|
Pauvres marins.
Quand sur la mer le bateau roule Tangue et retangue et craque encor Et les cordages se déroulent Quand vient l'escale en quelque port.
Pare à hisser, gare à la houle Nous allons larguer le corps-mort Et sur le quai il y a foule Valparaiso ou Baltimore.
Amarrez tout ! Les vagues se ruent Sur le bateau, gare au tangage Le marin pense à quelque rue Où est resté son cœur en gage.
Tout en mordant la vague crue De l'étrave et jusqu'au sillage Le bateau va son pas ventru Vers de nouveaux lointains rivages.
Nous autres, pauvres marins, subissons la mer immense Loin des terres et du bruit, si près de l'univers.
|