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Camille Desmoulins
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14/12/2011 15:49
De Montpellier
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Le 2 mars 1760 à Guise naît Camille Desmoulins,

mort guillotiné à Paris le 5 avril 1794 soit 16 germinal an II,


Il est dans l'histoire des figures privilégiées qui passent à travers les drames les plus sombres en gardant toujours le charme d'un sourire et comme le rayonnement de l'amour. Une légende attendrie se forme autour de leur mémoire et l'auréole de la pitié en fait des personnages de roman dont les générations se transmettent avec une sorte de tendresse la mémoire.
Tel est Camille Desmoulins qui nous apparaît en pleine Terreur au bras de sa Lucile et semble marcher avec elle à l'échafaud comme jadis, au seuil de Saint-Sulpice; - la martyre ayant remis une robe blanche telle qu'elle la portait pour marcher à l'autel.
La postérité est femme. Et elle a souri à Camille comme Lucile lui souriait. Elle lui a beaucoup pardonné parce qu'il fut beaucoup aimé. Son appel à la pitié traversera les siècles aussi sûrement que ses dernières et déchirantes lettres d'amour.
Le petit avocat de Picardie devenu un gamin de Paris nous apparaît, tout à coup, transfiguré par l'idée de clémence, comme un justicier dans son journal, comme un poète dans sa douleur.Et elle, la jeune fille aux cheveux blonds, se change sans effort en romaine, mourant comme celui à qui son coeur de femme avait enseigné la douceur et les larmes.
Et cette poignante histoire garde ainsi comme un reflet de légende; - et l'avenir s'attendrira éternellement devant ces deux jeunes têtes coupées qui échangeront toujours, dans la séparation suprême, leur dernier regard et leur dernier baiser.

avocat, journaliste et un révolutionnaire français.
Fils d'un lieutenant général au bailliage de Guise, Camille Desmoulins entre comme boursier à Louis-le-Grand et est condisciple de Robespierre. Avocat à Paris, il est élu aux États généraux. Il se lance dans la politique. Un moment, on le compte comme l'un de ceux qui soutiennent Mirabeau ; il devient, malgré son bégaiement, un des orateurs les plus écoutés des jardins du Palais-Royal où il prononce, le 13 juillet 1789, une harangue passée à la postérité
À la fin de novembre 1789, il fait paraître le journal Les Révolutions de France et de Brabant, qui connaîtra quatre-vingt-six numéros, où il ne cesse de dénoncer le complot aristocratique. Brillant opposant au suffrage censitaire, il fait remarquer, au cours des discussions, qu'une telle loi électorale exclurait Rousseau et Jésus-Christ de l'éligibilité. S'il ne participe pas à la manifestation du Champ-de-Mars 17 juill. 1791, il doit cependant suspendre la publication de son journal.
Partisan de la paix, comme Robespierre, en 1792, il change de camp et pétitionne en faveur de la guerre avec Danton et Marat à la section du Théâtre-Français.
Après le 10-Août, il devient secrétaire général du ministère de la Justice, occupé par Danton, et il déclare qu'aux massacres de Septembre :
"tout s'est passé avec ordre ".
Élu à la Convention, il siège dans les rangs de la Montagne où il ne joue qu'un rôle effacé, peut-être parce qu'on ne voit en lui qu'un léger républicain à calembours et à bons mots, diseur de gaudrioles de cimetière . Selon l'avis de Robespierre, c'est un enfant gâté. Barère affirme pour sa part :
"Il avait beaucoup d'esprit et trop d'imagination pour avoir du bon sens. »
Desmoulins s'oppose violemment à Brissot pour qui il était "vendu à tout le monde ... acheté de personne" et contre qui il publie deux brochures, "Brissot dévoilé" et "Histoire des brissotins", où il dénonce son absence de probité et lui rappelle qu'il fut l'homme de La Fayette.
Profondément ébranlé par la condamnation des Girondins le 30 octobre 1793, il lance Le Vieux Cordelier le 5 décembre, où il attaque d'abord les "exagérés à moustaches"
les hébertistes, puis, avec un grand courage, il fait de vibrants appels à la clémence :
"L'indignation imposa l'éloquence à l'intrépide et grivoise ironie du tribun", comme l'écrit Chateaubriand.
Arrêté le soir du 31 mars 1794, jugé en même temps et dans les mêmes conditions que les dantonistes, il est exécuté le 5 avril.
Sa femme Anne Lucile Duplessis-Laridon, connue sous le nom de Lucile Desmoulins, Paris 1771-Paris 1794, était la fille d'un premier commis à l'administration des Finances. Quand son mari fut arrêté, elle protesta dans une lettre adressée à Robespierre ; accusée de complicité, elle fut condamnée à mort et exécutée le 13 avril.

