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L'académie française 1
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Le 22 février 1635 Richelieu fonde l'Académie française

pour faire le ménage dans la langue française.
L’Académie française, fondée en 1634, et officialisée le 29 janvier 1635, lettres patentes signées le 22 février 1935, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l'Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies.
La mission qui lui est assignée dès l’origine , et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l'Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d'élaboration.
L'Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, hommes de théâtre, critiques, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.
Si la plupart des membres de l'Académie française sont originaires de l'Hexagone, certains d'entre eux viennent de l'étranger. Ainsi, par exemple, le 12 décembre 2013, l'Académie a élu au premier tour l'écrivain québécois d'origine haïtienne Dany Laferrière.


La petite histoire

A Paris, pendant l'année 1934 il y eut tout d'abord une bande de jeunes qui se réunissaient à Paris pour parler littérature. Richelieu fera d'eux des Immortels. Ils sont perdus !
C'est un jour comme un autre. Le cardinal de Richelieu, qui a 50 ans, expédie les affaires du royaume dans son palais, à proximité du Louvre. L'inflation qui galope, le chômage qui explose, la croissance qui stagne..., il n'en peut plus, le Cardinal. Et avec ça, le pape qui démissionne ! Attendez, ce n'est pas fini. Y a cet introverti de Louis XIII, incapable d'engrosser Anne d'Autriche depuis vingt ans. Soupirant, le Cardinal se remet à la tâche.
Il paraphe toute une série de dépêches ennuyeuses présentées par son secrétaire Charpentier. Mais voilà un instant de bonheur avec les statuts de l'Académie française à ratifier. Le cardinal esquisse un léger sourire, car l'Académie, c'est son bébé, sa petite danseuse à lui. Morbleu ! Comme il en a assez de ce français dont l'orthographe est aussi volage qu'une catin de la rue Beaubourg ! Il a décidé d'y mettre de l'ordre. De même qu'il veut mettre au pas tous ces jeunes auteurs, tel Corneille, qui bafouent les règles du théâtre classique. Pour parvenir à ses fins, Richelieu a décidé de créer une académie composée des plus grands auteurs français. Richelieu saisit résolument une plume d'oie pour apposer son plus beau paraphe sur le document créant l'Académie française avant de le tendre à Charpentier pour qu'il le contresigne.
Aussitôt signé, le document est porté aux académiciens qui y appliquent leur sceau dans de la cire bleue. Il représente leur protecteur entouré de la mention : "Armand, cardinal de Richelieu, protecteur de l'Académie française établie en 1635". Enfin, ils ajoutent un contre-sceau figurant une couronne de laurier avec l'inscription : "À l'immortalité". Il ne reste plus alors qu'une dernière formalité administrative à accomplir : l'enregistrement des lettres patentes par le Parlement de Paris. Ce qui sera fait le 31 juillet 1637.

