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Accueil >> newbb >> Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016 [Les Forums - Défis et concours]

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Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
Plume d'Or
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Salut les amis! L'été est l'occasion de se retrouver, et pourquoi de se réunir pour manger. Je vous propose d'imaginer de petites histoires autour du repas, le sujet sera donc tout simplement : "Le Repas". Bon appétit

Posté le : 15/07/2016 17:57
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
Plume d'Or
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Chère Arielleffe,

Proposez un repas à un bourguignon, c'est avoir la certitude que le bourguignon répondra au défi de la semaine.
Ecoute ce que je te propose : je vais en parler à Pantagruel, et je reviens.
Un repas ne vient jamais seul. Bon d'accord, j'ai un peu détourné la citation de Rabelais.
Et crois moi, ce n'est pas la seule que je vais détourner. Hi hi!

Je te souhaite un magnifique week end rabelaisien!

Amitiés de Bourgogne.

Jacques

Posté le : 15/07/2016 21:29
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Le repas

Marianne se donne un dernier coup de brosse dans les cheveux et termine son maquillage. Elle jette un œil à sa silhouette fine soulignée par une robe moulante, prend une grande inspiration et murmure un « C’est parti ! » devant son miroir pour se donner du courage. Quelques minutes plus tard, la sonnette de l’appartement résonne. Gérard ouvre la porte à ses parents, Joséphine et Albert, qui lui crient un retentissant : « Joyeux anniversaire gamin ! ». Sa mère lui remet un emballage arborant la forme d’une bouteille en lui posant un baiser bruyant sur la joue, avant de se diriger vers la salle à manger où Marianne termine de mettre les couverts. Des « bonjour » plutôt froids sont échangés. Gérard ajuste la position des couteaux et des verres pendant que sa mère refait le pliage des serviettes, ce qui agace visiblement la maîtresse de maison qui part s’engouffrer dans la cuisine.
L’apéritif est pris autour de quelques chips et zakouskis qui sont dévorés par Gérard, sous l’œil admiratif de sa maman.
– Tu as toujours adoré les biscuits salés et les chips. Tu te souviens au mariage de Tante Martine…
Et c’est parti pour vingt minutes d’anecdotes surannées, ressassées chaque année et qui ne fait plus rire Marianne depuis bien longtemps.
Le plat est le traditionnel cassoulet. La cuisinière a droit aux reproches habituels : « Tu mets de trop gros morceaux de viande, il n’y pas assez d’haricots, ton lard n’est pas assez gras, c’est fade, etc.» Albert se sert pourtant avec bon appétit et en profite pour vider la bouteille de vin. Il termine le repas en somnolant sur sa chaise et en émettant de légers ronflements.
Marianne ne traîne pas à enchaîner avec le dessert : un magnifique gâteau au chocolat. Elle coupe de belles parts qu’elle sert à ses invités. Le cliquetis de la petite cuillère déposée sur l’assiette sort beau-papa de ses rêves.

– Tu n’en manges pas ? remarque belle-maman.
– Non, je n’ai plus faim et je fais attention à ma ligne.
– Oh, tu sais, à ton âge, ce n’est plus important ! Mon Albert aime bien que j’ai des formes. Ce n’est pas très joli de ressembler à une planche à repasser.
– Personnellement je préfère ressembler à une sole qu’à une baleine !

Les assiettes vides et les verres de mousseux terminés, Marianne se lève d’un bond et prend la parole de manière solennelle. Des yeux ronds se lèvent vers elle.

– Bon, il faut que je vous livre mon discours. Gérard, comme c’est ta fête, j’en profite.Je dois t’avouer ne plus te supporter. J’en ai marre de tes tics, tes tocs et tes ronflements. Tu as de qui tenir évidemment ! Je ne t’aime plus et vous, beaux-parents, je ne vous ai jamais aimés. Ce plat que vous adorez tant vous ressemble : il est vulgaire et gras. Je pars avec mon prof de mandarin. Même avec ses petits yeux bridés et son strabisme, il a remarqué mes efforts pour rester svelte et il me complimente, ce dont tu es devenu incapable depuis plusieurs années. Les enfants ont quitté le nid, je ne suis donc plus obligée de faire bonne figure. Ton cadeau est mon départ, tu pourras ainsi tout agencer à ta guise. Je prends mes clics et mes clacs. Adieu les maniaques !

La future ex-maîtresse de maison sort de la pièce mais revient aussitôt en ajoutant :

– Ah oui, j’ai oublié un détail : comme vous m’avez fait chier toutes ces années, j’ai mis un puissant laxatif dans le gâteau. Ainsi, nous sommes quittes.