Sa vie

Lucie-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins est le fils aîné de Jean-Benoît-Nicolas Desmoulins, seigneur de Bucquoy et de Sémery, lieutenant général au bailliage de Guise, en Picardie et de Marie-Madeleine Godart. Il a sept frères et sœurs.
Né le 2 mars 1760, Camille Desmoulins est baptisé le 3 mars 1760 à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul à Guise, comme l'indique son acte de baptême :
"1760 : le deuxième jour du présent mois est né et a été baptisé le troisième jour de mars Lucie-Simplice-Camille-Benoist, fils de maistre Jean-Benoist-Nicolas Desmoulins, lieutenant-général civil et criminel au bailliage de Guise, et de dame Marie-Magdeleine Godart, son épouse.
Le parrain, M. Joseph Godart, son oncle maternel, de la paroisse de Wiège ; la marraine, dame Magdeleine-Élisabeth Lescarbotte, de cette paroisse, qui ont signé avec nous le présent acte.
Camille entre comme boursier au lycée Louis-le-Grand, où il fait de bonnes études : il est primé au concours général, la même année que son condisciple Maximilien de Robespierre. Il devient ensuite avocat à Paris.

Avocat et journaliste à Paris

Il fait alors partie de l’entourage de Mirabeau. Malgré un bégaiement remarqué, il devient un des principaux orateurs de la Révolution française. Son premier grand discours a lieu devant la foule réunie dans les jardins du Palais-Royal devant le café de Foy le 12 juillet 1789 après la démission de Necker à Versailles, prise pour un renvoi à Paris.
Il fait ses débuts de journaliste en novembre 1789, où il publie Les Révolutions de France et de Brabant, journal qui comptera 86 numéros. Il y dénonce constamment le complot aristocratique. Il s’oppose également au suffrage censitaire, en déclarant qu’un tel mode d’élection aurait exclu Jésus-Christ ou Jean-Jacques Rousseau.
Son journal est suspendu après la manifestation du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791, bien qu’il n’ait lui-même pas participé à cet événement. Un autre journaliste jacobin, Joseph Du Saulchoy, par admiration pour lui, prendra la relève et fera publier le journal jusqu'en décembre 1791.

Le mariage avec Lucile

Camille Desmoulins épouse Anne Lucile Laridon-Duplessis le 29 décembre 1790 en l'église Saint-Sulpice à Paris. Ce jeune couple, qui s’est écrit de nombreuses lettres d’amour, est considéré comme un symbole des "Amours sous la Révolution française". Les témoins du mariage sont notamment Maximilien Robespierre et Louis-Sébastien Mercier. L'acte de mariage dans le registre paroissial de l'église Saint-Sulpice est ainsi rédigé :

