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Histoire de la Littérature : Les doigts bien unis ..
Publié par Behzet le 18-05-2019 14:40:00 ( 420 lectures ) Articles du même auteur




écrit de Behzet Hassine .

Les doigts bien unis ..


Il était un , deux , trois , quatre , cinq doigts bien unis . Ils appartenaient à un homme qui était, à la fois , riche et pauvre. Riche, parce qu’il pensait bien et avait donc de bonnes idées rares ; Pauvre, parce que les gens de son entourage n’achetaient pas assez les livres qu’ils copiait jour et nuit avec les cinq doigts bien unis de la main droite. Alors , en travaillant , le monsieur se fatiguait beaucoup. Il frottait les yeux , il souffrait du dos, du cou et des épaules . Mais les doigts-bien-unis, d’ailleurs ils n’avaient que ce nom-là qui les désignait , écrivaient des pages et des pages jusqu’à finir le livre. Les doigts-bien-unis aimaient leur maître le servaient sans relâche. C’était un homme à l’ébauche de la vieillesse, mais il demeurait prompt, vaillant et souriant. Il était le seul érudit d’un petit village perché sur une colline verte où les habitants s’occupaient de la culture d’un coton de haute qualité et qu’on exportait contre de la devise Les doigts-bien-unis répétaient fièrement : ’’ puisque c’est notre maître et nous gâtait de vitamines nécessaires pour notre survie , il serait un devoir de perfectionner la tâche qui , entre autre , nous divertissait et nous rendait avec le temps de plus en plus habiles et civilisés ’’. Ainsi , beaucoup de livres furent publiés grâce au cerveau du sage monsieur et de l’acharnement des cinq-doigts-bien-unis . La tâche se passait dans une ambiance solennelle ; elle s’effectuait dans le silence , encore plus , dans la béatitude ou l’hébétude . Pas une fois les doigts se sont disputés entre eux-mêmes et jamais n’ ont protesté contre leur maître , malgré la besogne exténuante surtout pendant les nuits glacées de l’hivers . Or, voilà qu’une fois le monsieur qui s’appelait Adib est allé faire un stage pour apprendre à se servir du clavier d’une nouvelle invention devenue très vite, mondialement connue par le nom : ordinateur . Le premier jour du stage , les doigts-bien-unis sont rentrés chez eux très malades . Et, il a fallu que Adib les caressasse en guise de soulagement . En fait , il estimait énormément leur valeur et leur nécessité pour son carrière de romancier Le clavier , ce nouveau instrument , les a vachement traumatisés . Beaucoup de bruit , beaucoup de va et viens et franchement , on a senti que les lettres qui jadis étaient très proches d’eux , ont sauté un peu loin sur un écran à aspect différent de celui du papier classique . Tout cela a installé dans leur vie une perturbation agaçante . Avant , ils travaillaient en symbiose . On s’agrippait sur le stylo à encre et hop ! on accompagnait la pensée de l’auteur tout doucement et sans accrocs . Pire encore , le clavier a engendré une souffrance morale irrésistible c’est la désunion des doigts-bien-unis. Les doigts ne procédaient pas de la même façon en se servant du stylo et du clavier. Le clavier les a éparpillés , dispersés , disloqués . Ils ont senti que chacun est allé bouger à sa guise et ne rimaient donc plus comme avant tous ensemble . D’ailleurs Adib ne serrait plus les doigts pour écrire comme avant , au contraire , il les envoyait chacun tomber subitement sur une touche du clavier . Hélas ! le travail a changé complètement puisque presque chaque doigt est allé faire sa tâche spécifique suivant la distribution des lettres sur le clavier . On constata également que ce maudit qu’est le clavier est un pleurnichard qui tout le temps protestait en poussant ses cris grinçants. Il se lamentait des doigts-bien-unis et les accusait de travailler avec lourdeur et maladresse ce qui occasionnait des coincements alarmants à ses touches. Les doigts-bien-unis furent rentrés affligés du stage d’ordinateur de leur patron. Ce dernier , contrairement à ses fidèles doigts, allait trouver de plus en plus du plaisir à écrire sur son ordinateur car le travail devenait plus facile et plus rapide . Un jour , les doigts-bien-unis firent la grève. Ils devenaient douloureuses et ne répondaient pas aisément au gestes de leur maître. Adib les caressait les embrassait les adoucissait de ses manches mais en vain , il faut qu’il aille dormir surtout qu’il aperçut les yeux venir pour le soutien de leurs confrères : Ils piquaient , devenaient rouges et ne voyaient plus rien . La grève , ce jour-là , réussit à cent pour cent et Adib quitta son ordinateur et s’allongea sur son lit cherchant sommeil étant fatigué et touché dans son amour propre. Le taux de production a été gravement grignoté ce jour-là et pour la première fois peut-être , qu’on a chômé catégoriquement . Et depuis , les doigts-bien-unis ne furent plus unis . C’était le chaos . Ils se disputaient entre eux et ne sont plus fidèles à leur maître. Ils le querellait tout le long du travail sur clavier . L’ordinateur , laidement obèse, à cette époque-là , s’esclaffait de rire et se moquait du sort des doigts qui vraiment ont perdu la tête et ne savaient plus comment finir avec Adib qui les forçait à chanter chacun de sa chanson .

Mais voilà qu’un jour l’ordinateur tomba en panne et se fut un jubilé dans la maison . Et , Adib qui s’entêtait à écrire , décida alors de revenir à son stylo à encre . Il va alors chercher son instrument d ’antan pour écrire les dernières lignes d’un long roman qui l’a harassé pendant des nuits et des jours . Lui , était content de finir son œuvre qu’il allait éditer chez ‘’Pages électroniques ‘’ et les doigts-bien-unis, eux , étaient radieux de faire le travail dans l’entente et la complémentarité . Voilà alors qu’ ils furent de nouveau solidaires et bien soudés ; et ce qui les extasia encore plus c’était d’être loin de ce grossier ordinateur qui avait traumatisé leur ambiance et paniqué leur intimité .

(écrit par Hassine Behzet / Fin Mars2019)

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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