Enfin libre, Marianne prend ses valises cachées dans le placard de l’entrée et sort de l’appartement en claquant bruyamment la porte.

Les convives se regardent, médusés, lorsque des gargouillis intestinaux rompent le silence pesant. Se pose alors une question cruciale, voire vitale : qui sera le premier à atteindre la seule et unique toilette ?

Posté le : 16/07/2016 15:14
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
Plume d'Or
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Chère Arielleffe,
Chères amies et chers amis Loréens,

Je reviens de mon moment passé avec Pantagruel et voici ce qu'il résulte de notre échange, une petite fable que j'ai appelée "je me suis expliqué avec Pantagruel".

Ah, je dédis ce poème à Kjtiti. J'espère ainsi le faire revenir ici, car je trouve qu'il s'est éloigné trop longtemps de l'Orée.

Allez voici ma prose, ou plutôt ma poésie :


En revenant de Nantes, je goûte à la digue,
Puis voulant me reposer de cette fatigue,
Je vois Pantagruel, qui en bon Saint Eloi,
Me trouble pendant mon repas, avec ses lois.
Cesse de m’agacer avec tes grains de sel,
Laisse-moi donc à la vision universelle
D’un repas bourguignon savouré sans façon.
Les autres cuisines sont des contrefaçons !

De ta moitié du monde où tout te semble acquit
Regarde, je t’en supplie, comment l’autre vit.
Je ne suis pas de ton pays mais d’un plus grand
Qui est composé de bien des êtres gourmands.
Comment peux tu nier les grands mets de chez moi
Qui, à nos papilles, procurent tant d’émois ?
Savoure les escargots à la tourangelle.
Laisse-toi enchanter par une gargantuelle.
Vibre devant la carbonade tourangelle.
Pleure devant la Beuchelle à la tourangelle.

Si donc, toi qui, des grands plats, aime la besogne
As-tu déjà vraiment parcouru la Bourgogne ?
T’intéresses-tu à ses bachiques mystères,
A ses plats savoureux au franc caractère ?
Hume avec douceur les écrevisses au chablis
Et notre bœuf bourguignon, partout anoblis.
Soumets-toi à notre lièvre à la bourguignonne
Qui ne laisserait pas insensible une nonne.
Rend hommage à notre poulet Gaston Gérard.
De ses fumets guerriers tu seras le grognard.

Eloignes toi de toutes tes calembredaines
Le désir des grands vins apparaît en Touraine ;
La soif s’éloigne de tes papilles en Bourgogne
Et je te l’affirme avec beaucoup de vergogne.
Je te le dis à la manière de Kjtiti
C’est en Touraine, que les grands vins ont grandi.
Si tu veux être parmi les amis de Bacchus,
Il te faut au Vouvray chanter des orémus.
Si des vins de Touraine tu veux tout savoir,
Tu te dois de boire un Chinon avec devoir.
Allez, viens dans mon pays pour apprendre à boire
Les vins de Bourgueil à la si belle histoire.
La treille sans la Touraine ruine notre âme
De dégustateur ainsi soumis à ce drame.

Que nenni, n’oublierais tu point notre Bourgogne,
Lui répondis-je le visage devenu trogne?
Si des grands vins, ceux de chez toi, sont les comètes,
Ceux de ma belle province sont leurs planètes.
C’est un grand drame quand manque sur notre table
Un vin de Bourgogne aux bouquets si redoutables.
Ecoute la musique des Côtes de Nuits ;
Par leurs bouquets sauvages, tu seras instruit.
Les Côtes de Beaune illuminent tes papilles,
Et parmi tes vins, ils sont bien de leurs familles.
Quand on boit un grand Bourgogne on apprend à boire
Et des grands vins on en comprend toute la gloire.
Je la partage avec toi car si l’on boit bien
Entre tous nos grands vins, elle créera un vrai lien.

Revenons à nos moutons de la bonhomie
Et partageons nos us de la gastronomie.
Ignorer la bonne chaire est un bien grand mal
Qui fait d’un homme, en tous lieux, un être asocial.
Manger divinement est le propre de l’homme
Et s’il boit bien, il en devient un gentilhomme.
Si aux humains il a été donné cinq sens
C’est qu’ils devaient tous s’en servir avec bon sens.

je vous souhaite un magnifique dimanche.

Amitiés de Dijon.

Jacques

Posté le : 16/07/2016 23:53

Edité par Istenozot sur 17-07-2016 10:11:02
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Allez, je reviens juste d'Amsterdam où les restaurateurs et hôteliers m'ont inspiré ce petit poème sans prétention.