"Ledit jour, vingt-neuf décembre 1790, a été célébré le mariage de Lucile-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins, avocat, âgé de trente ans, fils de Jean-Benoît-Nicolas Desmoulins, lieutenant général au bailliage de Guise, et de Marie-Madeleine Godart, consentants, avec Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis, âgée de vingt ans, fille de Claude-Étienne Laridon-Duplessis, pensionnaire du Roi, et d'Anne-Françoise-Marc Boisdeveix, présents et consentants, les deux parties de cette paroisse, l'époux depuis six ans, rue du Théâtre-Français, l'épouse de fait et de droit depuis cinq ans avec ses père et mère, rue de Tournon ; trois bans publiés en cette église sans opposition, permission de fiancer et de marier le même jour en ce temps prohibé de l'avent, accordée par MM. les vicaires généraux le vingt-sept de ce mois, fiancailles faites.
Présents et témoins, du côté de l'époux : Jérôme Pétion, député à l'Assemblée nationale, rue du Fauxbourg Saint-Honoré, paroisse de la Madeleine-la-Ville-l'Évêque ; Charles-Alexis Brulard, député à l'Assemblée nationale, rue Neuve-des-Mathurins, paroisse de la Madeleine-la-Ville-l'Évêque ; du côté de l'épouse : Maximilien-Marie-Isidore Robespierre, député à l'Assemblée nationale, rue Saintonge, paroisse Saint-Louis-en-l'Île ; Louis-Sébastien Mercier, de plusieurs académies, rue des Maçons, paroisse Saint-Séverin, qui tous ont certifié le domicilie comme dessus et la liberté des parties, et ont signé.
Signé :
Camille Desmoulins, époux, Laridon-Duplessis, épouse, Laridon-Duplessis, père, Boisdeveix, mère, Pétion, Brulard, Robespierre, JP Brissot, Mercier
Berardier, député à l'Assemblée nationale,
Gueudeville, vicaire de Saint-Sulpice.
Député à la Convention nationale.

Avant et après la déclaration de guerre de 1792, il est résolument partisan de la paix, comme ses amis Robespierre, Danton et Marat. Cette opinion est formulée au club des jacobins en décembre 1791, dans Jacques-Pierre Brissot démasqué en février 1792, puis à partir du 30 avril 1792 dans La Tribune des Patriotes journal cofondé avec Fréron. Après le 10 août 1792 et la chute de la Monarchie, il devient secrétaire du ministère de la Justice, dirigé par Danton.
Il devient de plus en plus engagé dans la voie d’une répression des contre-révolutionnaires. Il est élu à la Convention nationale, où il siège parmi les Montagnards, mais ne joue pas de rôle important.
Dans le procès du roi en janvier 1793 il vote contre l'appel au peuple, pour la mort et contre le sursis. Le 13 avril 1793, il se prononce contre la mise en accusation de Marat. Beaucoup de ses contemporains voient en lui un brillant orateur, mais incapable de jouer un rôle politique. Il s’oppose beaucoup à Jacques-Pierre Brissot, qui l’accuse d’être corrompu.
Il publie contre lui Brissot dévoilé et Histoire des brissotins, où il rappelle la versatilité de son adversaire, ancien proche de La Fayette.
Il s’éloigne peu à peu des Montagnards, notamment après la condamnation des Girondins le 30 octobre 1793 qu'il aurait regrettée d'après des sources thermidoriennes.
Il fonde alors un nouveau journal, Le vieux cordelier, où il attaque les Hébertistes et lance des appels à la clémence. Dans le septième et dernier numéro, resté longtemps inédit, il attaque pour la première fois Robespierre qu'il accuse d'avoir tenu au club des jacobins contre l'Angleterre le 30 janvier 1794 le langage belliciste de Brissot

