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Nouvelles : le pirate aux élastiques chapitre 12
Publié par saulot le 24-01-2023 12:09:43 ( 19 lectures ) Articles du même auteur



Maintenant Armand le souple disposait de centaines d’hommes sous ses ordres, mais il restait une cible facile pour les arnaques. Sig le chevaleresque veillait autant qu’il le pouvait pour freiner les débordements délirants de son ami, mais il ne pouvait pas être partout à la fois. Surtout qu’il avait des responsabilités importantes au sein de la flotte. Il n’était plus le membre d’un trio de joyeux compagnons, mais le superviseur d’un groupe de plus de deux cents personnes, et le responsable de l’entraînement à la magie de l’ensemble des équipages sous les ordres d’Armand.
Il avait beau vouloir veiller avec ferveur sur le souple, il disposait de moins de liberté pour contrer ses loufoqueries. Il acheta une boule de cristal qu’il relia à l’esprit d’Armand pour surveiller ses faits et gestes. Toutefois cette initiative ne suffisait pas à garantir que tous les délires du souple étaient étouffés avant d’être concrétisés par des actes regrettables. Même le plus attentionné et prévenant des amis pouvait essuyer un échec, en essayant de protéger un proche, quand bien même il bénéficiait de pouvoirs magiques pour l’épauler dans sa tâche.
Surtout qu’Armand semblait carburer à la loufoquerie, qu’il était capable de concevoir un plan idiot à la minute voire à la seconde. Ainsi Sig devait déployer des trésors d’énergie pour contrer les initiatives souvent particulières du souple. Il était forcé de consulter très souvent sa boule de cristal pour avoir des chances raisonnables de neutraliser les idées ridicules de son ami. Il créa même de façon discrète le corps anti-maboul, un réseau d’espions chargé de l’informer des projets d’Armand. Il avait d’ailleurs des soucis, il chercha à mener une discussion avec son ami le souple sur le vaisseau-amiral de la flotte, un galion de bois enchanté avec un moteur au charbon très récent. Le navire pouvait servir à accueillir une bonne centaine de gens. Tous deux parlaient dehors sur le pont.

Sig : Armand j’ai entendu une rumeur loufoque stipulant que tu penses sérieusement à abattre tous les mâts des bateaux sous tes ordres.
Armand : Tu as parfaitement raison, je veux que mes navires n’aient plus de voiles, de mâts, de rames, de roues à aube ou de moteur.
Sig : Dans ce cas comment nous nous déplacerons-nous ?
Armand : Grâce à la force d’une super loutre de mer, qui poussera tous nos bateaux.
Sig : Cela me paraît un peu léger, je dirais même que cela ressemble à une terrible idiotie.
Armand : Pourtant j’ai confiance en ma super loutre, regarde comme son poil est soyeux.
Sig : Euh ton animal n’est que de la peau.
Armand : Tu es sûr ? Ma bête n’est pas juste muette ?
Sig : Non je suis certain de moi, ta super loutre peut servir de petite cape, mais sûrement pas de moyen de propulsion.
Armand : Heureusement que je n’ai pas encore donné mon accord à la transaction autour de la loutre alors.
Sig : Oublions cela, j’ai appris que Noir avait l’intention de bâtir une cathédrale en ton honneur. Tu n’as pas peur que ce projet soit un peu égocentrique ?
Armand : Peut-être mais j’apprécie beaucoup la gloire, je serais idiot de refuser une superbe occasion d’être connu pendant plusieurs millénaires.
Sig : C’est toi qui vois, mais je crois que tu commets une erreur préjudiciable.

