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Bernard Manciet
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Le 27 septembre 1923 naît Bernard Manciet

à Sabres, mort à Mont-de-Marsan le 3 juin 2005, écrivain originaire des Landes et un des plus importants auteurs gascons du XXe siècle. Il pratique d'abord l'ode Ode à notre Dame de la Peur, 1950, mais c'est avec Accidents 1955, évoquant un séjour prolongé dans l'Allemagne d'après-guerre, qu'il apporte un souffle véritablement nouveau à la poésie occitane. En 1972, avec Gesta, il se retourne contre l'occitanisme militant. Roncevaux 1977 dit l'attachement fort aux racines, en même temps que la fierté de la renaissance moderne d'une langue. Le lyrisme se déploie sur un mode épique dans cette sorte d'opéra monde qu'est l'Enterrement à Sabres 1989, son chef-d'œuvre, somme d'une vie organisée autour de la puissante figure, largement mythique, de la Dauna, épicentre d'un monde entre terre et ciel, entre nature panique et forces de la mort, entre petites gens et Dieu. Ses sonnets Sonets, 1996 au lyrisme baroque sont marqués par la lecture des poètes occitans du XVIIe siècle.

En bref

On pourrait croire que l'écriture de Bernard Manciet est essentiellement centrée autour du bourg de la Grande Lande où il est né, Sabres, et au voisinage duquel il a fini ses jours, après y avoir passé la plus grande partie de son existence. Son œuvre la plus connue n'est-elle pas un immense poème en seize chants, L'Enterrement à Sabres 1989 ? L'omniprésence du paysage landais et de ses habitants chez Bernard Manciet, comme l'usage quasi exclusif qui fut le sien, en littérature, de l'occitan gascon de ses origines, ne font pas de doute. On ne niera pas davantage que la trilogie romanesque composée du Jeune Homme de novembre 1964, mais son écriture est bien plus ancienne, du Chemin de terre 1976 et de La Pluie 1976, ainsi que, plus récemment, le court roman Hélène 1992 soient profondément marqués par ces lieux dont Manciet s'est constamment présenté comme le chantre, aussi bien dans ses essais en français Le Triangle des Landes, 1981 ; Le Golfe de Gascogne, 1987 que dans son œuvre occitane : Là subsiste, sache-le, une peuplade bafouée par l'Histoire. Moi, je lui donnerai mieux : de la légende.

Sa vie

À l'école publique de Sabres, puis au petit lycée de Talence où il passe trois années heureuses chez ses oncles curés à apprendre le latin et le grec malgré sa maladie au cœur, et enfin au lycée Montaigne de Bordeaux où il passe le bac un dimanche de juin 1940, il forge une grande érudition dont il n'aimait pas que l'on parle mais qui imprégnait la moindre des conversations avec lui. Cueilli par la tourmente de la guerre, il fait des études de lettres et de sciences politiques à Paris avant d'entrer dans la carrière diplomatique.

Il part en Allemagne, dans l'administration française d'occupation : il est assistant de français à Spire, puis à Ludwigshafen, en 1947-1948 ; en 1949, il est chargé d'études générales à l'usine IG Farben de Ludwigshafen. Il devient haut-commissaire en Allemagne auprès de Koenig au moment de la reconstruction de l'État allemand.Le voici aussi au procès de Nuremberg. À côté du procès, comme il disait. En 1955, il poursuit sa carrière diplomatique qui le conduit quelques mois au Brésil puis à Montevideo en Uruguay. Il en gardera un regard géopolitique aigu. Il revient à Sabres pour se marier à Mme Marie-Geneviève Dayon, avoir cinq enfants Marie-Joseph, Jean-Romain, Marc, Anne ainsi que Claire, vivre dans une maison qu'il fit construire à Trensacq et gérer l'entreprise de sa belle-famille L'entreprise alors est appelée Manciet-Dayon dans le secteur du bois, laquelle fit faillite dix ans plus tard.

Il anima la revue Òc mais refusa d'entrer dans le mouvement politique occitaniste, même s'il entretenait des relations amicales avec Robert Lafont et Max Rouquette.

