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Accueil >> newbb >> Henry-David Thoreau 2 [Les Forums - Histoire de la Littérature]

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Henry-David Thoreau 2
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Écriture de soi, écriture de la nature

Moins motivé par la transformation de la société que par le corps à corps avec le langage, Thoreau rédige sept versions de Walden de 1846 à 1854. Afin de raviver le pouvoir évocateur des mots, il recourt à l'étymologie, fait surgir des sens oubliés, définit ses termes, utilise un vocabulaire archaïque ou indigène ; il s'engage parfois dans une rêverie sur la sonorité des mots, sur la forme des lettres et leur expressivité. Ce travail poétique vise à créer une langue personnelle, sensuelle, qui permette l'énonciation de la subjectivité. L'écriture exploratoire s'ouvre aux zones d'ombre de l'écrivain, à ce qui n'est pas maîtrisé en lui et accepte le risque de l'obscurité. Le texte poétique fait craquer le carcan des intentions moralisatrices pour laisser entendre le deuil d'objets perdus, sur fond de désespoir contenu. La description des paysages dans lesquels il se projette l'aide à s'approcher de l'inconnu en lui.
L'immense Journal révèle un besoin quotidien d'écriture. Après 1850, il devient un projet littéraire indépendant un journal météorologique de l'esprit où l'écrivain consigne les fluctuations de sa pensée au rythme des saisons, mais s'abstient de toute confidence. Dans ce qui devient le lieu d'une réflexion sur soi et sur sa relation à la nature, Thoreau s'interroge sur la perception du monde et sa représentation. L'écriture fragmentaire, instable, contradictoire, témoigne ici d'une pensée en mouvement.
Thoreau a aussi pris le temps de canaliser sa pensée et de rédiger des récits de voyage pour des magazines ; ils ont été regroupés en livre après sa mort. Les Forêts du Maine The Maine Woods raconte ses excursions dans la nature primitive du Nord-Est, sa confrontation avec la montagne inhospitalière et ses contacts avec un guide indien dont il veut partager le savoir sur la forêt. Cap Cod offre la vision de l'horizontalité lugubre d'un paysage marin où il rencontre épaves et cadavres : de froides descriptions de plages rendent compte de cette vaste morgue ; il y joint des anecdotes sur les habitants et des considérations sur l'histoire de la province.

Écologie littéraire

Sa vie durant, Thoreau sera animé par la passion de la nature sauvage et il écrira un bel essai à sa gloire, Marcher (Walking). Il fera de la nature son principal sujet d'écriture au point qu'on lui reconnaît la paternité d'un genre littéraire : nature writing, où se mêlent sensibilité poétique, savoir scientifique et militantisme en faveur de la protection de l'environnement.
Après 1855 surtout, le Journal abonde en descriptions détaillées, caractérisées par la nomination exacte des plantes, parfois complétées de petits schémas maladroits lorsque le langage manque de précision. Bien qu'il résiste à la professionnalisation de la science, Thoreau accorde moins de place à la subjectivité de l'observation : il prend appui sur le réel, méthodiquement perçu et mesuré. Influencé par ses contacts avec des botanistes de Harvard et ses lectures d'œuvres scientifiques, dont celle déterminante du naturaliste allemand Alexander von Humboldt, il dresse des inventaires de la faune et de la flore, date ses découvertes, insiste sur les phénomènes de transition, les variations, les répétitions : l'accumulation de faits bruts donne lieu à des listes et des tableaux. À force d'observations, il perçoit l'interaction entre plantes et animaux dans un biotope donné, avance des lois qui régissent un réseau de phénomènes comme la succession des arbres dans une forêt, ou la dispersion des graines. Le travail sur la fertilité de la nature l'amène à réfuter le créationnisme et l'idée de génération spontanée défendus par Louis Agassiz ; aussi, lorsqu'en 1860 il lit L'Origine des espèces, il accepte sans réserve l'hypothèse de Darwin. Naturaliste amateur, il participe au débat d'idées scientifiques, et ses études de limnologie et de phénologie seront reconnues.
Son intérêt pour la nature conserve toujours une visée humaniste : il considère indispensable de sauvegarder cet environnement essentiel aux hommes. Dans l'essai sur les fruits sauvages Wild Fruits, il appelle à préserver le patrimoine sauvage et suggère de créer des parcs naturels, lieux de régénération pour l'humanité future. À l'heure où les Américains négligent les grands écrivains de la Renaissance américaine, Thoreau reste présent comme un précurseur de la dissidence écologique et un résistant aux pouvoirs économiques destructeurs de la nature. Michel Granger

