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Récit de l'assassinat de Raspoutine par le prince lui même
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Récit de la mort par le prince lui-même



La fin de Raspoutine, par le prince Youssoupoff

Depuis longtemps, Raspoutine désirait faire la connaissance de ma femme. Croyant qu’elle était à Pétrograd et sachant que mes parents étaient en Crimée, il consentit à venir chez moi.

En réalité, ma femme n’était pas là. Elle était en Crimée chez mes parents. Mais j’avais pensé que si je disais à Raspoutine qu’il aurait l’occasion de la rencontrer, il accepterait plus volontiers mon invitation.

Quelques jours plus tard, le grand-duc Dimitri et Pourichkevitch, député à la Douma, revenaient du front.

Nous eûmes plusieurs fois l’occasion de nous réunir, et il fut décidé d’inviter Raspoutine à venir dans la maison de mes parents à la Moïka le soir du 16 décembre 1916.

Je lui téléphonai pour lui demander si cette date lui convenait. Il accepta, mais à la condition que je vinsse moi-même le prendre et que je le ramenasse chez lui. Il me pria de monter par l’escalier de service et me dit qu’il avertirait le concierge qu’une de ses connaissances viendrait le chercher à minuit. Il comptait de cette façon sortir inaperçu.

C’est avec surprise et effroi que je pensais à la grande facilité avec laquelle il consentait à tout. On eût dit qu’il voulait atténuer les difficultés de notre tâche.

Le jour approchait. Je priai le grand-duc Dimitri de se mettre en quête d’un endroit de la Néva où l’on put jeter le corps de Raspoutine.

Le même soir, ayant passé plusieurs heures à cette recherche, il vint me voir. Nous restâmes longtemps à causer. Il me parla de son récent séjour au grand quartier général. Il avait trouvé l’empereur maigri et vieilli et dans un état d’apathie qui le rendait indifférent à tout.

En écoutant parler le grand-duc, je me souvins des paroles de Raspoutine… La Russie était au bord du gouffre : il fallait agir si nous voulions essayer de sauver notre malheureuse patrie.

Les sous-sols de la Moïka

L’appartement où devait venir Raspoutine était situé dans le sous-sol et venait d’être remis à neuf. Il fallait l’arranger de façon à ce qu’il parût habité et n’éveillât aucun soupçon. Sinon, Raspoutine aurait pu trouver étrange qu’on le reçût dans une espèce de cave sans aucun confort.

En entrant dans la pièce principale, qui avait fait jusqu’ici partie de la cave, j’y trouvais des ouvriers en train de poser les tapis et de suspendre les portières.

Cette pièce, plutôt obscure en plein jour, était pavée de granit et avait des murs de pierre grise et un plafond bas et voûté. Deux petites fenêtres au ras du sol donnaient sur le quai de la Moïka.

Des arcades partageaient ce local en deux parties : l’une d’elles, grande et spacieuse, était destinée à servir de salle à manger ; l’autre, plus étroite, communiquait avec un escalier tournant dont le premier palier donnait sur la cour ; en montant quelques marches encore on parvenait à mon cabinet de travail.

On apportait du garde-manger les objets que j’avais choisis et qu’il fallait disposer dans la salle à manger : chaises en bois sculpté, tendues d’un cuir noirci par le temps ; des fauteuils en chêne massif à hauts dossiers ; des petites tables recouvertes de vieilles étoffes, des coupes en ivoire et une quantité d’autres objets d’art. En fermant les yeux, je vois encore dans tous ses détails l’arrangement de cette pièce.

Je me souviens surtout d’une armoire à incrustations contenant tout un labyrinthe de petites glaces et de colonnettes en bronze. Sur cette armoire était posé un crucifix en cristal de roche et argent ciselé, d’un très beau travail italien du XVIIème siècle.

Au milieu de la pièce, on plaça la table où Raspoutine devait prendre sa dernière tasse de thé.

L’intendant de notre maison et mon valet de chambre m’aidaient à disposer les meubles. Je les chargeai de préparer du thé pour six personnes, d’acheter des biscuits et des gâteaux et d’aller prendre du vin à la cave.
Je leur dis que j’attendais du monde à onze heures du soir et qu’ils pouvaient se retirer dans la chambre de service jusqu’à mon appel.

Le cyanure dans les gâteaux

A onze heures, tout était prêt dans le nouvel appartement. Le samovar fumait déjà sur la table au milieu d’assiettes de gâteaux et de friandises qui plaisaient spécialement à Raspoutine.

Profitant de ce que j’étais encore seul, je jetai un dernier coup d’œil pour m’assurer que rien n’avait été oublié : des lanternes anciennes aux verres de couleur éclairaient la pièce de haut, les lourdes portières en damas rouge étaient baissées.

L’aspect lugubre de cette salle souterraine avait disparu. Il s’en dégageait à présent , grâce à son ameublement et aux doux reflets de son éclairage, un atmosphère de confort.