Noir le pieux voyait les choses en grand pour sa cathédrale, il mobilisa toutes les ressources financières et humaines du culte du Sauveur débile. Ainsi plus de cent mille personnes travaillaient comme des damnés pour construire l’édifice religieux. Noir espérait parvenir d’ici dix ans à achever la cathédrale la plus réputée du monde, de par sa beauté, mais aussi sa hauteur, le nombre de ses statues, et la richesse de ses décorations. Il opta pour un édifice conçu selon les règles du gothique flamboyant, un style où le sens du détail s’avérait poussé à l’extrême, presque surchargé.
En outre le pieux choisit de sacrifier plus de quatre-vingt-dix pour cent de sa fortune dans la réalisation de la cathédrale. Et il obligea ses hommes à verser une partie du butin attribué à eux pour financer bon gré, mal gré l’édifice. Noir était conscient qu’il mécontentait certains subordonnés, mais il pensait agir pour leur bien.
Participer à la gloire d’Armand le Sauveur débile était un acte excellent pour aller plus tard au Paradis. Il s’agissait d’un choix qui contribuait à sauver l’âme de tourments dans les enfers. Le pieux avait une vision particulière du pêché, tuer, ou voler ne constituait pas un comportement répréhensible, par contre manquer de dévotion religieuse s’avérait très problématique. Le culte du Sauveur débile insistait sur la nécessité de choisir une voie de guerrier ou de pillard, si la santé le permettait.
Il affirmait que combattre et voler ses adversaires était une sorte de quintessence, un moyen de plaire au Grand Pirate le premier dieu, et la divinité la plus puissante. Noir ne contestait généralement pas l’existence des réalisations des cultes adverses, mais il n’admettait pas leurs œuvres comme des preuves de supériorité sur les saints du Grand Pirate. Noir lut dans des livres de théologie que son dieu se réincarnera dans un mortel qui sera le Sauveur débile. L’homme qui servira de réceptacle à la divinité se caractérisera par une tendance particulière à gaffer, ce qui était franchement le cas d’Armand.
De son côté Lirnir menaçait Loyal sur une petite île, après avoir défait la flotte de son adversaire il obligea son ennemi à se réfugier sur une zone constituée presque exclusivement d’un petit bois de cocotiers, d’arbres à noix de coco.

Lirnir : Loyal tu es à moi, profites bien de tes derniers instants de liberté.
Loyal : Si je te révèle un moyen de pouvoir lutter contre les pirates les plus influents, de réussir à permettre à la marine de mettre fin à la domination des forbans sur le monde, tu me laisseras partir ?
Lote : Tu rêves, si tu crois que le vice-amiral Lirnir est un homme prêt à se faire acheter.
Lirnir : Inutile de s’indigner haut et fort avant de connaître l’énoncé exact de la proposition. Il arrive par moment que les pirates proposent des choses fiables.
Lote : Mais vice-amiral vous prenez de gros risques, et vous compromettrez de manière irrémédiable votre réputation glorieuse, si Loyal se joue de vous.
Lirnir : Je tiens la vie de Loyal entre mes mains, et il est une personne plutôt lâche, je doute qu’il soit assez brave pour concocter un piège.
Lote : Les pirates sont de la vermine, ils sont prêts à toutes les extrémités. Il vaut mieux refuser toute proposition de leur part. Pour un marché équitable, les forbans fournissent dix arnaques honteuses.
Lirnir : La lâcheté de Loyal est un gage de confiance. Il n’osera jamais me nuire, tant que je serais dans une position de domination.
Lote : Comme vous voulez vice-amiral, mais vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu.

Sig le chevaleresque considérait que la débauche de gloire à l’égard d’Armand au sein du culte du Sauveur débile, serait mauvais pour le caractère de son ami. Alors Sig entreprit de prendre des contre-mesures. Même s’il craignait pour sa vie en s’opposant aux membres d’une religion comportant beaucoup de fanatiques. Il voulait avant tout chose œuvrer pour le bonheur de son ami. Or il avait peur que le culte ne pousse à de sacrées dissensions chez les subordonnés d’Armand, et surtout favorise l’ascension des flatteurs au détriment des compétents au sein de la flotte.
Le chevaleresque prenait en effet des risques mortels en s’adressant à Noir le pieux. Il pouvait subir des supplices absolument horribles. Quand son interlocuteur était de mauvaise humeur et qu’il était contrarié par une question de foi religieuse, il ne faisait pas dans la dentelle pour punir. Au contraire il s’échinait à infliger des supplices atroces. Par exemple il lui arrivait souvent d’écorcher vif des contestataires, de leur arracher la peau avec un couteau spécial.
Néanmoins Sig tenait absolument à tenter sa chance, à parvenir à renverser le processus de flagornerie, et d’autres dérives qui risquaient de donner un orgueil démesuré à Armand. Il était parfois tenté d’enfermer voire de tuer Noir, s’il avait eu l’assurance que cela calmerait le jeu. Mais il craignait d’envenimer les choses s’il s’adonnait au meurtre contre le pieux. En effet il y avait un risque que son remplaçant soit encore plus lèche-bottes à l’égard d’Armand. Et puis verser le sang pour des histoires de religion ne plaisait pas beaucoup au chevaleresque. Il rencontra Noir près du chantier de la cathédrale du Sauveur débile.