Solitude et émerveillement

Accusé souvent de misanthropie, Thoreau prône un art de vivre fondé sur l'écoute de soi, ce qu'il nomme le matin intérieur, proche d'un état d'innocence. Pour Michel Granger, il est possible que Thoreau soit devenu solitaire en raison de sa responsabilité dans la destruction accidentelle par incendie d'une partie de la forêt de Concord, incident qui lui a valu la critique des autres habitants. Il décide en effet de s'installer à Walden juste après cet événement et dès lors il fait de la solitude une bonne compagnie. Demeurer seul permet non seulement d'étudier la nature mais aussi et surtout de s'émerveiller ; en effet pour Gilles Farcet, Thoreau est naïf en ceci qu'il n'a rien perdu de son aptitude à l'émerveillement. Célibataire toute sa vie durant, cet état d'ermite ne l'empêche pas d'avoir des sentiments philanthropiques puisqu'il défend avec empathie et sensibilité pour l'humanité souffrante, l'abolitionnisme et aide des esclaves à gagner leur liberté au Canada.

Critique de l'économie et de la société industrielle

Peu après l'expérience de Walden, Thoreau publie le texte d'une conférence, La vie gaspillée qui forme l'essai publié en 1854 de La Vie sans principe. Dans ce texte, il attaque vivement l'économie et la société industrielle. Il réaffirme les valeurs éthiques liées à l'individualisme contre celles véhiculées par l'État. Il dit ainsi dans La Désobéissance civile : Je pense que nous devons être des hommes, des sujets ensuite. Il ne voit face à cet envahissement de la sphère privée que deux solutions : la désobéissance civile d'une part, l'usage de la force d'autre part, possibilité qu'il n'évoque néanmoins que timidement. En ce sens, Thoreau a été considéré, par toute une frange des penseurs modernes de cette pensée, comme un anarchiste. Comme le rappelle Guillaume Villeneuve l'ambition de Thoreau est spirituelle, soucieuse de transformation intérieure : l'ennemi est en nous, non à l'extérieur. La violence doit d'abord s'exercer sur nous ….

Sources et réception Sources d'inspiration Un héritage classique

Thoreau a été influencé par ses lectures orientales sur le bouddhisme et l'hindouisme telles que la Bhagavad-Gîtâ. Dans Walden, il fait à de très nombreuses reprises référence aux mythologies grecque, romaine ou nordique. Comme l'a montré Stanley Cavell, Thoreau cite aussi beaucoup les évangiles. Ses théories sont également proches du cynisme on a ainsi souvent comparé Thoreau au philosophe Diogène et du stoïcisme. La pensée de Thoreau est modelée par deux héritages principaux selon Michel Granger. L'humanisme européen d'une part car, un peu comme les grands hommes de la Renaissance, Thoreau est à la fois philosophe, écrivain et naturaliste, chacune de ces facettes enrichissant les autres et le puritanisme américain d'autre part. La théologie calviniste l'a également imprégné, à Harvard, université fondée en effet par les puritains, et par le biais familial également. Pour Michel Granger, Thoreau fait preuve d'ambivalence envers l'héritage puritain, à la fois fasciné et rebuté.

Transcendantalisme États-Unis.

