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John Steinbeck
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Le 20 décembre 1968 à New York meurt John Ernest Steinbeck JR

à 66 ans, né le 27 février 1902 à Salinas en Californie aux états-unis, écrivain Romancier, nouvelliste, correspondant de guerre américain du milieu du XXe siècle, dont les romans décrivent fréquemment sa Californie natale. Il a reçu le Prix Pulitzer en 1940, le prix Nobel de littérature en 1962, la médaille présidentielle de la Liberté en 1964. Il appartient au mouvement " Génération perdue "
Ses Œuvres principales sont Tortilla Flat, En un combat douteux, Des souris et des hommes, Les Raisins de la colère, La Perle, À l'est d'Eden, Voyage avec Charley

En bref

Steinbeck est avant tout l'écrivain de la générosité. Son œuvre fut une constante dénonciation de la misère des hommes au nom d'une confiance presque mystique en leur inépuisable possibilité de perfectionnement. Il est par là spécifiquement américain et trouve tout naturellement sa place dans une tradition qui remonte à Emerson ou Whitman. La diversité même de son inspiration, qui le mène du roman à la nouvelle, au reportage ou au théâtre, et qui est tour à tour passionnée et humoristique, naturaliste et fantastique, scientifique et poétique, dit bien essentiellement un amour profond de la richesse multiple de la vie qu'il faut savoir saisir sous des formes sans cesse renouvelées. Rien donc ne saurait étouffer pour Steinbeck, malgré les tragédies d'une époque difficile, le jaillissement d'un optimisme qui le pousse continuellement à rechercher le véritable dialogue humain, celui que l'on poursuit avec soi comme avec autrui dans la générosité retrouvée de la vie elle-même lorsque celle-ci est redevenue libre et naturelle. L'innocence d'un paradis perdu, lieu du dialogue originel avec la vie, voilà au fond ce dont, en bon Américain, Steinbeck ne cesse de ressentir la nostalgie.
John Steinbeck est né à Salinas en Californie, d'un père trésorier municipal et d'une mère institutrice, et il vécut en Californie toute son enfance et son adolescence. Ce fut là une circonstance décisive. Terre de soleil riche de vergers, la Californie est aussi terre de rencontre où les traditions venues d'Europe ou d'Orient se mêlent aux traditions des Indiens autochtones, terre neuve donc et à la fois ancienne. En outre, elle représente, pour de nombreux Américains, la dernière « frontière , le rêve américain d'une Terre promise étirée au long du Pacifique. Mais surtout, pour Steinbeck enfant et adolescent, la Californie et plus particulièrement la Grande Vallée » de Salinas, région encore exclusivement rurale à l'époque, fut le lieu du premier contact avec la terre immémoriale. Ne disait-il pas lui-même que ce qui avait le plus marqué son enfance, c'étaient des événements apparemment aussi insignifiants que la naissance d'un poulain ou la manière dont les moineaux au printemps sautillaient sur les chemins de terre. Cycle des saisons donc mais aussi terre des civilisations d'avant l'homme blanc dont les vestiges subsistent dans les clairières sacrées, ou terre d'avant l'homme puisque dans les profondeurs de la vallée on retrouve les coquillages et le sable qui témoignent de l'époque où le pays était recouvert par la mer, et, plus profondément encore, les vestiges pétrifiés des immenses forêts de séquoias que l'Océan a jadis englouties. C'est dans ces profondeurs que l'homme steinbeckien plonge ses racines. Le Nouveau Monde qu'est l'Amérique retrouve ainsi une histoire plus vaste que la simple histoire des hommes, et c'est par elle qu'il va essayer de se redéfinir, sa nouveauté n'étant que le signe de ses retrouvailles avec l'immémorial.
Le déracinement que symbolise le voyage constitue l'autre volet de l'œuvre. Le monde du XXe siècle arrache l'homme à la terre et le lance à la poursuite d'un nouveau rêve. Ce thème du voyage, lui aussi profondément américain, illustre alors l'inquiétude de l'homme moderne. Mais, chez Steinbeck, il se situe autant dans le temps que dans l'espace. Il trouve alors un sens car il est aussi retour aux sources, manière de retrouver le cycle éternellement recommencé de la vie par la référence à un passé mythique sans cesse répété, que ce soit par exemple l'Exode biblique et la quête de la Californie promise des Raisins de la colère, ou la chute et la recherche du paradis de À l'est d'Éden. La terre et le voyage, loin d'être opposés, sont ainsi intimement liés dans un éternel recommencement.
On voit donc comment, au-delà du réalisme steinbeckien, se dessine toujours un horizon mythique. Romancier social et naturaliste, romancier tellurique, Steinbeck est aussi le romancier d'une libération de l'imagination. La fantaisie, l'humour, le fantastique donnent à sa description du monde américain moderne des résonances symboliques qui y font constamment passer le souvenir de récits légendaires.

