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Nouvelles : Je me présente...
Publié par christine le 16-10-2012 01:00:00 ( 1532 lectures ) Articles du même auteur



J'ai poussé comme une fleur sauvage sur un tas de fumier...
Non non, je m'égare! la vérité est plus simple.
Je suis l'accident, le n°5 (pas de Chanel) après le seul garçon tant désiré.
Depuis l'époque lointaine ou je n'étais qu'un petit sac de cellules s'organisant pour donner un sens à cette rencontre qui ne devait pas forcément fructifier, j'ai ressenti la détresse de ma mère, qui avait atteint la quarantaine, sa fragilité! et c'est alors qu'en poussant mon premier vagissement, je me suis pour la toute première fois excusé; depuis lors je n'ai pas cessé! J'ai pressenti comme une urgence, malgré cet amour que je leur arrachais , de m'excuser de tout et surtout d'exister.
Alors que je n'avais que quelques mois, six tout au plus, j’eus à flirter avec la mort, toute naissance sonne comme une condamnation mais de cette rencontre bien trop précoce mon regard à gardé l'empreinte.
Mes soeurs quittèrent tour à tour le petit noyau familiale et je devins très vite et très tôt avec ce frère prodige de deux ans mon ainé, la seule jeunesse de traîne au logis de mes parents fatigués.
Sans amis et sans famille, ou si peu!
Ma grand-mère paternelle Charlotte, son indéfectible amie bigoudène
échouée aux galeries lafayette où ma grand-mère passa quarante cinq ans à se ratatiner, en sachant qu'à la base elle mesurait un mètre cinquante à tout casser.
Petite, il y avait un ou deux des frères de ma mère mais je ne me souviens que de celui qui partageait mon jour et mois de naissance et qui décida de partir brutalement, dans la fleur de l'âge faute de trouver un sens aux épreuves de la vie, au mieux il y vit un répit (définitif).
Les filles de ces oncles, cousines et lointaines, habitant dans les Pyrénées, ville de Pau ou ce cher Henri de Navarre naquit en son château, je ne les vis que peu de fois, pas assez pour nous construire des souvenirs communs.
Du coté de mon père, qui était orphelin du sien, depuis l'âge de 7 ans, je n'ai connu que l'oncle Marcel et sa femme Caroline tous deux sans enfants, déjà bien vieux dans les quatre vingts ans, vivant à Tourette sur Loup et racontant en boucle les souvenirs traumatiques d'une guerre de tranchée.
Pourtant mon grand-père paternel était issu d'une grande famille de vingt et un enfants! trois d'un premier lit et dix huit du second.

Arrivée à quinze ans après maintes péripéties, je me suis trouvée devant un choix difficile impliquant mon avenir et mon salut, choix réduit en vérité sur les conseils de ma mère qui avait assisté passivement il me semble, au profond ennui qu'en général l'école m'inspirait; aussi me dit-elle, quand le moment de l'orientation fut venu et que la clique professorale eut tranché me poussant en seconde AB, "tu n'es pas faite pour les études, cela se saurait, tu es si influençable! regarde ce que la philo a fait de ta soeur Évelyne( bac de philo, artiste peintre écorchée, torturée mais qui a tout de même su garder ses deux oreilles) "ça ne l'a pas arrangé!" entrer dans la vie active est bien mieux finalement et te correspond davantage tu perdras moins de temps."
Elle a cru bien faire, on ne connait jamais réellement ses enfants, je pense qu'en réalité elle s'était essoufflée.

La liste était courte et les métiers peu attirants, j'optais pour le "moins pire" et le moins salissant! Esthéticienne donc je serai, tentant de me persuader que ma douce mère avait raison et que là se trouvait la solution , je me retrouvais Allée Auguste Renoir à Nice Magnant.
Deux années de torture! en prime je n'étais pas franchement du genre populaire, du genre qui se met en avant ou alors pour faire le pitre.
J'étais la petite qui faisait de l'humour au fond de la classe en s'ennuyant, pas sûr d'elle même, honteuse la plupart du temps,
trop timide, avec à l’intérieur un océan d'émotions de questions à combler.
Les cours terminés, j'aimais par beau temps descendre à pied la rue de France pour rejoindre la place Masséna en faisant un petit crochet par les galleries lafayette où planait comme une promesse de félicité, un avant goût de liberté.
Place Masséna je montais dans le bus qui n’emmenait loin de ce qui me semblait être un autre monde et je retrouvais le quartier de l'Ariane ,ses tours et ses tourments.