Un coup de sonnette m’annonça l’arrivé du grand-duc Dimitri et de mes autres amis.

J’allai les recevoir. Ils avaient tous l’air très décidé, mais ils parlaient trop haut pour que leur insouciance me parût naturelle.

Nous passâmes dans la salle à manger. Je tirai de l’armoire au labyrinthe la boîte qui contenait le poison et je posai sur la table une assiette de gâteaux. Il y en avait six, trois à la crème et trois au chocolat.

Le docteur Lazovert mis ses gants de caoutchouc, pris les cristaux de cyanure de potassium qu’il réduisit en poudre. Puis, ayant soulevé la calotte des gâteaux, il saupoudra la partie inférieure d’une dose de poison qui, d’après lui, était suffisante pour provoquer la mort instantanée de plusieurs personnes.

Un silence impressionnant régnait dans la chambre ; tous, nous suivions avec émotion les gestes du docteur. Il restait encore à verser le cyanure dans les petits verres. On décida de le faire au dernier moment, afin qu’il ne perdît pas de son efficacité en s’évaporant.

Il fallait donner l’illusion que notre souper s’achevait, car j’avais prévenu Raspoutine que lorsque nous avions des invités, nous prenions nos repas dans la salle à manger du sous-sol et que je restais quelquefois seul en bas à lire où à travailler tandis que mes amis montaient fumer dans mon cabinet.

Nous mîmes à la hâte la table en désordre ; nous reculâmes les chaises et versâmes du thé dans les tasses.

Il était entendu que le grand-duc, Pourichkevitch et Soukhotine, quand je serais parti chercher le « starets » se retireraient au premier étage et feraient jouer le gramophone en prenant soin de choisir des airs gais. Je tenais à entretenir chez Raspoutine sa bonne humeur et à éloigner de son esprit toute défiance.

Tous les préparatifs terminés, j’endossai un grand manteau de fourrure et je rabattis jusqu’à mes oreilles une casquette fourrée qui me dérobait complètement le visage. Le docteur Lazovert, travesti en chauffeur, mit le moteur en marche et nous montâmes dans l’automobile qui attendait dans la cour devant le petit perron.

Mon cerveau n’était qu’un tourbillon de pensées, mais la confiance dans l’avenir me soutenait. Pendant les quelques minutes que dura ce trajet que je faisais pour la dernière fois, je vécus des émotions intenses.

L’automobile s’arrêta au numéro 64 de la rue Gorokhovaia, devant la maison de Raspoutine.

Le concierge laisse passer

A peine entré dans la cour, j’entendis la voix du portier :

- Que voulez-vous ?

Apprenant que je désirais voir Raspoutine, il ne voulut d’abord pas me laisser passer, insistant pour connaître mon nom et le motif de ma visite à une heure aussi tardive.

Je répondis que Raspoutine lui-même m’avait prié de venir le cherche à cette heure-là et de monter chez lui par l’escalier de service. Le concierge me laissa alors passer.

L’escalier n’était pas éclairé, je dus monter à tâtons et ce fut à grand-peine que je trouvais la porte de l’appartement du « starets ».

Je sonnai.

Qui est là ? me cria-t-il de derrière la porte.

Je tressaillis.

Grégoire Ephimovitch, répondis-je, c’est moi qui vient vous chercher.

J’entendis Raspoutine remuer dans sa chambre. Il ouvrit et j’entrai dans la cuisine.

Il faisait obscur. Il me sembla que quelqu’un m’épiait de la chambre voisine. Instinctivement je relevai mon collet et abaissai ma casquette sur mes yeux.

- Qu’as-tu à te cacher de la sorte ? me demanda Raspoutine.
- Mais n’était-il pas convenu que personne ne devait savoir que vous sortiez avec moi ce soir ?

- C’est vrai, c’est vrai. Aussi n’en ai-je pas soufflé mot aux miens. Voilà, je vais m’habiller.

J’entrai avec lui dans sa chambre à coucher éclairée seulement par la petite lampe qui brûlait devant les icônes. Je remarquai alors que son lit était défait. Probablement venait-il de se reposer.

Raspoutine était vêtu d’une blouse de soie blanche brodée de bleuets. Un gros cordon de couleur framboise lui servait de ceinture. Sa large culotte de velours noir et ses bottes paraissaient toutes neuves. Ses cheveux étaient peignés avec un soin tout particulier.

Je ne l’avais encore jamais vu aussi propre et aussi soigné.

- Et bien ! Grégoire Ephimovitch, il est temps de partir, il est minuit passé.

- Et les Tziganes, irons-nous les voir ?

- Je ne sais pas, peut-être, répondis-je

- Tu n’auras personne chez toi ce soir ?, me demanda-t-il avec une certaine inquiétude dans la voix.

Je le tranquillisai en lui disant qu’il ne verrait chez moi aucune personne qui lui déplairait.