Sa vie

Il naît en Californie, à Salinas, le 27 février 1902. John Steinbeck Senior, son père, est trésorier, et sa mère, Olive Steinbeck, est enseignante. Il a trois sœurs : Elizabeth 1894-1992, Esther 1892-1986 et Mary 1905-1965. Son grand-père paternel, Johann Adolf Großsteinbeck était un allemand originaire de Heiligenhaus. Après le lycée à Salinas, il étudie à Stanford, mais abandonne ses études, et en 1925 il part à New York, où il occupe divers emplois reporter, apprenti peintre, maçon, ouvrier et chimiste. Il y travaille brièvement au New York American, mais rentre à Salinas dès 1926.
Il publie en 1929 un premier roman, La Coupe d'or Cup of Gold: A Life of Sir Henry Morgan, Buccaneer, With Occasional Reference to History, une fiction historique basée sur la vie de Henry Morgan, qui ne rencontre pas le succès. En 1930, il épouse Carol Henning et déménage à Pacific Grove. Il y rencontre Ed Ricketts, un biologiste avec qui il se lie d'amitié.
En 1932, il publie Les Pâturages du ciel The Pastures of Heaven, un recueil de nouvelles se situant dans la ville de Monterey. En 1933, il publie Le Poney rouge The Red Pony et Au dieu inconnu To a God Unknown. Il reste ensuite au chevet de sa mère qui meurt en 1934. Il commence à recueillir des informations sur les syndicats fermiers. Son père meurt en 1935.
Tortilla Flat, écrit en 1935, lui vaut son premier prix littéraire, la médaille d'or du meilleur roman écrit par un Californien décernée par le Commonwealth Club of California. Cette histoire humoristique lui assure le succès. Il devient ami avec son éditeur, Pascal Covici.
Avec Des souris et des hommes Of Mice and Men et En un combat douteux In Dubious Battle, publiés en 1936, ses œuvres deviennent plus sérieuses. Dans une lettre à un ami, il se désole : Il y a des émeutes dans Salinas et des meurtres dans les rues de cette chère petite ville où je suis né. Il reçoit le New York Drama Critics Award pour sa pièce.
Après La Grande Vallée The Long Valley en 1937 et Les Bohémiens des vendanges série de sept articles écrits en 1936 pour le San Francisco News intitulés The Harvest Gypsies et publié, sous forme de pamphlet, avec pour nouveau titre Their Blood Is Strong, un reportage sur les travailleurs immigrants, en 1938, il publie Les Raisins de la colère The Grapes of Wrath en 1939, qu'il considère comme sa meilleure œuvre. Néanmoins, estimant que son écrit est trop révolutionnaire pour connaître le succès, il conseille à son éditeur un petit tirage… Le livre connaît le succès. On lui reproche néanmoins le langage utilisé et les idées développées. Le livre est interdit dans plusieurs villes de Californie. En 1940, lorsque le roman est adapté au cinéma par John Ford sous le même titre The Grapes of Wrath, il reçoit le prix Pulitzer.
En 1941, il lance une expédition marine avec Ricketts, publie Dans la mer de Cortez Sea of Cortez, écrit en collaboration avec son ami. Puis Steinbeck publie Lune noire The Moon Is Down, traduit aussi sous le titre Nuits noires, en 1942. Cette même année, il divorce et épouse Gwyndolyn Conger en 1943. Lifeboat, dont il a écrit le script, sort au cinéma en 1944. La même année, il déménage à Monterey, mais y est mal accueilli par les habitants. Il déménage à New York. Il a un premier fils, Thom qui sera l'oncle du chanteur Johnny Irion.
Après avoir écrit Rue de la sardine Cannery Row en 1945, il déménage à Pacific Grove en 1948. Il commence ses recherches pour l'écriture de À l'est d'Éden East of Eden. En 1946, son second fils, John IV, vient au monde. Il essaye d'acheter le ranch où se déroulent les aventures du Poney rouge, mais il échoue. Les personnages de Rue de la sardine se retrouvent dans un autre roman, Tendre jeudi Sweet Thursday.
En 1947, il publie La Perle The Pearl et part en URSS, accompagné du photographe Robert Capa, pour le New York Herald Tribune. Il en tire Journal russe Russian Journal en 1948. Ricketts meurt dans un accident de voiture. Il divorce.
Il rencontre Elaine Anderson Scott en 1949 et l'épouse en 1950. En 1952, il participe au film de Elia Kazan, Viva Zapata! et publie À l'est d'Éden.
Il publie en 1954 Tendre jeudi Sweet Thursday. Une comédie musicale, Pipe Dream, en est tirée en 1955. Il déménage à Sag Harbor, dans l'État de New York. En 1957, la ville de Salinas propose de donner son nom à un lycée. Il refuse.
En 1958 est publié Il était une fois une guerre Once There Was a War, recueil de ses reportages durant la Seconde Guerre mondiale. Il a une attaque en 1959, ce qui l'encourage à voyager en Angleterre et au Pays de Galles, puis à parcourir l'Amérique en 1960.
En 1961, il publie L'Hiver de notre mécontentement The Winter of Our Discontent son dernier roman, traduit par la suite sous le titre Une saison amère, en espérant revenir en arrière de presque quinze ans et recommencer à l'intersection où il avait mal tourné. Il est alors déprimé, et estime que la célébrité l'a détourné des vraies choses.
Les premières critiques sur le livre sont mitigées, mais il reçoit néanmoins le Prix Nobel de littérature en 1962. Après un autre voyage en Europe en 1963 avec Edward Albee, il reçoit la médaille présidentielle de la Liberté en 1964.
En 1966 est publié son ultime livre, Un artiste engagé America and Americans, un recueil de reportages, de chroniques et d'essais politiques. Il meurt le 20 décembre 1968 à New York d'artériosclérose.

