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Textes Illustrés : Les mémoires d'un chien. (3)
Publié par dumont011 le 24-01-2013 19:50:00 ( 865 lectures ) Articles du même auteur
Textes Illustrés



-3-
Ardents désirs



L'un des indices les plus évidents, pour les sceptiques et détracteurs qui mettraient en doute ces mémoires et l'identité de leur auteur, est l'anxiété qui caractérise mon tempérament!
La majorité des humains en souffre me diriez-vous?
Argument judicieux; pour ceux qui ignorent l'ampleur de cette anxiété quand elle m'étouffe, et la facilité avec laquelle elle se soigne, car, survenue généralement lors de la séparation avec les personnes auxquelles je suis fidèle, elle disparaît sous l’effet magique d’une simple présence, qui, à peine née, se révèle une excellente cure... Un chien ne peut souffrir d'être seul!
Chez l'homme, ce sentiment est bien plus complexe et brouillé, puisant ses racines dans un lacis de traumatismes à séquelles immédiates ou en différé, si étendu sur l'axe temporel qu'il est difficile d'en diagnostiquer les causes et à plus forte raison d'y apporter les remèdes adéquats.

….

J'ai grandi à la campagne. Mon père, plouc en quête de titre de noblesse citadine, nous quitta, alors que j'étais enfant. Il nous a laissé, néanmoins, une femme courageuse qui s'est occupée de notre éducation, et que j'adore rien que pour ce sacrifice.
Le lycée dans lequel j'ai tenté, en vain, un baccalauréat, n'était pas très loin de ma campagne natale, si bien que je n'avais pas trop à me plaindre d'une séparation avec la personne la plus chère à mon cœur.
Mais plus tard, lorsque, dans cette ville grise et éloignée, je me suis inscrit à un BTS dans une école privée, j'ai enduré un réel calvaire suite à la rupture de ce quotidien bienheureux et rassurant qui m'offrait l'opportunité de sentir une présence maternelle ô combien sécurisante! Sentiment d'autant plus cuisant que les nouveaux camarades, froids et stoïques, redoublèrent de cruauté lorsqu'ils sentirent en moi, vrai chiot orphelin, cette quête naturelle de chaleur humaine et cet inné penchant qui me pousse à chercher l'amour du prochain, mon semblable physique et potentiel maître qui me dominerait moyennant quelque preuve d'affection. Ces condisciples feignaient d'ignorer complètement les élans de cœur que je m'efforçais de leur montrer et repoussaient toutes mes tentatives de m'approcher d'eux. J'amadouais sans résultat une amitié salvatrice, et cela me faisait énormément souffrir. Pourtant, dans cet affreux climat, qui faillit, je puis le reconnaître à présent, me contraindre à abandonner le projet envisagé, l'arrivée d'un nouveau camarade, améliora nettement mes journées mornes.
C'était un garçon de mon âge.
Et là, j'avertis le lecteur, que pour ne confondre personne et afin de garder anonyme tout protagoniste ayant pris part à ce récit – car il comprend des informations et révélations bien compromettantes – je me bornerai à citer les personnages et les lieux par des pseudonymes ou par leurs seules initiales. Ainsi, en sera-t-il de mon nom. Sachez seulement que je m'appelle Arsène. Joli prénom pour un toutou, n'est-ce pas?
Donc, au moment où je comptais sérieusement faire mes bagages et regagner mon village, la providence en décida autrement, en mettant sur mon chemin, Roger, le garçon dont je vous parle.
Dés la première séance où il fut présent, j'augurai notre future amitié, en dépit de son air, peu engageant du premier abord.
Roger était de carrure imposante. La tête, rase, trônait sur une formidable nuque de taureau et de larges épaules qui font penser à ces statues d'athlètes. Le menton, légèrement avancé donnait à la mâchoire inférieure une allure de bête féroce prête à bondir. Toute sa physionomie était en somme une charpente, une composition de formes établissant un solide argument fait pour éloigner les importuns.
Cet être promenait sur le monde un regard placide, avec toutefois des lueurs de bienveillance, venues, on ne sait d'où, l'espace d'un instant.
C'était ces lueurs qui me décidèrent…

…………………………………………………………………………………………………………………………

(À suivre)

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
emma
Posté le: 26-01-2013 11:15  Mis à jour: 26-01-2013 11:15
Modérateur
Inscrit le: 02-02-2012
De: Paris
Contributions: 1495
 Re: Les mémoires d'un chien. (3)
J'aime l'alternance entre les réflexions sur la nature humaine et canine et le récit, avec toujours ces pointes d'humour qui vont me faire suivre ces aventures hors du commun !!!
Loriane
Posté le: 26-01-2013 13:31  Mis à jour: 26-01-2013 13:42
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9068
 Re: Les mémoires d'un chien. (3)
Cette histoire est celle de notre humanité.
On a si besoin des autres et pourtant nous les craignons. Et souvent, pas à tort.
Comment vivre sans le regard de l'amour ?
impossible, je me souviens d'Edith Piaf qui hurlait "sans amour on est rien du tout "
Si vrai, Ça venait jusque dans mes tripes parce que j'avais pas encore fait mon premier pas que je savais que l'amour était rare.
Avant d'être maltraités, les chiens nous font confiance parce ils sont, eux, sans méchanceté, mais aussi sans condition.. Tout les êtres vivants fonctionnent en reportant sur l'autre ce qu'ils sont eux-mêmes.
L'amour, la tendre affection, l'attachement, l'amitié ... que sais-je ? est notre meilleur médicament.
C'est très agréable à lire .
La suite ...





souvenirs, souvenirs http://youtu.be/vkoWH1UrjVg

Mais je ne suis pas aussi restrictives sur l'amour que ne le suggère les paroles de la chanson
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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