L’histoire en bref

Si la fondation de l’Académie française par Richelieu en 1635 marque une date importante dans l’histoire de la culture française, c’est parce que, pour la première fois, les débats d’une assemblée de lettrés ont été considérés comme pouvant jouer un rôle éminent dans le devenir de la société et de la nation. Ainsi, les statuts et règlements visés par le cardinal, puis l’enregistrement au Parlement de Paris, en juillet 1637, des Lettres patentes signées par Louis XIII, consacrèrent le caractère officiel d’une institution parisienne, dont le Cardinal de Richelieu était nommé le chef et le protecteur, fonction exercée aujourd’hui par le chef de l’État, et dont la mission revêtait un caractère expressément national. Si l’ une des plus glorieuses marques de la félicité d’un État était que les sciences et les arts y fleurissent et que les lettres y fussent en honneur aussi bien que les armes, ce serait le rôle de l’Académie de donner à la langue française les moyens d’y parvenir.
Les statuts de l’Académie française ont donc cette particularité qu’ils lient l’autorité de la Compagnie et de ses membres au magistère intellectuel qu’ils leur confèrent et qui aura à s’exercer sur la langue. La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences article XXIV. À cet effet, il sera composé un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique article XXVI, et seront édictées pour l’orthographe des règles qui s’imposeront à tous article XLIV.
Dépositaire de la doctrine de Malherbe, composée de gens de lettres mais aussi de représentants lettrés de différentes professions et de divers états, l’Académie avait reçu une mission dont on mesure mieux aujourd’hui la profonde originalité : constituer avec sagesse et économie une langue qui ne fût pas celle des spécialistes, des érudits, ni celle des corporations, qui eût la clarté et l’élégance qu’on accorde au latin, où ne fût pas accentué l’écart entre langue écrite et langue parlée, qui tînt enfin sa force de son double attachement à l’usage et à la norme.
Tel est le programme que s’était efforcée de réaliser l’Académie dans la première édition de son Dictionnaire (1694). Sans être tout à fait le premier, il fut le premier de cette sorte. Ni le dictionnaire de Richelet ni celui de Furetière ne reposaient sur les principes qui furent ceux de l’Académie. Le second avait l’ambition d’être universel. L’Académie, ayant fait sienne l’idée qui avait inspiré Vaugelas dans ses Remarques, voulait seulement qu’on reconnût l’usage pour le maistre et le souverain des langues vivantes et qu’on admît le partage entre le bon et le mauvais usage.
Dès cette première édition, l’Académie voulut que son Dictionnaire fût un dictionnaire de mots plutôt qu’un dictionnaire de choses. Distinction qu’il ne convient pas de forcer, mais qui signale au moins une tendance, et même un choix. Le but du Dictionnaire de l’Académie était d’informer sur la nature grammaticale des mots, leur orthographe, leurs significations et acceptions, leurs usages syntaxiques, leurs domaines d’emploi, le niveau de langue qui en détermine lui aussi l’emploi. Lors même que le développement des sciences et des techniques incitait l’Académie à introduire, dans la quatrième édition (1762), des milliers de mots appartenant à des domaines spécialisés, elle le fit avec pondération, mais elle le fit, parce que plusieurs termes « qui n’étoient autrefois connus que d’un petit nombre de personnes, ont passé dans la langue commune Préface, 1762. Ce principe est resté le sien.
L’étymologie fut assurément ce qui guida en partie les premiers académiciens français lorsqu’ils eurent à se déterminer en matière d’orthographe. Les débats orthographiques n’étaient pas moins vifs au milieu du XVIIe siècle qu’ils ne le furent par la suite. Tout en marquant son attachement à l’orthographe ancienne, l’Académie fut bien éloignée, dans cette première édition, de s’abstenir de toute amélioration distinction graphique de i et du j, du u et du v, élimination de consonnes superflues, etc.. Quelles que soient les critiques que l’on a pu formuler à l’égard de l’orthographe académique de 1694, celle-ci fut le point de départ d’une évolution que l’Académie décida, enregistra ou facilita à partir de 1740 dans les éditions successives de son Dictionnaire.
Trois siècles après la première édition de son Dictionnaire, l’Académie n’a guère varié sur les principes. Si la notion d’usage repose aujourd’hui sur des bases plus larges qu’au XVIIe siècle, le respect du bon usage s’impose plus que jamais. L’Académie n’entend pas simplement refléter la langue, ni refléter n’importe quelle langue. Elle entend rappeler qu’il existe une communauté d’humains qui, ayant la langue française en partage, en portent la responsabilité. En cela l’Académie est fidèle à elle-même.
En 1992, l’Académie a fait paraître le premier tome de son Dictionnaire de A à Enzyme, en 2000, le second tome de Éocène à Mappemonde et en 2011, le troisième de Maquereau à Quotité. La matière du quatrième tome, actuellement en cours de rédaction, est publiée en fascicules dans les Documents administratifs du Journal officiel, au fur et à mesure de l’avancement des travaux de la Compagnie. À ce jour, on peut considérer qu’un peu plus des deux tiers du vocabulaire d’usage courant a été traité. La diffusion des trois tomes, coédités par la Librairie Arthème Fayard et l’Imprimerie nationale, est assurée par la Librairie Fayard, 13, rue du Montparnasse, 75006 Paris. Si, trois cents ans après sa présentation au roi, le Dictionnaire de l’Académie est resté œuvre vivante, c’est parce qu’il symbolise le lien, assez exceptionnel, qui unit une nation à sa langue, plusieurs nations à leur langue commune.

Serment

Si le cardinal de Richelieu fonde officiellement l'Académie française, les hommes qui la composent se réunissaient déjà depuis longtemps d'une manière informelle chez Valentin Conrart. C'est un jeune homme d'une trentaine d'années passionné de littérature, mais n'ayant rien publié personnellement. Un contemporain de l'époque a laissé une description du cercle Conrart : "Environ l'année 1629, quelques particuliers logés en divers endroits de Paris, ne trouvant rien de plus incommode, dans cette grande ville, que d'aller fort souvent se chercher les uns chez les autres sans se trouver, résolurent de se voir un jour de la semaine chez l'un d'eux... Ils s'assemblaient chez M. Conrart... Là, ils s'entretenaient familièrement, comme ils eussent fait en une visite ordinaire, et de toute sorte de choses, d'affaires, de nouvelles, de belles-lettres."
Le plus jeune a 25 ans, et le plus âgé, 53. Ils se nomment Habert, Maleville, Chapelain, Sérisay, Giry. Pour rester libres de leurs paroles, ils ont juré de ne parler à personne de leurs petites réunions. Mais comment tenir un tel secret dans le Paris de l'époque ? Ainsi l'abbé de Boisrobert, qui participe à quelques réunions, s'empresse d'en parler à son protecteur, le cardinal de Richelieu. Lequel, se piquant de belles-lettres, le charge de demander à Conrart et à ses amis s'ils accepteraient de "faire corps" et de "s'assembler régulièrement sous une autorité publique" afin d'épurer la langue française, de lui donner des règles. Comment refuser cela au cardinal tout-puissant ?

La revanche de Corneille

Ravi qu'ils acceptent, Richelieu leur fait dire en vieux français "qu'ils s'assemblassent comme de coutume, et qu'augmentant leur compagnie qu'ils le jugeroient à propos, ils avisassent entre eux quelle forme et quelles loix il seroit bon de lui donner à l'avenir". Conrart est élu secrétaire de la nouvelle académie et commence à tenir le registre de l'assemblée le 13 mars 1634. Le 20 mars, le nom "Académie française" est adopté. Deux jours plus tard, celle-ci rédige une lettre pour supplier le Cardinal d'honorer l'Académie de sa protection.
Mais les débuts de l'Académie française sont difficiles. Sous prétexte de garantir son indépendance, Richelieu n'offre ni salle de réunion ni rémunération aux académiciens, qui se retrouvent donc chez l'un ou chez l'autre. Peu à peu, les quarante premiers immortels sont cooptés par le noyau primitif. Certains candidats sont refusés, comme le grand Corneille sous prétexte qu'il n'habite pas en permanence la capitale, ce qui l'empêcherait d'assister régulièrement aux séances. Il doit attendre 1647 pour enfin siéger à l'Académie. Belle revanche pour celui que le Cardinal voulait museler.