Son œuvre

On retrouve plusieurs dominantes dans l'œuvre de Steinbeck, avec d'abord la Californie en général, et en particulier les villes où il a vécu. Il met souvent en scène des personnages communs, de classe ouvrière, confrontés au Dust Bowl et à la Grande Dépression.
Tout au long de sa vie, John Steinbeck aime se comparer à Pigasus de pig, cochon en anglais et Pegasus, un cochon volant, attaché à la terre mais aspirant à voler. Elaine Steinbeck explique ce symbole dans une lettre en parlant d'une âme lourde mais essayant de voler.
The Moon Is Down est paru en 1942. Il en existe une version française publiée à Lausanne sous le titre Nuits sans Lune en 1943. Cette version comporte, par rapport au texte original certaines coupures et certaines altérations, et ce pour des raisons faciles à comprendre. En effet, si à aucun moment de son récit, Steinbeck n'a explicitement désigné l'armée d'invasion comme étant allemande, de nombreuses mentions y sont faites de l'Angleterre, de la guerre de Russie, de l'occupation de la Belgique vingt années auparavant, qui ne laissent subsister aucun doute, et avaient donc dû être suppri­mées dans l'édition de Lausanne. La traduction française intégrale est parue en 1994 sous le titre Lune noire.

Les premières œuvres : réalisme et fantaisie

Inscrit à l'université de Stanford où il étudie la biologie, le jeune Steinbeck supporte mal la vie universitaire. Il tâte alors un peu de tous les métiers ; il est ouvrier agricole, matelot, puis travaille sur le chantier du Madison Square Garden à New York. Il devient un moment journaliste, mais sans succès. Congédié, il retourne en Californie où il trouve un poste de gardien dans les montagnes près du lac Tahoe. C'est là qu'il écrit son premier roman, Coupe d'or Cup of Gold, 1929, récit d'aventures mettant en scène un boucanier gallois du XVIIe siècle, à la recherche à la fois de la femme idéale et du trésor de Panama. En 1930, il se marie et s'installe à Pacific Grove où il rencontre un biologiste, Edward Ricketts, qui aura une très grande influence sur sa pensée et deviendra dans son œuvre le prototype de l'homme de science ouvert à la vie. En 1932 paraissent Les Pâturages du ciel The Pastures of Heaven et en 1933 Au Dieu inconnu To a God Unknown, hymne panthéiste à la vie dont l'épigraphe est un extrait du Rigveda.
C'est seulement avec Tortilla Flat 1935 que Steinbeck connaît une certaine renommée. On y trouve une fantaisie faite d'humour et de mélancolie qui en assurent le succès. Le roman décrit à Monterey, petit port de pêche californien, la vie de Danny et de ses copains, des paisanos nés d'un assortiment de sang espagnol, indien, mexicain et caucasien. Gais, insouciants, totalement réfractaires à tout travail, aimant avant tout les femmes, le vin et la ripaille, ils vivent en marge de la société et deviennent, dans l'imagerie steinbeckienne, de modernes chevaliers de la Table ronde dont les aventures rocambolesques ont pour but de distraire et de faire rêver, sans trop y croire, d'un monde où tout serait plus simple.
Dans la veine de ces premiers romans, on voit se dégager les éléments de l'inspiration de Steinbeck, le réalisme des êtres simples croqués sur le vif, mais aussi la fantaisie qui sait dégager chez eux une manière de prendre la vie qui fait que l'échec n'est jamais complet puisqu'il est racheté par le rêve.
