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Erich Maria Remarque
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Le 22 juin 1898 à Osnabrück naît Erich Maria Remarque,

né Erich Paul Remark, mort le 25 septembre 1970 à Locarno, Suisse, écrivain allemand, naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande en juillet 1938.
Son livre À l'Ouest, rien de nouveau Im Westen nichts Neues, roman pacifiste sur la Première Guerre mondiale, connut, dès sa parution en 1929, un succès mondial retentissant et reste un ouvrage-phare sur le premier conflit mondial. Ce livre fut brûlé lors des autodafés de 1933 en Allemagne. Remarque s'exila en Suisse, puis aux États-Unis et y obtint sa naturalisation.


En bref

La notoriété internationale du romancier allemand Erich Paul Remark, sous le pseudonyme d'Erich Maria Remarque, est liée, avant tout, à la publication d'un roman de guerre d'inspiration pacifiste paru en 1929 : À l'Ouest rien de nouveau Im Westen nichts Neues. D'emblée, ce livre connut un succès foudroyant ; il fut adapté au cinéma par Lewis Milestone en 1930, et provoqua la fureur des milieux nationalistes. Il obtient un tirage qui, aujourd'hui, en cinquante langues, doit avoisiner les vingt millions d'exemplaires. Le titre, qui se veut ironique, reprend la formule rituelle des communiqués d'état-major le plus souvent mensongers sur la situation au front.
Remarque n'est pas l'auteur d'un seul livre. Deux romans succèdent d'abord au premier : Après Der Weg zurück, 1931 et Trois Camarades Drei Kamaraden, 1937. Ses œuvres ultérieures reposent sur une construction identique : un drame de l'époque l'inflation, l'émigration, le Troisième Reich vient frapper l'existence d'individus qui, malgré les souffrances, finissent toujours par faire triompher l'amitié et la solidarité. Citons : Aime ton prochain Liebe deinen Nächsten, 1941, Arc de triomphe 1946 qui décrit la vie d'un médecin allemand en exil à Paris, L'Étincelle de vie Der Funke Leben, 1952 qui se déroule dans un camp de concentration, L'Obélisque noir Der schwarze Obelisk, 1956, La Nuit de Lisbonne Die Nacht von Lissabon, 1962.
Toujours convaincant lorsqu'il se limite à ses talents de conteur, beaucoup moins lorsqu'il croit bon de faire philosopher ses héros, Remarque, souvent méprisé par la critique, ne compte pas parmi les grands auteurs allemands. Il n'y a jamais prétendu. Mais, dans la même lignée que H. Fallada ou T. Plivier auxquels l'apparente son réalisme direct, il a le mérite de traduire fidèlement les innombrables souffrances infligées aux anonymes et aux sans-grades par la barbarie du XXe siècle.
Depuis 1918, les publications de livres ou de mémoires de guerre sont légion. Elles sont surtout le fait de soldats nostalgiques ou d'écrivains conservateurs parmi les plus célèbres, Walter Flexer ou Ernst Jünger soucieux avant tout d'exalter la virilité du combattant et les vertus du combat. Le premier mérite de Remarque est de rompre sans ambiguïté avec cette tradition et de briser un tabou. Les héros de Remarque — des adolescents de dix-neuf ans, contrairement aux personnages de Dorgelès ou de Barbusse, dont il a subi l'influence — dévoilent à partir de leurs expériences directes, dans un langage sans apprêt, souvent émaillé d'expressions gouailleuses, le visage quotidien, ordinaire et odieux de la guerre. En outre, ils dénoncent tout un arrière-plan d'éducation et de propagande sous-jacent à ces horreurs. Enfin, ils parlent au nom d'une génération perdue, détruite par la guerre, même si elle a échappé à ses grenades. De bout en bout, le récit reste vivant, clair, émouvant. La composition serrée et délibérément dramatique des chapitres ajoute à la crédibilité. Le roman relève bien de la littérature de démystification et ses adversaires ne s'y tromperont pas. Dès l'arrivée de Hitler, il figure sur la liste des autodafés.