« On va te tuer »

- Tiens, me dit-il tout à coup, pas plus tard que ce soit, Protopopov est venu me trouver et m’a fait jurer de ne pas sortir ces jours-ci. « On va te tuer », me déclara-t-il. « Tes ennemis te préparent un mauvais coup ». Mais ce sera peine perdue. Ils n’y réussirons pas… Allons, assez causé… partons.

Je pris la pelisse qui était sur le coffre et je l’aidai à la mettre sur ses épaules.

- Et mon argent que j’oubliais, dit tout à coup Raspoutine en marchant rapidement vers le coffre qu’il ouvrit. J’aperçus alors quelques rouleaux enveloppés dans du papier journal.

Après avoir pris une partie de son argent et refermé soigneusement son coffre, Raspoutine souffla la bougie. La chambre fut de nouveau plongée dans une demi-obscurité.

Une immense pitié pour cet homme s’empara tout à coup de moi. J’eus honte des moyens abjects, de l’horrible imposture auxquels j’avais recours. A ce moment, je fus pris d’un sentiment de mépris pour moi-même. Je me demandai comment j’avais pu concevoir une crime aussi lâche.

Je regardai avec effroi ma victime, tranquille et confiante devant moi.

Qu’était devenue sa clairvoyance ? A quoi lui servait son don de prédire l’avenir, de lire les pensées des autres, s’il ne voyait pas le terrible piège qu’on lui tendait ? On aurait dit que le destin jetait un voile sur son esprit… pour que justice se fasse.

Mais tout à coup, je revis comme dans un éclair toutes les phases de la vie infâme de Raspoutine. Mes remords de conscience et mon sentiment de repentir s’évanouirent et firent place à la ferme détermination de mener à bout la tâche commencée.

Nous sortîmes sur le palier obscur et Raspoutine ferma la porte derrière lui.

Nous fîmes un détour pour arriver à la Moïka, et nous entrâmes dans la cour où l’automobile s’arrêta de nouveau devant le petit perron.

Protégé contre le mauvais sort

En entrant dans la maison, j’entendis les voix de mes amis, ainsi qu’une chansonnette américaine au gramophone. Raspoutine tendit l’oreille :

- Qu’est-ce que cela, dit-il, fait-on la fête ici ?

- Non, ma femme reçoit quelques amis qui vont partir bientôt. Allons en attendant dans la salle à manger, prendre un tasse de thé.

Nous descendîmes. A peine entré dans la chambre, Raspoutine enleva sa pelisse et se mit à examiner l’ameublement avec curiosité. La petite armoire aux multiples miroirs fixa tout particulièrement son attention. Il paraissait ravi, comme un enfant, il s’en approchait à tout moment, l’ouvrait, la fermait, et l’examinait au-dedans et au-dehors.

A mon grand désappointement, il commença par refuser le vin et le thé.

- Aurait-il deviné quelque chose ? pensai-je. Mais aussitôt je pris la ferme décision que quoi qu’il advînt, il ne sortirait pas vivant de la maison.
Nous nous assîmes à table et la conversation s’engagea.
Nous passions en revue nos connaissances communes. On parla naturellement de Tsarskoïe Selo .

- Grégoire Ephimovitch, lui demandai-je, pourquoi Protopopov a-t-il été chez vous ? A-t-il toujours peur d’un complot ?

- Et bien ! oui, mon cher, il paraît que mon franc-parler gêne beaucoup de personnes. Les aristocrates ne peuvent pas s’habituer à l’idée qu’un simple paysan se promène dans les salles du palais impérial… Ils sont rongés par l’envie et la colère… Mais je ne les crains pas. Je suis protégé contre le mauvais sort. Il arrivera malheur à tous ceux qui lèveront la main sur moi.

Ces paroles de Raspoutine résonnaient d’une façon lugubre dans l’endroit même où il devait périr. Mais rien ne pouvait plus me troubler. Pendant tout le temps qu’il parlait je n’avais qu’une seule pensée : le forcer à boire du vin dans les petits verres et le faire goûter aux gâteaux.

Au bout de quelques temps, après avoir épuisé ses sujets habituels de conversations, Raspoutine me pria de lui donner du thé.

Je m’empressai de le faire et lui présentai l’assiette de biscuits. Pourquoi lui ai-je offert précisément les biscuits qui n’étaient pas empoisonnés ? C’est à quoi je ne saurais répondre…

Ce n’est qu’un moment après que je lui passai l’assiette de gâteaux contenant le cyanure.

Il commença par les refuser.

- Je n’en veux pas, dit-il, ils sont trop doux.

Pourtant, il en prit bientôt un, puis un autre… Je le regardai avec effroi. L’effet du poison devait se manifester tout de suite mais, à ma grande stupeur, Raspoutine continuait à me parler comme si de rien n’était.

Du bon madère

Je lui proposai alors de goûter de nos vins de Crimée. Il refusa de nouveau.