D'origine purement américaine, le transcendantalisme est un mouvement philosophique et littéraire créé par Ralph Waldo Emerson. Initié au transcendantalisme par l'auteur de Nature, dont la stature l'a longtemps éclipsé, Thoreau, du fait de son esprit d'indépendance, n'adhère cependant que partiellement au mouvement. Il tire de ce courant d'inspiration romantique européenne l'idée qu'il existe des correspondances entre l'homme et la nature. Le poète Kenneth White explique ainsi que c'est en quelque sorte une conscience première, débarrassée de toutes les couches secondaires morales, sociales, religieuses, etc., que le transcendantalisme veut atteindre, car tout, virtuellement, commence là, et tout peut recommencer là alors que le philosophe Stanley Cavell en fait le début de la modernité en philosophie américaine. En exaltant l'individualisme et une certaine forme d'oisiveté dans la communion avec la nature, Thoreau invite à explorer les provinces de l'imagination, thème transcendantaliste par excellence. Enfin, l'idée que l'écrivain peut être le moteur de la société et la source de son renouveau, par l'entremise de la figure du héros indépendant, a influencé la pensée de Thoreau. Néanmoins, conclut Michel Granger, Thoreau a su transformer cet héritage transcendantaliste à l'aune de sa propre réflexion.

Influence et postérité

Thoreau représente l'un des héros de l'américanité et son nom fait partie du bagage culturel minimum de l'Américain moyen qui en connaît quelques expressions ou précepte de célébrité.

Politique

Les écrits de Thoreau ont eu un rayonnement important après sa mort, à tel point que Gilles Farcet parle de la dimension prophétique de son œuvre. Des leaders politiques tels que le Mahatma Gandhi, l'ascétisme pratiqué par Gandhi s'inspire beaucoup de la pensée du poète américain, le président John F. Kennedy, le militant des droits civiques Martin Luther King, William O. Douglas, Thomas Merton, les continuateurs de Lanza del Vasto ont évoqué l'influence de l'œuvre de Thoreau sur leurs actions.
Au sein de la pensée politique ou éthique, Thoreau a influencé nombre de personnalités tels : Murray Rothbard, Albert Jay Nock ou John Rawls. L'anecdote du refus de payer l'impôt et le concept de désobéissance civile ont ainsi servi de base de réflexion à l'auteur de Théorie de la justice.

Écologie

Le rayonnement de Thoreau a également été récupéré par l'écologie politique. L'expression de désobéissance civile est en effet reprise par les paysans du Larzac et par José Bové mais en mouvement plus violent. Des études modernes, dont celles de Lawrence Buell The Environmental Imagination : Thoreau, Nature Writing and the Formation of American Culture, 1995 ont montré l'actualité de la pensée de Thoreau à ce propos, pensée qui nourrit jusqu'à l'écologie profonde, l'environnementalisme et le monde libertaire, celui de Murray Bookchin et de Paul Goodman. Ainsi, dans L'écologie technophobe de Thoreau, 11e volume de Contre-histoire de la philosophie, le philosophe Michel Onfray dévoile en quoi les tenant de l'écologie peuvent se revendiquer de l'héritage intellectuel de Thoreau.
Les études scientifiques menées par Thoreau ont été réévaluées dans les années 1980 et ont été reconnues comme scientifiquement valables en limnologie et en phénologie explique Michel Granger. Thoreau marque également l'histoire du courant végétarien en considérant ce mode de vie comme un idéal de purification à atteindre même s'il ne semble pas avoir lui-même assidûment pratiqué ce régime. François Duban évoque l'influence moderne de Thoreau sur les politiques environnementales, dans L'écologisme aux États-Unis 2000. Sa philosophie serait ainsi à l'origine de l'aménagement du territoire américain pour Michel Granger. Pour François Specq la contribution de Thoreau à la naissance de l'idée de parc national, aux États-Unis, est réelle et date de 1858, dans le chapitre Chesuncook des Forêts du Maine 1864