Sig : Combien accepterais-tu Noir pour abandonner ton projet de cathédrale rendant hommage à Armand ?
Noir : Je refuse la damnation éternelle, peu importe ce que tu veux me donner, je resterais fidèle à mes convictions.
Sig : Pourtant je suis prêt à te payer très cher, je suis d’accord pour te verser dix mille pièces d’or.
Noir : Je n’ai pas envie d’aller dans l’Enfer Ultime, en acceptant un pot-de-vin dans le but de nuire à la diffusion de la gloire d’Armand le Sauveur débile.
Sig : C’est quoi l’Enfer Ultime ?
Noir : Un endroit véritablement affreux où les plus atroces pécheurs sont victimes de tourments indicibles, qui arrachent aux plus endurcis des cris de souffrance.
Sig : As-tu un exemple des supplices pratiqués dans cet Enfer ?
Noir : Si j’y allais, je serais par exemple contraint de porter une chemise avec un bouton déboutonné.
Sig : Pardon ?
Noir : Ce serait une affreuse faute de goût, une insulte sans précédent à la mode de m’adonner à ce genre d’hérésie innommable.
Sig : C’est plutôt léger comme punition.
Noir : Aussi sûr que mon nom est Sorel, je serais un clown si je déboutonnais ma chemise.
Sig : Donc tu ne veux pas accepter ma proposition ?
Noir : Parfaitement comme tu es un proche intime du Sauveur, je ne parlerai pas de ta forfaiture. Cependant je te somme de renoncer à pratiquer la corruption, pour entraver mon œuvre de construction de cathédrale.
Sig : Ne t’en fais pas, j’ai bien retenu la leçon.

Ryu attendait avec impatience la réalisation de son projet commun avec Sig de combattre le culte de la personnalité en hommage d’Armand. Il soutenait à fond le chevaleresque dans sa volonté de préserver le caractère positif de leur ami commun, de lutter contre des dérives religieuses. En effet Ryu voyait le culte du Sauveur débile comme des dérangés mentaux, des fanatiques qu’il fallait combattre certes discrètement mais quand même très activement. Il avait peur que cette religion ne monte de façon inquiétante la tête d’Armand le souple, ne génère chez lui des troubles du comportement, des manifestations d’orgueil démesuré. Ryu pensait que le pouvoir absolu corrompait de façon absolue.
Or Armand bénéficiait d’un droit de vie et de mort pour des prétextes puérils au sein du culte du Sauveur débile. Il pouvait ordonner une exécution capitale chez un des cultistes pour un motif débile. Mais le plus grave venait du fait que plusieurs des membres de cette religion favorisait les délires graves chez Armand, le poussait à persévérer dans la réalisation de débilités particulièrement corsées.
Ainsi Noir conseillait au souple de bâtir une montagne d’or en puisant dans les fonds destinés à payer les équipages. Ce genre de mesure impressionnera peut-être, mais dans le mauvais sens du terme, car elle poussera à la mutinerie au sein de la flotte, elle véhiculera des idées de révolte sanglante chez nombre d’alliés pirates. Pourtant Armand penchait progressivement pour un chantier de construction d’une montagne. Même si ce plan risquait fortement de lui donner une réputation de barjot, de fou inconscient. Par conséquent Ryu commençait à sérieusement angoissé, il retrouva dans la cabine personnelle de son navire Sig.