Dans Des souris et des hommes Of Mice and Men, 1937, l'inspiration s'élargit. C'est la peinture du monde des journaliers agricoles de l'Ouest, et on sent passer comme un lointain écho de la conception marxiste de la lutte des classes dans la structure dialectique du livre partagé entre les deux personnages principaux comme entre le monde des propriétaires et celui des ouvriers itinérants. Là aussi, le réalisme social et économique est métamorphosé par l'allégorie. Dans ce roman, il s'agit avant tout de l'innocence impossible, et on n'est pas sans remarquer ici des résurgences puritaines. Dans la condamnation de l'innocence de Lennie tenté par la femme, on reconnaît un thème biblique ; mais, dans le portrait de ce retardé mental qui ne peut aimer sans détruire, c'est l'innocence de la nature elle-même qui est mise en cause. On voit ainsi s'introduire un doute dans l'optimisme naturel de Steinbeck, qui réapparaîtra dans À l'est d'Éden.

Les grands romans sociaux

Si le doute s'insinuait dans Des souris et des hommes, le grand souffle épique de la révolte le dissimule dans Les Raisins de la colère The Grapes of Wrath, 1939 qui relate l'exode vers la Californie de fermiers endettés de l'Oklahoma, chassés par les grandes banques. La générosité de l'inspiration steinbeckienne, nourrie ici d'indignation autant que l'espoir, fait vibrer le style et exploser l'imagination en une multiplicité de références mythiques, l'Exode biblique, le sacrifice du Christ, la Vierge déesse mère nourricière, qui tentent de donner un sens à la tragédie des Okies. En fait, l'excessive abondance de ces justifications mythiques tend à dénaturer la vérité du sentiment en plaquant l'espoir théorique sur la réalité de la souffrance. En même temps, cela aboutit à une simplification des caractères et des problèmes posés. Mais on voit aussi se développer de nouveaux thèmes, celui en particulier du « groupe » et, au-delà, de la fraternité humaine des masses par opposition à un individualisme étriqué. Et c'est surtout la puissance des images, les descriptions de paysages, des forces élémentaires, qu'elles soient celles de la nature ou de masses d'hommes empoignés par la peur ou la colère, qui frappe. Un nouveau type de roman apparaît, le roman de masse – masse amorphe de chômeurs se mettant lentement et lourdement en marche –, roman brut, lui-même massif, tout d'une pièce et d'un seul mouvement. La référence au Déluge qu'on trouve à la fin dit bien la puissance grandissante, à la fois terrible et exaltante, de cette masse où se dessinent les premiers signes du mouvement.
Autres romans sociaux : En un combat douteux In Dubious Battle, paru en 1936, a pour thème les grèves des saisonniers californiens, et, de moindre envergure, Nuits noires The Moon is Down, 1942, qui se situe en Europe pendant l'occupation allemande, fait réapparaître la question du bien et du mal déjà posée dans Des souris et des hommes. On s'aperçoit alors qu'il y avait toujours eu, chez Steinbeck, sous l'apparente simplicité, une complexité morale. En fait, son imagination s'était constamment nourrie de contradictions internes. Elle va chercher maintenant à leur trouver une unité.

