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Nouvelles confirmées : Prologue : Chroniques d'un Enfant des Ages Obscurs ; roman ; extrait ; page 19 a 21
Publié par dominic913 le 03-05-2014 14:18:51 ( 586 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



J’ai la chance d’occuper un appartement de deux-cents mètres carré environ. Cela peux sembler énorme pour un homme tel que moi ; même si celui-ci possède un Serviteur. Pourtant, que vous me croyiez ou non, la place ma manque. Il est composé d’une dizaine de pièces, sans compter la cuisine ou la salle de bains. Sa porte d’entrée ouvre sur un vestibule. D’habitude, c’est là que j’accueille les rares visiteurs qui savent où j’habite. C’est là aussi que les deux ou trois Frères et Sœurs ayant besoin de mes conseils ou de mon aide pour leurs recherches personnelles attendent, avant que je les y rejoigne.
C’est Elisandre qui se charge de les y recevoir. Ce n’est qu’après s’être assuré que je les connais qu’il vient me chercher à mon bureau. Je l’y accompagne alors. Je ne me presse pas, car avant de quitter ma table de travail, je m’assure que les documents s’y entassant sont en bon ordre. Et qu’ainsi, je pourrai ensuite aisément et efficacement reprendre mes investigations. Pour moi, le retour à la Réalité est toujours délicat ; me replonger dans mes études également. Pour l’un comme pour l’autre, j’ai besoin d’un maximum de concentration. L’énergie mentale que je dépense pour que mon Esprit soit capable de sortir de la bulle dans laquelle je l’ai enfermé est phénoménale. C’est pour cela qu’Elisandre ne me distrait que le plus rarement possible. Et c’est pour cette raison que je reçois extrêmement peu d’invités.
Elisandre est chargé de faire patienter mes « amis » dans le vestibule. Et celui-ci est destiné à leur donner une première image de la personne que je suis. Sur l’uns murs de la pièce apparaît la reproduction d’une carte du XVIème siècle dessinée par Piri Reiss. Elle évoque le monde tel qu’il était vu par ses contemporains. Mais, sa particularité la plus frappante est qu’elle reproduit fidèlement les contours du Continent Antarctique figé sous les glaces depuis le début de la dernière Ere Glaciaire. Or, il ne faut pas oublier que l’homme a foulé de ses pas cette partie du monde pour la première fois au milieu du XIXème siècle. D’un autre coté, les renseignements des ouvrages que j’ai étudiés sur le sujet il y près de quinze ans maintenant, montrent que Piri Reiss aurait appris son existence de relevés topographiques beaucoup plus anciens ; et pour quelques uns, de la plus lointaine Antiquité. D’après ce que j’ai découvert, un ou deux d’entre eux auraient été détruit lors de l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie par les armées de César. Un autre aurait été préservé au moins jusqu’au VIIIème siècle avant J.C. par des Prêtres Egyptiens du Temple de Sais. Hasard ou coïncidence, c’est dans ce même Temple que Solon, puis Platon, auraient entendu parler de textes fragmentaires relatant l’histoire de l’Atlantide. J’ai évidemment tenté de faire le lien entre ces deux Enigmes qui hantent l’Esprit des Esotéristes, Mythologues et autres Occultistes occidentaux depuis des générations. Comme les autres, malheureusement, je n’ai rien pu mettre au jour qui ait pu me permettre de les rattacher l’une à l’autre.
Cette reproduction de la carte de Piri Reiss est le seul résultat concret de mes observations sur le sujet. Et à chaque fois que j’ai l’occasion de franchir l’ouverture conduisant au vestibule, les souvenirs de mes spéculations remontent à la surface.
Ce n’est pas le seul élément décoratif de ce lieu. Un peu plus loin, se distinguent de nombreuses étagères. En fait, ces dernières occupent la majorité de l’espace des parois qui le composent. Y sont rangés une multitude d’ouvrages que j’ai rarement besoin de consulter. Parmi eux s’entassent des parchemins détaillant l’évolution de la Religion Bogomile au XIème siècle. C’était avant qu’elle ne quitte les Balkans, qu’elle s’installe dans le Sud de l’Italie, et qu’elle n’émigre au XIIème siècle dans le Languedoc. Les accompagnent une série de textes sur sa transformation en Tradition Cathare. Etrangement, parmi eux se distinguent des volumes – format poche – de la Comédie Humaine de Balzac. Je les ai dévorés il y a plusieurs mois avec voracité. Tous les soirs, dans mon lit, entre 23 heures et 2 heures du matin, avant d’éteindre ma lampe de chevet et de m’endormir pour quelques heures, ils m’ont accompagné. Ailleurs, c’est un livre de John Grisham – l’Idéaliste il me semble – qui est inséré entre des publications sur les Premières Croisades.
Ailleurs, dans un des angles de la pièce, sont disposés trois fauteuils en velours. A leurs pieds émerge une table basse sur laquelle sont dispersés fascicules sur l’architecture ou sur la zoologie. C’est là que s’installent mes invités. Ils patientent en admirant la carte de Piri Reiss. Eventuellement, ils peuvent jeter un œil en direction des étagères croulant sous les centaines d’opuscules. Ou encore, ils ont l’opportunité de regarder vers les deux lances byzantines entrecroisées du IXème siècle surplombant les sièges. A chaque fois qu’il est de passage, Félicien d’Egremont, l’un des plus importants antiquaires de la Place du Palais Royal, vient me voir. Il est toujours ébloui par celles-ci. Et s’il ne me demande pas de les lui vendre, c’est que ce jour là, il est trop préoccupé par d’autres acquisitions.
Il est exceptionnel que j’accepte que l’un de mes visiteurs s’aventure ailleurs que dans le vestibule. C’est là que je discute avec eux. Si nos conversations sont particulièrement longues, Elisandre nous prépare de quoi boire et de quoi nous nourrir. Il nous apporte un plateau rempli de victuailles et de vin de Bordeaux – j’ai un faible pour les Château-Margaux – afin que nous puissions nous sustenter. Puis, il se retire tout aussi discrètement. Sans un mot, sans un regard, il s’efface après avoir déposé nos repas devant nous. Et nous – mon convive et moi – pouvons dès lors poursuivre nos échanges jusqu’au bout de la nuit si nécessaire ; comme cela est déjà arrivé de temps en temps.

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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