Sa vie

Erich Paul Remark est le fils de Peter Franz Remark relieur et de Anna Maria née Stallknecht. À la fin de ses années de la Volksschule, école obligatoire de 1904 à 1912, il fréquente le séminaire catholique de formation des maîtres. Après avoir passé ses examens dans l'urgence, il est incorporé dans l'armée en 1916 et envoyé sur le front de l'Ouest en juin 1917, où il est blessé dès la fin juillet par des éclats de grenade, au cou et aux membres. Bien que dans son célèbre roman, À l'Ouest, rien de nouveau, le héros Paul Bäumer soit un engagé volontaire, Remarque est mobilisé et non pas volontaire. Le 9 septembre de cette même année, sa mère meurt d'un cancer.
À la fin de la guerre, en 1918, il se retrouve à l'hôpital militaire de Duisbourg. Le 5 janvier 1919, il est démobilisé et renonce officiellement à toute médaille ou décoration. Le 14 février, son père se remarie avec Maria Anna Henrika Bahlmann. Remarque passe son habilitation à l'enseignement et le 1er août 1919, commence une carrière d'instituteur qui le mène à Lohne près de Lingen, puis à Klein Berssen Emsland dès mai 1920 et enfin à Nahne qui depuis 1972 fait partie d'Osnabrück en août 1920. Cette carrière s'achève le 20 novembre 1920.
Son premier roman de jeunesse, La Baraque de rêve Die Traumbude, est un échec. Il s'essaie alors à divers emplois à Osnabrück, comme comptable, vendeur de pierres tombales, professeur de piano, organiste, libraire.

Il se fait appeler Erich Maria Remarque dès 1924, le changement de prénom, Maria, datant de novembre 1922. Ce changement de prénom est un hommage à sa mère bien que sa belle-mère prenne cet hommage pour elle. Il aurait cependant avoué à d'anciens amis de collège que c'était un hommage à Rainer Maria Rilke.

Journalisme et aventure amoureuse

Il devient journaliste à la Osnabrücker Tages-Zeitung, l'Echo-Continental journal de l'entreprise du même nom, Hanovre 1922 et Sport im Bild, Berlin 1924. Il utilise son nom de plume complet, Erich Maria Remarque, dès 1925.
À Hanovre, il publie divers papiers sous cette signature dans des journaux et hebdomadaires.
Le 14 octobre 1925, il épouse Ilse Jutta Jeanne Zambona née le 15 août 1901 à Hildesheim et morte en 1975. Il s'habille alors avec élégance, porte monocle et rêve de s'intégrer dans la société bourgeoise.
En 1926, il achète le titre de Baron de Buchenwald pour 500 Reichsmarks à un noble ruiné, Hugo von Buchenwald, qui l'adopte afin de lui transmettre le titre.

À l'Ouest, rien de nouveau

Le 1er février 1927, il quitte l'Église catholique et sa femme Ilse Jutta Zambona. Vers la fin de l'année, il commence l'écriture d’À l'Ouest, rien de nouveau en allemand Im Westen nichts Neues. En mars 1928, l'éditeur S. Fischer refuse de publier le roman, mais en août, Ullstein l'accepte et signe un contrat avec Remarque qui est alors responsable du contenu éditorial de Sport im Bild qu'il quittera le 15 novembre.
Le 29 janvier 1929, Remarque vit à Davos jusqu'en avril ; c'est alors que la presse nationaliste allemande prétend qu'il est juif et que son vrai nom est Kramer anagramme de Remark. Le Polonais Sigismond Cybichowski suggère le nom de Remarque pour le prix Nobel de littérature. Cette même année, il entreprend l'écriture d'Après Der Weg zurück.

1930 commence par son divorce avec Ilse Jutta Zambona, puis en mars est publié L'Ennemi Der Feind. Le 29 avril, c'est la première aux États-Unis de l'adaptation cinématographique d'À l'Ouest, rien de nouveau de Lewis Milestone. Le film sort le 4 décembre en Allemagne, des émeutes dans les cinémas sont organisées par Joseph Goebbels et les sympathisants du parti nazi. Le 11 décembre, le film est interdit en Allemagne par le Film-Oberprüfstelle, le comité de censure cinématographique de l'époque. Lewis Milestone est récompensé par 2 oscars celui du meilleur réalisateur et du meilleur film la même année.
En 1931, le professeur Sigismond Cybichowski suggère son nom et celui de Nicholas Butler pour le prix Nobel de la paix. Cette année-là, il pétitionne contre l'interdiction du film À l'Ouest, rien de nouveau et il achète la maison Casa Monte Tabor à Porto Ronco en Suisse.
En 1931, Remarque quitte l'Allemagne, où il ne reviendra plus, pour la Suisse.

