| A + A -
Connexion     
 + Créer un compte ?
Rejoignez notre cercle de poetes et d'auteurs anonymes. Lisez ou publiez en ligne
Afficher/Cacher la colonne
Accueil >> xnews >> Tous les nuages pleurent (version récit poétique) - Poèmes confirmés - Textes
Poèmes confirmés : Tous les nuages pleurent (version récit poétique)
Publié par Donaldo75 le 12-10-2020 20:17:19 ( 20 lectures ) Articles du même auteur



J'ai posté une nouvelle ici, il y a quelques années, sous ce titre. Je vous propose aujourd'hui sa version en récit poétique.

Le lac s’affiche immense avec son rivage invisible bordé de gigantesques arbres noirs. L’eau reflète les faibles rayons d’un soleil mourant. Les ondes aquatiques s’élargissent en cercles infinis. Telle une invitée surprise arrivée sur le tard, une lune anémique tente de percer le ciel nuageux. Bobby nage lentement et sans fatigue. Il semble en sécurité dans cet univers, comme s’il avait toujours vécu en ces lieux, protégé par une puissance divine.

« Tu ne peux pas me trouver, Bobby ! »

Cette intonation lui rappelle sa sœur et leurs interminables parties de cache-cache, quand elle le taquine et se love dans les fissures des murs ou se fond dans les trous du jardin. Il veut lui dire qu’il ne va pas perdre cette fois-ci mais sa voix se perd dans des bulles argentées sorties de sa bouche. Bobby plonge dans les profondeurs, désireux de retrouver Maddy et gagner à son tour.

« Réveille-toi, Bobby ! »

Les cercles infinis engloutissent ces mots venus d’au-delà les arbres géants et le ciel rougeoyant. L’eau commence à frémir doucement. La lune perce enfin les nuages. Bobby fouille les entrailles du lac, soulève chaque caillou, inspecte les algues et les dépôts de vase. Il entend des rires aigus le narguer, une musique flutée comme le chant des oiseaux. Soudain, une forme blanche et allongée apparaît devant lui. Dans un écho réverbéré en haut en bas à droite et à gauche, la voix de petite fille lui intime de poursuivre la sirène.

« Maddy n’est plus là, Bobby ! »

Bobby se retourne, intrigué par cette phrase étrange mêlée aux rires insistants. Tout au-dessus de lui, l’eau devient noire et opaque, un monde d’encre et de solitude. La sirène plonge loin dans les profondeurs. Il tend en vain le bras pour l’accrocher avant de s’enfoncer à son tour dans les ténèbres aquatiques. La voix de petite fille lui dit qu’ils sont ensemble désormais. Il écarquille les yeux mais ne voit rien d’autre qu’une étendue liquide et apaisante. La réalité lui apparaît comme une évidence. Sa sœur ne se cache pas dans un trou au fond de la vase. Maddy est le lac.

« A toi de me trouver, petite sœur ! »

Le soleil s’efface à son tour et laisse la nuit prendre le pas sur le jour. La lune affiche une mine grisâtre dans une voûte céleste avare d’étoiles. Les alentours du lac semblent encore plus tristes et désertiques. Les arbres géants entourent l’étendue d’eau de leur noirceur et cachent Maddy du reste du monde, de son frère et des autres. Bobby se demande si elle peut le reconnaître parmi les nombreux nuages éparpillés dans le ciel. Il ouvre la bouche, s’élève dans un ultime effort et crie à sa sœur de le rechercher, dans un rire de pluie et de larmes retenues pendant toutes ses années de deuil.

Article précédent Article suivant Imprimer Transmettre cet article à un(e) ami(e) Générer un PDF à partir de cet article
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

Connexion
Identifiant :

Mot de passe :

Se souvenir de moi



Mot de passe perdu ?

Inscrivez-vous !
Partenaires
Sont en ligne
64 Personne(s) en ligne (19 Personne(s) connectée(s) sur Textes)

Utilisateur(s): 0
Invité(s): 64

Plus ...