Le temps passait. Je devenais nerveux. Malgré son refus, je pris deux verres qui ne contenaient pas de poison ; je remplis l’un pour lui, l’autre pour moi ? Pourquoi répétai-je la même manœuvre ? Je ne puis me l’expliquer. Changeant d’avis, Raspoutine accepta le verre que je lui tendais.

Il but avec plaisir, trouva le vin à son goût et me demanda si nous en faisions beaucoup en Crimée. Quand je lui dis que nous en avions des caves pleines, il parut très étonné.

- Verse-moi du madère, me dit-il.

A ce moment, je voulus lui tendre un autre verre qui contenait du poison, mais il protesta en me dit :

- Verse dans le même verre.

- Cela ne se peut pas, Grégoire Ephimovitch, lui répondis-je, il ne faut pas mélanger ces deux vins.

- Tant pis, verse ici… te dis-je.

Il fallut céder sans insister davantage.

A ce moment, je fis tomber, comme par mégarde, le verre dans lequel il avait bu et j’en profitai pour lui verser du madère dans un verre contenant du cyanure.

Raspoutine ne fit plus d’objection.

Je me tenais debout devant lui et suivais chacun de ses mouvements, m’attendant à tout moment à le voir s’écrouler…

Mais lui continuait à boire, lentement, à petites gorgées, dégustant son vin comme seuls les connaisseurs savent le faire.

Sa figure ne changeait pas. De temps à autre seulement, il portait la main à son cou comme s’il avait de la peine à avaler. Il se leva et se mit à marcher dans la chambre. Et quand je lui demandai ce qu’il avait, il me répondit :

- Mais rien, tout simplement un chatouillement dans la gorge.

Le poison n’agit pas

Il y eut quelques minutes pénibles.

- Le madère est bon, donne m’en encore, me dit-il.

Cependant, le poison n’agissait toujours pas. Je pris alors un autre verre contenant du cyanure, le remplis de vin et le tendis à Raspoutine.

Il le vida comme les précédents, mais sans plus de résultat.

Il ne restait plus sur le plateau que le troisième et dernier verre.

Alors, en désespoir de cause, pour forcer Raspoutine à m’imiter, je me mis moi-même à boire.

Nous étions assis l’un en face de l’autre et nous buvions en silence.

Il me regardait. Ses yeux avaient une expression de malice. Ils semblaient dire :

- Vois-tu, tu as beau faire, tu ne peux rien contre moi.

Tout à coup, son visage prit une expression féroce et pleine de colère. Jamais je ne l’avais encore vu si effrayant.

Il attacha sur moi son regard satanique. En ce moment, j’avais pour lui un sentiment de haine particulière et j’étais prêt à me jeter sur lui pour l’étrangler.

Un silence de mauvaise augure régnait dans la chambre. Il me parut qu’il savait pourquoi je l’avais amené ici et ce que j’étais en train d’exécuter.

Il y eut entre nous une sorte de lutte muette, étranger et terrible. Encore un moment, et j’allais être vaincu, anéanti. Je sentais que sous le lourd regard de Raspoutine mon sang-froid s’échappait : une torpeur indicible s’emparait de moi. La tête me tournait.

Quand je revins à moi, je vis Raspoutine toujours assis à la même place, la tête dans les mains ; on ne voyait pas ses yeux.

J’avais repris mon équilibre et je lui offris encore une tasse de thé.

- Verse, me dit-il, d’une voix éteinte. J’ai grand-soif.

Il releva la tête. Ses yeux étaient ternes et il me semblait qu’il évitait de me regarder.

Une chanson triste

Pendant que je versais le thé, il se leva et fit quelques pas dans la chambre. Ayant aperçu ma guitare que j’avais laissée sur une chaise, il me dit :

- Joue-moi quelque chose de gai, j’aime à t’entendre.

Il était difficile de chanter, en un moment pareil, surtout quelque chose de gai.

- Je n’en ai pas vraiment le cœur, lui dis-je, mais je pris tout de même ma guitare et commençai une chanson triste.

Il s’assit et écouta d’abord avec attention : ensuite, il pencha la tête sur la table et ferma les yeux. Il me parut qu’il s’était assoupi.

Quand j’eus terminé la romance, il rouvrir les yeux et me regarda tristement.

- Chante encore un peu. J’aime beaucoup cette musique, tu y mets tant d’âme.

Je me remis à chanter.

Et le temps passait, la pendule marquait déjà deux heures et demie du matin… il y avait deux longues heures que durait ce cauchemar.

- Qu’arrivera-t-il, pensais-je, si mes nerfs ne résistent pas ?

En haut, on paraissait perdre patience également. Le bruit qui arrivait jusqu’à nous ne faisais qu’augmenter. Je craignais que mes amis, n’y tenant plus, fissent irruption dans la chambre.

- Pourquoi fait-on tant de tapage ? me demanda Raspoutine en relevant la tête.

- Ce sont probablement les invités qui s’en vont, lui répondis-je : je vais monter voir ce qui en est.

Là-haut, dans mon cabinet, le grand-duc Dimitri, Pourichkevitch et Soukhotine, revolver au poing, se précipitèrent vers moi.

