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Pierre Larousse
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Le 3 janvier 1875 à Paris meurt Pierre Larousse

né le 23 octobre 1817 à Toucy dans l'Yonne et mort le 3 janvier 1875 à Paris, est un pédagogue, encyclopédiste, lexicographe et éditeur français. Il est surtout connu pour les dictionnaires qui portent son nom, dont Le Petit Larousse.

En bref

D'abord instituteur, puis directeur de l'école primaire supérieure de Toucy Yonne où il est né, Pierre Larousse vient en 1840 à Paris dans le but d'approfondir ses connaissances en pédagogie et en lexicologie. En 1852, il crée avec Augustin Boyer 1821-1896 une maison d'édition, la Librairie Larousse et Boyer, qui publie une collection de manuels pédagogiques conçus en grande partie par Larousse lui-même et qui visent à améliorer l'enseignement de la grammaire Traité complet d'analyse et de synthèse logique, 1852 ; Grammaire complète syntaxique et littéraire, 1868, etc.. Il crée également deux périodiques, L'École normale 1858-1865 et L'Émulation 1862-1864. Sa passion de la lexicologie l'amène en 1856 à publier un Nouveau Dictionnaire de la langue française, qui deviendra plus tard le Petit Larousse. Dans cet ouvrage qui se veut facilement consultable, l'association de notices à caractère lexicologique et encyclopédique prépare ce qui sera son grand œuvre : le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, qui va s'efforcer de présenter de manière organique les connaissances de son temps. L'ouvrage paraît entre 1864 et 1876, sous forme de fascicules à 1 franc, et connaît un énorme succès. Malgré l'épuisement et la maladie, Pierre Larousse va mener à bien son grandiose projet, où l'ampleur des domaines abordés va de pair avec une grande liberté de ton ainsi qu'un constant souci de didactisme et d'humanisme, très en phase avec les conceptions de l'école laïque de Jules Ferry. Dans sa composition, ses choix et son écriture, Pierre Larousse est aussi l'auteur de nombreux articles, notamment dans le domaine littéraire, le Grand Dictionnaire universel constitue un document indispensable pour qui veut approcher l'histoire culturelle du milieu du XIXe siècle.
Sa vie

Né dans la petite ville de Toucy dans l'Yonne en 1817 de Edmé Athanase Larousse (1793-1877) charron-forgeron et de Louise Guillemot (1795-1871) cabaretière, il est un brillant élève déjà désireux de devenir encyclopédiste comme Diderot et obtient à 16 ans une bourse de l’université pour compléter sa formation à Versailles. De retour à Toucy, il devient, à 20 ans à peine, instituteur à l’école primaire supérieure. Pendant trois ans il cherche à renouveler la pédagogie en faisant appel à la curiosité des enfants avant de rejoindre Paris en 1840.
Pendant huit années, il suit les cours gratuits de la Sorbonne, étudie au Conservatoire national des arts et métiers, au Muséum national d'histoire naturelle et au Collège de France et fréquente de grandes bibliothèques. Il étudie le latin, le grec, la linguistique, le sanskrit, le chinois, les littératures française et étrangère, l'histoire, la philosophie, la mécanique et l'astronomie. En 1848, il entre à l'Institution Jauffret comme répétiteur ; il y restera trois ans.
Larousse acquiert une propriété à Toucy où son désir secret de Bourguignon attaché à la terre est de cultiver la vigne. La Lexicologie des écoles primaires paraît en 1849. Une nouvelle édition de cet ouvrage est publiée en 1852 sous le titre Grammaire élémentaire lexicologique. C'est la première pierre d'un édifice monumental en gestation.
Il fonde en 1852 une maison d'édition avec Augustin Boyer, la Librairie Larousse, qui se développe rapidement. C'est le 1er mars 1852 que Pierre Larousse demande officiellement un brevet de libraire-éditeur. Le 23 octobre 1852, il reçoit l'autorisation d'exercer. Il a derrière lui plusieurs années de travail acharné. Son objectif est de tout savoir dans tous les domaines. Son autre souhait est aussi de préparer l'édition de manuels scolaires destinés aux écoles primaires, comme le Traité complet des analyses médicales.
En 1856, est publié avec l’aide de François Pillon le Nouveau Dictionnaire de la langue française, l’ancêtre du Petit Larousse. Il est condamné par l’Église et mis à l’Index des Livres Interdits par le Saint-Office de l’Inquisition romaine.

Son œuvre majeure fut le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle. D’abord publié en fascicules entre 1864 et 1866, il les regroupe en 17 volumes de 1866 à 1876 et mit onze ans jusqu’à sa mort pour écrire ce dictionnaire de 22 700 pages.