Histoire d'une naissance prestigieuse.

Sa création comme institution royale littéraire, c'est-à-dire d'État, doit être considérée pourquoi ? dans la continuité de l'édit qui avait fait du français la langue officielle, de la création de l'Imprimerie nationale, du dépôt légal, du Collège royal qui avaient valu à François Ier le titre de Père des Lettres.
L’article XXIV des Statuts précise que la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences.
Ainsi, le but de la normalisation de la langue n'est pas strictement administratif et juridique, mais aussi de lui donner une rigueur scientifique et technique.

Définir les normes de la langue française

La première mission est d'enregistrer et d'étudier toutes les variations de tournures, de prononciation et d'orthographe, puis d'en dégager la forme la plus cohérente qui puisse servir de norme aux imprimeurs, aux rédacteurs des lois et des documents administratifs, à l'enseignement. Pour s’en acquitter, l’Académie a travaillé dans deux directions:
Recueillir la nomenclature des mots, de leur prononciation, de leur orthographe et de leur sens pour éditer un dictionnaire lexicographique.
Le même travail avait été entrepris pour établir la Grammaire de l'Académie, dont la publication sera reportée d'année en année.
Aujourd’hui, elle continue ce travail en préparant la prochaine édition du Dictionnaire de l'Académie française qui fixe l’usage de la langue, mais aussi en faisant des recommandations et en participant aux différentes commissions de terminologie.
Fidèle à sa mission originale d'établissement des normes de la langue officielle, l'Académie française s'oppose à ce qu'il soit fait mention des langues régionales dans la Constitution française, selon une déclaration rendue publique le 12 juin 2008. En effet, selon les Académiciens, cette mention amènerait la France à pouvoir ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ce qu'elle ne souhaite pas.

Imposer le standard

L'Académie française s'est toujours défendue d'être la créatrice de la langue, considérant que son rôle est uniquement de constater, de recueillir et de normaliser les usages. En cela, elle opérait de la même manière que les autres institutions royales, comme celles qui recueillaient les us et coutumes, et les codifiaient en lois sans se donner le droit d'en changer les dispositions.
L'Académie française détient pourtant de fait un pouvoir moral dans le domaine de la langue française : on la considère volontiers en France, en raison de son Dictionnaire en constante reconstruction, comme autorité naturelle pour décider du bon usage en matière de langue française : nomenclature des mots, orthographe et même règles de grammaire.
Cette autorité est concurrencée en premier lieu par des ministères français comme celui de l'Éducation nationale (circulaires sur les tolérances en matière de correction de l'orthographe aux examens ou celui de la Condition féminine, texte sur la féminisation des noms de métiers, ensuite par certaines institutions de normalisation internationales, voire par une conception libérale qui donne une égale autorité à tous les éditeurs privés. Mais aussi par les décisions des autres pays francophones, en particulier le Canada, plus précisément de par le gouvernement du Québec et son Office québécois de la langue française, dont la communauté est très vigilante à l'égard des anglicismes.
La dernière autorité s'avère en fin de compte l'usage : menée par quelques défenseurs inattendus dont François Cavanna et Delfeil de Ton, ordinairement peu enclins à soutenir l'ordre établi, la réforme de 1990 évènement au lieu de événement, etc. fut fortement contestée et l'Académie, tout en indiquant que les modifications proposées possédaient une logique, entérina le fait qu'une résistance populaire s'y opposait.
Encourager les bonnes pratiques
La seconde mission, le mécénat, non prévue dans les statuts d'origine, procède de l'exécution des dons et legs qui lui ont été faits, déjà sous l'Ancien Régime

Attribution de prix littéraires

Prix de l'Académie française.
Ainsi, l’Académie française décerne actuellement chaque année environ soixante prix littéraires, dont :
le Grand prix de littérature de l'Académie française ;
le grand prix de la francophonie, décerné chaque année depuis 1986, qui témoigne de l’intérêt de l’Académie pour le rayonnement de la langue française dans le monde

Attribution de dons et subventions

L’Académie attribue aussi des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre de bourses : Jean-Walter-Zellidja, Neveux, Corblin, Damade.

Historique Histoire de la langue française.

