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Accueil >> xnews >> Gestion de crises ( suite ) - Troisième partie - Nouvelles - Textes
Nouvelles : Gestion de crises ( suite ) - Troisième partie
Publié par Salimbye le 28-09-2013 10:08:56 ( 467 lectures ) Articles du même auteur





Troisième parie :


En débarquant à la gare routière de la ville d’El Jadida, la jeune fille fut abordée par un jeune adolescent qui agitait un trousseau de clés. Il l’informa qu’il pouvait lui louer une chambre à un prix très raisonnable.
La horde des estivants commençait déjà à quitter la ville.
Elle accepta l’offre et s’installa dans une petite maison toute délabrée située à Mouilha, l’un des plus pauvres quartiers de la ville, situé au bord de la mer. Sa chambre, une minuscule pièce qui n’avait aucune fenêtre se trouvait sur le toit de la maison.
Murs fissurés. Moisissure.
Rachida aurait aimé prendre une douche avant de se rendre sur le lieu qui l’avait fait tant rêver. Malheureusement, il n’y avait pas de salle de bain. Elle se contenta donc de changer de vêtements : Elle enfila un jean délavé et très serré, une chemisette rayée et des baskets et quitta sa chambre vers six heures du soir.
Un taxi la déposa devant le casino.
Un lieu magique.
Un ilot de verdure.
Situé au bord de la mer, à quelques kilomètres de la ville, le complexe touristique Mazagan reposait paisiblement au milieu de palmiers dattiers, d’arbres exotiques et de lumières multicolores.
Sensation de tranquillité, de détente et de liberté.
Souriante, Rachida se dirigea vers l’entrée principale.
Personne ne lui prêta attention.
Elle fut impressionnée par les dimensions imposantes de la salle des jeux.
Des clients, hommes et femmes cherchaient désespérément à rencontrer dame chance. Ils étaient assis autour d’une cinquantaine de tables bien alignées en rangées.
Poker, roulette, black Jack, Texas…
Accaparés par le déroulement du jeu, les clients fixaient silencieusement les mystérieux chiffres rouges qui gisaient sur les tapis verts.
Des piles de jetons.
Croupiers en uniformes marron.
« Faites vos jeux ! Faites vos jeux ! Rien ne va plus !... ».
Serveuses en jupes courtes.
Elles offraient aux clients des sodas ou des verres de whisky.
Rachida essaya de comprendre le mécanisme et les règles des jeux, mais sans succès. Elle se dirigea vers les innombrables machines à sous. Un jeune employé lui expliqua rapidement comment elle devait miser et comment récupérer éventuellement ses gains.
Il partit vers d’autres clients.
La jeune fille s’installa devant son appareil et se lança prudemment dans le jeu.
Mises de cinq dirhams (un demi- euro).
Vers une heure du matin, elle avait perdu quatre cents dirhams. Deux tournées d’alcool et un paquet de cigarettes lui avaient fait perdre un peu de sa lucidité. Elle quitta, sans le moindre regret, sa machine et se dirigea vers le dancing.
Lumière tamisée.
Musique assourdissante.
Foule excitée.
Aucune harmonie.
La jeune fille commença à se dandiner en souriant aux jeunes garçons qui la fixaient de leurs regards tout en tournoyant autour d’elle.
Terrible mal de tête.
Avances timides et maladroites de quelques adolescents.
Aucun intérêt.
Vers six heures du matin, morte de fatigue, elle quitta le casino, prit un taxi et regagna sa petite chambre en ville.

Elle fréquenta ce lieu magique tous les soirs pendant dix jours.
Manque d’argent. Manque de chevaliers hardis.
Elle décida de retourner chez elle, à Youssoufia.
Avant de prendre l’autocar, elle demanda à son locataire de lui réserver la même chambre, car elle comptait revenir après deux ou trois jours.


Alors qu’elle était encore au collège, Rachida entendait chaque soir la télévision parler de l’ouverture imminente d’un casino dans la ville d’El Jadida. Unique en son genre dans toute l’Afrique du nord, ce joyau architectural allait, selon les responsables, drainer une foule de touristes.
Ce matraquage télévisuel emportait la jeune fille dans le monde féérique et exotique de son imagination. Elle se promenait le long des lagons aux eaux limpides. Le soir, elle s’allongeait sous un cocotier pour siroter un jus tout en admirant le coucher du soleil. Son petit ami, un jeune français au corps parfaitement sculpté, la prenait de temps en temps entre ses bras pour lui décrire, en chuchotant, le bonheur qu’il vivait auprès elle.

Au collège, durant les moments de recréation, elle parlait à ses amis de ce casino, dont on parlait quotidiennement à la télévision. Elle leur jurait qu’elle irait un jour le visiter. Tout le monde savait qu’elle en était capable. La fille du président d’un conseil municipal faisait partie de la crème de la société qui devait jouir de tous les privilèges. Afin de s’épanouir naturellement, cette mince tranche de la population ne devait souffrir d’aucune frustration.
Lorsqu’elle fut exclue du collège, Rachida demeura chez elle presque un mois. Elle aidait sa maman dans les tâches ménagères le matin, l’après midi, elle prenait sa moto pour aller voir ses ex-amis et s’amuser un peu. Elle fumait deux ou trois joints avant de regagner la maison. La nuit, elle allumait son ordinateur pour « chater » avec tous les insomniaques jusqu’à une heure tardive.
Un jour, alors qu’elle déjeunait avec ses parents, elle déclara à son père qu’elle avait trouvé le site d’un institut privé dans la capitale, et qu’elle comptait s’y inscrire. En entendant la nouvelle, son père sauta de joie et l’encouragea à prendre contact directement et le plus vite possible avec l’établissement en question. Il avait toujours souhaité que sa fille fasse des études, au lieu de rester enfermée dans la maison comme sa maman. Il désirait ardemment que quelqu’un de sa famille soit ambitieux, comme lui, et se venge de cette ignorance qui le faisait tant souffrir. Il lui remit une importante somme d’argent et lui conseilla de partir le jour suivant.
Le lendemain, elle prit un autocar pour la ville d’El jadida.

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
couscous
Posté le: 29-09-2013 14:10  Mis à jour: 29-09-2013 14:10
Modérateur
Inscrit le: 21-03-2013
De: Belgique
Contributions: 3218
 Re: Gestion de crises ( suite ) - Troisième partie
Après la drogue, le démon du jeu. Cette jeune fille aurait bien besoin d'être remise sur la bonne voie mais avec des parents démissionnaires !
Loriane
Posté le: 01-10-2013 13:42  Mis à jour: 01-10-2013 13:42
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9069
 Re: Gestion de crises ( suite ) - Troisième partie
Sympa ce papa
"L'oisiveté est mère de tous les vices " disait ma grand-mère, puis ma mère,
Merci
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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