Mariage, décès et succession

Tombe de Pierre Larousse au cimetière du Montparnasse
Après vingt-cinq ans de vie en concubinage avec Pauline Suzanne Caubel, le libertaire Pierre Larousse qui avait subi une attaque vasculaire-cérébrale et se savait proche du terme de sa vie, l'épouse sous le régime de la communauté de biens devant le maire du 5e arrondissement le 13 janvier 1872, avec notamment pour témoins Prudence Boissière et Pierre-Augustin Boyer mais en l'absence de sa famille. Agissant de la sorte, Larousse confie en priorité la gestion de ses bien à sa compagne, tout en marquant son amitié à son ex-associé, sans toutefois que son affection pour son neveu Julien Hollier ne soit à remettre en question1. Celui-ci demeure d'ailleurs son héritier avec celle qui est désormais sa tante.
Pierre Larousse meurt de congestion cérébrale à Paris en 1875, l'année de la fondation de la société Larousse. Conformément à ses volontés, il est enterré civilement au cimetière Montparnasse 14e division.
La succession Larousse donnera lieu à d'âpres différends après le décès en 1890 de Pauline Larousse, qui avait bénéficié de l'usufruit de la moitié du ménage Larousse et qui s'était mise en ménage avec le peintre Constant Noleau. Mais l’œuvre du lexicographe sera poursuivie et achevée par son neveu Julien Hollier 1842-1909. Jules Hollier deviendra administrateur du grand dictionnaire universel et directeur de la librairie Larousse. Par décret du 19 janvier 1885, il est autorisé à ajouter à son nom celui de sa mère il est donc Julien Hollier-Larousse. De son mariage avec Louise Jozwick 1854-1920, il a quatre enfants : Pierre 1878-1959, Jules 1879-1970, Jeanne 1880-1954 et Louise Hollier-Larousse 1882-1951.
Aujourd’hui, le patronyme de Larousse est devenu un nom commun et l’activité de la Librairie Larousse a pris un essor considérable depuis les premiers pas lors de l’installation à Paris, rue Pierre-Sarrazin puis rue Saint-André-des-Arts.

Hommages

Monument à Pierre Larouse à Toucy début du XXe siècle.
Il existe une rue Pierre-Larousse à Paris 14e arrondissement depuis 1890, ainsi qu'une école élémentaire éponyme au numéro 28 et une rue à Rosières-prés-Troyes dans l'Aube, ainsi qu'à Yerres (91), où il vécut.

Œuvres

Ouvrage principales
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle 1866-1877, 17 volumes dont deux suppléments.

Nouveau Larousse illustré

Le Nouveau Larousse Illustré en sept volumes constitue le fleuron de la librairie Larousse au tout début du xxe siècle. En effet, la rigueur de son contenu, illustré de nombreux exemples et développements encyclopédiques, et, pour la première fois, l'introduction d'une iconographie riche au service du texte constituent une avant-première dans le domaine de l'édition. Vendu à plus de 250 000 exemplaires, ce chef-d'œuvre de l'édition française, dirigé par le lexicographe Claude Augé, rend à travers son titre un vibrant hommage au travail de Pierre Larousse. Cet ouvrage prestigieux est désormais très recherché des collectionneurs. Il a également servi de modèle à la conception du Petit Larousse Illustré qui résume en un volume ce que le Nouveau Larousse illustré développait considérablement dans ses sept volumes.

Autres ouvrages

Traité complet d'analyse grammaticale, 1850,
Jardin des racines grecques, 1858,
Jardin des racines latines, 1860,
Flore latine des dames et des gens du monde, ou clef des citations latines que l'on rencontre fréquemment dans les ouvrages des écrivains français, avec une préface de M. J. Janin, Larousse et Boyer, 1861,
Fleurs historiques des dames et des gens du monde, clef des allusions aux faits et aux mots célèbres que l'on rencontre fréquemment dans les ouvrages des écrivains français, Administration du Grand Dictionnaire, 1862,
Nouveau dictionnaire, illustré
Dictionnaire complet, illustré
L'École normale, journal d'éducation et d'instruction, collection complète formant treize volumes qui peuvent être considérés comme la bibliothèque de l'enseignement pratique dans l'école et dans la famille,
Méthode lexicologique de lecture, avec 31 vignettes caractéristiques,
Petite encyclopédie du jeune âge,
Petite grammaire lexicologique du premier âge,
La Lexicologie des écoles, cours complet de langue française et de style divisé en trois années :
Première année : Grammaire élémentaire lexicologique,
Deuxième année : Grammaire complète, syntaxique et littéraire,
Troisième année : Grammaire supérieure,
Exercices d'orthographe et de syntaxe,
Le Livre des permutations,
Dictées sur l'Histoire de France,
Traité complet d'analyse et de synthèse logiques,
ABC du style et de la composition,
Miettes lexicologiques,
Cours lexicologique de style,
Art d'écrire,
Nouveau Traité de versification française,
Grammaire littéraire,
Petite Flore latine,
La Femme sous tous ses aspects,
Monographie du chien,
Les Jeudis de l'institutrice, avec A. Deberle,
Trésor poétique, avec Boyer,
Félix Clément et Pierre Larousse, Dictionnaire des opéras : Dictionnaire lyrique, Paris, Administration du grand dictionnaire universel,‎ 1881 (lire en ligne), disponible sur Gallica, contenant l'analyse et la nomenclature de tous les Opéras et Opéras-comiques représentés en France et à l'étranger, depuis l'origine de ce genre d'ouvrages jusqu'à nos jours, avec Félix Clément.