Les origines de l'Académie se trouvent dans les réunions informelles d'un groupe littéraire, le « cercle Conrart », qui se rassemble depuis 1629 au numéro 135 de la rue Saint-Martin, domicile de Valentin Conrart, conseiller de Louis XIII et habitué de l'hôtel de Rambouillet où se rencontraient déjà ces hommes de lettres. Ces réunions littéraires secrètes, comme auparavant l’Académie de musique et de poésie fondée en 1570 par Jean-Antoine de Baïf et Joachim Thibault de Courville sous le règne de Charles IX et qui, tout en restant secrète, devient en 1574 l’Académie du palais sous Henri III inspirent à Richelieu, dont les idées prennent un caractère de grandeur, le projet de créer l'Académie française en transformant ces réunions en une compagnie littéraire sous l'autorité royale, prenant pour modèle l'Accademia della Crusca fondée à Florence en 1582 et ayant déjà publié son Vocabolario en 1612. Les registres des réunions sont tenus par Conrart dès le 13 mars 1634. Les statuts sont élaborés durant toute l'année 1634, statuts à caractère prescriptif visés par le Cardinal en 1635. Conrart en dresse les lettres patentes signées par Louis XIII le 29 janvier 1635, date traditionnellement attribuée pour la naissance officielle de l'Académie française et enregistrées par le Parlement de Paris en 1637. Treize nouveaux membres, appelés jusqu’en 1636 du nom d’Académistes, académiciens à partir du 12 février 1636, sont admis à siéger avec le groupe initial des 9 membres. Valentin Conrart en devient le premier secrétaire perpétuel de 1634 à 1675, Richelieu est nommé père et protecteur de ces lettrés au départ quelque peu rétifs, depuis le protectorat de Louis XIV, chaque chef de l'État français demeure le protecteur de l'Académie, approuvant ou non l'élection d'un membre. Un des premiers travaux de cette Académie est d'arbitrer la querelle entre Georges de Scudéry et Pierre Corneille concernant Le Cid. En 1637, sur l'insistance de Richelieu, Jean Chapelain rédige Les sentiments de l'Académie Française sur la tragi-comédie du Cid.
Le livre Histoire de l'Académie françoise, premier volume paru en 1653 écrit par un de ses membres, Paul Pellisson, le second de l'abbé d'Olivet relatant son histoire est paru en 1729, rédigé à partir des registres de l'Académie française et sous l'influence des académiciens, d'autant plus que Pellisson souhaite intégrer la compagnie, est la source unique sur la fondation de l'Académie. Pellisson considère qu'elle n'a aucune finalité savante comme l'académie de Baïf fondée en 1570 et l'académie de Mersenne ou finalité politique comme l'académie des frères Dupuy, mais son récit omet que le cercle Conrart réunit des hommes de plume, de grands aristocrates et a aussi pour vocation de s'échanger des informations pour offrir au groupe une position privilégiée sur l'espace socio-politique de l'époque. De plus, l'Académie donnant son avis sur les œuvres littéraires, voir son intervention dans la querelle du Cid, Richelieu y voit un moyen de contrôle sur la vie intellectuelle et littéraire française. Dans sa volonté de rassembler, Richelieu veut que la langue française soit l'affaire des représentants des divers domaines du savoir ecclésiastiques, militaires -le premier est le duc Armand de Coislin en 1652, diplomates, puis écrivains et philosophes - le premier est Montesquieu en 1727 - sous Louis XV qui menace de supprimer l'Académie qui prend son indépendance grâce aux Lumières et décide que l'Académie s'ouvre à quarante membres égaux et indépendants, donc qu'elle ne soit pas subventionnée.
Ancienne porte de l'Académie française avant 1780 avec la devise À l'immortalité.
Le caractère officiel de cette compagnie de beaux esprits étant établi, elle se réunit d’abord chez tel ou tel de ses membres, puis chez le chancelier Pierre Séguier à partir de 1639, est hébergée à la mort de Richelieu en 1642 par Anne d'Autriche grâce à l'intervention de l'académicien Vincent Voiture interprète de la reine mère, sous les conseils de Colbert elle est transférée au Louvre à partir de 1672, et enfin au collège des Quatre-Nations devenu Institut de France en 1795 de 1805 à nos jours.
Au cours de ses trois siècles et demi d’existence au cours de laquelle elle a été l'incarnation du pouvoir sous Louis XIII et Louis XIV, émanation de la pensée révolutionnaire sous Louis XV et Louis XVI, elle a su maintenir ses institutions, qui ont fonctionné avec régularité, hormis l’interruption de 1793 - 1803 pendant la Convention, le Directoire et le début du Consulat. En 1694 paraît la première édition du Dictionnaire de l'Académie française. En 1793, par décret daté du 8 août, la Convention Nationale supprime toutes les académies royales royaume des lettrés, titrés, mitrés selon la formule de Chamfort, y compris l'Académie française, et confirme l'interdiction d'élire de nouveaux membres pour remplacer ceux décédés. Pendant la Terreur, l'abbé Morellet sauve les archives de l'Académie en les cachant chez lui. En 1795, décret du 22 août ces Académies sont remplacées par une seule entité : l'Institut de France. La loi sur l'organisation de l'instruction publique du 3 brumaire an IV, mardi 25 octobre 1795 arrête l'organisation de l'Institut. Par arrêté du 3 pluviôse de l'An XI 23 janvier 1803 Bonaparte, Premier Consul, décide de restaurer les anciennes académies, mais simplement comme classes divisions de l'Institut de France. La seconde classe de langue et littérature françaises correspond de facto à l'ancienne Académie française. Le 21 mars 1816, le roi Louis XVIII, désireux de renouer avec la période pré-révolutionnaire, rend aux classes leur nom d'autrefois, Académie, mais s'octroie le privilège de choisir ses membres.
À noter qu'en 1800, à l'instigation de Jean-Pierre-Louis de Fontanes, André Morellet et Jean Baptiste Antoine Suard, Lucien Bonaparte, alors ministre de l'intérieur rêvant d'être académicien, envisage une reconstitution de l'Académie française. Le Premier Consul, son frère issu de la Révolution, s'oppose à ce projet et lui écritN 6 le 26 messidor An VIII 15 juillet 1800 :
il n'y a point d'Académie française ;
elle a été abrogée par une loi de la République ;
l'Institut réunit à la fois les anciennes Académies des sciences, française et des belles-lettres ;
si une association prend le titre ridicule d'Académie française et suit ses anciens statuts, l'intention du Gouvernement est qu'elle soit sur-le-champ supprimée.
Le patriotisme issu de la Première Guerre mondiale favorise l'élection de nombreux maréchaux le premier est le maréchal Lyautey en 1912. Sous l'Occupation, l'Académie a pour membres des collaborateurs, Charles Maurras, Abel Bonnard, Abel Hermant, etc. et le maréchal Pétain depuis 1929. Une légende veut que François Mauriac soit l'âme de la résistance académique alors que c'est Georges Duhamel élu provisoirement secrétaire perpétuel en 1942 qui évite la subordination de l'Académie au régime de Vichy, notamment par la suspension des élections comme en 1790. À la Libération, le monde intellectuel est dans les mains du Comité national des écrivains qui est actif dans l'Épuration et souhaite supprimer l'Académie. Georges Duhamel défend avec succès la cause de l'institution auprès du général de Gaulle, la loi d'indignité nationale prévoyant que toute personne frappée d'indignité nationale et appartenant à un corps constitué est automatiquement exclue, écartant de fait les collaborateurs de l'Académie. Marguerite Yourcenar est la première femme élue à l'Académie française en 1980, ce qui est apparu comme la consécration de l'égalité des sexes face à cette tribu des quarante mâles, tandis que Léopold Sédar Senghor est le premier Africain à y siéger en 1983. L'Académie retrouve sa pleine indépendance politique et financière vis-à-vis de l'Institut de France par la loi de programme pour la recherche de 2006.