Les questions commencèrent à pleuvoir de tous côtés.

- Et bien ! Est-ce fait ? Est-ce fini ?

- Le poison n’a pas agi, répondis-je.

Abasourdis par cette nouvelle, tous gardèrent le silence.

- Ce n’est pas possible, s’écria le grand-duc !

- La dose était pourtant énorme ! Est-ce qu’il a tout avalé ? demandèrent les autres.

- Tout, répondis-je

La tête un peu lourde

Nous nous mîmes à discuter sur ce qu’il y avait à faire et il fut décidé que nous devions descendre nous jeter sur Raspoutine et l’étrangler. Déjà nous étions dans l’escalier lorsque la crainte me vint de compromettre par ce moyen toute l’affaire. L’apparition soudaine de personnes étrangères éveillerait les soupçons de Raspoutine et qui sait de quoi cet être diabolique était capable.

Je rappelai mes amis et leur dis mes appréhensions.

J’eus grand-peine à les convaincre de me laisser descendre seul et d’en finir avec Raspoutine sans leur aide.

Je pris le revolver du grand-duc, et je descendis dans la salle à manger.

Raspoutine était toujours assis à la même place où je l’avais laissé. Il avait la tête tout à fait penchée et respirait difficilement.

Je m’approchai tout doucement de lui et m’assis à ses côtés ; il ne fit aucune attention à moi. Après quelques minutes d’un affreux silence, il releva lentement la tête et me regarda. Ses yeux ne voyaient plus rien ; ils paraissaient morts.

- Vous sentez-vous mal, lui demandai-je ?

- Oui, j’ai la tête lourde et une sensation de brûlure dans l’estomac. Verse-moi encore un petit verre. Cela me fera du bien.

Je lui versai du madère qu’il avala d’un trait. Après quoi il se ranima et redevint gai.

Après avoir échangé quelques mots avec lui, je vis qu’il avait sa pleine conscience et qu’il raisonnait d’une façon tout à fait normale. Tout à coup, il me proposa de l’accompagner chez les bohémiens. Je refusai sous prétexte qu’il était trop tard.

- Cela ne fait rien, dit-il. Ils y sont habitués, quelquefois, ils m’attendent toute la nuit. Il m’arrive d’être retenu à Tsarskoïe Selo par des affaires importantes, ou tout simplement pour parler de Dieu… Alors je me rends directement chez eux en automobile. Le corps, lui aussi, a besoin de repos… n’est-ce pas vrai ce que je dis ? Les pensées sont toutes pour Dieu, mais le corps est pour les hommes. Et voilà ! ajoutait Raspoutine avec un clignement d’œil fripon.

Le crucifix de cristal

Je ne m’attendais certes pas à entendre de telles paroles de celui auquel j’avais fait prendre une dose énorme du plus inexorable des poisons. Ce qui me frappait surtout dans tout cela, c’est que Raspoutine qui, par une intuition extraordinaire, saisissait et devinait généralement tout, était si loin de penser qu’il allait mourir.

Comment ses yeux perçants n’avaient-ils pas vu que je tenais derrière mon dos un revolver qui, d’une minute à l’autre, serait braqué sur lui ?

Je tournai machinalement la tête et j’aperçus le crucifix en cristal. Je me levai pour m’en approcher.

- Qu’as-tu à regarder si longtemps ce crucifix ? me demanda Raspoutine.

- Il me plaît beaucoup, répondis-je, il est si beau.

- En effet, dit-il, il est très beau, il a dû coûter cher. Combien l’as-tu payer ?

En disant ces mots, il fit quelques pas vers moi et, sans attendre ma réponse, il ajouta :

- Quant à moi, l’armoire avec le labyrinthe me plaît davantage ; et allant vers elle, il l’ouvrit, et se remis à l’examiner.

- Grégoire Ephimovitch, lui dis-je, vous feriez mieux de regarder le crucifix et de dire une prière.

Raspoutine jeta sur moi un regard étonné, presque effrayé. J’y vis une expression nouvelle que je ne lui connaissais pas. Ce regard avait quelque chose à la fois de doux et de soumis. Il vont tout près de moi et me regarda bien en face. On aurait dit qu’il avait enfin lu dans mes yeux quelque chose à quoi il ne s’attendait pas. Je compris que le moment suprême était venu.

- Seigneur, implorai-je, donnez-moi la force d’en finir.

Il est mort

D’un geste lent, je tirai le revolver de derrière mon dos. Raspoutine se tenait toujours debout devant moi, immobile, la tête penchée à droite ; ses yeux hypnotisés par le crucifix, restaient figés sur lui.

- Où faut-il viser, pensai-je, à la tempe ou au cœur ?

Un frisson me secoua tout entier. Mon bras s’était tendu. Je visai au cœur et pressai la détente.

Raspoutine poussa un rugissement sauvage et s’effondra sur une peau d’ours.

