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Nouvelles : Le pirate aux élastiques chapitre 1 part 2
Publié par saulot le 02-12-2021 11:20:00 ( 30 lectures ) Articles du même auteur



Armand pensait sa dernière heure venue, mais un sauveur s’interposa, il assomma le requin avec un coup de pied monstrueux. Et il invita à bord de son navire le souple. Pendant quelques secondes Armand s’imagina n’avoir pas eu besoin d’aide, qu’il aurait très bien pu s’en sortir tout seul. Certes il n’avait pas de matériel de survie, il commençait à ressentir des crampes au niveau des jambes à force de nager, il attrapa froid à cause de la température de l’eau, la faim le tenaillait. Mais il n’était pas du tout en détresse, il disposait après tout d’un remède souverain contre tout et n’importe quoi, des élastiques.
Il lui aurait suffi d’en avaler un pour que tous ses problèmes soient réglés comme par enchantement. Puis Armand retrouva une certaine lucidité, et manifesta de la reconnaissance. Il allait faire un superbe cadeau en remerciement pour son sauvetage, il se débarrasserait d’un de ses élastiques et l’offrirait. Il ne faisait aucun doute dans l’esprit du souple, qu’un don de cette ampleur non seulement rembourserait totalement sa dette d’honneur, mais signifierait que son sauveur lui donnerait de bon cœur son bateau, lui prêterait serment de fidélité. Et peut-être même consentirait à devenir un esclave dévoué corps et âme, qui sacrifierait sa vie sans sourciller en hommage à l’élastique reçu.
Cependant Armand se calma, il ne savait pas qui était son interlocuteur. Il existait des personnes qui rejetaient la vertu des élastiques, qui ne voyaient en eux que de vulgaires outils décoratifs. Aussi le souple jugea plus prudent de ne pas s’engager sur une voie glissante. Il vexera peut-être son sauveur s’il se montrait trop zélé dans son amour des élastiques. Il finit par comprendre qu’il n’était pas possible d’acheter des gens avec seulement des élastiques et un joli sourire. Il lui fallut des dizaines de mésaventures pour que cela rentre dans son crâne, mais il admettait par exemple maintenant que les prostituées voulaient davantage de l’argent pour coucher avec quelqu’un plutôt qu’un élastique.

Sig : Cela va ? Vous allez bien ?
Armand : Merci de me permettre de monter à bord de votre bateau, je m’appelle Armand.
Sig : Et moi Sig, vous avez fait naufrage ?
Armand : Non j’ai coulé moi-même mon navire.
Sig : Pourquoi avez-vous fait cela ?
Armand : Parce que je pensais pouvoir rencontrer mes ancêtres grâce à cela.
Sig : Passons à autre chose, vous avez peut-être faim et froid, je vais vous apporter des vêtements et un peu de nourriture. Attendez quelques secondes.
Armand : Merci de me recueillir.
Sig : C’est normal, je n’avais pas le droit d’abandonner quelqu’un en détresse, alors que je disposais du moyen de le secourir.
Armand : Tout le monde n’a pas votre sens de l’honneur.
Sig : C’est vrai, mais cela reste ignoble de ne pas secourir une personne en danger de mort, si cette action ne vous coûte pas grand-chose.
Armand : Il fait bientôt nuit, avez-vous un hamac où je pourrais dormir ?
Sig : J’ai ce qu’il faut, reposez-vous, nous arriverons d’ici quelques heures sur une île habitée.

Armand se trouvait dans un navire à voiles d’une taille moyenne, capable de servir d’abri pour cinq à six personnes. Il y avait une seule pièce pour manger et dormir, et le hamac dans lequel le souple se blottit n’était pas le plus confortable qui soit, néanmoins il se retint de se plaindre. Au contraire il s’estimait très chanceux, il échappa à une situation très périlleuse, et il bénéficia d’une aide inattendue qui lui permit de combler sa faim et sa soif, et d’éviter de tomber malade. Sig offrit de bon cœur des habits au souple. Il était assez riche pour s’en acheter d’autres sur la prochaine île où il avait l’intention de débarquer, et il s’avérait assez gentil pour ne rien réclamer en retour. Il jugeait d’ailleurs gratifiant d’aider une personne en difficulté, y compris quand le profit se limitait à des remerciements. Son grand sens de l’honneur l’incitait à considérer comme normal de secourir des inconnus, du moment que ses interlocuteurs ne cherchaient pas à l’agresser.
Armand hérita d’ailleurs de vêtements de meilleure qualité que ceux qu’il portait au début de son voyage. À la place d’habits usés, il profitait d’un pantalon et d’une chemise noirs de facture correcte. Il disposait de tenues valables peu avant de partir à l’aventure, mais il échangea ses vêtements confortables et en bon état contre deux élastiques. Il brada quatre chemises et trois pantalons contre deux malheureux objets à l’utilité franchement limitée. Néanmoins il jugeait avoir fait une excellence affaire, à cause d’une portée de tir supérieure de cinquante centimètres. Ses deux élastiques acquis récemment allaient un peu plus loin que les autres quand on tentait de les envoyer sur des adversaires. Problème Armand se priva de vêtements très utiles pour supporter la froideur de la nuit, mais il estimait que des élastiques s’avéraient prioritaires sur le reste, y compris des éléments indispensables pour sa survie.
Le matin finit rapidement par venir, pendant qu’Armand se reposait, Sig s’occupait des manœuvres d’accostage.

