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Nouvelles confirmées : Le cannibale chapitre 20
Publié par saulot le 03-12-2017 10:00:00 ( 200 lectures ) Articles du même auteur



Malgré le tollé que cela provoqua, l’exécution d’Alphonse fut suspendue, ses ennemis s’étaient aperçus que mourir lui ferait plaisir, et puis ils voulaient connaître le nom de ses complices. Il était probable qu’il bénéficie de l’aide de complice pour le meurtre de Betham, tuer une présidente de la République en dépit du dispositif de sécurité la protégeant, s’avérait un forfait très compliqué à réaliser seul. Marco profita du délai supplémentaire offert par la suspension de la décapitation d’Alphonse pour réunir un commando dans le but de faire évader son ami.

Il recruta trois acolytes Paul Looping, un homme costaud qui ne portait que des joggings, c’était un pilote d’hélicoptère chevronné. Denis Loukoum un spécialiste des évasions, il avait fait évader avec succès plusieurs dizaines de prisonniers, les plans qu’il proposait, étaient des modèles de préparation et d’organisation. Il n’avait connu qu’un seul échec, il s’agissait de sa première affaire en tant qu’organisateur d’évasion, le détenu à faire évader avait pris une dose massive de hachisch. Celui-ci ne songea pas à profiter de l’occasion de se faire la belle, il était occupé à batailler contre des démons imaginaires, de trente centimètres de haut, au corps rouge, leur apparence était humaine, excepté pour la tête qui s’avérait celle d’un cocker, un chien célèbre pour ses longues oreilles tombantes. Le prisonnier toxicomane avait ses forces décuplées par l’usage de drogue, il fallut quatre gardiens pour le maîtriser, il était dans un état proche de l’overdose, normal il avait fumé dix joints d’affilé pour se donner du courage. Le troisième larron embauché par Marco s’appelait Barry Faucon, ce noir d’un mètre quatre vingt dix, était un expert dans le maniement des grenades, des mitraillettes et des pistolets. En outre il était redoutable au corps à corps. C’était un ancien champion de combat clandestin, lassé de recevoir des coups, il s’était adonné au grand banditisme.

Marco et ses trois complices étaient le dernier espoir d’Alphonse de pouvoir retrouver la liberté, pour son ami le cannibale était prêt à prendre de très grands risques. Cette opération avait coûté cent mille euros au cannibale, pour la financer il avait dû demander l’aide de sa mère. Cette dernière avait d’abord refusé, mais devant la détermination et le ton implorant de son fils chéri, elle avait fini par accepter de lui prêter cinquante mille euros. La première phase du plan se déroula sans accroc, l’équipe s’empara sans coup férir d’un hélicoptère, se trouvant à cinq kilomètres de la prison de la Santi. La machine volante était un MBB Kawasaki BK 137, un modèle apprécié des clubs automobiles et des organismes de secours. Une fois au dessus de la prison de la Santi, une échelle de corde fut lancée en direction d’Alphonse. La Santi était un établissement pénitentiaire célèbre pour son taux inquiétant de suicide. Il était vrai que les suicides étaient malheureusement fréquents dans les établissements carcéraux, cependant la prison de la Santi possédait des statistiques inquiétantes. Entre 2020 et 2030, il y avait eu cent tentatives de suicide dans cette prison, dont cinquante avaient réussi.

Une autre caractéristique peu glorieuse de la Santi, était le salaire faible des prisonniers qui réussissaient à trouver un travail. Pour quarante cinq heures de travail par semaine, un prisonnier gagnait un quart de SMIC, s’il était un travailleur qualifié, c'est-à-dire s’il occupait un poste où un diplôme égal à supérieur à un bac +3 était nécessaire. Le droit du travail ne s’appliquait pas en prison, résultat les employeurs pouvaient imposer des conditions détestables aux détenus qui travaillaient, et les payer au lance-pierre sans crainte de sanction. Des plaintes contre l’administration avaient été déposées par quelques prisonniers dans les années 2000, une fois leur peine finie. Mais malgré le soutien de syndicats, elles n'avaient pas abouti à grand-chose, en outre pour contrer tout risque de contestation, Betham avait créé une loi qui légitimait l’absence de droits sociaux des prisonniers.

La Santi avait la réputation d’être la pire prison de France, il n’existait aucune cellule individuelle sauf au niveau du mitard, le quartier carcéral destiné à punir les prisonniers ne respectant pas le règlement. En été les détenus souffraient d’un fort inconfort. En hiver, il ne fallait pas avoir peur de porter quatre à cinq épaisseurs de vêtements, vu la mauvais isolation des lieux. Les crédits dédiés à la construction de cette prison avaient été en partie détournés par le gouvernement. Résultat les ouvriers avaient employé des matériaux de basse qualité pour éviter que la prison ne soit incomplète. Il y avait un seul psychologue pour deux mille prisonniers, ce qui n’était pas très malin, beaucoup de prisonniers souffrant de troubles psychiques. Vu que de nombreux détenus étaient atteints de psychoses, un psychiatre aurait été mieux indiqué qu’un psychologue, cependant il aurait fallu que les responsables de l’état soient enclins à donner des moyens. Or ils avaient la fâcheuse habitude de chercher à faire des économies à tout prix quand il s’agissait des prisons. Même si cela avait pour conséquence d’accroître le nombre de suicidaires, de prisonniers agressifs et incapables de se réinsérer.