Controverses

On lui doit plusieurs définitions célèbres dont certaines pourraient choquer aujourd'hui mais qu'il faut remettre dans le contexte et les mentalités de l'époque :
« BONAPARTE, - le nom le plus grand, le plus glorieux, le plus éclatant de l'histoire, sans excepter celui de Napoléon, général de la République française, né à Ajaccio île de la Corse, le 15 août 1769, mort au château de Saint-Cloud près de Paris, le 18 brumaire, an VIII de la République française, une et indivisible 9 novembre 1799. » et il rajoute, dans la droite ligne des encyclopédistes : « Ce début, qui va faire dresser plus d'une oreille, montre tout simplement qu'en toutes choses nous aimons les situations tracées ; et les oreilles reviendront à leur état normal quand nous aurons dit que nous voyons deux hommes, aussi bien que deux noms, en Napoléon Bonaparte : Bonaparte et Napoléon ; le général républicain, l'écolier de Brienne, le brillant officier de Toulon, le convive républicain du Souper de Beaucaire, le vainqueur d'Arcole, etc. ; puis le colosse d'Austerlitz, le maître de l'Europe, le vaincu de Waterloo, le prisonnier de Sainte-Hélène. Oui, il y a deux hommes en cette personnalité, en cet être si singulièrement doué, dont le double nom et le double visage, d'un caractère tout particulier, se sont trouvés admirablement appropriés au double rôle qu'il a joué dans le monde. Auguste a beau s'appeler Octave ; Octave a beau se nommer Auguste ; c'est toujours le même homme, rusé, timide, hypocrite, astucieux, reniant ses amis quand son intérêt lui commande de les sacrifier. Ici, nous le répétons, nous avons deux hommes distincts, en même temps que deux noms séparés. »
Napoléon Bonaparte n'est pas mort le 9 novembre 1799, mais le 5 mai 1821, cet article a fait un scandale à l'époque et Pierre Larousse à reconnu lui même avoir volontairement changé sa date de décès pour des raisons politiques. Il est également à l'origine du terme « faits divers » et de son utilisation pour divertir l'opinion des problèmes politiques de son époque6.
« NÈGRE, - C'est en vain que quelques philanthropes ont essayé de prouver que l'espèce nègre est aussi intelligente que l'espèce blanche. Un fait incontestable et qui domine tous les autres, c'est qu'ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l'espèce blanche. Mais cette supériorité intellectuelle qui selon nous ne peut être révoquée en doute, donne-t-elle aux blancs le droit de réduire en esclavage la race inférieure ? Non, mille fois non. Si les nègres se rapprochent de certaines espèces animales par leurs formes anatomiques, par leurs instincts grossiers, ils en diffèrent et se rapprochent des hommes blancs sous d'autres rapports dont nous devons tenir grand compte. Ils sont doués de la parole, et par la parole nous pouvons nouer avec eux des relations intellectuelles et morales, nous pouvons essayer de les élever jusqu'à nous, certains d'y réussir dans une certaine limite. Du reste, un fait plus sociologique que nous ne devons jamais oublier, c'est que leur race est susceptible de se mêler à la nôtre, signe sensible et frappant de notre commune nature. Leur infériorité intellectuelle, loin de nous conférer le droit d'abuser de leur faiblesse, nous impose le devoir de les aider et de les protéger. » 7
Jeanne d'Arc a fait les frais de diverses tentatives de récupérations politiques et religieuses. Larousse en a donné une définition apolitique et non-religieuse, et que l'on retrouve dans l'article Jeanne d'Arc : naissance d'un mythe.



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Posté le : 04/01/2016 16:28

Edité par Loriane sur 05-01-2016 19:44:37
Edité par Loriane sur 05-01-2016 19:45:51
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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