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Romain Gary/Ajar
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Romain Gary l'homme double ou la multiplicité des talents. Emile Ajar/Romain Gary, Romain Gary/Emile Ajar, deux prix Goncourt sur une seule tête. L'exploit impossible, inattendu, si improbable s'est produit en dépit des règles et conditions d'attribution du Goncourt qui prévoient qu'il ne soit attribué qu'une seule fois par auteur, personne semble-t-il n'avait reconnu ce prestidigitateur de l'écriture. Et oui ! un Romain Gary pouvait en cacher un autre, et ainsi nous vîmes le prix suprême récompenser deux auteurs qui n'était en fait, Oh surprise! qu'un seul homme. Qui l'eut cru ? "Deux en un" promet la triviale publicité commerciale, Romain-Emile Gary-Ajar l'a fait. Janus, Athor, sigma Orionis ... cette étoile de l'art littéraire rejoint le panthéon des étoiles doubles. Etoile qui fut très certainement aussi, triple, quadruple ou plus en encore, le mystère du nombre de pseudonymes qui abritèrent ce talent reste derrière l'écrivain comme une trace aussi lumineuse qu'énigmatique de son passage parmi nous.

Cependant il semble que la mystification de Gary devenu Ajar, ne serait pas passée inaperçue de tous. Didier Van Cauwelaert dans dans son roman autobiographique "Le Père adopté", rapporte qu'une étudiante de la Faculté de lettres de Nice qu'il prénomme Héléne aurait préparé, deux ans avant la révélation publique, un mémoire soutenant, au grand désarroi de ses professeurs, que Gary et Ajar étaient une seule et même personne.
De ce talent remarquable Jérôme Garcin, "du dictionnaire de la littérature française du 2Oème siècle" dit de Romain Gary :
"Très publique, l'œuvre de Gary est coulée dans une langue claire, aérée, énergique comme dans certaines pages d'Hemingway et inspirée comme dans celles d'un Kessel. L'écrivain va droit au but, pour atteindre à coup sûr son lecteur."
D'autre part, Romain Gary est avant un personnage aux multiples noms, soit, mais il est aussi un homme aux multiples facettes : il est écrivain, mais aussi diplomate, cinéaste, héros de la France libre,
"Romain Gary est un marionnettiste, un montreur de personnages ambigus, inventeur de fables à double sens, cœur sensible et sourire moqueur, " clown lyrique ", il manie les ficelles du métier en se tenant à distance pour juger de l’effet produit, se plaisant à étonner et à séduire".
Nous verrons qu'il est aussi un être souffrant en quête de son identité, de son double.
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Sa vie

Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew (prononcer katsief, russe : Кацев) naît dans une famille Juive ashkénaze, le 8 mai 1914 à Vilna dans le sous-gouvernement de Vilna dans Empire Russe, Vilna qui deviendra Wilno et appartiendra à la Pologne après la première guerre mondiale, pour devenir Vilnius en Lituanie.
Tout se passe comme si cette instabilité, comme si la multiplicité de noms successifs de sa ville de natale présageait déjà, de son goût futur pour les pseudonymes multiples.
Son père était négociant en fourrure et sa mère modiste et actrice.
Son père Arieh Leib Kacew et sa mère Mina Owczyńska se sépareront rapidement. Son père est le second mari de la mère de Roman. Alors que Roman est encore enfant, son père participe à la Première Guerre mondiale.
En 1915, alors que son père est mobilisé dans l'armée russe, le jeune garçon et sa mère sont déportés vers le centre de la Russie en tant que juifs des pays baltes que les Russes soupçonnent de faire de l'espionnage au profit des Allemands.
En 1921, à l'âge de sept ans, il retourne à Wilno, devenu territoire polonais depuis la guerre russo-polonaise de 1920 où il vit jusqu'en 1927.
Ses parents se séparent et, avec sa mère, il gagne Varsovie où il fréquente l'école polonaise et prend des cours particuliers de français pendant deux ans.
Son père est de retour au foyer mais après un bref séjour au domicile conjugal, celui-ci quitte son épouse en 1925 pour aller vivre avec une autre femme, avec qui il aura deux enfants (tous les quatre meurent durant la Seconde Guerre mondiale).
Roman, jeune garçon orphelin de son père, est élevé dans un environnement instable, par sa mère seule.
Après avoir divorcé en 1926, elle vit quelque temps chez ses parents à Święciany (Švenčionys), puis s’installe avec son fils dans sa famille à Varsovie (Pologne).
En 1928 ils quittent la Pologne pour la France.

