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Accueil >> xnews >> Le Cauchemar de R'lyeh - Poèmes - Textes
Poèmes : Le Cauchemar de R'lyeh
Publié par dominic913 le 02-10-2013 16:40:00 ( 662 lectures ) Articles du même auteur
Poèmes



Moi qui erre sur une route que je n'ai pas choisie, il n’y a pas, ici bas, de certitude plus absolue que celle-ci, puisque je ne peux plus la nier : ce Monde est né des Rêves immondes de Créatures issues d’autres Contrées Cosmiques. Nombre de lieux putrides dont je suis, appartiennent à ces Géants qui en sont prisonniers. Des mers ensorcelées dont Cthulhu est le Seigneur incontesté, à Dagon, à la face squameuse, qui a engendré Apocalypses et Civilisations décadentes, à Nyarlathotep, le Marcheur du Vent, le Destructeur des Empires d’antan, ils en sont les fléaux itinérants. D’Azatoth, aveuglé par ses ambitions démesurées, à Shub-Niggurath et ses mille chevreaux névrosés, ils ont déversés des torrents de larmes aux quatre extrémités de cette terre ancestrale.
Car, j’ai jadis lu ces Vérités qui ne doivent jamais être révélées au sein des Bibliothèques abandonnées de R’lyeh : l’Humanité à laquelle nous appartenons est l’esclave de ces Dieux barbares autrefois surgis d’un Univers situé au-delà de l’Espace et du Temps.
C’est parce que j’ai divulgué à mes Frères cette horrible Réalité que les Grands Anciens m’ont chassé de leur ignoble Paradis. Honni par ces Etres monstrueux qui se sont repu de millions de vies, ils m'ont banni pour hérésie. Humilié par ces viles Divinités parce que je ne me suis jamais soumis pas aux métamorphes visqueux et boursouflés qui les servent, ils m’ont projeté aux confins d’une terre dont nul ne revient, si ce n'est occis.
Si je sais aujourd'hui que des Créatures quasi-mythiques n'ont rien de sublime, je suis terrorisé à l'idée qu'elles puissent me détruire. Si je conscient de l'horreur que suis condamné à décrire ici, je suis incapable d’abattre ces Cités sans nom, dont R’lyeh est la capitale, l’inspiratrice. Qui peut dire combien de mes Frères ont péri en érigeant les Temples d’or et d’argent qu'elles s'acharnent à y bâtir. J’ai évidemment tenté de me rebeller et d’entrainer d’autres insoumis au cœur de ma folie. J’ai, en vain, essayé de renverser murs cyclopéens et Sanctuaires dédiés à ces Titans avilissants. J’ai mis en garde tous ceux que j’ai pu en leur disant : « Regardez ces Démons ignorants aux tentacules évanescentes ; ces Seigneurs depuis si longtemps maudits qu'ils ne savent même plus à qui ils doivent la vie. Contemplez ces immortels aux regards jaunes et vides, aux visages ridés et bouffis, aux corps couverts de pustules, aux ailes immobiles, à la peau vert-grisâtre constellée de boursouflures et d’immondices. Ce sont eux qui ont tué vos parents, qui vous ont enchainé à un Enfer dont on ne s’échappe pas ; qui vous obligent à pénétrer une noirceur qui a pour nom « Désespoir », et dont la seule issue est la « Torture », puis la « Mort par dévoration » ou autres tourments indécents. Ce sont ces Dévoreurs d’âmes qui se disent nos Créateurs, mais qui nous livrent à leurs propres douleurs. ».
Cette existence cauchemardesque à laquelle j’ai échappé, hante mes souvenirs, et dévore mon Esprit nuit après nuit. Il s’agit d’un effroi incommensurable dont je ne suis pas le seul à être le fruit. Car, le Destin des Grands Anciens, j’y suis toujours soumis. C'est d’ailleurs pour en raviver l’ampleur qu'ils m'ont lancé sur des chemins qui n'ont jamais de fin. Que puis-je, dès lors, appréhender qu'ils n’aient pas déjà saisi ? Que puis-je croire qui ne soit pas issu de leur folie ? Que puis-je apercevoir qui n'appartienne pas à leurs pensées névrotiques. Je ne sais ; puisque je suis condamné à errer sur ces terres arides et stériles.
Je sens leurs yeux globuleux m'ausculter à chacun de mes pas enfiévrés. Je devine leurs rires moqueurs se dissimuler au cœur de ces Cieux hystériques : orages barbares, incendies tempétueux, grondements cataclysmiques s'y déchainent ; Ouragans de feu et de glace les éventrent, régénérant ainsi mille Océans obscurs d'où nul ne sort indemne ni impuni. Je discerne leurs ombres titanesques à l'affut du moindre déchirement tellurique ; car n'oublions pas qu'ils souhaitent continuellement s'approprier un Age d’Or et un Univers si différent qu’ils sont incapables de le définir.
Tout cela, et bien plus encore, je l'ai lu dans des livres enfouis dans les profondeurs de R’lyeh et d’autres Cités sans nom dont ces Dieux monstrueux sont les souverains iniques. C'est pour cette raison que je subis leur courroux, et que je ne peux qu’endurer leurs hallucinations démentes, sans parler de leurs malédictions sidérantes. Mais jamais, tant que je pourrais poursuivre ma route au sein de ces Contrées oubliées, je n’oublierai les raisons qui m’y ont mené. Jamais je ne renoncerai à renverser ces Divinités autoproclamées dont le seul but et de nous annihiler. De toutes mes forces, je lutterai pour venir en aide à cette Race Humaine inconsciente de l’Avenir qui la guette. Moi qui sais, qui est décrypté les Textes putrides que Cthulhu, Dagon, Nyarlathotep et tous les autres ont transcrit, je me dois de purifier cette Terre de leur infamie ; ou de périr sous les coups de leurs Serviteurs – les Profonds – ; c’est écrit…
Dominique

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 03-10-2013 20:34  Mis à jour: 03-10-2013 20:34
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9084
 Re: Le Cauchemar de R'lyeh
Nous sommes là, au coeur des mythes les plus étranges et les plus sombres de la croyance fantastique.

Une coquille, un oubli.
Citation :
Si je conscient de l'horreur que suis condamné à décrire ici,

J'ai aimé cette lecture.
Merci
Iktomi
Posté le: 04-10-2013 17:22  Mis à jour: 04-10-2013 17:22
Modérateur
Inscrit le: 11-01-2012
De: Rivière du mât
Contributions: 682
 Re: Le Cauchemar de R'lyeh
Moi qui sais, qui est décrypté

Qui ai décrypté.

Ah..., Cthulhu, voilà un mythe qui pour le moment a survécu à son créateur, mais pour combien de temps ?
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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