Ryu : Alors Sig, cela s’est bien placé, l’image d’Armand ne sera pas présente dans une cathédrale ?
Sig : Malheureusement non, j’ai beau eu insister, essayer d’user de diplomatie, je ne suis parvenu à rien de concluant.
Ryu : Il faut faire quelque chose pourtant. Si rien n’est fait, Armand notre chef suprême va hériter d’une réputation abominable d’orgueilleux démesuré.
Sig : Je sais mais Noir est fermement décidé à arriver jusqu’au bout. Il refuse catégoriquement de faire machine arrière, il pense que le salut de son âme en dépend.
Ryu : On pourrait toujours tenter de provoquer des sabotages, ou de mener des attaques pour que la construction n’aboutisse pas.
Sig : Je doute que cela marche, Noir a prévu un sérieux service de sécurité, il a pris beaucoup de précautions pour prévenir les sabotages.
Ryu : Alors on fait quoi ?
Sig : Honnêtement je ne sais pas.

Lote n’arrivait pas à se dépêtrer du pressentiment que Loyal risquait de trahir, même s’il était étroitement surveillé. En effet il passait pour une personne fourbe même selon les critères moraux jugés laxistes des pirates. Or si même ses semblables se méfiaient de lui, il paraissait logique de penser que Loyal ne sera qu’une source gigantesque d’ennuis pour la marine internationale. Certes il pouvait en apparence représenter un atout grâce à ses vastes connaissances sur les pirates, aux renseignements qu’il délivrait.
Cependant Lote pressentait qu’à la première occasion son interlocuteur n’hésitera pas une seconde à fomenter un complot dévastateur. Il admettait que Loyal pouvait apporter dans un premier temps quelques gains intéressants, mais sur le long terme, il s’avérait un danger considérable. D’ailleurs le fait de le surveiller étroitement pouvait ne rien changer au problème. D’après certaines rumeurs Loyal était capable de communiquer par télépathie avec ses hommes. Et même les dispositifs anti-magie les plus sophistiqués n’arrivaient pas à lui ôter cette faculté surnaturelle.
Lote espérait que le ragot se révélait complètement faux, sinon lui et ses compagnons marins risquaient de passer un sale quart d’heure dans l’avenir, de subir des traquenards monumentaux. Un autre facteur angoissant s’avérait la tendance à sourire souvent de Loyal. Bien que ce dernier soit un prisonnier solidement gardé, il ne perdit pas son habitude de montrer un visage radieux où transparaissait souvent la joie.
Cette manière de se comporter poussait Lote à redoubler de méfiance. Il parla une nouvelle fois de ses soupçons à Lirnir, alors que tous deux se trouvaient au fond d’une crypte ancienne. Le temps et l’humidité érodèrent la plupart des symboles gravés sur les murs de pierre, mais Lirnir était sûr d’être sur une bonne piste.

Lote : Vous êtes sûr, d’avoir fait le bon choix vice-amiral ? Il est encore temps de reculer pour éviter de se couvrir de ridicule.
Lirnir : Votre prévenance vous honore, mais elle commence à m’énerver. J’ai confiance en moi, et je crois que je peux me fier à Loyal.
Lote : Je prie pour vous ayez raison, même si un affreux pressentiment me suggère que vous faites une grosse bêtise.
Lirnir : Nous ferons cela d’ici quelques secondes. Mazette Loyal ne mentait pas du tout, je sens une énergie magique terrible chez ce marteau de guerre. Il est lourd vu qu’il pèse au moins vingt kilos, mais il est aussi puissant que grand. Cette arme de cinq mètres de haut va me transformer en un cataclysme pour les pirates.
Lote : Il doit y avoir anguille sous roche, une caractéristique embêtante chez le marteau. Je vois mal un forban comme Loyal accepter de dévoiler sans arrière-pensée, l’existence d’un outil de mort très puissant au profit de la marine.
Lirnir : Avez-vous des arguments ou des preuves pour justifier votre intuition ?
Lote : Non néanmoins c’est plutôt logique de craindre les marchés passés avec des pirates.
Lirnir : Est-ce votre haine des hors-la-loi ou votre raison qui vous pousse à tenir ce genre de propos ?
Lote : Je déteste les pirates, cependant je crois qu’il est sensé de se méfier de tout arrangement avec eux.
Lirnir : Peut-être, mais je suis quasiment certain que le marteau-désastre va ouvrir une ère de retour à l’avantage pour la marine, de fin de prospérité pour les pirates. Alors je suis obligé par ma parole de rendre la liberté à Loyal.
Lote : Comme vous voulez vice-amiral.