CG

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.

Auteur Commentaire en débat
christine
Posté le: 16-10-2012 01:45  Mis à jour: 16-10-2012 01:45
Plume d'Or
Inscrit le: 09-10-2012
De: La tour du pin
Contributions: 43
 Re: Je me présente...
Bon vu l'heure tardive, on me pardonnera sans doute mes fautes d'orthographe.
peu attirant
m'emmenait
etc...

Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 17-10-2012 17:09  Mis à jour: 17-10-2012 17:10
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9492
 Re: Je me présente...
Ça c'est un joli moment de lecture.
Citation :
J'ai poussé comme une fleur sauvage sur un tas de fumier...

J'ai eu un choc en lisant cette phrase, il y a très, très longtemps (au siècle dernier) je me résumais, je justifiais mon existence avec cette phrase.
Lorsque ma grand-mère maternelle, me déversait son fiel, me reprochant ma venue au monde, en postillonnant son dégoût avec rage, lorsqu'elle crachait son mépris de mon père, "ce misérable paysan" qui avait séduit sa superbe fille parisienne, et l'avait entraînée dans la pauvreté, et la déchéance de sa paysannerie honteuse ....
A chaque vexation, ou reproche je n'avais que ce leït-motiv que la famille a entendu et réentendu :
"On trouve parfois des roses sur les tas de fumier "
Leït-motiv que j'améliorais avec le temps d'un simple rajout, en grandissant je ponctuais avec un simple mot en fin de phrase : "point"
J'avais pris je crois, option espoir, et option bonheur.
Dès ma naissance, j'aurais, moi aussi , dû m'excuser, j'avais fait cette énorme erreur de mauvais goût d'être une fille, résultat pour ma mère, une grossesse tout de suite derrière pour rectifier l'erreur, et un frère, le "Fils"
Mais pour ma part, il n'y eu jamais aucun projet d' excuse ni aucun regret d'être ce que je suis.
Mais alors aucun.
Merci pour ce style rapide et vivant et le bel humour, la dérision est l'intelligence des désespérés.
Merci pour le partage.

Auteur Commentaire en débat
christine
Posté le: 18-10-2012 01:57  Mis à jour: 18-10-2012 01:57
Plume d'Or
Inscrit le: 09-10-2012
De: La tour du pin
Contributions: 43
 Re: Je me présente...
Je voudrai dire ici que mes parents m'ont toujours aimé et que je leur porte un amour inconditionnel .

Merci pour votre témoignage ,et vos sympathiques commentaires .

j'avais également et résolument opté pour l'espoir et le bonheur ainsi que , le nez rouge ou le bonnet à clochette pour me cacher .

l'héritage n'est pas forcement celui que l'on mérite ou celui qui vous est adressé .

les choses complexes ne peuvent être résumé en si peu de phrases ...
c'est à l'adolescence que j'ai ressenti qu'il ne fallait pas que je me fasse remarquer davantage car mon physique attirait bien assez les regards .
et je n'aimais pas ce que je lisais dans les yeux de mes soeurs ,de mon frère ,des autres .
alors je me suis caché et j'ai mis les autres en valeur , je voulais qu'ils se sentent important ,beaux,intelligents.....
Je voulais leur bien ! stupide non?
car même en taisant ce que j'étais cela n'a servi à rien ! ils ne m'ont pas aimé davantage mais critiqué à l'extrême .

Répons(s) Auteur Posté le
 Re: Je me présente... Iktomi 19-10-2012 18:17
    Re: Je me présente... christine 19-10-2012 20:27
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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