Procès et exécution à Paris

Considéré comme dantoniste, Camille Desmoulins est arrêté en même temps qu’eux le 31 mars 1794. Interrogé sur son identité devant le Tribunal révolutionnaire, Desmoulins répond :
"J’ai trente-trois ans, âge du sans-culotte Jésus, âge critique pour les patriotes".
Exclu des débats à la demande de Saint-Just, il est condamné à mort. Il est guillotiné place de la Révolution en même temps que Danton et leurs amis le 5 avril 1794. Sur l'échafaud, Camille Desmoulins aurait dit : "Voilà comment devait finir le premier apôtre de la liberté !", avant de demander au bourreau Sanson de remettre à sa belle-mère une mèche de cheveux de Lucile.
Son dernier mot, avant que ne tombe le couperet, est "Lucile". Il repose actuellement au catacombes de Paris.
Son acte de décès dans l'état civil de Paris est rédigé de la façon suivante :
"Du sept floréal l'an deuxième de la République, acte de décès de Lucie-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins, du 16 germinal, profession : homme de lettres, âgé de trente-trois ans, natif de Guise, district de Vervins, domicilié à Paris, place du Théâtre-Français.
La place du Théâtre-Français est l'actuelle place de l'Odéon.
Anne Lucile Laridon-Duplessis, femme de Camille Desmoulins, sera également guillotinée une semaine plus tard, le 13 avril 1794

Descendance en Haïti : Horace-Camille Desmoulins

Camille et Lucile Desmoulins ont eu un fils, Horace-Camille Desmoulins, né le 6 juillet 1792 à Paris dont Robespierre sera le parrain lors d’un des premiers baptêmes républicains.
La formulation de l'acte de naissance d'Horace-Camille Desmoulins, en date du 6 juillet 1792, le premier acte de l'état civil de la municipalité de Paris et signé par le greffier Pierre-Paul Royer-Collard, est un témoignage du contexte de l'époque, annonçant la république :

"Acte de naissance d'Horace Desmoulins."
Extrait du registre provisoire des naissances, constatées à la ci-devant maison commune de Paris, année 1792.
Ce jourd'hui, 8 juillet 1792, l'an IV de la liberté, est comparu devant nous officier municipal, administrateur de police, étant actuellement à la maison commune dans le lieu des séances ordinaires du corps municipal, les portes étant ouvertes, Benoît-Camille Desmoulins, citoyen membre du conseil général de cette commune, demeurant à Paris, rue du Théâtre-Français. Lequel nous a dit que le 6 de ce mois, à neuf heures du matin, il lui était né un fils du légitime mariage de lui comparant, avec Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis.
Que la liberté des cultes étant décrétée par la Constitution, et par un décret de l'Assemblée nationale législative, relatif au mode de constater l'état civil des citoyens autrement que par des cérémonies religieuses, il doit être élevé dans chaque municipalité chef-lieu un autel sur lequel le père, assisté de deux témoins, présentera à la Patrie ses enfants. Le comparant voulant user des dispositions de la loi constitutionnelle, et voulant s'épargner un jour de la part de son fils, le reproche de l'avoir lié par serment à des opinions religieuses, qui ne pourraient pas encore être les siennes, et de l'avoir fait débuter dans le monde par un choix inconséquent, entre neuf cents et tant de religions qui partagent les hommes, dans un temps où il ne pouvait pas seulement distinguer sa mère.
En conséquence, il nous requiert, pour constater la naissance et l'état civil de son fils, qu'il nous a fait présenter sur le bureau en présence de Laurent Lecointre et de Merlin de Thionville, citoyens députés de l'Assemblée nationale, de recevoir la présente déclaration, voulant que son fils se nomme Horace-Camille Desmoulins. De laquelle déclaration il requiert qu'il en soit fait transcription dans le registre qui sera ouvert conformément à la loi ci-dessus rappelée, et que la présente minute, soit par nous en attendant, déposée au greffe de la municipalité, et dont expédition lui sera donné aussi signée par le déclarant avec nous et les témoins désignés, les jours et an que dessus.
Signé : Camille Desmoulins, Merlin de Thionville, et Lecointre.