Le repas

J'ai faim, dit ma voisine, en me mordant la main.
Nous sommes douze à table, en attendant le pain,
Promesse d'un barbu, le leader de la fête,
A des âmes perdues, avec ma pomme en tête.

Mange ta propre main en guise de repas,
Je dis à la goulue, en retirant mon bras.
Nous sommes affamés, nullement je le nie,
Au point de regretter le ciel de Somalie.

Mes frères et mes sœurs, commence le Jésus,
Ne soyez pas déçus, je ne suis pas Crésus,
A festoyer sans fin dans un monde illusoire,
La farce du plaisir, du manger et du boire.

Tu nous prends pour des cons, rugit mon gros voisin,
On veut juste bouffer, se biturer au vin,
Non subir tes discours, cette quête impossible,
A tendre l'autre joue à tout Romain pénible.

Tu ne m'as pas compris, toi mon ami Judas,
Rien ne sert de courir dans l'ombre de mes pas,
Je clame seulement, en usant du symbole,
Une belle harmonie, amour et parabole.

Nos estomacs grognent, une rébellion,
Un petit bout de fin, comme une illusion,
Jésus contre Judas, le parleur ou l'avide,
Notre dernier jeudi, la faim et puis le vide.

Je vais manger ma main, je n'ai pas d'autre choix.
Les mots résonnent creux dans ma tête de noix.
Rêver le lendemain, se dérouter du centre,
Tout ça pour un barbu, ne remplit pas le ventre.

Ma voisine me lâche, elle a du trouver mieux,
Un plus faible que moi, déjà promis aux cieux.
Judas nous a quitté, fustigeant l'inutile,
Les dangers du prophète, une troupe servile.

Jésus offre son corps, quelle cruelle erreur,
A nos crocs animés d'une belle ferveur.
Nous le dévorons tous, d'une seule mâchoire,
Son ultime repas, le début de l'Histoire.

Posté le : 20/07/2016 18:21
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Cher Donald,

Dis moi : dans ta poésie, j'ai cru y voir les noces de Cana. Ah, non, la multiplication des petits pains! Non plus! En Judas, peut être la dernière cène.

Toujours est-il, j'ai savouré ton pain poétique. Et je l'ai dévoré de ma seule mâchoire qui est celle d'un bourguignon gourmet.

Eh! J'espère que cela ne sera pas ton ultime poésie et qu'il ne s'agit là que le début de ta belle histoire poétique.
Je suis confiant car elle a bien commencé. Et je commence par être addict, moi!

Merci pour ce très bon moment passé avec toi.

Amitiés de Dijon.

Jacques

Posté le : 21/07/2016 22:36
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Salut Jacques,

Tu as bien reconnu la Cène, en version plus réaliste que celle de la Renaissance. Je reviens d'Amsterdam où j'ai mangé des trucs bizarres, alors du coup, comme ça, mon éducation religieuse m'est remontée au cerveau. On est conditionnés dès notre plus tendre enfance, disait Pavlov à ses jeunes voisins.

A bientôt,

Donald

Posté le : 22/07/2016 07:13
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Cher Jacques,

Tu es un parfait ambassadeur des bonnes choses, des mets délicats et vins exceptionnels de ta région (et celle de Titi aussi !). Ton texte me met l'eau à la bouche.

Si les hommes savaient déguster cela comme il se doit, nous aurions plus de gentilshommes.


Merci.

Bises

Couscous

Posté le : 22/07/2016 19:20
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Mon Donald,

En voilà une version originale de la cène !!! Mon grand-père me disait toujours "tu as faim ? Mange ta main et laisse l'autre pour demain !". Tu sembles l'avoir connu...

Les apôtres cannibales, j'adore !!


Merci mon canard.

PS : je reviens aussi du Nord des Pays-Bas

Bises


Couscous

Posté le : 22/07/2016 19:24
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Re: Défi du 17 Juillet au 24 juillet 2016
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Ô toi Reine des Hurlus,

Je vois que nous avons en commun cette expression. Et aussi un goût immodéré pour les vacances aux Pays-Bas.

J'ai profité du train pour écrire quelques poèmes, alors que je pensais dormir, surtout au retour vu le pauvre nombre d'heures que j'ai dormi. C'est bien de prendre de l'avance avant de reprendre le travail, dans le difficile monde du conseil en management. Bon, je me plains mais en vrai je repars mi-août, pour la France cette fois-ci.

Bises

Donald

Posté le : 22/07/2016 19:33
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A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
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Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
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Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
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La porte est une enluminure
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A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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