Au même instant, j’entendis du bruit dans l’escalier. C’étaient mes amis qui accouraient. Dans leur précipitation, ils avaient accroché un commutateur électrique et nous étions plongés dans l’obscurité la plus complète.

Quelqu’un se cogna à moi et poussa un cri ; je ne bougeais pas de peur de marcher sur le cadavre. Enfin, la lumière reparut et tout le monde se précipita vers le corps de Raspoutine.

Il était étendu sur le dos. Ses traits se contractaient par moments. Il avait les yeux fermés. Sa blouse de soie était rougie d’une tache sanglante. Nous nous penchâmes tous sur le corps pour l’examiner.

Au bout de quelques minutes, Raspoutine qui n’avait plus rouvert les yeux, cessa de bouger.

On examina sa blessure, la balle avait traversé la région du cœur. Il n’y avait plus à en douter, il était bien mort. Le grand-duc et Pourichkevitch transportèrent le cadavre de la peau d’ours sur les dalles. Nous éteignîmes l’électricité et montâmes dans mon cabinet après avoir fermé à clef la porte de la salle à manger.

Tous nous nous sentions le cœur plein d’espérance tellement nous avions la conviction que l’événement qui venait de se passer sauverait la Russie de la ruine et du déshonneur.

Conformément à notre plan, le grand duc Dimitri, Soukhotine et le docteur devaient faire semblant de raccompagner Raspoutine chez lui pour le cas où la police secrète nous eût suivis à notre insu. A cet effet, il était entendu que Soukhotine se ferait passer pour le « starets » en mettant sa pelisse et son bonnet et partirait en compagnie du grand-duc et du docteur dans l’automobile verte de Pourichkevitch.

Ils porteraient ensuite les vêtements de Raspoutine à la gare de Varsovie, lez brûleraient dans le train sanitaire de Pourichkevitch et laisseraient l’automobile découverte à la gare.

Prenant alors un fiacre, ils devaient se rendre au palais du grand-duc où ils trouveraient son automobile fermée qui le ramènerait à la Moïka. Là, ils chargeraient le cadavre qu’ils transporteraient jusqu’à l’île Petrovsky.

Nous priâmes le docteur, qui devait conduire l’automobile, de rouler le plus rapidement possible, en faisant un détour afin de dépister éventuellement les agents de police.

Pourichkevitch et moi restâmes à la Moïka. En attendant le retour de nos amis, nous parlions de l’avenir de notre patrie à tout jamais délivrée de son mauvais génie.

Pendant que nous causions, je fus saisis soudain d’une vague inquiétude et d’un désir irrésistible de descendre dans la salle à manger où reposait le corps. Je me levai et je descendis.

Par terre, à l’endroit même où nous l’avions laissé, gisait Raspoutine. Je lui tâtais le pouls. On ne percevais plus aucun battement. Raspoutine était bien mort.

Je ne m’expliquepas pourquoi je saisistoutàcoup le cadavre par les deux gras et le secouai si violemment qu’il enfut soulevé, se penchad’un côté,puis retomba.

Après être resté quelques temps à côté de lui, je me disposais à m’en aller lorsque mon attention fut subitement attirée par un tressaillement presque imperceptible de sa paupière gauche. Je me penchai sur lui et je l’observai avec attention ; de légers tremblements contractaient son visage.

Tout à coup, je vis s’entrouvrir son œil gauche.

Le mort qui ne l’étaitpas

Quelques instants aprèss a paupière droite commença à trembler à son tour et se souleva. Je vis alors les deux yeux de Raspoutine, des yeux verts de vipère, fixés sur moi avec une expression de haine satanique.

Mon sang se figea dans mes veines. Je voulus m’enfuir, appeler au secours, mais mes jambes refusaient de m’obéir, et aucun son ne sortait de ma gorge oppressée.
Raspoutine bondit

Alors, il se passa une chose atroce. D’un mouvement brusque et violent, Raspoutine bondit sur ses jambes, l’écume à la bouche. Il était effroyable à voir. Un rugissement sauvage retentit dans la chambre et je vis ses mains convulsées battre l’air. Puis il se précipita sur moi ; ses doigts cherchant à me saisir la gorge s’enfonçaient dans mon épaule. Ses yeux sortaient de leur orbite, le sang coulait de ses lèvres.

D’une voix basse et rauque, Raspoutine m’appelait tout le temps par mon nom.

Rien ne peut se comparer au sentiment d’horreur qui me saisit. Je tâchai de me libérer de son étreinte mais j’étais pris comme dans un étau. Une lutte terrible s’engagea entre nous.

Cette créature qui mourait empoisonnée, la région du cœur traversée par une balle, ce corps que les puissances du mal paraissaient avoir ranimé pour se venger de leur déroute avait quelque chose de si effrayant, de si monstrueux que, lorsque j’y repense, je ne parviens pas à me libérer d’un sentiment d’effroi.