Lorsque le jeune Roman Kacew s'installe à Nice avec sa mère, il vient d'avoir 14 ans. Sa mère finit par prendre la direction d'un hôtel respectable, la pension Mermonts. Le jeune garçon ne trouve pas un pays serein, mais grandit dans un climat pesant en raison de l'antisémitisme et de la xénophobie croissants en France.
Le jeune Roman étudie au lycée de Nice, sans toutefois être un élève particulièrement brillant, il est médiocre à l'exception des matières littéraires. Il se distingue essentiellement par des prix de composition française obtenus en 1931 et 1932, en revanche dans les autres matières, sa scolarité est sans grand éclat, excepté en allemand qu'il parle et écrit très correctement.

Romain Kacew , en 1936 déménage, après avoir fait un court séjour à Aix-en-Provence, il va s'installer à Paris pour étudier le droit, il va obtenir péniblement sa licence en 1938.|
En parallèle, il suit une préparation militaire. En attendant son incorporation dans l'armée française, Gary, au terme de médiocres études, bûche sa procédure.
Il révise au petit jour et passe l'essentiel de son temps à écrire. C'est à cette époque qu'il publie ses premières nouvelles dans Gringoire, un hebdomadaire qui s'oriente ensuite à l'extrême-droite Romain Gary, en désaccord avec cette orientation politique renonça courageusement aux généreuses rétributions du journal, lorsque celui-ci affichera des idées fascistes et antisémites.
Il écrit à la rédaction une lettre pour dire en substance : « je ne mange pas de ce pain-là"

Naturalisé Français en 1935, il est appelé en 1938 au service militaire dans l'aviation.
Il est élève observateur à Salon-de-Provence.
En juin 1940, la guerre est déclarée, il est à Bordeaux, il s'évade en avion jusqu'à Alger, et se rend à Casablanca d'où un cargo britannique l'emmène à Glasgow.
Homme d'action, il s'engage aussitôt dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL).
C'est à cette exacte période que Roman Kacew prend le pseudonyme de Romain Gary comme nom de résistant, il choisit de s'appeler ainsi car "Gary" cela signifie "brûle, feu " en langue russe et que ce fut le nom d’actrice de sa mère.
Puis il sert au Moyen-Orient, en Libye, et à Koufra en février 1941, en Abyssinie puis en Syrie où il contracte le typhus.
Après sa convalescence, il sert dans la défense côtière de la Palestine où il participe à l'attaque d'un sous-marin.
En février 1943, il est rattaché en Grande-Bretagne au Groupe de bombardement Lorraine.
C'est à dire qu'il est affecté à la destruction des bases de lancement des V1.
Le lieutenant Gary se distingue particulièrement le 25 janvier 1944 alors qu'il commande une formation de six appareils. Il est blessé, son pilote Arnaud Langer est aveuglé, mais il guide ce dernier, le dirige, réussit le bombardement, et ramène son escadrille à sa base.
Il effectue sur le front de l'Ouest plus de 25 missions, totalisant plus de 65 heures de vol de guerre. Pour ces services rendus à la nation, il sera fait compagnon de la Libération et sera nommé capitaine de réserve à la fin de la guerre.
Après la fin des hostilités, héros de la France Libre, il est décoré de la Croix de la Libération le 18 juin 1944, et, le 14 juillet 1945, le général De Gaulle lui remet la Légion d'Honneur.
La paix revenue, il embrasse alors la carrière diplomatique en 1945.
Cette même année, paraît son premier roman "L'Education européenne".
Il quitte le Quai d'Orsay en 1961, après avoir représenté la France en Bulgarie, en Suisse, en Bolivie et aux Etats-Unis, il préside également à la Mission permanente de la France auprès des Nations unies de 1952 à 1954, puis il vivra aux états-unies, en qualité de consul général de France à Los Angeles de 1956 à 1960, date à laquelle il se met en congé du ministère des Affaires étrangères.
Pendant sa carrière diplomatique, il écrit de nombreuses œuvres, dont le roman "Les racines du ciel"
En 1956, Romain Gary obtient le Prix Goncourt pour ce roman "Les Racines du Ciel".
Il a épousé une écrivaine anglaise, Lesley Branch, et plus tard l'actrice américaine Jean Seberg, mais il divorce des deux femmes. Il a un fils né en 1962, Alexandre Diego Gary