Cette prégnance bien réelle de la Lande et de ses habitants ne saurait cependant masquer l'essentiel : depuis ses premiers poèmes, publiés dès la fin des années 1940, et, plus encore, depuis son premier livre imprimé, un recueil de vers et de proses mêlés intitulé de façon lourde de sens Accidents (1955), Manciet est demeuré avant tout un franc-tireur, toujours fidèle aux failles et aux fractures qui ont sans relâche traversé et façonné en profondeur son écriture. Accidents, évocation apocalyptique de la « catastrophe allemande », que Manciet a connue de près, dès 1946, quand il y fut mobilisé, puis comme diplomate travaillant à la reconstruction pendant les années suivantes avant de partir pour l'Amérique du Sud, donne le ton de toute l'œuvre à venir. Et ce ton est celui de la rupture, de la transgression, du pas de trop qui fait pencher le poème ou le récit du côté du vide, de l'interdit, de ce qui fait peur ou risque d'anéantir. Esquisse autobiographique énonçant par avance la genèse de toute une aventure d'écriture, Le Jeune Homme de novembre dit la quête du souffle contre la maladie et l'effroi, et la guerre sans relâche livrée contre cet autre, créature du dedans et du dehors à la fois, qui hante le narrateur jusqu'à lui faire frôler la mort. Le poème, comme le récit, naît toujours chez Manciet d'une limite franchie ou d'une cassure, d'un tremblement du temps ou du corps qui repousse les frontières du dicible. Ce sont souvent les tempêtes du monde qui ont inspiré, littéralement, le poète : Aux portes de fer 2001, évocation de Belgrade bombardée sur fond de paysage biblique, Le Dire de Guernica 2001, Le Grand Vent 2002, Pour l'enfant de Bassora 2003 sont autant de déchaînements élémentaires dont le souffle se confond avec celui du verbe qu'ils font surgir. Mais ces tempêtes sont aussi tempêtes des corps, dont les attirances sont toujours luttes, et déflagrations : les Odes recueillies en 1984, Un hiver 1990 ou les Sonnets 1996, dans des genres différents, sont tous traversés par ces désastres intimes et cosmiques dont Accidents, déjà, explorait les retentissements. On ne s'étonnera pas que Manciet, le personnage comme l'œuvre, ait trouvé chez certains musiciens (Bernard Lubat, Michel Portal, Christian Vieussens... ou chez des hommes de théâtre Gilbert Tiberghien : une Iphigénie, un Orphée des alliés essentiels. Multiple et insaisissable, l'écriture de Manciet atteint sans doute son unité la plus authentique quand elle prend le temps de contempler les abîmes dont elle est issue comme dans les proses des Vigilantes réunies en 1999 et plus encore dans les très brefs récits rassemblés en 1986 puis 2005 sous le titre de Jardins perdus.
Écrivain solitaire, fuyant les modes et les engouements passagers, mais toujours attentif aux écritures de son temps, proches ou plus lointaines, Bernard Manciet fut également à sa manière un militant opiniâtre de la langue et de la culture occitanes. Hostile par principe à toute orientation nationaliste de son combat culturel, et fidèle en cela aux idées constamment développées depuis les temps de la Libération par son ami l'essayiste et poète Félix-Marcel Castan, il a animé avec passion pendant plus de vingt-cinq ans, et jusqu'à sa mort, la rédaction de la revue littéraire Òc, créée en 1923 par un autre de ses compagnons en occitanisme, Ismaël Girard.

Philippe Gardy

Son œuvre

Poète, romancier, auteur dramatique, essayiste, directeur de revue littéraire, peintre, performeur, Bernard Manciet laisse une œuvre aux multiples facettes mais dont le fil conducteur fut ce parler noir des Landes dont il se disait le "renard". Il montait aussi sur scène pour dire sa poésie : il a participé à des spectacles avec Bernard Lubat, à Uzeste, Eysines et Bordeaux notamment.
En 1972 déjà, René Nelli écrivait à son propos dans l’anthologie en édition bilingue La poésie occitane parue aux éditions Seghers : Une étude d’ensemble sur l’œuvre de Manciet ne se fera pas attendre longtemps. Elle permettra peut-être de mieux cerner ce monstre d’originalité, dont le renouvellement verbal incessant et le jaillissement lyrique intérieur ne doivent rien aux dernières modes littéraires de Paris. Entre René Char et Quasimodo, Bernard Manciet est certainement l’un des grands poètes – méconnus – de l’Europe moderne.
Du point de vue linguistique, Bernard Manciet reste fidèle au parler gascon très localisé de sa région des Landes.

Une citation

"Je ne parle guère, dit-il dans la présentation de Compresseur, que de la lumière de la forêt, du matin, de la nuit. Je vis dedans. Je suis du grand soleil, de la lumière de la nuit." Bernard Manciet

Répliques

"Antonio, à taoule !"

Œuvres

Bernard Manciet a écrit une œuvre importante, qui comprend des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et des poèmes dont la plupart sont écrits à la fois en français et en occitan :
Le Triangle des Landes, éditions Arthaud, 1981, et Éditions In 8 Serres-Morlaàs, 2005 nouvelle édition corrigée.
L'Enterrament a Sabres, Éditions Ultreïa, Garein Landes, 1989; Éditions Mollat, 1996; Poésie/Gallimard, Paris, 2010.
Accidents, I.E.O. Institut d'études occitanes, 1955 et Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
Strophes pour Feurer, Éditions L’Escampette, 1995.
Jeune Homme de novembre / Lo Gojat de noveme, Éditions Reclams / Escòla Gaston Febus, Pau, 1995 et Edicions Reclams, Pau, 2003.
Per el Yiyo, Éditions L’Escampette, 1996.
Véniels, Éditions L’Escampette, 1996.
Impromptus, Éditions L’Escampette, 1998.
Les Émigrants ou Iphigénie devant la gare Los Hòra-trèits o Ifigenia davant la gara, Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
Accidents, Éditions L’Escampette, 1999.
Les Vigilantes, Éditions L’Escampette, 1999.
Compresseur, suivi de Poussière, Éditions L’Escampette, 2000.
Pastel, alchimie du bleu, livre fait à la main, la part des anges éditions, 2001.
Cobalt, Éditions Cadratins, Bagnères de Bigorre, 2002.
Éloge de la Rose, Éditions L’Escampette, 2003.
De nouveau Cordoue/'Cordoa enqüèra, Éditions Cadratins, Bagnères de Bigorre, 2004.
Casaus perduts, novelas, Edicions Reclams, 2005.
Jardins perdus, L'Escampette Éditions, 2005.
Les Murmures du mal, L'Escampette Éditions, 2006.
Ecorchés, photographies Eric Chabrely, la part des anges éditions, 2006.
Lo Brèc, poèma, Edicions Reclams, 2006.
L'Eau mate, Éditions L’Escampette, 2007.
L'Enterrement à Sabres, Gallimard, Mollat, 2010
Il s'est longuement exprimé sur son parcours dans :
Entre Gascogne et Provence - Itinéraire en lettres d'Oc, Entretiens réalisés par Jean-Luc Pouliquen avec Serge Bec et Bernard Manciet, Edisud, Aix-en-Provence, 1994.


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Posté le : 25/09/2015 20:54
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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