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Nouvelles : La dame aux cheveux rouges
Publié par Arlize le 13-12-2012 09:50:00 ( 593 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles



La dame aux cheveux rouges

Madame,.
Il y a environ deux ans... l'automne, nuages sombres, humeur morose. Sur la Comédie, des passants se hâtaient vers leurs occupations, guère souriants; Vous étiez encore loin de moi lorsque j'ai remarqué votre chevelure flamboyante, si roux, couleur de feuilles d'automne justement.. je notais rapidement votre allure et cette élégance naturelle qui signe la réussite.
Vous étiez proche maintenant, et c'est alors que j'ai pris conscience de votre démarche hésitante. Vous paraissiez dans la recherche, dans l'attente avec un peu de désarroi dans vos yeux clairs ! Je ne sais quel élan m'a poussé à vous adresser la parole "Puis-je vous aider ?". Je sentais que vous aviez besoin d'une main tendue. Autour de nous, toujours le va et vient d'hommes et de femmes pressés, en marche vers leur improbable destin !
Je n'ai pas compris votre réponse dans l'instant, vous parliez un français très approximatif ... Voilà, c'était cela, vous n'étiez pas d'ici, un accent, me semblait-il, de pays de l'Est. J'ai tenté une nouvelle question en y ajoutant quelques mots d'anglais (pas fameux mon anglais ! )...et c'est alors que j'ai saisi le mot "La Peyronnie", vous cherchiez l'hôpital La Peyronnie ! Mais Madame, ai-je répondu, l'hôpital en question est éloigné du centre ville, il vous faut prendre le tram ou un taxi. Mais, ais-je ajouté, êtes-vous malade ? - Non, avez-vous murmuré d'une voix presque inaudible, je vais voir un ami !.
Je vous indiquais la station de taxi la plus proche, vous avez dit en me serrant la main "merci, merci mille fois !", un véhicule attendait dans lequel vous êtes entrée, vous vous êtes éloignée avec un geste de la main auquel je répondais lentement, très triste soudain, la gorge serrée.. une petite pluie fine s'est mise à tomber ...
Même jour, 21 h., je suis au Corum, salle Berlioz , j'assiste à un concert des plus belles voix d'opéra du moment : les lumières se voilent, mon programme glisse à terre, je m'empresse de le récupérer, un nom est prononcé : soudain, je n'en crois pas mes yeux, vous êtes sur scène, vous, "la dame aux cheveux rouges" dans une stricte robe noire, mince, très mince et vous étiez pâle sous votre chevelure de feu !
...Et c'est alors que s'élève Casta Diva, l'un des airs les plus célèbres du répertoire lyrique, magnifié par Maria Callas, mais c'est vous qui étiez Norma, la Prêtresse de Bellini, un air d'une mélancolie bouleversante, un silence absolu dans la salle, les spectateurs subjugués par votre voix et votre présence... Puis ce fût une explosion de bravos, "une standing ovation"
Je suis enthousiasmée, je n'ai retenu que votre prénom "Wilfrida". Je ne saurai jamais quel était le but exact de votre visite à l'hôpital et pour quelle raison vous qui étiez destinée à une grande carrière, vous sembliez si seule et désorientée sur la place de la Comédie....
Pour moi, chère Wilfrida, vous resterez à jamais Norma et lorsque s'élève Casta Diva, cet air magnifique et difficile à interpreter
, c'est à vous que je pense !

- Un musicien de l'orchestre de Montpellier m'a dit, peu de temps après ce concert, que c'est elle qui était malade...Elle a donc vu un médecin ce jour-là !...Quelques mois plus tard, le rossignol s'est tu à jamais...Norma a quitté le monde... la "dame aux cheveux rouges" s'en est allée !
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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