Littérature

En littérature, Walden inspira William Butler Yeats, le grand poète nationaliste irlandais, qui y fait référence dans son poème The Lake Isle of Innisfree dans le recueil The Countess Kathleen and Various Legends and Lyrics publié en 1893. Romain Rolland, qui parle de l'œuvre de Thoreau comme étant la Bible du grand Individualisme qui projetait une traduction qu'il abandonna, y fait référence dans sa Vie de Vivekananda. Le romancier Robert Louis Stevenson, bien qu'irrité par la philosophie de Thoreau, reconnaît l'influence de son style. L'auteur de Walden est en effet pour lui un maître du style, master of style. Jean Giono s’inspire lui du concept de désobéissance civile dans Refus d’obéissance.
Léon Tolstoï découvrit l'essai de Thoreau La Désobéissance civile en 1894 grâce à un journal anglais et qui le traduisit en russe. Thoreau a inspiré d'autres personnalités du monde des arts et des lettres comme Henry Miller, Edward Abbey Down the River with Henry Thoreau, 1984, Willa Cather O Pioneers!, 1913, Marcel Proust mais aussi Sinclair Lewis The American Adam, 1959, Ernest Hemingway ou encore Elwyn Brooks White. L'architecte Frank Lloyd Wright explique que l'architecture moderne américaine serait incomplète sans la sage observation du sujet élaborée par Thoreau. L'influence de Thoreau et de Walden en particulier sur les écrivains écologistes concerne : John Burroughs, John Muir, E.O. Wilson, Edwin Way Teale, Joseph Wood Krutch, Rick Bass son roman Winter, publié en 1999, est organisé de manière semblable à Walden ou encore les poètes Seyhan Kurt, Kenneth White. Jim Harrison revendique également la paternité littéraire de Walden.
Gandhi a lu, en prison, le livre La Désobéissance civile de Thoreau et en a tiré l'idée de résister par la non-violence ou ahimsa en hindi.
Walden a également directement inspiré plusieurs œuvres littéraires. En 1948, le psychologue béhavioriste Burrhus Frederic Skinner écrit un roman à thèse, Walden Two dans lequel il imagine une communauté expérimentale utopique experimental community basée sur les idées de Thoreau. L'auteur suédois Stig Dagerman cite les noms de Thoreau et de Walden dans son essai Notre besoin de consolation est impossible à rassasier publié en 1952. Le photographe américain Ian Marshall a également écrit un livre de haïkus intitulé Walden by haiku 2009 dans lequel il s'arrête sur plusieurs citations de Thoreau.
L'écrivain américain de science-fiction James Patrick Kelly décrit dans son roman Fournaise une société utopique implantée sur un monde nommé Walden afin d'y pratiquer le retour à la terre, et, d'une manière plus générale, à la Simplicité un mouvement philosophique s'opposant aux bouleversements introduits par la technologie.

Musique

En musique, Charles Edward Ives a intitulé Henry David Thoreau le quatrième mouvement de sa Concord Sonata qui est un hommage aux écrivains transcendantalistes. Son essai, Essay before a Sonata témoigne par ailleurs en quoi Walden est une profonde source d'inspiration pour lui et explique pourquoi Thoreau donne une importance fondamentale à la musique de la nature notamment lorsqu'il dit dans son Journal : Il y a de la musique dans chaque son. Enfin, le compositeur John Cage considère Thoreau comme son maître et, s'inspirant de son rythme poétique, il a composé Empty words 1973–1974 et 40 drawings by Thoreau.

Cinéma et télévision

L'œuvre de Thoreau est évoquée dans de nombreux films tels que : Tout ce que le ciel permet 1955, Madame croque-maris 1964, Into the Wild de Sean Penn 2007, The Great Debaters 2007 et aussi dans des séries à la télévision telles que : Dawson Dawson's creek saison 4 épisode 10, Young Americans saison 1 épisode 3, Les Experts saison 7 épisode 20, Numb3rs saison 3 épisode 7. Des passages de Walden sont cités à l'ouverture de chaque réunion secrète des membres du Cercle des poètes disparus Dead Poets Society dans le film éponyme de Peter Weir 1989, comme la célèbre citation sucer toute la moelle secrète de la vie et notamment la scène où il est annoncé que le secret de la vie est de saisir le jour carpediem.
Dans Walden. Diaries, Notes, and Sketches 1969 le réalisateur d'origine lituanienne Jonas Mekas élabore un journal sous forme filmographique, de 43 minutes.
Le second film du réalisateur américain Shane Carruth, Upstream Color 2013 contient de nombreuses références à Walden ou la Vie dans les bois avec lequel les personnages entretiennent un rapport privilégié. Le film s'inspire également du transcendantalisme.