Le dépôt de l'acte ci-dessus a été fait au secrétariat de la municipalité, et reçu par moi, secrétaire-greffier, le 9 juillet 1792, l'an IV de la liberté.
Signé : Royer.
Horace Desmoulins est élevé, après l’exécution de ses parents, par sa grand-mère maternelle Anne-Françoise-Marie Boisdeveix, Mme Duplessis.
En 1800, Bonaparte lui accorde une bourse d’études au Prytanée français.
En 1817, Horace Desmoulins se rend en Haïti pour monter une affaire commerciale et il y épouse Zoé Villefranche avec laquelle il a quatre enfants à Jacmel : Adolphe Desmoulins, né le 26 juin 1819 et mort jeune, Marie-Thérèse-Camille Desmoulins, née le 16 octobre 1820 et morte en 1862, Lucile, née le 8 septembre 1822 et Horace-Camille né le 29 juin 1825. Il y meurt d’une fièvre le 29 juin 1825, alors que naît son dernier enfant, Horace-Camille.
Sa tombe se trouve toujours au cimetière de Jacmel.

Jugements contemporain

"Camille avait été pour le moins aussi ami de Robespierre que de Danton. Mon frère avait pour lui une amitié très vive; souvent il m'a dit que Camille était peut-être celui de tous les révolutionnaires marquans qu'il aimait le plus, après notre jeune frère et Saint-Just. Desmoulins était un véritable patriote, et avait plus de vertu que Danton; sans en avoir autant que mes deux frères; il avait les qualités les plus aimables, mais aussi quelques défauts qui causèrent sa perte; il était orgueilleux et irascible: dès qu'il se croyait offensé il ne pardonnait plus, et faisait jouer contre ceux dont il croyait avoir à se plaindre les redoutables traits d'une critique mordante et acerbe.
Des hommes qui étaient loin de le valoir pour le patriotisme et pour le talent, et qui étaient jaloux de sa gloire, le calomnièrent et l'accusèrent d'être vendu aux aristocrates; il n'en fallut pas davantage pour que le bouillant Camille se déchaînât, et contre ceux qui l'attaquaient, et contre ceux qui, sans l'avoir attaqué, suivaient la même ligne de conduite que ses calomniateurs. Voilà pourquoi, au lieu de repousser les imputations de quelques membres des comités qui étaient ses ennemis personnels, il attaqua les comités en masse, fronda leurs actes, révoqua en doute la pureté de leurs intentions, et se rapprocha même des aristocrates. Les calomnies redoublèrent, ou plutôt les mensonges qu'on avait débités contre lui lorsqu'il était irréprochable devinrent des vérités, lorsque, par ressentiment, il eut cessé d'être pur. De jour en jour il se sépara davantage de ses anciens amis, fit cause commune avec Danton, et, se laissant aveugler par les éloges sans nombre que les aristocrates lui prodiguaient à cause de ses hostilités avec les plus terribles révolutionnaires, il devint réellement, l'acolyte de l'aristocratie. Le malheureux Camille tournait dans un cercle vicieux; les ennemis de la révolution l'élevaient jusqu'aux nues, vantaient ses principes, son éloquence, sa modération. Toutes ces louanges le rendait suspect aux yeux des véritables démocrates, ses ennemis en faisaient des armes contre lui, et disaient : Camille est contre-révolutionnaire. Camille, que cette accusation mettait hors de lui, se ruait avec plus de fureur contre ceux qui l'accusaient, et les aristocrates redoublaient d'éloges.
C'est alors que Desmoulins publia son Vieux Cordelier, où il faisait pour ainsi dire le procès à tous les révolutionnaires, et, par contre, à la révolution. C'était une haute imprudence de sa part; c'était plus, c'était un crime. Mon frère aîné me dit tristement à ce sujet "Camille se perd".
Il ressentait un très vif chagrin de le voir déserter la sainte cause de la révolution, et, au risque de se compromettre lui-même, il prit plusieurs fois sa défense; plusieurs fois aussi il essaya de le ramener, et lui parla comme à son frère, mais inutilement.
Dans une des séances de la Société des Jacobins, où une explosion de reproches et d'accusations tombait sur Camille Desmoulins et sur son Vieux Cordelier, Maximilien prit la parole, et tout en blâmant énergiquement l'écrit chercha à justifier l'auteur. Malgré son immense popularité et son influencé extraordinaire, des murmures accueillirent ses paroles. Alors il vit qu'en voulant sauver Camille il se perdait lui-même. Camille ne lui tint pas compte des efforts qu'il avait faits pour repousser les accusations dont il était l'objet; il ne se rappela que du blâme qu'il avait déversé sur son Vieux Cordelier, et dès lors il dirigea mille diatribes acrimonieuses contre mon frère."
— Charlotte Robespierre