Exil

En 1933, après quelques démêlés judiciaires orchestrés par les nazis en 1932, Remarque quitte l'Allemagne. Il offre l'asile dans sa maison de Porto Ronco, en Suisse, à ceux qui fuient l'Allemagne nazie, comme Hans Sochaczewer. En mai, on retrouve dans sa propriété le cadavre du journaliste juif Felix Manuel Mendelssohn. On soupçonne les nazis de cet assassinat. À Berlin, les livres de Remarque sont brûlés sur la place publique comme ceux d'Adrienne Thomas et d'Heinrich Heine. Il commence à écrire Trois camarades en 1934, l'année suivante un envoyé de Hermann Göring lui rend visite à Porto Ronco pour le convaincre de rentrer en Allemagne, ce qu'il refuse.
La première de The Road Back de James Whale, d'après son roman Der Weg zurück, a lieu le 17 juin 1937. Il reçoit un passeport de la république de Panama pour lui-même et Ilse Jutta Zambona. En septembre, il rencontre Marlene Dietrich à Venise et se lie d'amitié avec Josef von Sternberg. Il passe ensuite quelques mois à Paris et part pour Vienne en décembre.
En 1938, il épouse une seconde fois Ilse Jutta Zambona et entreprend l'écriture de Liebe Deinen Nächsten. La première de Trois camarades, adaptation de son roman Drei Kameraden, a lieu le 20 mai. En juillet, il est déchu de sa nationalité allemande, Ilse le sera en novembre. À Porto Ronco, il entreprend l'écriture d'Arc de Triomphe en décembre.
En 1938, les nazis lui retirent la nationalité allemande. Au début de la guerre, après un bref séjour en France, il gagne les États-Unis en mars 1939, pendant deux mois, il visite New York, Chicago et Los Angeles. Remarque rentre en Europe en juillet et passe l'été à Antibes avec Marlène Dietrich et son clan.

Émigrant aux États-Unis

Fin août 1939, il repart pour les États-Unis, à bord du Queen Mary puis se rend à Los Angeles, où il est à nouveau en compagnie de Marlene Dietrich, mais se lie d'amitié avec Elisabeth Bergner, Paul Czinner, Orson Welles, Igor Stravinsky, Arthur Rubinstein, Bertolt Brecht et bien d'autres grands de l'industrie cinématographique ainsi que des émigrants allemands, il devient citoyen américain en 1947
En 1940, il rencontre pour la première fois Paulette Goddard et Greta Garbo alors qu'il se brouille avec Marlene Dietrich. Dès lors, Remarque travaille intensément pour le cinéma. Il rencontre également des représentants du gouvernement américain avec lequel il discute d'un possible ouvrage contre le fascisme.
En 1944, l'Office of Strategic Services OSS tente de le convaincre de s'engager dans la propagande en Europe.
L'année précédente, une de ses sœurs, Elfriede Scholz, condamnée à mort en Allemagne pour atteinte au moral de l'armée, avait été décapitée à Plötzensee le 16 décembre 1943.
Après guerre, les films basés sur ses œuvres se succèdent. Il revient en Europe en 1948, à Paris, Porto Ronco et Rome avant de rentrer aux États-Unis. Le 20 mai 1957, il divorce une seconde fois d'Ilse Jutta Zambona. Le 25 février 1958, il épouse l'actrice américaine Paulette Goddard à Branford Connecticut. Ses revenus d'écrivain et de scénariste lui assurent une existence plus que confortable que lui reprochent les milieux de l'émigration allemande.

Retour en Europe

Dès le début des années 1960, il rentre en Europe et ne retourne aux États-Unis qu'épisodiquement. Il voyage beaucoup, écrit et est interviewé par nombre de journalistes.

