 886 et reçoit de l'Empereur Carolingien Charles le gros la souveraineté de toute la "Francia Occidentalis" (en latin) ou "Francie Occidentale" (en français) sur laquelle il règne successivement avec son frère Robert de 888 à 923.
Eudes devient roi de France et règne de 888 à 898. Puis après le règne du Carolingien "Charles le simple" de 898 à 922, c'est son frère Robert qui occupe le trône de France de 922 à 923 sous le nom de Robert 1er. La puissance et le prestige de cette famille dite des "Robertiens", déjà considérables, sont renforcés par le mariage de la fille de Robert 1er avec "Raoul de Bourgogne" qui devient roi de France à la mort de son beau père de 923 à 936.
Le fils de Robert 1er, "Hugues le grand" laisse bien volontiers le trône à son beau frère Raoul, car ses titres de Duc de France et de Comte de Paris suffissent à maintenir son influence auprès des grands seigneurs, lui permettant en cela, de préparer l'avenir de ses deux fils : "Hugues" et "Eudes".
A la mort du roi Raoul, en 936, Hugues le grand fait élire Roi "Louis IV d'Outre Mer" fils de Charles le simple qui règne jusqu'en 954.
Puis à la mort de Louis IV d'Outre Mer, Hugues le grand, toujours lui, fait élire roi de France le fils du défunt roi "Lothaire", en échange de l'Aquitaine et la Bourgogne.
Lothaire règne jusqu'à sa mort en 986 où son fils "Louis V dit le fainéant" lui succède pour un an.
Entre temps, la mort de Hugues le grand remet ses deux fils sur le devant de la scène. Eudes le cadet reçoit la Bourgogne, et Hugues, l'aîné, hérite du duché de France.
Mort dans un accident de cheval en 987, Louis V le fainéant n'a pas d'héritier. Il est le dernier roi de la dynastie des Carolingiens. Hugues duc de France qui porte toujours une cape sur ses épaules est alors élu roi et monte sur le trône de France en 987, sous le nom de "Hugues Capet" fondant ainsi la dynastie des "Capétiens.

Les royautés franques capétiennes du Haut Moyen Âge
Soutenu par "Adalbéron", Hugues Capet est sacré à Noyon le 3 juillet 987. Il institut la transmission héréditaire du trône en faisant sacrer son fils "Robert" en décembre de la même année sous le nom de "Robert II le pieux. Il meure en 996.
Robert II le pieux lui succède à l'âge de 24 ans. Il est naît à Orléans en 972 et a fait ses études à Reims sur le préceptorat de "Gerbert d'Aurillac" qui sera le futur pape "Sylvestre II. C'est à la fois, un roi humble et charitable, et un guerrier courageux qui fait face à la rébellion des Grands Seigneurs. Il annexe au domaine royal les comtés de Dreux, de Melun, de Sens et de Bourgogne. Une affaire de répudiation et de remariage avec sa cousine "Berthe de Bourgogne" va lui valoir l'excommunication du pape "Grégoire V". Mais tout rentre dans l'ordre lorsqu'il renonce à cette union. La politique et le courage de ce roi ont permis d'assoir la jeune dynastie Capétienne. Robert II le pieux meurt en 1031. C'est son fils Henri duc de Bourgogne qu'il a eu de sa troisième épouse "Constance d'Arles" qui lui succède sous le nom de "Henri 1er"
De suite Henri 1er doit affronter sa mère qui aurait préféré que le trône revienne à son fils cadet "Robert". Cette dernière a l'appui des Grands Seigneurs et en particulier celui d'Eudes de Blois. De son côté, Henri 1er peut compter sur l'Empereur germanique "Otton II" et sur "Robert le Magnifique" duc de Normandie qui en échange reçu le Vexin. Pour obtenir la paix, Il doit alors abandonner la Bourgogne à son frère cadet Robert, mais il reste en conflit avec Eudes de Blois.
Après avoir soutenu son neveu Guillaume le Conquérant duc de Normandie lors de la révolte des barons normands, il se retourne contre lui et envahit la Normandie. Il subit alors deux défaites celle de "Mortemer" en 1054, et celle de "Varaville" en 1058. Il meurt en 1060 laissant une autorité royale très affaiblie.
Ainsi s'efface le "Haut Moyen Âge" pour donner place au "Moyen Âge Triomphant".


Notes de Références :