Arts graphiques

Maximilien Le Roy et A. Dan mettent en scène Thoreau lors de son passage à Walden dans une bande dessinée intitulée Thoreau – La vie sublime 2012.

Critiques

De son vivant, Thoreau est considéré comme un arriéré et un original. Mais la principale critique vient d'un autre écrivain, l'auteur écossais Robert Louis Stevenson qui considère que la volonté de Thoreau de vivre simplement dans la nature, loin de la société moderne, lui donne un caractère efféminé et des manières snobs. Il écrit un essai publié dans le Cornhill Magazine en juin 1880, intitulé Henry David Thoreau: His Character and Opinions, traduit en français sous le titre Un roi barbare : essai sur Henry David Thoreau, dans lequel il dit être irrité par le puritanisme de Thoreau : On peut trouver une sorte de noblesse rustre, la noblesse d’un roi barbare, dans la confiance inébranlable que Thoreau a en lui-même et dans son indifférence aux désirs, aux pensées et aux souffrances d’autrui.
Tout au long du XIXe siècle, Thoreau sera souvent rejeté comme un grincheux provincial hostile au progrès matériel. L'historien Ronald Creagh souligne qu'en tournant le dos au mythe du progrès » Thoreau s'est aliéné le XIXe siècle positiviste et scientiste. Rééditée en France dans les années 1960, son œuvre connaît un regain d'intérêt lors du mouvement de mai 68. La grève générale de mai redonne en effet une actualité politique à Walden ; fable moderne de l’individu excentrique cherchant à s’émanciper de la tradition, dénonçant le pouvoir de l’argent, la rigidité des conventions sociales et la violence des institutions, raillant le papotage des journaux et refusant de s’incliner devant le progrès technique l'œuvre de Thoreau proposait un modèle alternatif centré sur l’individu non-conformiste à l’esprit critique toujours en éveil dans lequel les jeunes générations se reconnaissaient alors. Cependant, l'épisode de Walden est perçu comme l'œuvre d'un idéaliste et d'un rêveur. Le poète John Greenleaf Whittier condamne ainsi Thoreau, le jugeant très mauvais et païen et expliquant que ce dernier cherche à renvoyer l'homme à une vie animale et dégradante.
Pendant la Seconde Guerre mondiale et durant la Guerre froide, Thoreau est mis au pilori aux États-Unis. Considéré comme un un-American, un non-américain dans les années 1940 le public lui reproche son pacifisme. Une anthologie où il figure est interdite par Joseph McCarthy. En juillet 1946, le centenaire de sa nuit passée en prison pour refus de payer l'impôt n'est pas célébré comme à l'habitude alors que, durant la période du maccarthysme, le livre La Désobéissance civile est interdit dans certaines bibliothèques du pays. Dans les années 1960, la critique se veut davantage universitaire. On lui reproche en effet des propos rétrogrades et misogynes, critique émanant du milieu féministe américain.

Œuvres traduites en français

Éditions de Walden ou la vie dans les bois
Henry David Thoreau trad. Louis Fabulet, Walden, ou la vie dans les bois Walden or Life in the Woods, Paris, Gallimard, coll L'Imaginaire no 239,‎ 1990 1re éd. 1854, 377
Henry David Thoreau trad. Louis Fabulet, Walden, ou la vie dans les bois Walden or Life in the Woods, Paris, Aubier Montaigne, coll. Bilingues Toutes,‎
Henry David Thoreau trad. Louis Fabulet, Je vivais seul dans les bois : Extrait de Walden ou La vie dans les bois Walden or Life in the Woods, Paris, Gallimard, coll. Folio 2,‎ 2008 (1re éd. 1854, 119 p.
Henry David Thoreau trad. Brice Matthieussent, préf. Jim Harrison, Walden Walden or Life in the Woods, Marseille, Le mot et le reste, coll. Attitudes,‎ 2010 1re éd. 1854
Postface et notes de Michel Granger