La recherche d'un humanisme

À l'est d'Éden East of Eden, 1952 illustre le mieux cette nouvelle étape. On y retourne dans la vallée de Salinas qui n'est plus maintenant paradis, mais jardin à l'est d'Éden où Adam et Ève vivent après la chute. C'est l'histoire, à peine déguisée, de Caïn et d'Abel, entremêlée de réflexions philosophiques où l'ancienne inspiration « panique » se conjugue difficilement avec le nouveau soupçon à l'égard de la nature humaine. Le dernier mot reste à Lee, vieux domestique chinois plein de sagesse, qui, en reprenant le mot biblique « timshel », qu'il traduit par « tu peux », réaffirme le libre choix humain. Steinbeck aboutit, en fin de compte, à un humanisme difficile, déchiré entre la possibilité du bien et celle du mal. Il y a beaucoup de banalités dans tout cela, même si la pensée se fait plus complexe, et le parallélisme exact avec l'histoire biblique impose au récit un cadre trop rigide pour que l'imagination s'y déploie à l'aise et pour que les personnages y vivent de leur vie propre. Mais il y avait dans ce livre, le dernier grand livre de Steinbeck, une ambition d'allégorie morale dans la tradition américaine qui méritait mieux que cette demi-réussite.
Steinbeck connaît alors une fin de carrière décevante que ne rachète pas le prix Nobel contesté qu'il reçoit en 1962. Son dernier roman, L'Hiver de notre mécontentement The Winter of Our Discontent, 1961, marque un désenchantement de l'auteur en même temps qu'un déclin. Steinbeck meurt à New York. Son œuvre, prise dans son ensemble, révèle un talent puissant mais parfois brouillon, plus complexe qu'il n'y paraît à première vue. Bien qu'aisément tenté par un sentimentalisme facile et un symbolisme excessif et mal contrôlé, d'une psychologie trop stéréotypée, il est souvent illuminé par la fraîcheur spontanée de l'imagination et la générosité passionnée qui l'inspire. Robert Rougé

Attribution du prix Nobel

Lorsqu'en 2012, la Fondation Nobel rend publiques les archives des délibérations vieilles de cinquante ans comme le stipule le règlement, elle révèle que John Steinbeck fut récompensé par défaut. Les quatre autres auteurs retenus dans la sélection finale de 1962 étaient la Danoise Karen Blixen, le Français Jean Anouilh puis les Britanniques Lawrence Durrell et Robert Graves. Il fut d'emblée décidé que Durell serait écarté. Blixen mourut un mois avant l'élection du gagnant et Anouilh fut évincé car sa victoire aurait été trop proche de celle Saint-John Perse, le dernier lauréat français. Graves, quant à lui, était connu comme poète bien qu'il ait publié quelques romans. Mais pour Anders Österling, secrétaire perpétuel d'alors de l'Académie suédoise, personne dans la poésie anglophone n'égalait le talent d'Ezra Pound dont il fut décidé qu'il serait privé de la récompense à cause de ses positions politiques. Steinbeck obtint finalement le prix. L'annonce de son couronnement fut mal reçue par la presse suédoise et américaine pour qui il était un auteur du passé. En effet, l'écrivain américain n'avait rien publié de marquant depuis longtemps et ses grands romans Les Raisins de la colère, Des souris et des hommes et À l'est d'Eden étaient derrière lui. Quand il répondit à un journaliste lui demandant s'il méritait la distinction, Steinbeck, lui-même surpris par sa victoire, répondit : Franchement, non.

Œuvres

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre de John Steinbeck.
La liste ne répertorie que la première édition en français.