[1] Baron : Un baron est à cette époque un grand seigneur qui dépend directement du roi et qui exerce son droit régalien sur ses terres. Par la suite, cette dénomination de baron désignera un seigneur dont l'importance sera placée juste au dessus de celle du vicomte.
[2] Prince : Un prince, à cette même époque, est de même rang qu'un grand baron. Il se place comme lui juste au dessous du roi. Mais en plus du baron, le prince a la souveraineté de ses terres et agit donc sur ces dernières comme un roi.
[3] Duc : Un duc est un grand seigneur d'abord militaire, mais aussi investit d'importants pouvoirs civils et de justice. Son rang le place comme délégataire directe du roi sur les territoires confiés à sa gestion. Ce titre, attribué d'abord par élections au V e siècle, deviendra héréditaire au VII e siècle, puis sera attribué par le roi sous la dynastie capétienne.
[4] Comte : Un comte est un représentant du roi, donc nommé et investi par lui pour gouverner en son nom un territoire dépendant du royaume. La charge comtale est d'origine romaine (comites qui signifie compagnons). Elle s'est transformée durant les dynasties successives. Constituant le « Conseil du prince » (consistorium) chez les romains, les comtes sont alors sous la totale autorité de l'empereur. Sous les mérovingiens, l'affaiblissement du pouvoir royal va permettre aux comtes d'acquérir une grande indépendance qui certaines fois va leur permettre de revendiquer la possession des territoires qu'ils gèrent. Le roi carolingien Charlemagne y mettra bon ordre et replacera les comtes dans leur rôle de représentativité du pouvoir royal.
[5] Vassal : Être vassal c'est devoir, en contre partie d'une protection et d'un territoire (fief), à un seigneur plus puissant que soit : -1°) l'obligation d'hommage de soumission et de foi (hommage lige). -2°) l'assistance judiciaire (plaid) et militaire (ost).
[6] Vavassal : Être vavassal, c'est dépendre, en contre partie d'un fief et d'une protection, d'un seigneur lui même vassal d'un plus puissant.
[7] La terre possédée par un homme libre prend en général le nom de d' « alleu » (alodis)
[8] d'où l'origine du nom de la capitale mérovingienne d'Aix la Chapelle.
[9] Augustinisme : doctrine construite par les pensées et réflexions philosophiques, théologiques et spirituelles de Saint Augustin (354-430).
Cette doctrine affirme entre autre, que seul Dieu est maître de la destinée de l'homme et que de ce fait, le libre arbitre humain ne peut prévaloir sur la prédestination divine et qu'il découle de cette vérité spirituelle une prédominance absolue du droit et du pouvoir surnaturels de l'Eglise sur le droit et le pouvoir naturel d'une royauté ou d'un empire.
C'est cette conception de supériorité du sacré sur le temporel qui fera naître l'onction royale imposée par les Papes lors des sacres des souverains.
[10] Jonas : appelé aussi Jonas d'Orléans, il est né avant 780 on ne connaît pas la date de sa mort. Il naquit et grandit en Aquitaine. Il fut nommé Evêque d'Orléans en 818. Il est présent et orateur lors des réunions des évêques en 820 et 830. C'est en 831 qu'il écrit « dé institutione régia » (le métier du roi) dans lequel il replace l'église au dessus du pouvoir royal
[11] Les Bretons : se sont des celtes d'origine brittonique (venant des îles britanniques) à cette époque leur chef « Nominoë » combat Charles le chauve pour obtenir l'indépendance de la Bretagne. Les raids des guerriers bretons sont alors fréquents.
[12] Les Normands : Ils sont aussi connu sous le nom de « viking ».
[13] Brissarthe : Localité située dans le Maine et Loire, sur la Sarthe. Une terrible bataille y eu lieu en 866. Elle opposait Roberts le fort marquis de Neustrie aux normands. Robert le fort gagna cette bataille mais y perdra la vie.
[14] HUGUES l'ABBE ( ?-885) : Il est le cousin de Charles le chauve. Il possède entre autre l'abbaye de Saint Martin de Tours. Il gouverne le royaume de France de 877 à 884.

Bibliographie :

Ouvrages anciens :

PRISCOS. : « Histoire de l'Empire byzantin et d'Attila » écriten 449.
CASSIODORE. Flavius Magnus Aurélius : « Institutions » écrit en 550. « Histoire des Goths » écrit en 526. « Variae » écrit en 537.
JORDANES. : « De Origine Actibusque Certarum » écrit en 537.
CESAIRE d'Arles. : « Sermons » traites du rapprochement entre l'Eglise et les royaumes barbares, écrit en 543.
IDACE. : « Chronique » allant de 378 à 469, écrit en 469.
GREGOIRE de Tours. : « Histoire des Francs » écrit en 591
AIMON. : « Histoire des Francs des origines à 654 ». Ecrit vers l'an 1000.
AUTEURS anonymes. : « Chronique du pseudo frédegaire » (suite de L'histoire des Francs de 584 à 768).
TEXTES anonymes. : « Liber historiae Francorum » écrits en 750.
REGINON de Pûm. : « Chronique » période allant jusqu'à 906.
ABBAYE de Saint Bertin. : « Annales » documents contemporains à Charlemagne. 820
ABBAYE de Fulda. « Annales » documents écrits sous le règne de Charlemagne. 829.
CHARLEMAGNE. : « Annales royales » actes et décrets royaux, 829.
CHARLEMAGNE. : « Lettre de convocation au plaid général ». In « Annales Royales ».Période de 741 à 829.
EGINHARD : « Annales » documents ecclésiastiques Contemporains à Charlemagne.
ALCUIN. : « Correspondances publiques et privées » écrit en 804
THEGAN. : « vita ludivici imperatoris » écrit en 840.
HINCMAR. : « de ordine Palatii » écrit en 845 « De una et non trina deitate ferculum salmonis » écrit en 845.
JONAS d'Orléans. : « De institutione regia » écrit en 845.
GALL NOTKER (Saint) : « Gesta carolmi magni » écrit en 884.

Ouvrages et documents contemporains :

DUBY. (G.) : « La Chevalerie ». Paris. Editions Perrin 1993.
« Le Moyen Âge. Adolescence de la chrétienté occidentale 980 – 1140 ».
Genève. Editions Skira. 1995.
FLORI. (J.) : « La Chevalerie ». Luçon. Editions J. P. Grisserot. 1998.
GANSHOF. (F.L.). : « Qu'est ce que la féodalité » traduit du latin. Bruxelles.1944.
MUSSET. (L.). : « Les invasions, les vagues germanique ». Paris. Editions P.U.F.
« Nouvelle Clio ». 1965.
PIRENNE. (H.). : « Mahomet et Charlemagne ». 1937
« Villes au Moyen Âge ». 1927
ROUCHE. (M.). : « Les Rites d'initiation germaniques » in « Theatrum Belli. Com ». Web, septembre 2007.



Posté le : 19/05 15:37
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Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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