Époux de l'actrice Jean Seberg de 1963 à 1970, Romain Gary est aussi lié au cinéma pour la réalisation de deux films "Les Oiseaux vont mourir au Pérou" (1968) et "Kill" (1971) ainsi que par des adaptations de ses œuvres, telles que "Clair de femme" (Costa-Gavras) ou "La Vie devant soi" (Moshé Mizrahi).
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Sa vie dans son oeuvre

En 1944, de retour de guerre, Romain Gary apprend que sa mère (Nina) est morte depuis trois ans alors qu'il recevait régulièrement des lettres de sa main.
"Elle avait écrit près de deux cent cinquante lettres qu'une de ses amies devait expédier...
il déclare : "Elle savait bien que je ne pouvais tenir debout sans me sentir soutenu par elle et elle avait pris ses précautions ..."
Parlant de lui-même il écrit : "...Qu'on veuille bien regarder attentivement le firmament après ma mort : on y verra aux côtés d'Orion, des Pléiades ou de la Grande Ourse une constellation nouvelle : celle du Roquet humain accroché de toutes ses dents à quelque nez céleste..."
"...Je n'ai pas démérité, j'ai tenu ma promesse et je continue...",
"...Je n'ai pas de bête chez moi, parce que je m'attache très facilement et, tout compte fait, je préfère m'attacher à l'Océan, qui ne meurt pas vite." Extraits de "La Promesse de l'Aube".

Les "Psys" n'ont pas manqué de poser la question du Père.
Sur l'identité de celui-ci, précisément, Romain reste dans l'incertitude. Etait-il le fils de Kacew (son véritable nom de famille), second mari de sa mère, dont celle-ci se sépara juste après sa naissance ? Etait-il, comme il le supposa, le fils d'Ivan Masjoukine, star du cinéma muet, dont il conservera toute sa vie près de lui la photographie ? Sa mère garda là-dessus le silence.

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Sa mort

Après la mort de Jean Seberg le 30/08/1979, Gary n'écrira plus. "L'Angoisse du Roi Salomon" et "Les Cerfs-Volants", qui paraissent respectivement fin 1979 et début 80, ont été écrits antérieurement.
Quand donc le Destin est accompli, et qu'Elle n'est plus là, le mot Fin peut être posé et la vie s'interrompre.
" F. Bondy : Qu'est-ce que c'était le bonheur, pour toi ?
R. Gary : C'est lorsque j'étais couché, j'écoutais, je guettais, et puis j'entendais la clé dans la serrure, la porte qui se refermait, j'entendais les paquets qu'elle ouvrait à la cuisine, elle m'appelait pour savoir si j'étais heureux... Je me souviens très bien.
F. Bondy : Et pour conclure ?
R. Gary : La nuit sera calme. "
En 1978, lors d'un entretien avec la journaliste Caroline Monney, lorsque celle-ci lui pose la question : "Vieillir ?", Romain Gary répond :
"Catastrophe. Mais ça ne m'arrivera pas. Jamais. J'imagine que ce doit être une chose atroce, mais comme moi, je suis incapable de vieillir, j'ai fait un pacte avec ce monsieur là-haut, vous connaissez ? J'ai fait un pacte avec lui aux termes duquel je ne vieillirai jamais"
Dans "La Promesse de l'Aube", Romain Gary dit se jeter parfois sur le tapis, se plier, se déplier, se replier, se tordre et se rouler, "mais mon corps tient bon et je ne parviens pas à m'en dépêtrer ..." Et dans "Pseudo" : "Alors je deviens un python, une souris blanche, un chien, n'importe quoi pour prouver que je n'ai aucun rapport.

"On peut mettre cela évidemment au compte d'une dépression nerveuse, venait-il d'écrire, mais alors il faut admettre que celle-ci dure depuis que j'ai l'âge d'homme et m'aura permis de mener à bien mon œuvre littéraire… Je me suis exprimé entièrement."