Romans

Cup of Gold 1929
Publié en français sous le titre La Coupe d'or, traduit par Jacques Papy, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1952
To a God Unknown 1933
Publié en français sous le titre Au dieu inconnu, traduit par Jeanne Witta-Montrobert, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1950
Tortilla Flat 1935
Publié en français sous le titre Tortilla Flat, traduit par Brigitte V. Barbey, Lausanne, Marguerat, « La Caravelle » no 7, 1944
In Dubious Battle 1936
Publié en français sous le titre En un combat douteux, traduit par Edmond Michel-Tyl, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1940
Of Mice and Men 1937
Publié en français sous le titre Des souris et des hommes, traduit par Maurice-Edgar Coindreau, Paris, Gallimard, 1939
The Grapes of Wrath 1939
Publié en français sous le titre Les Raisins de la colère, traduit par Marcel Duhamel et Maurice-Edgar Coindreau, Paris, Gallimard, 1947
The Moon Is Down 1942
Publié en français sous le titre Lune noire, traduit par Jean Pavans, Paris, J.-C. Lattès, 1994
Cannery Row 1945
Publié en français sous le titre Rue de la sardine, traduit par Magdeleine Paz, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1947
The Wayward Bus 1947
Publié en français sous le titre Les Naufragés de l'autocar, traduit par Renée Vavasseur et Marcel Duhamel, Paris, Gallimard, 1949
East of Eden 1952
Publié en français sous le titre À l'est d'Éden, traduit par J.-C. Bonnardot, Paris, Del Duca, 1956
Sweet Thursday 1954
Publié en français sous le titre Tendre Jeudi, traduit par J.-C. Bonnardot, Paris, Éditions Mondiales, 1956
The Short Reign of Pippin IV 1957
Publié en français sous le titre Le Règne éphémère de Pépin IV, traduit par Rose Celli, Paris, Del Duca, 1957
The Winter of Our Discontent 1961
Publié en français sous le titre L'Hiver de notre mécontentement, traduit par Monique Thiès, Paris, Del Duca, 1961

Courts romans

The Red Pony 1933
Publié en français sous le titre Le Poney rouge, dans La Grande Vallée, traduit par Marcel Duhamel et Max Morise, Du monde entier, 1946
The Pearl 1947
Publié en français sous le titre La Perle, traduit par Renée Vavasseur et Marcel Duhamel, Paris, Gallimard, Du monde entier, 1950
Burning Bright 1950
Publié en français sous le titre La Flamme, traduit par Henri Thiès, Paris, Del Duca, 1951

Recueils de nouvelles

The Pastures of Heaven 1932
Publié en français sous le titre Les Pâturages du ciel, traduit par Louis Guilloux, Paris, Gallimard, 1948
The Long Valley 1938
Publié en français sous le titre La Grande Vallée, traduit par Marcel Duhamel et Max Morise, Du monde entier, 1946

Récits, reportages et mémoires

The Harvest Gypsies ou Their Blood Is Strong 1938, recueil d'articles
Publié en français sous le titre Les Bohémiens des vendanges, traduit par Jean-François Chaix, Paris, Éditions Mille et une nuits, « Petite collection » no 254, 2000
The Log from the Sea of Cortez 1941-1951
Publié en français sous le titre La Mer de Cortèz, traduit par Rosine Fitzgerald, Paris, Éditions maritimes et d'outre-mer, 1979 ; réédition de la même traduction sous le titre Dans la mer de Cortez, Arles, Actes Sud, 1989
Bombs Away: The Story of a Bomber Team 1942
A Russian Journal 1948
Publié en français sous le titre Journal russe, traduit par Marcel Duhamel, Paris, Gallimard, 1949
Once There Was A War 1958
Publié en français sous le titre Il était une fois une guerre, traduit par Henri Thiès, Paris, Del Duca, 1960
Travels with Charley: In Search of America 1962
Publié en français sous le titre Mon caniche, l'Amérique et moi, traduit par Monique Thiès, Paris, Del Duca, 1962 ; réédition de la même traduction sous le titre Voyage avec Charley, Arles, Actes Sud, 1997
America and Americans 1966

Écrits posthumes

Journal of a Novel: The East of Eden Letters 1969
Viva Zapata! 1975, scénario du film d'Elia Kazan
Publié en français sous le titre Zapata, suivi de Viva Zapata !, traduit par Christine Rucklin, Paris, Gallimard, Du monde entier, 2003
The Acts of King Arthur and His Noble Knights 1976
Publié en français sous le titre Le Roi Arthur et ses preux chevaliers, traduit par Patrick et Françoise Reumaux, Paris, J.-C. Godefroy, 1982
Working Days: The Journals of The Grapes of Wrath 1982
Steinbeck in Vietnam: Dispatches from the War 2012


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Posté le : 19/12/2015 14:53
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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