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Nouvelles : Retrouvailles
Publié par Gilbert le 27-08-2019 17:37:06 ( 17 lectures ) Articles du même auteur



75 ans après la disparition de Saint-Ex.

- Bonjour !
- Bonjour, je ne t’ai pas entendu venir ! Qui es-tu ?
- Tu te souviens de moi ?
- Non, je ne crois pas... Je devrais me souvenir de toi ?
- Bon, tu ne sembles pas être celui que je cherche. Sans doute me suis-je trompé, c’est dommage.
- Qu’est ce qui te fait dire cela ?
- Celui que je cherche, j’en suis certain, se serait souvenu de moi.
- Pourquoi ? Celui que tu cherches est donc si exceptionnel qu’il se souviendrait d’une voix venant de nulle part, comme un rêve, comme un mirage ?
- Lui, il aurait su reconnaitre un mirage. Toi tu n’as pas su, tu ne peux donc pas être celui que mon cœur cherche.
- Il savait reconnaitre les mirages ?
- Bien sûr ! Nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé, nous nous sommes compris puis… nous nous sommes quittés dans le désert. Pas très loin d’ici.
- Moi aussi, je connais le désert. Peu de gens fréquentent ce lieu inhospitalier, peut-être y ai-je rencontré ton ami. Parle-moi de lui.
- Je te parlerais volontiers de lui mais je n’en ai pas le temps. J’ai hâte de le retrouver et j’ai déjà perdu tant d’années !
- Parle-moi de lui, s’il te plaît.
- C’est une bien longue histoire, j’aimerais m’assoir près de toi sur le sable blond pour te la conter, mais...
- Qu’est-ce qui t’en empêche ?
- Je te l’ai dit, je n’ai pas le temps.
- Dis-moi au moins : Pourquoi as-tu pensé le reconnaitre en moi ?
- Je ne peux te dire, j’ai cru le savoir sans y penser. J’en ai même été surpris.
- Tu m’as dit que tu étais allé dans le désert pas loin d’ici. Qu’y faisais-tu et qu’y faisait-il ?
- Nous étions tombés là par hasard, tous les deux.
- Tombés comment ?
- Pour moi, c’est encore mystérieux et c’était l’issue d’un très long voyage.
- Et lui ? S’il te plaît…
- Sa machine était tombée et il essayait de la réparer, comme si c’était important.
- C’était sans doute important pour lui !
- Oui, tu as sans doute raison. Moi je voulais seulement parler avec quelqu’un.
- Vous avez donc parlé.
- Oui, et il était plus… comment te dire ? Plus… ouvert que je le pensais. Peut-être l’avais-je apprivoisé en quelques mots.
- Apprivoisé ? Oui, je vois ce que tu veux dire. Au point de te dessiner un mouton ?
- Comment sais-tu cela ? Tu le connais, c’était un de tes amis ?
- J’ai connu, dans le désert, un petit Prince qui avait quitté sa planète après avoir ramoné ses volcans.
Et je n’ai même pas pensé à le chercher après qu’il soit parti.
Je l’avais simplement gardé dans un coin secret de mon cœur.
- Alors c’est sans doute ce coin secret que je viens de trouver. Car c’est bien toi, n’est-ce-pas ?
- Oui, c’est moi. Et ce que je ressens, en cet instant, est au-delà de ce que je peux exprimer.
Nous voilà de nouveau ensemble. Et nous ne nous quitterons plus jamais.
- Cette fois, je le crois. Ne sommes-nous pas un seul et même être maintenant ?
- Bien sûr, nous avons enfin atteint l’essentiel !
Nous sommes tous les deux des poussières d’étoiles, jadis assemblées pour un temps dans d’inconfortables corps, et qui poursuivons le grand et mystérieux cycle de l’immense univers.
Tu es tombé sous le feu du venin, et moi sous celui de la bêtise des hommes ;
Le sable de la terre a bu ton corps et l’eau de la mer a dissout le mien ;
Le soleil rayonnant sur ces tombes improbables a aspiré vers le ciel des parts infimes de nous, qui ont fécondé les nuages et qui sont revenues, en pluies offertes, sur la terre nourricière.
Cela s’est répété des milliers de milliers de fois encore.
Et il s’est trouvé un instant particulier, suspendu dans la marche de l’univers, où ces infimes corpuscules se sont rencontrés, retrouvés et reconnus, au-delà de nos pauvres enveloppes charnelles.
- Elles étaient trop lourdes pour nous.
- Oui, bien trop lourdes. Je l’ai tardivement compris.
- Il nous attend maintenant des milliards de vies, comme des milliards d’étoiles.
- Nous irons là où les éléments nous porteront.
- Peut-être même irons-nous sur ma planète.
- Tu crois que ta rose ombrageuse tolérera ma présence ?
- Oh, tu sais, elle doit avoir déjà assez à faire avec les papillons.

Ce qui fit rire les étoiles du ciel,
Comme autant de grelots.



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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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