L'uniforme

C'est Bonaparte, grand amateur d'uniformes, qui invente celui de l'Académie ; il avait pensé d'abord à un habit jaune. L'uniforme noir avec des broderies vertes en forme d'olivier fut choisit par une commission de trois membres : Houdon, Vincent et Chalgrin. La culotte à la française est remplacée aujourd'hui par le pantalon. L'habit coûte très cher et il faut six mois pour le concevoir ; l'épée est offerte grâce à une souscription auprès des amis du futur académicien.

L'origine des 40 fauteuils

L'origine des fauteuils de l'Académie française est racontée ainsi par l'académicien Charles Pinot Duclos : Il n'y avait anciennement dans l'Académie qu'un fauteuil, qui était la place du directeur. Tous les autres académiciens, de quelque rang qu'ils fussent, n'avaient que des chaises. Le cardinal d'Estrées, étant devenu très infirme, chercha un adoucissement à son état dans l'assiduité à nos assemblées : nous voyons souvent ceux que l'âge, les disgrâces, ou le dégoût des grandeurs forcent à y renoncer, venir parmi nous se consoler ou se désabuser. Le cardinal demanda qu'il lui fût permis de faire apporter un siège plus commode qu'une chaise. On en rendit compte au roi Louis XIV, qui, prévoyant les conséquences d'une telle distinction, ordonna à l'intendant du garde-meubles de faire porter quarante fauteuils à l'Académie, et confirma, par là et pour toujours, l'égalité académique. La compagnie ne pouvait moins attendre d'un roi qui avait voulu s'en déclarer le protecteur. En 1639, les Académiciens passent de 39 à 40 fauteuils, ce qui donna lieu à beaucoup de plaisanteries, comme Piron qui disait qu'ils étaient 40 mais avaient l'esprit de. Fontenelle s'en plaignait amèrement en disant que quand ils étaient 39 le monde était à leurs genoux et maintenant qu'ils sont 40, les gens se moquent d'eux. Dans un discours aux Académiciens, Louis XIV leur confia sa gloire.

Le 41e fauteuil

Un grand nombre d’écrivains, souvent illustres, n'ont jamais franchi les portes de l'Académie, soit qu’ils n’y aient jamais été candidats, soit que leur candidature ait été rejetée, ou encore qu’ils aient été frappés prématurément par la mort.
L’expression 41e fauteuil a été forgée par l’écrivain Arsène Houssaye en 1855 pour désigner ces auteurs. Parmi les noms célèbres que l'on pourrait citer, on peut retenir ceux de Descartes, Molière, Pascal, La Rochefoucauld, Rousseau, Diderot, Beaumarchais, André Chénier, Balzac, Dumas père, Gautier, Flaubert, Stendhal, Nerval, Maupassant, Baudelaire, Zola, Daudet, Proust.