Sig le chevaleresque angoissait, la vague d’assurance de Lirnir était un très mauvais signe, un indice que des calamités risquaient de s’abattre sur les pirates. Sig n’arrivait pas à se défaire d’un sombre pressentiment. Certes il montrait par moment une anxiété exagérée. Cependant il valait mieux être très prudent dans ses décisions, quand il était question de mener une vie de forbans. De plus il existait des preuves qui incitaient à l’inquiétude. De nombreux journaux affirmaient que l’ère des pirates allait bientôt prendre fin.
D’accord beaucoup de médias travaillaient pour les autorités, répandaient fréquemment une propagande anti-hors-la-loi. Toutefois cela ne voulait pas dire que tous les journaux répandaient des mensonges. Lirnir mobilisa des forces militaires impressionnantes, et il n’était pas connu pour être une personne qui aimait bluffer. Il devait avoir un atout redoutable dans sa manche pour avoir demandé à ce que des milliers de marins le suivent dans une offensive pratiquement sans précédent. Sig craignait que lui et ses compagnons ne perdent des plumes.
Surtout qu’Armand était peu disposé à financer en ce moment l’achat de biens essentiels pour les combats comme les armes. Il s’enfermait dans des délires loufoques préoccupants. Il passait un temps croissant à parler avec une saucisse, il la couvrait d’affection, il lui distribuait des petits noms doux et gentils. Il faillit même organiser une cérémonie d’hommage pour sa saucisse. Il fut nécessaire au chevaleresque de mettre le holà, de s’exprimer très clairement en défaveur de cette initiative, pour qu’Armand abandonne l’idée d’une célébration publique pour son morceau de viande. Sur beaucoup de bateaux pirates, y compris le grand galion de bois sous le commandement de Ryu, l’agitation régnait.

Ryu : Tu es au courant de la dernière rumeur Sig ? Il parait que Lirnir a déclaré que bientôt Singe serait en prison. Qu’est-ce qui justifie ce coup d’éclat qui ressemble à de la folie ?
Sig : Je ne sais pas mais cela ne me rassure pas, Lirnir possède peut-être une arme secrète redoutable.
Ryu : Moi je crois qu’il a fumé quelque chose, ou qu’il fait une propagande mensongère pour le compte de ses supérieurs hiérarchiques. Nous les pirates sommes vraiment en position de force. Nous sommes quasiment certains de renverser d’ici quelques années au plus tard le Conseil des cinq montagnes.
Sig : À ta place je ne vendrais pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je ne veux pas passer pour un froussard, toutefois je crains que Lirnir dispose d’un moyen puissant de nuire aux forbans des mers.
Ryu : Ce monde est dominé par les pirates, et notre influence grandit de jour en jour. Personnellement j’ai plus peur de nos rivaux que des forces de la marine.

Lirnir décida de rencontrer Armand pour lui offrir une chance de reddition. Leurs deux vaisseaux-amiraux se mirent côté à côté et s’annoncèrent relié par un pont fait de planches de bois.

Lirnir : Tu devrais être terrifié, mon terrible marteau va marquer le début d’une longue série de victoires sur les pirates.
Armand : Oh j’ai peur, si tu crois que je vais craindre un minable comme toi, tu prends tes rêves pour la réalité.
Lirnir : Tu vas bientôt cesser de te moquer de moi, je te le jure.
Armand : Tu parles, tu es tellement nul que je n’ai même pas besoin de coton-tige pour te battre.
Lirnir : Apprêtes toi à périr.