Le 2 décembre 1980, Romain Gary se donnait la mort.

L'après-midi du 2 décembre 1980, l'écrivain Romain Gary se glisse un revolver de calibre 38 dans la bouche et se donne la mort..à son domicile 108 rue du Bac.
Au pied de son lit, il laisse une note mystérieuse datée "Jour J" : "Aucun rapport avec Jean Seberg, y lit-on.
Les fervents du cœur brisé sont priés de s'adresser ailleurs." Son ancienne épouse, la célèbre Patricia de "A bout de souffle", de Jean-Luc Godard, et sortit en 1959 s'est suicidée un an plus tôt, le 30 août 1979.
Dans La Promesse de l'aube, Romain Gary raconte qu'il a eu, par trois fois, la tentation de se tuer. A d'autres occasions, il expliquera qu'il n'a jamais voulu vieillir.


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La mystification de l'homme aux deux Nobel


Romain se cherche différents pseudonymes avant d'opter, en 1940 à Londres, pour celui de "Gary" signifiant "brûle" (impératif d'un verbe russe, extrait d'une chanson tzigane : "Brûle, brûle, mon amour".
En 1974, Las d'être la cible de critiques le considérant réactionnaire, du fait de son passé de diplomate gaulliste, il invente une écriture vive et drôle, à rattacher au courant post-moderniste, sous le nom de plume d'Emile Ajar :"braise" en russe.
Il l'incarne, le déclare en la personne de Paul Pavlowitch, fils du frère de Nina Kacew, né en 1942, l'année même du décès de celle-ci.
Pendant sept ans, c'est son petit cousin, Paul Pavlowitch, qui prête ses traits à Emile Ajar, notamment auprès des éditeurs. Un document posthume révèle que, avec la complicité de son neveu Paul Pavlowitch, Gary se dissimulait sous le pseudonyme du mystérieux Emile Ajar, dont les romans Gros Câlin (1974), La vie devant soi (Prix Goncourt 1975), Pseudo (1976), L’angoisse du roi Salomon (1979), marquent un tel renouvellement d’écriture que la supercherie ne fut jamais découverte du vivant de l’auteur qui la révèle dans un testament, Vie et mort d’Emile Ajar (1981 posthume).
Romain Gary en créant l'auteur de sa propre écriture, se fait en quelque sorte le père de lui-même.
Je suis Emile Ajar, écrit-il dans "Pseudo"... Je suis le fils de mes propres oeuvres et le père des mêmes ! Je suis mon propre fils et mon propre père !
On retrouve ici, une confusion identitaire qui l'aura suivi sa vie durant.
Ce "Pseudo" va brouiller les cartes, car c'est Paul alias Emile qui est censé écrire ce livre sur lui-même et sur son oncle Gary.
Dans "Pseudo", Emile Ajar se présente comme un malade psychiatrique : La simulation, poussée à ce point, et assumée pendant des années avec tant de constance et de continuité, témoigne par son caractère obsessionnel de troubles authentiques de la personnalité…
Orphelin, il éprouve depuis l'enfance un sentiment de haine envers un parent éloigné, recherche caractérisée du Père ......
..J'ai signé le nouveau contrat comme le précédent : Emile Ajar. J'étais inquiet : ça faisait deux fois que j'utilisais le même nom, et j'ai une peur bleue de la mort. Mais le Docteur Christianssen m'avait rassuré. ;
"Allez-y, le destin ne vous cherchera pas plus sous le nom d'Ajar que sous un autre. Il s'en fout." (Extraits de "Pseudo").
Le destin, qui s'impose à l'être, quelle que soit sa lucidité et quels que soient ses efforts pour y échapper, serait-il donc ce qui n'a rien à faire du Nom ? Ou ce qui se détermine lorsque ce Nom reste en souffrance, ce qui n'est certainement pas identique à la forclusion
Dans "La nuit sera calme" , Romain Gary dit à François Bondy que sa mère ne lui a durant vingt-cinq ans pas dit un mot sur son père.
Alors... changer de Nom et choisir ceux de Gary, Ajar, "brûle", "braise"... qui signent et maintiennent l'amour ardent de la mère en même temps que son injonction !
Changer de Nom, comme le serpent change de peau, pour être différent et identique.
En 1975 "La vie devant soi" de Emile Ajar, reçoit les lauriers du prix le plus couru de Paris, le prix Goncourt.
En écrivant plusieurs romans sous le pseudonyme Emile Ajar/ Romain Gary est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le prix Goncourt, en 1956 pour "Les Racines du ciel" sous le nom de Romain Gary, puis en 1975 pour "La Vie devant soi" sous le nom d'Emile Ajar.
Donc, deux prix Goncourt, grâce à cette extraordinaire supercherie, à cette fiction réalisée, que fut l'invention d'Emile Ajar personnalisé par son petit cousin Paul Pavlowitch, Romain Gary avait accompli son destin.
La "supercherie" ne sera donc mise au jour qu'à la mort tragique de l'écrivain. Mais Romain Gary, né Roman Kacew à Vilnius en Lituanie en 1914, a également écrit sous les noms de Lucien Brûlard, Fosco Sinibaldi ou encore Shatan Bogat.
L’élément unificateur du périple qui fut sa vie, la question centrale à propos de Gary est le problème de l’identité. Dans, sa vie, dans son œuvre, dans son apparence physique même, Gary n’a cessé de changer, de superposer les visages, les noms, les identités, finissant par écrire sa vie comme l’une des pièces de son œuvre.
Dans Vie et mort d’Emile Ajar le romancier s’explique sur sa " nostalgie de la jeunesse, du début, du premier livre, du recommencement ", son angoisse existentielle face à l’enfermement dans un personnage, son désir d’échapper à soi-même et son malin plaisir d’avoir joué un bon tour au " parisianisme " honni. " Je me suis bien amusé, au revoir et merci ".
Dans sa dernière lettre découverte à sa mort, cet homme "incendié de songes" conclut : "Je me suis enfin exprimé entièrement."
Et met le point d'orgue en signant : "Romain Gary".