Refus du siège proposé

On connaît peu d'intellectuels ou de scientifiques qui ont refusé d'être admis parmi les immortels. Certains pourtant l'ont fait comme Marcel Aymé sollicité par François Mauriac en 1950.
Je vous suis très reconnaissant d'avoir pensé à moi pour le Quai de Conti .... Avec beaucoup d'émoi, je réponds à votre clin d'œil qui me rend très fier. Pourtant, je dois vous dire que je ne me sens pas l'étoffe d'un académicien. En tant qu'écrivain, j'ai toujours vécu très seul, à l'écart de mes confrères mais pas du tout par orgueil, bien au contraire, plutôt par timidité et indolence aussi. Que deviendrais-je si je me trouvais dans un groupe de quarante écrivains ? J'en perdrais la tête et à coup sûr, je n'arriverais pas à lire mon discours. Ainsi feriez-vous une piètre acquisition.
De même Georges Bernanos refusa qu'on pût seulement lui proposer d'y entrer, car, déclare-t-il par écrit, s'il n'en était déjà dégoûté, la présence au sein de l'Académie d'un vieil imposteur comme Paul Claudel-Turelure l'en éloignerait. De Bernanos, toujours, on cite souvent la phrase : Quand je n'aurai plus qu'une paire de fesses pour penser, j'irai l'asseoir à l'Académie.
L'Académie, de surcroît, ne jouit pas toujours d'une réputation flatteuse auprès des nouvelles générations d'écrivains. Perçu comme une assemblée de vieux gâteux fatigués pour Frédéric Beigbeder ou comme une morgue du langage, la police du dictionnaire pour Didier Daeninckx, son importance et sa place dans le monde des Arts et des Lettres sont parfois remises en cause. Approchés par l'Académie, plusieurs hommes de lettres dont Daniel Pennac, Jean Echenoz, Simon Leys, Le Clézio, Patrick Modiano, Milan Kundera, Pascal Quignard ou Tonino Benacquista déclinèrent la proposition de se présenter.

Statut et organisation

Comme le constate la loi de programme pour la recherche de 2006, l'Académie française est une personne morale de droit public à statut particulier gérée par ses membres en assemblée, c'est-à-dire une institution publique centrale de l'État français.
Elle élit son secrétaire perpétuel qui, comme son nom l'indique, le reste jusqu'à son décès ou à sa démission. Cette permanence en fait le personnage le plus important de l'institution. Elle élit également, tous les trois mois, un président chargé de présider les séances.

Les immortels

L’Académie française se compose de 40 membres élus par leurs pairs. Depuis sa fondation, elle a reçu en son sein plus de 700 membres, 719 membres jusqu'en 2009. Elle rassemble des poètes, des romanciers, des hommes de théâtre, des philosophes, des historiens, des médecins, des hommes de science, des ethnologues, des critiques d’art, des militaires, des hommes d’État, des hommes d’Église, qui ont tous illustré particulièrement la langue française.
Les académiciens doivent leur surnom d’immortels à la devise À l’Immortalité, qui figure sur le sceau donné à l’Académie par son fondateur, le cardinal de Richelieu, elle vise à l'origine la langue française et non les académiciens. Ils ont souvent été appelés à être des juges éclairés du bon usage des mots, et donc à préciser les notions et les valeurs dont ces mots sont porteurs. Cette autorité morale en matière de langage s’enracine dans des usages, des traditions, un faste. Rapidement, cette notion s'est étendue aux académiciens pour leur gloire posthume, l'immortalité littéraire étant conférée par le roi en échange de l'unification linguistique du royaume et son autonomisation par rapport à l'Église. À partir du XVIIIe siècle, les académiciens comme tous les écrivains développent une éthique qui ne se veut plus être au service du pouvoir mais gardent ce titre d'immortels.
L’élection à l’Académie française est souvent considérée par l’opinion comme une consécration suprême. Cela dit, il a toujours existé une contre-culture menée par des auteurs que l'Académie a refusés ou qui ne sont pas proposés. Ces auteurs ne manquent pas de critiquer avec virulence l'Académie bien pensante et ses académiciens, qui espèrent vainement passer à la prostérité selon le mot de Jean Cocteau.
Edmond Rostand, lui-même académicien, tourne l'Académie en dérision dans Cyrano de Bergerac en évoquant avec ironie les membres oubliés de la première génération : Porchères, Colomby, Bourzeys, Bourdon, Arbaud… / Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c'est beau !

Femmes à l'Académie française.

En 1980, Marguerite Yourcenar, romancière et essayiste, fut la première femme élue à l'Académie française. Depuis, l'Institution a accueilli Jacqueline de Romilly en 1988, Hélène Carrère d'Encausse en 1990, Florence Delay en 2000, Assia Djebar en 2005, Simone Veil en 2008, Danièle Sallenave en 2011 et Dominique Bona en 2013.
Le célèbre habit vert que les académiciens revêtent, avec le bicorne, la cape et l’épée, lors des séances solennelles sous la Coupole, a été dessiné sous le Consulat, dessin attribué au peintre Jean-Baptiste Isabey. Il est commun à tous les membres de l’Institut de France. Les Immortelles ainsi que les ecclésiastiques en sont dispensés, ainsi que du port de l'épée. Mmes de Romilly, Carrère d'Encausse, Delay, Veil et Sallenave ont cependant opté pour l'habit vert lors de leurs réceptions. Mme Carrère d'Encausse a été la première femme à porter l'épée, une arme créée pour l'occasion par l'orfèvre géorgien Goudji. Mmes Delay, Djebar, Veil et Sallenave ont également choisi de porter l'épée, le port de l'épée par les femmes élues tendant ainsi à devenir traditionnel. Jacqueline de Romilly avait reçu une broche symbolique après son élection à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres en 1975. Elle demeure la seule femme à avoir été membre de deux académies de l'Institut.
La qualité d’académicien est une dignité inamovible. Nul ne peut démissionner de l’Académie française. Tout au moins celui qui se déclare démissionnaire n’est-il pas remplacé avant son décès : Pierre Benoit, Pierre Emmanuel et Julien Green en sont des exemples.
Des exclusions peuvent être prononcées par l'Académie pour de graves motifs, notamment entachant l’honneur. Ces exclusions au cours de l’histoire ont été rarissimes. Plusieurs furent mises en œuvre après la Seconde Guerre mondiale pour faits de collaboration : Charles Maurras, Abel Bonnard, Abel Hermant, Philippe Pétain.