Essais et romans

Henry David Thoreau trad. Didier Bazy et Sophie Fueyo, L'esprit commercial des temps modernes et son influence sur le caractère politique, moral et littéraire d'une nation [« The commercial spirit of modern times considered in its influence on the Political, Moral, and Literary, Le Grand Souffle Éditions,‎ 2007 1re éd. 1837, 47
Postface de Michel Granger - édition bilingue
Henry David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Le paradis à reconquérir Paradise to be Regained, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2005 1re éd. 1843,
Henry David Thoreau trad. Guillaume Villeneuve, La Désobéissance civile Civil Disobedience, Mille et une nuits,‎ 1997 1re éd. 1849, 63 p.
Henry David Thoreau, La Désobéissance civile Civil Disobedience, Le Passager Clandestin,‎ 2007 1re éd. 1849, 75 p.
Préface et direction de Noël Mamère, accompagné de l'article du Monde Diplomatique intitulé Jusqu'où obéir à la Loi daté d'avril 2006
Henry David Thoreau et Frederick Douglass trad. François Specq, De l'esclavage en Amérique Slavery in Massachusetts, Éditions Rue d’Ulm, coll. Versions Françaises,‎ 2006 1re éd. 1854, 201 p.
Postface de François Specq
Henry David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Plaidoyer pour John Brown A Plea for Captain John Brown, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2006 1re éd. 1860, 127 p.
Intégré au recueil : De l'esclavage : Plaidoyer pour John Brown
Henry David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, De la marche Walking, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2003 1re éd. 1862, 79 p.
Henry David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, La Vie sans principe Life without principle, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2004 1re éd. 1863, 63
Henry David Thoreau (trad. Thierry Gillyboeuf, Couleurs d'automne Autumnal Tints, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2007 1re éd. 1862, 111 p.
Intégré au recueil : Balade d'hiver, couleurs d'automne
Henry David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Balade d'hiver Winter, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2007 1re éd. 1888, 111 p.
Intégré au recueil : Balade d'hiver, couleurs d'automne
Henry David Thoreau trad. Simon Le Fournis, Un Yankee au Canada A Yankee in Canada, La Part Commune,‎ 2006 1re éd. 1866, 187 p.
Henry-David Thoreau trad. André Fayot, Les Forêts du Maine The Maine Woods , José Corti, coll. Domaine romantique,‎ 2002 1re éd. 1864, 359 p.
Henry-David Thoreau trad. François Specq, Les Forêts du Maine The Maine Woods, Editions Rue d'Ulm,‎ 2004 1re éd. 1864, 521 p.
Henry-David Thoreau, Les pommes sauvages Wild Apples: The History of the Apple Tree, Finitude,‎ 2009 1re éd. 1862
Henry David Thoreau trad. Pierre-Yves Pétillon, Cap Cod Cape Cod, Imprimerie nationale, coll. La Salamandre,‎ 2000, 319
Henry David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Sept jours sur le fleuve, Fayard,‎ 2012
Henry David Thoreau, Ecrits de jeunesse, Les Editions de Londres,2013
Henry-David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Journal : volume I : 1837-1840, Finitude, 2012, 256 p.
Henry-David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Journal : volume 2 : 1841-1843, Finitude, 2013, 320 p.

Correspondances

Henry-David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, Je suis simplement ce que je suis : Lettres à Harrison G.O. Blake, Finitude,‎ 2007 1re éd. 1848 et 1861
Henry-David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, Correspondance, Sandre,‎ 2009, 283 p
Henry-David Thoreau trad. Régis Michaud et Simone David, Journal Journal, 1837-1861, Presses d'Aujourd'hui, coll. Romans Traduits,‎ 1981, 216 p.
Notes et préface de Kenneth White

Recueils

Henry-David Thoreau trad. Nicole Mallet, Essais, Le mot et le reste, coll. Attitudes,‎ 2007, 426 p.
Préface de Michel Granger
Henry-David Thoreau trad. Thierry Gillyboeuf, La Moëlle de la vie : 500 Aphorismes, Mille et une nuits, coll. La petite collection,‎ 2006, 111 p.
Henry-David Thoreau trad. Léon Bazalgette, Désobéir, Aden, coll. Petite bibliothèque,‎ 2013, 276 p.
Henry-David Thoreau, Vivre comme un prince - Écrits de jeunesse, Climats,‎ 2015, 204 p.