Œuvres

Ode
Discours à la lanterne
La France libre
L'Histoire des Brissotins juin 179I
Les Révolutions de France et de Brabant 1789-juillet 1791
Le Vieux Cordelier décembre 1793-février1794
La Tribune des patriotes avec la participation de Louis-Marie Stanislas Fréron avril-mai 1792
Jacques-Pierre Brissot démasqué février 1792
Les Nouvelles Révolutions de France et de Brabant, en collaboration avec Merlin de Thionville, novembre-décembre 1792

Citations

"Voilà mon pistolet, je saurai mourir glorieux " le 12 juillet 1789, au Palais-Royal
"Brûler n’est pas répondre "au club des Jacobins, à Robespierre
"Non contents de m’assassiner, ils veulent encore assassiner ma femme !"au procès des dantonistes, le 4 avril 1794
"Peuple on te trompe, on tue tes amis ! Mon seul crime n’a jamais été que d’avoir versé des larmes !"sur la charrette qui le conduisait à l’échafaud, le 5 avril 1794
"Bourreau, tu donneras les cheveux de ma femme à sa mère" mot qu’il lança au bourreau, avant de mourir sur l’échafaud
Lucile ! le nom de sa femme, qu’il cria avant que le couperet tombe

Cinéma et télévision

1977 - Danton, téléfilm italien avec Jean Négroni et Manuel Gélin Saint-Just
1977 - Les amours sous la révolution, Lucile et Camille Desmoulins, téléfilm de Jean-Paul Carrère, avec Bernard Alane (Camille) et Claude Jade (Lucile)
1982 - Danton, de Wajda - Patrice Chéreau dans le rôle de Camille Desmoulins
1989 - La Révolution Française : les Années Lumière, La Révolution Française : les Années Terribles - François Cluzet dans le rôle de Camille Desmoulins
2008 - Charlotte Corday - Raphaël Personnaz dans le rôle de Camille Desmoulins.
2013 : téléfilm Une femme dans la Révolution, rôle joué par Alexis Loret.

Théâtre

1835 - Georg Büchner, La Mort de Danton
1988 - La Liberté ou la mort d'après Danton et Robespierre d'Alain Decaux, Stellio Lorenzi et Georges Soria. Pièce mise en scène par Robert Hossein et jouée au Palais des congrès de Paris avec Daniel Mesguich dans le rôle de Camille Desmoulins.
2012 - 1789 les amants de la Bastille : Spectacle musical de Dove Attia et Albert Cohen, avec Rod Janois dans le rôle de Desmoulins

Roman

1872 - Alexandre Dumas, Création et rédemption "Le docteur mystérieux", "La fille du marquis"
2008 - Christophe Bigot, L'Archange et le Procureur, éditions Gallimard
Annie Jay et Micheline Jeanjean, L'inconnu de la Bastille.

Liens
http://youtu.be/bzYfUMmZWkE La passion de Lucille et Camille Desmoulins téléfilm
http://youtu.be/wLxUDbwpPuc La harangue de Desmoulins
http://youtu.be/wp9IHpmgP2Q Hymne à Camille Desmoulins
http://youtu.be/XiM74n8I2Gc Henri Guillemein conférence sur la révolution
http://www.ina.fr/video/CPB86005100/l ... -de-la-terreur-video.html Les hommes de la terreur


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Posté le : 01/03/2014 14:03
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Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
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