Nombre effectif des académiciens

Le nombre de quarante académiciens n’a été complet pour la première fois dans l’histoire de l’Académie que le 14 février 1639 date de l’élection de Daniel de Priézac
,soit près de cinq ans après les premières nominations. Il a été maintenu jusqu’au 5 mai 1640, mort de François d'Arbaud de Porchères, très vite remplacé par Olivier Patru.
Jusqu’à la fin de la première moitié du XIXe siècle, l’effectif de l’Académie française était souvent complet. Chaque décès était rapidement suivi par une élection et le nouvel académicien était rapidement reçu. Depuis, les délais d’élection et de réception se sont considérablement allongés. Il se passe aujourd’hui environ un an entre un décès et une élection et encore un an entre l’élection et la réceptionN 8, de sorte que le chiffre de quarante académiciens est peu souvent atteint. À ce jour, l'Académie est au complet depuis le 26 juin 2014 et l'élection de Marc Lambron. Cela avait été le cas auparavant entre le 26 mars 2009, élection de François Weyergans et le 14 avril 2009 mort de Maurice Druon.
Mais si l’on ne tient compte que des académiciens reçus, et non pas seulement élus, alors l’Académie n’a été complète que pendant 24 jours au cours du xxe siècle — et ne l’a encore jamais été au XXIe. Les périodes où l’Académie était complète ont été :
du 23 février 1905 réception d’Émile Gebhart au 1er mars 1905 mort d’Eugène Guillaume, soit 6 jours ;
du 10 mars 1994 réception du cardinal Albert Decourtray au 28 mars 1994 mort d'Eugène Ionesco, soit 18 jours.
Si l’on ne tenait pas compte de l’exclusion de facto de Charles Maurras et Philippe Pétain pour cause de condamnation à la dégradation nationale, alors il y aurait deux autres périodes pendant lesquelles l’Académie serait au complet :

du 13 novembre 1947 réception de Maurice Genevoix au 22 août 1949 mort d’Edmond Jaloux, soit 1 an, 9 mois et 9 jours ;
du 22 juin 1950 réception de Jean-Louis Vaudoyer au 8 avril 1952 mort de Jean Tharaud, soit 1 an, 9 mois et 17 jours.

Membres actuels

Liste des membres depuis 1635.

Article connexe : Liste des membres par fauteuil depuis 1635.
Fauteuil Membre Date d'élection Reçu(e) par Date de réception Discours de réception
et réponse
1 Claude Dagens 17 avril 2008 Florence Delay 14 mai 2009
2 Dany Laferrière 12 décembre 2013
3 Jean-Denis Bredin 15 juin 1989 Pierre Moinot 17 mai 1990
4 Jean-Luc Marion 6 novembre 2008 Claude Dagens 21 janvier 2010
5 Assia Djebar 16 juin 2005 Pierre-Jean Rémy 22 juin 2006
6 Marc Fumaroli 2 mars 1995 Jean-Denis Bredin 25 janvier 1996
7 Jules Hoffmann 1er mars 2012 Yves Pouliquen 30 mai 2013
8 Michel Déon 8 juin 1978 Félicien Marceau 22 février 1979
9 Alain Decaux 15 février 1979 André Roussin 13 mars 1980
10 Florence Delay 14 décembre 2000 Hector Bianciotti 15 novembre 2001
11 Gabriel de Broglie 22 mars 2001 Maurice Druon 7 février 2002
12 Jean d'Ormesson 18 octobre 1973 Thierry Maulnier 6 juin 1974
13 Simone Veil 20 novembre 2008 Jean d'Ormesson 18 mars 2010
14 Hélène Carrère d'Encausse 13 décembre 1990 Michel Déon 28 novembre 1991
15 Frédéric Vitoux 13 décembre 2001 Michel Déon 27 mars 2003
16 Valéry Giscard d'Estaing 11 décembre 2003 Jean-Marie Rouart 16 décembre 2004
17 Erik Orsenna 28 mai 1998 Bertrand Poirot-Delpech 17 juin 1999
18 Michel Serres 29 mars 1990 Bertrand Poirot-Delpech 31 janvier 1991
19 Jean-Loup Dabadie 10 avril 2008 Frédéric Vitoux 12 mars 2009
20 Angelo Rinaldi 21 juin 2001 Jean-François Deniau 21 novembre 2002
21 Alain Finkielkraut 10 avril 2014
22 René de Obaldia 24 juin 1999 Bertrand Poirot-Delpech 15 juin 2000
23 Pierre Rosenberg 7 décembre 1995 José Cabanis 14 novembre 1996
24 Max Gallo 31 mai 2007 Alain Decaux 31 janvier 2008
25 Dominique Fernandez 8 mars 2007 Pierre-Jean Rémy 13 décembre 2007
26 Jean-Marie Rouart 18 décembre 1997 Hélène Carrère d'Encausse 12 novembre 1998
27 Pierre Nora 7 juin 2001 René Rémond 6 juin 2002
28 Jean-Christophe Rufin 19 juin 2008 Yves Pouliquen 12 novembre 2009
29 Amin Maalouf 23 juin 2011 Jean-Christophe Rufin 14 juin 2012
30 Danièle Sallenave 7 avril 2011 Dominique Fernandez 29 mars 2012
31 Michael Edwards 21 février 2013 Frédéric Vitoux 22 mai 2014
32 François Weyergans 26 mars 2009 Erik Orsenna 16 juin 2011
33 Dominique Bona 18 avril 2013 Jean-Christophe Rufin 23 octobre 2014
34 François Cheng 13 juin 2002 Pierre-Jean Rémy 19 juin 2003
35 Yves Pouliquen 29 novembre 2001 Michel Mohrt 30 janvier 2003
36 Philippe Beaussant 15 novembre 2007 Pierre Rosenberg 23 octobre 2008
37 René Girard 17 mars 2005 Michel Serres 15 décembre 2005
38 Marc Lambron 26 juin 2014
39 Jean Clair 22 mai 2008 Marc Fumaroli 18 juin 2009
40 Xavier Darcos 13 juin 2013