Il me sembla comprendre encore mieux qui était Raspoutine. J’avais l’impression d’avoir devant moi Satan lui-même incarné dans ce paysan et qui m’avait saisi dans ses griffes pour ne plus me lâcher.
Grâce à un effort surhumain, je parvins à me dégager de son étreinte.

Il retomba sur le dos, râlant affreusement et serrant dans sa main mon épaulette qu’il avait arrachée pendant notre lutte ; il gisait de nouveau sans mouvements sur le sol. Au bout de quelques instants, il remua. Je me précipitai dans l’escalier en appelant Pourichkevitch.
- Vite, vite, descendez ! cria-je, il vit encore.

Quatre coups de feu

A ce moment, j’entendis du bruit derrière moi ; je me précipitai dans mon cabinet où j’avais laissé le bâton en caoutchouc que m’avait donné « à tout hasard » le député Maklakoff. Je m’en saisis et me jetai dans l’escalier, suivi de près par Pourichkevitch qui armait son revolver.

Rampant sur ses genoux et sur le ventre, râlant et rugissant comme un bête fauve blessée, Raspoutine grimpait rapidement les marches de l’escalier.
Ramassé sur lui-même, il fit un dernier bond et réussit à atteindre la porte secrète qui donnait accès dans la cour. Sachant que cette porte était fermée à clef, je me plaçai sur le palier supérieur, serrant fortement dans ma main le bâton en caoutchouc.

Quels ne furent pas ma stupéfaction et mon effroi en voyant la porte s’ouvrir et Raspoutine disparaître dans la nuit ! Pourichkevitch s’élança à sa poursuite. Deux coups de feu se firent entendre, répercutés dans la cour. La pensée qu’il pouvait nous échapper m’était intolérable.

Sortant par l’escalier principal, je courus le long de la Moïka, dans l’espoir d’arrêter Raspoutine près de la porte de sortie au cas où Pourichkevitch l’eût manqué.
La cour avait trois portes dont seule celle du milieu n’était pas fermée à clef. Je vis à travers la grille que c’était précisément vers cette porte-là que se dirigeait Raspoutine, guidé par un instinct d’animal.

Un troisième coup de feu retentit, puis un quatrième… Je vis Raspoutine chanceler et tomber près d’un tas de neige.

Pourichkevitch courut à lui, resta quelques secondes auprès du corps, puis, ayant la certitude que tout était fini cette fois, il se dirigea à grand pas vers la maison.

Je l’appelai, mais il ne m’entendait pas.

Le quai, ainsi que les rues environnantes, étaient déserts ; il y avait beaucoup de chances pour que les coups de feu n’eussent point été entendus. Rassuré sur ce point, je rentrai dans la cour et m’approchai du tas de neige derrière lequel était couché Raspoutine.
Il ne donnait plus aucun signe de vie. Il avait à la tempe gauche une plaie béante produite, comme je le sus plus tard, par le coup de talon que lui avait donné Pourichkevitch.

La police s’inquiète Mais à ce moment, quelques personnes coururent vers moi. C’était, d’un côté, deux de mes serviteurs et, de l’autre, un sergent de ville, tout trois alertés par les coups de feu.

J’allais à la rencontre du sergent de ville et je lui adressai la parole en me plaçant de façon à lui faire tourner le dos à l’endroit où gisait Raspoutine.

- Excellence, fit-il en me reconnaissant, il y a eu des coups de feu échangés ici ; que s’est-il passé ?

- Rien de particulier, répondis-je, c’est une sotte affaire. J ’avais ce soir une petite réunion chez moi ; un de mes camarades, qui avait bu un peu trop, s’est amusé à tirer des coups de feu et à déranger inutilement tout le monde. Si quelqu’un te demande ce qui est arrivé, tu n’auras qu’à répondre qu’il n’y a rien et que tout va bien.

Tout en parlant, je le reconduisis jusqu’à la porte.

Puis je revins vers le cadavre : les deux domestiques se tenaient auprès de lui.

Raspoutine, qui était toujours à la même place, tout recroquevillé, avait pourtant changé de position.
Mon Dieu, pensai-je, il vit encore ?

L’épouvante me saisit à la seule pensée qu’il pût se relever et je me dirigeai rapidement vers la maison. A peine rentré, j’appelai Pourichkevitch, mais il n’était pas là. Je ne me sentais pas bien, ma tête tournait.

J’entendais toujours la voix sourde de Raspoutine m’appelant par mon nom. Tout chancelant, je parvins à mon cabinet de toilette et je bus un verre d’eau. C’est à ce moment qu’entra Pourichkevitch.

- Ah, vous voilà ? Et moi qui vous cherchais partout ! s’écria-t-il. Je voyais trouble. Je croyais que j’allais tomber. Pourichkevitch, en me soutenant, m’emmena dans mon cabinet de travail.

A peine y étions-nous que mon valet de chambre vint m’annoncer que le sergent de ville auquel j’avais parlé quelques moments auparavant désirait me revoir, et que cette fois-ci, il était entré par la porte principale et non par la cour.