Il meurt le 25 septembre 1970 à Locarno, et repose dans le cimetière de Ronco sopra Ascona. Sa veuve, Paulette Goddard, qui lui survit pendant vingt ans, édite son dernier roman, Shadows in Paradise, en 1971.

Sa villa : la Casa Monte Tabor

Les efforts pour lever la somme de 6 millions de francs suisses 7 millions de dollars afin de sauver de la destruction la villa d'Erich Maria Remarque, au bord du lac Majeur, vont bon train. Le but est de la transformer en musée et en résidence d'artistes axé sur la créativité, la liberté et la paix selon les dernières volontés de Paulette Goddard.

Œuvres

Toutes ses œuvres sont profondément marquées par sa vie, et elles peuvent être considérées comme des autobiographies romancées.

1920 : La Baraque de rêve Die Traumbude
1929 : À l'Ouest, rien de nouveau
1931 : Après Der Weg zurück
1937 : Trois camarades aussi connu sous le titre Les Camarades
1939 : Les Exilés Liebe deinen Nächsten
1946 : Arc de triomphe
1954 : Un temps pour vivre, un temps pour mourir
1956 : L'Obélisque noir ; traducteur Gaston Floquet ; Mémoire du Livre ; ré-édition 2001
1961 : Le ciel n'a pas de préférés Der Himmel kennt keine Günstlinge
1963 : La Nuit de Lisbonne Die Nacht von Lissabon
1972 : Ombres parution posthume, édition Plon.

Filmographie

1930 : À l'Ouest, rien de nouveau All Quiet on the Western Front de Lewis Milestone. Scénario de George Abbott d’après le roman éponyme d’Erich Maria Remarque Im Westen Nichts Neues
1937 : The Road Back de James Whale. Scénario de Charles Kenyon, E.M. Remarque, d’après son roman Der Weg zurück, et R.C. Sherrif
1938 : Trois camarades Three Camarades de Frank Borzage. Scénario de F. Scott Fitzgerald, Edward E. Paramore Jr et E.M. Remarque, d’après son roman Drei Kameraden Les Camarades
1941 : Ainsi finit notre nuit So Ends Our Night de John Cromwell. Scénario d’E.M. Remarque, d’après son roman Liebe deinen Nächsten Les Exilés, et Talbot Jennings
1947 : L’Orchidée blanche The Other Love d’André De Toth. Scénario de Beyond, Ladislas Fodor et Harry Brown d’après E.M. Remarque
1948 : Arc de Triomphe Arch of Triumph de Lewis Milestone. Scénario d’E.M. Remarque, d’après son roman éponyme, Lewis Milestone et Harry Brown
1955 : La Fin d’Hitler/Le Dernier Acte Der Letzte Akt de Georg Wilhelm Pabst. Scénario de Fritz Habeck, M.A.Mussano, d’après son roman Ten Days To Die, et E.M. Remarque
1958 : Le Temps d'aimer et le temps de mourir A Time to Love and a Time to Die de Douglas Sirk. Scénario d’Orin Jannings et E.M. Remarque, d’après son roman Zeit zu leben und Zeit zu sterben Un temps pour vivre, un temps pour mourir. Remarque apparaît dans ce film comme acteur Le Professeur Pohlman
1977 : Bobby Deerfield de Sydney Pollack. Scénario d’E.M. Remarque, d’après son roman Der Himmel kennt keine Günstlinge Le Ciel n’a pas de préférés et Alvin Sergent
1979 : À l'Ouest, rien de nouveau All Quiet on the Western Front. Téléfilm de Delbert Mann. Scénario de Paul Monash et E.M. Remarque
1985 : Arch of Triumph. Téléfilm de Waris Hussein, scénario de Charles E. Israël et E.M. Remarque

Liens
http://youtu.be/dMIO_3qUM5Y A l'ouest rien de nouveau
http://youtu.be/0ncSTCXTsCg A l'ouest rien de nouveau
http://youtu.be/dCB_nee2slk A l'ouest rien de nouveau film entier
http://youtu.be/RLrp6sKL3jU Un temps pour vivre un temps pour mourir


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Posté le : 22/06/2014 13:46
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