Lirnir le sévère ressentait un terrible sentiment de puissance, il était prêt à abattre un courroux impitoyable sur ses ennemis les pirates. Il allait prouver que les forces liées à la loi pouvaient encore remporter de splendides victoires. Lirnir comptait bien frapper de terreur ses adversaires grâce à l’appui de son marteau-désastre, il lui suffit de se concentrer un peu et il commença à provoquer l’apparition de grosses vagues. Pour l’instant la flotte adverse ne craignait pas grand-chose, mais encore une à deux minutes d’efforts, et le sévère déclenchera un véritable raz-de-marée, un tsunami destructeur qui engloutira la plupart des ennemis qui osaient l’affronter aujourd’hui. Il affichait depuis son navire-amiral une attitude rayonnante, il était sur le pont pour ne pas manquer une miette du spectacle.
Son marteau était une terrible arme de dévastation, elle altérait le climat et les éléments de façon rapide et cataclysmique. Cette belle arme dorée semblait plus un objet de parade dans le sens qu’elle n’infligeait pas de dégâts au corps-à-corps. Ses propriétés magiques l’empêchaient de générer des dommages au contact, bien que son poids soit supérieur à trente kilos, le marteau ne pouvait pas directement blesser quelqu’un. Ainsi même un colosse le maniant et tentant de blesser une personne avec ne générait même pas une bosse ou un bleu. Néanmoins l’arme possédait aussi la propriété de susciter des catastrophes surnaturelles, de causer des avalanches monumentales, d’altérer le temps de manière spectaculaire, de transformer une mer calme en une étendue d’eau déchaînée. Problème le marteau amenait aussi des effets secondaires notablement ennuyeux. Ainsi Lirnir dédaigna se consacrer à ses activités de guerre pour picoler, son marteau rendait alcoolique.

Lote : Euh vice-amiral, vous vous soûlez là.
Lirnir : Pas du tout je me désaltère hips, allez encore un verre hips et je passe à l’attaque.

Ainsi Lirnir non seulement ne déclencha pas de raz-de-marée trop occupé à picoler mais en prime il s’endormit à force de boire du vin.

Lote : Bon je n’ai plus qu’à jeter à la mer, ce maudit marteau.

Ainsi une bataille qui présentait des perspectives glorieuses pour les ennemis des pirates tourna au désastre. Les forces d’Armand infligèrent une dérouillée monumentale à leurs adversaires. Elles battirent facilement leurs antagonistes. La journée de conflit se résuma à des percées victorieuses contre les forces armées de la marine. Les pirates menèrent des assauts triomphants assez facilement. Pendant que Lirnir cuvait son vin, se remettait des effets de l’alcool dans son sang, ses ennemis répandaient le carnage, Armand coulait des navires en expédiant dessus des élastiques chargés d’énergie combattive, Ryu fauchait quantité de vies avec son énorme épée à deux mains de cinq mètres de long. Il semblait inopportun de manier une telle arme pour le combat naval, mais étant donné qu’il tuait ses adversaires par groupe parfois supérieur à dix personnes, la taille de son outil de mort n’était pas tellement gênante. De son côté Sig faisait pleuvoir des boules de feu, et des éclairs surnaturels sur ses ennemis.
Lote essaya de remédier au désordre des troupes sous ses ordres, et cacha l’état d’ébriété de Lirnir. Cependant bien qu’il soit un brillant stratège, le rapport de force numérique aussi bien supérieur pour les effectifs que la quantité de bateaux profita trop bien aux pirates. Les marins étaient deux fois moins nombreux, et surtout leurs navires s’avéraient vétustes comparé aux superbes bâtiments de guerre ennemis. Alors la confrontation aboutit à un véritable fiasco pour Lote et ses alliés. Armand triomphait sur toute la ligne, il s’auréola d’un prestige immense, il apporta aux pirates une nouvelle victoire écrasante sur les gouvernements légaux.

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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