Alphonse le meurtrier essaya de prendre l’échelle de cordes, mais des anarchistes voyant qu’il essayait de se faire la malle, intervinrent, et l’assommèrent. La tentative pour extraire le tueur de la Santi fut un échec, il passa en punition un mois au mitard, il eut la consolation pendant cette période de ne pas être victime d’agression. Les conditions de vie étaient très rudes dans le mitard, le prisonnier était enchaîné, le lit s’avérait très inconfortable, il n’y avait aucune fenêtre dans l’étroite cellule, la nuit il fallait dormir avec la lumière allumée. Les prisonniers devaient conserver la même tenue pendant tout leur séjour au mitard, la douche se faisait sans savon. Pour briser le prisonnier la nourriture était en quantité insuffisante, le détenu devait subir un recensement toutes les heures sauf lorsqu’il était autorisé à dormir, il lui était interdit de lire ou de regarder la télévision, ou d’avoir une activité qui l’aidait à passer le temps. Sauf pendant les repas, la douche et la promenade réglementaire, le prisonnier ne faisait que s’ennuyer. Passer la plupart du temps à ne rien faire était une torture, les nazis pour briser des prisonniers résistants, les privaient d’activité, au bout d’un mois à ce régime, les fortes têtes pliaient souvent. Malgré toutes les contraintes du mitard, Alphonse était plutôt content pendant un mois, son intégrité physique n’avait pas été menacée. Hélas une fois qu’il fut sorti du mitard, il eut droit à de gentilles attentions de la part des anarchistes. Cette situation était insupportable pour Alphonse, il songea un moment à se suicider, seulement il n’avait pas assez de désespoir pour tenter le coup par lui-même. Il faisait partie des personnes qui avaient besoin de l’aide d’un proche ou, d’un tiers pour pouvoir mettre fin à leurs jours. Le tueur prit donc contact avec le procureur Antoine Linot, afin que sa vie cauchemardesque prenne fin.

Antoine : Monsieur Torin, vous m’avez dit que vous étiez prêt à dénoncer vos complices. Que voulez-vous en échange ?
Alphonse : Je veux mourir, que la guillotine me décapite.
Antoine : Pardon ?
Alphonse : Je sais que ma requête est peu courante, que les détenus demandent généralement une atténuation de leur peine, en échange de leur coopération. Mais la vie en prison est trop infernale pour que je continue à la supporter, j’ai subi des dizaines d’agressions, seulement je n’ai pas le courage de faire moi-même le grand saut.
Antoine : Je peux vous proposer autre chose que la peine de mort, une cellule individuelle, et le transfert dans une prison sans anarchiste. Cela vous tente ?
Alphonse : Etes-vous sûr d’avoir les moyens d’honorer votre offre ? Beaucoup de gens en haut lieu désirent me pourrir l’existence, pour eux le fait que je sois coincé avec des dizaines d’anarchistes est une punition inespérée.
Antoine : Certes, mais je n’ai qu’une seule parole, et j’ai demandé à des gens très influents, s’il était possible que l’on vous laisse tranquille, si vous dénonciez vos complices. Ils m’ont répondu qu’en échange de votre coopération, ils étaient prêts à passer l’éponge sur le meurtre de Betham, à faire en sorte que vous ne soyez plus l’objet de l’attention de personnes hautes placées.
Alphonse : Si vous êtes prêt à vous engager par écrit, je dénonce mes complices.
Antoine : Tenez, lisez.

Le procureur tendit un document à Alphonse, dans lequel il était stipulé qu’en échange du nom des participants de l’assassinat de Betham, le tueur serait libre de choisir son lieu de détention, et il aurait le droit d’avoir une cellule pour lui tout seul. Il signa et commença à indiquer le nom de ses associés quand il y eut un effroyable bruit. Antoine le procureur par réflexes se jeta sous la table du parloir. Lorsqu’il se releva, il vit qu’Alphonse avait le haut de la tête qui avait été dispersé, l’assassin n’avait plus d’yeux et le sommet de son crâne avait été éparpillé, il examina la salle où le tueur était mort pour avoir une explication sur ce qui s’était passé, et il trouva une météorite. La seule chose que l’assassin avait marquée sur la feuille de dénonciation qu’il remplissait, en plus de sa signature, était « mes complices sont M ».

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Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 03-10-2013 18:41  Mis à jour: 03-10-2013 18:41
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 8924
 Re: Le cannibale chapitre 20
C'est pas vrai !! il a été épargné, ben vraiment y'a pas de justice.
Mieux on lui propose encore de se conduire encore comme un salopiot !
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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