Les coups de feu avaient été entendus au poste de police et l’on avait mandé au sergent de ville de service pour qu’il fournisse des explications sur ce qui s’était passé. Sa version n’ayant pas été trouvée satisfaisante, la police insistait pour avoir de plus amples détails.

Aussitôt que le sergent de villa entra, Pourichkevitch lui dit d’une voix forte :

- As-tu entendu parler de Raspoutine ? Celui qui tramait la perte de notre patrie, celle du tsar et des soldats tes frères, celui qui nous trahissait au profit des Allemands, entends-tu !

Le sergent de ville, qui ne comprenait pas ce qu’on lui voulait, gardait le silence l’air hébété.

- Et sais-tu qui je suis ? poursuivit Pourichkevitch. Tu as devant toi Vladimir Mitrophanovitch Pourichkevitch, membre de la Douma. Les coups de feu que tu as entendus ont tué Raspoutine ; et si tu aimes ta patrie, tu garderas le silence.

Epouvanté, j’écoutais ces paroles ahurissantes qui furent si vite lâchées que je n’eus pas le temps d’intervenir. Pourichkevitch était dans une telle surexcitation qu’il ne se rendait pas compte de ce qu’il disait.

- Vous avez bien fait, finit par dire l’agent. Je garderai le silence, mais si l’on me fait prêter serment, il faudra bien que je dise tout ce que je sais : ce serait un péché de cacher la vérité. Ce disant, il sortit fort impressionné. Pourichkevitch courut après lui. Dans la Néva

A ce moment mon valet de chambre vint m’annoncer que le cadavre de Raspoutine avait été transporté sur le palier inférieur de l’escalier. Je me sentais très mal ; la tête continuait à me tourner. Je pouvais à peine marcher.

Je me levai pourtant, bien qu’avec difficulté, pris machinalement la matraque de caoutchouc et me dirigeai vers la porte de mon cabinet de travail.

En descendant l’escalier, j’aperçus le corps de Raspoutine étendu sur le palier. Le sang coulait de ses nombreuses blessures. Un lustre l’éclairait d’en haut et l’on voyait jusqu’au moindres détails de son visage défiguré.

Ce spectacle était profondément repoussant.

J’avais envie de fermer les yeux et de m’enfuir bien loin pour oublier, ne fût-ce qu’un instant, l’horrible réalité, et pourtant, malgré tout, j’étais attiré vers ce cadavre. Ma tête éclatait, mes idées se brouillaient. La rage et la haine m’étouffaient. J’eus une sorte d’accès. Je me précipitai sur lui et me mis à le frapper avec le bâton de caoutchouc comme si j’étais atteint de folie.

A ce moment, je ne connaissais plus ni loin divine ni loi humaine. Pourichkevitch me dit plus tard que cette scène était si affreuse que jamais il ne pourrait l’oublier. On essayait en vain de m’arracher à cette crise.

Lorsqu’on y parvint, j’avais perdu connaissance. Sur ces entrefaites le grand-duc Dimitri, le capitaine Soukhotine et le docteur Lazovert revinrent en automobile fermée chercher le corps de Raspoutine.

Quand Pourichkevitch leur eut raconté ce qui s’était passé, ils résolurent de me laisser en repos et de partir sans moi. Ils enveloppèrent le cadre dans une toile épaisse et le chargèrent sur l’automobile qui partit pour l’île Petrovsky. Là, du haut du pont, ils le précipitèrent dans la rivière.

Note finale qui n’est pas du prince Youssoupoff

C’est à cause d’une botte oubliée sur le pont qu’une enquête fut ouverte. Un scaphandrier remonta le corps, gelé et recouvert d’une épaisse couche de glace entourant le manteau de castor de Raspoutine. L’autopsie révéla trois points d’impacts de balles, qui avaient traversé le cœur, le cou et le cerveau. On trouva dans l’estomac « une masse épaisse de consistance molle et de couleur brunâtre », sans doute le poison. Mais surtout, l’autopsie révéla cette chose inouïe, que Raspoutine n’était mort ni du poison, ni des balles, ni des commotions et des coups assénés. La présence d’eau dans les poumons prouve sans appel qu’il respirait encore au moment où on le jeta dans la rivière. Raspoutine était mort noyé, ou de froid…


Liens

http://youtu.be/rMFFxfAS0MM Raspoutine L'ombre d'un doute
http://youtu.be/Qq9fVfrrDxU Raspoutine
http://youtu.be/wH2za5goGdk dossier Raspoutine
http://youtu.be/HNk2V60a9gs Raspoutine secret d'histoire
http://youtu.be/dT5dzrUf8z8 dossier secret 1
http://youtu.be/kIEzTq5AWHc Raspoutine Dossier secret 2
http://youtu.be/SYnVYJDxu2Q Boney M




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Posté le : 28/12/2013 16:15

Edité par Loriane sur 29-12-2013 15:53:26
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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