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Honneurs et récompenses

Plaque en mémoire de Romain Gary apposée sur son domicile parisien au n° 108 de la rue du Bac
Le nom de Romain Gary a été donné à une promotion de l'École nationale d'administration (2003-2005) et en 2006 à la place Romain-Gary dans le 15e arrondissement de Paris

Autres noms connus....... Émile Ajar, Shatan Bogat, Fosco Sinibaldi
Activités ....................... diplomate, écrivain, cinéaste
Naissance....................... 8 mai 1914 Vilnius1, Empire russe
Décès ............................ 2 décembre 1980 (à 66 ans) Paris, France
Langue d'écriture ........... français, anglais
Genres ........................... romans, scénarios, films
Distinctions..................... Prix Goncourt (1956 et 1975)

Décorations :
Commandeur de la Légion d’honneur
Compagnon de la Libération (20 novembre 1944)
Croix de guerre 1939-1945 (2 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille des blessés
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Œuvres de Romain Gary

De nombreuses œuvres ont été adaptées au cinéma, dont :
Clair de femme (1979) par Costa-Gavras
La Vie devant soi (1977) par Moshé Mizrahi, Oscar du meilleur film en langue étrangère
Lui-même a réalisé deux films :
1968 : Les oiseaux vont mourir au Pérou
1972 : Police Magnum (Kill!)

Écrits
Sous le nom de Romain Kacew
1935 : L'Orage (publié le 15 février 1935 dans Gringoire)
1935 : Une petite femme (publié le 24 mai 1935 dans Gringoire)
1937 : Le Vin des morts
Sous le nom de Romain Gary
1945 : Éducation européenne
1946 : Tulipe
1949 : Le Grand Vestiaire
1952 : Les Couleurs du jour
1956 : Les Racines du ciel (prix Goncourt)
1960 : La Promesse de l'aube
1961 : Johnnie Cœur (théâtre)
1962 : Gloire à nos illustres pionniers (nouvelles)
1963 : Lady L.
1965 : Adieu Gary Cooper (The Ski Bum)
1965 : Pour Sganarelle (Frère Océan 1) (essai)
1966 : Les Mangeurs d'étoiles (La Comédie américaine 1)
1967 : La Danse de Gengis Cohn (Frère Océan 2)
1968 : La Tête coupable (Frère Océan 3)
1969 : Adieu Gary Cooper (La Comédie américaine 2)
1970 : Chien blanc
1971 : Les Trésors de la mer Rouge
1972 : Europa
1973 : Les Enchanteurs
1974 : La nuit sera calme (entretien fictif)
1975 : Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable
1977 : Clair de femme
1977 : Charge d'âme
1979 : La Bonne Moitié (théâtre)
1979 : Les Clowns lyriques
1980 : Les Cerfs-volants
1981 : Vie et mort d'Émile Ajar (posthume)
1984 : L’Homme à la colombe (version posthume définitive)
Sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi
1958 : L’Homme à la colombe
Sous le pseudonyme de Shatan Bogat
1974 : Les Têtes de Stéphanie
Sous le pseudonyme d’Émile Ajar
1974 : Gros-Câlin
1975 : La Vie devant soi (prix Goncourt)
1976 : Pseudo
1979 : L’Angoisse du roi Salomon