Rôle de l'Académie française

Les rectifications de l’orthographe
Rectifications orthographiques du français, Réforme de l'orthographe française de 1835 et Rectifications orthographiques du français en 1990.
Dans son discours du 24 octobre 1989, le Premier ministre a proposé à la réflexion du Conseil supérieur de la langue française cinq points précis concernant l’orthographe :

le trait d’union ;
le pluriel des mots composés ;
l’accent circonflexe ;
le participe passé des verbes pronominaux ;
diverses anomalies.
C’est sur ces cinq points qu'ont porté les propositions de l'Académie française. Elles ne visent pas seulement l’orthographe du vocabulaire existant, mais aussi et surtout celle du vocabulaire à naître, en particulier dans les sciences et les techniques.
Présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces rectifications ont reçu un avis favorable de l’Académie française à l’unanimité, ainsi que l’accord du Conseil de la langue française du Québec et celui du Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique.

Elles ont été publiées au Journal officiel du 6 décembre 1990. Ces rectifications, modérées dans leur teneur et dans leur étendue, se résument ainsi :
le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure exemple : portemanteau comme portefeuille ;
le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront au pluriel la règle des mots simples des pèse-lettres ;
l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots où sa présence est essentielle pour distinguer un homonyme exemples : qu’il fût, mûr ;
le participe passé : il sera invariable dans le cas de laisser suivi d’un infinitif exemple : elle s’est laissé mourir ;
les anomalies :
mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français exemple : un imprésario, des imprésarios ;
séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français exemple : douçâtre, ou à la cohérence d’une série précise exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette.

Enrichissement de la langue française

Le développement des sciences et des techniques qui s'est accéléré depuis quelques décennies a eu tendance à favoriser l'expansion de l'anglais au détriment de la langue française. Afin d'éviter l'emploi de termes anglo-Saxons, et plus généralement étrangers, dans les domaines techniques où apparaissent sans cesse de nouvelles réalités à nommer, les pouvoirs publics ont mis en place un dispositif de terminologie et de néologie. Celui-ci a été institué par le décret du 3 juillet 1996 conformément à la loi sur la langue française dite loi Toubon du 4 août 1994.
L'Académie française participe ainsi au dispositif d'enrichissement de la langue française avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, la Commission générale de terminologie et de néologie, et les Commissions spécialisées de terminologie et de néologie qui œuvrent dans les ministères31. L'Académie française est présente aux différentes étapes du processus d'élaboration des termes. Elle participe aux travaux des commissions spécialisées qui proposent, dans tous les domaines informatique, télécommunications, transports, ingénierie nucléaire, sport… des termes français pour désigner les notions nouvelles. Elle est membre de la Commission générale qui examine les propositions des commissions spécialisées, et elle donne son aval pour la publication des termes au Journal officiel. Les termes et leurs définitions sont également publiés sur le site internet FranceTerme accessible aux professionnels et au grand public.
L'usage des termes français devient alors obligatoire au sein des administrations et des services publics en remplacement des termes étrangers.

L’Académie dans la fiction

Dans le roman Le Fauteuil hanté 1909 de Gaston Leroux, les membres successifs d'un même fauteuil meurent dans des circonstances mystérieuses.
Dans le film L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi, Louis de Funès interprétant le rôle du directeur d'un fameux guide gastronomique devient l'un des quarante Immortels.
Jean-Pierre Brisset 1837-1919 fait remarquer à plusieurs reprises dans ses livres que la parure verte des Académiciens est un hommage aux rainettes, dont l'homme provient en droite courbe.
Dans le livre Le Fantôme du fauteuil 32 de Nathalie Rheims, fille de l'académicien Maurice Rheims.

Lire la suite-> http://www.loree-des-reves.com/module ... ost_id=7986#forumpost7986

Posté le : 21/02/2015 16:21
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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