Armand : Ah j’ai bien dormi, je vois que nous sommes arrivés, je vais vous quitter.
Sig : Attendez prenez un peu de monnaie, cela vous sera utile pour survivre le temps de trouver un travail ou afin de rentrer chez vous.
Armand : Je ne sais pas comment vous remercier.
Sig : Ce n’est pas la peine, je n’ai fait que mon devoir.
Armand : Votre force et votre gentillesse me seraient très précieuses, voulez-vous rejoindre mon équipage ?
Sig : Non merci, je ne veux pas être commandé.
Armand : Dommage, si vous changez d’avis, n’hésitez pas à me le faire savoir, je vais sans doute rester quelques jours sur cette petite île.
Sig : Moi aussi, j’ai fait une longue traversée, et j’ai envie de me reposer un peu.

Armand le souple flâna un peu sur le marché. Il visita plusieurs boutiques différentes, comme par exemple un magasin d’articles de pêche. S’aventurer sur les mers et les océans prenait parfois beaucoup plus de temps que prévu, alors il s’avérait utile d’avoir de quoi acquérir du poisson. Il arrivait d’ailleurs souvent que les aventuriers ou les pirates pratiquent la pêche. Certes le poisson valait généralement moins cher que de l’or mais il remplissait l’estomac quand la faim se montrait présente.
Armand se comporta comme un meilleur gestionnaire que la dernière fois, en effet il ne dépensa pas les trois quarts de sa monnaie dans des élastiques, il se contenta des deux tiers. Il investit en outre dans de l’équipement utile pour la survie, une nouvelle boussole, des couvertures, un sac à dos, des aliments salés ou fumés. Il résista à la tentation d’engloutir la totalité de ses économies dans l’achat de trois élastiques. Il suivit les conseils de Sig qui l’informa qu’il était nécessaire d’avoir un minimum d’équipement quand on partait à l’aventure, que l’enthousiasme et la détermination ne suffisaient pas, ne remplaçaient pas une bonne préparation.
Néanmoins la tentation se révéla rude, il dut faire de violents efforts pour ne pas accepter de vider tout le contenu de sa bourse, contre trois malheureux élastiques de couleur rouge. Il en avait déjà plusieurs centaines, mais il était parfois un fanatique quand il s’agissait d’enrichir sa collection. Il y avait d’autres facteurs que la couleur qui déterminait son envie d’acquérir des élastiques, notamment l’épaisseur, la texture, la solidité, et la portée. En fait le souple faillit se dépouiller jusqu’à ses habits pour mettre la main sur trois malheureux élastiques. Il dut se contraindre pour ne pas finir nu, et sans argent afin de mettre la main sur les trois objets qui attiraient sa convoitise.

Loyal : Tiens comme on se retrouve, tu as donc survécu aux requins. Ou tu as de la ressource ou tu as été secouru.
Armand : Tiens lo, lo, lo euh comment tu t’appelles déjà ?
Loyal (énervé) : Loyal c’est pourtant facile à retenir.
Armand : C’est un nom compliqué il a deux syllabes.
Loyal : Tu te moques de moi ?
Armand : Pas du tout, dès qu’un nom possède plus d’une syllabe, j’ai du mal à m’en rappeler.
Loyal : Vu que tu as coulé toi-même ton bateau, je veux bien croire que mémoriser un nom même simple te soit compliqué. Bon racontes moi ce qui t’es arrivé après ton naufrage.
Armand : J’en ai pas envie. Je ne veux pas t’être agréable, double menton.
Loyal : Ceux qui insultent mon menton, payent le prix fort.
Armand : Je suis invincible comparé à toi, si tu m’as laissé couler, c’est parce que tu avais peur de moi.
Loyal : Tu mérites un prix pour ta stupidité, et ton absence d’instinct de survie.
Armand : Peuh mon élastique va te river le clou, tu vas bientôt me supplier.
Loyal : Un élastique c’est une arme débile.
Armand : Je m’insurge, rien ne prouve que les élastiques ne sont pas intelligents.
Loyal : Hein ?
Armand : Tu as dit que les élastiques étaient débiles, mais l’intelligence c’est surtout une question de point de vue.
Loyal : Espèce d’imbécile, je voulais juste dire que les élastiques sont des outils pourris pour se battre.
Armand : Ainsi donc les élastiques c’est comme les fraises, cela pourrit vite.
Loyal (marmonne) : Cet idiot me tape sur les nerfs, je vais me venger de lui de manière impitoyable.
Armand : Que dis-tu ?
Loyal : Désires-tu être célèbre ?
Armand : Bien sûr.
Loyal : Vas au quartier général de la marine de cette île, et présentes toi comme un pirate.
Armand : Mais je risque des ennuis si je fais ça.
Loyal : Pas du tout les marins de cette île sont très gentils, ils t’emmèneront même faire une excursion en mer. Elle s’intitulera exécution capitale.
Armand : Super, je te remercie.
Loyal : Mais de rien.

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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