Films
1968 : Les oiseaux vont mourir au Pérou
1972 : Police Magnum / Kill !

Gary/ Ajar
Autres noms Émile Ajar, Shatan Bogat, Fosco Sinibaldi
Activités diplomate, écrivain, cinéaste
Naissance 8 mai 1914
Vilnius1, Empire russe
Décès 2 décembre 1980 (à 66 ans)
Paris, France
Langue d'écriture français, anglais
Genres roman
Distinctions Prix Goncourt (1956 et 1975)

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Quelques opinions de lecteur de Gary/Ajar

Romain Gary ?Je n'ai que vaguement lu des textes de cet auteur,aux mutiples identités,elles aussi très accomplies.Les intellectuels des pays de l'est,de Dostoïevsky,Gogol,Tolstoy,à Kortchnoï,Marie Curie(deux prix Nobel)Soljenitzyne,Sakharov,etc.,furent des lutteurs de grands envergure(Sans oublier les formidables musiciens, peintres,sculpteurs,etc..)..

Un grand écrivain qui, malheureusement, malgré ses deux Goncourt n'a pas vraiment été reconnu, du moins de son vivant. franchement, comment le milieu littéraire a-t-il pu croire à ce petit cousin miraculeusement doué? fallait-ils méprisent Romain gary, eux les critiques pour y croire! On lui reprochait de n'être pas Saint-Ex, de n'être pas Malraux, de n'être pas Kessel, le trio des écrivains volants, pas de place pour le quatrième mousquetaire qui était pourtant bien leur égal!

Un authentique résistant, en politique et en humanisme, "compagnon" du Général de Gaulle, mais esprit trop indépendant pour se ranger comme ministrable ou suiveur, trop libre aussi intellectuellement pour se laisser abuser par le Communisme stalinien (et PCF de l'époque), et donc méprisé tant par l'intelligentsia de gauche que par les gaullistes et les communistes. Méconnu donc, mais sans doute un des plus intéressants écrivains de notre littérature. A découvrir ou à redéguster à toute heure.


Pour ceux (celles) qui n'ont jamais lu, ne pas se fier à son élocution, assez simple; son style est infiniment plus flamboya. On peut recommander un très beau livre ou Gary se livre, se délivre, s'enchaîne, se déchaîne, (comme Amsterdam de Brel)"Pour Sganarelle"; Tout y passe: la vie, la folie qui approche et fuit, le génie, tous les génies (Diable et Bon Dieu) la littérature convoquée, révoquée. Gary piégé. Qui piège. Un hymne à la création, frappé d'éclairage.



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liens


http://www.ina.fr/art-et-culture/litt ... s-racines-du-ciel.fr.html
http://www.ina.fr/art-et-culture/litt ... s-racines-du-ciel.fr.html

http://www.ina.fr/francais-litteratur ... mangeur-d-etoiles.fr.html

http://www.ina.fr/art-et-culture/litt ... jar-prix-goncourt.fr.html

http://www.ina.fr/art-et-culture/litt ... ary-et-emile-ajar.fr.html

http://www.ina.fr/francais-litteratur ... -propos-de-lady-l.fr.html

http://www.ina.fr/art-et-culture/litt ... jar-prix-goncourt.fr.html

http://www.ina.fr/art-et-culture/litt ... /annonce-goncourt.fr.html

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Posté le : 02/12/2012 11:57
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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