Chronologie des œuvres originales complètes

The commercial spirit of modern times considered in its influence on the Political, Moral, and Literary 1837
Aulus Persius Flaccus 1840
The Service 1840
Natural History of Massachusetts publié dans The Dial en juillet 1842
Paradise to be Regained 1843
The Landlord 1843
Sir Walter Raleigh 1844
Herald of Freedom 1844
Wendell Phillips Before the Concord Lyceum 1845
Reform and the Reformers 1846-8
Thomas Carlyle and His Works 1847
A Week on the Concord and Merrimack Rivers 1849
Civil Disobedience 1849
An Excursion to Canada 1853
Slavery in Massachusetts 1854
Walden or Life in the woods 1854
Remarks After the Hanging of John Brown 1859
The Last Days of John Brown 1860
A Plea for Captain John Brown 1860
Walking 1862
Autumnal Tints 1862
Wild Apples: The History of the Apple Tree 1862
Excursions 1863
Life without principe 1863
Night and Moonlight 1863
The Highland Light 1864
The Maine Woods 1864
Cape Cod 1865
Letters to Various Persons 1865
A Yankee in Canada 1866
Early Spring in Massachusetts 1881
Summer 1884
Winter 1888
Autumn 1892
Miscellanies 1894
Familiar Letters of Henry David Thoreau 1894
Poems of Nature 1895
The First and Last Journeys of Thoreau 1905, découvert tardivement parmi ses journaux et manuscrits inédits




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Posté le : 11/07/2015 18:45
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Re: Henry-David Thoreau 2
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Très sympa, cet article !
Nous avons tous été tôt ou tard, en contact avec Thoreau, même sans nous en rendre compte, ne serait-ce que par ces quelques vers magnifiques repris dans le film "le cercle des poètes disparus" :

"Je m'en allais dans les bois

Parce que je voulais vivre sans hâte

Vivre, intensément,

Et sucer toute la moelle de la vie

Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie

Pour ne pas découvrir, à l'heure de ma mort

Que je n'avais pas vécu"


Ce "parce que je voulais vivre sans hâte", c'est un vers qui me hante. C'est d'une grande simplicité et d'une grande profondeur poétique.
Thoreau est un auteur majeur de la littérature américaine. Il influence des œuvres modernes, riches et profondes comme le magnifique et dramatique : "into the wild"

Merci pour le partage !

Posté le : 13/07/2015 20:23
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Re: Henry-David Thoreau 2
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Je me suis doutée que ça ne pouvait que t’intéresser.
Thoreau est ce que nous pouvons appeler une très belle personne.
Ses livres sont d'une très grande profondeur et portent un message qui ne peut que nous toucher.
Il m'a souvent fait rêver et son courage d'opposant tranquille était pour moi un bel exemple.
Sa cabane de bois me reste toujours en mémoire, c'est vraiment mon univers.
Vérité, profondeur, sensibilité, humanité et authenticité, cet amoureux de notre mère-nature est tout ce qui me parle.

Il faut relire "Walking" :

"I wish to speak a word for Nature, for absolute freedom and wildness, as contrasted with a freedom and culture merely civil—to regard man as an inhabitant, or a part and parcel of Nature, rather than a member of society".
"Let me live where I will, on this side is the city, on that the wilderness, and ever I am leaving the city more and more, and withdrawing into the wilderness".
" 'How near to good is what is fair.' So I would say: 'How near to good is what is wild.'"
"Here is this vast, savage, hovering mother of ours, Nature, lying all around, with such beauty, and such affection for her children, as the leopard; and yet we are so early weaned from her breast to society, to that culture which is exclusively an interaction of man on man"...
"So we saunter toward the Holy Land, till one day the sun shall shine more brightly than ever he has done, shall perchance shine into our minds and hearts, and light up our whole lives with a great awakening light, as warm and serene and golden as on a bankside in autumn".

In Wildness is the preservation of the world.

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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